Auteur : Mineko-san.
Titre : Trouve moi.
Disclaimer : les personnages appartiennent à Koichi Tokita.
Rate : T
Notes : cette fiction se passe six ans après la fin du dernier manga/épisode de Gundam Wing sans tenir compte des suites (Endless Waltz & co).
Bonne lecture :)
Confusion.
« Hiroshima et Nagasaki. » Voila la première chose à laquelle pensa Heero en se réveillant. Il avait la sensation qu'une bombe nucléaire explosait dans sa tête à chaque battement de cœur. En ouvrant les yeux il se dit qu'il aurait mieux fait de se faire exploser une nouvelle fois avec son gundam… ça lui avait fait moins mal.
Il demeura un long moment immobile en tentant de clarifier son esprit mais cela n'eut pour effet qu'accentuer sa douleur. Il ressentait un besoin urgent de rationaliser, son esprit était brumeux et il ne le supportait pas.
Le japonais ferma les yeux un instant… qui se transforma en une heure entière. Il ne se sentait guère mieux mais décida fermement de se lever. Il s'assit avec précaution sur son lit et prit sa tête dans ses mains et massa ses tempes. Des images fusaient confusément dans sa tête.
La rencontre avec Réléna… Duo était venu le chercher… Le restaurant avec les quatre pilotes… La soirée… Et puis : le trou noir.
Le cerveau sérieusement ralentis il tenta d'analyser la situation : il était nu –Dieu seul savait comment il avait réussit à se déshabiller-, la chambre où il se trouvait était grande et affreusement lumineuse pour ses yeux sensibles. Comment était-il arrivé là ?
Il se leva, pour mieux observer la chambre. Ses jambes faillirent céder sous son poids mais il tînt bon. Le jeune homme avait l'impression que le plancher ondulait sous ses pieds. Il parvînt cependant jusqu'à une porte qu'il ouvrit : une salle de bain.
Ok, une chambre avec salle de bain. Il était sûrement chez Quatre.
Il soupira, pour l'instant rien ne servait de chercher plus loin. Il se glissa donc sous la douche. Le jet d'eau coulait délicieusement sur sa peau nue et il savoura la douce caresse sur son corps. Puis il tourna le robinet et frémit lorsque l'eau glacée frappa son corps. Ses muscles se tendirent sous le froid ce qui acheva de l'arracher aux brumes de Morphée. Sa tête cognait toujours mais au moins était-il parfaitement réveillé à présent.
Il trouva des serviettes propres et enfila à la hâte ses vêtements qu'il trouva sous le lit. Il manquait plusieurs boutons à sa chemise et le japonais dû la laisser ouverte. Il n'avait probablement pas fait dans la finesse hier en se dévêtant…
…
- La belle au bois dormant s'est enfin éveillée ? lança joyeusement Quatre en voyant débarquer le japonais dans la salle à manger.
Celui-ci s'assit sans un mot à la table où trois des pilotes étaient déjà assis.
Quatre lui servit un thé –Heero n'aimait pas le café- et lui tendit aussi un cachet.
- Tu te sentiras mieux avec ça.
- Hn.
Le japonais avala le cachet sous le regard moqueur de Trowa et de Wufei.
- Quelle heure est-il ? demanda Heero après avoir savouré quelques gorgées de son thé.
Lui qui avait toujours sa montre au poigné il se sentait bien nu sans elle, mais il n'avait pu la retrouver ce matin.
- Midi, répondit Trowa.
- Midi ?!
- Il faut croire que tu avais besoin de récupérer, dit avec douceur l'Arabe.
- Hn.
Pourquoi avait-il bu autant ? Un voile brumeux s'étendait sur toute la fin de la soirée mais il ne s'expliquait pas comment il avait pu à ce point perdre le contrôle…
Il brûlait d'envie d'interroger ses compagnons, tant pis pour son orgueil, il devait savoir.
- Je suppose que nous sommes chez toi Quatre ?
- Hohoho…Tu ne te souviens pas !? se moqua Wufei.
Le chinois profita avec un délice immature de ce moment : Heero –the perfect soldier- s'était mis dans un état pitoyable… Le pilote du Shenlong ne pouvait s'empêcher d'apprécier cela. C'était aujourd'hui du passé et pourtant, Wufei se souvenait des complexes qu'il avait éprouvé face à Heero. Secrètement il l'avait admiré autant qu'il s'était haï de ne pas être aussi fort que lui.
Heero l'ignora et planta son regard acier dans celui de Quatre.
- Eh bien, aucun de nous n'était vraiment en état de rentrer seul. Par conséquent j'ai proposé que nous dormions tous chez moi.
Prévoyant, bienveillant, et tout simplement efficace : comme toujours le jeune arabe avait géré au mieux, même saoul.
Le japonais hocha la tête en signe d'assentiment. Cependant les explications de Quatre n'avaient pas apportées grand chose au comblement de ses souvenirs. Trowa le remarqua et ajouta avec un sourire en coin presque imperceptible –en vérité il fallait connaître le français pour saisir qu'il souriait :
- Pour le reste il faut que tu demandes à Duo, c'est lui qui t'a aidé à te coucher.
Heero pris enfin conscience que l'américain n'était pas là, il balaya la pièce du regard avant de demander :
- Où est-il ?
- Il est sortit il y a deux heures, une course urgente apparemment, répondit Quatre.
L'arabe se contrôla parfaitement en révélant cela mais en réalité il était inquiet. Duo avait tenté de le dissimuler, cependant le jeune empathe avait bien sentis que son ami était profondément troublé…
- Il a dit qu'il repasserait lorsqu'il aurait terminé. J'ai d'ailleurs proposé que nous poursuivions nos retrouvailles dans une petite propriété à l'extérieure de la ville, en es-tu ?
Heero réfléchit un instant : sa mission ne commençait que dans cinq jours et toute la préparation avait déja été faite. Il pouvait donc se permettre de prendre quelques jours de vacances –les premières depuis plus d'un an.
- Ok.
- Il ne faut qu'un quat d'heures pour s'y rendre. Je propose que l'on se retrouve vers dix-huit heures trente ce soir devant cet immeuble ?
Chacun des trois pilotes acquiesça.
- Je vais devoir vous quitter : il faut que je règle quelques dossiers si je veux pouvoir prendre deux jours de congés, déclara Quatre une fois que l'affaire fut entendue.
- Tu travailles trop, dit Trowa.
- Et toi pas assez !
Alors qu'il se levait ils entendirent une porte s'ouvrir et bientôt ils virent Duo entrer dans la salle à manger.
Quatre s'approcha de l'américain et lui sourit inquiet :
- Je dois y aller : le boulot. Mais je rentre bientôt, toujours d'accord pour ce soir ?
- T'inquiète.
Le jeune arabe ne voulait pas quitter son ami. Il sentait que quelque chose n'allait pas. Duo n'affichait pas son traditionnel sourire charmeur, il semblait déstabilisé. Il n'avait pas souvent vu l'américain ainsi, et peu de chose pouvait provoquer sa tristesse. La dernière fois qu'il l'avait vu peiné s'était lorsqu'il avait décidé de renoncer définitivement à Heero… Le japonais était-il la cause du trouble de Duo ?
Quatre mit cela dans un coin de son esprit et se hâta de s'en aller : plus vite il serait parti et plus vite il pourrait revenir. Il fît un dernier sourire encourageant à son ami qui le lui rendit.
…
Lorsque Heero croisa les yeux de l'américain son cœur manqua un battement. Le japonais avait une drôle d'impression ou plutôt de sensation. Quelque chose d'enivrant qui lui donna la fièvre. A chaque fois qu'il posait son regard sur l'américain il avait des flashs qui le faisaient rougir. Il se voyait embrasser la peau de Duo, le faire gémir.
- J'y vais.
Trowa se leva pour s'en aller à son tour.
- Wufei, tu veux que je te dépose chez toi, c'est sur ma route ? proposa t-il au chinois.
Pour toute réponse celui-ci se leva aussi. Heero regarda Trowa et fronça les sourcils, à quoi jouait le français ?
- A ce soir, soyez sages, lança le mercenaire en passant la porte.
Heero et Duo se retrouvèrent seuls, assis, face à face. Un silence gêné s'installa entre eux. Ce silence insinua peu à peu le doute dans l'esprit du japonais. Pourquoi Duo ne parlait-il pas comme il en avait toujours l'habitude ?
- Que s'est-il passé ? finit par interroger le japonais.
Duo le regarda blessé.
- Tu ne t'en rappelles pas ?!
- Je…j'ai des flashs qui me reviennent mais la totalité m'échappe pour l'instant, avoua le jeune homme.
Cette déclaration eut l'effet d'une lame dans le cœur de Duo.
- Nous avons fait l'amour, murmura t-il.
La respiration de Heero s'accéléra, les images qui fulminaient dans sa tête s'éclaircirent et il prit enfin pleinement conscience de ce qui s'était produit. Il ne pu retenir un léger hoquet de surprise.
- Comment cela a-t-il pu se produire…
- Tu veux que je te fasse un dessin ! s'emporta Duo en se relevant brusquement.
La peine faisait peu à peu place à la colère.
- Je suis désolé, Duo, cela n'aurait pas dû arriver, s'excusa Heero complètement perdu.
- Tu es désolé ?! Tu te fous de moi ? On efface tout et on fait comme si de rien n'était ?! Duo criait presque. L'alcool ne justifie pas tout, pourquoi crois-tu que s'est arrivé ?
Heero observa avec surprise l'américain, où voulait-il en venir ?
Devant l'air ahuri du japonais, le pilote du Deathscythe se calma, il avait mal.
- Tu ne peux pas ignorer les sentiments que j'ai pour toi.
- Nous sommes amis, répondit le japonais.
- Ne joue pas avec moi, Heero. Les mots que tu me murmurais hier n'étaient pas ceux d'un ami et les miens non plus.
- Nous sommes amis, répéta Heero. Tu ne comprends pas… Ce n'est pas si simple.
- Pourquoi as-tu besoin de compliquer ce qui ne l'est pas ?! s'impatienta Duo.
- Nous sommes différents.
- Et alors ?! C'est quoi ton problème ?
- Tout est toujours si simple dans ton monde.
- Quoi ? s'exclama le Shinigami, complètement abasourdi.
Duo restait sans voix. Ce que lui disait le pilote du Wing n'avait pas de sens. Pourquoi se cachait-il derrière leur amitié ? Etait-ce parce qu'il aimait encore Réléna ?
- Ça n'est pas clair dans ma tête, révéla incertain le japonais.
Duo secoua la tête avec tristesse.
- I can't wait you forever. (1)
Sur ces paroles l'américain laissa seul Heero et quitta l'immeuble.
Le japonais resta un long moment assis sans bouger, l'esprit et le cœur dans le vague.
…
Lorsqu'il rentra chez lui pour prendre quelques affaires avant de rejoindre les autres, il trouva Réléna installée dans l'un des fauteuils du salon. Leur promesse de discuter une bonne fois pour toute lui était complètement sortis de la tête. D'ailleurs il n'avait pas vraiment envie d'avoir cette conversation maintenant. Il se sentait vidé et pourtant son esprit était surmené comme un ordianteur dont le disc dur était saturé.
Le jeune femme était vêtue simplement: un jean, une chemise et ses longs cheveux châtains étaient détachés. Le japonais avait toujours aimé lorsqu'elle quittait ses tailleurs pour un jean.
- Bonsoir Heero. Je suis un peu en avance mais je pensais te trouver quand même ici à cette heure, dit-elle.
- Hn.
Le pilote du Wing s'assit aussi.
- En venant ici, je pensais que l'on aurait une longue conversation sur le pourquoi du comment on en est arrivé là -conversation que nous n'avons jamais eue. Toutefois en t'attendant j'ai réalisé que ça ne servirait à rien.
La ministre marqua une pause et sourit, avant de déclarer l'air pensive :
- Probablement n'était-ce pas notre destin.
A nouveau elle se tut, puis poursuivis :
- Nous n'étions pas fait pour être ensemble, pourtant j'ai trouvé en toi un allié fidèle et j'espère que notre collaboration professionnelle demeurera toujours aussi efficace et amicale.
Heero esquissa un léger sourire à son vœux : la jeune femme était un diplomate jusqu'au bout des ongles. Elle soupira avec un brin de mélancolie avant de se lever.
- Je viendrais déménager d'ici peu les quelques affaires qu'il me reste encore ici.
Réléna serra avec chaleur le bras du jeune homme et l'embrassa sur la joue.
- Sois heureux.
C'était finit...
(1): je ne t'attendrais pas toujours.
Je me suis un peu laissée emporter par l'histoire et finalement le chapitre ne racconte pas tout ce que j'avais prévu d'y mettre...tant pis ce sera pour le prochain!
J'espère que vous avez aprécié votre lecture, le prochain chapitre aura pour titre "Un autre visage".
