Voilà le nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaira. Je pense essayer de publier un chapitre par semaine, mais ça peut arriver que je ne puisse pas. On est en vacances alors je compte profiter de la plage et du soleil. ^^
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Sauf l'histoire !
Bonne lecture !
Chapitre 3
Durée de la cavale : 2 jours.
Tony était en cuisine, préparant un osso buco, cependant que Ziva se trouvait en compagnie de madame Popowski et de leurs voisins, un jeune couple, qui avait emménagé un an auparavant, dans le salon. Ils discutaient tous quatre, sourires aux lèvres.
C'était une initiative de Tony qui pensait qu'ils auraient l'air moins suspects, moins « étranges » s'ils invitaient certains de leurs voisins à diner. Il connaissait madame Popowski pour avoir souvent été chez elle, pour jouer avec ses enfants, lorsqu'il passait ses vacances dans cette maison, et pensait qu'il lui devait bien un repas après toute la gentillesse qu'elle lui avait toujours témoignée. Ziva n'avait vu aucun inconvénient, au contraire, cela les sortirait quelque peu de leur cavale, et leur changerait les idées.
« Racontez-nous comment vous vous êtes rencontrés ! » demanda madame Popowski, avec un grand sourire. Ziva sourit à son tour, ne pouvant s'empêcher de penser qu'on pouvait difficilement trouver femme plus chaleureuse et plus commère qu'elle.
Elle jeta un coup d'œil vers la cuisine, où Tony se trouvait, préparant son plat. Elle devina qu'il écoutait avec un sourire, sûrement amusé de la mettre dans une telle situation, elle qui était loin d'être douée pour ce genre de conversations banales et sentimentales. Elle secoua la tête et reporta son attention sur les trois paires d'yeux qui la regardaient avec curiosité. Des bêtes sauvages qui s'apprêtent à se jeter sur leur proie, pensa Ziva, amusée et quelque peu effrayée par cet intérêt pour de tels détails.
« Eh bien, c'était une rencontre vraiment banale, » commença-t-elle, se repassant en boucle ce qu'ils avaient préparé durant les deux jours qui étaient passés. « En fait, on ne s'appréciait pas au début. Nous nous sommes littéralement tombés dedans. »
« Rentrés dedans, chérie. On s'est rentrés dedans, » s'éleva la voix de Tony, qui ne pouvait s'empêcher de la corriger comme toujours. Mais, étrangement, ça ne la dérangeait pas, au contraire, elle avait l'impression de se retrouver au NCIS lors d'une enquête. Un soupir faillit la trahir. Ce n'est pas le moment pour la nostalgie ! se réprimanda-t-elle.
« Tony sortait d'un café, avec, justement, un café brûlant dans les mains, et moi je rentrais. Il ne m'avait pas vu, je ne l'avais pas vu et nous avons fini recouverts par son café, » expliqua-t-elle avec un sourire.
« C'était un excellent départ, effectivement ! Quelle merveilleuse première rencontre ! » s'exclama la jeune femme en riant. Ziva hocha la tête.
« C'est vrai, Emily. »
Tony les rejoignit alors et s'assit aux côtés de Ziva, sur le second canapé, face à leurs trois invités. Il passa son bras autour de sa taille et l'attira à lui. Il était agréablement étonné par la facilité avec laquelle la jeune femme était parvenue à entrer dans le jeu et à paraitre totalement naturelle dans une situation qu'elle avait tendance à mépriser. Elle lui sourit et posa la main sur sa cuisse.
« Cet osso buco ? »
« En train de cuire. Alors cette rencontre ? Je veux connaitre la suite, » dit-il. Elle l'embrassa avant de reporter son attention sur leurs invités.
« On a commencé à s'insulter dans nos langues respectives. Italien pour Tony, hébreu pour moi. »
« En hébreu ? » l'interrogea Thomas, quelque peu surpris. Aucun d'eux n'avait fait attention à un quelconque accent.
Elle hocha la tête avant de s'expliquer : « Je suis Israélienne d'origine. Américaine depuis quatre ans. Depuis nos fiançailles, » précisa-t-elle avec un sourire. Elle avait la nationalité, c'était vrai, mais seulement depuis très peu de temps. « Et puis finalement, on s'est excusés en même temps. » Elle tourna la tête vers lui. « On a relevé la tête pour se regarder… et là… »
« Et là, ça a été… une révélation. Je devais la connaitre plus. Alors, je l'ai invitée à déjeuner pour me faire pardonner, » finit Tony, en jouant avec les cheveux de Ziva, qui retombaient sur ses épaules dénudées. Un sourire éclaira son visage tandis qu'il admirait la jeune femme dans la robe mauve qu'elle avait achetée deux jours plus tôt. Merveilleuse, simplement merveilleuse…
« Ça fait huit ans que nous sommes ensemble, maintenant, trois que nous sommes mariés, » sourit la jeune femme. Elle attrapa son verre et le porta à ses lèvres.
« Trois ans… » souffla Emily. « Bientôt des enfants alors ? » ajouta-t-elle en posant sa main sur son ventre rebondi.
Ziva faillit s'étouffer avec son kir. Elle sourit et tourna la tête vers Tony, qui ne l'avait pas lâchée une seule seconde des yeux. Elle hocha la tête et reporta son attention sur ses invités, posant le verre. Ils étaient passés sur toutes les questions sensibles et celle-ci en avait fait partie, mais l'entendre, réellement posée, par quelqu'un d'autre restait un choc et lui rappelait la réalité de leur situation. Elle sentait le regard de l'italien la transpercer, semblant lui brûler la peau. Il ne l'aiderait pas sur ce coup-là, elle allait devoir agir seule.
« Nous en avons effectivement parlé, mais nous préférons attendre que je trouve un travail dans le coin. Le déménagement est terminé, mais on ne peut pas vivre sur des économies. Surtout si on tient à former une famille. »
Tony sourit et jeta un coup d'œil à la cuisine. Ziva l'impressionnait ce soir et la soirée ne faisait que commencer. « Je retourne en cuisine, mon plat m'appelle. » Il déposa un baiser sur la joue de la jeune femme avant de se lever et de s'éloigner sous ses yeux amusés. Elle se tourna à nouveau vers ses invités et leur sourit.
« Je vous propose que l'on s'installe pendant que le chef sort son plat du four. »
Abby jeta un coup d'œil au mur de son labo. En arrivant le matin même, elle avait décidé d'accrocher deux photos des agents en fuite avec le nombre de jours qui s'étaient écoulés depuis le jour funeste du début de leur cavale. Aujourd'hui, était le troisième jour.
Secouant la tête, elle reporta son attention sur ce qu'elle faisait depuis deux heures exactement, depuis qu'elle était arrivée. Elle passait en revue chacune des données qu'ils avaient réunies, mais rien ne semblait coller selon elle. Elle avait vérifié tous les comptes, les cartes, les caméras des endroits où les deux partenaires avaient été vus, tout. Mais en vain. Ils avaient réellement disparu, ils s'étaient simplement envolés de la surface de la Terre, ou du moins, avaient quitté les États-Unis, elle ne voyait pas comment l'expliquer autrement.
Elle savait, grâce aux caméras de surveillance d'une boutique de la rue dans laquelle Gibbs avait trouvé leurs portables, qu'ils utilisaient une carte de crédit. La bande montrait parfaitement Tony passant à la caisse et tendant une carte, et, même si elle n'avait pas réussi à repérer Ziva, elle se doutait qu'elle était présente également, juste hors de vue.
Elle savait qu'ils avaient donc accès à un compte, mais elle ne parvenait pas à trouver lequel. McGee lui avait apporté le reçu de carte que la caissière leur avait donné, après avoir reçu l'accord de sa supérieure, mais quand elle essayait d'y accéder, elle se heurtait à un mur en béton armé. Quand elle était parvenue à trouver à qui appartenait ce compte, elle s'était demandé comment le couple était parvenu à obtenir une carte donnant accès au compte bancaire d'une entreprise.
Elle secoua la tête. Elle commençait à désespérer. Elle ne voulait pas décevoir Gibbs, mais d'un autre côté, elle ne parvenait à rien et avait l'impression de trahir ses amis en passant au crible tous leurs comptes, leur liste d'appels… Elle savait que l'ancien marine serait fier et en colère. Fier qu'ils sussent ainsi se débrouiller et leur échappassent. En colère qu'ils eussent à ce point retenu comment parvenir à déjouer les autorités.
Elle soupira et décida qu'elle avait besoin d'une pause. Elle quitta son laboratoire et entra dans l'ascenseur qui l'amena à l'étage de l'équipe. Elle se dirigea vers l'open-office, où McGee travaillait sur leur enquête. L'enquête sur laquelle ils travaillaient avant toute cette pagaille avait été donnée à une autre équipe, qui l'avait reprise là où ils l'avaient laissé et avaient pu la résoudre grâce à ce qu'Abby avait découvert au dernier moment. Ils pouvaient ainsi tous se concentrer sur retrouver Tony et Ziva.
Abby refusa de regarder les bureaux de ces derniers lorsqu'elle passa devant. Elle vint s'assoir sur le bureau de Gibbs, face au jeune agent. Elle observa son visage et remarqua les cernes sous ses yeux et la tristesse qui se trouvait dans ceux-ci. Cette situation commençait à peser sur toute l'équipe. Jamais ils n'avaient autant cherché à retrouver des membres de leur équipe. Jamais ils n'avaient autant voulu des réponses. McGee leva la tête vers elle et haussa un sourcil interrogateur.
« On a besoin d'une pause tous les deux, je crois. »
« L'homme qu'ils ont tué s'appelait Alexandre Duke. Il était avocat, spécialisé dans la défense de la partie civile. Il travaillait sur la même affaire que nous et était donc de notre côté aussi. Il n'avait jamais rencontré Tony et Ziva, n'avait pas de casier, pas de problèmes à son boulot, avec ses voisins. Rien. Je ne vois même pas ce qu'il aurait pu dire qui aurait forcé Tony et Ziva à le tuer. Ce type n'avait pas d'armes et ne savait pas se défendre d'après sa famille et ses amis. Bien que ça, ça m'étonne. Un avocat qui ne sait pas se défendre et sait défendre les autres ? »
Abby se leva et vint le prendre dans ses bras, sentant qu'il en avait autant besoin qu'elle. Ça n'avait aucun sens. Rien n'avait de sens. Si seulement ils pouvaient ne serait-ce qu'avoir un contact quelconque avec les deux agents, ils pourraient peut-être savoir ce qui les avait poussés à le tuer.
Gibbs arriva derrière eux et soupira. Ses yeux dérivèrent, une fois encore, vers les bureaux de ses deux agents. Combien de temps restait-il avant qu'ils ne les retrouvassent ? Avant qu'ils n'en apprissent un peu plus sur le pourquoi ? Il redoutait le moment où il devrait confronter le père de Ziva et lui annoncer que sa fille était recherchée aux États-Unis pour meurtre. Il n'avait pas peur d'Eli David, il ne voulait simplement pas être la personne à lui annoncer que Ziva était en fuite et une meurtrière – du moins qu'elle avait tué sans raison un innocent.
Une ombre apparut dans son champ de vision et il leva la tête vers celle-ci. Le directeur se tenait debout entre les deux bureaux vides, son visage était un masque de stoïcisme, totalement vide d'émotions. Gibbs doutait qu'il n'en eût d'aucune sorte pour Tony et Ziva, mais la compassion n'était sûrement pas quelque chose qu'il pouvait ressentir. Il s'avança vers lui, attirant l'attention de McGee et Abby, qui ne l'avaient pas remarqué depuis son arrivée.
« Directeur. »
« Agent Gibbs. Avez-vous retrouvé la trace de vos agents ? » Gibbs ne dit rien et le fixa. Vance soupira. « Vous savez que cette situation est compliquée. Je sais que vous ne voulez pas que vos agents finissent blessés, mais votre enquête est dans une impasse et je suis forcé de les déclarer dangereux et armés. »
« Ils ne tireraient pas pour rien. »
« Il semblerait que cet avocat témoigne du contraire. »
« Je prouverai le contraire lorsque je les aurai retrouvés, » répliqua Gibbs. « Vivants. » Ils se jaugèrent du regard quelques secondes, aucun d'eux souhaitant reculer ou laisser l'autre gagner cette bataille. Au bout de ce qu'il sembla une éternité aux deux seuls témoins de la scène, Vance hocha la tête et se retourna.
« Je vous laisse une semaine. Pas plus, agent Gibbs. » Sur ses mots, il partit, laissant Gibbs ruminer sa frustration, Abby et McGee complètement abattus et inquiets pour leurs deux amis. Gibbs se surprit à envoyer une prière silencieuse à quelque fût cette puissance supérieure pour qu'ils retrouvassent les deux agents vivants avant la fin du délai accordé par Vance. Il ne pourrait se le pardonner s'il arrivait quelque chose à Tony ou Ziva.
Quatre jours. Quatre jours et leur nouvelle piste tombait une fois de plus à l'eau. Il avait besoin de café. Terriblement besoin de café pour tenir. Se levant, il passa devant le bureau de Tony et s'arrêta. Il vint se poser derrière et s'assit.
McGee leva des yeux interloqués vers lui. Il ne saisissait pas pourquoi Gibbs s'était assis au bureau de Tony. Tout comme il ne comprenait pas comment les deux agents parvenaient à jouer avec eux ainsi. Il semblait que chaque piste qu'ils avaient était préparée par le couple pour les détourner de ce qui les mènerait réellement à eux.
La carte de Tony avait été utilisée dans un fast-food près du NCIS, mais une fois sur place, ils n'avaient rien trouvé. Elle avait été une nouvelle fois utilisée dans une bijouterie, une heure plus tard. Ils ne voyaient pas ce que Tony irait faire là-bas, mais y étaient tout de même allés. Seulement pour qu'ils se voient ensuite entrainés dans une boutique de vêtements, puis de chaussures et enfin dans une banque. De petites sommes dépensées et le compte vidé, ils étaient rentrés au NCIS pour découvrir que quelqu'un avait piraté l'ordinateur de Tony pour prendre des informations. Tony et Ziva les avaient menés par le bout du nez du début à la fin et ils n'avaient rien vu.
McGee soupira et décida que quel que fût l'intérêt que Gibbs pouvait avoir à s'installer au bureau de l'italien, cela ne le concernait pas. Son regard se posa sur le contenu des dossiers qu'il repassait encore et toujours, sans parvenir à comprendre pourquoi Tony et Ziva avaient voulu la liste de tous les criminels qu'ils avaient arrêtés depuis l'arrivée de DiNozzo au NCIS, huit ans auparavant. Il secoua la tête, il devait creuser un peu plus.
Jethro Gibbs n'avait jamais réussi à se mettre dans la tête de DiNozzo, mais aujourd'hui il devait y parvenir. Son regard se posa sur le bureau d'en face et il imagina Ziva, en train de rédiger un rapport ou de faire une quelconque recherche. Il attrapa la première feuille, qu'il avait sous la main, et la transforma en boule de papier. Il la lança et elle atterrit sur le fauteuil de vide de l'Israélienne. Il secoua la tête et la prit entre ses mains, posant ses coudes sur la table.
C'était idiot. Ça ne l'aiderait pas à trouver DiNozzo et Ziva. Ça ne l'aiderait à rien. Il donna un coup de poing sur le bureau avant de se lever et de s'éloigner, décidé à aller chercher son café.
McGee soupira et se leva. Il ramassa la boule de papier froissée et jeta un coup d'œil sur son contenu. Il fronça les sourcils. C'était les théories de Tony sur leur dernière enquête. Ses yeux parcoururent les mots gribouillés et il ne put s'empêcher de sourire. SI l'italien apprenait que sa théorie avait été vraie, il les aurait bassinés avec ça pendant des jours. Il secoua la tête et jeta la feuille. Il refusait de l'admettre, mais les singeries de Tony lui manquaient.
Durée de la cavale : 6 jours.
Tony et Ziva étaient installés derrière l'ordinateur qu'ils avaient acheté deux jours auparavant. Ils étaient parvenus à lister tous leurs ennemis actuellement présents à Washington ou dans ses environs, grâce à leur plan.
La jeune femme devait avouer qu'elle avait beaucoup apprécié s'amuser avec Gibbs et McGee en les baladant de magasin en magasin avec la carte de Tony. Le jeune agent ne l'avait même pas reconnue lorsqu'elle était sortie au moment où il rentrait dans la banque, à la fin. Elle avait failli se faire prendre, mais de toute évidence son déguisement était vraiment réussi.
Tony, pendant ce temps, avait réussi à pirater son propre ordinateur. Lui-même ignorait comment il avait réussi à faire une chose pareille, n'arrivant habituellement à rien. C'était peut-être parce que ce qui l'intéressait n'était qu'une liste de criminels et non quelque chose de totalement secret. Peu lui importait. Il avait la liste de toutes les personnes qu'il avait arrêtées au NCIS, c'était l'essentiel.
Ziva avait ajouté toutes les personnes qu'elles n'avaient pas tuées en tant qu'agent du Mossad, ce qui ne laissait pas une liste très longue, ainsi que tous ceux qui pourraient en vouloir à son père et qui tenteraient de s'en prendre à elle. L'italien avait ensuite ajouté toutes les personnes qu'ils avaient arrêtées et celles qui s'étaient échappées lorsqu'il était à Baltimore, Philadelphie et Peoria.
Leur liste était donc très longue. Ils devaient encore la réduire, notamment en enlevant tous ceux qui ne prendraient pas la peine de monter toute cette mascarade, juste pour qu'ils finissent en prison. Les tuer aurait été plus simple et moins contraignant pour la plupart d'entre eux.
C'est pour cette raison qu'ils avaient laissé pour l'instant cette liste et se renseignaient sur la recherche en cours contre eux. Pour l'instant, ils ne semblaient pas encore déclarés dangereux et la presse n'avait pas encore parlé d'eux, ce qui était encourageant. Ils savaient tous deux que ce n'était qu'une question de temps, que même Gibbs ne pouvait pas éternellement empêcher Vance de le faire.
Néanmoins, tous deux étaient rassurés de savoir que Ziva s'était éloignée de l'image qu'elle avait auparavant. Elle n'avait certes pas changé tous ses traits, mais sa nouvelle coupe, son style différent de vêtements et de maquillage la rendaient assez méconnaissable au premier coup d'œil. Ils en avaient eu la preuve lorsque McGee ne l'avait pas reconnue.
« À toi de changer un peu, » souffla Ziva dans son oreille. Il sourit et secoua la tête. Il savait qu'il devait changer également son apparence, mais pour l'instant il visait plutôt un nouvel endroit où ils pourraient totalement passer pour des inconnus, des étrangers.
Son portable sonna et il l'attrapa. Tandis qu'il décrochait, Ziva observa son visage sérieux. La conversation sembla prendre un tour différent lorsqu'un sourire étira les lèvres de son partenaire et qu'il raccrocha. Elle haussa un sourcil intrigué lorsqu'il posa les yeux sur elle et son sourire s'agrandit.
« On est définitivement tranquilles. »
Huit jours. Gibbs en avait assez d'attendre. Il voulait des réponses, il voulait ses agents ici et maintenant, en train de chercher à justifier leurs actions. Sa frustration ne faisait qu'augmenter avec chaque heure qui passait et il ne savait pas combien de temps il tiendrait encore avant d'exploser définitivement.
Pénétrant dans l'open-office, il fut accueilli par un McGee surexcité. Haussant les sourcils, ce dernier ne perdit pas une seconde et se plaça devant l'écran plasma, affichant ses résultats.
« J'ai repris notre piste de départ, c'est-à-dire la ville de Waynesboro, où le taxi les avait déposés. On cherchait un lien avec l'un d'eux et je n'avais pas pensé alors au père de Tony. Vous savez qu'il est riche. Il dispose de plusieurs villas aux États-Unis et en Italie, notamment celle-ci » il afficha la photo d'une immense propriété, « à Waynesboro. »
« On y va, » s'exclama Gibbs en attrapant ses affaires.
Tout allait enfin se terminer. Dans quelques heures, ils auraient récupéré Tony et Ziva et sauraient le fin mot de l'histoire. Gibbs ne pouvait pas attendre une seconde de plus pour retrouver ses agents, ni même pour avoir des explications.
McGee le rejoignit dans l'ascenseur, espérant pouvoir clore cette enquête et retrouver ses collègues et amis. Durant la semaine qui venait de passer, il avait réalisé à quel point les deux agents lui manquer, à quel point Tony parvenait toujours à diriger la colère de Gibbs contre lui, à quel point il n'était pas aussi fort qu'il l'avait cru, du moins pas assez pour se tenir seul devant son patron furieux et voulant des réponses qu'il n'avait pas.
Étrangement, tandis qu'il grimpait dans la voiture, il se demanda comment serait la situation une fois qu'ils auraient récupéré DiNozzo et Ziva. Elle ne pourrait pas être immédiatement comme avant, aucun d'eux ne pourrait ignorer le fait que les deux agents avaient fui et peut-être tué cet avocat. Même s'ils étaient innocents, il n'en restait pas moins qu'il était incapable de faire comme si rien ne s'était passé, surtout après que ses deux amis avaient piraté son ordinateur et les avaient promenés de boutique en boutique. Il aurait du mal à le leur pardonner.
Il s'accrocha à la portière au moment où Gibbs prenait un virage serré sur les chapeaux de roue. Il relâcha le souffle qu'il ne s'était pas rendu compte avoir retenu, lorsqu'ils quittèrent les rues encombrées de la ville pour pénétrer sur la nationale. Toute cette histoire serait bientôt tirée au clair, c'était ce qui importait à leurs yeux à tous.
Gibbs enfonça la pédale d'accélérateur et dépassa de plusieurs dizaines de kilomètres-heures la limite de vitesse. Le plus tôt il arriverait, le plus tôt il pourrait avoir la satisfaction de trouver ses agents. Il allait leur montrer à quel point ils avaient eu tort de jouer ainsi avec lui. Ils allaient se rendre compte de leur erreur : ils auraient dû venir vers lui au lieu de fuir comme ils l'avaient fait. Et après, lorsqu'ils auraient réglé tout ça au clair, alors la situation pourrait redevenir celle qu'elle était. Du moins, il espérait sincèrement.
Il jeta un coup d'œil au GPS et vit qu'ils n'étaient plus qu'à cinq minutes. Son regard dériva vers McGee, qui était livide, les jointures blanches, tellement elles étaient serrées autour de la poignée. Il n'allait pas ralentir pour autant. L'agent comprendrait qu'ils devaient arriver là-bas le plus vite possible s'ils ne voulaient pas leur laisser une chance de s'enfuir encore une fois et s'ils voulaient des explications. Tous deux savaient qu'ils en avaient autant besoin l'un que l'autre.
La voiture s'arrêta dans un crissement de pneu. Les deux agents sortirent, l'un avec un pas ferme et sûr, l'autre sur des jambes flageolantes après ce voyage en catastrophe. Une fois qu'il fut sûr de ne pas s'évanouir, McGee suivit Gibbs vers le portail d'entrée de la propriété des DiNozzo. Ils jetèrent un coup d'œil à l'intérieur et virent une voiture garée devant la villa. Échangeant un regard, ils poussèrent la grille et entrèrent.
Ils avancèrent rapidement vers la villa, tout en observant les environs, vérifiant qu'aucun d'eux ne tentait de fuir. C'était une très belle propriété, parfaite lorsqu'il fallait éviter la police et les grandes villes, à l'écart, paisible. McGee se plairait dans un tel endroit. Le calme dont j'ai besoin pour écrire, pensa-t-il. Gibbs, quant à lui, secoua la tête, tu as bien trop de ressources pour ton propre bien, Tony.
Ils s'arrêtèrent sous le porche et McGee frappa. S'ils pouvaient faire ça dans le calme, ils préféreraient. Cependant, Tony et Ziva ne semblaient pas être prêts à leur faciliter la tâche. Gibbs hocha la tête au jeune agent, qui s'éloigna de la porte. L'ancien marine la défonça et pénétra à l'intérieur, sans qu'aucun des deux ne sortît son arme.
« Tony ! Ziva ! On sait que vous êtes là ! »
Aucune réponse. Les deux agents avancèrent dans la propriété et traversèrent chacune des pièces du rez-de-chaussée, mais ne trouvèrent personne. Ils se retrouvèrent dans le hall, au bas des escaliers. Ils se regardèrent, ne voulant pas laisser le doute s'insinuer dans leur esprit. Je n'ai pas trouvé assez tôt. J'aurai dû y penser de suite ! se réprimanda mentalement McGee.
Les deux agents montèrent les marches. Ils ouvrirent chaque porte sur leur passage, tombant sur deux salles de bain et quatre chambres vides. Ils parvinrent au bout du couloir, devant la dernière porte, mais ils se doutaient qu'ils n'y trouveraient personne également. Gibbs ouvrit la porte, tandis que McGee retenait son souffle imperceptiblement.
Vide.
Soupirant, Gibbs pénétra à l'intérieur et observa les lieux. Le lit était fait et l'odeur d'un parfum vint lui chatouiller les narines. Pourquoi sentirait-il un parfum si la maison avait été inhabitée pendant plusieurs années ? Ses yeux se posèrent sur la commode, puis dévièrent sur les différents meubles. Cette chambre avait été occupée, c'était certain. Sinon comment expliquer l'absence de poussière ?
« Ils étaient là. »
Soudain, le bruit de la porte d'entrée se fit entendre.
