Salut mes lapins,

Ça va ?

Merci beaucoup pour tous vos petits mots trop mignons, c'est super motivant. J'espère que ce chapitre va vous plaire également ! En tous cas moi je m'amuse bien à écrire cette fic !

Bonne lecture !


Chapitre 3 : Soutenance et … Licorne ?


- Non mais cette fois c'est sûr, il va nous tuer…

- Mais non. On est adorable.

- Si, il va nous tuer. On est obligés de le faire ? C'est pas contre-productif, par rapport à notre idée initiale ?

Devant l'emploi de si beaux mots par sa propre conscience, Wade resta un instant interloqué.

- Oui bon les gars, une promesse c'est une promesse ! Je lui ai promis d'y aller, donc j'y vais !

- Mais comme ça ?

- Oui bah ça aussi c'est une promesse ! Si vous êtes pas contents, gueulez un peu sur l'auteure ! Ou sur les fans, tiens ! Moi j'ai pas le choix, alors je fais comme je peux. Et puis merde, on y va, on va être en retard…


De nombreux regards accompagnèrent Wade, alors qu'il déambulait dans les couloirs de l'université.

Il se serait volontiers téléporté directement au bon endroit, mais il avait entre-temps oublié le nom de la salle où Peter l'attendait.

Il la trouva après un bon quart d'heure à attirer l'attention.

- Merde, je le savais, je suis en retard !

Des voix résonnaient déjà depuis l'autre côté de la salle de classe.

Wade décida d'entrer sans frapper, et de se faire tout petit pour se glisser jusqu'à une place tout au fond.

C'aurait été plus facile, s'il n'avait pas été déguisé en licorne.

A peine entré dans la salle de conférence, les douze paires d'yeux du jury et celles du public se tournèrent vers lui.

- Ok, prenons l'air cool, détendu, relax max, rien de particulier à cette situation…

C'est donc les mains (enfin les pattes) dans les poches de son costume, et sifflotant le générique de My Little Poney, que Wade gagna une rangée de sièges où il se laissa lourdement tomber.

Il faut dire que le costume, s'il était terriblement kawaii, n 'était pas la chose la plus pratique à porter.

Ni la plus discrète.

Une combinaison intégrale, rose sur le ventre et blanche partout ailleurs, ornée d'une magnifique capuche percée de grands yeux noirs brillants, et surmontée d'une corne magistrale, saupoudrée de paillettes dorées. Le tout, plus doux qu'un nuage, plus brillant qu'une étoile et plus kitsch que des dauphins sculptés dans du marbre rose.

- Ils sont tous jaloux, c'est pour ça qu'ils nous regardent comme ça…

- Et Peter, c'est son regard jaloux, ça ?

- Ah non, ça c'est le regard qui dit qu'il va nous tuer.

En effet, debout sur l'estrade à côté d'un retro-projecteur, le visage de Peter s'était décomposé, virant de sa teinte normale au rouge de son costume, puis au blanc lavabo.

Un stylo dans une main, il venait de s'interrompre en plein milieu d'une phrase, parfaitement décontenancé comme tout le reste de l'audience.

Ne souhaitant pas qu'on l'assimile davantage à l'abruti qui venait de faire son entrée, il se racla la gorge et reprit rapidement :

-Euh… Donc comme je le disais, la technologie des interférons et anticorps monoclonaux…

Le jury s'arracha à la contemplation de l'apparition blanche et rose pour se reconcentrer sur la présentation.

Au fond de l'amphithéâtre, et encore dévisagé par ses quelques voisins, le mercenaire tenta de se concentrer sur les paroles de son ami.

C'était plus laborieux que prévu.

Un PowerPoint défilait au rythme de la présentation. A l'image de Peter, il était sobre mais élégant, précis et intéressant.

Parfait.

- Ohla, c'est quoi cette pensée méga fluffy les gars ?

- Ouais, il est pas parfait, il a pas de boobs…

C'est sur cette remarque pertinente que Wade déposa délicatement sa tête sur un de ses sabots, plus passionné par la vision de Peter en train d'impressionner son auditoire que par le contenu de ses propos.

- En fait, il est vraiment brillant ce gamin. Tu m'étonnes qu'il veuille pas de moi…

- Nous aussi on est intelligents ! Bon, à notre manière, certes… Mais quand même ! On s'en sort toujours !

- Oui, mais lui il est vraiment intelligent, en fait.

Ce fut quelques applaudissements polis qui tirèrent le mercenaire de sa réflexion. Après une session de questions sournoises posées par le jury, la présentation prit fin. Professeurs et spectateurs quittèrent peu à peu les lieux, non sans un regard pour la licorne installée au fond à gauche.

Une fois que Peter fut bien certain qu'il ne restait plus personne dans la salle pour témoigner qu'il connaissait bel et bien ce fou furieux, il se jeta en direction de Wade.

- Je vais te tuer !

Il grimpa quatre à quatre les marches de l'amphithéâtre et sauta sur le mercenaire, qui l'attrapa au vol.

L'araignée se tordit en tous sens, fuyant l'emprise adverse pour finalement se retrouver hissée sur le dos cotonneux de son ami. Un sourire éclaira ses traits : Wade ne le vit pas, mais il l'entendit dans la remarque du jeune homme.

- Eh, mais t'es super doux !

Les bras de Peter se refermèrent instinctivement autour du cou soyeux, alors que Wade l'attrapait par les jambes pour l'installer plus confortablement sur son dos.

C'est donc comme s'il portait un enfant de quatre ans sur le dos qu'il quitta la salle.

- Et mais tu ne me tues pas finalement ?

- Ben non. T'es le seul de mes amis à être venu. Et puis tu sais, c'est la fac, les profs et les élèves sont habitués à ce type de frasques… Ils croiront que t'es bourré, ou que t'as perdu un pari, quelque chose comme ça.

Comme pour appuyer son argument, un groupe d'élèves au loin leur adressa un signe amical. Wade fut rassuré de constater que son ami prenait plutôt bien l'incident licorne.

- Tu vas me porter longtemps ?

- C'est toi qui es venu là !

- C'était pas prévu !

- Je te pose ?

- Oui s'il te plaît.

C'est donc près de la grille que Wade se déchargea de son fardeau, qui le gratifia d'un tapotement affectueux de la corne.

- Bon, et tu m'expliques la licorne ?

- Oh, euh, ah, héhé… Ben ça, c'est, tu sais….

Un regard appuyé lui fit comprendre que non, Peter ne savait pas. Wade répondit d'une traite :

- Enfaitj'avaispromisauxfans… Siellesétaient25jemedéguisaisenlicorneetellessont27ahahtrucdefou…

Devant l'air ahuri de son vis-à-vis, il s'empressa d'ajouter :

- Fais pas gaffe, des trucs à la Deadpool… Bon allez, on va fêter ta réussite !

- J'ai pas eu la note encore, remarqua le plus jeune en haussant une épaule.

- T-t-t, t'as tout déchiré. Je le sais parce que j'ai pas compris la moitié de ce que t'as dit : ça veut dire que c'était des trucs intelligents. Donc je te paye une bière, ou même deux, et on fête ça. Tranquilou.

Peter rendit les armes dans un demi-sourire.

Il n'aurait pas dû accepter qu'une personne de plus se rapproche de lui. Le résultat était toujours catastrophique. Oncle Ben, le père de Gwen, Gwen…

Mais Wade était venu à sa soutenance, alors qu'il ne l'avait mentionnée qu'une fois, vaguement, quelques semaines plus tôt.

Bon. Il était venu en retard.

Et déguisé en licorne. Certes.

Mais il était venu quand même.

Et, s'il devait l'avouer, l'étudiant appréciait sa présence. La folie de Deadpool lui changeait les idées et l'empêchait de se morfondre.

De plus, Wade n'avait pas tort.

Il avait carrément déchiré son oral. Aucun doute qu'il serait major, cette année encore.


- La chance que tu as de pouvoir être bourré… Avec cette histoire de facteur guérisseur, plus moyen de me prendre une mine !

- Mais t'es déjà totalement désinhibé en temps normal, alors c'est peut-être pas plus mal !

La soirée s'était envolée, entre tacos et verres de rhum.

Les deux compères s'étaient échoués sur le canapé d'angle d'un bar très en vue.

- Moi je pourrais prendre des mines, mais j'ai pas assez de fric, remarqua Peter en haussant une épaule.

- C'est pour ça que c'est moi qui paye, rétorqua Wade en faisant signe au serveur de leur ramener la même chose.

Il avait finalement consenti à enlever la capuche de son déguisement – mais pas le reste de la combinaison. Le masque rouge et noir tranchait sur le doux tissu pailleté. Plusieurs clients étaient déjà venus le caresser ou lui tapoter la tête, sous le regard moqueur de son cadet.

Les minutes défilaient à grande vitesse. Peter arguait qu'il devait rentrer, Wade contrait en expliquant que c'était vendredi soir, et que le vendredi soir on fait des trucs des jeunes, voilà tout.

La discussion s'égara sur des sujets plus ou moins triviaux : le monde super-héroïque, le journalisme, la science, les fusils à hamster…

C'est après le septième verre que l'œil de Peter commença à briller de fatigue. Ses phrases étaient moins bien construites, étrangement.

Wade décida que c'était un climat parfait pour avoir une discussion plus sérieuse.

- Pourquoi tu ne veux pas m'embrasser ?!

L'improbabilité de la question ne provoqua qu'un éclat de rire chez Peter, qui manqua de s'étouffer dans son huitième verre.

Comprenant, d'après la moue boudeuse de Wade, qu'il était parfaitement sérieux, l'étudiant se força à reprendre son calme et formuler une réponse plus ou moins cohérente.

- Attends, tu veux dire, outre le fait que je sois un homme, que toi aussi, que tu es trois fois plus âgé que moi et complètement pervers ?

- Oh,hé, rétorqua l'intéressé en lui jetant un parasol à cocktail au visage. J'ai que trente ans je te signale, et cinq ans d'âge mental, soit une moyenne à 17.5 ans. Alors que toi, avec tes vingt piges et ta maturité d'un homme de cinquante ans, ça te fait une moyenne de 35 ! C'est toi le vieux, na !

La logique de la chose laissa Peter décontenancé, comme bien souvent face à son ami. Il soupira.

- Et sinon, je ne veux pas que quelqu'un d'autre paye le prix de ma compagnie. Trop l'ont fait, ajouta-t-il, beaucoup plus grave.

Wade lui offrit un sourire franc et déroula son bras autour de la nuque du jeune homme pour l'amener à lui, jusqu'à ce que leurs fronts se touchent, manquant d'étrangler Peter au passage.

- C'est ça l'intérêt de ma personne. Je suis immortel je te rappelle. Si quelqu'un veut passer par moi pour t'atteindre, ben, il ne pourra pas me tuer, juste me faire extrêmement mal, me torturer ou des trucs comme ça !

- C'est censé me rassurer ?!

La chamaillerie se poursuivit quelques minutes.

- Et puis d'abord, pourquoi tu fais une fixation là-dessus ?! C'est bizarre non ? C'est quoi ce délire de vouloir m'embrasser ?

La tête écrasée sur le bois de la table, les cheveux en bataille, la main serrée autour d'un verre et les yeux brillants, Peter donnait une bonne représentation de l'étudiant ivre. Ce spectacle attendrit son compagnon.

« Ohla, mollo l'auteure. « Attendrit » ? Je suis pas du tout attendri ! C'est pas mon genre ! Moi je suis pegi 18, du sang du gore et tout ! Alors vas-y mollo avec le choix des mots ou je te casse les deux genoux ! »

Ce spectacle, donc, ATTENDRIT TRES FORTEMENT son compagnon, qui grogna une réponse pour masquer sa gêne.

- Je te le dit, c'est pour notre popularité…

Peter leva les yeux au ciel. Au fond de son crâne, Wade faisait tout pour ne pas entendre la voix de l'auteure qui lui murmurait, moqueuse « C'est surtout parce que t'es en train de tomber amoureux !»

Lorsque Wade estima qu'il était suffisamment tard – ou plutôt, suffisamment tôt, il consentit à libérer Peter et à le ramener sain et sauf au pied de sa maison.

- Bah c'était cool, conclut très sereinement Peter, qui naviguait les yeux fermés et comptait davantage sur Wade que sur ses propres pieds pour l'emmener à bon port.

- C'est normal, je suis cool.

- Tiens, le v'la ton bisou. Maintenant tu me fous la paix.

Joignant le geste à la parole, Peter claqua une bise sonore sur la joue masquée de rouge du mercenaire, avant de disparaître, titubant, dans la cage d'escalier.

Jamais une licorne n'avait été aussi songeuse que celle qui se tenait en plein milieu de la rue à ce moment précis…


VOILA. C'est fait, vous l'avez fait. C'est votre faute, je n'assume rien du tout. Si un jour je ne poste plus, c'est que DP m'a retrouvée et m'a fait payer cette outrecuidance xD

En tous cas j'espère que ça vous plaît !

Encore mille mercis, vous êtes fous !

Des bisous,

Laukaz