Un si long sommeil

Titre : Un si long sommeil

Source : Gundam Wing AC

Auteur(e) : Lysanea

Genre : yaoi, romance, un poil d'angst, POV de Quatre.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf le Dr Igrec (désolée pour le jeu de mots pourri) et Candice, infirmière du Centre et le kiné.

Pairing : 1+4, on pourrait presque penser à du 3+4 mais c'est en toute amitié…

Personnages : Heero Yui, Duo Maxwell, Trowa Barton, Quatre Raberba Winner, Wufei Chang.

Résumé : les G-Boys sont dans l'attente de pouvoir revoir Duo.

Notes de l'auteure : Merci pour toutes les reviews et mails reçus, vos encouragements !

Chii, merci pour ta review ! Je te rassure, tu n'as pas à craindre pour la suite. Je vais en décevoir quelques unes, mais dans ma tête pour l'instant, je reste sur 1x4. C'est difficile de contenter tout le monde, je sais, mais c'est un choix que je fais même si ça me coûte des lecteurs... On verra par la suite, mais je tiens à ce couple…

Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 4 : Si tu pouvais l'aimer.

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Cette petite pause pizza avec Trowa et Wufei nous a fait du bien en plus d'être vraiment utile.

Elle nous a permis d'évoquer pas mal de choses à faire, à dire ou pas, en présence de Duo.
Si j'avais le cynisme dont peuvent faire preuve mes quatre amis, parfois, je dirais qu'on a revu nos leçons…

Trowa n'a pas été très bavard au cours du dîner, comme d'habitude et je m'inquiète toujours autant.
Wufei, lui, nous a encore fait profiter de la sagesse dont il a hérité de ses ancêtres.

Je sens bien qu'on aurait tous eu envie de prolonger la soirée, mais il se fait rapidement tard.
C'est vrai qu'il est presque minuit, mais je trouve qu'il est encore tôt pour se séparer, vu la situation.

- On se prend un dernier verre chez moi ? je leur propose.

- J'aurai volontiers accepté, Winner, mais Hilde m'attend. Elle aurait tellement aimé pouvoir voir Maxwell. Je pense qu'elle ne se couchera pas avant que je lui ai tout raconté et en détails.

Je lui souris et l'embrasse.

- Je comprends. Rentre bien, Wufei et passe-lui le bonjour de notre part.

- Ce sera fait, merci.

- Roule prudemment, lui dit Trowa en l'embrassant à son tour.

Sur cette promesse, Wufei monte dans sa voiture et sur un dernier signe, il s'en va.
Je me tourne alors vers Trowa mais avant que j'ai peu dire un mot, il est déjà au volant de ma voiture.

J'avais oublié qu'il avait gardé mes clés…

Je monte à ses côtés et laisse le silence s'installer...
Je n'ai plus la force de lutter, je me sens fatigué aussi !

Ce n'est qu'arrivé en bas de chez moi que la surprise de m'y retrouver me sort de mon état un peu léthargique.

- Mais… Trowa ?

- Personne ne m'attend, moi.

Je secoue la tête, n'en revenant pas.
Pourtant, je devrais être habitué, depuis le temps !

- Je peux aussi prendre ce dernier verre chez moi, ajoute-t-il en me voyant réagir ainsi.

- Arrête de dire des bêtises. Je suis content que tu acceptes, Trowa, merci ! Allons-y.

Toujours en silence, on gagne l'appartement que je partage depuis deux ans avec Heero.

Trowa s'installe dans le canapé et je vais droit vers le bar.
Je ne lui pose pas la question, je sais ce qu'il lui faut.

Je nous sers avant de le rejoindre sur le canapé et je lui tends son whisky, posant la bouteille à côté.

- Ça me rassure que tu saches ce dont j'ai besoin. Des fois, tu réagis comme si tu ne me connaissais pas.

- Ce n'est pas toujours volontaire. Parfois, je te comprends, je te devine, j'anticipe même tes réactions. D'autres fois, je me demande effectivement si je te connais. Tu sais que tu as changé, Trowa.

- Comme nous tous.

- C'est vrai. Ce qui va être assez difficile pour Duo.

- Il ne faut pas qu'il essaye de nous retrouver tels que nous étions.

- C'est comme ça qu'il nous a vu pour la dernière fois, Trowa. Il va mettre du temps à chasser cette dernière image de nous.

- Du moment qu'il le fait...

- Tu y tiens tant que ça ?

- Celui que j'étais à 17 ans ne l'intéressait pas.

Je le regarde un moment alors qu'il se ressert déjà un nouveau whisky.

- Tu as l'espoir qu'il finisse par t'aimer, un jour.

- Je ne me pose pas la question.

- C'est ce qui pourrait nous arriver de mieux à tous.

- Sûr.

- Ca ne t'inquiète pas de savoir qu'ils sont ensemble en ce moment, et que Duo les croit toujours… amoureux ? je demande après une courte hésitation.

- Ils sont ensemble là-bas, nous sommes ensemble ici. Nous avions prévu ce retour en arrière de cinq ans, c'était inévitable.

Je prends une gorgée de mon scotch pour me donner un peu de contenance, je n'aime pas vraiment ce terrain glissant où nous nous engageons.

- Tu n'as pas répondu à ma question.

- Ce qui compte, c'est que Duo ne soit pas blessé. Si pour ça Heero doit jouer l'amoureux transi, qu'est-ce qu'on y peut ?

- Mais…

- Merde, Quatre ! me coupe-t-il en posant brutalement son verre sur la table. Qu'est-ce que tu cherches ?

- Excuse-moi…

- Non, je ne t'excuse pas de te faire du mal comme ça. A quoi ça t'avances de penser à eux, à ce qu'ils sont peut-être en train de faire, à part souffrir ?

- Je ne peux pas m'en empêcher, ils sont encore si liés, ce n'est pas si difficile de rallumer la flamme qui brûle en eux, entre eux… Je l'ai senti, Trowa, je te jure que je ne l'ai pas imaginé !

Trowa soupire.

- Viens-là, me dit-il en m'attirant contre lui. Putain d'empathie de merde…

Je suis surpris et en même temps tellement soulagé par cet élan d'amitié, que je me réfugie dans ses bras sans hésiter.

Trowa a toujours été très protecteur avec moi, même après notre rupture, même lorsque j'ai commencé à sortir avec Heero.
Il a promis à Heero que si jamais il me faisait souffrir, il le lui ferait regretter d'une manière ou d'une autre.

En même temps, il avait eu l'honneur de me briser le cœur le premier, alors Heero n'avait pas tellement apprécier de ce point de vue là.
Mais il avait compris ses raisons, alors il n'a pas insister.

Je n'ai pas souvent eu l'occasion de retrouver la chaleur d'une étreinte avec Trowa.

C'est arrivé, lorsque l'un ou l'autre craquait par rapport à Duo.
Et ça a toujours eu le même effet sur moi : m'apaiser.

- Je suis égoïste de te dire tout ça, Trowa, sachant que tu es concerné et que ça te fait sûrement souffrir aussi. Mais j'avais tellement besoin que ça sorte…

- Je sais, murmure-t-il en caressant tendrement mes cheveux.

- Il faut aussi que tu saches que je ne pense pas du tout que tu souffres moins que moi parce que tu n'es jamais sorti avec Duo, ou que tu es moins inquiet parce que tu n'as pas mon don.

- Je ne pense à rien, je ne juge personne.

- Qu'attends-tu, alors ?

- Je veux que Duo apprenne à connaître ceux que nous sommes devenus. Il sait que nous sommes forcément différents, il faut qu'il l'accepte.

- Je suis sûr qu'il peut t'aimer, Trowa. Il doit juste se libérer du passé. Ce qui peut prendre du temps, malheureusement.

- Pourquoi malheureusement ? Le temps n'est pas un souci, pour moi.

- Vraiment ?

- Tant que j'aime Duo, je ne me vois pas concevoir ma vie autrement.

- Ça m'impressionne toujours, cet amour que tu lui portes depuis toutes ces années.

- Je t'ai aimé, Quatre, sincèrement.

Je rougis bêtement.
Heureusement, avec ma tête toujours posée sur sa poitrine, il ne doit pas l'avoir remarqué.

- Ce n'est pas là que je voulais en venir, mais… je n'ai jamais douté que tu m'aies aimé, Trowa.

- Je n'avais jamais aimé comme ça. Malgré mon amnésie, c'était une chose dont j'étais persuadé.

- De ça aussi, je ne doute pas.

- Comment aurait-il pu en être autrement, Quatre ? Tu étais si pur, si beau, si doux et tendre… Tu comprenais toutes nos blessures. Tes larmes les pansais. Je ne pouvais que t'aimer...

- Trowa… je murmure en me redressant pour le regarder dans les yeux.

Mais je suis incapable de poursuivre.
Jamais il ne m'a parlé comme ça, jamais il ne m'a avoué de telles choses.

Tout au long de notre histoire, principalement sur fond de guerre, j'ai senti son amour pour moi, mais il n'a jamais pris le temps de l'exprimer.
Il me disait souvent que j'étais un ange venu le sauver, ce qui me touchait déjà beaucoup et me suffisait presque.

- Oui, je t'aimais, Quatre Raberba Winner, me dit-il en me forçant, d'une douce pression, à reposer ma tête sur son torse. Je t'aimais trop pour me sentir bien et à l'aise. Tu ne sais pas ce que c'est d'avoir cette impression de salir quelqu'un par l'amour qu'on lui porte.

- Tu n'as pas le droit de parler comme ça, Trowa ! je proteste en me redressant vivement

- C'était ce que je ressentais. Alors je me suis détaché de toi, petit à petit. Et j'ai commencé à enfin regarder autour de nous. Ma vie ne se résumait plus à la guerre, la paix, le cirque, Cathy et toi, l'amitié de Heero, de Wufei, de Duo. Comment tout a commencé ? J'en sais rien. Mais c'est arrivé. J'enviais Heero mais seulement dans sa relation avec Duo. Trop pour que ça ne cache pas quelque chose.

- Tu… tu n'aurais pas dû tant boire, Trowa.

- Je n'ai pas tant bu que ça, Quatre. As-tu déjà oublié combien de verres il me faut pour être ivre ? Je n'en suis même pas au dixième de ce que je pourrais encore avaler avant de perdre le contrôle.

Je sais qu'il a raison et ça n'en est que plus douloureux encore.

- Pourquoi me dis-tu tout ça maintenant ?

- Parce que tu m'as demandé si j'avais l'espoir que Duo m'aime un jour. Or, je ne suis pas de ceux qu'il est bon d'aimer. Tu l'as compris en te consolant, mec après mec, jusqu'à Heero.

- C'est toi qui m'a quitté…

- Je t'ai montré le chemin, c'est toi qui l'a suivi.

Ses propos sont déstabilisants, j'aurais presque préféré qu'il continue d'être silencieux.

- Trowa, tu méritais et tu mérites autant qu'un autre d'être aimé.

- Autant que toi ?

- Oui, autant que moi et de n'importe lequel d'entre nous !

- Mais ceux que nous aimons sont ensemble, en ce moment même.

Je sens mon estomac se contracter.

- Tu m'as dit de ne pas me torturer avec ça, alors pourquoi maintenant tu évoques ce fait que nous avions mis de côté ?

- Je veux juste te faire comprendre quelque chose, Quatre.

- Quoi ?

Il reprend son verre et le termine.

- Duo a besoin d'Heero.

- Je le sais.

- Et c'est comme ça que tout a commencé entre eux, Quatre. Tu ne comprends donc pas ? L'espoir et la désillusion, la mort et la vie, le blanc et le noir, le jour et la nuit… Ils seront toujours liés, ils ont besoin l'un de l'autre pour exister. Heero et toi, vous êtes pareils. Deux anges ensemble, ça tourne en rond.

Je termine mon scotch.

- Peut-être qu'on tourne en rond, Trowa, mais on est ensemble et on s'aime. Quoi qu'il arrive, personne ne pourra détruire ce que nous avons construit ces deux dernières années.

- Tu en es certain ?

- Absolument.

- Comment peux-tu l'affirmer ?

- Le lien qui unissait Heero et Duo existe toujours, il ne sert à rien de lutter contre ça. S'il doit renaître du passé et m'enlever Heero, je l'accepterais. Si Duo me le demande, je renoncerais à lui. Mais nous avons un lien tout aussi fort, Heero et moi, et j'ai foi en ce lien.

Trowa me sourit.

- Tu as compris.

- Quoi ?

- Ce que je voulais te faire comprendre. Ce lien entre Duo et Heero existera toujours, tu le ressentiras toujours, qu'Heero te revienne ou non, aujourd'hui ou dans dix ans, c'est un fait. Alors tu n'as pas à te mettre dans l'état où tu es depuis qu'Heero s'est assis à côté de Duo.

Je soupire en me laissant aller en arrière.

- Je ne sais pas si c'est le fait que tu aies tant parlé ou tes propos en eux-mêmes qui m'ont tant déstabilisé, Trowa. Mais je crois que je te dois un grand merci...

- Tu ne me dois rien.

Je me redresse et lui souris.

- Merci quand même. J'imagine très bien ce que ce dernier verre avec moi t'as coûté.

- Tu me mets à la porte, Winner ?

- Jamais.

- Je vais néanmoins rentrer, il est tard. Mais avant, j'ai une dernière chose à te dire.

- Je t'écoute et après, je te dirai une dernière chose aussi, Barton.

Il a un demi-sourire qui me fait chaud au cœur, puis il reprend un air grave et sérieux.

- Ne laisse pas la jalousie engendrer les doutes que tu n'aurais jamais eu sans elle. Tu es plus fort que tu ne le crois, Quatre.

Je le regarde un long moment.

- Je vais faire un effort.

- Bien. A ton tour.

- Tu m'as dit des choses très fortes, Trowa.

- Je t'ai dit la vérité, ni plus, ni moins.

- Tu…

- Tu avais besoin de les entendre, me coupe-t-il gentiment. Et moi, j'ai besoin de dormir.

Il se lève et remet sa veste.

- Je te ramène, dis-je en me levant aussi.

- Ca ira.

- Non, Trowa, ça n'ira pas ! je crie presque, debout face à lui.

- Tu es encore trop émotif, Quatre.

- Tu me fais chier, Trowa. Je ne vais pas te laisser rentrer seul au milieu de la nuit, à moins de te foutre dans un taxi, si ça te gêne que je conduise.

- T'es pas en état.

- Je n'ai bu qu'un verre, contrairement à toi.

- Mais ton cerveau flotte dans ce verre de scotch au milieu de bouts de pizza et il est plus de minuit. Va te coucher et passe me prendre demain, me répondit-il en se penchant pour m'embrasser.

- Reste…

Il se fige.

Je sens toujours son souffle caresser ma joue là où il vient de poser ses lèvres.

- S'il te plaît, Trowa, reste avec moi, cette nuit.

Cette fois, il s'écarte suffisamment pour me regarder dans les yeux.

- Ce sont les mêmes mots que tu as employé, il y a cinq ans.

Je me crispe.
C'est la première fois qu'il reparle de ça.

- Trowa…

- Je suppose que vu le nombre de fois où vous m'avez proposé de venir habiter avec vous depuis le réveil de Duo, la chambre d'ami est plus que prête ?

Je souris.

- Gagné. Tu connais le chemin, mais je peux te le remontrer, ça fait tellement longtemps que t'as pas…

Bien sûr, il ne m'écoute déjà plus et se dirige tout droit vers ladite chambre.

- Bonne nuit, Quatre.

- Si tu as besoin de quoi que ce soit…

- Je sais où est ta chambre.

- Aussi, mais avant de me réveiller, fais comme chez toi.

Il me sourit complètement avant de refermer sa porte.
Ce sourire me fait beaucoup de bien.

- Bonne nuit, Trowa.

Je me dirige vers ma chambre, déposant les verres à la cuisine au passage et rangeant la bouteille.
C'est un réel soulagement de retrouver Trowa comme il était, avant, ce moment que nous venons de partager m'a apaisé.

Mais en entrant dans la chambre que je partage avec Heero, mon cœur se serre.
Nous ne nous sommes que très rarement quittés, en deux ans et je n'ai jamais apprécié de dormir seul…

Je porte mon regard vers la chambre d'ami.

C'est vrai, je ne suis pas totalement seul…

La sonnerie de mon portable me coupe dans mes pensées, qui commençaient tout juste à se muer en drôle d'idées…
Mais qui se permet de m'appeler à une heure du matin ?

Je souris en répondant : c'est Heero.

Lui, il a tous les droits…

- Allô ?

- C'est bon d'entendre ta voix.

- Heero… Tout va bien ?

- Oui, mon ange. Je ne te réveille pas ?

- Non, on est rentré y a pas longtemps.

- On ?

Oups…

- Oui, avec Wufei et Trowa, on a été mangé une pizza et après on a pris un dernier verre à la maison.

- Wufei va déguster.

- A moins qu'il ait eu des bouchons, il a pu respecter le couvre-feu de minuit.

- J'espère pour lui.

- Toi, ça a été avec Duo ?

- Hn. Il fait pas mal de crises d'angoisse dès qu'il s'endort, liées à ses cauchemars, mais ma présence le rassure. Depuis une heure, il dort presque comme un bébé. Comme avant.

- Tu le prends dans tes bras et tu lui caresses le front, comme pendant la guerre ?

- Ça le calme. Mais je crois que je ne devrais pas.

- Pourquoi non, si ça lui permet de mieux dormir ?

- J'ai peur que ça ne le déstabilise et qu'il n'arrive pas à faire la différence entre avant et après, au réveil.

- Effectivement, c'est un risque... Tu devras en parler aux soignants, demain.

- Hn. Et Trowa, comment va-t-il ?

- Ca va, il gère, comme il dit.

- Il est rentré seul ?

J'ai un moment d'hésitation.

- Il n'est pas rentré, je lui ai demandé de rester ici.

- C'est peut-être mieux comme ça.

Mon cœur fait un bond dans ma poitrine.

- Ca veut dire quoi, Heero ?

- Que tu n'aimes pas être seul et que je dois resté avec Duo. C'est mieux qu'il soit… que tu lui aies demandé de rester.

Je sens que son ton a changé, même s'il parvient à le dissimuler sous une voix neutre, je ne suis pas dupe.

- Est-ce que ça te gêne ?

- Non, Katoru. J'ai confiance en vous. Ça vous rendra aussi plus crédibles aux yeux de Duo.

- Heero…

- Je sais que tu n'aimes pas mentir, alors dans un sens, vous aurez vraiment passé la soirée et la nuit ensemble.

- Dans un sens, uniquement : il est dans la chambre d'amis …

- Tu n'auras pas à donner de détails à Duo, de toute façon. Excuse-moi, mais je dois te laisser, même si je n'en ai pas envie.

- Je sais. Prends soin de Duo, on se voit demain.

- Hn. Bonne nuit.

- Bonne nuit, mon chéri. Je t'ai…

Seul le bip de fin de communication me coupe et me répond.

J'éteins mon téléphone d'un doigt rageur.
Les larmes de frustration envahissent mes yeux et inondent mon visage.

Un bruit me fait soudain relever la tête : Trowa est là, debout à la porte.

- J'étais venu te demander quelque chose pour dormir, je suis désolé d'avoir écouter. C'était Heero.

- Il m'appelait juste pour me dire bonne nuit, je lui ai dit que t'étais là.

Il vient s'asseoir à côté de moi.

- Il l'a mal pris.

- Non, pas vraiment. Peut-être…

Je lui raconte rapidement les quelques mots échangés.

- Je peux comprendre, mais ça fait mal, je conclus.

- Je sais.

Il m'entoure de son bras et je pleure contre son épaule un long moment, évacuant le trop plein d'émotions cumulées aujourd'hui.
Quand je suis enfin calmé, je relève le visage vers lui.

- Si je te donne un joli pyjama, tu acceptes de dormir avec moi ?

Il essuie une larme qui s'attarde et sourit avec cette tendresse que j'aime tant, chez lui et qu'il n'avait plus qu'avec Duo pendant son coma.

- Joli comment, le pyjama ?

Je me blottis contre lui, soulagé.
J'ai eu peur qu'il refuse, un moment.

Mais j'aime tellement Heero et lui tellement Duo que les tromper reste inconcevable pour l'un comme pour l'autre.
Et c'est ainsi qu'en tout bien tout honneur et en toute confiance, Trowa et moi avons dormi dans le même lit, blottis l'un contre l'autre.

Enfin, dans le futon installé dans la chambre d'amis.

Même si nous n'avons rien eu l'intention de faire, il ne faut pas pousser mémé dans les orties, comme disait Duo à une époque.
Le lit que je partage avec Heero est notre espace intime, et si je dois y dormir, ce sera seul ou avec lui.

Mais comme je ne veux pas, mais vraiment pas être seul, cette nuit plus que toute autre, l'option futon-Trowa me paraît la meilleure des solutions…

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A suivre...

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Merci d'avoir lu ce nouveau chapitre ! J'update vite en ce moment mais ce ne sera peut etre pas toujours le cas...

Kisu à tous et toutes et encore merciiiiiiiiiiiiiiii !

Lysanea