QUESHUA
(part 4)

Titre : Queshua (vivi, rapport aux tentes Décathlon. Si y a des curieux, lisez SSG et demandez à Shaka)

Crédits: Saint Seiya appartient à Masami Kurumada
Auteur : ASRIAL

Genre : NC-17

Couples : Saga X Mu / Shaka X Kannon / Aldébaran X OCF / DM X Aphrodite / Shion X Shura / Milo X Camus / Aioros – Aiolia

Note : comme souvent, Hadès est fini, tous les Chevaliers ont ressuscité… yadayadayada…et bien sûr, l'OAV Overture n'EXISTE PAS !

Bon, le chiant est quasi fini, on retourne dans le marrant pour un moment.

N'hésitez pas à commenter ou à donner vos idées, le scénar n'est pas gravé dans la pierre et à peu près toutes les situations peuvent être ajoutées.

Darius s'enfonça le visage dans le lit dur avant de se mettre l'oreiller sur le crâne.

Ils étaient insupportables !!

Son maître et l'autre grande gigue de Vierge allaient avoir sa peau !!

Il se leva, s'habilla, prit sa couverture et alla se rouler en boule contre la porte de la quatrième maison.

Là au moins, il pourrait somnoler pour la petite heure avant le lever et le premier entraînement.

"- Bonjour "

"- HA ! "

Le Cancer eut un sourire en coin. Il adorait faire peur aux petits jeunes qui débutaient.

Une main sur le cœur, haletant, Darius mit une minute à reprendre son souffle.

"- Vous m'avez fait peur, Chevalier !" Protesta-t-il au bout d'un moment, un peu boudeur.

Le sourire du Cancer s'élargit.

L'apprenti avala péniblement sa salive.

Jusque là, même s'il n'était au Sanctuaire que depuis un mois environ, il n'avait jamais remarqué à quel point le Cancer avait la canine particulièrement pointue et longue. Pas comme un vampire, c'était ridicule. Mais comme un joli petit carnassier particulièrement mortel, agressif et…joueur, avec sa victime.
Le problème, c'était qu'à cet instant, le pauvre Darius se disputait le douteux privilège d'être la-dite proie face à une araignée dans sa toile , un rat dans son bout de mur, un lézard endormi qui attendait le soleil et…et c'était tout… Aussi le jeune homme doutait-il grandement que le puissant Chevalier d'Or du Cancer se contente de si maigre ration…

"- BOUH !"

"- HA !!!"

Le jeune homme se releva d'un bond avant de dévaler les marches qui le ramèneraient à la maison des Gémeaux…Il préférait encore devoir subir les ébats particulièrement bruyants de son maître et de son compagnon plutôt que de rester une seconde de plus à portée du Cancer.

Deux bras nus se nouèrent autour de la taille de l'Italien.

"- Tu ne devrais pas faire peur aux enfants comme ça, Deathy."

"- C'est lui qui est venu chez moi. Je protège juste ma Maison contre l'invasion des parasites." Remarqua finement le Cancer avec un rien d'humour noir.

"- Tu as un mauvais fond, petit crabe."

Le sourire carnassier de DM fondit pour n'être plus que tendre.

"- Mais tu m'aimes comme ça."

"- Ce n'était pas un reproche."

"- Je sais…" Ronronna le Cancer avant de soulever Aphrodite de terre et de rentrer dans ses appartements, le jeune nordique installé dans ses bras comme une jeune mariée.

Ce n'était pas parce qu'ils avaient été réveillés par le jeune impudent, qu'ils ne profiteraient pas de la fin de nuit pour se câliner correctement.
Quand l'Italien y réfléchissait, il lui semblait parfois qu'il n'acceptait de faire l'amour à son Poisson, que pour les heures de cajoleries qui suivraient après leurs étreintes. Pour lui, il n'y avait rien de plus apaisant que le temps qu'il passait avec son petit poisson, à l'abri dans ses bras.

Rhadamanthe fixait le nuage noir et agité de spasmes en face de lui, avec un détachement presque clinique, malgré la douleur qui lui rigidifiait les muscles.

A côté de lui, Minos et Eaque étaient tout aussi dignes que lui, malgré leur souffrance probablement égale à la sienne.

Hadès n'était pas content…

C'était même un euphémisme certain…

D'ailleurs, les trois juges se demandaient bien pourquoi ils avaient été ramenés a la vie par leur maître…à part peut-être pour qu'il puisse les tuer lui-même …

Le problème lorsqu'on avait un patron comme Hadès, c'était que le jeune homme était :

particulièrement rancunier

immortel, même si son corps d'origine était à présent réduit à l'état de cendres

qu'il pouvait vous ressusciter tout le monde et n'importe qui

qu'il pouvait tuer tout le monde et n'importe qui

que eux, Juges d'Hadès, s'était particulièrement bien plantés lors de leur dernière mission contre Athéna (et les excuses vaseuses du genre "Ils étaient plus fort que nous", ça ne marchait jamais avec un tyr…heu….un patron comme Hadès)

et enfin, que Hadès était particulièrement rancunier….Mais ça, ils l'avaient peut-être déjà dit.

Enfin toujours était il que pour l'instant, le Seigneur des Morts passait ses nerfs sur eux, pauvres mortels… immortels…enfin…sur lui et ses collègues quoi.

A cet instant, Rhadamanthe se prit à se demander s'il n'aurait pas mieux fait de suivre le destin que lui avait tracé sa famille et de devenir avocat, ou courtier en bourse….voir même livreur de pizza !

Ca lui aurait au moins évité de rejeter du sang par tous les orifices comme il était en train de le faire, sans pouvoir ne serait-ce que l'essuyer.

"- Et allez, avec un peu de chance, il va en plus nous reprocher de bousiller ses tapis…" Pensa l'Anglais, soudain agacé.

Ce n'était quand même pas leur faute à eux, si Athéna avait fait pression sur Zeus pour obtenir la résurrection de ses troupes.

Bon, le marché subséquent avait permis la résurrection des troupes d'Hadès dans la foulée ainsi que celles de Poséidon et d'Odin, mais flûte ! Si le Juge comprenait qu'Hadès n'aime pas voir une partie des âmes collectées se faire la malle, ça aurait pu être pire ! Bon, il ne savait pas trop comment mais…Il était sûr que c'était possible !

Tiens ! Voila !

Puisque Hadès n'avait plus de corps et qu'il devait attendre qu'il se reconstitue (ce n'était pas un bronzouille de trente neuvième catégorie, même aidé par une déesse, qui pouvait détruire pour de bon un corps divin. Il fallait juste lui laisser du temps pour se refaire une santé…quelques siècles quoi…) Zeus aurait parfaitement pu décréter qu'il allait mettre quelqu'un d'autre à la place de son frère ainé. Et quelqu'un de tordu en plus ! Genre… Genre Aphrodite !! Ha ! Là ça aurait été tordant. Ou bien Eris ! Ou …Ou….Ou encore Apollon ! Ce bâtard avait tellement le "haut de chausse en feu"(1) qu'il aurait sauté sur tout ce qui avait quatre membres, taureau et étoile de mer compris… Y avait qui encore de tordu dans le panthéon…Enfin….Il se comprenait. Tout le panthéon n'était qu'un ramassis de tordus. Et il ne pensait pas ça parce qu'il était aigri et qu'il souffrait le martyr à cet instant…Du tout…enfin, peut-être un petit peu quand même…

Tiens, tout ça ça faisait un bel argument à présenter à son patron….Respectueusement bien sûr…

"- Seigneur Hadès…."

"- TU OSES !!!" Rugit l'esprit vaporeux.

Rhadamanthe retint le réflexe de rentrer la tête dans les épaules.

Ses deux collègues lui firent signe de la fermer avec force gestes. Ils étaient déjà suffisamment dans la mouise sans que leur confrère en remette une couche. Cette fois-ci, ils risquaient vraiment de voir leurs âmes réduites à l'état de balais à latrines pour baraquements de spectres de bas niveau.

"- Pardonnez mon outrecuidance." Reprit le Wyvern en utilisant intensément la brosse à reluire. "Mais la situation pourrait être pire…"

Hadès se tut, surpris.

Ces trois juges étaient ses chouchous. La preuve la plus manifeste en était qu'ils étaient encore en vie même s'il les torturait allègrement depuis plus de soixante douze heures. Mais qu'un de ces juges prenne ainsi la parole, c'était du jamais vu et de l'inattendu. Et à défaut de lui plaire, au moins, l'inattendu ne l'ennuyait pas comme un rat mort. Et puis en attendant l'heure de la sieste qui n'allait pas tarder à sonner pour deux cent cinquante ans, il le sentait, ça lui ferait passer le temps.

Sa colère légèrement calmée, le nuage noir de son âme cessa un peu ses agitations.

"- Je t'écoute."

"- Votre corps finira par redevenir lui-même, Seigneur. Nous le savons tous. Athéna par contre, ne le sait pas…Seulement, ce sera long…Très long…Si vous me permettez cet avis, je pense qu'il serait bon, non pas de s'aliéner Athéna davantage, mais au contraire de tenter de l'amadouer."

Hadès fronça ses sourcils inexistants. C'était une approche qu'il n'avait jamais tentée. Et puis…Qu'aurait-il à perdre. Le temps ne voulait rien dire pour lui et à défaut, ça le distrairait de son ennui mortel pendant quelques années.

"- Continue, Wyvern."

"- Si nous essayons d'établir des relations diplomatiques avec son domaine, cela pourrait nous en être bénéfique : Connaissance des lieus et des hommes, possibilité de meurtres discret, vol d'armure…" Le plus dur maintenant à dire. "Nous avons essayé des dizaines de fois de détruire le Sanctuaire, Mon Seigneur. Jamais nous n'avons réussi. Cette fois, les Chevaliers d'Athéna sont venus jusqu'à Elysion uniquement parce que l'un de leur Chevalier d'Or a poussé votre nièce à le faire, sinon, ils se seraient contentés une fois de plus de nous repousser. Pardonnez-moi, Ô mon maître, mais il serait peut-être bon de changer de tactique. Je n'ai rien contre le seigneur Arès et ses idées, mais son plan a peut-être vécu. Surtout qu'il a plus de trois mille ans. Il serait peut-être bon de…chercher des idées neuves…"

Flûte quoi, c'était toujours les même qui allaient au casse-pipe quand même. Sans compter que le Seigneur Arès était bien gentil, mais le plan qu'il avait pondu à son oncle uniquement pour embêter sa demi-sœur n'était pas prévu pour être utilisé plus d'une, voir deux fois…C'était le problème avec la mort. Elle n'évoluait jamais. Hadès ne pouvait pas changer, c'était sa nature. Mais au moins EUX, ses juges, le pouvaient ! Et si leur maître était incapable d'avoir une idée neuve, c'était leur job de les avoir pour lui….Même si le pauvre Wyvern se rendait soudain compte que son Seigneur et Maître lisait dans ses pensées…Il avait occulté ce léger détail…

S'il ne se faisait pas vaporiser….

"- Tu le mériterais, Wyvern." Railla Hadès, un peu vexé mais tout à fait conscient de la véracité des paroles –et des pensées- de son Juge. "Mais tu mets en avant un point très juste. Il est temps d'oublier la force brute et de tenter autre chose… Malheureusement, je n'en aurai pas le temps…"

Un peu inquiets, les trois juges se relevèrent d'un bond.

"- Seigneur ?"

"- Je vais m'endormir à nouveau, tout cela m'a fatigué…Vous êtes jeunes et comme l'a très gentiment fait remarquer Rhadamanthe, je ne puis vous guider dans quelque chose d'aussi neuf. Pas avant un moment en tout cas. Et mes forces m'abandonnent pour ce siècle. Je vous laisse donc tout pouvoir pour préparer la prochaine bataille, dans deux siècles et demi…Ne me faites pas défaut…" Murmura l'esprit, de moins en moins compact. Il se reforma un instant avant de reprendre. "Fus-je dans mon état normal, Rhadamanthe. Ton cadavre pourrirait à la surface et ton âme aurait été éparpillée aux quatre vents." Prévint-il quand même avant de s'évanouir, probablement pour Elysion.

Les trois juges avalèrent leur salive avec difficulté.
Au lieu de replonger dans le sommeil comme ils auraient du le faire avec leur maître, ils étaient laissés en charge des Enfers et probablement d'une bonne partie des Spectres.

C'était….inédit…et effrayant.

Minos profita qu'ils étaient dans le chambardement le plus complet pour balancer une grande claque sur l'arrière du crâne de son confrère. Tant qu'à être dans les nouveautés…

"- MAIS CA FAIT MAL !" Gueula le Wyvern, toute prestance envolée en même temps qu'il réalisait ce qu'il avait fait.

"- C'est toi qui a eu une idée tordue. Tu vas nous en sortir maintenant…"

"- Qu'est ce que tu veux que je fasse?" Protesta l'Anglais en grommelant.

"- Ton père est bien avocat, je crois ?" Murmura Eaque avec un sourire qui ne promettait rien de bon.

"- Toi, je ne te dis plus jamais rien." Bouda le Juge, aussi motivé qu'un gamin de huit ans.

"- Peut-être, mais la diplomatie et le mensonge, il doit connaître. Tu pourrais peut-être lui demander de nous rédiger une lettre pour Athéna, tu ne crois pas ?"

Un peu hautain, Rhadamanthe croisa les bras sur son torse.

"- Je vous signale, monsieur du Flapflap, que comme vous, je n'ai pas revu mes parents depuis mon enfance, quand les Spectres de bas niveau son venus me chercher pour m'emmener ici…"

"- Et bien ce sera parfait, ça fera le retour de l'enfant prodige. Il ne pourra rien te refuser."

L'Anglais s'éloigna en pestant, les mains dans les poches, pour rejoindre ses quartiers. Cet abruti d'Eaque avait raison.

Vie de merde !

Ha, il commençait à se dire que c'était CA leur punition. Vivre.

Minos et Eaque eurent le même sourire plein de dents, contents.

Ils se raclèrent soudain la gorge. Ils avaient un certain standing à maintenir quand même !

Milo se réveilla en sursaut.

Il avait bien dormi jusque là, mais depuis quelques minutes, quelque chose n'allait pas. Il lui manquait quelque chose d'indispensable.

"- Camus ???"

Le Scorpion sauta du lit pour se mettre à la recherche de l'homme de sa vie.

Il le trouva endormi sur le canapé, un livre ouvert sur les genoux.

Un petit sourire échappa au jeune Grec.

Il était chou, son Camus….

Il referma le livre sans faire de bruit, alla le poser sur le lourd bureau de chêne qui trônait dans un coin de la pièce, frissonna sous la fraîcheur de la nuit qui humidifiait encore un peu le marbre, puis souleva lentement le Français dans ses bras.

Camus s'agita un peu.

"- M'lo ?"

"- Shhh…Tu t'es rendormi sur le canapé." Murmura doucement Milo pour ne pas réveiller tout à fait son ami.

Camus se rencogna dans ses bras et se laissa remettre au lit comme un petit. Dès que Milo se fut remis sous les couvertures avec lui, il se glua à lui, passa ses bras et ses jambes autour de lui comme un gentil petit poulpe, posa sa joue sur le torse nu du Scorpion, poussa un énorme soupir de contentement puis retomba dans un profond sommeil.

Trop bien réveillé pour se rendormir aussi facilement que Camus, Milo profita de l'étreinte inattendue pour caresser les cheveux du Verseau. Ses cheveux étaient tellement doux…

Presque hypnotisé par le visage doux et en repos de Camus, bien loin du masque froid et distant qu'il avait habituellement, Milo ne vit pas le temps passer. Ce n'est que lorsque le Verseau se tortilla contre lui qu'il s'aperçut que le soleil était levé…Et que son ami avait un problème hormonal des plus ordinaire…Mais des plus gênant, surtout lorsque vous étiez collé à quelqu'un d'autre.

"- Bonjour Camus…" Murmura Milo en lui caressant le dos du bout des doigts.

Le Verseau arqua machinalement les reins en lâchant un petit geignement de plaisir.

Milo frémit.

La raison encore court-circuitée par le sommeil, le Verseau se laissait aller à des familiarités qu'il n'aurait pas en temps normal. Sans réfléchir, Camus laissa ses mains dériver sur le torse musclé de son nounours de la nuit, pour venir effleurer un mamelon du pouce.

Et l'évident contentement de son camarade qui appuyait contre sa cuisse….

Milo se mordit la lèvre. Il ne devait pas profiter de l'état d'endormissement de Camus pour lui faire subir les derniers outrages. Il ne devait pas…même si c'était diablement tentant !

Gentiment, il le secoua à l'épaule.

"- Camus….Camus…"

Le Verseau finit par ouvrir un œil.

"- Milo ??"

"- Bonjour mon Camus…"

Le jeune homme rougit un peu

"- Milo….."

Le Grec déposa un petit baiser sur le front du Français. Il ne devait pas profiter de la situation. Il devait rester digne. Sinon, Camus n'aurait plus jamais confiance en lui et ça…Milo n'y aurait pas survécu.

"- Bien ?"

"- Je croyais m'être levé tôt." Murmura le Verseau sans bouger, la joue toujours sur le torse du Scorpion presque béat de contentement.

"- Tu t'es rendormi sur le canapé alors je t'ai remis au lit."

"- Ho…."

Le Verseau rougit soudain. Il y avait une bonne raison à ses levers de plus en plus matinaux. Il ne voulait pas que Milo constate son…enthousiasme… à l'avoir dans son lit le matin. C'était presque tous les jours à présent et…Bref… Il en était très gêné, surtout qu'il ne se sentait pas encore prêt à donner plus à Milo. Pas tout de suite.

Bien qu'il soit étroitement collé au Scorpion, celui-ci n'avait encore fait aucune réflexion fine. Cela détendit un peu le Verseau, ce qui eut pour effet de le faire légèrement bouger. Un petit sanglot de frustration lui échappa lorsque son membre frotta un peu contre le tissu de son boxer.

Milo tressaillit, ce qui fit se raidir Camus.

L'un comme l'autre étaient parfaitement conscient de la situation.

Gentiment, avec plus de tact qu'il n'aurait pu en attendre, Milo se recula doucement pour laisser plus de place au Verseau tremblant allongé sur le flanc.

"- Camus…"

Le jeune Français détourna les yeux, mort de honte.

Milo prit son visage entre ses mains et le força à le regarder.
Lentement, pour ne pas l'effrayer comme il l'avait déjà fait, il l'embrassa chastement sur les lèvres avant de laisser une de ses mains se poser sur son ventre. Il se tordait un peu le poignet, mais ce n'était pas grave.

"- Je ….Je peux t'aider avec ça…" Offrit Milo, timide.

Camus eut immédiatement un geste pour s'enfuir mais Milo le retint près de lui.

"- Je ne ferai jamais rien que tu ne veuilles pas." Murmura encore le Scorpion, peiné.

Le Verseau se calma un peu. Il savait que Milo ne le forcerait à rien mais…Il avait tellement honte de ne pouvoir tenir la bride à ses hormones…

"- Je…Je sais… C'est juste que…"

La main se reposa sur son ventre. Ses muscles se contractèrent machinalement. La main de Milo était si chaude, et le besoin qui lui arquait les reins était si fort….
Camus enfouit son visage dans les cheveux du jeune homme lorsque la main descendit un peu mais ne fit rien de plus pour le repousser.
Lentement, très lentement, Milo continua à faire descendre sa main.

Il sentait Camus frémir et trembler contre lui, mais le Verseau ne cherchait plus à le fuir ou à le rejeter.

Sa main effleura le membre de Camus à travers le tissu de son boxer.

Un petit sanglot supplémentaire échappa au gardien de la onzième maison.

Immédiatement, le Scorpion commença à le cajoler.

"- Shhh…du calme, mon Camus…Je ne ferais rien si tu ne veux pas." Roucoulait le jeune homme, la tendresse évidente dans sa voix.

Camus ferma les yeux. Le visage enfoui dans le cou de Milo, il déposa un timide petit baiser sur sa gorge.

Milo lâcha à son tour un pitoyable petit geignement. Si son Camus s'y mettait, il n'allait jamais avoir la force…

Encore plus lentement, il glissa une main dans le boxer du Verseau pour effleurer son membre du bout des doigts.

Cette fois, il arracha un petit cri de surprise au Français qui lui mordilla le cou.

Le Scorpion ne comprenait pas comment il faisait pour rester un minimum la tête froide.

Il serra Camus plus étroitement contre lui avant de le prendre entièrement dans sa main.

Avant longtemps, le Verseau gémissait doucement dans ses cheveux et donnait de petits coups de reins contre sa paume.

Le Scorpion repoussa fermement l'impression dérangeante d'aller à l'encontre des envies de son ami. Il aurait pu le repousser n'est ce pas ? Surtout avec le contrôle qui était normalement celui du Verseau. Et puis, il l'avait pris au saut du lit, mais Camus faisait des phrases cohérentes, il était réveillé donc…Et….Et….

"- Milooooo…."

Son nom prononcé par Camus avec un tel besoin lui arracha un gémissement.

Il avait pu oublier un moment son propre entrejambe négligé un moment, mais maintenant… Entendre son nom dans la bouche de son Camus, prononcé de cette façon…C'était presque assez pour lui faire prendre son plaisir tout seul.

Les idées embrouillées par le désir qui montait lentement, Camus se mit à mordiller gentiment la gorge de Milo et lui caresser maladroitement les hanches les flancs.

Le Scorpion se mordit la lèvre au sang.

"- Mon Camus…Mon délicieux Camus…" Murmura-t-il doucement avant de raffermir ses caresses sur le Français.

Camus supporta la douce torture encore quelques secondes avant de s'assouvir brutalement, presque par surprise. Ses ongles s'enfoncèrent dans la peau du Scorpion. La légère douleur fut suffisante au jeune Grec pour prendre son plaisir lui aussi.

Haletant, les deux hommes se bouinèrent l'un contre l'autre malgré l'humidité désagréable de leurs tenues de nuit.

Camus resta immobile un moment avant de repousser lentement Milo.

Le Scorpion le retint, effrayé que son ami parte pour de bon.

"- Ca…Camus ?"

Le Verseau releva le nez, malheureux comme les pierres.

"- Je…suis désolé…"Murmura-t-il doucement sans vraiment savoir de quoi il s'excusait.

Milo lui caressa la joue.

"- De quoi ?"

"- Je ne peux pas….je ne peux pas…." Le Français ferma les yeux, accablé. "Je ne peux pas te…te…."

Le scorpion lui déposa un doux baiser sur le front.

"- Ne t'en fait pas pour ça, Camus…Nous avons tout le temps…"

Un peu rassuré, le gardien de la onzième maison se colla soudain contre son ami.

"- Je…" Il rouvrit les yeux pour chercher le regard de son ami. "Je...t'aime…" Murmura-t-il, si bas que le Scorpion dut lire sur ses lèvres pour comprendre ses paroles.

Milo se sentit fondre. Il imaginait ce que ces trois mots avaient du coûter au Verseau.

Il le rassura gentiment.

"- Je t'aime, mon Camus. N'en doute pas….."

S'il n'avait pas eu son ami dans ses bras, le jeune Grec serait sorti du temple pour grimper sur le toi et hurler son bonheur à la Terre entière.

Il lui caressa la joue avant de l'embrasser sur les lèvres.

"- Viens… Nous sommes tout poisseux. Un bon bain nous fera du bien à tous les deux." Murmura encore le Scorpion avec un sourire affectueux.

Le nez bas, le Verseau se laissa traîner jusqu'à la salle de bain, encore trop honteux de ses actes pour contrarier son ami.

Attendri, Milo se fit un plaisir de s'occuper de Camus comme le Verseau le faisait avec lui depuis qu'il était arrivé au Sanctuaire, bien des années plus tôt. Toute leur vie de Chevalier, ça avait été Camus qui s'était occupé de son bien-être et de son confort. A présent, c'était à lui de le faire. C'était à lui de lui montrer qu'il l'aimait vraiment…Comme son Camus l'avait fait pendant des années. De cela, le Scorpion en était sûr. Même si Camus n'en était pas vraiment conscient.

Aldébaran raccrocha son téléphone portable.

Il en avait fait l'acquisition deux semaines plus tôt, après son troisième rendez vous avec Keren.

Ce n'était guère pratique d'attendre le lundi pour programmer leurs sorties, et si la jeune femme avait besoin de lui pour une raison ou une autre, il valait mieux qu'il soit joignable.
N'y connaissant par grand-chose, il avait demandé à la jeune femme de venir avec lui et l'aider à choisir. Il avait pris un téléphone à carte. N'ayant pas de compte en banque de toute façon, c'était bien le seul choix qu'il avait…

Il ôta son armure, enfila des vêtements civils puis sortit en coup de vent de son temple.

Il dévala les marches vers la sortie du Sanctuaire pour se faire arrêter par un Mu en pleine réparation d'une armure d'argent.

"- Aldé ? Tu as l'air bien pressé."

"- Je t'ai dérangé pendant ton travail ? Je suis désolé…"

Le Bélier secoua la tête.

"- Ca ne fait rien… Où vas-tu ?"

Le Taureau rosit d'un coup.

"- Heu…je vais….je vais…à Athènes…"

Un petit sourire apparu sur les lèvres du gardien de la première maison.

"- Et tu vas à Athènes pour quoi ?"

Le Brésilien hésita. Il se savait incapable de mentir correctement

"- Tu en parleras pas, hein…."

"- Une fille ?"

La rougeur brutale du jeune homme répondit pour lui.

Mu prit pitié de son timide camarade.

"- Je serais aussi muet qu'une tombe de carpe, Aldé. Promis… Mais…Tu me la présentera, hein ?"

Le pauvre Taureau baissa le nez, écarlate.

"- Et bien…heu….peut-être…Enfin…comment dire…" Il cessa de bafouiller soudain. "Il faut vraiment que j'y aille, Mu…Si quelqu'un me demande…"

"- J'ai couvert Shaka des dizaines de fois, Aldé. Tu peux partir tranquille, ne t'en fais pas…"

Rassuré, le grand Chevalier s'éclipsa aussi vite qu'il le pouvait sans armure. Le coup de fil de Keren l'inquiétait. Son ex s'était pointé chez elle, assurément éméché et refusait de partir. Un peu effrayée, la jeune femme l'avait appelé après que la police ait refusé de se déplacer juste pour ça.

Heureusement, il connaissait l'adresse de son amie. Il était allé une fois chez elle pour déjeuner, quelques jours plus tôt.

Il ne lui fallut que quelques minutes pour couvrir la cinquantaine de kilomètres séparant sa Maison de celle de Keren.

Un homme visiblement bien imbibé tapait à la porte de la maison. Fort heureusement, les fenêtres du rez-de-chaussée étaient protégées par des grilles, autrement, le type serait déjà entré. Un tuyau à la main, il avait cassé plusieurs fenêtres et s'acharnait à présent sur l'huis.

Aldébaran attrapa le tuyau au vol alors qu'il allait encore en donner un coup sur la porte.

"- Calmez-vous, monsieur. Vous êtes ivre."

"- Kestu veux toi." Cracha le gars, complètement rond, en tirant sur le tuyau pour le récupérer.

"- Un ami de Keren. Elle m'a appelé. Vous n'avez rien à faire là, ce n'est même pas votre week-end de garde pour Hadrien."

Le Chevalier lâcha le tuyau au moment où le type tirait dessus. L'homme tomba sur les fesses, son tube en métal dans la main, un peu hébété.

"- Comment tu connais Keren ? T'es son mec ?"

Le pauvre Aldébaran rougit un peu sans répondre.

"- Et pourquoi qu'elle t'appelle, cette pute ?"

Cette fois, le Taureau fronça les sourcils. Il n'aimait pas entendre de genre de choses.

"- Je ne vous permet pas !"

"- Quoi ? Tu la connais pas cette connasse. Pas comme moi, alors dégage ! De toute façon, c'est ma poule." Siffla l'alcoolique avant de lever le morceau de métal pour l'abattre sur Aldébaran.

Un petit cri retentit de derrière la fenêtre d'où Keren observait la scène.
Elle s'était immédiatement rassurée quand le grand Chevalier était arrivé, mais n'avait pas voulu sortir avant que son ex ne soit parti. Elle ne voulait pas que son fils, aussi jeune soit-il, voie son père dans cet état, ni prendre le risque d'être blessée. Un homme ivre pouvait être très dangereux, après tout.

Aldébaran ne broncha pas sous l'impact du métal sur son épaule.
Le tuyau se plia en deux, presque à angle droit.

Bêtement, le type agita son bout de métal.

"- Heu ??"

Malgré son esprit embrumé par les vapeurs d'alcool, il se rendait bien compte que ce n'était pas normal. Le morceau de métal n'aurait pas du se courber comme ça.

Un peu irrité à présent, le Taureau arracha le tuyau des mains de l'homme, en fit un nœud avant de balancer le bout de métal derrière son épaule.

Il attrapa le type par le col, le souleva de terre sans la moindre difficulté puis le porta hors du petit jardin.

Là, il repéra un tonneau de récupération des eaux de pluie pour l'arrosage. Sans pitié, il lui mit la tête dedans et la lui maintint sous l'eau quelques secondes avant de le faire émerger.

"- Ca va mieux ?"

"- Que..la…lâche moi…Co…Connard !"

"- Pas encore, bon…"

Il lui remit la tête sous l'eau trois-quatre fois avant de s'estimer satisfait.

Enfin, il laissa l'ex-alcoolisé sur le trottoir, mouillé et dégoulinant, avant d'aller toquer à la porte de Keren.

"- Keren ? Ca va ?"

La porte s'ouvrit immédiatement.

La jeune femme sembla hésiter une seconde avant de lui sauter au cou.

Elle le lâcha aussitôt pour le faire rentrer dans la petite maison, grondeuse comme une mère poule.

"- Ca va ? Il t'a frappé ! Je l'ai vu !!! Il t'a fait mal ? Enlève cette chemise, tu dois avoir l'épaule en purée!"

Le Chevalier se débattit un peu.

"- Mais… Mais non….tout va bien… Ne t'en fait pas… Mais lâche moi voyons !! Je te dis que tout va bien !!" s'évertua le jeune homme, les joues roses.

Finalement, Keren parvint à lui ôter sa chemise. Elle ne put que constater, stupéfaite, l'absence de blessure. Il n'y avait rien, pas même une légère ecchymose.

"- Mais… Mais comment…"

Elle vérifia furieusement la chemise. Elle n'était pas rembourrée pourtant ! C'était impossible…

"- Aldébaran, comment est-ce possible ?!"

Elle n'en revenait pas. Personne n'aurait pu se tirer d'un coup pareil sans au moins un énorme bleu !

Le pauvre Chevalier récupéra sa chemise. Mal à l'aise, il se frotta l'arrière du crâne.

"- En fait…Comment te dire…"

La jeune femme se pinça la racine du nez entre deux doigts.

Elle alternait de la panique la plus complète à l'incompréhension la plus totale.

Ce n'était pas bon pour ses artères.
Elle prit longuement deux ou trois respirations pour se calmer. Normalement, elle n'était pas aussi hystérique ! Elle ne comprenait même pas pourquoi elle avait appelé Aldébaran à la rescousse…Surtout sachant qu'il habitait à plus de cinquante kilomètres et…Qu'il était arrivé en quelques instants.
Ce n'était pas normal. Il y avait anguille sous roche et elle détestait ça. Pour un peu, elle aurait presque pu croire que le grand jeune homme était de mèche avec son ex. Oui, ça aurait expliqué pas mal de trucs mais… Elle avait bien vu le coup porté, et le tuyau se torde…

"- Je vais me faire du thé. Et tu as intérêt à tout me dire." Siffla-t-il, mécontente.

Le pauvre Taureau soupira lourdement. Comment expliquer tout ça ?

Docile, il suivit la jeune femme dans la cuisine et s'assit devant une tasse de thé avant de cracher le morceau.

Non, il n'était pas de mèche avec son ex.

Non, il n'avait pas mal. Pourquoi ? Parce qu'il était un chevalier d'Athéna. L'un des douze plus puissants d'ailleurs…

Ha, elle avait entendu parler ? Ha oui, il y avait eu le tournoi galactique...

Et non, il n'y avait pas qu'une seule armure d'or, il y en avait douze…

Et non il ne se fichait pas de sa "putain de gueule" comme elle le disait très élégamment. Lui prouver ? Pas de problème…

Lorsqu'il fut vêtu de son armure, dans la cuisine de Keren, entre un panier de pomme, une douzaine d'œuf et un paquet de couche, la jeune femme ne put que se rendre à l'évidence, une fois assise sur un tabouret

Diantre.
C'était quand même remarquable !

Le rose aux joues, Aldébaran renvoya son armure à son temple.
Avec tout ça, les autres allaient lui poser des tonnes de questions quand il rentrerait…Bah…tant pis… Il pouvait proposer à Keren de lui faire visiter le Sanctuaire…Il se débrouillerait pour avoir l'autorisation…Et puis…Et puis il verrait bien, zut ! Lui aussi il avait bien le droit de convoler.

Même si ce n'était pas avec un collègue !

Surtout que la jeune femme lui semblait particulièrement bien à sa place entre ses bras.

Shura décapsula sa bière d'une main experte.

"- Tu ne crois pas qu'il est un peu tôt pour carburer à la bière." Protesta mollement Shion en peignant sa longue chevelure avec difficulté.

Dans l'encoignure de la salle de bain du Pope, Shura montra l'étiquette.

"- Tourtel."

"- Et alors ?"

"- Sans alcool…"

Shion renifla un peu.

"- Je ne disais pas ça uniquement pour l'alcool, petit Capricorne."

Amusé, Shura posa la bouteille sur un meuble. Il s'approcha tranquillement, prit la brosse des mains de son compagnon et lui brossa lentement les cheveux.

Presque immédiatement, le Pope ferma les yeux avant de soupirer de contentement.

Cela n'en finissait pas de charmer le gardien de la dixième maison. Shion était affamé de caresses. La moindre attention qu'il pouvait avoir pour lui, pouvait suffir à transformer le puissant Pope du Sanctuaire en chaton ronronnant.
C'était….presque attendrissant…

"- Tu triches." Grommela l'ancien Bélier, les yeux mi-clos de plaisir.

"- Mais tu aimes ça…"

"- Ce n'est pas une raison." Remarque Shion avec un sourire.

"- Bah…"

Les deux hommes restèrent silencieux le temps que Shura finisse de démêler les longues mèches vertes de son amant. Il reposa la brosse avant de prendre la lourde crinière d'une main pour la pousser sur l'épaule de leur propriétaire. Il déposa un petit baiser sur la nuque dévoilée.

"- Alors, pourquoi tu n'aimes pas la bière au saut du lit ?"

Shion se retourna entre les bras de Shura.

Immédiatement, le Capricorne se bouina contre le large torse nu pendant que le Pope lui caressait les épaules du bout des doigts.

"- Ca te donne une haleine de chacal. Ce n'est pas très agréable dès le matin…"

Shura resta à réfléchir un moment.

"- Tu as de la chance que je ne fume pas. J'aurais pu avoir une haleine de vieux cendar aussi. Mais c'est une excuse valable… je ferai attention." Promit-il avant de déposer un rapide baiser sur l'épaule de son amant.

Il se dégagea des bras tendres de l'ancien Bélier pour attraper une brosse à dents.

"- Je vais préparer le petit déjeuner." Proposa Shion en quittant la salle de bain.

"- Mmm Mmm…" Marmonna Shura, occupé à se récurer le gosier pour le plus grand plaisir de son amant.

Il ne fut pas surpris de voir que sa bière oubliée sur le meuble avait disparu, probablement refermée et mise au frigo.

Décidément, il aimait bien le Pope.

Lorsqu'il apparut enfin dans la cuisine, Shion avait eu le temps de faire du café tout frais, des tartines et des crêpes encore chaudes attendaient dans une assiette.

"- Que se passe-t-il ? C'est pour une occasion particulière ?"

"- J'avais envie." Remarqua simplement l'ancien Bélier en posant deux confitures sur la table.

Shura fixa le Pope un moment.

Il commençait à le connaître.

Ils n'étaient pas ensemble depuis longtemps, si tant est qu'ils soient ensemble et pas simplement compagnons de sommier, mais il commençait à connaître les petites manies et les attitudes de Shion.

Pour l'instant, il savait que quelque chose occupait les pensées de son amant. Si cela avait été quelqu'un, ses lèvres n'auraient pas été aussi serrées l'une contre l'autre. Et ce n'était visiblement pas quelque chose d'agréable, sinon, il aurait vu une étincelle de sourire dans ses yeux. Là, les prunelles violettes étaient dures.

"- Qu'est ce qui ne va pas ?"

Shion allait mentir mais se retint. Il soupira.

"- Je réfléchissais juste à la dernière discussion que j'ai eu avec Athéna…À deux choses en fait."

"- Ho ?"

"- Elle a une surprise pour moi, ce qui déjà en soi, est suffisant pour me faire fuir en hurlant…"

Shura gloussa doucement. Athéna avait beau être leur déesse, aucun des Chevaliers d'or n'était assez stupide pour lui faire une confiance aveugle sortit de son boulot de déesse, qu'elle faisait d'une façon très discutable d'ailleurs, aurait assuré le Chevalier du Capricorne si on lui avait demandé son avis.

"- Une surprise… De quel genre ?"

"- Du diable si je le sais !! Je sais juste que ça a l'air de le ravir d'aise… Tu crois que je pourrais demander l'asile politique quelque part ?"

Shura rit doucement.

"- Shion, voyons !"

Le pauvre Pope fit une petite grimace. Il le sentait mal…très mal…et ses intuitions étaient toujours suivies des faits… Il soupira lourdement.

"- Et la deuxième chose ?" Reprit Shura

"- Hmm ? Ho…Athéna veut que je prenne contact avec Poséidon et Hadès…"

"- QUOI ?"

"- Tu n'avais pas entendu les rumeurs."

"- Ben si, mais justement, j'espérais que ce n'était que ça, des rumeurs…"

"- Si seulement...Elle espère qu'en faisant ami-ami avec les deux dieux, elle pourrait éviter une guerre prochaine."

"- L'idée n'est pas idiote…."

"- Avec d'autres individus en face, certainement…Mais un dieu ne peut pas changer et elle le sait. Je ne sais pas ce qu'elle espère…"

Shura finit son café.

Il quitta sa chaise pour venir poser ses mains sur les épaules du pope.

"- Allez, rien n'est encore fait n'est ce pas ? Qui sait ce qui va encore lui passer par la tête. Si ca te trouve, dans deux semaines elle voudra laisser tomber cette idée farfelue et faire creuser des piscines pour toutes les Maison…"

"- Zeus t'entende…" Soupira le Pope, lugubre. "Zeus t'entende…"

L'entrepreneur testa l'un des morceaux de marbre qui venaient d'être apporté sous le regard anxieux du Chevalier blond.

Non loin, un autre chevalier aux cheveux bleus accompagné d'un gosse, attendait tranquillement.

Enfin, le bâtisseur se redressa.

"- Bon ! Et bien celui-là, il est bon pour le service !"

Pour un peu, Shaka lui en aurait sauté au cou de contentement.

Ils allaient ENFIN pouvoir recommencer à construire sa Maison. Il n'avait rien contre squatter chez Kannon, mais quand même, sa Maison quoi !

Kannon retint un petit sourire.

"- Darius, fais le tour des Maisons. Va prévenir les autres Ors qu'on a besoin d'eux pour monter des murs."

"- Mais…" Minauda le jeune homme.

"- Pas de discussion." Siffla le Gémeau.

L'adolescent s'éloigna en grommelant. Il n'avait pas vraiment l'habitude qu'on lui donne des ordres. Son précédent maître n'avait que quatre ans de plus que lui après tout et n'avait jamais fait acte d'autorité sur lui.

"- Tu as du mal avec lui." Remarqua Shaka en glissant sa main fine dans celle, calleuse, de son amant.

"- Il faut juste qu'il apprenne à tenir sa place. Je ne sais pas ce qu'a fait son précédent maître, mais il n'a aucune notion de hiérarchie."

Une lueur malsaine apparut dans les yeux de la Vierge.

Une notion de la hiérarchie hein… Kannon se fichait de lui ou quoi ? Il voyait bien comment Darius faisait du plat au Gémeau...Et comment Kannon de lui disait rien. Et ça, ça le foutait en l'air !

Le cadet des jumeaux passa soudain un bras autour de la taille de son compagnon, sans se soucier de l'air offusqué de l'entrepreneur.

Il déposa gentiment un petit baiser dans le cou de la Vierge.

"- Tu es ronchon depuis quelques jours. Qu'est ce qui t'arrive ?" Ronronna Kannon.

Shaka se sentit fondre.

Kannon pourrait sans trop de mal le manipuler n'importe comment, juste en se montrant tendre et prévenant avec lui. Et pire que tout, le Gémeau n'en était visiblement pas du tout conscient. C'était déprimant.

L'indou se serra contre le large torse de son aîné.

"- Ce n'est rien... Ne fais pas attention... Juste que j'ai hâte de retrouver une Maison à moi." Expliqua la Vierge.

"- Tu n'es pas bien chez moi ?"

Le ton presque plaintif fit sourire Shaka. Ce que Kannon pouvait être naïf de temps en temps... Non... Pas naïf...presque...enfantin.

"- Je suis très bien chez toi, mon Kannon. Mais...Ce serait un peu ridicule si nous étions attaqué tu ne crois pas ? Comment empêcher quelqu'un de franchir une Maison qui n'existe même plus. Ca ferait désordre.

Kannon dut en convenir.

"- Trouvez-vous une chambre tous les deux !!!" Lança soudain une voix amusée.

"- Voyez qui parle !" Rembarra immédiatement Kannon en serrant Shaka contre lui.

Le rictus de DM s'élargit.

"- Je ne fais pas assez de bruit la nuit pour jeter mon inexistant apprenti dehors" ricana le Cancer.

Kannon rougit brutalement pendant que Shaka renifla avec hauteur.

"- Et bien quoi, tous n'ont pas la vitalité des autres, c'est tout..."

Aphrodite passa un bras autour de la taille de son amant avant que le Cancer ne bourre dans le tas.

"- Il n'est pas forcément indispensable de prévenir tous les voisins, Shaka. On pourrait finir par croire que tu simules."

"- Ce n'est pas moi qui crie le plus fort !"

"- Les aigus portent plus loin!"

"- Je croyais pourtant me souvenir que tu n'aimais pas la finesse."

"- Uniquement lorsque tu parles en taille de membre, Shaka."

Petit à petit, Kannon et DeathMask rougirent de plus en plus.
Non mais c'était quoi ces manières ? Et puis... et puis, on ne disait pas ce genre de choses ! Ca ne faisait pas ! Et puis ils n'étaient pas ce genre d'homme d'abord !

Mortifié, Le Cancer et le Gémeau voulurent s'éclipser discrètement en prenant pour excuse les colonnes de marbre qui attendaient d'être mises en place.

Shaka et Aphrodite retinrent chacun leur moitié tout en continuant leur concours d'insultes de haute volée.

Avant longtemps, les deux hommes se balançaient à la figure les pires horreurs sous le regard consterné de leurs pairs et désespéré de leurs moitiés.

Finalement, haletant et visiblement très contents d'eux, les deux hommes se sourirent.

"- Alors, on s'y met ?"

Shion poussa un énorme soupir.

Ces deux là pouvaient se comporter comme des enfants des fois...

"- Nous n'attendions plus que vous." Fit remarquer fraîchement Aiolia, une grosse colonne déjà dans les mains.

Kannon lança un regard à Aphrodite puis à Shaka, le front barré d'une ride de réflexion.

Il s'était passé quelque chose. C'était évident, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
Shaka avait soudain l'air bien plus détendu qu'il ne l'avait été depuis un bon mois malgré ses heu... efforts...vigoureux les efforts d'ailleurs.

Une bouffée de jalousie monta à la gorge du Gémeau. Si quelqu'un devait être capable de rendre de service à SON compagnon, c'était lui. Pas une crevette faisandée au poil bleu!

Les dents serrées, il passa son agacement sur les blocs de marbre.

Très vite, les murs montèrent vers le ciel.

L'entrepreneur n'en revenait pas.

A ce rythme, la Maison entière serait montée avant la fin de semaine, sans doute même plus tôt ! C'était renversant.

Les yeux étrécis, il s'approcha de Shion.

"- Dites moi... Vous ne me loueriez pas ces petits gars pas hasard ?"

Shion haussa un sourcil, surpris.

"- Pardon ?"

"- Oui, tous vos petits gars en doré, là... Ils se feraient un argent monstre en travaillant dans le bâtiment! A la vitesse où ils montent un mur, je vous les embaucherais bien de temps en temps."

Un peu choqué, le Pope se redressa, hautain.

"- Monsieur, vous vous égarez! Des Chevaliers ne sont pas de la simple main d'oeuvre bon marché pour quel entrepreneur désireux d'augmenter son chiffre d'affaire !"

Pour un peu, le Pope en aurait craché des flammes par les naseaux

Ses petits ! Transformés en maçons à deux francs ? Non mais et puis quoi encore !!! C'est qu'il y tenait à ses Chevaliers, plus qu'il ne l'admettrait jamais !

Revenu avec le gros des Ors, Darius reprit place près de son maître.

Tout sourire, il chercha à détourner l'attention de Kannon de Shaka, sur lui. La Vierge se montrait un adversaire de taille, plus qu'il ne l'avait imaginé jusque là.

"- Maître ? Que puis-je faire pour aider ?"

Shaka lui jeta un regard noir que l'adolescent fit mine de ne pas voir. Il n'avait aucun compte à rendre à l'indo après tout.

Kannon lui montra vaguement la zone de travaux.

"- Je ne sais pas, débrouille toi, trouve toi quelque chose à faire, tu n'as plus cinq ans."

La Vierge jeta un sourire mauvais à Darius qui renifla avant de se mordre la langue. Il ne pouvait pas insulter, même subtilement, le Chevalier d'or sous le nez de son maître. Ca se serait vu. Il trouverait bien autre chose.
Digne, il alla aider Aioros et Aiolia à monter un bout de mur. Il était moins fort physiquement que les Ors, mais si un… Chevalier comme Aphrodite arrivait à soulever des bouts de marbre de plusieurs tonnes, il ne voyait pas pourquoi lui n'y arriverait pas.

Saori fit signe à Tatsumi de reculer un peu.

Elle relut pour la dixième fois l'adresse qu'elle avait obtenue pour s'assurer qu'elle ne s'était pas trompée.

Shun jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule.

"- C'est bien ici…"

La déesse s'était éclipsée du Domaine Kido sans rien dire à personne, son majordome et le jeune Bronze sous le bras. Tatsumi parce qu'il aurait refusé de la laisser partir seule de toute façon, et Shun parce que le jeune homme avait plus de logique dans sa petite caboche aux poils verts, que les quatre autres Bronzes réunis. Ho, Shiryu et Ikki étaient loin d'être idiots ! Juste que le Dragon était un peu trop jugulaire-jugulaire à son goût, surtout pour ce qu'elle avait à faire. Quand au Phénix… Ikki était un garçon adorable, mais à la seconde où son frère était un rayon inferieur à 150m, il abdiquait toute raison pour passer entièrement en mode "protection du p'tit frère". C'était mignon, mais dans le cas qui occupait la déesse, cela aurait été particulièrement canulant et contre-productif.

"- Vous êtes sûr que c'est une bonne idée ?"

"- Shun…"

"- Je veux dire, s'il n'est pas au courant, il n'a peut-être pas envie de savoir, surtout à son âge ! En plus, je doute qu'il croie ce que vous allez lui dire."

La déesse retint un petit sourire en coin.

Lorsqu'elle avait appris la nouvelle à l'adolescent, il ne s'était pas écroulé de rire, comme elle l'avait attendu. Immédiatement, il avait réfléchi à l'implication de la découverte et à ses répercutions.

Athéna s'en était presque gargarisée de contentement. L'adolescent ferait un excellent Pope lorsque Shion voudrait prendre sa retraite…S'il avait envie un jour de la prendre. Elle ne le pousserait pas vers la sortie, mais le pauvre homme avait déjà tellement donné à son service, que s'il souhaitait s'éloigner du Sanctuaire, ou même simplement se décharger un peu et que Saga n'avait aucune envie de reprendre le flambeau, elle avait un successeur tout désigné.
Depuis la création du Sanctuaire, c'était bien la première fois qu'elle avait ainsi pléthore de candidats ! Ordinairement, elle prenait le plus vieux survivant parmi les Ors s'il y en avait, ou un Argent à peu près correct.

Il y avait même des fois où elle n'avait pas de candidats du tout ! C'était arrivé une ou deux fois…Le poste avait échu au premier Or découvert, avant même qu'il ait enfilé son armure.
Une fois, le Sanctuaire s'était retrouvé avec un Pope de cinq ans, l'expérience avait été….bizarre… Enfin, de ce que lui avait raconté le Chevalier une fois grandi, et elle de retour aux affaires.

Bref…

"- Ne t'en fais pas Shun. Tout va bien se passer. Nous allons juste lui apprendre qu'il a gagné un voyage de deux semaines en Grèce, tout frais payés. Une fois qu'il sera sur place, il sera emmené au Sanctuaire…

"- Et vous les préviendrez tous les deux en même temps ? Je doute que ce soit une très bonne idée." Remarqua le Bronze, dubitatif.

"- Tout se passera très bien…"

Shun fit la moue, sceptique.

Il était sûr que ce serait une catastrophe mais…Qui était-il pour dire non à sa déesse, même s'il en mourait d'envie.

La porte s'ouvrit pour laisser voir un quadragénaire, visiblement en très bonne forme.

L'homme remonta ses lunettes sur son nez d'une main agacée.

"- Je n'achète rien…"

Saori dédia un sourire calme au type.

"- Monsieur….Sacha Wagner ?"

L'homme hocha sèchement la tête. De haute taille, les cheveux blonds, il fixait les deux adolescents avec un mélange d'ennuis, d'irritation croissante et de curiosité réprimée.

"- Je suis Saori Kido, directrice de le Fondation Kido."

La curiosité dans les yeux lie de vin de l'homme augmenta.

"- Mademoiselle… Que puis-je pour vous ?"

Il venait à peine de rentrer chez lui après une harassante journée à la tête de la banque où il travaillait depuis des années. Il était monté aussi haut dans la hiérarchie que ses études de comptable le lui avait permises, et s'ennuyait à présent huit heures par jour dans une petite succursale de la banlieue de Munich.

"- Vous n'êtes sans doute pas au courant mais la Fondation Kido recherche des éléments capables de rejoindre nos banques."

Wagner haussa un sourcil, surpris, vaguement amusé.

"- Et vous vous déplacez en personne pour recruter le petit personnel ?"

Shun retint toute surprise.

La déesse avait estimé qu'il fallait adapter le discours, très bien… Lui-même en aurait fait pareil. Le pauvre homme avait l'air au bord de la dépression.

"- J'étais de toute façon de passage dans la région et j'ai appris qu'il valait toujours mieux se déplacer soit même pour accélérer les choses. Sinon, ça prend ses semaines et je n'ai pas de temps à perdre."

Un petit sourire froid apparu sur les lèvres de l'Allemand.

Il trouvait étrange de traiter ainsi avec une adolescente, aussi riche soit-elle. Quelque chose lui donnait l'impression qu'elle était bien plus vieille que lui.

C'était stupide.

"- Entrez…"

Sans compter que les manières directes de la jeune fille lui plaisait.

Saori et Shun suivirent l'homme dans le petit appartement.

Tatsumi suivit et referma la porte derrière eux.

Wagner leur offrit un thé brûlant qu'ils acceptèrent avec plaisir.

"- Vous voulez me recruter ?"

"- Absolument. J'ai besoin de gens capables pour rejoindre le pôle financier de la Fondation. J'ai lu votre CV, vous me paraissez parfait pour le poste."

Incapable de totalement faire taire son amusement, l'Allemand avala un peu de thé pour le camoufler.

"- Quel est le poste et quelles sont vos conditions ?"

"- Le triple de votre salaire actuel. Mais vous devrez déménager en Grèce. Vous serez logé."

Le banquier tressaillit.

Sa mère lui avait dit que son père biologique était Grec mais n'avait jamais voulu lui en dire plus. Elle lui avait juste laissé quelques indices qu'il n'avait jamais voulu essayer d'exploiter. Il était trop terre-à-terre pour se fourvoyer en veines espérances. Et puis, si son père n'avait pas voulu garder sa mère lorsqu'elle était tombée enceinte….Mais, la question l'avait souvent taraudé….

Finalement, c'était peut-être le destin qui frappait à sa porte, en robe blanche, accompagné d'un gamin aux cheveux verts et d'un type chauve…

Un frisson d'anticipation le parcourut.

"- J'ai besoin d'y réfléchir…"

"- C'est évident…Je peux vous proposer de venir voir dans quelles conditions vous serez hébergé et quelle sera votre fonction, si vous le souhaitez. Au frais de la Fondation, bien sûr. Cela vous aidera peut-être à faire votre choix.

Wagner alla pour temporiser mais sa langue le trahit.

Il sursauta presque lorsqu'il s'entendit répondre par l'affirmative.

Il faudrait qu'il pose des vacances. Ca ne poserait pas de problème, avec les cumuls qu'il avait, il pouvait partir six mois en congés payés s'il le souhaitait.

"- Un jet viendra vous prendre à l'aéroport de Munich dans un mois. Cela vous laissera le temps de vous organiser. Les détails du voyage vous seront communiqués par courrier assez rapidement."

Lorsque la déesse sortit et que la porte de l'appartement se fut refermée sur un banquier profondément perplexe et perturbé, Athéna en aurait presque dansé sur place de satisfaction. Ce n'était pas tout à fait ce qu'elle avait prévu, mais ce serait encore mieux ! Shion comme Saga s'étaient plaints nombre de fois qu'ils n'avaient pas la tête aux chiffres. L'arrivé de Wagner comme comptable serait de toute façon une bénédiction !

Rhadamanthe resta digne.

Affublé d'un jeans et d'un t-shirt, il se sentait méchamment fagoté. En même temps, il y avait bien…vingt ans, qu'il n'avait pas enfilé de vêtements civils. Depuis que des Spectres étaient venus l'enlever à ses parents, en fait.

"- Tu es beau comme tout, comme ça !" Se moqua férocement Minos.

"- Tu as su passer la porte de mes appartements dans un sens, je suis persuadé que tu sauras la retrouver pour la prendre dans l'autre." Répondit immédiatement le Wyvern, glacial.

Le Griffon se permit un infime sourire en coin.

"- Ne te fais pas plus grinçant que tu n'es vraiment."

"- Je ne te demande pas ton avis."

"- Non, mais tu vas l'avoir quand même. Alors pourquoi gâcher ta salive à vouloir me faire taire ?"

"- Tu crois que notre Seigneur Hadès m'en voudrait beaucoup si je te tuais là, tout de suite ?"

"- Je t'indispose à ce point ?"

"- Moins que ce pantalon, c'est certain." Gronda Rhadamanthe, dégoûté.

"- De mon point de vue, tu peux parfaitement le retirer." Susurra Minos, joueur.

Le Wyvern haussa un sourcil fourni. Qu'est ce qui arrivait à son collègue.

"- Je te trouve bien folâtre…"

"- Met ça sur le compte d'une certaine liberté retrouvée…"

"- Que veux-tu dire ?"

"- Qui crois-tu qui ait été acheté ces vêtements ? Finalement, la surface n'est pas si désagréable."

L'Anglais fixa le Sriffon, suspicieux. Si la terre des mortels faisait un tel effet bœuf sur un Juge, il n'osait imaginer ce qui pourrait arriver à de simples Spectres.

"- Tu es sûr que tu te sens bien ?"

Minos fit la moue, douché dans son enthousiasme.

"- Tu es parfois d'un rabat-joie, Rhadamanthe… Je te conseille de te dérider un peu si tu veux convaincre Athéna de nos bonnes intentions. Après tout, c'est ton idée."

Pour la millième fois depuis qu'il avait ouvert son bec, le Wyvern se maudit. Mais quelle idée il avait eue là !!!

Enfin… Il n'avait plus le choix à présent, de toute façon alors…

"- Quand pars-tu ?"

"- Immédiatement…"

"- Tu sais où tu vas ?"

"- Londres…"

"- Et ensuite ?"

"- ….."

"- Est-ce que tu connais au moins ton nom de famille ?"

"- …."

Minos retint un grand soupir. Son collègue l'aurait mal prit.

"- Et bien allons voir sur le Registre…"

Encore plus rigide que lorsque Minos s'était introduit chez lui, Rhadamanthe suivit le mouvement.

Il connaissait l'existence du Registre bien sûr…Tout le monde le connaissait.
C'était sur cet ouvrage qu'étaient indiqués les noms de toute personne mettant les pieds aux Enfers…Qu'il soit mort ou non…

Les Spectres appelaient ça 'Le Registre', mais la réalité était toute autre. Il s'agissait en fait d'une monstrueuse bibliothèque remplie d'épais volumes reliés de cuir, rangés dans les centaines de rayonnages d'abord par époque, puis par zone terrestre et enfin par nom.

Dans un coin, un peu à l'écart, quelques volumes bien plus fins regroupaient les noms de tous ceux qui étaient entrés vivants aux Enfers. Lorsqu'ils en étaient repartis, la date de leur départ était également notée.

Enfin, dans une petite niche non loin de l'un des rares fauteuils des lieux, un simple volume relié de ce qui devait être de la peau humaine, regroupait les noms de naissance de tous les Spectres passés et présents, ainsi que les informations pertinentes qui les concernaient lorsqu'il y en avait.

Il était assez amusant de lire cette liste. Certains Spectres étaient morts une douzaine de fois avant de laisser leur place à leur remplaçant.

Minos ouvrit le volume à la dernière page.

Il remonta d'une ou deux pages en arrière pour trouver ce qu'il cherchait.

"- Alors… Rhadamanthe….Rhadamanthe….HA ! Voila…"

Il se poussa pour laisser son collègue lire.

"- …….James Alexander…. Je suppose que cela pourrait être pire…" Soupira le Wyvern.

Minos lui tapota l'épaule.

C'est sur, c'était mieux que Knut Olafson…Finalement, le Griffon était bien content de ne PAS utiliser son vrai nom. C'était ridicule à pleurer.

"- Et tu sais où aller….Il semble que ta famille ait un manoir non loin de Lancaster."

"- Joie…"

"- Tu as l'air heureux comme rarement à l'idée de retrouver ta famille."

Rhadamanthe serra les mâchoires. C'était probablement ridicule, mais sa maison était ici, aux Enfers. Il n'avait que très peu de souvenirs de sa petite enfance. Il savait que son père était avocat et qu'il devait avoir un frère aîné. Sortit de ça… Il n'en savait pas plus et s'en fichait un peu.

"- A plus tard…"

Minos hocha un peu sèchement la tête. Lui aussi avait du travail à faire.

Lorsque Rhadamanthe reprit pied à la surface, il mit un petit instant à s'orienter.

Il en avait pour plusieurs heures de vols ou pouvait se téléporter.

Le vol direct aurait l'avantage de lui permettre de mettre un peu d'ordre dans ses pensées.

La téléportation lui permettrait d'avoir un peu de temps pour manger un bout.

Il n'aurait peut-être pas dû prendre son surplis finalement. Il était bien joli mais ses vêtements civils allaient finir tout froissés et…et… et qu'est ce qu'il allait bien pouvoir dire à ses géniteurs.

Il se fichait un peu de leur existence après tout. Et si Hadès était parvenu à ses fins, quelques mois plus tôt, ils seraient tous morts alors…Et puis, il n'allait pas se pointer, la bouche en cœur et leur tomber dans les bras !

D'ailleurs, ils ne le reconnaîtraient pas, de toute façon…

Le Juge évita sans trop savoir comment le Boeing qu'il venait de manquer de se prendre dans la figure.

Ha, il fallait qu'il fasse attention aux couloirs aériens…Et aux radars aussi, tiens…Mais sans voler trop bas pour ne pas se faire voir…Pffff, c'était compliqué.
Agacé, il se posa au milieu d'un champ.

"- Meuuuuh…."

Il caressa machinalement le front de la vache qui s'était approchée pour le renifler. Finalement rassuré qu'il ne soit pas un danger pour son veau, le ruminant se remit à brouter.

Le Spectre ne pouvait pas voler sans faire rameuter toute l'armée, il pouvait le parier. Il se doutait que son court vol de quelques minutes avait déjà dû donner de l'urticaire à radios des différentes armées du coin.

Il se téléporta.

Il aurait eu du temps à perdre, il aurait presque pu se féliciter ! Il était arrivé pile devant la grille du manoir familial.
Sans qu'il le veuille, il avait immédiatement reconnu les lieux.

Il enjamba le cadavre de la pauvre vieille femme qui venait de mourir de peur en le voyant apparaître de nulle part, sauta par-dessus la grille puis s'avança lentement vers la porte.

Il n'avait même pas pris le temps d'ôter son surplis.
Il était l'un des trois généraux d'Hadès, il pouvait être fier de ça et n'allait pas faire un effort pour sa famille…

Même s'il avait besoin d'eux…

Bah. Au pire, ils se débrouilleraient…

Ils demanderaient à Valentine ! Ce garçon avait toujours été doué pour écrire. Il arriverait bien à pondre quelque chose qui convienne…

"- Ne bougez pas."

Rhadamanthe dut tenir fermement la bride à ses réflexes pour ne pas tuer sans faire attention l'impudent qui le menaçait d'un fusil de chasse.
Il se retourna lentement pour faire face à un trentenaire énergique.

"- Bonjour…."

"- Qui êtes vous et comment êtes-vous rentré ?"

"- Rhada…..James Alexander. Et je suis passé par la grille."

Le visage du jeune homme se troubla.

"- Mon frère a disparu il y a vingt ans…"

"- Et je suis revenu aujourd'hui." Compléta le Spectre, imperturbable.

"- Si c'est une plaisanterie, elle est de mauvais goût. Et puis, qu'est ce que c'est que ces vêtements ?"

"- Allan ? Qu'est ce que c'est ?"

Un homme d'une soixantaine d'année apparu à un balcon.
Correctement tiré dans un costume visiblement de qualité, il respirait la compétence. Il devait être très dur de ne pas obéir à un individu aussi charismatique.

Rhadamanthe n'en fut pas une seconde dérangé.

La présence de son Seigneur et Maître était autrement plus renversante.

Le frère aîné hésita.

Le Juge déploya les ailes de son surplis pour venir se poser avec le plus grand naturel près du vieillard.

"- Père…"

"-…….James ?"

Le Spectre hocha sèchement la tête.

Il ne broncha pas lorsque son aîné le remit en joue avec le fusil dont il l'avait déjà menacé quelques instants plus tôt.

"- Père, ce type dit qu'il est James…et…comment a-t-il pu sauter ici ?" Le pauvre jeune homme était au bord de l'hystérie.

Le patriarche de la famille Alexander toisa durement Rhadamanthe qui ne baissa pas les yeux.

"- Mmmm….Pouvez vous prouver que vous êtes bien mon fils, jeune homme ?"

Le spectre haussa les épaules.

"- Je le pourrais en vous montrant le Registre des Enfers, mais il faudrait que vous mourriez pour ça…" Il se permit un sourire purement malsain.

A sa grande satisfaction, le patriarche ne broncha pas plus que lui quelques instants plus tôt.

"- Mmm…Je vois….Enlève ce casque veux-tu ?"

Le Wyvern ôta tranquillement son couvre chef.

Le père comme le fils aîné se détendirent sensiblement.

Les trois hommes avaient la même forme caractéristique de visage…et les mêmes sourcils. Il s'agissait bien du cadet disparu de la famille.

"- Et bien James, tu vas ôter ce métal, dire bonjour à ta mère et nous pourrons discuter ensuite."

Le Juge rit doucement, sans méchanceté.

"- Si vous voulez."

Il pouvait bien se montrer gracieux.

Il renvoya son Surplis avant de suivre son géniteur.

"- Ta mère va être très surprise."

"- J'imagine."

"- ….Tu as l'air bien dur…."

"- Les Enfers ont cet effet sur les gens." Badina le Spectre, bizarrement détendu de se retrouver dans le manoir qui l'avait vu naître.

"- C'est la seconde fois que tu fais allusion aux Enfers."

Le Wyvern hésita un instant avant de hausser imperceptiblement les épaules. Autant balancer la bombe immédiatement.

"- Je suis l'un des trois Juges de Enfers, père. Je sers mon Seigneur et Maître, le Dieu Hadès… Ce sont des Spectres d'Hadès qui m'ont emporté d'ici pour les Enfers…."

Le patriarche fronça les sourcils.

"- Je t'ai dit que nous discuterions plus tard, mon fils. Allons d'abord saluer ta mère."

Cette fois, Rhadamanthe éclata de rire. C'en était trop pour lui. Le flegme tout britannique de son géniteur était…dantesque…

Saga se faufila sans bruit dans l'atelier de son amant.

Encore une fois, le jeune chevalier s'était tué au travail au point d'en oublier de manger.

C'en était trop cette fois.
Depuis que Mu était parvenu à séparer l'armure des Gémeaux en deux, il semblait pris d'une frénésie de travail comme le Gémeau n'en avait jamais vu.

Il comprenait qu'il soit important de réparer toutes les armures endommagées, mais là !! Il allait finir par être jaloux de bouts de métal à ce rythme !

"- Mu…."

Le Bélier sursauta.

"- Ho ! Saga…tu m'as fait peur…"

Immédiatement, le jeune Tibétain se nicha dans les bras de son compagnon.

La jalousie de Saga disparu comme par magie.

"- Qu'est ce que tu fais là, Sa' ?"

"- Tu me manquais."

"- Tu m'as vu ce matin…" Le gronda gentiment le Bélier.

"- Et la nuit est tombée depuis plus de quatre heures. Tu n'as rien mangé, tu es fatigué et tu travailles trop." Le gourmanda à son tour le Gémeau.

Mu rosit doucement.

"- Justement, plus vite j'aurais réparé tout ça et plus vite je pourrais passer tout mon temps avec toi."

Attendrit, Saga déposa un chaste baiser sur les lèvres de son amant.

"- Mouton stupide."

"- SAGA !!!"

L'aîné des jumeaux fit immédiatement taire les protestations du premier gardien avec un long baiser amoureux.

Un petit gémissement échappa à Mu.

"- Tu triches !!! Comment puis-je te gronder lorsque tu réponds de cette façon ?"

"- Tu le savais avant que je suis un être fourbe." Sourit Saga

Les joues roses, Mu glissa une main dans le pantalon de son amant.

"- J'ai appris à l'être moi aussi…"

"- Mu !!!"

"- Tu geins bien dis moi…" Sourit Mu, le visage écarlate de ce qu'il faisait.

Saga le repoussa un peu, le souffle court.

"- Nous verrons ça un peu plus tard, petit mouton… Je vais t'apprendre à me donner faim…"

"- Ho ? Je vais jouer les agneaux sacrificiels ?"

"- Ne me donne pas envie de te dévorer ici, Mu" Plaida Saga, presque malheureux de devoir résister aux avances rares du Tibétain.

Le jeune homme gloussa doucement.

"- C'est de plus en plus drôle de te donner faim, Saga. Tu es incapable de résister."

"- Je suis non seulement fourbe mais gourmand."

"- Indécrottable."

"- Complètement !" Se rengorgea le Gémeau avant de se reprendre. " Viens…Il est l'heure d'aller se coucher."

"- Attends !" Commença le Bélier au grand déplaisir de Saga.

"- Quoi encore ?"

"- Ne boude pas, sinon, je te renvois dormir avec ton frère."

Cela arracha un sourire au Gémeau.

"- Si tu fais ça, Shaka aura ta peau et la mienne."

"- Mais Darius m'en sera infiniment reconnaissant. Je voudrais juste passer au palais du Pope. Je n'ai plus d'or du tout, je suis presque à court d'argent et pour le bronze, je n'ai plus que quelques onces. Quand aux terres rares, je n'ai presque plus rien non plus !"

L'ainé des jumeaux fit contre mauvaise fortune bon cœur.

"- Très bien, très bien…Allons voir le Pope…"

En plus, comme ça, avec un peu de chance, ils surprendraient des trucs… Un Sanctuaire sans cancans n'était pas un vrai Sanctuaire….

Mu lui déposa un rapide baiser sur la joue.

"- Merci mon amoureux…"

Saga rosit avant de grommeler un peu.

C'était agréable à entendre mais…Ca le gênait toujours un peu. Il n'avait pas encore trop l'habitude.

Shion soupira lourdement avant de se passer une main sur les yeux.

Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas dû tenir audience aussi tard.
C'était sa faute, il devait bien l'avouer. Il passait tellement de temps avec le chevalier du Capricorne qu'il avait un peu négligé ses devoirs ces dernières semaines…

Mais c'était tellement agréable de se sentir adolescent à nouveau… Même s'il en avait passé l'âge depuis bien longtemps… Et que Shura soit indulgent envers ses idiosyncrasies le ravissait.

"- Grand Pope ?"

"- Pardonnez-moi."

Heureusement, son masque camouflait la rougeur brutale que lui causa sa légère absence.

"- Encore deux cas et ce sera terminé, nous aurons rattrapé notre retard." Murmura le garde qui jouait les ordonnances ce jour là, autant pour encourager son Pope que lui-même.

Lui aussi en avait plein les pattes.

Les semaines passées à se tourner les pouces avaient été agréables, mais ils en payaient tous le prix fort à présent. Mais bon… Il fallait comprendre le point de vue du Pope aussi. Ce n'était pas tout les jours qu'on revenait à la vie, jeune et en pleine possession de ses moyens. Ils pouvaient bien tous mettre un coup de collier une fois. Sans compter qu'avec l'aide des jumeaux des Gémeaux, ils n'avaient plus à torturer la paperasse. Il ne leur restait plus que les audiences à subir.

Le garde leva sa liste.

"- Avant dernière demande. Le berger Artios contre l'apiculteur Cerlas." Le soldat résuma rapidement le sujet. "Une chèvre d'Artios aurait dérangé une ruche de Cerlas. Les abeilles n'auraient pas appréciées et aurait piqué à mort la bête. Artios demande le dédommagement de l'animal équivalent au double du prix de la chèvre."

"- Le double ?"

"- La chèvre était pleine."

Le pope retint un monstrueux soupir.
Les petites gens qui vivaient aux alentours du Sanctuaire étaient sous sa juridiction. Il fallait bien qu'il s'occupe d'eux aussi…

"- Artios, votre version…."

Avant longtemps, le pauvre Pope se noyait sous les histoires de chèvres qui dérangent les abeilles, d'abeilles qui protègent leur ruche, de distance de sécurité, d'arbre, de fleurs et de miel.

Il en eut vite assez.
La situation était claire.

"- Cerlas. Il est évident que vous auriez du prévenir les habitant de ce coteau que vous aviez placé des ruches sur leur pâture."

Le berger se rengorgea.

"- Artios, vous auriez du accourir dès les premiers bêlements de votre animal. Où étiez-vous ???" Le pauvre homme resta silencieux. "Je suis certain que la veuve du crémier est superbe et accueillante, mais ce n'est pas une raison pour délaisser votre troupeau" le berger rougit. "Voici mon jugement. Cerlas, vous rembourserez le prix de la chèvre, prix qui sera fixé par mes soins. Vous donnerez également à Artios trois pots de miel. Cependant, comme le berger n'a pas fait non plus son travail, vous devrez laisser latitude à Cerlas de faire butiner ses abeilles sur tout le coteau ouest jusqu'à la fin de la saison. J'ai dit !"

Un scribe finit de vite prendre en note la décision du Pope puis l'échange d'argent entre le berger et l'apiculteur se fit immédiatement sous le regard vigilant d'un soldat.

Satisfait, le Pope put passer au dernier cas de la journée.

"- Un apprenti qui a essayé de fuir…" Introduit le garde lorsqu'un gamin d'à peine six ou sept ans fut introduit dans la salle d'audience.

Shion soupira silencieusement.
Le pauvre petit pleurait toutes les larmes de son corps. Il y avait fort à parier qu'il ne comprenait même pas ce qui se passait.

"- Depuis quand cet enfant est-il au Sanctuaire ?"

"- Moins d'un an."

Comme il le présentait, le petit avait dû arriver au Sanctuaire juste avant, voir même pendant les trois guerres qu'ils avaient subit.

Contrairement aux habitudes, Shion quitta son trône pour venir s'accroupir devant l'enfant.
Le petit se sera machinalement dans les jambes du garde qui l'avait accompagné.

"- N'ai pas peur mon petit."

"- Vous allez me tuer ?" demanda le petit dans un Grec approximatif.

Shion resta silencieux un instant. C'était la punition pour les déserteurs normalement… Pourtant comment reprocher à ce bébé d'avoir peur…

"- Comment es-tu venu ici ?"

L'enfant releva le nez. La voix douce du Pope le rassurait un peu.

"- Y a le monsieur qui est venu chez nous un soir. Il faisait de la lumière. Et quand je lui ai demandé comment il faisait, il m'a attrapé et il est venu ici, et …et…et il est mort et après il est revenu et…." Le petit se remit à pleurer. "Je veux ma maman…"

Shion soupira lourdement.

"- Garde…Convoquez moi le Chevalier d'argent de l'Aigle."

Un garde fila chercher Marine. Shion souleva l'enfant de terre pour le serrer contre lui. Il lui rappelait un peu Mu au même âge.

"- Shhhh… Tu sais comment s'appelle ta maman ?"

L'enfant essuya un peu ses larmes.

"- Maman !"

"- Oui, évidement." Sourit tristement le Pope.

"- Et toi, comment tu t'appelles ?"

"- Yohan Cantaliero."

"- Ho, tu es Espagnol !"

Ca expliquait l'accent du petit et ses difficultés à s'exprimer malgré son âge.

L'enfant hocha la tête.

"- Tu sais où est ta maison ?"

"- Ma maman elle dit qu'on habite près de Ma…Mardri…"

"- Madrid ?"

"- Voui !!!"

"- Vous m'avez fait demander Grand pope ?"

"- Merci pour ta célérité, Marine."

La jeune femme inclina la tête.

Shion posa l'enfant sur le sol.

"- Yohan ? Voici Marine, Chevalier d'argent de l'Aigle."

Immédiatement, le petit se cacha dans les robes du Pope.

"- Elle ne va pas te faire de mal, mon petit… Au contraire."

Le Chevalier d'argent était Perplexe. Elle ne comprenait pas trop ce qu'elle faisait là au milieu de la nuit avec ce petit bouchon terrifié.

"- Grand pope ?"

"- Cet enfant a été enlevé à sa famille, Marine. Le Sanctuaire n'est pas dans une situation si catastrophique qu'il lui faille voler les enfants." Il lui répéta ce qu'il savait sur l'identité de l'enfant. "Je voudrais que tu ailles dès demain en Espagne et que ramène ce petit à ses parents."

Soulagée, la jeune femme tendit la main à l'enfant.

"- Je suis à vos ordres, Grand Pope, nous partirons dès demain."

"- Je n'en attendait pas moins."

Confortablement installé dans les bras de Marine, le petit garçon ne tarda pas à somnoler. La journée l'avait épuisé…

"- Mets le au lit et partez à l'aube." Commanda finalement Shion avant que Marine ne se retire.

La jeune femme salua puis fit demi-tour, son petit fardeau niché contre elle.

"- A-t-on enfin fini ?"

"- Oui, Grand Pope !"

"- Très bien, alors on remballe !" Soupira Shion en se laissant lourdement tomber sur son trône pendant que les gardes désertaient les lieux pour le laisser seul.

Il faudrait vraiment qu'il pense à mettre un coussin sur ce truc. Cela fait plus de deux siècles qu'il se râpait les fesses sur ce bidule, il était hors de question qu'il attende plus longtemps d'avoir de méchantes hémorroïdes pour faire quelque chose.

Dans le silence de la salle d'audience, il n'entendit pas Shura se glisser près de lui.
Une main se posa sur son bras le faisant tressaillir.

"- Shura ?"

"- Tu as l'air épuisé."

"- Je le suis…"

Le Capricorne retira gentiment son masque au Pope.

"- Tu savais qu'il te faudrait payer ta flemme à un moment où un autre."

"- C'est bien pour ça que je ne me suis pas plaint." Sourit l'ancien Bélier avec un rien d'amusement. "Qu'est ce que tu fais là ? Et trempé de sueur en plus…"

"- Je me suis entrainé un peu, histoire de me décrasser."

"- Ho… Tu aurais pu m'attendre."

"- Tu étais occupé."

"- Mais je ne le suis plus, là…"

"- L'envie de m'entrainer me passe dès que je te vois…"

Les deux hommes avaient le même sourire amusé et affectueux. Ils aimaient badiner ainsi tout en échangeant de chastes baisers.

Shion attrapa soudain Shura par la taille pour l'asseoir à cheval sur ses genoux.

"- Et bien, et bien ? Tu n'es plus aussi fatigué, dirait-on"

"- Nous sommes tout seuls, ne t'en fait pas." Ronronna Shion avant de grignoter la gorge du Capricorne.

Shura ferma les yeux puis pencha la tête sur le côté. Il était toujours incapable de résister au Pope lorsqu'il se montrait un peu dominant… Heureusement que l'ancien Bélier le laissait le faire sien sans jamais rechigner...

Shion glissa une main sous la chemise du jeune Or. Shura était toujours tellement complaisant avec lui…Il ne fallait pas grand-chose pour que l'Espagnol s'abandonne totalement à ses caresses. Bon, il pouvait peut-être mettre cela sur le compte de son expérience, mais tout de même…Jamais il n'avait eu un autre amant ni une maitresse aussi compatible que Shura.

Un petit gémissement échappa au Chevalier lorsque Shion lui ôta sa chemise.

"- Sh…Shion…"

Shura chercha le fond des robes du Pope pour lui aussi pouvoir le toucher.

Shion souleva l'Espagnol de ses jambes juste le temps nécessaire pour écarter les pants de sa robe.

"- Qu'est ce que…"

"- Shhhh… Du calme, Shura." Roucoula l'ancien Bélier avant de reprendre ses lèvres pour un long baiser.

Shura abdiqua tout semblant de résistance.

Le museau enfoui dans le cou du Pope malgré le casque qui le gênait, Shura frémissait sous les mains tendres de Shion qui le caressait gentiment.

Les mains tremblantes, il ouvrit le col de son amant pour pouvoir enfin déposer de petits baiser et de petits coups de dents sur la peau épicée sous ses lèvres.

Shion retint un petit geignement. Shura savait comment lui mettre le feu au sang.

"- Shion…."

Agressif à présent, Shura attrapa le casque de son ainé, le lui ôta du crane pour le jeter derrière lui sur le sol. Le casque roula avec un bruit métallique avant de s'arrêter contre une colonne.

"- Tu vas le cabosser." Sourit le Pope avant de mordiller l'épaule de son amant pendant que ses mains s'acharnaient sur la ceinture de son pantalon.

Shura grommela une réponse indistincte. Il se fichait éperdument de savoir qu'il avait bousillé au delà de toute réparation le casque de son amant. Tant mieux même ! Cette saloperie ne l'empêcherait plus de câliner son Shion comme il le méritait.

Le Capricorne enfouit ses doigts dans les cheveux de son amant.

Le Pope mordit un peu durement la nuque du Chevalier lorsqu'il tira sur ses cheveux.

Immédiatement, Shura lâcha les longues mèches vertes avec un petit geignement déçu.

"- Ne geins pas comme ça…" Ronronna le Pope.

D'une main habile, il finit de dénuder son amant pour le faire lentement sien.

Une morsure supplémentaire s'ajouta à la belle collection qu'exposait déjà les épaules de l'ancien Bélier. Il avait beau s'en plaindre, il aimait ça.

Avant longtemps, il besognait Shura avec la dernière énergie, lui arrachant de lourds gémissements étouffés dans ses cheveux.

Shaka jeta un regard noir à Darius qui le lui rendit.
Comme d'habitude, Kannon ne vit rien.

Il voyait bien qu'il y avait une tension croissante entre son amant et son élève, mais n'en comprenait pas la cause. Cela l'irritait autant que cela l'inquiétait.

Il voyait dans le malaise de son élève la preuve manifeste de son incompétence en tant que professeur et son jumeau avait beau le rassurer, aussi bien que Shaka, l'ancien Marinas restait persuadé qu'il était incapable d'y arriver

Un gros soupir lui échappa.

Immédiatement, Shaka passa un bras autour de ses épaules pour l'attirer dans son giron.

Malgré la présence de Darius, Kannon se laissa faire.

La Vierge profita d'avoir le cadet des Gémeaux serré contre lui, pour jeter un sourire méprisant à l'adolescent qui le foudroya du regard.

"- Ca va mieux ?" Murmura Shaka très bas.

Kannon secoua la tête.

"- Je crois qu'il faudrait que j'aille voir Shion. La situation ne peut pas durer comme ca. Je ne suis pas capable de m'occuper d'un élève.

"- Kannon…"

"- Non, Shaka. Camus a été capable d'élever deux bambins quand il n'avait que quatorze ans, moi je n'y arrive pas alors que j'en ai le double."

Il lança un regard d'excuse au jeune apprenti.

"- Je n'ai rien contre toi, Darius. Mais tu vois aussi bien que moi qu'il y a un problème."

Le jeune homme se permit un sourire doux, parfaitement calculé.

"- Vous n'en êtes pas responsable, Chevalier…"

La fin de la phrase était suffisamment implicite pour faire se hérisser la Vierge. Que ce sale gosse ose sous-entendre que c'était SA faute à LUI !!! Que ce gamin essaye de toucher à SON Gémeau et il aurait sa peau et s'en ferait ses chaussons….

Kannon n'y fit même pas attention.

"- Tu serais probablement mieux avec un autre professeur."

"- Ce n'est que pour quelque semaines encore, Chevalier. Je crois que nous pouvons faire contre mauvaise fortune bon cœur et parvenir à s'entendre quelques jours." Plaida l'adolescent.

Shaka se crispa davantage encore mais dut reconnaître que l'adolescent avait raison.

"- Il a raison, Kannon. Je suis sûr qu'en faisant des efforts, tous les deux…" Insista-t-il en fixant l'adolescent. "Tout ce passera bien."

Darius inclina la tête.

"- J'en suis persuadé."

Le futur Argent était bien décidé à prendre la place de la Vierge, mais il n'allait pas mettre son armure en jeu. Si Kannon estimait qu'il n'était pas à sa place, il pouvait parfaitement le faire chasser !

Confortablement installé contre Shaka, Kannon finit par se redresser.

"- Il est quand même préférable d'aller voir Shion."

"- Kannon…"

"- Ne serait-ce que pour lui extorquer du budget ! Je ne vais pas continuer à nourrir ce gosse avec la misérable paye que j'ai !"

Un peu scandalisé d'être réduit à l'état d'appel de fonds, l'adolescent suivit son maitre. Mesquin, Shaka ne pu s'empêcher de lui jeter un regard mauvais.

"- Tu peux rester ici et préparer le diner…"

"- Mais…"

"- Fais ce que Shaka te demande, Darius." Soupira Kannon.

Décidément, il n'arrivait pas à se faire à avoir ce gosse dans les pattes. Vivement qu'il en soit débarrassé !!!

Shaka glissa sa main fine dans la grande patte du Gémeau

"- Pourquoi as-tu insisté pour que je le garde ?" Finit par demander Kannon en montant les marches. "Je vois bien qu'il t'insupporte."

Le Gémeau était incapable de comprendre pourquoi il y avait un souci mais quand même, il arrivait à VOIR qu'il y en avait un. L'idée que deux personnes puissent se bouffer le nez pour l'avoir, lui paraissait tout simplement bien trop idiote pour qu'il puisse simplement y songer. Il savait ce qu'il valait et se levait tous les matins en se demandant si ce serait le jour où Shaka prendrait ses petites affaires pour aller voir ailleurs. Le jour où sa Maison serait à nouveau habitable ne serait pas une bonne journée pour le jeune homme. Il le savait d'avance.

La voix de Shaka le sortit de ses pensées.

"- Il est vrai que je l'étranglerais avec un plaisir rarement atteint. Mais il sera peut-être un très bon Chevalier. Je ne vais pas priver Athéna d'un Chevalier juste parce que son caractère me donne envie de lui arracher les yeux avec les ongles." Sourit Shaka, bien content de ne plus avoir l'adolescent dans les pattes.

Pour la peine, il attrapa une mèche bleue entre ses doigts et tira dessus jusqu'à ce que Kannon tourne la tête vers lui.

"- Tu pourrais me faire mal tu sais ?"

La protestation du jeune Grec disparu très vite, noyée sous le baiser profond que lui donna la Vierge.

Les joues roses, Kannon se racla la gorge.

"- Et en quel honneur ?"

Shaka ne répondit pas. Au contraire même. Il colla gentiment une main sur le postérieur musclé de son amant avant de se gluer à lui.

"- Et bien, Chevalier du Poulpe. On a des idées ?" Finit par ronronner le Gémeau.

"- Pas dans les escaliers, si ca ne vous dérange pas." Les gronda doucement Mu, confortablement niché contre le torse de Saga.

Kannon passa brutalement à l'écarlate.

Le sourire amusé de son frère lui donnait envie de rentrer sous terre.

Un peu contrarié, Shaka n'en relâcha pas son amant.

"- Et vous deux, qu'est ce que vous faites là ?"

"- Ravitaillement pour le technicien de maintenance et…Aïlleuh !" Protesta Saga

Assez mécontent d'être traité de technicien de maintenance, Mu venait de lui balancer un direct du gauche dans l'estomac.

"- Tu m'as fait mal, petit agneau." Se plaignit l'ainé des jumeaux avec une petite bouille triste d'enfant de cinq ans.

"- Ca ne marche déjà pas avec Kiki lorsqu'il à fait une bêtise et qu'il me fait ces yeux-là, et tu crois vraiment que ca va fonctionner de la part d'un grand machin de trente ans ?" Râla le Bélier, scandalisé.

"- Presque vingt-neuf !" Bouda un peu Saga.

Mu leva les yeux au ciel

"- Non mais regardez moi ce grand gamin !"

Shaka gloussa avant de déposer un rapide baiser sur les lèvres de son amant.

"- Au moins le mien est gentil et doux comme un cœur."

Kannon rougit encore plus.

"- Tu es une sale bête, Shaka." Sourit Mu, les joues un peu roses lui aussi.

"- C'est comme ca qu'on m'aime."

Bien décidé à se venger, Kannon souleva soudain la Vierge dans ses bras comme une jeune mariée, avant de l'embrasser langoureusement malgré sa gène de faire ca sous le nez de son frère et de Mu.

"- N'en doute pas, Shaka." Murmura-t-il avant de reposer le jeune homme à terre.

Un peu choqué, l'indou passa lentement à un rouge soutenu, incapable d'aligner deux paroles cohérentes.

"- Un partout, balle au centre." Comptabilisa Saga. "Mais si vous n'y voyez pas d'inconvénients, nous, nous avons encore du chemin à faire."

Mu lui emboita le pas, vite suivit par Kannon et Shaka.

"- Nous aussi, nous devons allez voir Shion."

"- Il faudra qu'il pense à mettre en place un secrétariat."

"- Kannon…C'est nous, son secrétariat." Fit remarquer l'ainé des jumeaux

"- Ho…"

Les quatre Chevaliers montèrent tranquillement les marches les séparant du Temple du Pope.

Ils n'étaient pas pressés et même s'ils étaient fatigués, ils prenaient plaisir à cette petite promenade au clair de Lune.

Un garde les salua à l'entrée du Temple avant de s'effacer pour les laisser pénétrer dans les lieux.

"- Je vais fusiller le budget de l'année." Lâcha soudain Mu, un peu inquiet.

"- Comme si Shion pouvait te refuser quoi que ce soit !" S'amusa Shaka.

"- Quand même !"

"- Il te considère comme son fils." Rajouta l'indou comme si c'était l'évidence.

"- Il a raison, mon petit agneau."

"- Haaaa, arrête avec ce surnom débile !" Menaça Mu

"- Sinon quoi ?"

"- Sinon…sinon…sinon, tu va dormir sur le canapé !"

Saga lança immédiatement un regard touchant de désespoir à son amant.

"- Tu m'aimes plus ?"

Les joues roses, le Bélier donna une petite tape sur le crâne de Saga.

"- Ca n'a rien à voir et tu le sais. Arrête de te faire plus bête que tu n'es !" Grommela Mu en poussant la porte de la salle du Trône.

Un lourd gémissement le fit se ficher.

Les trois autres chevaliers lui rentrèrent dedans.

"- Que…"

Livide, Mu fixait le trône comme si Hadès lui-même était assis dessus, habillé d'un tutu rose et avec des chaussons en forme de chien aux pieds. Et encore, il y avait fort à parier que le Bélier aurait été moins choqué.

Saga avala sa salive. Il avait chaud soudain. Presque autant que son frère qui fixait la scène, la bouche ouverte.

A côté, Shaka ne pouvait se départir d'un sourire immense. Shion, comme Shura, étaient physiquement bien plus intelligents qu'il ne l'aurait imaginé ! Les pommettes roses, il attrapa Mu et Kannon par le col pour les tirer lentement en arrière puis revint chercher Saga pour refermer la porte sans bruit derrière eux.

Ni Shion, ni Shura, très….profondément…investis…L'un dans….l'autre, dans leur….affection… n'avaient entendu quoi que ce soit.

Tout au moins à priori…et c'était ce que la Vierge espérait de tout cœur.

Shaka guida hors du palais un Mu presque catatonique, choqué d'avoir trouvé son maitre en train de besogner Shura avec la dernière énergie. En même temps, malgré ce qu'il venait de voir et l'état de choc dans lequel il se débattait, Mu était fier. Son maitre n'était pas une tapette ! Même si Shura était dessus, c'était bien son maitre qui menait la danse !

Kannon rompit le silence alors qu'ils étaient entre les Maisons des Poissons et du Verseau.

"- Ha ben mince…On avait raison, après tout…" Il se sentait tout chose.

"- Ha et visiblement ils s'amusent bien." Souffla Saga. " Qu'est ce qu'il fait chaud ce soir, dites moi !"

La Vierge lança un regard amusé au Gémeau. Il était de moins en moins coincé. C'était bien ça ! Surtout pour Mu. Il était plus que temps que Mu….s'ouvre…à certaines nouveautés.

"- Mon…. Mon…." Bafouilla Mu.

"- Mu ? Ca ne va pas ?" S'inquiéta aussitôt Saga, son excitation immédiatement oubliée.

"- Ca va pas ??? CA VA PAS ?" Finit le Bélier en hurlant. "COMMENT EST-CE QUE CA POURRAIT ALLER !!!" Rugit le jeune homme.

Shaka chercha promptement à le faire taire.

"- Mu, silence ! Si quelqu'un t'entend…"

"- ET BIEN ILS M'ENTENDRONT !!!"

La Vierge rentra la tête dans les épaules.
Mû s'énervait rarement mais quand il s'énervait….

"- Qu'est ce qui se passe ?" Demanda soudain Aphrodite, descendu de sa maison avec DeathMask, alertés par les cris du Bélier

"- Quelqu'un est mort ?" Ajouta Camus avec une petite moue irritée, les yeux pleins de sommeil.

"- IL SE PASSE QUE SHMMmmmmmmm" Hurla encore Mu avant que Shaka ne mette ses mains sur sa bouche.

"- Mu, tais-toi ! AIE ! Mais tu m'as mordu !" Protesta la Vierge en se suçant le doigt que le Bélier venait de croquer.

DM sauta sur l'occasion

"- HA HA HAAA !!! Je le savais ! J'ai la preuve maintenant ! C'est toi qui m'a mordu l'autre jour !"

"- C'est pas le moment, DeathMask." Râla Kannon en attrapant au vol un Bélier remonté et sorti de son état végétatif, avant qu'il ne retourne en courant au palais du Pope.

Saga vint aussitôt au secours de son frère. A eux deux, ils parvinrent à retenir le Bélier furieux de fondre sur sa proie qui dévoyait honteusement son maitre. Désolé qu'il n'ait pas tenu sa langue, Shaka secoua la tête. Tout le monde allait être au courant avant de fin de la nuit.

Les joues un peux roses, Camus se racla la gorge.

"- Alors finalement, Shion et Shura…."

Mu s'agita une fois de plus dans les bras des jumeaux.

"- Je vais le tuer… Non, le castrer d'abord ! Avec une petite cuillère rouillée !! Non ! Avec un pot de yaourt usagé ! "

Saga essayait tant bien que mal de lui faire entendre raison.

"- Mais Mu, il est grand quand même ! Il sait ce qu'il fait et…"

"- NAN !!! Il sait pas justement ! Il avait le Harem ! Il sait pas ! C'est la faute de Shura !!!" Répétait le Bélier sans se lasser tout en cherchant à se libérer à grand coups de pieds, de dents ou de griffes.

Shaka se tourna soudain vers DM, irrité.

"- Et toi, arrête de rire comme un bossu ! La situation est déjà suffisamment pourrie comme ça."

Milo passa un bras autour de la taille de son ami.

"- Shion et Shura…Et bien…"

Un petit sourire malsain monta aux lèvres du Scorpion.

"- Milo…" Prévint doucement Camus, sûr qu'il allait dire une bêtise.

"- Et c'est qui, qui était dominant ?"

La question fit redoubler le rire de DM, les hurlements de Mu et la lassitude croissante de la Vierge.

Non mais dans quelle galère il les mettait, le vieux… Ha, le petit postérieur de Shura avait intérêt à être bien confortable et surtout, Shion n'avait pas intérêt à aller voir ailleurs avant un moment. L'indou doutait de pouvoir survivre à une scène similaire une seconde fois.

La situation était bien moins cataclysmique quelques degrés plus hauts sur le planisphère.

Près de Lancaster, dans le domaine familial, Rhadamanthe, Jude d'Hadès, Spectre des Enfers, Cauchemar patenté de Chevaliers d'Or et Terreur des Esthéticiennes dinait.

Pour l'occasion de son retour, on lui avait donné la place d'honneur, en bout de table, en face de son géniteur.

A sa gauche, son frère ainé, Allan, le surveillait par en dessous, persuadé qu'il n'était pas celui qu'il prétendait être.

Placé à sa droite, Jeremiah, son frère cadet de 5 ans, buvait ses rares paroles comme du petit lait.

Quant à sa petite sœur, Ivory…A peine âgée de douze ans, elle le fixait avec un mélange d'adoration et de curiosité qui l'amusait. Seule tête noire parmi une famille de blond, il pouvait déjà voir sur sa petite frimousse encore enfantine qu'elle ferait des ravages parmi la gente masculine dans peu de temps. Heureusement pour elle, la petite fille avait échappée aux sourcils qui semblaient être la marque de fabrique de tous les mâles de la famille.
Enfin, à la gauche immédiate de son père, sa mère l'examinait avec un mélange de joie purement maternelle et de critique sévère. Comme si elle cataloguait déjà ses manières, ou plutôt son manque de manières telles qu'elle les concevait, pour ensuite les lui rentrer dans le crane en accéléré.

Il était persuadé que sa mère serait sa damnation…

Un lourd soupir lui échappa.
Le Palais de sa Majesté lui manquait déjà…

On leur servit le dessert qu'il observa d'un œil torve. Qu'est ce que c'était que ce bidule ? C'était un genre de dôme, solide, marron, avec comme des éclats de quelque chose dessus. De loin, ca ressemblait presque à un hérisson… Il en avait plein aux enfers… Ils se faisaient tellement écraser par les voitures que le Seigneur Hadès semblait avoir une tendresse particulière pour ces bestioles. Il leur réservait toujours une place de choix dans les jardins…Le seul problème, c'était qu'au printemps les jardins du palais étaient tellement pris d'assaut par ces sales bêtes, que traverser les pépinières finissait par ressembler à un parcours du combattant. Ces saloperies étaient tellement endémiques que depuis quelques années, c'était devenu la hantise des Spectres de bas niveau : être de corvée de tondeuse…Il fallait commencer par ramasser les sales bêtes, sans se faire planter comme une pelote à épingles, puis couper l'herbe. Un hérisson blessé, c'était des heures de tortures assurées.

La vie n'était pas forcément facile aux Enfers…

Ivory, décidée à charmer ce grand frère sortit de nulle part qui semblait, en plus !, totalement hermétique au regard de glace de leur père, se pencha vers lui.

"- C'est un mystère à la vanille. C'est de la glace. Et il y a une cerise confite dedans."

Rhadamanthe ne put que sourire à l'enfant qui lui renvoya un sourire rayonnant.

"- Ivory, tiens-toi bien !"

"- Oui mère…"

La petite roula des yeux. Elle n'était plus une gamine

Le Juge secoua la tête, amusé. Décidément, cette enfant semblait aussi déplacée que lui entre ces murs.

Lady Alexander se tamponna la bouche avec sa serviette en coton. Elle avait étonnamment bien pris le retour de son fils disparu. Pour un peu, le Spectre en aurait été vexé. Elle semblait plus gênée de ce retour tardif qui l'empêcherait de reprendre une quelconque autorité sur lui, qu'heureuse de le voir.

"- Maintenant que nous sommes restaurés, mon fils, tu vas peut-être pouvoir nous expliquer où tu étais."

Rhadamanthe finit sa glace. Il faudrait qu'il songe à en importer aux Enfers. C'était bon ce truc ! Et puis même s'ils n'avaient pas de congélateur, ils pourraient toujours ranger les boites dans le Cocyte. Cette prison glaçait des âmes, elle suffirait bien à conserver trois boites au frais…

"- J'ai déjà raconté rapidement à Sir Alexander."

"- Appelle-moi père, James." Le reprit le patriarche.

Rhadamanthe reprit sans faire de commentaire.

"- Un Spectre d'Hadès est venu me chercher, m'a emmené aux Enfers, j'y ai été éduqué et je suis devenu l'un des trois Juges de sa Majesté."

Catholique jusqu'aux bouts des ongles, la petite famille resta silencieuse.

"- C'est une secte ?" Finit par demander Jeremiah.

Rhadamanthe soupira. Ca allait être dur.

"- Non. Je sers le Dieu des Enfers, Hadès." Recommença-t-il plus lentement, comme s'il parlait à des enfants.

"- Hadès n'existe pas mon petit." Murmura doucement le père du Juge d'un ton gentil, comme s'il voulait lui apprendre sans trop de choc que le Père Noel n'existe pas.

Rhadamanthe se redressa un peu. Sans le vouloir, il reprenait son rôle de Juge avec une froideur confondante.

"- Votre opinion m'importe peu, Sir. Les faits sont une réalité. Vous vous apercevrez lorsque votre âme franchira les portes des Enfers, puisque vous m'y verrez. Prêt à guider votre âme vers sa dernière demeure.

Il haussa les épaules, un peu agacé.

Sa mère le fixa durement, les sourcils froncés.

"- Un peu de respect pour ton père !"

"- Je n'ai de respect que pour mon Seigneur et Maitre" Lâche le juge, hautain.

"- HAAA !!!"

Le hurlement de la bonne fit se ruer tout le monde dans le couloir.

Amusé, Rhadamanthe suivit le mouvement.
La distraction était bienvenue.

Dans le couloir, Valentine tenait un bout de papier, visiblement très mal à l'aise.

Le spectre se détendit d'un coup en voyant son chef, il ne s'était pas trompé d'adresse. D'ailleurs, il était particulièrement sympathique à regarder, son chef, en jeans et chemise…

"- Seigneur Rhadamanthe…."

Il mit aussitôt un genou à terre.

"- Valentine. Que se passe-t-il."

"- Le Seigneur Minos m'a envoyé vous rappeler que vous n'êtes pas là pour faire du tourisme…"

"- C'est tout ?"

"- Je crois qu'il est surtout très curieux de savoir comment se passe votre retour…Les cancans…"

Le Juge lâcha une bordée de jurons à faire pâlir tout une travée de marins de carrière.

"- Et bien tu remerciera Knut, pour son intérêt…"

Valentine releva le nez, un petit sourire aux lèvres.

"- Knut ?"

"- Knut…."

"- Je peux…." Demanda le jeune Harpie avec un sourire malsain.

"- Autant que tu veux…." Sourit à son tour Rhadamanthe, très fier de lui.

Le jeune Spectre se téléporta immédiatement aux Enfers, sourd aux exclamations de peur des mortels. Il avait de quoi lancer des cancans pour au moins trois mois !!!

Dès qu'il eut reposé pied sur le marbre noir du Palais, il fila à la recherche de ses deux plus proches collègues.

Il arrêta Sylphide au détour d'un couloir.

"- Tu savais que le vrai prénom de Minos c'est Knut ?"

"- Hein ? Mais c'est moche !"

"- Oui hein !!"

"- Rhooo, pour un peu j'aurais pitié…" Railla le Basilic.

Les deux spectres se séparèrent en ricanant.

Pauvre Minos….Dans moins d'une heure, tout les Enfers seraient au courant…

A la surface, la famille Alexander tentait tant bien que mal de se remettre de l'arrivée, puis de la disparition d'un intrus supplémentaire.

"- Qui…Qui était-ce ?"

Très calme, Rhadamanthe haussa les épaules.

"- Valentine de la Harpie. Un spectre d'Hadès qui me sert." Il se détourna pour accepter un verre de liqueur d'un serviteur qu'il avala cul sec. "Qui est cet homme sur ce tableau ?" demanda-t-il en montrant un grand portrait en pied, probablement d'un ancêtre.

"- C'est ton grand père, James Anthony Alexander premier du nom. Tu as été nommé d'après lui. Il est mort le jour même de ta naissance." Expliqua son père, encore profondément troublé.

Trop d'éléments étranges se faisaient jour ce soir… Ce fils disparu qui revenait de nulle part avec une espèce d'armure moche, qui l'ôtait sans qu'il ne sache comment, ce type qui apparaissait puis disparaissait…Les allusions au dieu grec de la mort… C'était trop, même pour un lord anglais !

Le vieil homme prit un verre de liqueur qu'il avala cul sec, comme son fils, les mains un peu tremblantes.

Rhadamanthe, lui, serra les dents. L'explication de son père était…évidente, quand il y réfléchissait ! Qu'on ne s'étonne pas qu'il soit devenu un Juge d'Hadès si le jour même de sa naissance on lui avait donné le nom de la Mort. Et le premier qui lui donnait du "Junior", il allait te me le lui balancer un Greatest Caution au coin du nez, ca n'allait pas trainer.

Il reprit une gorgée de son verre à nouveau rempli.

Son père hocha la tête, content. Tout était bon pour se distraire des perturbants éléments qu'il apprenait depuis quelques heures.

"- Tu as une belle descente…"

Rhadamanthe renifla, amusé.

Avec ce que les Spectres raffinaient aux Enfers, il pouvait ! Quand les serviteurs d'Hadès ne buvaient pas tout, ils utilisaient leur liqueur pour nettoyer leurs surplis … Il n'y avait rien de mieux pour enlevé facilement le sang et les faire briller. Bon, il fallait mettre des gants si l'on voulait éviter d'avoir des fissures sur le bout des doigts mais….

"- Ton… heu… Ami ?" Commença soudain le patriarche, un peu mal à l'aise

"- Mon subordonné."

"- Oui…Ton… heu…enfin, ce jeune homme…" Il ne l'avait pas trouvé terrifiant de virilité. "Qu'a-t-il voulu dire en disant que tu avais besoin de mon aide ?"

La mère du Spectre se redressa soudain avant de le foudroyer du regard. Voila ! C'était ça, il voulait probablement de l'argent !

"- Vous êtes bien avocat ?"

Ou pas…

"- En effet…"

"- J'aurais besoin de vos talents pour m'aider à rédiger une lettre."

"- Une lettre ? Quel genre de lettre ?"

"- ………..Diplomatique." Finit par répondre Rhadamanthe. Il ne voulait pas trop en dire.

"- A qui et dans quelle circonstance."

Le Spectre resta silencieux.

"- Il faut que je sache pour pouvoir travailler, mon fils…"

"- Avez-vous un bureau ?"

Le chef de famille invita son fils à le suivre.

"- Bien sûr…Suis-moi."

Ivory sur les talons malgré les protestations de la mère, les deux hommes s'enfermèrent dans le bureau.

Dès qu'il fut assis, La fillette sauta sur les genoux de son grand frère.

"- Ivory ! Qu'est ce que tu fais là ! Je suis désolé, James. Ta mère n'arrive à rien avec cette petite…"

Le Spectre sourit à l'enfant.

Il ne la connaissait que depuis quelques heures, mais appréciait déjà son esprit d'indépendance et son mépris visible des règles.

"- Ca ne fait rien, elle n'a qu'à rester."

La petite lui dédia un immense sourire content avant de faire son trou entre ses bras et de s'installer confortablement contre le large torse de son grand frère.

"- Alors, que puis-je pour toi, mon fils ? Explique-moi tout ça."

Le Spectre soupira.

"- Avez-vous entendu parler du Tournoi Galactique ?"

Le vieillard hocha la tête.

"- Bien sur, le monde entier en a entendu parler. Pour du direct, les effets spéciaux…."

"- Il n'y avait pas d'effets spéciaux. Les chevaliers d'Athéna existent bel et bien, comme les Spectres d'Hadès, ou les Marinas de Poséidon et bien d'autre encore."

Blème, le patriarche fixa son fils en essayant de comprendre.

"- Que…Que…"

"- La lettre dont j'ai besoin est destinée à Athéna..."

"- Que…Quoi ?"

Rhadamanthe commença à expliquer

"- Pour faire simple, tous les deux cents cinquante ans, Athéna, Poséidon et Hadès reviennent à la vie. Ils s'affrontent pour la domination de la planète. Pour l'instant, Athéna a toujours gagné. La dernière guerre en date a eu lieu entre mon Seigneur et Maitre et Athéna. Elle a gagné et a causé des dommages collatéraux importants. Mon Seigneur Hadès nous a laissé la responsabilité, aux deux autres Juges et à moi-même, d'essayer de mener des ouvertures diplomatique avec Athéna, pour qu'une telle guerre ne se reproduise pas." Bon, il ne disait pas toute la vérité, loin s'en fallait, mais en même temps, il ne mentait pas d'un poil !"Minos, Eaque et moi-même sommes des combattants et des dirigeants. Pas des diplomates. Pouvez-vous nous aider ?"

Le patriarche de la famille Alexander se leva de son bureau pour se servir un verre de schnaps à récurer les cuivres. Il l'avala en une gorgée. Si son fils disait vrai…Sa perception de l'univers avait besoin d'être entièrement revue.

"- Que se serait-il passé si Hadès avait gagné cette guerre ?"

"- Toute vie aurait déserté la planète et elle aurait été baignée par le calme et la tranquillité."

Le pauvre père de famille eut besoin d'un second verre.

"- Et l'idée de participer au massacre de tous les humains ne te dérange pas ?"

"- Non…J'ai vu de quoi l'humanité est capable…Père, nous n'allons pas nous lancer dans une étude philosophique sur le droit de vie et de mort que les dieux ont sur les mortels, pas plus que sur la perception que j'ai de l'humanité. Pouvez-vous nous aider, oui ou non ?"

L'avocat reprit un troisième verre.

Son cœur commença à se calmer un peu.

"- Je…pense que je peux…Il faut que je me penche sur la question… Que devra figurer dans la lettre ?"

"- En gros, nous souhaitons pouvoir obtenir des échanges avec le Sanctuaire. Que les Enfers et le domaine d'Athéna puissent cohabiter en paix…"

"- Très…très bien….Je vais voir ce que je peux faire… Si tu veux bien me laisser…"

"- Je reviendrai demain."

"- Tu ne reste pas pour la nuit ?"

"- Les Enfers m'appellent, père…"

Ivory tira sur la chemise de son frère.

"- Je peux venir ?"

Le juge eut un petit sourire presque attendri.

"- Je ne crois pas, petite sœur. Pas avant de longues années."

La petite fille fit la moue.

"- Il reviendra ton ami ? Il avait l'air gentil."

Du haut de ses douze ans, la petite avait son premier crush

Les lèvres de Rhadamanthe frémirent d'amusement. Qu'il raconte ça à Valentine !

"- C'est possible…"

"- Ouai !!!"

Shion lu et relut la lettre qu'il avait reçue le jour même, avec un étonnement mâtiné d'incrédulité.

S'il devait en croire ce que la lettre lui disait, les Juges d'Hadès, à la demande de leur maitre rendormi, demandaient audience à Athéna pour établir des relations diplomatiques entre les deux domaines…
Exactement ce que la déesse elle-même voulait.

Le pauvre Pope se passa une main dans les cheveux.

Un problème de plus à gérer.

Il n'allait pas s'en sortir.

Entre Kannon qui ne s'entendait pas du tout avec son élève, Mu qui lui faisait la tête sans qu'il sache pourquoi, Saga qui était pris de véritables crises de fou-rire lorsqu'il voyait Shura, Camus qui refusait catégoriquement de répondre à ses convocations, Milo qui ne cessait de se moquer de Shura et la déesse qui devait arriver dans la journée...

Heureusement, dans tout ce gâchis, il lui restait le Capricorne. Sans lui pour l'aider à se détendre, le pauvre Pope aurait finit par péter un plomb.

Enfin…Ca, c'était jusqu'à ce matin.

Shura avait débarqué dans son bureau, extrêmement agité et visiblement au bord des larmes.

Lorsque Shion avait réussi à le calmer suffisamment pour obtenir quelques réponse, il était resté lui-même gêné.

Quelqu'un les avait surpris alors qu'ils …s'amusaient…Dans la salle du trône.
Ca expliquait énormément de choses.

Comme s'il n'avait que ça à faire…

Il avait envoyé Shura se reposer un peu dans ses appartements et attendait Saga.

On toqua à sa porte.

"- Entrez."

Un petit sourire aux lèvres, Saga retenait comme il pouvait son amusement.

"- Que puis-je pour vous, Grand Pope."

"- Commencer par arrêter de trouver hilarante ma relation avec Shura serait un premier pas, ça va finir par être vexant…" L'amusement du Gémeau disparu en une fraction de seconde. Le ton du Pope était tout sauf cordial. "Ensuite, me dire comment vous avez appris et par qui" Cette fois, Saga se mit à transpirer. "Et en dernier lire ce courrier que je viens de recevoir. Athéna arriver aujourd'hui et il serait utile que quelqu'un m'aide pour la catastrophe qui va obligatoirement se produire, je le sens."

Saga avala sa salive.

"- Heu…très bien…Je vais m'y mettre de suite…"

"- Commence plutôt par me dire comment tu as su."

Le Gémeau détourna les yeux.

"- Saga…"

"- On…vous a vu…"

"- Comment ça ?"

"- On…était monté au palais vous demander des trucs et…on vous a vu….Sur le trône…tous les deux…."

Shion s'empourpra brutalement.
Déesse, que c'était gênant !

"- Qui ?"

"- Mu, Shaka, Kannon et moi…"

C'était encore pire que le Pope l'avait imaginé.

"- Et Shura est encore en vie ?"

"- Mu a menacé de le castrer mais on l'en a empêché." Saga hésita un peu. "Vous devriez aller parler à Mu, Shion… Il ne sais plus sur quel pied danser avec vous et il est malheureux."

Le Pope soupira tristement. Il aurait mieux fait de rester seul…Même si l'idée de retourner à sa solitude le terrifiait… En même temps, il n'aurait peut-être pas le choix, à présent. Une fois que Shura se serait reposé un peu et qu'il aurait les idées plus claires, il mettrait probablement un terme à leur relation. C'était ce que le Capricorne aurait de mieux à faire. Interrompre leur relation là, et nier en bloc tous les sous-entendus qu'on pourrait lui faire.

Désolé, Saga posa maladroitement une main sur l'épaule du Pope.

"- Ne vous en faites pas…Mu ne peut pas vous en vouloir longtemps…"

"- Ce n'est pas uniquement lui qui m'inquiète…" Avoua le Pope.

Saga prit la lettre envoyée par les Juges de Enfers.

"- Allez le voir, moi je m'occupe de ça."

Ca le désolait vraiment de voir Shion aussi affecté.
Bêtement, le Gémeau voyait un peu le Pope comme un roc dans la tempête, inaccessible aux problèmes de ce monde. Le voir aussi triste et inquiet l'ébranlait. Si lui aussi pouvait être malheureux….Saga se sentit soudain extrêmement inquiet. Depuis qu'il était avec Mu, il ne s'était plus posé de question. Pour un peu, il s'imaginait déjà vieillir avec le jeune Bélier et passer le reste de sa vie à ses cotés. Mais qu'en était-il pour Mu ? Il était le premier du Tibétain. Qu'est ce qui l'empêcherait de trouver mieux ailleurs ? Surtout mignon comme il l'était ? Il n'aurait aucun mal à se trouver quelqu'un de plus équilibré que lui. Et pourquoi pas une femme. Le jour viendrait sans doute où Mu voudrait un enfant à lui. Il n'y avait qu'à voir l'amour qu'il avait pour Kiki pour savoir qu'il ferait un père exceptionnel.

Une boule se forma dans sa gorge.

Lorsque ce jour là arriverait, il n'aurait rien pour retenir le jeune Bélier, bien au contraire…

Tous les deux perdus dans leurs pensées, Shion et Saga se séparèrent.
Saga prit place au bureau déserté du Pope, pendant que l'ancien bélier descendait les escaliers jusqu'à la première Maison.
Sur son trajet, il croisa Camus qui s'empourpra dès qu'il le vit. Le Pope soupira. Ca allait être simple, encore…Pourtant, le petit sourire de Milo le rassura. Comme si le Scorpion le soutenait… Ce qui était probablement le cas.

Le pauvre jeune Grec savait mieux que quiconque comme il pouvait être difficile d'avoir la personne que l'on aime.

Le Pope hocha rapidement la tête vers le jeune homme qui le lui rendit. Même s'il trouvait le couple totalement farfelu, Milo les trouvait mignons tous les deux….même s'il se moquerait de Shura jusqu'à ce que mort s'en suive.

Bizarrement rasséréné, Shion alla toquer à la porte de l'atelier de Mu.

"- Quoi encore ?"

"- Bonjour Mu…"

Le pauvre Bélier rougit brutalement avant de se détourner.

"- Ha…heu…bonjour…Qu'est ce que je…heu….peux faire….Pour vous ?"

Le Pope s'approcha de son élève, un peu attristé.

"- Saga m'a presque chassé de mon bureau pour que je vienne te parler."

Mu prit une belle teinte rouge brique.

"- ….."

"- Il m'a aussi dit que vous nous aviez vu, avec Shura."

Cette fois, le jeune Bélier enfouit son visage dans ses mains.

Shion les prit dans les siennes.

"- Tu vas te mettre du carbone partout." Le gronda le Pope avec tendresse.

Mu hésita un peu avant de se bouiner contre son ainé qui lui caressa les cheveux.

"- Pourquoi est ce que ca te trouble autant que je sois avec Shura ? C'est parce qu'il est plus jeune que moi ? Beaucoup, plus jeune ?"

Mu secoua la tête doucement, honteux.

"- Mu…Cela me désole vraiment que tu le prennes comme ça… J'ai…Beaucoup d'affection pour Shura. Maintenant, je ne sais pas s'il voudra rester avec moi, sa réputation en a prit un méchant coup, mais…."

Le jeune Bélier releva le nez, un peu timide.

"- Je…Je suis désolé….C'est ma faute…Si j'avais tenu ma langue…"

Une seconde, Shion fut tenté de secouer Mu avec colère. Pourtant, il n'en fit rien. Il imaginait que cela avait dû choquer le jeune Bélier de le voir avec Shura.

"- Pourquoi en es-tu si choqué ? Tu penses que je suis trop vieux pour pouvoir être efficace ?"

Malgré sa gêne, Mu pouffa.

"- Non…C'est juste que…Vous êtes comme un père pour moi et…"

Shion lui caressa la joue, attendri.

"- Ce n'est pas parce que j'ai des sentiments pour Shura, que tu ne comptes plus pour moi, tu sais…"

Mortifié d'avoir été si facilement compris, le petit Bélier enfouit à nouveau son visage contre le torse du Pope.

"- Je suis désolé d'être jaloux comme ca…" Finit-il par murmurer.

Shion le serra contre lui avec tendresse.

"- Tu es parfois vraiment idiot, Mu…"

"- Je n'ai jamais dit le contraire."

"- Alors si tu me disais ce qui ne va pas ?"

Mu grommela quelque chose si bas que Shion dut tendre l'oreille avant de le faire répéter.

"- Quoi ?"

"- …..Ca me fait mal au cul d'avoir Shura comme belle-mère !" Avoua le jeune homme.

Shion resta interloqué un instant avant d'éclater de rire.

"- Si ce n'est que ça, nous…"

"- LALALALAAAA, JE NE VEUX PAS SAVOIR, JE N'ENTENDS RIEN !!!" Protesta immédiatement le Tibétain en mettant ses mains sur ses oreilles.

Shion secoua la tête.

"- D'accord, d'accord, je ne dirais rien sur nos habitudes au lit, alors." S'amusa-t-il en voyant Mu le foudroyer du regard malgré le magnifique fard qu'il tenait.

Resté seul dans le bureau du Pope, Saga lisait et relisait la lettre envoyé par les troupes d'Hadès. Il ne leur faisait aucune confiance… Il avait traité de près avec eux déjà, et ça s'était mal finit…Pourquoi diable leur ferait-il confiance…

Sans doute parce que c'était le souhait d'Athéna…

Un gros soupir lui échappa.

C'était plus simple lorsqu'il perdait les pédales. Il n'avait pas à se soucier de diplomatie par exemple. Quand quelqu'un ne lui revenait pas, il le faisait assassiner et c'était mare !

Alors que maintenant…Surtout qu'il avait accepté de lui-même d'aimer Shion dans son rôle de Pope.
S'il avait su….

Il se frotta le front de la paume.

Comment présenter la lettre à Athéna tout en la mettant en garde contre la traitrise probable des Spectres ? Athéna était gentille mais…Cette incarnation ne brillait pas par une intelligence rare. Ou alors, elle le cachait bien…

Et dire qu'elle pouvait arriver à n'importe quel moment à présent…

"- GRAND POPE !"

Saga releva le nez du bureau.

"- Kannon ?"

"- Ha ! Saga… Shion est où ?"

"- Chez Mu… Ils discutent…"

"- Ha…."'

"- Qu'est ce qui se passe ?"

"- J'en peu plus de Darius. Il faut que Shion me le retire des pattes.

"- Qu'est ce qu'il a encore fait ?"

"- Mais j'en sais rien !!! Il discutait avec Shaka et tout d'un coup Shaka m'a giflé avant de se jeter sur lui pour essayer de l'étrangler."

Saga fixa longuement son petit frère qui était venu s'asseoir sur ses genoux pour quémander un peu de réconfort.

"- Ka'…Tu n'as pas vu que Darius essaye de te séduire depuis qu'il est arrivé au Sanctuaire ?"

Le jeune Gémeau releva le nez, horrifié.

"- Quoi ?"

Saga déposa un petit baiser sur le front de son frère.

"- Tu es parfois bien naïf, mon jumeau…." Ronronna Saga.

Kannon bouda un peu.

"- Oui, ben je fais ce que je peux."

"- Et bon, qu'est ce qui s'est passé ?"

"- Je les ai séparés et Shaka m'a insulté avant de partir demander asile à Camus."

Saga repoussa son frère de ses jambes.

"- Et bien nous allons aller le voir…."

"- Mais…"

"- Chut mon frère. Je n'aime pas te voir malheureux.

Docile et content que son frère l'aide à récupérer son Shaka, Kannon suivit son frère, sa grand main serrée comme celle d'un petit garçon dans celle de son jumeau

Presque dès qu'ils furent sortit du palais, Darius sauta au cou de son maitre.

"- Maitre Kannon ! Où étiez vous, j'ai eut tellement peur avec Shaka…"

Un peu embarrassé, Kannon repoussa comme il put les mains poulpesque de son élève.
Saga le laissa faire. Il devait se débrouiller.
Et puis, Shaka n'était pas là, Kannon avait le temps d'apprendre à repousser l'ennuyeux adolescent.

"- Et…Et….Et il s'est moqué de moi quand je lui ai dit que Darius essayait de l'éloigner de moi et…et…Et je suis sûr qu'il ne m'aime pas finalement…" Souffla tristement Shaka avant de s'asseoir sur le canapé.

Confortablement installé dans le giron de son Camus, Milo sourit tristement à la Vierge.

"- Je suis sur que tu te trompes, Shaka. Avant toi, Kannon a toujours été seul. Je suis sur qu'il n'a rien vu, c'est tout…Il est où maintenant ?"

"- …Je sais pas… Je l'ai giflé, j'ai attaqué Darius, Kannon nous a séparés et je suis parti."

"- Shaka…"

"- Et Kannon n'a pas cherché à me rattraper !" Sanglota la Vierge, malheureux comme jamais.

Milo lui tapota maladroitement la tête.

Ni lui ni Camus n'avaient l'habitude de traiter avec la Vierge.

"- Tu….Tu devrais aller le voir…Ou Mu…"

"- Mu est avec son maitre… Et Kannon, il a cette pute de Darius."

"- Shaka ! Voyons !"

"- C'est vrai, j'oubliais que c'est moi la trainée."

"- SHAKA !" Le gronda Milo pour de bon.

La Vierge haussa les épaules, résigné.

Il fallait bien qu'il paye ses écarts de jeunesse à un moment ou un autre.

Camus repoussa gentiment Milo pour venir s'accroupir devant Shaka.

"- Ca ne te ressemble pas d'abandonner comme ça, Shaka…"

"- Qu'est ce que je peux faire contre un gamin aussi innocent que lui"

Camus grinça des dents. Il savait qu'il était très très très loin d'être observateur pour ce genre de choses mais….

"- Shaka…Un adolescent innocent ne ferait pas des avances à quelqu'un avec une telle intensité."

"- Kannon ne l'a jamais repoussé…." Répéta la Vierge, lugubre.

"- Il y a fort à parier qu'il ne s'est rendu compte de rien, surtout" Le Verseau força l'indou a se lever. "Allez, viens. On va aller voir Kannon et tu vas lui demander."

"- C'est obligé ?"

"- Ne fais pas l'enfant…"

Shaka dut se rendre à la voix de la raison.

"- Très bien, très bien… Mais que je vois encore Darius tourner autour de Kannon, et je le bute !"

Ronchon, il suivit le Verseau vers le palais d'où descendaient les jumeaux.

Athéna descendit de l'hélicoptère avec toute sa dignité tranquille.
Comme de coutume, elle était accompagnée par ses cinq gardes du corps en armures de bronze.
Elle avait fait une escale à Munich avant de venir au Sanctuaire pour prendre au passage Sacha Wagner.
Le banquier avait suivit avec plaisir, trop heureux de quitter son emploi ennuyeux pour quelques jours pour refuser.
L'entrevue programmée avait été étrange mais elle avait obtenu ce qu'elle voulait, une fois de plus.
La soirée à venir serait… Des plus intéressantes. Mais pour l'instant, l'Allemand observait les lieux, un peu désorienté.
Il s'attendait à tout, mais certainement pas à se retrouver au milieu d'un décor de péplum.

"- Excusez moi mais…Où sommes nous ?"

Shun lui sourit gentiment.

"- Nous sommes au Sanctuaire d'Athéna…Ne vous en faites pas, tout va bien se passer…."

Un peu surpris néanmoins, l'Allemand haussa les épaules. Il sentait qu'on lui préparait un truc.

"- Ben… Y a personne ???" S'étonna soudain Seiya, un peu vexé que personne ne soit là pour les accueillir.

Aussi étonnée que lui, Athéna haussa les épaules.
Bon, que Shion et les Ors soient occupés, elle voulait bien. Mais il restait les Argents, les Bronzes ou au pire les GARDES !!! Mais là, rien !!! Pourtant, Shion était au courant de l'heure de son arrivée et le bruit que faisait l'hélicoptère était quand même suffisamment reconnaissable, non ?
Une brusque bouffée de Cosmos les fit tous tressaillir avant que le sol ne tremble, agressé par une attaque quelconque.
Shun leva un doigt, les yeux mi-clos sous la concentration.

"- Ca…Je crois que c'est Saga."
"- Comment…" Commença Seiya pour se faire couper aussitôt par Shiryu.
"- Shun a raison. C'est lui…Enfin… C'est le mauvais lui…"
"- Ho non…" Gémit Hyoga "Qu'est ce qu'il a encore fait ?"

Shun gronda gentiment son ami slave.

"- Ne soit pas mauvaise langue, Hyoga. Il a toujours eu une raison pour clignoter. Aussi mauvaise soit-elle !"

Le blond ferma son bec pour bouder. Depuis quelques temps, il avait l'impression que quoiqu'il dise, Shun lui en voulait.
Ikki retint un sourire sardonique. Plus le temps passait, et plus son petit frère prenait d'ascendant sur leurs trois autres camarades.
A croire qu'il avait conservé un petit quelque chose de la prestance d'Hadès….

"- Nous devrions y aller Saori. S'il se passe quelque chose, autant être au plus près du désastre." Finit par couper court le Phénix.

La déesse hocha sèchement la tête.
Les Cosmos mélangés qu'elle sentait n'étaient pas pour la rassurer.

"- Dépêchons nous…"

Les Bronzes suivirent leur déesse, aussi inquiets qu'elle.
Sauf Seiya.
Il avait déjà démonté Saga, il était sur de pouvoir recommencer.
Le souvenir de la volée qu'il s'était pris par Milo quelques semaines plus tôt ne lui traversa même pas l'esprit.
Seiya montrait chaque jour davantage qu'il était un garçon…simple…
Silencieux, Sacha suivait. Il ne comprenait vraiment RIEN à ce qui se passait.
Le petit groupe croisa quelques gardes peureusement terrés dans leurs salles de gardes, puis quelques Bronzes et Argents qui restaient à distance respectueuse des Maisons.

"- Qu'est ce qui se passe ?"

Jabu se précipita vers sa déesse.

"- Athéna…"

Sacha haussa un sourcil. Comment ca Athéna ?

"- C'est Saga et Shaka. Personne ne sait ce qui s'est passé, mais ils vont détruire le Sanctuaire à ce rythme !"

Cela inquiéta davantage encore la déesse. Que Saga pète un boulon, c'était une norme acceptée, presque un incident ordinaire. Par contre, que Shaka lui aussi s'énerve, c'était du jamais vu….

"- Que s'est-il passé ?"
"- Personne ne sait, déesse." Avoua Sheena en se passant une main dans les cheveux. "Et nous n'avons pas osé aller voir quand les autres Ors s'en sont mêlé après le premier Galaxian Explosion et le premier Trésor du Ciel."

La déesse serra les mâchoires sous l'agacement.
Sans un mot de plus, elle entreprit la montée des Temples jusqu'à celui du Pope.

"- Ha oui, quand même…" Murmura-t-elle devant le spectacle qu'offraient les Chevaliers d'or.
"- Mais qu'est ce qui se passe !!!" S'énerva l'Allemand.

Shun le poussa un peu à l'écart pendant que la déesse jugeait des dégâts.

"- Ne vous en faites pas… Tout va bien…."

Le banquier était sûr du contraire.
Maintenu au sol par un Cristal Net et deux de ses collègues assis sur ses épaules, Saga éructait des insultes à un Shaka lui aussi empêtré dans un Cristal Net que maintenait tant bien que mal un Mu aux jambes tremblantes.
Le Chevalier de la Vierge avait le visage congestionné par la rage, mais ne semblait pas s'intéresser à Saga. Il fixait un adolescent souriant, juste à coté de Kannon, que DM maintenait à l'écart pour l'empêcher de se jeter entre son frère et son amant. Il ne voulait pas qu'ils se fassent du mal !!!

"- Qu'est ce qui se passe, encore ?" S'irrita Saori.

Toute déesse qu'elle soit, elle restait assez humaine pour commencer à s'agacer des amusements douteux de cette bande de sales gosses.
Camus resta encore immobile un moment avant de congeler les jambes des deux abrutis histoire de pouvoir quitter les épaules de Shaka et répondre à sa déesse.

"- Déesse… Excusez nous, nous avons eu un petit…problème…"
"- Je vois ça, qu'est ce qui s'est passé ?"
"- Aussi étonnant que celui puisse paraître au premier abord, ce n'est pas la faute de Saga." S'amusa Camus.
"- TU SAIS CE QU'IL TE DIT, LE SAGA ?" Rugit le Gémeau, les cheveux noirs et les yeux rouges.
"- J'en ai une vague idée." Sourit froidement le Verseau.

La réplique ne parut que fort peu plaire au Gémeau qui se lança dans une description détaillée de la virilité du Français ou plutôt son absence.
Le Verseau ne paru pas en prendre ombrage, contrairement à Milo.
Immédiatement, les insultes de Saga se portèrent sur une nouvelle victime.

"- Quoi qu'est ce qu'il a le Scorpion, il veux que je lui montre ce que s'est qu'un vrai mec ? Il en a marre de pas pouvoir aller percer son Verseau peut-être ? C'est sur qu'il a intérêt à le chatouiller longuement sous les bras s'il veut le faire réagir le Mister Freeze ? A moins qu'il aime le goût du glaçon friandise, justement." Se moqua Saga, plus ordurier que jamais pendant qu'Ikki mettait ses mains sur les oreilles de son petit frère. "Remarque c'est ce qu'il te faut, Milo… Tu es connu pour avoir le feu au cul après tout. Au moins ça te rafraîchira les idées un minimum, tu crois pas ? Y a pas grand monde qui ne t'est pas passé dessus ici. Presque pire que Sh…"
"- SAGA !!!" Rugit Aphrodite en lui balançant une gifle à lui retourner la tête.

Le Poisson avait bien senti les commentaires graveleux arriver sur Shaka et s'il pouvait les éviter… Kannon n'était pas au courant de la réputation de la Vierge, autant lui éviter de l'apprendre de manière aussi déplorable.
Le Gémeau gronda un peu avant de jeter un regard purement venimeux au gardien de la douzième maison. Immédiatement, DeathMask poussa le jeune homme derrière lui par simple réflexe. Il protégeait sa moitié.
Saori se pinça la racine du nez entre deux doigts.

"- Qu'est ce qui a causé ça ?" Reprit la déesse comme si rien ne s'était passé.

Camus avait passé un bras en travers des épaules de Milo et le cajolait gentiment pour le rassurer. Il se fichait de ce que pouvait dire Saga. Sans compter que le Chevalier de la troisième maison n'était pas dans son état normal. Trop content pour protester davantage, Milo se serrait contre le torse de son amant, un sourire béat aux lèvres.

"- C'est ma faute…je crois…" S'excusa Kannon, un peu dubitatif.
"- C'est-à-dire?"

Darius tenta de s'éclipser distraitement mais fut rattrapé par la poigne de fer d'un Capricorne mécontent. Shion s'était prit un cocard dans la bataille pour arrêter les deux Ors avant qu'ils ne fassent vraiment du dégât et Shura n'appréciait que fort peu qu'on cabosse la figure d'autorité du Sanctuaire…A défaut d'autre chose de plus personnel.

"- Ce jeune homme s'est mit en tête de séduire notre Gémeau remplaçant." Expliqua l'Espagnol avec un regard noir à l'adolescent qui rentra la tête dans les épaules.
"- Et donc ?" Continua Saori sans comprendre où était le problème.
"- Et je n'ai rien vu." Soupira Kannon, désolé de sa bêtise.
"- ….Et ?" Invita encore Saori."
"- Et Shaka s'est montré jaloux, je suppose…" S'amusa Shun. "Haaa, ça suffit Ikki ! Je suis assez grand pour prendre part à une conversation." Gronda l'adolescent en rembarrant son frère envahissant.
"- Mais Shun…"
"- Ikki, ça suffit ! A la niche !"

Le Phénix en resta comme deux ronds de flancs.
Pendant la querelle fraternelle, Kannon n'avait pu que hocher la tête, mal à l'aise.

"- Shaka m'a pris à partie mais comme je n'ai rien compris, j'ai un peu pris ça par-dessus la jambe."
"- Un peu…un peu…" Souffla Milo, confortablement rencogné contre Camus.
"- Chut, Milo." Murmura Camus avant de lui déposer un petit baiser sur la tempe.
"- Bref…" Continua Kannon, les joues roses. " Finalement, on s'est disputés, je suis parti voir Saga avec qui j'ai discuté, il m'a convaincu d'aller voir Shaka, on est sortis du Temple du Pope, Darius est arrivé sur ses entrefaites et a commencé à se recoller à moi…"
"- Et c'est à ce moment là que Shaka s'est encore jeté sur le gamin toutes griffes dehors…" Grommela DeathMask en épongeant le sang qui coulait sur la joue d'un Chevalier de la Vierge toujours immobilisé au sol et qui foudroyait du regard l'apprenti Argent.
Athéna soupira lourdement.

"- Vous savez que vous commencez à me fatiguer, tous ?"

Les pauvres chevaliers baissèrent le nez, un peu mal à l'aise.
Sacha Wagner choisit ce moment pour laisser exprimer son irritation.

"- Excusez moi, mademoiselle, mais j'aimerais bien savoir ce qui se passe ? Je croyais que vous m'aviez emmené ici pour un entretien d'embauche et un tour des locaux. Pas pour assister à un match de catch entre ces…Gens…"

Agacée, Athéna ne lui dédia même pas un regard.

"- Ha ! Oui ! J'avais oublié ce détail ! Shion, voici Sacha Wagner. Comptable. Il pourrait te donner un coup de main."

Un peu surpris, Shion hocha la tête.

"- Heu…Très bien…Merci, déesse…"
"- C'est aussi ton fils…Je vous laisse faire connaissance…"

Un long silence choqué parcourut le Sanctuaire pendant une seconde.

"- QUOI ?" Rugirent à la fois le Pope et l'Allemand.
"- Il fat croire que ton harem a été un minimum productif, Shion… Tout arrive…" S'amusa la déesse avec un sourire féroce, bien loin de ses habitudes.

Une vague de crainte parcourut des Chevaliers d'or.
Jusqu'à quel point s'étaient ils trompés avec la déesse ?
A moins qu'elle soit de moins en moins mortelle et de plus en plus déesse…Voila, ca devait être ça…Tout autre chose aurait été trop dérangeant…Et de loin…

(1) Haaa Robert d'Artois dans les Rois Maudits (épisode 1 et 2 ). Mais la version des années 70, avec Jean Piat. Si vous avez l'occasion, n'hésitez pas à regarder