Chapitre 4
Note : Juste un petit rappel, rien ne m'appartient. Tout est à Marvel.
Bonne Lecture à tous,
Guepard54
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Il était huit heures précises lorsqu'Erik et Magda descendirent rejoindre les autres pour le dîner.
Ce n'était pas l'une des salles-à-manger qu'ils avaient utilisé la première fois qu'Erik était venu à Westchester des années plus tôt. Sans doute une des salles de bal du manoir, au vu de la taille et de sa capacité à accueillir un si grand nombre de personnes.
La pièce avait été arrangée comme une sorte de réfectoire. Sur chaque côté s'alignaient des tables rectangulaires pouvant accueillir de six à huit personnes. De nombreux élèves y étaient déjà installés, dans l'attente du repas imminent. Au centre de la salle se trouvait une table ronde qui pouvait aisément accueillir douze personnes. Il s'agissait, semble-t-il de la table des professeurs.
Elisa, Hank et Alex y étaient déjà attablés, discutant tranquillement autour d'un verre d'apéritif.
Plus timidement qu'à son habitude, Erik entraîna Magda vers eux. Elisa leur sourit chaleureusement.
« Venez, asseyez-vous. Les autres ne devraient plus tarder à arriver. »
Erik laissa sa femme s'asseoir à côté de la blonde et s'assit lui-même à côté de sa femme.
Moins d'une minute plus tard apparut un Logan échevelé, entouré de trois fillettes surexcitées.
« Maman, maman, on peut manger avec vous ? Comme il y a des absents. », demanda Kelsie.
Avant de répondre, la jeune femme blonde sembla demander son avis à Logan qui hocha la tête en soupirant exagérément.
« Bon, d'accord pour cette fois. Mais Kelsie, laisse un peu Logan se reposer, s'il te plait. »
Les trois fillettes acquiescèrent et s'installèrent sagement mais sûrement entre Erik et Logan : Nina au côté de son père, Kitty à côté de Logan qui était lui-même placé à côté d'Alex et enfin, Kelsie entre ses deux amies.
« Tel que vous le voyez, », expliqua Elisa à Erik et Magda. « il manque trois professeurs et douze enfants. Ils sont en voyage. En Californie. »
Cela rassura l'Allemand sur le fait que l'Institut soit suffisamment stable. Car s'ils se permettaient d'envoyer à l'extérieur des mutants qui ne contrôlaient pas encore tout à fait leur pouvoir, c'est que Charles avait toute confiance en son équipe pédagogique. Charles qui aurait dû être ici à sa place.
« Bonjour, Erik. »
Plongé dans ses pensées, le manipulateur de métal ne vit que trop tard la nouvelle arrivante qui s'était assise à côté de Hank. Même sous son 'déguisement' humain, il l'aurait reconnue en toute circonstance.
Mystique. Ou plutôt Raven, comme venait de l'interpeller Elisa, d'un ton neutre.
« Nous sommes revenus cet après-midi. Voici la femme d'Erik, Magda, et sa fille, Nina. »
Raven hocha poliment la tête, sans plus. Mais elle réagit à la phrase suivante de la blonde.
« Erik est venu pour nous aider avec… la situation de Charles. »
« Il serait peut-être temps. »
Mystique murmura ces mots mais il y avait du venin dans sa voix. Elisa lui jeta un regard noir avant de se détourner d'elle pour commencer une conversation avec Magda. La métamorphe continua quant à elle de fixer Erik d'un regard peu amène.
« Tu veux une photo ? Ca dure plus longtemps. On ne t'a jamais dit que c'est très impoli de fixer les gens ? », demanda tout à coup Kelsie à la sœur adoptive de Charles Xavier.
Celle-ci n'eut pas le temps de répondre car Elisa intervint pour sermonner sa fille.
« Kelsie ! Qu'est-ce que je t'ai déjà dit ? Tu ne parles pas comme cela ! », gronda-t-elle.
Kelsie baissa les yeux et acquiesça pour montrer qu'elle avait compris. Elisa retourna à sa conversation tandis que la fillette fit tout pour ne plus avoir à croiser le regard de sa tante. Entre temps, la nourriture fut servie et cela permit de dissiper toutes les tensions. Elisa continua de converser avec Magda une bonne partie du repas tandis que Raven s'était tournée vers Hank et Alex. Logan était accaparé par Kitty et Erik, quant à lui, put constater que Nina et Kelsie buvaient littéralement ses paroles.
Au dessert, Erik en était à leur expliquer comment il avait utilisé le métal plusieurs fois auparavant pour 'voler' lorsqu'une phrase particulière leur fit lever la tête à tous vers Hank et Raven. En effet, cette dernière haussait le ton.
« Et le Cérébro ? Je sais que tu en as reconstruit un. Pourquoi ne pas l'utiliser pour le retrouver ? »
Elisa la coupa.
« Nous n'avons pas de télépathe pour le manier, Raven. J'y ai déjà pensé, crois-moi. »
Mais la Métamorphe n'abandonna pas.
« Et Jean ? Ce n'est pas une télépathe, peut-être ? »
Elisa soupira en secouant la tête.
« Jean Grey est une de nos élèves et ces élèves sont sous notre protection. Nous ne sommes pas là pour leur faire prendre des risques. En outre, Jean a déjà essayé le Cérébro, elle n'est pas encore assez puissante pour l'utiliser. Cela pourrait mal tourner. Sans compter que Charles ne voudrait pas… »
« Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que, considérant la situation, nous ignorons en réalité ce que Charles ferait ou pas. » intervint Mystique d'une voix sèche.
Un silence de plomb tomba sur la table. On aurait pu entendre une mouche volée. Puis, Hank leva une patte de peluche bleue.
« Ecoutez, il y a peut-être une solution. Elisa, je sais que Kelsie n'est pas télépathe, mais avec son don psychique et son lien avec son père, j'ai des raisons de croire que cela pourrait mar- »
« Non ! Hors de question ! », fit Elisa d'une voix tranchante. Elle continua d'une voix plus mesurée. « Hank, tu as constaté de première main ce que le Cérébro peut faire à une personne non-adaptée. Ce serait trop risqué de… »
« Comment peut-on savoir sans l'avoir même essayé ? », la coupa à nouveau Mystique.
Décidément, en temps normal, les deux femmes devaient au mieux se tolérer, se dit Erik. Cette fois, la blonde ne se laissa pas faire.
« Je refuse ! Kelsie est encore plus jeune que Jean. »
« Tu es tellement bornée ! Tu ne vois donc pas qu'il y a des chances pour que cela fonctionne ? Ou peut-être n'as-tu pas tant envie que cela de le récupérer ? », s'énerva la sœur de Charles.
« Comment oses-tu ? », gronda sourdement la mère de Kelsie en se levant.
« C'est vrai. Elle a raison, cela pourrait marcher. », pipa une petite voix.
Elisa tourna de manière abrupte la tête vers sa fille qui la regardait d'un air suppliant.
« Kelsie, non, c'est bien trop dangereux pour… »
Le regard de la petite fille se fit beaucoup moins suppliant et plus dur.
« Si papa était là, tu sais qu'il le ferait. Malgré les risques. » Kelsie se leva violemment et ses yeux bleus profonds s'assombrir encore sous la rage. « Peut-être que Raven a raison. Peut-être que tu ne souhaites pas suffisamment qu'il revienne. »
Et elle sortit en trombe de la pièce, laissant un lourd silence dans son sillage. Mystique en profita pour se retirer tandis que les larmes coulaient librement mais silencieusement sur le visage d'Elisa. Personne n'osait se regarder, ne sachant que faire dans ce moment de détresse intense. Puis Hank et Alex se levèrent et tentèrent de réconforter la jeune femme blonde.
Erik, de son côté, avait déjà pris sa décision. Il glissa sa main gauche sous la table et serra celle de sa femme afin de lui transmettre un message muet. Elle acquiesça discrètement sous le regard de Nina qui fit elle aussi comprendre à son père qu'elle avait compris. Une Nina qui se tourna aussitôt vers Kitty et Logan pour être sûr qu'ils soient eux aussi distraits et ne s'aperçoivent pas que l'Allemand venait de quitter la pièce.
Une fois la porte du réfectoire refermée soigneusement derrière, Erik s'arrêta un instant, contemplant où pouvait se trouver Kelsie. Des changements de couleurs à l'extérieur, visibles depuis la fenêtre la plus proche l'intriguèrent. On aurait presque dit que…
Il s'approcha et regarda le paysage au-dehors qui changeait d'une seconde à l'autre. Un désert, une banquise, une plage volcanique, une forêt de sapin, des champs de blé, le parc habituel de Westchester, puis à nouveau le désert, la banquise…
Ces changements paraissaient beaucoup trop rapides pour être maîtrisés. Et vu l'état émotionnel de la fille de Charles en cet instant, cela ne l'étonnait guère. Il était clair et net que Kelsie ne contrôlait que très peu ses pouvoirs.
L'ennui était que la petite fille pouvait être n'importe où. Ces pouvoirs ne fonctionnaient pas uniquement si elle était présente sur le lieu du changement. Erik fouilla le parc de ses yeux d'aigles pour être sûr qu'elle n'échappe pas à sa vigilance. C'est alors qu'il aperçut un détail particulier. Peu importait le défilé de paysage, il y avait toujours une constante : un grand et vieux chêne situé normalement au bord de l'étang.
L'instinct d'Erik, qui ne lui faisait que très rarement défaut, lui hurlait que c'était à cet endroit précisément que Kelsie se cachait. Le manipulateur de métal se précipita aussitôt dans le parc.
Dehors, la situation était plus compliquée. Chaque fois que le sable se transformait en glace, puis en cendres et ainsi de suite, le sol menaçait de se dérober sous les pieds d'Erik. Finalement, l'homme mit un quart d'heure à parvenir jusqu'au chêne.
« Kelsie ? Montre-toi, s'il te plait, je sais que tu es là. »
Aucune réponse. Erik sentait pourtant l'appel du métal provenant sans doute du médaillon de la fillette. L'homme soupira puis commença à escalader l'arbre.
Il trouva finalement Kelsie, assise sur une des branches les plus en retrait. Il hésita un seul instant avant de la rejoindre avec précaution.
« Tu peux venir, je te donne ma parole que cette branche ne cassera pas. », murmura-t-elle, dos à lui.
Ce que fit l'Allemand. Tout d'abord de manière très tendue. Pas qu'il ne fasse pas confiance à la fille de Charles, mais la branche lui paraissait un peu trop mince.
Il oublia vite ces préoccupations terre-à-terre lorsque la petite fille prit la parole.
« Tu penses que maman a raison, c'est çà ? Tu penses que je ne devrais pas prendre le risque même si nous avons la moindre petite chance de sauver papa ? »
Le ton n'était pas aussi accusateur qu'il aurait pu l'être. Plutôt désespéré. Et sur le coup, Erik eut du mal à trouver les bons mots. Puis il repensa comment, dans la première réalité, il avait été prêt à se laisser arrêter par les humains pour sauver Nina et Magda. Cependant, une petite voix dans sa tête lui disait que pour tous les risques que son meilleur ami aurait sûrement pris, Charles n'aurait jamais voulu voir sa fille, ni aucun enfant d'ailleurs, en danger. Il prit une seconde de plus pour rassembler ses idées avant d'énoncer d'une voix apaisante.
« Ta maman ne pensait pas à mal, tu sais. La disparition de ton père est déjà difficile à supporter et elle n'ose imaginer te perdre également. »
« Mais justement, nous aurions une chance de pouvoir aller le chercher si je réussissais à le localiser à l'aide du Cérébro ! »
Erik soupira. Kelsie était au moins aussi têtu que Charles. Si ce n'était plus. De quoi vous donnez un de ses maux de tête tandis que vous vous acharniez dans vos explications. La fillette était très intelligente, il en était certain. Mais elle refusait d'abandonner son père pour une histoire de 'risques éventuels'. En un sens, Erik la comprenait parfaitement : à sa place, il aurait tout tenté pour sauver Charles. Mais en tant que parent, il comprenait aussi totalement les inquiétudes d'Elisa qui ne voulait pas risquer au petit bonheur la chance la sécurité du seul membre de sa famille qui lui restait.
« Kelsie, elle veut seulement te protéger. »
La gamine le regarda droit dans les yeux avant de prononcer la phrase suivante.
« Et mon papa, qui le protège ? »
Il y aurait eu un temps où l'Allemand aurait répondu sans hésitation que Charles Xavier n'avait pas besoin de protection de la part de quiconque. Mais si Charles n'était plus lui-même, cela signifiait que le devoir leur revenait à eux, sa famille élargie. Et Erik était en effet prêt à tout pour son frère.
Kelsie le fixant toujours de ses grands yeux bleus, Erik prit une profonde inspiration avant de lui répondre calmement.
« Ecoute, demain nous essaierons de déterminer nos différentes options, et s'il ne nous restait que celle-ci, je te promets d'en discuter avec ta mère. »
L'instant d'après, la flamme d'espoir qui brûlait dans les yeux de Kelsie aurait pu tout dévaster sur son passage. Le manipulateur de métal la comprenait parfaitement. Peut-être que pour une fois dans sa vie, il ne s'agirait plus de perdre mais de gagner.
Il sursauta presque lorsque deux petits bras fins s'enroulèrent autour de son coup et que Kelsie posa tête sur son épaule.
« Merci, Erik ! Je savais que papa et moi pouvions compter sur toi ! »
Avec un mince sourire, le père de Nina lui rendit son étreinte. Puis, en s'écartant :
« On ne va peut-être pas passer la nuit dans cet arbre, qu'en penses-tu ? »
« C'est le préféré de Papa. C'est son arrière-grand-père qui l'a planté, je crois. »
« Connaissant Charles, je doute qu'il trouve confortable de dormir perché. »
Erik la regarda bâiller puis soupira :
« Grimpe sur mon dos et accroche-toi bien, je vais te faire redescendre. »
La fillette ne se le fit pas dire deux fois. C'était toujours la même chose avec les enfants. Ils créaient le problème mais finissaient par supplier leurs parents de trouver la solution. Nina était exactement pareille. Le bonheur d'être parent, Erik supposait.
La descente fut plus acrobatique que la montée, surtout avec ce petit poids sur son dos. Enfin, ils retrouvèrent la terre ferme. Kelsie descendit de son perchoir mais lui prit la main tandis qu'ils retournaient mais le manoir. Le parc était redevenu lui-même et Erik trouva beaucoup plus facile de progresser sur un sol non-changeant.
« Il le fait des fois, tu sais. Dormir dans cet arbre, dans les rêves que nous partageons. Marcher aussi, quelques fois. »
Erik ferma les yeux sous le coup de la douleur émotionnelle. Voilà à quoi en était réduit Charles, à cause de lui : marcher dans ses rêves.
« Ce n'est pas grave, tu sais, il t'a pardonné depuis longtemps, pour ce qui s'est passé à Cuba. » continua Kelsie.
Sous le choc, Erik s'arrêta net.
« Il t'en a parlé ? »
« Non, mais je l'ai vu dans son esprit. », répondit Kelsie comme si c'était tout à fait normal.
Erik avança à nouveau, mais plus lentement.
« Vous partagez un lien très fort, ton père et toi. »
« Oh oui, parfois c'est un peu envahissant, mais je n'échangerais Papa pour rien au monde. Quand j'étais petite, j'avais l'habitude de créer des îles désertes, rien que pour nous trois. Mon père riait en objectant que le sable l'empêchait de manœuvrer son fauteuil et qu'il avait des élèves dont il devait s'occuper à la maison. Alors, j'ai appris à le partager. », conclut-elle avec une naïveté toute enfantine.
Erik éclata franchement de rire.
« Au moins, avec toi, tes parents ne doivent jamais s'ennuyer. »
« Oh, ne t'inquiètes pas, selon Nina, tu es un super papa. Donc je te place juste derrière le mien. », lui dit Kelsie dans un sourire éblouissant.
« Alors je devrais me contenter de la deuxième place ? », la taquina-t-il tandis qu'ils parvenaient à la porte d'entrée.
Sa réponse du tac-au-tac le surprit et il se figea, la main sur la poignée.
« Mmm, cela peut se négocier. Nina m'a dit que tu chantais très bien et nous avons souvent du mal à nous endormir avec Kitty. »
« Ah, vous les enfants, vous ne perdez jamais le nord. », sourit Erik avant de reprendre son sérieux et de poser une main affectueuse à l'arrière du crâne de la fille de Charles.
« Maintenant, Kelsie, j'aimerais qu'avant de remonter dans ta chambre, tu ailles présenter tes excuses à ta maman. Je sais que ce n'était sûrement pas ton intention, mais tu l'as rendu très triste tout à l'heure. Et je pense que tu devrais aller la réconforter, comme moi, je l'ai fait avec toi. »
Il remarqua que les yeux de la fillette s'embuaient tandis qu'elle hochait positivement la tête.
Puis, elle énonça d'une toute petite voix :
« Tu veux bien venir avec moi ? Elle doit être dans sa chambre. »
« Je t'accompagne. », offrit-il en douceur.
Ils pénétrèrent dans le manoir silencieux. Tout le monde avait en effet dû remonter dans leurs chambres respectives. Les professeurs comme les élèves.
En cinq minutes, ils étaient arrivés à destination.
Kelsie leva une main et toqua doucement. Une autorisation explicite sous la forme d'un 'entrez' fut audible.
Lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit, Elisa se tourna vers les nouveaux arrivants. Sur le seuil de la pièce se tenait une Kelsie dont le visage se décomposait de plus en plus au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient. Derrière elle, dans l'ombre du couloir se tenait Erik. Visiblement, l'homme avait parlé à sa fille mais tenait à ne pas troubler leurs retrouvailles.
« Kels, qu'est-ce que… ? »
La jeune femme blonde n'eut jamais le temps de finir sa phrase. La fillette se précipita vers elle, de grosses larmes coulant à présent librement sur ses joues et la heurta au niveau de la taille à laquelle ses bras s'accrochèrent avec désespoir.
« Je suis-suis déso-lée, m'man. J-Je ne v-oulais pas… Je n'-n'-n'ai pen-sé… »
Kelsie s'étranglait dans ses sanglots, rendant ses paroles incompréhensibles. Mais ce n'était pas grave. Elisa comprenait tout à fait ce qu'elle voulait dire et elle avait pardonné à sa fille ses paroles brutales depuis un long moment déjà. Simplement, la sincérité dans la voix de Kelsie rajoutait un baume sur ses plaies.
Elisa se laissa tomber sur les genoux et les mains de Kelsie se déplacèrent d'elles-mêmes autour de son coup, la tête de la fillette en pleurs tombant sur son épaule. Elisa commença à lui caresser les cheveux pour l'apaiser. Ce faisant, le regard de la blonde croisa celui de l'Allemand, toujours dans le couloir. Elle murmura un 'merci' muet les yeux remplis de reconnaissance. Il lui répondit en hochant simplement la tête.
L'instant suivant, Erik sentit deux bras adultes enserrer sa taille.
« Big nounours a encore frappé ? », fit la voix douce de Magda derrière lui.
Erik se retourna en souriant puis lui vola un baiser.
« Tu as fini pour aujourd'hui ? Je connais quelqu'un qui a hâte de récupérer son nounours pour la nuit. », continua la brune, taquine.
Ils entrèrent alors dans une brève partie de chatouillis qu'Erik remporta haut la main.
« Vas-y, je te rejoins. », dit-il une fois qu'ils eurent toux deux repris leur souffle. « Je vais juste chanter une berceuse aux filles et j'arrive. Quoi ? », demanda-t-il en la voyant lever un unique sourcil. « Je dois gagner le concours du meilleur papa, c'est tout. C'est une simple question de fierté. » ajouta-t-il en riant.
« D'accord, de toute façon, ta fille gagne toujours. », accepta-t-elle, fataliste mais souriante. « Mais sache que je t'attends de pied ferme. », conclut-elle avant de regagner leur chambre.
Seul à nouveau, Erik contempla en silence le duo enlacé. Puis ferma la porte derrière lui. Après la journée éprouvante, mère et fille méritaient bien un petit peu d'intimité. D'autant que demain serait un jour important. Celui où ils allaient agir, tous ensemble, afin de sauver Charles Xavier.
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Malheureusement pour les habitants du manoir, la nuit même, un évènement bouleversa tous leurs plans.
Sur les coups de trois heures du matin, une voix, comme amplifiée par un mégaphone, résonna dans l'esprit de chacun. Et malgré le changement, tous purent reconnaître la voix de celui qui avait été Charles Xavier. Et qui était à présent l'un des quatre cavaliers d'Apocalypse.
« Ceci est un message adressé à tous les hommes, femmes et enfants. Vous avez entièrement raison de craindre tous ceux qui sont différents. En voici la meilleure preuve. L'Humanité arrive à sa fin. Tout ce que vous avez bâti s'effondrera, vos civilisations disparaîtront. Plus rien ne subsistera. Et sur les cendres de votre monde, je bâtirai le nôtre. A notre image à nous, les êtres supérieurs. C'est à présent à vous, mes enfants mutants, que je m'adresse. Très bientôt, ce monde sera à nous. Ne vous cachez plus, n'ayez plus peur. Tout ce que les humains ont construits, toute leurs forces, s'effondreront dans le néant. Ils se pensaient puissants et forts dans leur Tour de Babel mais l'on ne peut vaincre Dieu et ils retourneront à la poussière d'où ils viennent. Alors mes enfants, libérez-vous, brisez vos chaines. Et aux plus forts d'entre vous je vous le dis, ce monde sera à nous. »
Tous entendirent ce message, mais pour Kelsie, un autre lui parvint en parallèle.
« Kelsie ! Kelsie, aide-moi ! Trouve-moi ! J'ai confiance en toi, ma puce ! Kels ! »
Dès les tous premiers mots, la petite fille n'hésita plus et sauta d'un bond de son lit. Kitty et Nina ne réagirent même pas trop concentrées sur la voix envoûtante du messager d'Apocalypse.
Kelsie s'habilla en un éclair et sortit de la chambre comme une tornade. Ce ne fut pas chez sa mère qu'elle alla toquer mais chez Hank qui, réveillé comme tous les autres par le message mental, lui ouvrit aussitôt.
« Kels ! Qu'est-ce que tu… ? »
Sans attendre, la fillette prit l'une des grosses pattes velues avec sa main droite et entraîna le jeune scientifique dans le couloir.
« Vite, Hank, il faut que tu m'emmènes tout de suite au Cérébro ! Papa m'a contacté et… »
« Kels, Charles est en train de délivrer un message à tout le monde. », interrompit Hank, pas très convaincu et chamboulé par la voix qu'il entendait toujours dans sa tête.
« Non, écoutes-moi ! », fit Kelsie l'entrainant vers l'ascenseur. « Le message est délivré par le Cavalier de l'Apocalypse mais c'est Papa, son vrai 'lui', qui m'a contacté discrètement. Tu comprends ? Il veut que je le trouve ! Et pour cela, j'ai besoin que tu m'emmènes au Cérébro ! »
Ils montèrent dans l'ascenseur et Hank l'activa, en direction des sous-sol. Le jeune homme inspira profondément avant de demander à la fille de son mentor.
« En es-tu sûre ? Comment sais-tu que ce n'est pas un piège ? »
Kelsie lui prit ses deux mains, quêtant ainsi la plus profonde attention de sa part.
« Je connais mon père et je connais tout particulièrement son esprit. Je sais que c'était lui et il a pu s'adresser à moi tandis qu'Onslaught, son 'lui transformé' était accaparé par Apocalypse pour délivrer son message. Crois-moi, je t'en supplie, je ne me trompe pas. »
Hank soupira en entendant la sincère supplication dans sa voix. Puis prit sa décision.
« Ta mère va me tuer. », fit-il tout en la conduisant dans les sous-sols.
Le Cérébro n'avait pas été utilisé depuis des mois, lors de la disparition de Charles comme le prouva la couche de poussière présente sur le casque. Kelsie mit ce dernier sur sa tête tandis que Hank, ralenti par la voix impérieuse résonnant dans son esprit, allumait peu à peu la machine.
Avant d'activer le tout dernier bouton, il ajouta une dernière consigne.
« Surtout, tu me fais part du moindre problème. »
Kelsie acquiesça vivement avant de lui faire signe de démarrer.
Bouton enclenché.
La petite fille de sept ans sentit tout son esprit faire un bond dans l'inconnu. C'était la première fois qu'elle utilisait le Cérébro, mais, à l'image de son père, elle se sentit en parfaite adéquation avec la machine. Cependant, elle disposait de peu de temps. Elle devait joindre son père avant qu'Onslaught ait fini de prononcer le discours, pendant que le 'vrai' Charles avait une marge de liberté. Sinon, du fait du lien qu'elle partageait avec son père, il y avait à craindre que l'entité démoniaque ne réussisse à la coincer mentalement.
« Kelsie, c'est toi ? »
La fillette en aurait éclaté de joie. Elle reconnut immédiatement la présence affectueuse et chaleureuse de son père dans son esprit, par laquelle il lui transmettait tout son amour.
« Papa ? Papa ? Je suis là, Papa ! »
« Je savais, je savais que tu réussirais, ma chérie ! »
« Où es-tu, Papa ? »
« Je suis… » un grognement de douleur se fit entendre. « Nous sommes au Caire. Il faut… », nouvelle interruption. « Nous devons arrêter Apocalypse mais je n'y arriverai pas seul, Kels. »
« Ne t'inquiètes pas, Papa. », le rassura-t-elle aussitôt. « Je m'occupes de tout. »
Kelsie sentit le sourire mental à travers leur connexion. Ainsi que le halètement de douleur qui suivit.
« Papa ? Papa, çà ne va pas ? »
La prochaine phrase de son père lui parut douloureusement hâchée.
« J-Je n'ar-rive pas à… Cha-cha-que jour qui passe, i-i-il devient plus for-r-t. »
Elle tenta de lui envoyer une vague de soulagement mentale. En vain. D'autant que le discours arrivait à sa fin. Avant de faire signe à Hank de couper le contact, elle eut cependant une dernière phrase pour l'un des être qu'elle aimait le plus au monde.
« Tiens bon, papa. On vient te sauver. »
En cet instant, son regard bleu si identique à celui de son père, brûlait d'une détermination sans borne.
