Disclamer : ces persos ne sont pas à moi

Disclamer : ces persos ne sont pas à moi.

Note : désolée pour l'attente, j'ai été overbookée ces derniers temps. Ce chapitre est peut-être un peu différent des autres, du moins je n'ai pas eu le même ressenti en l'écrivant, mais j'espère quand même qu'il vous plaira.

Le prochain chapitre devrait voir revenir Hakkai, à moins que je ne décide de torturer un peu plus Doku lol

Bonne lecture !

Soirée

….

19h36 :

Pour la deuxième fois de la soirée, Gojyo écarquilla les yeux et resta bouche ouverte, cherchant désespérément des mots qui de toute façon ne seraient jamais suffisamment précis pour exprimer ce qu'il voulait dire.

Et cela fit sourire son aîné, satisfait d'avoir pu faire taire son frère au moins une fois de plus dans sa vie.

- Tu… Vous… Mais… Attends, c'est pas… possible !!

Les mots sortaient un peu dans le désordre, suivant les pensées toutes aussi confuses de Gojyo. Savoir que son frère avait des tendances homosexuelles était une chose, mais qu'il avait franchi le pas avec un homme qu'il connaissait à peine et qu'il voyait pour la deuxième fois… C'était au-delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer dans sa vie ! Lui qui avait toujours vu son frère comme une sorte de saint hétérosexuel jusqu'à la mort et particulièrement accroc à toute question de morale et de principe… On venait de bouleverser sa vie entière !!

Mais bizarrement, cela ne semblait pas gêner le moins du monde le principal concerné.

Il n'éprouvait pas l'orgueil stupide de certains qui affirment avec supériorité être 'différents' des autres, ni cette satisfaction imbue d'elle-même de donner une autre image à son petit frère… Non, son sentiment dépassait tout cela…

Il était simplement… heureux d'en être arrivé à ce point-là. Il n'y avait pas d'autre mot. Il avait agi par impulsion mais à la différence d'autres personnes qui s'en seraient mordu les doigts, il vivait cela avec une parfaite sérénité.

Il était tombé amoureux d'un homme, et avait couché avec lui… Ses lèvres avaient capturé les siennes pour ne plus s'en détacher, cherchant à lui voler tout son souffle, comme pour rattraper cette année entière qu'ils avaient perdu.

Il se souvenait encore de la douceur de sa peau sous ses doigts… Son corps n'avait pas le parfum sucré des femmes, ni la beauté mais… Il était différent.

Masculin. Terriblement masculin, avec sa propre odeur, légèrement boisée. Un peu âcre. Profonde et virile. Très différente de tout ce que Dokugakuji aurait pu imaginer.

Il n'avait jamais compris l'attirance physique que pouvait ressentir deux hommes l'un envers l'autre, mais là… Quand les corps s'embrasaient et se laissaient consumer par cette douce folie enivrante, il n'était plus question de se préoccuper du sexe de son partenaire. On vivait l'instant présent, on prolongeait au maximum les sensations qui rendaient fou, et on oubliait le reste.

Leurs corps s'étaient unis avec une frénésie dont Dokugakuji ne se serait jamais cru capable. Il avait eu l'impression de découvrir ce qu'était vraiment l'amour dans les bras de cet homme. Ce qui était plutôt étrange en soi.

Pourquoi lui ? Après tout, il n'y avait pas beaucoup de raisons. A part son sourire peut-être. Et ses yeux… Beaucoup plus profond que n'importe qui d'autre.

Et puis peut-être, cette émotion qui étreignait Dokugakuji chaque fois qu'il revoyait son visage dans son esprit.

Il se revoyait l'allonger sur une des tables du bar, ses mains enlevant ses vêtements avec une dextérité nouvelle. Il le revoyait, lui, tellement beau… Ni soumis, ni dominant. Juste lui.

Parfois, Dokugakuji se demandait si son bel inconnu avait réalisé lui aussi sur le moment ce qui s'était passé… Ce qu'ils étaient en train de faire.

Probablement pas. Tout était allé si vite. Et une fois que la folie s'emparait de vous, on ne faisait plus marche arrière.

- Alors là… Et pourquoi tu as attendu tout ce temps pour m'en parler hein ? s'exclama Gojyo, légèrement vexé de n'être pas au courant.

Le sourire de Dokugakuji, légèrement rêveur jusque là, s'agrandit un peu plus et se remplit de malice.

- Je voulais garder cela pour moi tout seul… Du moins au début.

Les yeux de Gojyo se rétrécirent soudain et son regard se fit suspicieux :

- Oh mais attends… Tout ça s'est passé il y a un an, exact ? Ne me dis pas que ton coco s'est barré après l'acte quand même ?

Cette fois-ci, le sourire de Dokugakuji ne cacha pas une certaine déception et il ajouta, comme pour se justifier :

- Il ne s'est pas 'barré' Gojyo. Il est juste… parti.

- Non mais c'est quoi ce tordu hein ? Merde on ne joue pas avec les gens comme ça, c'est dégueulasse !!

- Attends, ne le juge pas trop vite. Ne parle pas sans savoir Gojyo !

FLASH-BACK :

Comme une vague, la folie s'en était allée, blessant légèrement les deux hommes sur son passage… En tout cas, Dokugakuji avait conscience de cette petite blessure qui naissait dans son cœur, alors qu'il regardait le bel inconnu se rhabiller.

Il y avait quelque chose de sordide et d'inévitable dans ses gestes. Et le pire sans doute était que Dokugakuji se sentait incapable de faire le moindre mouvement pour le retenir.

C'était comme si son corps attendait. Comme si son âme était lourde de lassitude et refusait pour l'instant d'accepter ce qui venait de se passer. Comme si Dokugakuji avait besoin de temps.

L'inconnu avait dû le sentir, ou peut-être ressentait-il lui-même la même chose.

Ils s'étaient jetés comme deux gamins dans leur désir, et en sentaient toute la douleur maintenant.

L'amour n'est pas une chose qui vous amène sur un petit nuage et ne vous en fait plus jamais descendre. Ceux qui disent cela ne connaissent pas cette sensation terrible de vouloir préserver ce petit 'moi' qu'on a mis tellement de temps à construire.

L'autre venait de tout briser, irrémédiablement. Et Dokugakuji avait besoin de temps.

Oh, il aimait cet homme, de cela il en était sûr. Peut-être était-ce même sa seule conviction en cet instant.

Mais il ne se reconnaissait plus, et c'était cela qui le bouleversait autant.

Un geste et il briserait sa vie à jamais. Mais il pouvait également choisir d'oublier, et de refuser ce bouleversement. Il pouvait choisir la solitude et ses avantages. Ses certitudes…

Une dernière fois, la folie l'aida à se décider.

Alors que l'inconnu lui adressait un petit sourire et faisait mine de se diriger vers la sortie, Dokugakuji tendit sa main et attrapa son bras, le retenant auprés de lui.

- Non.

L'inconnu soupira et se retourna. Ses yeux brillaient d'un sentiment qui fit peur à Dokugakuji. Dans son regard, il pouvait déjà lire la certitude que leur histoire ne rimait à rien, sinon à s'être abandonné une soirée à une folie passagère. Une incartade. Voilà ce qui était inscrit sur son visage tout entier.

Refusant cette évidence, il secoua vigoureusement la tête et se redressa, se mettant debout devant l'inconnu sans toutefois faire le geste de l'entourer de ses bras.

Pas encore. L'autre ne lui appartenait pas, il n'en avait pas le droit.

- Voyons Dokugakuji…

- Ne le dis pas ! Je ne veux pas entendre ça ! Pourquoi… devrait-on s'en tenir à cela ? Je… Je ne voulais pas ça, et tu le sais !

L'inconnu eut un petit sourire attendri et leva sa main pour caresser délicatement la joue de Dokugakuji. Il avait deviné ce qui l'assaillait et c'est pourquoi il demanda gentiment :

- Alors qu'est-ce que tu voulais ?

- A ton avis ? Je t'ai attendu un an entier pour une simple partie de jambe en l'air ?

Cette remarque déstabilisa momentanément l'inconnu qui retira sa main et laissa un regard confus se promener dans celui du barman.

Un an entier.

Le regard de Dokugakuji avait l'air tellement sincère que l'inconnu ne pu douter de ses attentes. Cet homme était… tellement différent de ce à quoi il s'attendait. Lui qui avait toujours eu besoin de protéger, il sentait les rôles s'inverser doucement avec ce barman étrange et attendrissant. Mais l'homme n'en était pas pour autant aussi fort qu'on pouvait le penser… Derrière son tempérament se cachait une fragilité qu'il était en train de lui exposer, là, sous ses yeux, comme un cadeau inattendu.

Dokugakuji l'aimait, quelques que soient ses craintes et ses doutes. Il aimait un homme et en était surpris lui-même. Mais ses sentiments ne pouvaient absolument pas être reniés.

Non, le problème… venait de lui, tout simplement.

Il baissa les yeux et soupira. Que pouvait-il répondre à cela ? Comment avouer ses propres faiblesses ?

- Attendre aussi longtemps… Pourquoi ?

- Parce que tu devais revenir. L'assassin revient toujours sur les lieux de son crime non ?

L'inconnu releva son regard vers Dokugakuji, notant au passage le petit sourire malicieux qui courait sur ses lèvres.

- L'assassin ?

- Ou le voleur si tu préfères…

La main du barman se leva jusqu'à son cœur et il comprit aussitôt l'allusion. Ses joues rougirent soudainement et il sourit.

Cependant, cela n'enlevait rien à sa propre gêne et Dokugakuji la capta tout doucement. Elle faisait grain de sable dans les beaux rouages qu'il imaginait, enrouant irrémédiablement ce qu'il y avait entre eux.

Il comprit que ce n'était pas le bon moment… Son inconnu n'était pas prêt, tout comme lui ne l'était pas il y avait encore quelques minutes. Et même maintenant… Il ne pouvait empêcher le doute de le tirailler, comme un poison insidieux.

Alors lentement, il le lâcha et s'écarta en soupirant, mettant ainsi une distance sensible entre eux deux.

- Je peux encore attendre.

L'inconnu ouvrit la bouche comme pour protester, mais aucun mot ne sortit et il se contenta de sourire doucement, attendri par la gentillesse de Dokugakuji.

- Merci.

- Le bar sera toujours ouvert, tu sauras où me trouver.

- Tu sais, il est possible que je ne revienne pas.

- Peut-être. Mais je ne veux pas y penser, pas maintenant.

Il se rapprocha et déposa un dernier baiser sur ses lèvres. Dokugakuji laissa leurs langues s'apprivoiser une dernière fois avant de rompre de lui-même le baiser. S'ils continuaient ainsi, ils ne pourraient jamais s'arrêter… Et il ne voudrait plus le laisser partir.

FIN DU FLASH-BACK

Gojyo eut un petit soupir un tantinet déçu. Il ne comprenait pas son frère : quand on trouvait enfin l'homme qu'on aimait, on ne le laissait pas repartir comme il avait pu le faire ! En tout cas, lui-même n'aurait jamais agi ainsi ! C'était impensable !

- Mais… Tu l'aimais ?

- Je crois qu'à ce moment-là, je n'avais pas vraiment conscience de ce que je ressentais, ni même de ce que cela signifiait exactement.

- Et maintenant ?

Le sourire de Dokugakuji s'élargit tout en se remplissant de cette aura un peu triste que son frère avait déjà remarqué chez lui.

- J'ai eu un an pour souffrir de son absence alors… Maintenant je comprends mieux.

- Vous êtes fous tous les deux !

- Gojyo…

- Non, tu ne me feras pas changer d'avis ! Il fallait rester ensemble si vous vous aimiez ! Tu aurais dû l'empêcher de partir !!

- Pour qu'il s'enfuit deux fois plus vite ? Il n'était pas prêt et moi non plus Gojyo, avec le recul je pense que nous avons choisi la meilleure solution.

- Et maintenant ? Qu'est-ce qui te dit qu'il sera prêt ? Qu'il va venir même ?

- Rien du tout. Simplement j'espère….

A suivre….