Chapitre 3 : Dans les entrailles de Theed
RUES DE THEED, CAPITALE DE NABOO
Deux silhouettes encapuchonnées, drapées dans de longs manteaux bruns, avançaient côte à côte au milieu d'un nombre assez peu conséquent de passants, aux visages le plus souvent tristes ou abattus, en comparaison de la quantité impressionnante de stormtroopers. L'un des deux individus levait une de ses mains de temps à autres, tout en murmurant des paroles inaudibles.
Son compagnon ne tarda pas à prendre la parole à voix basse, s'exprimant avec l'accent si particulier qu'avaient les Gungans lorsqu'ils parlaient en basic.
- Missa n'en reviens toujours pas. Tissa as une puissante magie, Jedi. Eussa n'y ont vu que du feu à l'entrée de la cité… mais au fait, pourquoi tissa n'as pas employé le même truc à la Cité Gungan ? L'interrogea Tarpals d'un ton sincèrement curieux.
- Parce que ça ne fonctionne que sur les esprits faibles. Et jusqu'à preuve du contraire, les Gungans ont tout sauf un esprit faible, je me trompe ?
Le capitaine ne répondit pas mais gonfla légèrement son torse de fierté. Cela faisait un peu plus d'une quinzaine de minutes qu'ils avaient passé le contrôle impérial à l'entrée de la ville. Une simple suggestion appuyée de la Force avait suffi à leur obtenir un droit de passage, et ce sans la moindre question posée.
Son grand-père lui avait raconté ses nombreuses utilisations de ce « truc », comme l'appelait Tarpals, notamment sur la planète Tatooine, pour passer inaperçu et ne pas être reconnu comme étant un Jedi. Il l'avait aussi utilisé pour se rendre à Mos Eisley en compagnie de Luke Skywalker, qui à l'époque n'était qu'un jeune fermier rêvant de visiter la galaxie… comme un autre garçon de Tatooine bien avant lui.
Bref, les soldats impériaux s'étaient déjà révélés être pour la plupart des individus faibles d'esprit et donc faciles à persuader par le biais de la Force. Les choses ne semblaient pas avoir beaucoup changé aujourd'hui.
Malheureusement, il suffisait d'une seule personne à l'esprit un peu plus fort que la moyenne et tout était perdu. Même s'il avait confiance de ses capacités, Néo n'était pas fou au point de vouloir combattre à lui tout seul les quelques centaines de stormtroopers qui ratissaient la ville de fonds en combles pour le trouver. Au lieu de cela, il se contenterait de se faufiler dans les hangars pour trouver un chasseur, « récent » dans la mesure du possible, même si ça ne devait pas être si compliqué de mettre la main sur un modèle moins vieux que son Eta-2.
En revanche, s'ils avaient cru que s'introduire dans le hangar s'avérerait facile, ils s'étaient lourdement trompés. Les murs extérieurs du hangar étaient littéralement tapissés de soldats impériaux, dont les armures blanches reflétaient les rayons du soleil sur les badauds.
Néo fut tiré de ses pensées par le léger coup de coude que lui asséna le capitaine à l'épaule.
- Qu'est-ce que noussa faisons maintenant ? L'entrée grouille de soldats ! Impossible d'y pénétrer !
- Suis-moi. Fut la seule réponse du padawan.
Marchant la tête baissée, le visage masqué par l'ombre, Néo avait l'air absent. Cheminant à ses côtés tout en s'assurant qu'ils n'étaient pas suivis, Tarpals se demandait ce qui pouvait bien lui passer par la tête. Après tout, ils étaient en train de s'éloigner du centre-ville et de se rapprocher des chutes de Virdugo.
Lorsqu'ils furent enfin arrivés au bord des chutes, le Gungan ouvrit la bouche pour prendre la parole mais resta sans voix devant le spectacle auquel il assista. Sans adresser la moindre parole, l'humain se jeta dans les chutes.
- NEO !!! S'écria le capitaine, les yeux exorbités.
L'amphibien tomba à genoux, se baissant pour essayer d'apercevoir une quelconque silhouette en contrebas. Mais de toutes manières, il était impossible de survivre à une chute pareille, même pour un Jedi.
Le Gungan baissa la tête, et ses épaules s'affaissèrent en même temps que ses longues oreilles alors qu'il pleurait silencieusement la mort de ce stupide gamin qu'il avait commencé à apprécier. L'acte funeste du Jedi lui paraissait tellement surréaliste qu'il pouvait presque entendre le garçon l'appeler par son nom.
Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'on l'appelait vraiment par son nom.
- Tarpals ! Oh, Tarpals ! Dépêche-toi de me rejoindre, on n'a pas toute la journée !
Se penchant un peu plus en avant, de là où provenait la voix, il finit par apercevoir une cavité de taille réduite, sur le flanc de la falaise, particulièrement bien cachée. Escaladant précautionneusement jusqu'à arriver vers le trou, il se sentit aspiré vers l'avant et tomba face contre terre.
Néo se trouvait assis dans la cavité et lui adressait un sourire d'excuse.
- Désolé, j'ai préféré utiliser la Force pour être sûr que tu ne tombes…
- Bougre de Fambaa ! Tissa m'as fait une peur bleue !! S'exclama Tarpals.
- Pourquoi ? Tu pensais que je voulais me suicider ? L'interrogea Kenobi d'un ton amusé avant d'éclater de rire.
Si les gungans pouvaient rougir d'embarras, c'était le cas en cet instant pour le capitaine Tarpals, qui se sentait vraiment couvert de ridicule de s'être inquiété pour si peu. Poussant un grognement mécontent, il se décida à observer plus attentivement les lieux.
A bien y regarder, il ne s'agissait pas d'une simple cavité mais d'un véritable tunnel, qui avait sûrement été fait artificiellement puisqu'il s'élargissait quelques mètres plus loin et se retrouvait couvert de permabéton. Il était en revanche impossible de voir où il menait.
- Qu'est-ce que c'est que ce tunnel ? Demanda Tarpals.
- Ceci est l'un des nombreux passages souterrains se trouvant sans la surface de Theed. Ils permettent notamment de rejoindre le hangar de Theed et même le palais royal.
Le Gungan écarquilla les yeux avant de reprendre la parole pour lui poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Comment tissa connais ce passage ?
- Mon grand-père a effectué de nombreuses missions sur cette planète figure-toi, pendant la bataille contre la Fédération du Commerce et plus tard lors de la Guerre des Clones. Il se trouve aussi qu'il était un ami de la Sénatrice Amidala, anciennement Reine de Naboo, et celle-ci lui a donc révélé l'existence de ces passages secrets…
- Oh… Issa était un grand homme, cet Obi-Wan Kenobi. Remarqua le Gungan, d'un ton respectueux.
- Oui, un grand homme… et un grand Jedi. C'est lui qui m'a formé après tout. Répondit le garçon avec un sourire.
Puis ils s'engouffrèrent tous deux dans les entrailles de Theed.
POSTE DE CONTROLE, HANGAR DE THEED
S'étant installé dans un bureau qu'il avait réquisitionné peu après son arrivée, Jack Blunt avait passé le plus clair de son temps devant les écrans de surveillance mais les caméras ne signalaient absolument aucun mouvement suspect autour du hangar.
Retirant sa casquette avant de la poser sur le bureau, le capitaine se leva de son siège et commença à arpenter la pièce de long en large. Haut d'environ 1m85, l'officier imposait son autorité tout autant par son charisme que par sa carrure. En effet, contrairement à son « estimé » commandant, Jack ne s'était jamais laissé aller et avait continué à s'exercer régulièrement au tir et aux exercices courants que tout bon soldat impérial se devait de pratiquer quotidiennement pour ne pas perdre la forme.
Passant une main dans ses cheveux grisonnants mais soigneusement coiffés, il posa finalement son regard sur le dernier rapport que lui avaient fait parvenir ses troupes. Aucune n'avait remarqué d'individu suspect et personne n'avait manifesté une attention particulière envers le bâtiment. Il n'y avait selon eux « rien à signaler ».
De son point de vue, cela ne pouvait signifier que deux choses. Soit la présence d'un si grand nombre de gardes avait découragé le pilote ennemi de s'introduire dans le hangar…
… soit il avait trouvé un autre moyen de s'y faufiler. S'il s'agissait de cette seconde option, il lui faudrait réassigner plus de soldats à l'intérieur. Mais cela voudrait aussi dire en retirer de l'extérieur, puisque leurs effectifs étaient limités…
Blunt détestait avoir si peu de ressources que ça ne devenait contraignant. Il avait connu l'Empire comme un régime où tout se trouvait en abondance. Les vivres, les matériaux, les soldats, les vaisseaux… et même s'ils avaient été un peu délaissés par le reste de la marine impériale, ils savaient à l'époque qu'ils avaient la possibilité à tout instant de demander de l'aide.
Mais depuis plus de dix ans, cette possibilité n'existait plus. Les ressources illimitées de l'Empire n'étaient plus qu'un simple souvenir… tout comme l'étaient devenus à la fois l'Empereur et Vador.
Blunt ne pouvait rien dire sur l'Empereur, qu'il n'avait jamais vu autrement qu'en holovidéos mais il avait rencontré à plusieurs reprises le Seigneur Noir. Malgré la peur, voire la terreur, qu'il inspirait à ses amis autant qu'à ses ennemis, c'était toujours un certain réconfort d'avoir le bras droit de l'Empereur à ses côtés.
Ayant eu la chance de participer à plusieurs batailles aux côtés du Seigneur Noir, et c'était d'ailleurs à ces occasions qu'il était passé de simple soldat à capitaine, Jack reconnaissait que le Sith n'était pas que la figure imposante dont l'image était ancrée dans les esprits jusqu'aux confins de la galaxie.
Sur un champ de bataille, aussi bien sur terre qu'à bord d'un chasseur stellaire, Vador était un leader né. Prenant toujours les bonnes décisions, aussi difficiles soient-elles, il était doté d'un charisme indéniable qui poussait les hommes à vouloir le suivre coûte que coûte. De même qu'il se trouvait toujours en première ligne, brandissant son sabre laser à lame rouge, l'arme antique des Jedi et des Sith, comme ces anciens généraux qui s'élançaient sur les champs de bataille avec leurs longues vibrolames à la main, des millénaires avant l'avènement de l'Empire…
A cette époque, sur les mille stormtroopers qui avaient été placés sous le commandement du Seigneur Noir, ils étaient peut-être une centaine à ne pas être des clones. Et sur cette centaine, une petite dizaine seulement survécut à la campagne en question. Parmi ces « hommes d'exception », il y avait bien sûr Blunt, et un certain Lieutenant Lekauf envers qui Jack avait noué une solide amitié.
Les deux hommes partageaient une vision plus positive du Seigneur Vador que la plupart des stormtroopers, Lekauf encore plus que lui d'ailleurs puisque son dévouement envers le Sith était sans égal. Lorsque la campagne s'était terminée, les deux officiers avaient toutefois suivi des chemins différents. Blunt avait décidé de s'engager sur le vaisseau du commandant Tylsa, sachant d'avance qu'il ne s'occuperait que de la surveillance d'un secteur tranquille alors que Lekauf était devenu l'aide de camp du Seigneur Noir et l'accompagnait dans tous ses déplacements.
Si Blunt avait décidé de se retirer des missions dangereuses à l'époque, en raison du goût amer de la guerre qui lui avait arraché nombre de bons et loyaux camarades, il regrettait un peu sa décision aujourd'hui et l'assimilait presque à une erreur de jeunesse. Devant la décrépitude de ses troupes, il se surprenait à envier les merveilleuses batailles qu'avait dû livrer Lekauf aux côtés de Lord Vador.
Mais aujourd'hui, Dark Vador était mort et l'Empire avec lui, ou tout du moins c'était ce qu'affirmait Tylsa. Eut-il encore disposé d'un équipage complet et de l'appui de ce dernier, Blunt aurait été tenté d'abandonner le commandant sur la planète et de parcourir la galaxie à la recherche d'autres poches de résistance impériales et qui sait, il aurait peut-être rencontré des rebelles au passage…
Perdu dans ses rêveries, le capitaine n'aperçut pas les deux silhouettes apparaître dans l'un des recoins du hangar, replaçant hâtivement la plaque de marbre sur le sol qui dissimulait le tunnel leur ayant permis d'entrer.
HANGAR DE THEED
L'apprenti Jedi et le Gungan avaient finalement atteint le hangar et pour leur plus grande joie, ce dernier n'était pas aussi bien gardé à l'intérieur qu'à l'extérieur. Néo ne put s'empêcher de songer que les troupes impériales ne devaient plus être aussi nombreuses que par le passé, et que peut-être la population arriverait un jour à s'en libérer ?
Chassant ces pensées de son esprit, l'adolescent se souvint des mises en garde de son grand-père, qui lui avait fortement déconseillé de jouer les héros, surtout face à un ennemi trop fort pour lui. A leur connaissance, les Jedi n'étaient plus qu'une poignée et ils ne pouvaient décemment pas se permettre de s'exposer inutilement au danger.
- Noussa y sommes. S'exclama Tarpals, interrompant le garçon dans ses réflexions.
Lorsque Néo posa les yeux sur les vaisseaux occupant le hangar, il ne put s'empêcher de se sentir atrocement découragé. Poussant un profond soupir, il prit la parole d'une voix atterrée avant de se tourner vers le Gungan.
- Des chasseurs N-1 ? C'est tout ? J'ai fait tout ce chemin pour trouver des vaisseaux qui sont au moins deux fois plus vieux que mon Eta-2 ?! S'exclama Néo en contemplant les appareils dont les coques jaunes recouvertes de poussière n'avaient pas dû être utilisés depuis des lustres…
Il en allait de même pour la barge diplomatique de type J, entièrement chromée, qui n'avait pas dû décoller de la planète depuis bien avant sa naissance…
Continuant d'embrasser les lieux du regard, il finit par tomber sur le seul vaisseau paraissant être utilisé régulièrement et son visage se figea. Il s'agissait d'une navette lambda, somme toute assez banale, comme il en existait beaucoup du temps de l'Empire. Ce n'était donc pas ça qui troublait l'adolescent.
Non, ce qui le perturbait, c'était la vue d'une vingtaine de personnes qui se tenaient en file indienne près de la rampe d'embarquement, leurs mains et leurs pieds entravés par des menottes laser. La moitié d'entre eux étaient des hommes d'un certain âge, aux traits tirés et ayant cet air caractéristique qu'ont les scientifiques et les ingénieurs…
… mais les autres, c'étaient des femmes, ayant presque toutes entre quinze et vingt-ans… et il y avait aussi des enfants, garçons et filles, dont certains pleuraient en silence.
Il ne réalisa pas tout de suite ce dont il s'agissait, toutefois pas avant que l'un des stormtroopers ne retire son casque en s'approchant d'une des prisonnières qui essayait tant bien que mal de réconforter l'une des fillettes en larmes. Ce ne fut que lorsque ce dernier frappa la femme au visage, la faisant s'écrouler violemment sur le sol, et faisant redoubler d'intensité les pleurs des enfants du même coup, que le déclic eut lieu.
C'était comme un souvenir, un très lointain souvenir qui ressurgissait des profondeurs de sa mémoire. Un souvenir peuplé de cris, de pleurs, de violence tout comme la scène qui se passait à seulement quelques mètres de lui…
Il ne se vit pas quitter l'ombre de la colonne pour s'élancer vers la navette, de même qu'il n'entendit pas les cris de Tarpals qui l'exhortait de ne rien faire de stupide.
Avant même qu'il ne l'ait réalisé, il se trouvait déjà à la hauteur du soldat impérial, qui donnait à présent des coups de pieds à la femme à terre en riant. Il ne se vit pas décrocher son sabre laser de sa ceinture avant de le prendre à deux mains tout en se précipitant sur le stormtrooper.
Lorsqu'il reprit finalement ses esprits, sa lame bleutée était déjà enfoncée jusqu'à la garde dans la poitrine du soldat, qui était mort sur le coup.
Ce n'est donc que par pur réflexe qu'il renvoya les tirs ennemis à leurs expéditeurs, les tuant ou au mieux les blessant au niveau de leurs points vitaux avec une précision chirurgicale.
Lorsqu'il s'arrêta, les neuf soldats étaient tous au sol, huit étant morts et le neuvième qui était en bonne voie de le devenir si l'on en jugeait par la quantité de sang abondante qu'il perdait à chaque seconde qui s'écoulait. Légèrement hébété devant ses propres actions, Néo se retourna vers les prisonniers qui l'observaient avec un mélange d'admiration et de crainte.
La première à prendre la parole fut la fillette que la femme à terre avait tenté de réconforter, et qui lui adressait un regard rempli d'émerveillement et de gratitude.
- Merci monsieur, merci beaucoup… Bredouilla-t-elle, pleurant de joie cette fois-ci.
- Euh… ce n'est rien. C'est le devoir de tout Jedi. Déclara-t-il simplement en passant une main dans ses cheveux d'un air gêné.
D'un geste de la main, il utilisa la Force pour les libérer de leurs entraves. A peine eut-il fini qu'il se sentit attrapé par le col par quelqu'un derrière lui. Etonné de n'avoir pas ressenti d'intention hostile, il fut soulagé et à la fois apeuré de voir qu'il s'agissait de Tarpals.
Le capitaine Gungan avait l'air tout bonnement furieux.
- Tissa es vraiment dingo !! Tissa aurais pu te faire mettre en pièces ! Jedi sont pas immortels, Néo ! Eussa impériaux l'ont assez prouvé, tissa crois pas ?! S'exclama le gungan d'une voix coléreuse.
Le padawan eut la décence de paraître sincèrement désolé et ses joues rougirent sous l'embarras. Il ne savait vraiment pas ce qui lui avait pris. Un instant, il se trouvait aux côtés de Tarpals et l'instant d'après, il embrochait un stormtrooper… qu'est-ce qui avait bien pu le pousser à agir avec autant d'imprudence ?
- Je suis désolé, Tarpals… je n'ai pas d'excuse, j'ai agi d'instinct.
- Et bah tissa as intérêt à le maîtriser ton instinct à l'avenir !
- Excusez-moi de vous interrompre mais… il en arrive d'autres. S'exclama l'une des jeunes femmes, l'air visiblement terrifiée.
Le gungan et l'humain tournèrent la tête d'un seul mouvement vers l'écran de contrôle que désignait la jeune femme, pile à temps pour voir débarquer une cinquantaine de soldats impériaux. Le capitaine adressa un regard lourd de sens à Néo, qui se contenta de lever les mains en signe de reddition.
- Je n'ai pas l'intention d'aller les combattre ! Déclara le jeune Kenobi, d'un ton qui se voulait défensif.
- Missa espère bien ! Noussa allons tous sortir d'ici ! Voussa avez un endroit où noussa pourrions nous réfugier ? Demanda Tarpals aux prisonniers.
Les prisonniers se jetèrent des regards en chiens de faïence, comme s'ils se demandaient si les deux individus étaient réellement dignes de confiance.
- Dépêchez-vous de vous décider ! Ils seront là d'une minute à l'autre ! Les exhorta Kenobi.
Il s'écoula encore une bonne dizaine de secondes avant qu'une personne ne daigne faire un pas en avant. Il s'agissait d'une jeune femme à la peau presque aussi sombre que ses longs cheveux noirs qui retombaient en cascade sur ses épaules. Ses yeux noisette fixaient Néo avec intensité tandis qu'elle franchissait les derniers mètres qui la séparaient de lui.
- Je connais ce palais comme ma poche, je peux donc nous sortir d'ici mais... j'ai une condition.
- Laquelle ? S'exclama Tarpals, armant le fusil-blaster E-11 qu'il venait de ramasser auprès d'un des cadavres de stormtroopers.
- Je veux que vous me laissiez nous conduire en sécurité... et sans poser de question en route. Répondit-elle d'un ton sans appel.
- D'accord mais dépêchez-vous! Répondit le padawan en jetant des coups d'oeil inquiets au moniteur.
En effet, les stormtroopers s'acharnaient sur la porte de duracier, l'unique barrière qui les séparait encore d'eux. La jeune femme parût néanmoins satisfaite de sa réponse et prit la parole d'une voix forte tout en dépouillant l'un des soldats décédés de sa ceinture utilitaire.
- Par ici! S'exclama-t-elle en désignant l'un des recoins du hangar.
Laissant le petit groupe se diriger dans la direction qu'elle avait indiqué, elle détacha l'un des petits appareils de forme circulaire se trouvant à sa ceinture et appuya sur l'unique bouton qui s'y trouvait avant de le lancer en direction de la porte.
Celle-ci venait tout juste de commencer à se lever et les quelques soldats qui avaient commencé à passer par en-dessous n'eurent aucune chance de fuir lorsque la déflagration eut lieu.
Quand les soldats purent enfin pénétrer dans le hangar, ils ne trouvèrent qu'un vaste espace vide et les dépouilles meurtries de leurs défunts camarades...
