Bonjour à tous ! Voici le chapitre de cette semaine !

Merci à ceux qui m'ont laissé des reviews : vous êtes adorables. Pour ceux qui ne le font pas : je ne demande pas des reviews à chaque chapitre, mais votre avis compte vraiment pour moi, que vous aimiez ou non mon histoire. Ce serait vraiment cool que vous trouviez un moment pour m'écrire un petit mot, par MP, en review, ou par hibou ;)

Ce chapitre est le dernier chapitre "d'introduction" : il faut bien mettre les choses en place. A partir du chapitre 4, et surtout du 5, les choses commencent vraiment.

J'espère que ça va vous plaire, bonne lecture !


Chapitre 3 : Der Teil und das Ganze (Werner Heisenberg)

- Hermione, j'étais censé venir pour voir Ginny.

La rouquine, qui s'agrippait au bras d'Harry, hocha frénétiquement la tête. Ses yeux lançaient des éclairs, mais Hermione n'en avait cure.

- J'en ai pour cinq minutes, je dois juste te demander quelque chose, insista-t-elle.

- Alors, tu peux me le demander en présence de Ginny, non ?

Les deux jeunes filles lui jetèrent des regards suppliants.

Harry détestait les filles. Surtout quand il s'agissait de sa meilleure amie et de sa petite amie. Vraiment. Surtout quand elles n'étaient pas d'accord l'une avec l'autre. Surtout quand elles le fixaient avec ces yeux mi-assassins, mi-désespérés. Que pouvait-il faire contre cela ? Personne ne lui avait jamais appris, et personne ne pouvait jamais venir à son...

- Si tu ne restais pas planté là, on aurait déjà fini. Viens maintenant.

Las de lutter, Harry suivit sa meilleure amie, non sans avoir jeté un regard désolé à Ginny qu'il laissait en plan. Et le coup d'œil que lui rendit la rouquine n'était pas vraiment de bon augure pour la suite de l'après-midi...

Ils s'installèrent sur un banc qu'Hermione sécha d'un coup de baguette.

- J'ai besoin de ton aide, attaqua-t-elle directement. L'enlèvement des scientifiques moldus...

- Tu ne vas pas t'y remettre, coupa-t-il. Il est hautement improbable qu'un mage noir soit derrière tout ça.

- Ce n'est pas de cela dont je voulais te parler. Je sais que je ne vais pas te convaincre. Mais si tu me laissais finir...

- Pardon, fit Harry, l'air penaud.

Il valait mieux qu'il ne se lance pas dans une discussion interminable : il devait régler vite le premier de ses problèmes pour ne pas encore empirer le second. D'ailleurs, il n'osait même pas penser au sermon que lui ferait Ginny quand il la retrouverait.

- Ils s'en prennent à des gens normaux, ils ont enlevé tout le personnel d'un hôpital et l'intégralité des élèves de l'école Polytechnique. C'est en France, ajouta Hermione en voyant la mine de son ami. Donc je m'inquiète pour mes parents.

Harry hocha la tête.

- Personne ne peut les relier à toi, peut-être que ce serait bien de les laisser où ils sont... hasarda-t-il.

- Que ce soit un mage noir ou non, je n'ai pas peur qu'on les enlève à cause de moi. J'ai peur qu'on les enlève à cause de leur savoir. Du coup... J'aimerais que tu ailles voir Kingsley, pour lui demander si on peut les mettre en sécurité dans la communauté sorcière jusqu'à ce qu'on en sache plus.

- Pourquoi n'y vas-tu pas toi-même ? Kingsley t'aime bien, et...

- J'ai cours, les ASPICS à préparer, et il y a un congrès médical mondial qui se déroule en Australie le mois prochain. Je suis sûre que mes parents y iront, il faut agir avant. Je sais que je te demande beaucoup, mais il faudrait aussi que tu ailles les chercher...

Harry resta coi. Mais il ne le resta pas longtemps, et explosa :

- Mais tu es folle ou quoi ? Je vais me pointer chez des gens à qui tu es la seule à pouvoir rendre la mémoire, et leur dire « Salut, votre fille est une sorcière, elle à l'origine de votre amnésie, il faut que je vous emmène avec moi pour qu'elle puisse vous rendre vos souvenirs, mais ne soyez pas trop pressés, elle a des ASPICS à préparer ».

Hermione lui jeta un regard peiné.

- Mais...

- Mais rien du tout, coupa son meilleur ami. Je veux bien aller voir Kingsley pour toi, mais seulement si tu lui écris avant. Et pour ce qui est de l'opération sauvetage, je t'accompagne si tu veux, mais je n'y vais pas seul. Demande à McGonagall l'autorisation de partir un week-end, elle t'adore, elle te la donnera sans problème.

Hermione, mouchée, baissa la tête. Elle se reprit quelques secondes plus tard.

- Tu as raison. Je vais organiser tout cela. C'est gentil d'accepter de m'accompagner. Je te tiens au courant par hibou.

Harry hocha la tête, et s'en fut sans plus de cérémonie rejoindre sa petite amie. Il s'en était tiré sans encombres, mais il craignait que la discussion à venir ne tourne pas autant à son avantage que la précédente...

Dès qu'il arriva sur la placette où il avait laissé Ginny, il comprit qu'il avait eu raison de s'inquiéter.

- Qu'est-ce qu'elle voulait ? explosa la jeune fille. Elle est insupportable en ce moment. Entre son histoire de moldus et son obsession pour les ASPICS, elle devient absolument insupportable. Elle t'a agacé ? Je suis sûre qu'elle t'a agacé. C'était idiot je parie ? Tu es MON petit ami, et elle te kidnappe pendant des heures. Tu es à moi, et il n'y avait que Voldemort qui pouvait me priver de toi. J'ai accepté d'être séparée de toi pendant presque un an, et maintenant que c'est terminé, je ne compte pas laisser des fous furieux...

- Ginny, calme-toi, coupa-t-il. Déjà, je ne suis parti qu'un petit quart d'heure. En plus, tu poses des questions et tu ne me laisses pas y répondre. Et puis, si on en parlait devant une bièraubeurre ?

Harry posa un baiser rapide sur les lèvres de la rouquine, et l'entraina aux Trois Balais. Il n'était pas vraiment mécontent d'être là, même si tout ne s'était pas passé comme il l'avait prévu. Il avait réussi à désamorcer la « bombe Hermione », et se retrouvait enfin avec Ginny. En passant l'entrée du pub, il lui prit la main et la serra fort. Elle lui répondit par un sourire éblouissant. Oui, il était plutôt content d'être venu.

- Elle voulait que je l'aide à ramener ses parents en Angleterre, expliqua-t-il lorsqu'ils eurent trouvé une table.

- Elle ne pouvait pas te l'expliquer par hibou ?

- C'était... assez compliqué, mais parlons d'autre chose. Comment se passe ta rentrée ? Les nouveaux profs ? L'équipe de Quidditch ?

Ginny lui jeta un regard reconnaissant et commença à décrire en détail tous les tics de Fawley, le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, et directeur de Gryffondor. Elle passa ensuite à un portrait succinct de Jones, avant de demander longuement l'avis de son petit ami sur la stratégie à adopter pour l'équipe de Quidditch. Les sélections avaient eu lieu, mais les membres n'étaient malheureusement pas au meilleur de leurs capacités.

- En fait, si Hermione, Neville et Luna n'étaient pas aussi obsédés par les ASPICS, et que tu ne m'avais pas lâchement abandonnée, tout se passerait bien. Ils ont monté un club de révisions, et ne font que ça, ne parlent que de ça. Même quand je travaille, je les évite, tellement ils me stressent. Et dès que je ne travaille pas, j'ai l'impression qu'Hermione ou l'un de ses sbires est là pour me jeter des regards assassins. Sans les membres de l'équipe de Quidditch, je me sentirais franchement seule.

Compatissant, Harry leur commanda de nouvelles bièraubeurres.

Il raconta ensuite sa rentrée et ses cours.

Pour être honnête, il y avait beaucoup de choses à raconter. Il avait assez de mal à se faire des amis, tant les gens qu'il rencontrait le traitait avec déférence et respect, sans oser la moindre familiarité. Du côté des cours, ses performances étaient inégales : il avait su d'avance que les Potions seraient une gageure. Ce qu'il n'avait pas deviné en revanche, c'est que les cours de Défense n'étaient pas si aisés qu'il l'avait cru. Plus étonnant encore, il avait plus de mal en Métamorphose qu'en Potions. Les cours, visant à leur enseigner l'art du camouflage et de la métamorphose humaine, étaient d'un niveau très avancé. Harry en venait presque à regretter de n'être pas retourné à Poudlard : l'année d'ASPICS semblaient recéler des connaissances qui lui manquaient cruellement à l'école d'Aurors. En revanche, les charmes étaient d'une facilité presque enfantine : Hermione lui avait appris tellement de charmes de protection l'année précédente qu'il maîtrisait la quasi-totalité des sorts abordés par son professeur.

Mais il ne tarda pas à interrompre son récit devant le regard espiègle de Ginny.

- Tu as des vacances à Noël ?

/

- J'ai bien reçu la lettre d'Hermione, mais ça va être compliqué. Harry, tu comprends, j'aimerais vraiment vous aider, mais je ne suis pas seul. Comment pourrais-je justifier la protection de deux moldus quasiment inconnus auprès du reste du Ministère ?

Harry soupira. Il savait qu'Hermione ne le lui pardonnerait pas s'il n'essayait d'insister au moins un peu. Après tout, c'est pour cela qu'elle l'avait envoyé. S'il avait seulement fallu écouter le refus du ministre, elle aurait pu simplement lire son courrier de réponse.

- Ne pouvez-vous pas faire passer ce privilège pour quelque chose que la société magique doit bien à une héroïne de guerre ? Comprenez-la, des moldus qui exercent le même type de métier que ses parents se font enlever par centaines. Je pense que les sorciers peuvent bien faire quelque chose pour les parents de celle qui leur a offert la liberté...

- Le véritable problème, c'est qu'elle a usé sur eux d'un sort de mémoire totalement interdit, et je ne peux vraiment pas exposer cela au Ministère sans faire courir de risques à Hermione.

- Et bien ne leur dites pas, répliqua Harry. Ce n'est pas un mensonge, c'est une omission. Si vous nous donnez votre accord, Hermione et moi iront le week-end prochain en Australie. Elle leur rendra leurs souvenirs, et nous reviendront vers vous. Rien ne montrera à ceux qui mettront leur sécurité en place que, quelques jours auparavant, ils ignoraient qu'ils étaient Mr et Mrs Granger, parents de la sorcière la plus brillante de sa génération.

Kingsley sembla hésiter quelques instants puis, au grand soulagement d'Harry qui n'aurait pas trouvé la force d'argumenter encore, finit par céder :

- Admettons, nous lui devons bien cela, fi-il en griffonnant quelque chose sur un parchemin officiel. Tu peux aller au sixième étage, au Département des Transports Magiques avec cette autorisation, et réserver un portoloin pour ce week-end.

Harry remercia chaleureusement l'ancien Auror et se dirigea vers la sortie, l'autorisation serrée entre ses doigts.

- Harry, attends, le rappela Kingsley.

Le jeune homme se retourna.

- Hermione a subtilement laissé entendre qu'elle craignait que des sorciers malintentionnés soient derrière ces enlèvements. Qu'en penses-tu ?

- Je pense que le stress des ASPICS et les conséquences de la guerre ont rendu Hermione légèrement paranoïaque. Cependant, cela serait peut-être plus sûr pour tout le monde de demander à un ou deux sorciers qualifiés pour cela d'enquêter un peu sur la question. On n'est jamais trop prudent.

Kingsley hocha la tête.

- Et l'école d'Auror ? demanda-t-il en passant du coq à l'âne.

Alors, Harry se lança dans un énième récit de sa rentrée. Entre Ginny, Mrs Weasley, Ron, Hermione et tous ses autres amis curieux, il n'était pas aidé. Il aurait dû organiser une conférence. Heureusement qu'il avait pensé à dupliquer les lettres qu'il avait envoyées, c'était au moins cela de gagné...

/

- Je ne suis plus si sûre de vouloir venir... Tu es sûr que tu ne peux pas le faire seul ?

Harry était sur le point d'exploser. Il avait cru un jour que vaincre Voldemort suffirait à lui offrir enfin une petite vie tranquille. Il mesurait maintenant à quel point il s'était trompé : cela faisait plusieurs mois que son ennemi mortel était dans la tombe, et pourtant, son existence ne s'était pas calmée pour autant. Quand il en avait eu besoin, il avait été heureux de se trouver des amis aussi accros aux problèmes que lui : ils n'avaient pas rechigné à se jeter tête baissée dans des dangers mortels pour l'aider. Maintenant, il regrettait un peu...

- Hermione, je t'ai déjà dit qu'il était hors de question que j'aille seul dans un pays que je ne connais pas, chercher des moldus que j'ai vu au maximum cinq fois dans ma vie, qui ne me connaisse pas, ne savent pas qu'ils ont une fille et risquent sérieusement de me prendre pour un fou si je leur fais une petite démo de magie. De toute manière, tu devrais être heureuse de les retrouver.

La jeune sorcière resta coite. Mais au moins, elle cessa de se plaindre et le suivit jusqu'au Département des Transports Magiques.

Ils durent montrer patte blanche, mais leur enregistrement par une petite sorcière potelée et joviale ne dura pas plus que quelques minutes. Ils purent ensuite rejoindre le bureau des départs, où les attendaient leur portoloin.

- Vois ça comme un gage éternel de mon amitié, grogna Harry entre ses dents. Tu sais à quel point je déteste les portoloins.

Voyant qu'Hermione ne répondait pas, et que sa mine inquiète s'aggravait de minute en minute, il tenta de détendre l'atmosphère :

- Une ou deux mauvaises expériences avec ce moyen de transport, vois-tu.

Mais son sourire en coin ne la dérida pas, loin de là. Il se résigna alors à saisir le vieux chapeau d'anniversaire en carton, et sentit bientôt l'affreuse sensation que provoquait tous les voyages en portoloins : il eut l'impression qu'on le tirait par le nombril, et que son corps entier tournoyait et tremblait.

Mais il arriva sain et sauf au Ministère de la magie australien, prêt à transplaner vers l'endroit où l'auror mandé par Kingsley avait retrouvé la trace de Wendell et Monica Wilkins... Ce qui ne lui avait pas pris plus de dix minutes, étant donné que les parents d'Hermione étaient inscrits dans l'annuaire des dentistes australiens.

Ils eurent toutefois le temps de traverser le siège du gouvernement magique de l'Etat fédéral sorcier d'Australie, qui ne se trouvait pas pour bonne part en sous-sol comme celui d'Angleterre. De grandes baies vitrées s'ouvraient en revanche sur l'extérieur, et on pouvait y voir le désert australien dans toute sa splendeur. Harry songea vaguement à la quantité de sortilèges repousse moldu qu'il avait fallu mettre en place pour construire un tel bâtiment : il ne savait pas si la vue en valait réellement la peine.

Mais il n'eut pas le temps de se poser plus de questions : Hermione semblait être passée de l'appréhension à l'impatience, et traçait à toute vitesse dans les couloirs. D'ailleurs, aussitôt sortie du ministère, elle lui agrippa le bras, lui imposant un transplanage d'escorte d'autant plus désagréable qu'il ne s'était pas encore tout à fait remis de son voyage en portoloin.

Ils arrivèrent dans une banlieue pavillonnaire à l'aspect propret, cachés à l'abri d'un local à poubelle. Ils n'eurent qu'à faire quelque pas pour être en vue du cabinet de Wendell et Monica Wilkins.

Hermione étouffa un cri :

- Je n'ai pas pensé au décalage horaire ! Je pensais arriver et les intercepter lors de leur arrivée au cabinet, mais nous sommes en plein milieu de la journée ! Comment allons-nous faire pour nous glisser entre les consultations et...

- Calme-toi, coupa Harry. Tu as rendez-vous avec ta mère dans quinze minutes, et moi avec ton père au même moment.

Hermione lui sauta au cou et colla un gros baiser mouillé sur sa joue.

- Tu es parfait ! Mais nous avons eu une semaine pour organiser ça, comment as-tu...

- L'auror en charge de les retrouver et passé pour vérifier. Il a pris rendez-vous pour nous à l'aide d'un petit sortilège de confusion. Puis, il a profité d'un moment où la secrétaire tournait le dos (sous-entends, il l'a stupéfixée quelques minutes avant de modifier sa mémoire) pour téléphoner aux patients prévus initialement, et a déplacé les rendez-vous.

Hermione ouvrit la bouche si grand que son menton semblait à deux doigts de se déboiter.

- Tout ça pour moi, mais...

- Le Ministre a estimé qu'il s'agissait d'une de tes récompenses en tant qu'héroïne de guerre. Le plus dur a été de remuer ciel et terre pour trouver un auror né moldu disponible cette semaine... Mais nous avons assez parlé, il faut entrer.

Hermione se mit à trembler comme une feuille. Visiblement, la phase « impatience » était terminée. Harry la poussa sans état d'âme vers les quelques marches qui menaient au cabinet.

La salle d'attente était lumineuse et décorée avec goût. Aucun moldu n'y attendait, et la secrétaire s'était visiblement absentée.

- L'auror s'est débrouillé pour la convaincre de prendre congé aujourd'hui, souffla Harry. Comme ça, pas besoin d'être discrets. Tu sais comment fonctionne le contre-sort ?

Hermione hocha la tête mais ne répondit rien. Elle tordait ses mains dans tous les sens et se mordait frénétiquement la lèvre.

- Combien de temps ça prend ? insista Harry.

Hermione haussa les épaules.

Evidemment, voilà qui les aidait beaucoup. Harry soupira, et se résigna à attendre sans poser de question. La délivrance ne tarda pas à arriver.

- Miss Hermione Granger ? fit une voix féminine.