1Auteur : Ayakai (lacarpetteyahoo.fr)
Nom : Terminal 5 to eternity
Genre : au, sf (dans le genre space-opera), angst, gore, yaoi
Disclaimer : Demain je pars à Paris, et dans deux jours je ne serai plus obligée de dire, à chaque chapitre, qu'ils m'appartiennent pas... Mwahahaha :
Pairing : Vous inquiétez pas, ça arrivera bien un jour !
Mot de l'auteur : Déjà le quatrième chapitre. Je n'ai aucun scrupules à taper plutôt que de bosser ! Et pour cause : j'ai le cou tellement coincé que je ne peux même pas me pencher sur une feuille de papier.
Please, enjoy the trip !
Aya, souffreteuse comme une petite vieille
(08/11/07 ; 10:53)

Terminal 5 to eternity

Chapitre 4 : Audience Killer loop

Ce n'avait rien d'un décor lunaire. Die, qui avait pourtant été habitué à rendre visite à sa grand-mère, sur la lune, n'arrivait pas à s'y faire. Sous le dôme d'atmosphère de la cité pirate, des fleurs, des arbres, et même des animaux s'ébattaient dans les rues à l'architecture étrange. Par les baies vitrées qui tapissaient le couloir qu'ils arpentaient il pouvait apercevoir les maisons longilignes, bâties comme des séries de tonneaux modernes entassés les uns sur les autres. La ville s'étendait plus en profondeur qu'en hauteur, comme un iceberg de métal, ou du moins était-ce que lui avait expliqué hide lorsqu'il avait commencé à se moquer de la taille de la base. A la réflexion, c'était très bien vu : qui penserait à se méfier d'une petite ville lunaire ? Les habitants de la ville étant uniquement pirates ou enfants de pirates, chacun savait comment réagir si jamais un étranger débarquait. Il ne pouvait qu'admirer l'ingéniosité de celui qui avait préféré la discrétion à la dissuasion.
- C'est encore loin, chez ce médecin ?
- Non, soupira l'humanoïde lassé de cette question, mais si tu es si pressé tu peux toujours partir devant ! Une fois que tu seras bien perdu reviens me voir, et on en reparlera.
Le tueur avait depuis longtemps renoncé à répliquer. De toutes manières l'autre lisait dans ses pensées, ça ne servait donc à rien de vouloir faire le malin devant « mister vannes universe ». Il s'étira le dos, luttant contre l'engourdissement qui commençait à reprendre le pas. Soit la puissance du halo s'était intensifiée, soit la drogue n'avait plus d'effet. C'était un risque à prendre à force d'en consommer, mais un risque tellement minime en considérant ce qui aurait pu lui arriver ! Il s'estimait très chanceux.
- Tu as mal ?
Le rouquin haussa un sourcil, surpris qu'on lui porte soudain un intérêt autre que celui porté à un boulet.
- Non, ça va.
- Quand tu commenceras à avoir mal, ça voudra dire que les effets de la Lévitoïne seront en train de se dissiper.
Un frisson désagréable se logea entre ses omoplates. Dans son cerveau un signal d'alarme s'était déclenché, envahissant ses oreilles de son bourdonnement et son champ visuel de rouge. Le médecin qui semblait habiter à des années-lumières de la station spatiale avait tous les intérêts du monde à pouvoir faire quelque chose. Quoi ? Il s'en foutait, mais quelque chose.
- C'est bon, cesse de flipper, ça aurait pris un moment avant que tu ne crèves de toutes façons, lui signala hide avec la voix lassée d'un père qui regarde pleurer son fils, en plus on y est.
Il indiqua de son doigt d'une pâleur inhumaine -pour cause il n'était pas humain- une porte à leur doite, semblable à toutes les portes qu'ils avaient croisé jusque là, excepté l'écriteau « laboratoire » en lettres luminescentes qui envahissait l'espace entre l'encadrure et le plafond. Laboratoire... Il pensa immédiatement à une série de produits chimiques aux effets mortels, aux vapeurs de l'éther, au sifflement d'une réaction avant son explosion, à un couple de souris terrifiées se parquant dans un coin de leur cage en attente d'une piqure qui empoisonnera leur sang. Une souris à tête de Die... Quoi de plus comique ? Quoi de plus glauque surtout ? Il se passa une main autour du cou, dans un geste purement réflexe. Il ne sentait déjà plus le contact de ses doigts métallisés sur sa peau.
L'humanoïde tapa un code au nombre de chiffres et de lettres faramineux, provoquant l'ouverture de la puissante porte blindée. D'un signe de main, il lui ordonna de passer devant lui. Le tueur s'immobilisa : il sentait le piège à plein nez. Le fameux docteur allait l'étouffer avec du chloroforme à peine il aurait mis le nez dans la salle. Son corps aux veines de mercure allait s'écrouler sur le sol glacé dans un bruit de cloche. Ils n'auraient plus qu'à traîner son corps dans une des grandes cages qui entourait la pièce, le transformant en cobaye humain...
- T'inquiète que si on avait voulu un cobaye humain on n'aurait pas choisi un tueur à gage, sourit le chewing-gum en le poussant d'une main étonnement puissante à l'intérieur de la pièce.
Instinctivement, il ferma les yeux, certain d'avoir atterri dans le labyrinthe aux milles démons ou un truc du genre, façon amphithéâtre des enfers. Une main lui tapota la joue en appelant son nom. Depuis quand le diable avait une voix aussi peu puissante ? Et depuis quand écoutait-il de l'électro ? Il ouvrit lentement un oeil, à la limite de mettre ses mains devant ses yeux, comme devant un film d'horreur.
Il lui sembla qu'on crevait la bulle délirante dans laquelle il s'était enfermé. L'homme qu'il s'obstinait à appeler le diable était un pirate comme les autres, constata-t-il en le regardant enfin en face, de ses yeux hallucinés. Une grande blouse blanche flottant par-dessus une paire de chaussure aux semelles compensées relativement impressionnantes, des cheveux bruns qui tombaient en mèches disparates sur deux yeux bleus clairs...
- Die, je te présente Közi, maître des lieux et médecin-chef de la station.
- Salut.
- Euh... salut, balbutia le roux en se sentant ridicule.
Le laboratoire en lui-même n'avait rien de terrifiant. Un scanner, un bloc opératoire, un mur recouvert de cellules de soin et un autre de tiroirs. A la limite il y avait bien un établi dans une cabine de verre et une hotte à aspiration, preuve qu'en plus d'être biologiste Közi devait être chimiste, mais pas de cobayes, ni de cages de quoique ce soit du genre.- Tu t'attendais à quoi ? A une salle de torture moyen-âgeuse ? Se moqua le brun en allumant le scanner.
- Il se croyait déjà arrivé dans l'antichambre des enfers, cafta hide en s'approchant de la chaîne hi-fi incrustée dans le mur pour en baisser le son.
Le tueur lui lança un regard agressif, furieux que son intimité soit ainsi exposée par un extraterrestre à la chevelure improbable. Les deux pirates rirent à gorge déployée, et il eut une envie violente de les étrangler. Etrangler... une étincelle de rage contre le gouvernement et son aryhnium à la con explosa au fond de son cerveau troublé. OK, l'idée était louable à la base, mais pour les gens qui exerçaient un métier comme le sien, c'était une véritable plaie.
Ses phalanges craquèrent lorsqu'il serra les poings à s'en exploser les os.

Toshiya ouvrit les yeux, dans une imitation parfaite d'un mort revenant à la vie. Son coeur battait contre ses côtes comme le linge dans le tambour d'une vieille machin à laver. Il ne savait pas où il était, ce qui était arrivé depuis son évanouissement, ni ce que signifiait cette douleur fulgurante qui lui fendait la cage thoracique... Les lignes mouvantes du plafond lui évoquaient quelque chose de connu, mais il aurait été incapable de dire quoi. Il avait tellement voyagé, vu tellement d'endroit... Peut-être était-il en prison ? Ça lui semblait plausible. Qu'aurait-il pu lui arriver d'autre ?
Le bruit pneumatique d'une porte qu'on ouvre le fit tourner la tête. Il distinguait mal ce qui l'entourait mais la silhouette qui s'approchait de lui n'était pas celle d'un policier ou d'un infirmier. Aucun d'entre eux n'avait une tignasse pareille sur le sommet du crâne. Surtout d'une couleur aussi... spéciale. Mais comment diable avait-il bien pu aterrir dans la base pirate de la lune ?!
- Közi ! Il est réveillé !
L'éclat d'une voix maquillée par le vacarme de rythmes d'électro répondit. Mais de là à comprendre ce qu'il avait dit... ça n'avait sans doute aucune espèce d'importance. Il cligna plusieurs fois des yeux pour améliorer sa vision, émergeant doucement des brumes du coma. Non, de l'anésthésie. Ce qu'il ressentait était typique d'une anésthésie totale. Il ne pensait pas avoir subit de tels dommages pour que ça nécessite une opération. Sans doute avait-il effleuré la mort pendant son sommeil. L'idée lui arracha un demi-sourire sans qu'il ne sache pourquoi.
- Comment tu te sens ?
Comment ? Bien, bien ! Comme lorsqu'on vient de prendre un éclat d'obus dans le ventre. Bien comme « j'ai perdu l'usage de ma voix et de la moitié de mes sens. Qu'est-ce qui a bien pu m'arriver putain de merde ?! ». Il lançait cet appel mental, parfaitement conscient que l'extraterrestre l'entendait. Il avait toujours considéré comme une aubaine le fait de ne pas avoir besoin de parler lorsqu'il se trouvait avec lui, économisant sa salive, ses cordes vocales et son énergie. C'était sans doute la base de la grande complicié qui les unissait, le fait qu'il refusait de lui voiler ses pensées. Pourtant il en aurait été parfaitement capable s'il l'avait souhaité.
- Je le sais.
Il sourit à son compagnon, qui s'était assis sur le bord du cocon ouvert, les jambes ne touchant plus le sol.
- Je t'expliquerai bien ce qu'il t'es arrivé, mais ton copain le rouquin s'est pas encore réveillé et je n'ai pas les compétences nécessaires en médecine pour comprendre pourquoi tu as une plaque en métal au milieu de la poitrine.
Il bugga. Dans ce qui venait de lui être dit, il y avait deux données qu'il n'assimilait pas. La première : le seul rouquin qu'il ai vu avant de perdre connaissance était un tueur à gage qui ne souhaitait visiblement rien de moins que sa tête. La seconde : une plaque en métal au milieu de SA poitrine. Pourquoi ? Pourquoi Közi avait-il ressenti le besoin d'altérer son corps magifique ?! Avec la technologie dont disposait ce connard de médecin, il y aurait sûrement eu une autre manière de refermer une plaie qu'avec une plaque métallique ?!
Il leva une main tremblante devant son visage, contemplant ses doigts comme s'il s'attendait à les voir se fripper, se ratatiner. Mais rien ne se passait. Qu'une légère brillance qu'il ne se connaissait pas et qui semblait pulser au rythme des battements de son coeur. Il entendit à peine hide se lever et courir en dehors de la pièce en criant à Közi de bloquer le cocon de Die. Il songea vaguement que ce devait être le nom de tueur de l'homme qui l'avait amené ici, mais à vrai dire ce n'était pas le plus important pour lui. Il se palpa le torse, glissant ses doigts sur sa peau nue. Lentement. Plus lentement que ne l'aurait fait un amant. Plus doucement. Une goutte de sueur perla à ses tempes : il avait peur de ce qu'il allait découvrir. Un clavier de contrôle, comme sur un mécha ? Une plaque comme celle qu'on mettait aux trépanés ? Quelque chose d'autre, peut-être, mais quoi ?
- Mon Dieu, murmura-t-il en retrouvant l'usage de sa voix, mon Dieu qu'est-ce que c'est que ça ?
Il toqua contre la surface lisse et froide qui empiétait sur sa peau. Ce n'était pas très grand et la forme épousait parfaitement celle de son corps, comme un moulage. Ce n'était sûrement pas une trépanation qu'on lui avait fait.

Közi jeta un oeil au corps allongé dans le cocon. Un corps maigre aux os pointus. Une vraie alumette. Il lui semblait difficilement concevable qu'un type ai pu tenter de tuer quelqu'un pour lui sauver la vie quelques minutes après. Qu'est-ce qui avait bien pu passer par la tête d'un tueur à gage levitoïnomane dont le scellé avait été gommé par un morceau de métal en fusion ? Il soupira, détournant les yeux de Die. Qu'est-ce que Yoshiki comptait faire ? Après tout il était actuellement innofensif et était le seul à savoir ce qu'il s'était passé.
Un cri de fureur le fit sursauter et il se souvint que Toshiya était réveillé. Un sourire sombre lui étira le visage. Il avait dû remarquer ce qui avait été fait à son corps. Une plaque de métal, quoi de pire pour un allumeur qui aimait avoir quelqu'un sous lui à chacune de ses escales ? Il était bien placé pour le savoir. Il chassa ces souvenirs encombrant, s'attardant plutôt à trouver une manière claire de lui expliquer ce qu'il lui avait fait. Ce n'était que la quinzième fois qu'il envisageait une formulation différente. Après tout, il y en aurait bien une de compréhensible pour un tueur à gage qui avait des bases solides en biologie. Il avait d'ailleurs des bases solides dans à peu près toutes les disciplines, c'était réellement impressionant.
Il se força à bouger, traversant la pièce pour atteindre l'annexe, l'endroit où il rangeait tous ceux qu'il venait d'opérer. « Ranger » était d'ailleur le mot le plus adapté à ce qu'il en faisait, il avait toujours eu un certain plaisir à savoir les cellules de soin pleines, sans doute son côté collectionneur. Il pénétra dans la pièce et identifia immédiatement la cellule de son ami. Comme tout bon cocon qui se respecte, il s'était ouvert une fois le blessé soigné et reposé. Toshiya s'était à moitié levé, pointant un doigt accusateur sur le médecin.
- Qu'est-ce que tu as foutu avec mon corps, scientifique foireux ?!?!
- Je t'ai sauvé la vie, crétin.
- Ah ouais ? Et depuis quand on sauve la vie des gens en leur collant des plaques de métal bizarres sur le torse ?!
Közi se massa les tempes, fatigué d'avance de la discussion qu'ils s'apprêtaient à avoir. Le tueur était d'une humeur massacrante, ça n'allait pas être facile. Il appuya sur une touche du pavé de commande de la cellule de soin, provoquant l'apparition d'un siège sous son postérieur. Prenant appuie sur les accoudoirs, il se pencha sur le brun furieux, ses yeux quasi-transparents fixés sur son visage crispé.
- Tu te rappelles de quelle manière tu as été blessé ?
Toshiya s'assit convenablement, le dos appuyé contre la vitre. Il semblait s'être à peu près maîtrisé, mais une colère sourde courrait toujours dans ses muscles tendus. Il marmonna entre ses dents serrées :
- Un putain d'astronef qui a défoncé l'astroport dans lequel j'étais.
Le médecin hocha la tête. Plusieurs suppositions commençaient à germer dans son esprit. Certains points de ce qu'il allait raconter étaient encore flous, mais il avait le choix entre balbutier des salades ou refuser de parler et se faire défoncer la tête. Il optait lâchement pour la première solution.
- L'astronef devait contenir de l'aryhnium radioactif, même si je pense que c'est impossible...
Le brun ouvrit deux yeux incrédules, un rictus d'incompréhension déformantses traits. Im semblait près à 'sétrangler de surprise.
- Pardon !? De l'aryhnium radioactif ? Je peux savoir ce que ça viens foutre là ?
- C'est un composé extrèmement dangereux s'il rentre en contact avec quelqu'un possédant de l'aryhnium dans son organisme.
Le regard ahuri que lui lança l'irradié l'incita à se taire pour le laisser assimiler ce qu'il venait de dire. Les basses du morceau d'électro qui résonnait dans le laboratoire faisait anormalement vibrer ses muscles. Il jeta un coup d'oeil à ses mains toujours gantées et constata qu'il tremblait de peur. Craignait-il la colère du tueur à gage ou une quelconque contamination ? Il n'aurait sû le dire.
- Donc, je suis gravement irradié et je vais crever ? Demanda Toshiya d'une voix froidement terrifiée.
- Non? Parce que je t'ai installé une plaque sur la poitrine qui canalyse l'aryhnium irradié.
- Qui canalyse... ?
- Oui, enfin... c'est un peu plus compliqué que ça, avoua-t-il en coinçant ses mains entre ses cuisses pour les empêcher de trembler.
- Et bien explique.
Il soupira profondément. Il avait honte de s'avouer que lui-même ne comprenait pas très bien ce qu'il avait fait. Il savait que c'était de cette manière qu'il fallait réagir pour avoir déjà eu affaire à deux cas semblables, mais en dehors de ça...
- Tu sais que l'aryhnium est un parasite du cerveau qui contrôle certaines fonctions motrices pour t'empêcher de tuer d'autres personnes possédées par ce même parasite ?
Il acquiesça, affichant la grimace typique de celui qui visualise un monstre accroché à son cerveau, ses griffes plantées dans sa matière grise.
- Lorsque tu le soumets à certaines radiations spécifiques -ne me demande pas lesquelles, je suis chimiste pas physicien- l'aryhnium secrète un liquide dans ton sang qui à les effets contraires de celui de l'aryhnium non irradié. Il déclenche une sorte de folie meurtrière dont le point de non-retour est la mise en marche d'un processus d'auto-destruction.
- En gros ce truc va me transformer en berserker puis en kamikaze ?
- Ouais, si tu veux.
La lumière qui brillait dans les pupilles de tueur s'éteignit. Il pencha la tête sur le côté comme s'il n'avait plus la force de la tenir droite.
- Joyeux, ma foi...
Közi hocha la tête, soulagé qu'il n'y ai pas eu de clash. Il se laissa aller sur le dossier du siège, les mains pendantes.
- Alors qu'est-ce que tu m'as fait ?
- Je t'ai mis une plaque qui purge ton sang du venin, en grande partie toujours. Elle est faite de la même matière que les scellés, pour le reste je n'en sais rien, je ne sais pas comment ça marche.
- Donc, j'ai une putain de plaque métallique sur la poitrine, mais je ne risque plus rien, c'est ça ?
- Pas tout à fait, lâcha le médecin en se recoiffant nerveusement, tirant sur ses mèches brunes comme s'il souhaitait les arracher, les yeux toujours fixés résolument sur le plafond, de temps en temps il faut que tu décharges la plaque.
- Nickel, et je fais comment ?
- Lorsque la plaque sera gorgée de venin, tu le sauras. Tu commenceras à dégager un halo lumineux et tu verras courir le poison dans tes veines. A ce moment là, prend un Gunblast sans réservoir et envoie des décharges jusqu'à ce que tu n'en puisse plus.
Le tueur à gage éclata d'un rire incrédule, ses traits crispés dans un mélange d'amusement cruel et de folie. Les tremblements envahirent à nouveau le corps du docteur. Il s'assura rapidement que rien de dangereux ne traînait dans les parages qui aurait pu servir d'arme à l'irradié, et que lui-même avait bien un pistolet chargé de calmant dans sa poche. En temps normal déjà il arrivait que Toshiya soit pris de sérieuses envies de meurtres, mais contaminé par l'aryhnium négatif, il ne savait pas ce qui pouvait arriver.
- Et j'imagine que ce seront des décharges à aryhnium radioactif, cria-t-il d'une voix suraiguëe, les yeux sortant presque de la tête, et que si jamais j'ai le malheur de toucher une créature possédée par l'aryhnium je créerai un nouveau tueur en série qui finira par se faire exploser la tête d'un coup de flingue ?! C'est super ce truc ! Vachement pratique ! Et qu'est-ce qui te dit que je me baladerai toujours avec un Gunblast déchargé sur moi ?!
- Le fait que tu n'auras pas le choix, répliqua Közi, les doigts serrés sur la détente de son arme médicinale, si tu veux j'aurai pu te laisser crever ou t'achever directement ? Tu aurai préféré ?
Son vis-à-vis se calma, la respiration haletante, les dents serrées. Il poussa un long gémissement, la tête renversée en arrière, les traits déformés. Quelle pitié ! On aurait dit un animal blessé, un prédateur à qui on aurait coupé les griffes pour lui affiner les crocs. Il eu une bref vision d'un loup-garou à forme humaine. C'était ce qu'il avait fait de son ami. Une once de culpabilité le rongeait. Pourtant il avait bien conscience d'avoir fait pour le mieux.
- Tochi... Tochi je n'avais pas le choix, dit-il doucement.
- Je sais, murmura l'autre.
Le silence s'installa entre eux. La musique s'était éteinte et seuls le vrombissement des cellules de soin en action résonnait encore dans la pièce. Közi se leva, marmonnant qu'il allait chercher Yoshiki. Toshiya hocha piteusement la tête, les ongles enfoncés dans son visage. Ce visage qu'il refusait d'abîmer et qu'il considérait comme sacré. Du sang perlait déjà entre les joues et la pulpe. Un sentiment de dégoût envahi le médecin, tandis qu'il détournait obstinément les yeux. Il refusait de regarder en face la misère de l'homme qu'il avait toujours considéré avec le plus immense respect qu'il soit.
La porte s'abattit avec un claquement sourd, comme l'aurait fait celle du cachot d'un condamné.

A suivre...

Un chapitre fort court mais nécessaire. Il est très important étant donné que c'est maintenant que commence véritablement l'histoire. Vous savez quoi ? J'ai encore de l'inspiration... et j'ai tellement mal au cou et au dos que je sens que je vais rester devant le PC. Au moins j'ai pas besoin de bouger la nuque et je suis bien assise, j'arrive presque à respirer à fond --... Je vous jure...
Aya, toujours immobilisée
(08/11/07 ; 13:25)