Philadelphie, domicile de Kat et Veronica Miller. 17h30. Disparues depuis 6 heures.

Will Jeffries et Lilly Rush, cherchaient désespérément dans les affaires de Kat Miller, de potentiels indices. Lilly se sentait mal, de fouiller ainsi dans la vie de la jeune femme. Elle avait l'étrange sensation d'être indiscrète. Même si elles se confiaient souvent certaines choses, elles n'avaient jamais encore échangé sur leur vie privée. Will le remarqua.

- Je suis comme toi Lil ! J'ai l'impression de ne pas être à ma place ici !

- Tu faisais quoi, quand le boss t'a appelé ? Demanda la jeune femme, en voyant la tenue de l'inspecteur.

- Bowling avec ma filleule et son fils. Et toi ?

- Footing. J'y ai croisé Scotty et son frère, d'ailleurs. Ce qui explique notre arrivée ensemble, et le fait qu'on est la même tenue sportive. Se justifia t'elle.

- Lil ! Je ne suis pas Vera ! T'as pas besoin de me donner ton emploi du temps.

- J'avoue quand même que ses blagues me font sourire parfois. Mais je ne sais pas pourquoi il imagine quelque chose entre Scotty et moi… On s'apprécie énormément, mais…

- Ne te triture pas la tête avec ça Lil ! Pour le moment c'est de Kat et Veronica qu'il s'agit. Si tu montres à Nick que tu es troublée, il ne te lâchera plus avec ça ! Crois-moi !

Elle sourit. De travailler avec Scotty, ces derniers temps, lui semblait bizarre, mais en même temps, normal. Il lui avait prouvé plus d'une fois qu'il était disponible pour elle. Et le fait qu'il outrepasse les ordres du commandant d'intervention lors de la fusillade, l'avait énormément touchée. Elle savait maintenant qu'elle pouvait avoir une confiance aveugle en lui, il ne la laisserait jamais tomber. Même si pour cela, il devait y risquer sa carrière. Il y avait quelque chose qui avait définitivement changé entre eux. Elle ne savait pas quoi, mais cette nouvelle complicité lui plaisait. Le temps passé à essayer de retrouver la confiance qu'il se devait d'y avoir entre eux avait servi finalement. Elle venait de comprendre, il n'y a pas si longtemps, qu'en la trahissant au sujet de Christina, il ne l'avait pas fait sciemment. Tout ce qui touchait à sa sœur de toute façon était tabou. Donc lui pardonner au sujet de la relation qu'il avait eu avec elle était la meilleure des choses à faire. Et il le lui avait prouvé.

- T'as les clefs de chez Miller, toi ? Fit Nick Vera en arrivant suivi de Scotty Valens.

- Et toi, tu as le mandat ? S'enquit Lilly en guise de réponse.

- Même mieux ! S'exclama Nick fièrement. Le D.A. nous accompagne, avec le mandat.

- Ne me remerciez pas si vite, inspecteur Vera, je suis peut-être porteur de mauvaises nouvelles. Intervint Curtis Bell (note de l'auteur : alias Jonathan LaPaglia, frère d'Anthony LaPaglia : Jack Malone...).

- Inspecteurs Rush et Jeffries, désolé de vous revoir en de pareilles circonstances.

- Moi de même ! S'exclama Lilly pensivement.

Elle jeta un rapide coup d'œil à l'attaché-case de Curtis, et sourit timidement. Il était couvert de stickers. Il s'en aperçut et lui dit qu'il n'allait plus laisser traîner ses affaires chez lui.

- Comment ça, mauvaises nouvelles ? Demanda Will.

- J'ai réussi à vous obtenir le droit d'enquêter. Le procureur est contre, le fait qu'une équipe enquête sur une affaire touchant un de leur membre.

- Que nous autorise le procureur de toute façon ! S'énerva Scotty.

- Ca je te l'accorde, approuva Nick.

- Je viens d'avoir Jack Malone au téléphone. Continua Curtis. Apparemment, ses agents auraient trouvé des vidéos surveillances prises à Central Park, et ils les épluchent.

- Il y a des caméras à Central Park, maintenant ! S'exclama Nick. Big Brother aura notre peau !


Lilly s'était éclipsée, et s'était rendue dans la chambre de son amie. Elle avait l'impression de pénétrer encore un peu plus dans la vie de la jeune femme, mais il le fallait. Et alors qu'elle ouvrit le tiroir de la table de chevet, elle y trouva un petit carnet. Elle se saisit de la paire de gant qu'elle avait au préalable rangé dans sa poche et s'empara de ce petit livret. Elle l'ouvrit, toujours avec la sensation d'irruption dans la vie privée de Kat, et vit qu'il s'agissait de sa vie avant Veronica. Elle avait consigné dans ce petit carnet toutes les questions que sa fille serait susceptible de lui poser au sujet de son père. Elle ne parcouru pas plus longtemps les quelques lignes de la page, mais un passage avait néanmoins attiré son attention :

« Et oui, je suis une vraie femme ! Une femme fragile, une femme sensible, une femme attirée par la gente masculine… Une femme qui bossant dans une brigade masculine et assez difficile, craque pour un indic. Une femme qui ne sait pas faire la différence dans ce cas… Une femme qui tombe amoureuse. Une femme qui 9 mois après cette petite incartade, donne naissance à la 8ème merveille du monde… Même si pour ça, elle devra vivre avec ce passé… Savoir que le père de sa fille est un criminel. »

Scotty se tenait sur le seuil de la pièce, incapable de franchir cette frontière imaginaire entre le monde extérieur et celui de sa collègue Kat Miller. Pourtant, quand il vit que Lilly essuyait discrètement son visage avec le revers de sa mail, il rentra.

- Hey !

- Hey ! Lui répondit-elle.

- T'es sûre que ça va ?

- Oui, Scotty, ça va… C'est juste que…

- Je comprends, vous êtes amies toutes les 2, et…

Il ressentait une petite rancœur quand même. Lilly ne se confiait déjà pas facilement, alors quand elle s'apprêtait à lui faire part de quelques confidences, il en était fier. Mais depuis Kat, les rares confidences de sa collègues s'étaient encore plus éloignées. Elle ne lui avouait que quelques trucs ayant principalement rapport avec les enquêtes en cours, mais rarement sur elle. Pourtant, il eut l'étrange impression que cette affaire allait beaucoup les rapprocher.

- J'ai vraiment envie de la retrouver, Scott ! Fit Lilly sur un ton déterminée. Elle n'a pas le droit de me laisser seule ! Je me suis habituée à sa présence.

- Elle ne t'abandonne pas Lil. Personne ne t'abandonne ! Pourquoi crois-tu qu'on t'abandonne ?

- Car je suis seule ! Explosa t'elle. Regarde-moi. Je fais fuir tout le monde ! Ray, Joseph, Eddie… Kat maintenant !

- Elle ne t'abandonne pas. Répéta t'il.

- Qu'est-ce que t'en sais ? Tu resterais avec une personne comme moi ? Tu resterais avec quelqu'un qui t'emporte dans sa détresse ? Non ! Tout le monde m'abandonne à un moment ou à un autre… Ma mère, ma sœur… Mon père. Termina t'elle à voix basse étouffant le dernier sanglot qui lui serrait la gorge.

Scotty ne savait pas du tout comment réagir face à cela. Tellement surprit qu'elle explose aussi facilement, tellement étonné que son amitié avec Kat soit vitale pour elle. Il s'agenouilla et lui enleva le carnet qu'elle tenait dans ses mains. Il lui releva doucement le menton, et tenta de la rassurer.

- Je ne t'abandonnerais pas. Je t'aiderais à la retrouver… Je suis là, Lil.

- J'ai besoin d'au moins un peu de stabilité Scott. J'ai besoin de repères… Et elle…

- Je sais… Et tu peux compter sur moi. Je coincerais ce salaud, s'il s'agit d'un enlèvement.

- Merci. Fit-elle doucement en fixant le jeune homme.

Il lui sourit timidement, et elle répondit tout aussi timidement à ce sourire. Pourquoi fallait-il qu'elle doute toujours des intentions des gens en qui elle a confiance ?


Will se racla la gorge, conscient d'interrompre quelque chose. Il repensa à la phrase de sa collègue au sujet des petites remarques de Nick, et le fait qu'elle se soit justifiée à lui. Il sourit de la situation. Peut-être que 2 de ses collègues cherchaient bien loin ce qui se trouvait sous leurs yeux.

- Je voulais juste te prévenir Lilly, que le FBI a trouvé quelque chose sur les vidéos. Fit Will.

- Ils ont trouvé quoi ? S'enquit Scotty en coupant la jeune femme dans son élan.

- Curtis est au téléphone avec Jack Malone en ce moment même.

Ils sortirent tous les 3 de la pièce et Scotty jeta un rapide coup d'œil à sa collègue. Telle qu'il la connaissait, elle avait fait disparaître toute trace de larmes et avait pris un air sérieux. Il en fut touché. Que Lilly craque aussi facilement devant lui, lui rappelait une mauvaise période, qu'il aurait préféré ne jamais vivre. Il ne put s'empêcher de la revoir craquer lors du décès de sa mère, et ensuite de la voir étendue, baignant dans son propre sang dans cette salle d'interrogatoire.

- Très bien ! Merci Agent Malone, je les préviens de suite. Fit Curtis en raccrochant.

- Alors ? Demanda Nick avec une pointe d'impatience dans sa voix.

Le D.A. commença donc son récit.