lille 76 : Pour l'instant pour tout le monde Castle est mort, il va falloir attendre pour qu'ils sachent que ce n'est pas lui.
J'espère que ce chapitre vous plaira tout autant.
Bonne lecteur à tous!
Chapitre 4
Aux Hamptons le lendemain matin, Jim avait été le premier à se lever, il était lui aussi profondément attristé par la mort tragique de l'écrivain, qu'il avait appris à connaître et à apprécier. Mais pour le père qu'il était c'était l'état de sa fille qui le préoccupait le plus. Il était sur la plage au moment de la détonation et le bruit des vagues l'avait couverte, il n'avait donc rien entendu, cependant il soupçonnait Alexis et Kate de ne pas avoir tout dit. En tout cas, cette fois, sa fille pourrait compter sur lui, il serait toujours là pour elle. Il était là, assis au comptoir regardant, s'en y toucher, la tasse de café qu'il venait de se servir en se demandant comment il allait pouvoir dire à sa Kathy que la mort de l'homme qu'elle aimait n'était en rien accidentelle. Le choc de cette perte avait déjà eu son effet dévastateur, alors quand elle apprendrait que pour la seconde fois un être cher lui avait encore été arraché de cette façon, comment réagirait-elle.
- Bonjour Jim.
- Oh, Martha bonjour…. Vous tenez le coup?
- Pas vraiment, dit-elle en prenant place près de lui. Et avec cette nuit mouvementée j'ai eu ma dose d'émotions fortes. Ce n'est pas juste Jim, mon petit n'aurait pas dû partir avant moi. Alexis ne devrait pas avoir à commencer sa vie d'adulte sans son père, il ne sera plus là pour partager tous les moments importants de sa vie future. J'espère seulement que je pourrai être là assez longtemps pour elle, termina-t-elle en essuyant ses larmes.
Jim posa une main affectueuse sur son bras en guise de soutien, lui mieux que personne comprenait ce qu'elle ressentait. Il savait que les mots ne servaient à rien mais par contre la présence d'un ami pouvait aider, un peu. Martha n'avait pas faim mais, sur l'insistance du père de Kate, elle accepta de grignoter un simple toast avec son café. Puis ce fut au tour de Lanie et de Javier de les rejoindre, ils se saluèrent et Esposito se servit un café et un thé pour sa petite amie qui elle se chargeait de préparer des œufs et du bacon. Le silence qui régnait dans la cuisine n'était pas pesant mais réconfortant d'une certaine manière. L'hispanique le rompit le premier.
- Jim, je crois qu'il serait plus sage de les ramener toutes les trois au loft dans la journée. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de rester ici plus longtemps.
- Je suis d'accord, Martha ça vous convient?
- Je… je ne sais pas… je dois m'occuper de…
- Nous allons nous en charger, l'interrompit Lanie qui savait qu'elle voulait parler du rapatriement du corps de Rick.
- Lanie a raison, nous le ferons à votre place si vous voulez bien. Nous allons voir le légiste en début d'après-midi.
- Merci…merci à vous deux.
- Si vous le permettez Martha je vous aiderai volontiers pour toutes les démarches. Ajouta Jim.
La vieille femme, émue par tant de sollicitude, se contenta de hocher la tête.
Quant à Kate et Alexis, elles se levèrent pratiquement en même temps et se retrouvèrent dans le couloir. Elles n'eurent pas besoin de parler, un simple échange de regard suffit et elles se serrèrent dans leurs bras. Les évènements de la nuit avaient, en quelque sorte, créé un lien spécial et très fort entre elles. Cela ne les dérangea pas quand elles surent qu'ils rentraient tous sur New York dans la journée. Au contraire, ni l'une ni l'autre n'avait envie de rester, c'était trop douloureux.
En fait tout le monde avait hâte de partir et les bagages se retrouvèrent très vite dans le coffre de la voiture de Jim. Ils étaient tous dans le salon attendant Kate qui était sortie pour contempler une dernière fois cette vue que Rick aimait tant.
- Nous devrions lui dire maintenant. Je connais ma fille, plus nous attendrons et plus elle nous en voudra de ne rien lui avoir dit.
- Je ne sais pas, hésita Lanie.
- Le père de Kate a raison, elle doit savoir et c'est même moi qui vais lui dire, lança Alexis en partant.
- Non! Attends!
- Laisse-la faire Lanie, de toute façon nous aurions dû lui dire à un moment ou à un autre. Elle encaissera peut-être mieux la nouvelle si c'est Alexis qui s'en charge.
La jeune fille arriva à la hauteur de Kate et s'assis dans l'herbe à côté d'elle.
- J'arrive Alexis, je voulais juste en profiter un peu plus, graver ce panorama dans ma mémoire.
- Je ne suis pas là pour ça Kate.
- Tu veux que l'on parle de cette nuit?
- Non… de l'accident de papa.
- Oh Alexis… c'est tellement injuste… l'homme que nous chérissions nous a été enlevé par un stupide accident de la route.
- Justement. Alexis se déplaça de manière à faire face à Kate. Il y a quelque chose que tu dois savoir. Je voulais te le dire cette nuit mais, enfin, disons que j'ai eu une autre préoccupation plus urgente.
- Tu es bien sérieuse, tu m'inquiètes, qu'est-ce que je devrais savoir?
- Kate, il faut que tu saches que si nous ne t'avons rien dit hier, c'est que tu n'étais pas en état de l'entendre.
- Arrête de tourner autour du pot et dis-moi ce que tu sais… s'il-te-plaît.
- Très bien. Alors que Lanie te ramenait, Esposito est resté sur place et quand il est revenu il nous a dit que l'accident avait été provoqué volontairement pas un autre véhicule… c'est un meurtre Kate, quelqu'un a tué mon père.
Kate fut incapable de dire quoi que ce soit, ça recommençait, sa pire crainte venait de se réaliser. Tout ce que les quatre personnes qui se trouvaient dans le salon entendirent ce fut le cri de désespoir de Kate et les appels à l'aide d'Alexis.
Au commissariat du 12 th
Ryan déposa un énième dossier sur la table en soupirant, il n'aurait jamais cru que depuis que Castle était avec eux, ils avaient arrêté autant de personnes.
- Alors lieutenant Ryan du nouveau?
- Non rien pour l'instant, toutes les personnes arrêtées purgent encore leur peine. Et du votre capitaine?
- J'ai pu retracer l'emploi du temps de Castle avant son départ pour les Hamptons. J'ai demandé les vidéos surveillances des secteurs concernés y compris celles du pont de Brooklyn et de l'autoroute. Si une voiture le suivait nous la repérerons peut-être.
- J'espère que la scientifique aura tiré quelque chose du GPS de la Mercedes, ça réduirait d'autant les recherches si nous connaissions son parcours exacte et son horaire.
- Appelez le lieutenant Esposito pour voir s'il a des nouvelles de ce côté-là. Je vais contacter l'agent et l'éditrice de Castle pour qu'elles nous fassent le courrier de ses fans. Peut-être que l'un d'eux n'a pas supporté l'idée de son mariage avec Beckett.
- Vous avez vu la presse?
- Malheureusement!
- e n'arriverai jamais à les comprendre, toujours à la recherche du scoop ou de la photo à sensation. Et le pire c'est qu'ils sont bien payés pour ça. Je préfère encore arrêter les criminels, au moins on les empêche de nuire en les enfermant.
- Ce n'est pas moi qui vous contredirais.
Quelque part sur l'île de Manhattan.
Un homme buvait son café en regardant la Une des journaux qu'il avait étalés devant lui sur la table. Contrairement à Ryan et Gates, lui se délectait de tout ce qu'il lisait et les photos qui illustraient les articles étaient purement sensationnelles. Il ne regrettait pas son investissement pour le matériel photo. Une femme entra dans le salon et vint se positionner derrière lui pour le prendre dans ses bras. Elle aussi sourit en voyant les journaux.
- Elles sont magnifiques. Notre ami commence à émerger, tu vas aller le voir maintenant?
- Non, je vais attendre qu'il prenne le temps de se rappeler et de réaliser dans quelle situation il se trouve. Je veux qu'il s'inquiète sur ce que Beckett et ses proches peuvent ressentir, lui laisser croire qu'il y a encore un espoir. Il sera ainsi plus réceptif et moins protégé émotionnellement.
- Tu es redoutable. Le matériel est prêt, tu n'auras plus que le mettre sur enregistrement quand tu descendras le voir.
- Tu es certaine qu'il ne peut pas voir la caméra?
- Oui, elle est petite et il fait trop sombre à l'endroit où je l'ai placée.
- Tu en as pour longtemps?
- Non, deux heures tout au plus, à plus tard, amuse-toi bien. Dit-elle en lui déposant un baiser sur la joue.
À quelques mètres de là, dans la cave, Castle commençait à se réveiller péniblement. Il avait un mal de crâne épouvantable et peinait à ouvrir les yeux et impossible de bouger sans gémir tant son corps lui semblait peser des tonnes et que tous ses muscles le faisaient souffrir. Et il y avait cette douleur lancinante qui lui vrillait toute son épaule gauche. Il avait l'impression que son cerveau s'était liquéfié, il n'arrivait pas à avoir les idées claires, tout était confus. Ce dont il était certain c'était d'être toujours vivant, il se sentait bien trop mal pour qu'il en soit autrement. Mais savoir où il était et ce qui lui était arrivé lui était impossible. Puis, il eut comme un déclic, il avait dû être drogué et en subissait encore les effets, c'était la seule explication logique à son état de confusion.
Il resta immobile, les yeux toujours fermés essayant de se détendre, de laisser son esprit vagabonder sans se focaliser sur quoi que ce soit.
«Je t'aime», «je t'aime aussi». Castle leva brusquement ses paupières, il se rappelait enfin, il se rappelait précisément de tout.
Après avoir raccroché, il avait vu le SUV qui le suivait, il avait accéléré lui aussi, la voiture s'était portée à sa hauteur mais il avait réussi à la distancer. Puis, la course poursuite s'était engagée, à plusieurs reprises le 4x4 avait tenté de lui faire quitter la route. Castle se rappelait d'avoir attrapé son téléphone pour appeler de l'aide, mais cela l'avait déconcentré un instant. Et, le choc plus violent que les autres, qu'il n'avait pu éviter avait suffi pour qu'il l'échappe et il était tombé sur le sol devant le siège conducteur. Il avait malgré tout maîtrisé son véhicule et réussi à rester sur la route. Le conducteur du SUV était un sacré bon pilote mais lui aussi ne se défendait pas trop mal. Castle savait qu'il n'était plus qu'à deux ou trois kilomètres de sa propriété, il fallait juste qu'il tienne le coup jusque-là. Mais dans le dernier virage la Mercedes avait chassé de l'arrière à cause de la vitesse, trop occupé à en garder le contrôle, il avait levé sa vigilance quelques secondes. Quand il avait aperçu le 4x4 à sa hauteur, il était déjà trop tard. Il avait écrasé la pédale de frein en vain, sa berline plongea dans le fossé.
L'arrêt avait été brutal, mais l'airbag avait bien fonctionné, cependant il était sonné car sous l'impulsion du choc latéral sa tête avait violemment cogné contre la vitre. Sans trop savoir comment il avait réussi à s'extraire de la voiture avec une seule idée en tête : fuir. Il avait titubait sur quelques mètres avant de tomber, il se rappelait aussi avoir crié de douleur quand son épaule avait tapé sur une pierre. Sa vision s'était brouillée et tout ce dont il arrivait à se souvenir c'est d'avoir vu les chaussures d'un homme debout près de lui et après c'était le trou noir.
La première pensée de Castle fut pour Kate, sa fille et sa mère, elles devaient être mortes d'inquiétude. Son retard avait dû déclencher des recherches et ils avaient forcément trouvé la Mercedes accidentée sans lui à l'intérieur ni à côté. Avaient-elles été contactées par son ravisseur? D'ailleurs qui était-il et était-ce bien pour une rançon qu'il avait été enlevé? Il ne voyait vraiment pas d'autres options possibles où plutôt ne préférait pas les envisager. Il prêta enfin attention à l'endroit où il été séquestré, c'était apparemment la cave d'une maison, certainement située dans un lieu isolé. Mais elle était vide, il n'y avait rien du bric-à-brac habituel que l'on trouve généralement dans ce genre d'endroit. Seulement une chaise métallique posée dans un coin avec un seau à côté et le matelas sur lequel il était.
À vrai dire il ne voyait pas grand-chose car la pièce était plongée dans la pénombre, le peu de lumière qui y pénétrait le faisait au travers d'un petit vasistas rectangulaire dont la vitre était recouverte de poussière et dont l'accès par l'extérieur était protégé par une grille dont il devinait les barreaux. C'est en essayant de se redresser que Castle entendit un cliquetis. Il regarda machinalement ses poignets, ils n'étaient pas entravés alors il porta son regard sur ses chevilles. Autour de celles-ci une chaîne y avait était enroulée et deux cadenas emprisonnaient plusieurs maillons, la maintenant ainsi bien serrée. Il ne devait pas avoir plus d'une trentaine de centimètres de battement pour pouvoir éventuellement marcher. Il suivit le reste de la chaîne des yeux et vit que son autre extrémité était cadenassée autour d'un des poteaux de soutènement apparents dans la cave. Elle ne devait pas faire plus de deux mètre cinquante de long. Autant dire que sa liberté de mouvements était grandement limitée.
Il resta allongé, fixant le plafond, ses pensées toutes dirigées vers une seule personne : Kate. Elle devait être désemparée mais il gardait espoir. Il la connaissait bien, sa force de caractère lui permettrait de faire face. Il avait une totale confiance en elle, si une seule personne au monde était capable de le retrouver c'était bien Kate Beckett. Il se demandait combien de temps s'était écoulé depuis son enlèvement quand il fut ébloui par la lumière qui venait de s'allumer dans la cave, malgré la faible intensité de l'ampoule. Au bruit de verrou que l'on tire il porta toute son attention sur l'escalier qui menait au premier étage et plus particulièrement sur la porte. Son cœur rata un battement lorsqu'il put enfin distinguer les traits du visage de l'homme qui descendait les marches, le regardant en souriant.
- Bonjour Castle.
- Tyson, murmura l'écrivain.
