Mot de l'auteur : Me voilà de retour ! Désolé pour mon affreux retard m ( ) m, j'espère ne pas vous avoir fait attendre trop longtemps non plus ! Pour me faire pardonner j'ai écrit un chapitre assez long (à mon goût) et j'ai tout fait pour le rendre quelque peu intéressant.

J'ai changé quelque chose aussi dans le chapitre précédent, car Ocaora m'a fait remarqué que je m'étais trompée : Ron et Hermione sont aussi au courant pour les horcruxes !

Je crois que je ferais mieux de relire mon HP6. Enfin bref, si vous remarquez des erreurs, n'hésitez pas à me le dire !

Sur ce je vous laisse lire ce nouveau chapitre !

Bonne lecture ;) !


Chapitre 4 - Réapprendre à se connaître

Harry et Draco mirent pied à terre plusieurs heures après leur départ mouvementé, dans une rue qu'Harry ne connaissait que trop bien.

Lorsqu'il descendit de son balai, il chancela. Ils avaient beaucoup volé et à une allure assez prononcée. Draco ne fit aucun geste pour le retenir: son regard allait d'une maison à une autre pour s'assurer que personne ne les observait. De plus, Harry portait la cape de son père. C'était le blond lui-même qui lui avait remit quand il s'était aperçu que le gryffondor était toujours torse nu. "Pour ta blessure. Va pas me l'infecter plus qu'elle ne l'est déjà !" s'était-il justifier.

Harry frissonna et resserra un peu plus la cape autour de ses épaules. Le tissu frôla son dos et il grimaça.

-Malfoy, je peux savoir pourquoi nous sommes ici ?

-Ferme-la, Potter, et suis moi, répondit le serpentard.

Avec une autre grimace, cette fois-ci destinée à sa Némésis, Harry attrapa son balai toujours en l'air, à mi-hauteur, rejeta sa capuche en arrière et le suivit. Hedwige, qui pouvait enfin le voir, vint se poser sur son épaule. Apparemment elle non plus ne souhaitait pas être ici.

Il devait être 6 heures du matin. Seuls les lampadaires éclairaient leur chemin - une route goudronnée et très fréquentée - dans cette nuit étrange. Toutes les maisons aux alentours semblaient encore endormies. Le seul signe de vie que les deux jeunes sorciers rencontrèrent fut un chat tigré, au croisement d'une rue, assis tranquillement sur un muret. Sinon, le calme et le silence régnaient en maître ici.

Pourtant, plus ils avançaient et plus Harry se sentait menacé. Il avançait de moins en moins vite, des questions fusant dans sa tête. Il ne se sentait pas à sa place, il se sentait gêné, et des tas de souvenirs lui revenaient à l'esprit.

Quelques minutes plus tard il s'arrêta complètement. Draco, qui avait remarqué son changement d'allure puis son immobilité, finit par se retourner vers lui.

-Potter, soit tu avances, soit tu recules, mais ne fais pas les deux ! S'exclama-t-il.

Alors que le gryffondor ne répondait pas, son regard fixé sur quelque chose au loin, Draco lui demanda :

-Quoi? Qu'est-ce qu'il y a ?

-Nous... nous sommes revenu en Angleterre, chuchota presque Harry.

A ses mots il blêmit. Comme si le fait de les dire rendait les choses plus graves et plus sérieuses encore.

-Oui, nous sommes revenus en Angleterre ! C'est pour cela que je t'ai demandé de te taire et de me suivre pour que l'on puisse aller se mettre à l'abri le plus vite possible ! Dit Draco, énervé.

Mais Harry ne semblait pas l'avoir entendu. Ses yeux fixaient toujours un point au loin.

-Bon sang Potter tu vas me dire ce qui ne va pas ou je... !

-Je connais cet endroit, dit-il finalement. (Ses yeux vinrent rencontrer ceux du blond). Je le connais parce que j'ai grandis ici.

Draco ne répliqua pas, trop étonné par la révélation que venait de lui faire le brun. Comment ça il avait vécu ici ? Il avait choisis presque au hasard cette rue pour s'y cacher !

-Malfoy, tu peux m'expliquer pourquoi tu m'as ramené devant chez mon oncle et ma tante ?

Complètement abasourdit, Draco regardait Harry se diriger vers une maison derrière lui. Le point qu'il regardait tout à l'heure n'était pas si éloigné que cela après tout.

Harry s'arrêta juste devant le portail d'entrée des Dursley et observa la maison d'un regard noir.

Comme la voiture était là et que la maison n'était pas détruite, Harry supposa que ses parents étaient tous sains et saufs et qu'ils devaient dormir paisiblement. Cette pensée, il ne su pas vraiment pourquoi, le rassura un peu.

-Bon écoute Potter, dit Draco au bout d'un moment dans son dos, je n'ai vraiment pas fais exprès de choisir cette rue. Mais si tu ne veux pas voir ta famille, ne t'inquiète pas, la maison dans laquelle je t'emmène est plus loin. Alors maintenant, s'il te plait, allons-y avant qu'on ne se fassent repérer ! Je ne souhaite vraiment pas revoir un mangemort ce soir et je n'ai pas non plus envie que tu tombes malade !

Harry se retourna et le regarda, étonné. Malfoy venait-il bien de lui dire qu'il ne voulait pas qu'il tombe malade ? Et venait-il bien de lui dire 'S'il te plaît' ?

-Qui sauvera le monde après ? C'est ton job, pas le mien ! Se reprit Draco avec un ton ironique, manquant de rougir.

Non mais ça n'allait pas bien chez lui ! Quand ils étaient encore à Poudlard il ne lui aurait jamais dit ça ! Il aurait d'ailleurs préféré que le Survivant soit malade plus souvent pour qu'il puisse être un peu en paix.

Le moment de gêne passé, ils reprirent tous les deux leur marche, Draco en tête.

Toujours furieux contre lui-même, ce dernier remuait silencieusement dans sa tête des souvenirs de leur école. Depuis le premier jour de leur rencontre, où Harry avait refusé son amitié, en passant par le jour où ils s'étaient battus en duel devant toute l'école, dans la grande salle et - il avait encore quelques difficultés à se le remémorer- le jour où Maugrey Fol Oeil l'avait transformé en fouine; jusqu'à aujourd'hui, jour où ils étaient tous les deux dans le même camp, complices secrètement, et où il emmenait Potter dans 'sa' maison.

Il eut un rictus. Qui l'aurait cru ? Les deux ennemis les plus connus de Poudlard, les deux personnes qui se méprisaient le plus dans le monde des sorciers - Harry et Voldemort ? Non, pas Harry et Voldemort ! Lui et Harry, Voldemort ne comptait pas là ! Il n'avait jamais compté - étaient à présent forcés de se supporter, d'être… amis ? Enfin, en quelque sorte...complices plus tôt… et de vivre sous le même toit pendant au moins deux semaines.

Deux semaines... Draco se retourna doucement et observa le brun. Enfin, ce qu'il pouvait observer de lui, c'est-à-dire juste sa tête, le reste de son corps étant recouvert de la cape d'invisibilité. Il avait la peau pâle, aussi pâle que la sienne, ce qui n'était pas bon signe. Lui avait la peau naturellement blanche, Harry était plus bronzé. Ces yeux fixaient le sol, vides, et sa cicatrice était plus voyante que lors de ces sept dernières années. Et, il le devinait aisément à la façon dont le gryffondor abaissait la tête, semblant l'enfoncer entre ses épaules, il tremblait de froid.

Merde, si je tue le Survivant avant la fin de la guerre ça va pas le faire, pensa-t-il, se sentant un peu coupable.

Coupable ? Pourquoi devrait-il se sentir coupable ? Après tout c'était Potter qui avait attiré ce mangemort jusqu'à leur planque !

En se retournant, Draco s'aperçut qu'ils étaient arrivés.

La maison devant laquelle ils se tenaient ressemblait à toutes celles des alentours : une banale maison de lotissement. Elle était nichée entre une sorte de petit parc ou aire de jeu et une autre maison. Le portail était peint d'un bleu foncé, derrière un petit chemin de pierre les amenait à la porte d'entrée, peinte en bleu elle aussi. Les volets étaient de la même couleur. Il y avait deux fenêtres au rez-de-chaussée, et deux autres à l'étage.

La façade était blanche, propre mais pas trop, simple.

Mais Draco l'avait surtout choisit pour sa discrétion.

Après le grand manoir dans lequel ils avaient logés, qui pourrait se douter qu'ils iraient se terrer dans un si petit espace ? Car oui, effectivement, la seule chose qui différenciait la maison d'Harry et Draco -le blond eut un autre rictus à cette pensée grotesque! - des autres, était sa taille.

-Charmant, murmura Harry.

Sa remarque fut suivit d'une quinte de toux. Inquiet, Draco le regarda alors qu'il ouvrait la porte d'entrée avec sa baguette magique. Il fit signe à Harry d'entrer et, après avoir jeté un vif coup d'oeil à la rue déserte, il entra à son tour, refermant la porte à double tour derrière lui.

Il suivit le brun chancelant jusqu'au salon et le regarda s'effondrer dans un canapé... avant qu'il ne se redresse précipitamment, sa blessure le rappelant à l'ordre.

Il leur préparèrent deux thés bien chauds dans la cuisine, conjointement ouverte au salon, en gardant toujours un oeil sur le Survivant, comme s'il s'attendait à ce qu'il s'effondre à tout instant.

Mais Harry ne tomba pas dans les pommes - il se contenta juste de nettoyer sa cape d'invisibilité, tâchée par son sang, et de la plier soigneusement. Quand Draco revint, une tasse dans chaque main, il caressait pensivement Hedwige, toussant de temps à autre.

-Tiens, bois ça. J'y ai ajouté une potion fortifiante, pour ta fièvre.

-Je n'ai pas de-.

-Bois j'ai dis, le coupa Draco, lui mettant fermement la tasse dans les mains.

Il s'assit ensuite en face de lui et le fixa intensivement, sans faire le moindre mouvement, attendant qu'il se décide à boire une gorgée.

Bien trop fatigué pour engager une dispute avec Malfoy, Harry ne répliqua pas et but docilement son thé.

Il se demanda si le blond se fichait de lui et de sa vulnérabilité du moment ou si il y avait autre chose. C'était un Malfoy après tout, et même si il disait avoir changé de camp et détester profondément son père (oui, Harry pouvait bien accepter ça après tout) et Voldemort (ça aussi), Harry doutait de lui et de la sincérité de ses gestes.

Il sourit doucement. Sincérité ? Non, tout ça ce n'était que de l'intérêt. Draco cachait Harry (et lui-même) et Harry le protégeait.

C'était tout.

Quand il eut finit son thé, Harry se leva et chancela encore. Draco le suivit dans son mouvement.

-Je vais me coucher, je suis mort. On parlera plus tard, dit Harry en baillant.

Il passa sa main sur sa bouche et baillât de nouveau - il était vraiment très fatigué.

Tellement fatigué qu'il ne remarqua pas que Draco, à la place de lui répondre, avait jeté un sort sur son dos, arrêtant ainsi le mince filet de sang qui y coulait.


-QUOI ? IMBECILE !

L'Avada Kedavra fusa juste après ses mots.

L'incompétent mangemort mourut à ses pieds, les yeux révulsés.

C'était le troisième en moins de deux semaines, il devait faire attention quand même mais... non. Il devait se faire respecter et même si il devait tuer son meilleur adepte pour cela.

Des imbéciles, il était entouré d'imbéciles.

Ses yeux rouges tombèrent sur la silhouette du maître des potions. Non, pas tous des imbéciles en fin de compte. Lui n'en était pas un. Lui avait remplit son travail, en quelque sorte. La seule chose qu'il pouvait lui reprocher était d'avoir laissé filer Malfoy Junior. Snape avait beau lui dire que c'était grâce à Draco que Dumbledore était mort, il n'en croyait pas un mot. Il savait ce qu'il s'était réellement passé : le petit Malfoy avait été incapable d'accomplir sa mission et, pour une raison qu'il ignorait - à moins qu'il est voulu le protéger - Rogue l'avait fait à sa place.

Enfin, le résultat était le même. Et puis maintenant que Malfoy père était revenu, il se fichait un peu de savoir où était passé son fils. Sa mère, Narcissa, remplissait bien ses missions - cette idiote avait peur pour son fils - alors il n'avait pas à s'en plaindre. De toute façon, il le retrouverait plus tard. En attendant...

-Où est Lucius ? Toujours en bas, j'espère ?

-Oui, maître. Quand voulez-vous que l'on arrête la torture ?

-Pas maintenant, je veux qu'il comprenne son erreur.

-Mais, Maître, si on continue il...

-Il ne mourra pas. Laisse-le croupir dans sa cellule encore quelques heures et amene-le moi ensuite.

-Bien, Maître.

Voldemort se détourna de Goyle et s'adressa ensuite à Snape, coupant sa discussion avec Greyback.

-Allons, messieurs, pas de dispute. Greyback, n'as-tu pas d'innocentes personnes à mordre ? Je te signale aussi que je n'ai toujours pas vu le moindre de tes congénères, dit-il calmement.

Le loup garou grogna, s'inclina doucement devant lui puis fit demi-tour.

-Snape, mon ami, avez-vous retrouver le jeune Malfoy ?

-Non, Maître, pas encore. Mais j'y travaille, répondit l'homme aux cheveux gras en s'abaissant devant lui.

-C'est fâcheux. Et avons-nous des nouvelles de Potter ?

Le dernier mot était presque craché. Chaque mangemorts savaient que lorsqu'il prononçait le nom de son pire ennemi c'était avec une colère et un dégoût profond et que, si à ce moment là on osait lui dire quoi que ce soit, sa colère explosai et que s'était eux qui mourrait à la place du jeune homme que tous nommaient 'L'Elu'.

-Tout ce que nous savons c'est qu'il se cache, seul, et qu'il a abandonné ses amis.

-Je le sais. Mais n'y a-t-il pas un endroit en particulier où il pourrait se terrer ? Continua le Lord Noir, de plus en plus énervé.

-Non, je ne vois pas, Maître, mentit Rogue.

Bien sûr, il n'en savait rien. Mais après avoir observé Potter pendant six années consécutives il avait bien quelques idées, même si elles étaient minces et certainement fausses.

Voldemort serra sa baguette entre ses doigts tellement forts que des étincelles vertes et noires sortirent de son extrémité.

-Alors ramenez-moi un de ses amis.

-Mais mon Maître nous devons déjà...

-EXECUTION ! Hurla le puissant sorcier.

Sous sa colère les fenêtres de la pièce éclatèrent.

Tous se figèrent et l'observèrent.

Les yeux noirs de colère, Voldemort reprit plus calmement :

-Il va souffrir. Si il ne veut pas se livrer à moi, alors ce seront ses amis qui en payeront les conséquences.

Car il y avait une chose que ses suivants ignoraient : l'existence des horcruxes. Potter était en train de voler toutes ses vies. Il le savait car il le sentait. Il avait osé. Et tout ça à cause de Dumbledore.

Maudit Magicien, même mort et enfermé six pieds sous terre, il lui pourrissait toujours la vie.

Mais il devait se calmer, Potter n'avait pas détruit ses biens et il était seul, faible et sans défense maintenant que son mentor était mort.

Il avait l'avantage.


Lorsque Draco se réveilla il devait être midi. Le soleil, même s'il était caché par de gros nuages gris, était haut dans le ciel.

Il ne tardera pas à pleuvoir, pensa-t-il vaguement en descendant l'escalier, direction la cuisine.

Il se servit un thé bien fort, avec deux sucres, pris un croissant dans le panier sur le bar (il avait pensé à tout, voyons !) et alla s'asseoir sur un canapé du salon.

Il remarqua alors que le survivant était déjà levé. Sa tête reposait contre la fenêtre.

Même s'il avait les yeux ouverts, Draco aurait pu jurer qu'il dormait.

Ses yeux verts se perdaient quelque part dans la rue et il ne semblait pas l'avoir entendu pénétrer dans la pièce.

Il était debout, bras et jambes croisés. Il portait un jean, un t-shirt noir et une cape pendait sur ses épaules.

Draco ne sut pas pourquoi mais, à ce moment précis, il ressentit une sorte de pitié pour le jeune gryffondor.

Ce sentiment se changea très vite en un autre lorsque Harry fronça les sourcils et que ses yeux devinrent noirs, emplit de colère et de détermination. Là - et il avait du mal à ne pas se l'avouer- il avait peur de lui. Il n'avait plus devant lui le Saint Potter qu'il avait connu à Poudlard, aimant à filles et à ennuis, chouchou de Dumbledore, mais le Harry Potter que tout le monde voulait qu'il soit, tout en ignorant de quoi il était capable dans cet état là : l'Elu, le Survivant, Celui- qui- devait- combattre- et- vaincre.

A côté de lui, Draco Malfoy, n'était qu'un petit froussard prétentieux et orgueilleux. Il l'avait toujours détesté pour ça. Il l'avait toujours détesté de lui rappeler, inconsciemment, qu'il avait raté sa vie et qu'il n'était qu'un lâche. Un imbécile qui avait suivi les ordres de son père toute sa vie jusqu'à ce qu'il rendre compte de son erreur et qu'il fuit son destin.

-Réveiller, Malfoy ?

Draco sursauta. Harry n'avait pas bougé d'un pouce et il mit un certain temps avant de se rendre compte que c'était bien lui qui avait parlé.

-Ouais. Tu sors ?

Harry le regarda à ses mots. Il soutint son regard.

-Oui, finit-il par dire.

-Et où vas-tu ?

Cette fois-ci il ne voulut pas répondre.

-Ecoute Potter je sais qu'on avait dit que je ne m'occuperais plus de tes affaires mais j'en ai marre de ne rien faire. Je voudrais… t'aider.

-Tu le fais déjà, Malfoy. Ce n'est pas de ma faute si tu t'ennuies.

-Insinuerais-tu que j'aurais mieux fait de rejoindre Voldemort ou l'Ordre pour me battre ? Dit Draco, soudainement en colère.

Il était blessé. Il se sentait déjà inutile alors il n'avait pas besoin d'en rajouter une couche, bon sang !

-Non.

Harry fit le tour du salon et alla se servir un autre thé dans la cuisine. Draco le suivit des yeux, attendant la suite.

-Tu veux te rendre utile ? Alors trouve moi de nouveaux livres.

Le serpentard leva les yeux au ciel.

-Des livres, encore des livres et toujours des livres ! Fais gaffe Potter tu vas te transformer en Granger si ça continue.

-Va te faire voir Malfoy, lui répondit froidement Harry.

-Je viens avec toi.

Ses mots étaient sortis tout seuls de la bouche du blond. Il s'était levé dans l'intention de lui envoyer à la figure une réplique cinglante mais seuls ses mots étaient sortis. Remarque, vu la tête que faisait Potter à cet instant, il n'avait pas plus mal fait de les dire !

-Non, chuchota presque Harry.

La réaction du serpentard l'avait vraiment surpris. Il ne s'attendait absolument pas à ce qu'il lui dise cela.

Il frissonna encore en pensant à l'endroit où il voulait allé et dit plus fermement :

-Non. Tu ne viens pas avec moi.

-Pourquoi ?

-Parce qu'il ne faut pas qu'on nous voie ensemble, Malfoy !

Cette excuse était valable mais ce n'était pas la première à laquelle Harry avait pensé. Si il ne voulait pas que Malfoy vienne c'était pour une toute autre raison.

-Tu as ta cape d'invisibilité ! Et puis je te rappelle, Potter, que tu es encore malade et très faible-.

-LA FERME ! Hurla Harry.

Il ne voulait pas l'entendre. Il le savait mais il ne voulait pas l'entendre. Il n'avait pas le droit d'être faible, pas si près de la bataille finale.

Il trembla à nouveau et toussa. Mince, lui qui s'était retenu de tousser quelques minutes auparavant pour mentir plus aisément. Maintenant, il était fichu.

Il regarda Draco déposer sa tasse et son croissant entamer dans la cuisine, puis prendre sa cape sur le portemanteau à l'entrée. En un coup de baguette il fut habillé et, avant qu'Harry n'ait pu dire le moindre mot, il avait déposé sur leurs épaules la cape d'invisibilité et avait ouvert la porte d'entrée.


-Ron, Ron ! On a des nouvelles d'Harry !

Hermione courut jusqu'à la cuisine des Weasley.

Tous se levèrent de table à son entrée et se précipitèrent vers elle.

La jeune femme tenait bien serré entre ses mains un morceau de parchemin signé du nom de son meilleur ami.

Ron lui arracha presque des mains.

Alors qu'il lisait à voix haute le message du Survivant, Mc Gonagall et Maugrey Fol Œil entrèrent dans la pièce, la mine noire.


Harry n'avait plus prononcé le moindre mot après leur départ. Il s'était contenté de transplaner, tenant Draco par le bras pour qu'ils puissent atterrir au même endroit.

Si Draco n'avait eu aucune idée d'où ils allaient, il comprit très vite où ils étaient à leur arrivée.

Devant ses yeux la plaque du nom de la rue se balançait doucement au rythme du vent : Godric Hollow.

Il connaissait cette rue de nom. Il en avait tellement étendu parlé.

Harry, à ses côtés, serra son bras sans s'en rendre compte. Son visage était blême mais il s'efforçait de ne laisser passer aucune émotion.

Draco comprit alors pourquoi il ne voulait pas qu'il vienne avec lui. Ce moment, celui où il allait voir pour la première fois de sa vie l'endroit où il était né et où tout avait commencé, devait être intime.

Mais il était là, et il restait muet, trop honteux pour parler.

Harry fit quelques pas. Ses yeux visitaient le lieu, s'accrochant à chaque petits détails, même insignifiants, de la rue.

Les maisons se ressemblaient toutes ici aussi. Un petit quartier de lotissement. Mais, au contraire de Privet Drive, Harry s'y sentait bien, à l'aise, comme ci - il retint une larme à ses yeux - il était chez lui. La magie semblait avoir désertée cet endroit et pourtant une agréable sensation de plénitude emplissait son cœur à chaque pas qu'il faisait.

Draco, lui, de son côté, ne voyait que des maisons vides et abandonnées depuis peu. Elles avaient certainement dû être habitées par des sorciers : il ne voyait aucune voiture et certaines d'entre elles portaient encore les traces d'activités magiques.

Avec une progression lente, ils arrivèrent devant un petit terrain vide. L'herbe était recouverte d'anciennes ruines de maison.

Harry enjamba ce qui, il y a 17 ans, devait être la porte d'entrée, et se dirigea vers le fond du terrain. Là, par magie certainement, un pan de mur subsistait et ces quelques mots y étaient gravés en lettres dorées :

Pour Lily et James Potter,

Sorciers d'une grande sagesse et amis cher à nos cœur,

Que vos âmes puissent reposer en paix,

Que votre mort soit vengé.

Une liste de nom suivait, plus bas, ses inscriptions. Avec un triste sourire, Harry lut en premier le nom de son défunt parrain, Sirius Black, puis Remus Lupin, Anna Grint, Albus Dumbledore, MinervaMcGonagallsuivaient à celui-ciLa liste était longue. Le sourire d'Harry s'étirait à chacun de ses noms. Les noms des amis, des proches de ses parents, certainement classés par ordre d'importance. Anna Grint devait être une amie à sa mère, pensa Harry. Après tout, Sirius et Remus étaient avant tout les meilleurs amis de son père.

Il vit également le nom des parents de Neville.

Ses sourcils se froncèrent plus tard, lorsque, plus bas, il lut le nom de jeune fille de sa tante, Pétunia Evans.

Qui l'avait inscrit ici ? Etait-ce elle qui l'avait demandé ? Ou alors, peut-être que Dumbledore avait pensé que Lily aimerait avoir sur sa tombe le nom de sa sœur ? Car oui, après tout, c'était sa sœur et elle faisait partit de sa famille.

Des larmes coulèrent sur ses joues, sans qu'il ne s'en rende compte. Son cœur s'était serré à chaque lecture. Tous ses gens avaient connus ses parents. Lily et James Potter avaient été des sorciers très appréciés. Bons, gentils, loyaux, amis fidèles… mais lui, Harry, ne les avait jamais connus. Leur propre fils.

Ses yeux revinrent sur les inscriptions d'en haut. Que votre mort soit vengé.

Oui, il était leur fils et s'était à lui de les venger. Mais ce n'était pas normal, n'est-ce pas ?

D'autres larmes coulèrent sur ses joues. Ses yeux étaient rouges.

Oui, c'est normal. Je suis né pour cela, pour les venger.

Et seul. Sirius, son parrain, était mort pour le protéger. Dumbledore aussi.

Il était seul et destiné à le rester.

---&---

Derrière, Draco n'avait pas bougé. Il était resté sur le trottoir et avait observé silencieusement Harry, avancer puis s'agenouiller devant la tombe de ses parents.

Il resta là, sans un bruit, à l'attendre.

Il se sentait si mal d'avoir insisté pour l'accompagner et se jura de ne plus jamais recommencer.

Car quelque part, en lui, il comprenait la peine que le brun ressentait.

Une heure plus tard, Harry vint le rejoindre. Ses yeux et ses joues gardaient la trace de ses larmes mais son attitude avait changé.

C'était la dernière fois où il avait décidé de se laisser aller. A partir de maintenant il serait insensible et fort. Il laisserait sa colère prendre le dessus et ne se guiderait plus que par elle.

Et à partir de ce soir les choses allaient bouger : il retournerait à Poudlard.


Petit mot de l'auteur : Ta Dam ! Alors, qu'en avez-vous pensé ? Je suis assez fière de moi, j'avoue XD ! Les choses avances bien. Et elles avanceront plus vite encore dans le prochain chapitre !

Aie-je droit à un petit review, s'il vous plaît ç.ç ?

Bises à tous et merci de m'avoir lu,

Lyj'