Titre : Le sang des innocents
Auteur : Tabourette
Beta : ClaP74
Rating : MA
Note 1: cette histoire contient des relations homosexuelles donc toutes les personnes que cela rebute, passez votre chemin
Note 2 : Merci beaucoup à ClaP74 pour avoir merveilleusement bien corrigé ce chapitre !
Diclaimer : les lieux et personnages de l'univers d'Harry Potter appartiennent exclusivement à leur auteur J.K Rowling. Le reste, c'est tout à moi ! :D
Petit mot de ma beta, ClaP74 : Ce chapitre, vous allez l'adorer ! Comme tous les autres évidemment, mais là, je vous l'assure, vous allez être bien heureux ! D'abord parce qu'il y le retour de Harry ET de Severus, et que bon voilà, je ne vais pas vous dévoiler la suite, mais que c'est bien partie pour être génial ! Tabourette joue (encore !) avec nos nerfs, et franchement, c'est trop bien. Que de suspens :D Vous allez vraiment aimer ! :)
Avec mon retard dans la publication de mon dernier chapitre, je n'ai même pas pris le temps de remercier ceux qui m'ont laissez des reviews la dernière fois et à qui je n'ai pas pu répondre.
Merci donc à Guest 1, 2, 3 et 4 ^^, Nepheria4 et ankana87 ! Si j'ai oublié de répondre à une des personnes avec un compte FF et m'ayant laissé une review, je m'excuse sincèrement. Vous prenez le temps de me donner votre avis, la moindre des choses de ma part c'est de vous répondre.
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Bien que Severus ait essayé de trouver une solution au problème de mémoire de Potter, aucune illumination ne vint éclairer son esprit.
Dès qu'Harry eut retrouvé assez de force pour rentrer chez lui, le maître des potions avait été obligé de le laisser partir. Malgré les réticences du maître des potions à laisser un de ses élèves, surtout Potter, partir en connaissant son secret, il ne pouvait pas le garder plus longtemps. Il avait déjà quitté la maison de son once depuis plus d'une nuit et une demi-journée. Sa famille devait s'inquiéter et ne tarderait surement pas à en référer à Dumbledore. Ce dernier n'attendrait pas une minute pour envoyer la moitié du monde sorcier à la recherche du gosse. C'était plus prudent de renvoyer Potter chez lui dès que possible.
Dans neuf jours, Harry serait majeur et partirait de chez le 4 Privet Drive. Dans quinze, il passerait son brevet de tranplanage et dans trois semaines il était convenu qu'il devait revenir dans le repère des vampires pour voir son professeur. Son absence n'était pas envisageable. Entre temps, Severus espérait bien avoir trouvé un moyen pour effacer la mémoire du Survivant.
Severus avait donc transplané avec Harry jusque dans la ruelle où tout avait commencé et sans dire un mot avait disparu.
Seul restait Harry avec tous ses souvenirs.
Le Survivant ne savait pas quoi penser de tout ceci. Snape se comportait relativement convenablement avec lui, autant que son professeur pouvait l'être, mais voulait à tout prix lui effacer la mémoire. Il le sauvait d'une mort certaine, mais partait sans rien dire. Que craignait-il donc ? Qu'il parle et raconte ce qu'il venait d'apprendre ? Harry avait compris que son professeur ne voulait pas que son secret soit dévoilé et malgré la rancœur qu'il lui portait, il respectait ce choix. Certes, Snape avait été blanchi de toutes accusations pour son passé de Mangemort après la guerre et Harry avait cessé de le haïr, mais pas de le détester. Snape restait Snape et Harry restait Harry. La fin de la sixième année n'avait pas vu de nettes améliorations dans leur relation et la septième ne s'annonçait pas mieux.
Mais malgré leur inimitié, Harry n'allait parler à personne de la condition de vampire de son professeur, même pas à ses amis. Qui était-il pour dévoiler un si lourd secret ? Sa rancœur envers Snape n'allait pas jusque là.
Harry souffla un grand coup. Pour le moment, il ne pouvait rien faire de plus que de rentrer chez lui et d'affronter la colère de sa tante et de son oncle pour son absence. Il ne s'attendait pas à trouver une lueur d'inquiétude dans leurs regards furieux. Il avait cessé d'espérer de leur part un quelconque sentiment positif à son égard quand il avait été en âge de comprendre ce qu'était l'amour.
Harry marcha jusqu'à sa « maison » et vaillamment, poussa la porte d'entrée. Dans neuf jours, son calvaire toucherait à sa fin.
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Occupé par ses préparatifs de départ, Harry n'avait pas vu passer les jours le séparant de son anniversaire. C'est donc tout heureux, la nuit de ses 17 ans, ses affaires réduites dans sa poche, qu'Harry enfourcha son balai et s'envola dans la nuit noire.
Seule une chambre bien rangée et un mot de vague remerciement posé sur le lit témoignaient de sa vie chez les Dursley.
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Quelques dizaines d'heures de vol plus tard, Harry arriva au 12 square Grimmaud, sa nouvelle maison. L'ancien Quartier général de l'Ordre du Phoenix, nettoyé et redécoré par les soins de Molly était maintenant à lui et prêt à l'accueillir.
En poussant la porte d'entrée, Harry ne put s'empêcher de penser à Sirius. Malgré sa mort, il ne l'avait pas oublié en lui léguant cette maison. C'était son seul bien. Pour le moment, seul un profond silence régnait dans la demeure, mais demain, les rires de ses amis rempliraient ce lieu sombre. Ils avaient promis de venir le plus tôt possible pour fêter avec lui son anniversaire et sa nouvelle liberté.
Après avoir repris sa chambre habituelle, Harry s'installa rapidement et alla se coucher pour terminer sa nuit, dans l'attente du lendemain.
Comme promis, ses amis ne lui firent pas défaut et c'est un Ron lui sautant lourdement dessus qui le réveilla de son profond sommeil.
Les journées suivantes furent remplies de rires et de cris rythmés par les leçons de transplanage que leur donnait Hermione.
Les trois inséparables restèrent ensemble jusqu'au jour de son passage du brevet de transplanage. Ils se retrouvèrent ensuite tous au Terrier pour fêter sa réussite.
Mais malgré ses journées bien remplies, Harry ne pouvait s'empêcher de penser à la rencontre avec son professeur qui arrivait à grands pas.
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Le jour tant redouté finit par arriver. Nerveusement, Harry se prépara et transplana dans la rue qu'avait pris soin de lui indiquer son professeur avant de le ramener chez lui.
Le jour se couchait à peine quand il arriva. Snape l'attendait au coin de la rue. Alors que l'appréhension lui nouait le ventre, Harry le rejoignit. Il redoutait l'entretien qui allait suivre. Snape allait-il réussir à lui effacer la mémoire ? Allait-il oublier les merveilleuses journées qu'il venait de passer ? Il y a trois semaines, il ne risquait de perdre que des souvenirs désagréables d'une nuit de douleur, mais à présent ? Peut-être Snape n'avait-il rien trouvé pour résoudre son problème. Peut-être allait-il garder ses souvenirs.
Des flots de questions et de suppositions se bousculaient dans sa tête alors qu'il avançait sous le regard inexpressif de son professeur. Il était trop tard pour reculer.
Il avait sérieusement envisagé de ne pas venir. Après tout, pourquoi irait-il volontairement se jeter entre les mains de son professeur pour se faire effacer la mémoire alors qu'il ne le voulait pas ?
Mais il avait passé un accord avec le maître des potions, qui ne lui avait d'ailleurs pas vraiment laissé le choix, et il savait pertinemment que s'il ne se présentait pas à lui, ce serait Snape qui viendrait le chercher de force chez lui et tout se passerait beaucoup moins gentiment.
Harry fixa l'homme qui lui faisait face.
-Bonsoir professeur.
-Potter, lui répondit succinctement Snape en inclinant la tête à son encontre. Suivez-moi.
Sans un mot de plus, le maître des potions se mit en mouvement, suivi par Harry. Celui-ci essaya de mémoriser du mieux qu'il le put le chemin qui le menait au repère des vampires. Il doutait que cela plaise à son professeur, mais de toute façon, il n'avait jamais cherché à lui faire plaisir.
Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent devant une petite maison au jardin fleuri sous lequel Harry devinait que s'étendait le repère.
Il entra à la suite de Snape et se laissa guider, adressant au passage une réponse mi-craintive mi-timide à Liam qui le salua chaleureusement.
Le Survivant passa une énième porte et finit par atterrir dans une petite pièce encombrée de coussins de toutes les tailles et qui jonchaient le sol, recouvert d'un tapis persan.
Les mêmes boules lumineuses que celles présentent dans l'infirmerie de Guiliane éclairaient la pièce d'une lumière tamisée.
-Asseyez-vous Potter, lui dit Snape d'un ton monotone en lui désignant deux poufs se faisant face.
C'étaient les premiers mots qu'il lui adressait depuis leur entrée dans le repère.
Harry se dirigea docilement vers l'un des deux poufs en regardant Snape faire de même avec le deuxième.
Le survivant ne put s'empêcher de se sentir nerveux sous le regard insistant du plus vieux.
-Détendez-vous Potter, je ne vais pas vous manger !
-Ah ?! Fit simplement le brun, sans pour autant se détendre.
Severus lança un regard noir à ce gamin, qui doutait manifestement de sa capacité à se contrôler. Mais il devait bien avouer que le contrôle qu'il exerçait sur sa soif s'était quelque peu effritée depuis que le Gryffondor se trouvait face à lui dans cet espace clôt. Son odeur saturait l'espace et l'appel du sang était sans précédent pour lui. Du sang de Potter.
Goûter le sang du gamin avait été une grosse erreur. Depuis ce moment, la saveur du liquide carmin le hantait. Le sang avec lequel il se nourrissait n'en était devenu que plus insipide et Severus se répugnait de plus en plus à en boire. Mais il devait se contrôler et s'en contenter sinon son retour à Poudlard deviendrait rapidement problématique. Tous ces gosses avec leur sang si frais ne seraient qu'une tentation de plus, surtout si Potter se trouvait dans les parages.
Pour le moment, il voulait donc seulement que son problème avec Potter se termine le plus rapidement possible, qu'il puisse rester loin de lui.
Severus crispa les poings pour réfréner son désir de goûter encore son sang et reporta son regard sur l'élève qui lui faisait face.
-Je ne plaisante pas Potter. Il va falloir que vous vous laissiez aller. J'ai d'ailleurs préparé une potion dans ce but.
Joignant le geste à la parole, Severus enfouit une main dans sa cape et en sortit une petite fiole contenant un liquide grisâtre.
-Cette potion va vous permettre de vous détendre et de vous laisser aller. Mais vous devez y mettre aussi un peu du vôtre et essayer de vous détendre par vous-même. Dans cet état de relâchement que va vous procurer la potion, l'esprit est beaucoup plus ouvert et donc accessible. Il me sera donc plus facile d'y pénétrer et d'y travailler.
Harry tressaillit. Il n'avait pas envie qu'on travaille dans sa tête et eut envie de crier sa désapprobation. Il ne voulait plus perdre la mémoire, mais à quoi servirait-il de protester ? Snape ne lui laisserait pas le choix et cela se terminerait dans la douleur, comme toujours avec le maître des potions. Les cours d'occlumencie qu'ils avaient partagés ne cessaient de le lui rappeler.
Severus perçut le mouvement de rejet du garçon et ne put s'empêcher de le provoquer. Il s'était pourtant promis de se comporter convenablement avec Potter, mais c'était plus fort que lui : dès qu'il se trouvait dans les parages, il ne pouvait s'empêcher de le chercher.
Son comportement de la dernière fois n'avait été qu'un moment de faiblesse de sa part face à la détresse de son élève.
Alors qu'un sourire narquois étirait ses lèvres, le professeur fixa son regard dans celui de son vis-à-vis.
-Qu'est-ce qu'il se passe Potter ? Vous avez…peur ?
Mais contre toute attente, le gamin ne s'énerva pas. Seule l'angoisse qu'il ressentait transparut dans ses yeux. Severus, qui le regardait dans l'attente d'une réaction s'en rendit compte et son sourire s'affaissa.
-Professeur ? Se lança Harry, rassemblant son courage pour oser s'exposer ainsi à son froid interlocuteur.
-Oui Potter ? Lui répondit Severus que toute envie de provocation avait désertée.
En ce moment, Potter n'était plus qu'un adolescent effrayé et perdu et non plus Harry Potter, fils de James Potter, Gryffondor de son état.
-Professeur…euh…est-ce que vous allez…enfin, ce n'est pas que je…
-Soyez bref Potter.
Harry se racla la gorge.
-Est-ce que vous allez effacer tous mes souvenirs de ces trois dernières semaines ?
Severus comprit enfin le trouble qui habitait le plus jeune.
-Non Potter. Il a été convenu que je ne vous ferais oublier que les événements de la nuit problématique ainsi que les moments passés ici, ceux d'aujourd'hui compris.
Severus sentit le soulagement du Gryffondor.
-Vous êtes prêt maintenant ? Vous allez pouvoir vous détendre ?
Harry hocha la tête et saisit la fiole que lui tendit son professeur. Il ne pouvait que lui faire confiance. Rien ne garantissait que Snape agisse bien selon ses dires et il ne se souviendrait même pas de s'être fait berner. Mais ses amis avaient été avec lui ces derniers jours et Severus le savait. Il ne prendrait donc probablement pas le risque que Ron et Hermione se doutent de quelque chose si jamais il venait à ne plus se souvenir de leurs moments passés ensemble.
Harry ouvrit finalement la fiole et en vida le contenu d'un trait. La petite pointe de menthe qui lui resta en bouche n'avait rien de désagréable et aida beaucoup plus à sa détente qu'un vieux goût amer.
Harry sentit ses muscles se décontracter et son corps s'avachir sur lui-même. Une douce langueur l'entoura et le pouf sur lequel il était assis semblait être l'endroit le plus merveilleux au monde. Son esprit partit vagabonder dans toutes les directions et c'est avec difficulté qu'il dû se concentrer sur les paroles de son professeur, légèrement penché vers lui.
-Vous vous sentez bien Potter ?
-Hum, fut la seule réponse qu'obtient le plus vieux, qui prit ça pour un oui.
Severus sourit intérieurement, satisfait de lui-même. Il avait craint de ne pas l'avoir faite assez puissante pour détendre suffisamment son élève.
Il se leva de son pouf et s'avança jusqu'au plus jeune. Avec douceur, pour ne pas le sortir de son état de torpeur, il lui écarta les genoux et s'agenouilla entre eux. Dans cette position, leurs yeux se faisaient face, mais ceux d'Harry ne semblaient pas vraiment le voir.
Severus leva les mains et les plaça de part et d'autre du visage du jeune homme.
-Potter, concentrez-vous sur moi. Regardez-moi.
Le souffle chaud de son vis-à-vis lui caressait le visage, ajoutant à sa détente, mais Harry essaya malgré tout de suivre les consignes qui lui parvenaient à travers le flou cotonneux qui l'entourait. Il cligna des yeux et Severus vit qu'il avait l'attention de son élève.
-Bien Potter
Harry ne pouvait faire autrement que regarder les yeux noirs qui lui faisaient face. Maintenant qu'il les voyait, il n'y avait plus qu'eux qui étaient importants. Sans s'en rendre compte, il retomba dans son état de langueur, mais cette fois-ci, induit par le pouvoir vampirique.
Doucement, il ferma les yeux.
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Severus se recula légèrement tout en maintenant le corps de son élève pour l'empêcher de s'écrouler.
Pour le moment, tout se passait bien et Severus avait bon espoir que ça continue. Potter était toujours endormie. Il espérait juste que ça ne soit pas dû à l'effet de la potion…
-Potter ? Harry ? Souffla Severus.
Si tout se passait bien, le brun ne réagirait pas.
Harry ouvrit difficilement les yeux et revint peu à peu à lui.
-Hum ?
-Par Merlin ! Jura le maître des potions dans un souffle en se rapprochant du Gryffondor. Vous vous souvenez Potter ?
-Hum ? Je ne sais pas…peut-être…
-Oui ou non Potter ? s'énerva Severus.
-Oui.
La mâchoire de Severus se crispa. Inspirant et expirant profondément pour s'empêcher de s'énerver contre son élève qui n'y était pour rien, il reprit.
-Bon, ça n'a encore pas fonctionné, mais c'est encourageant, il y a eu de l'amélioration. Nous allons recommencer.
-Euh…oui, d'accord, si vous voulez.
Encore étourdi, Harry sentit malgré tout au regard de son professeur qu'il n'avait pas le choix et qu'il avait intérêt à la fermer.
Tous deux se remirent en position sans un mot. De nouveau, Harry plongea rapidement dans son état languissant sous l'effet combiné de la potion et du regard qui lui faisait face.
Il essaya de résister un peu plus longtemps contre ce pouvoir attracteur, plus par instinct de survie que par provocation, mais il finit par se laisser emporter.
N'osant bouger et prononcer un mot, Severus attendit. Comme Potter ne semblait pas réagir, il fit lentement descendre ses mains afin de relâcher en douceur le visage qu'il tenait. Après sa main gauche, il s'apprêtait à en ôter la droite quand son annulaire entra en contact avec la peau du cou de son élève.
Severus se crispa. Il le sentait. Il sentait le pouls battre à un rythme régulier contre son doigt. Il le sentait. Il le voyait.
Son regard ne pouvait plus se détacher de ce mouvement. Le sang qui coule, le sang qui pulse, n'attendant qu'une ouverture pour jaillir. Une toute petite ouverture pour s'échapper. Pour couler.
Ses autres doigts rejoignirent le premier et commencèrent à caresser la peau tendre.
Une toute petite piqûre. Toute petite…
-Professeur ?
Severus sursauta et s'arracha à sa contemplation. Il retira vivement sa main et se redressa, inconscient d'avoir rapproché son visage du cou de son élève.
-Professeur ? Qu'est-ce que vous faites là ?
Le professeur de potion se tendit et saisit l'épaule du jeune sorcier.
-Vous ne vous souvenez plus Potter ?
Harry lui lança un regard interrogateur avant de réfléchir.
-No…Non, je ne me rappelle p…
Son corps se crispa violemment sous la main de Severus et ses yeux se fermèrent. Liam surgit de nouveau devant lui dans cette ruelle sombre. Ses crocs le transpercèrent de nouveau. Il se réveilla de nouveau à côté de Guiliane. Son corps se tendit de nouveau de douleur.
La main d'Harry se crispa sur son cou, là où resurgissait la douleur de la morsure de Liam.
Il rouvrit les yeux.
Avant même qu'il n'ait prononcé un mot, Severus compris que Potter se souvenait de tout. Il soupira et s'assit sur ses talons.
-Je suis désolé professeur.
-Ce n'est pas votre faute Potter. Recommençons une dernière fois. Cela commence à marcher.
Sa main toujours sur son cou rappela à Harry celle de son Professeur qui caressait sa peau sous des yeux noirs remplis de désir. C'est l'image qu'avait surprise Harry en se réveillant. Sur le coup, il n'avait pas compris la signification de cette scène. Il ne se souvenait pas. Mais maintenant… Ce regard lui faisait peur. Il se rappelait qu'en usant de son pouvoir, Snape s'affaiblissait. Il devait alors…boire pour reprendre des forces.
Harry tressaillit.
-Professeur ? Vous êtes sûr que ça va aller ? Cela fait déjà deux fois que vous le faites.
Severus s'énerva. Pour qui se prenait ce gamin ? Il savait se contrôler !
-Tout va parfaitement bien Potter ! En place !
S'il avait été honnête avec lui-même, il se serait rendu compte que c'était risqué de continuer. Il avait déjà très soif et le souvenir du sang de Potter coulant dans sa bouche se faisait de plus en plus pressant et ne l'aidait pas à se contrôler. Mais l'énervement l'aveuglait. Il était toujours sur les nerfs quand il avait soif alors il ne tint pas compte de la sonnette d'alarme qui retentissait dans sa tête.
-Redressez-vous Potter, nous recommençons !
Il était si près du but, il n'allait pas abandonner maintenant pour une légère soif. Il avait confiance dans la maîtrise qu'il avait sur lui-même. Il savait se contrôler.
Il allait réussir cette fois-ci. Il ne pouvait pas échouer. Il détestait échouer.
Le même scénario se remit une fois de plus en place, mais la potion ne faisait plus autant effet. Harry ne se sentait pas aussi détendu que les fois précédentes et Severus n'était pas aussi concentré.
Pourtant, il n'en démordit pas et Harry plongea encore une fois dans l'inconscience.
Dès que Severus relâcha son attention, une violente vague de soif le submergea. Il haleta douloureusement et mit toutes ses forces en œuvre pour s'écarter de son élève tout en s'empêchant de le regarder. Comme si ne pas le voir pouvait faire diminuer l'appel du sang qui résonnait dans sa tête, dans son corps entier. Son souffle devint rauque sous l'effort fourni pour se contenir. Ses mains se crispèrent sur le jean d'un Harry toujours endormi. Il s'y agrippa pour s'empêcher de saisir autre chose, de toucher autre chose. Quelque chose comme de la peau, une pulsation, du sang. Ses doigts s'enfoncèrent dans le tissu rêche. Il fallait qu'il parte, qu'il sorte de cette pièce saturée d'odeurs toutes plus attirantes les unes que les autres. Qu'il s'éloigne de lui.
La douleur provoquée par les doigts de son professeur sortit Harry de sa torpeur. Il reprit conscience alors que le plus vieux continuait de lui comprimer les cuisses avec ses mains. Il gémit faiblement.
Severus ne contenait plus sa force. Il devait partir, mais le petit gémissement de douleur que lâcha le brun déchaina son instinct de prédateur. Sa proie était là, juste à portée de canines.
Harry comprit très rapidement ce qu'il se passait. Le souffle haletant, la tête baissée et les doigts crispés de son professeur dévoilaient sa soif. La peur le submergea. Il devait quitter cet endroit au plus vite.
Il essaya péniblement de se redresser sous la poigne du vampire à ses pieds et fit un pas de côté. Un pas de trop…
Sa proie avait peur. Elle voulait s'échapper. Mais il ne la laisserait pas faire. Elle était à lui. Il ne laisserait jamais partir un sang aussi bon.
À la pensée du sang divin, toutes les barrières de Severus cédèrent. La folie se déchaîna dans sa tête, dans son corps. Il était un vampire. Il avait soif. Il avait une proie.
Severus se redressa d'un bond et plaqua Harry sur le sol. Son souffle se bloqua dans ses poumons sous la violence du choc et le poids du vampire au-dessus de lui l'empêchait de le reprendre. Il essaya de crier pour alerter quelqu'un, mais aucun son ne sortit.
Une des mains de son professeur lui maintint la tête au sol tendit que l'autre bloquait son épaule gauche. Il ne pouvait plus bouger.
Severus pencha la tête de sa proie sur le côté, dévoilant un cou effilé, une peau douce et tendre sous laquelle pulsait une artère tant attendue et désirée. Il essaya de se contenir pour profiter du moment. Son visage descendit vers ce cou délicieux et imprégna tous ses sens de l'odeur délicieuse qui en émanait. Sa langue darda entre ses dents et vint caresser cette peau offerte. Son goût le fit gémir. Il savait à quoi s'attendre, il connaissait déjà la saveur qui allait bientôt se répandre dans sa bouche, dans son corps et cela ne fit qu'accentuer son désir. Il allait enfin pouvoir y goûter à nouveau.
Il en oublia tout le reste. Juste ça. Ce sang. Qu'importe la sensation d'interdit qui l'oppressait. Il avait désespéré de ne pouvoir sentir de nouveau ce sang sur sa langue. Il n'allait pas abandonner maintenant, malgré un vague instinct éloigné qui l'enjoignait de se retenir. Il se savait plus pourquoi il avait dû s'empêcher de savourer ce liquide vital jusque là. Plus rien n'avait d'importance.
Severus lécha une dernière fois le carré de soie sous sa langue avant de faire jouer ses crocs sur l'épiderme tendu.
Sans jeter un regard pour son élève, il perça la peau d'une pression. Sans attendre, le liquide carmin s'écoula dans sa bouche, se répandit dans sa gorge. Une vague de plaisir le submergea, étouffant le cri d'agonie de sa proie qui résonna dans la pièce.
Le corps d'Harry s'arc-bouta sous la violence de la douleur. Severus y colla le sien, rapprochant son corps de cette source de plaisir.
Il ne voulait pas s'arrêter de savourer cette douceur qui comblait enfin le vide en lui. Il ne pouvait pas. Ce serait du gâchis de ne pas en profiter un maximum. Jusqu'à l'infinie.
Mais l'infinie se réduisit considérablement quand une secousse l'envoya s'écraser contre le mur.
Harry hurla de douleur quand les crocs furent violemment retirés de son corps par le sort et sa main se crispa sur sa baguette qu'il venait d'utiliser, mais il ne s'attarda pas sur cette sensation. Il rassembla ses forces pour se lever et s'échappa de la pièce avant que le vampire n'ait eu le temps de reprendre ses esprits, perdu sous la violence du choc. Un humain normal aurait mis plusieurs minutes voir plusieurs heures à s'en remettre avant de pouvoir se relever et courir vu la violence du choc, mais Harry ne savait pas à quoi s'attendre de la part d'un vampire. Et il n'attendit pas pour le savoir.
Sans regarder derrière lui, il s'élança dans le couloir, sa baguette toujours en main et utilisa tout ce qui lui restait de force pour ne pas trébucher sous l'étourdissement et se souvenir du chemin pour sortir du repère.
Il ne sût s'il croisa d'autres vampires, si quelqu'un le poursuivait. Tout ce qui comptait était de partir le plus rapidement possible d'ici et de se retrouver en sécurité chez lui.
Quand il déboucha enfin dans la rue, il faisait nuit noire, mais Harry n'y fit pas attention. Il transplana et n'eut que le temps de rentrer dans la maison de Sirius avant que les points noirs qui défilaient devant ses yeux n'envahissent sa vision et qu'il sombre dans l'inconscience.
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Quand l'étourdissement provoqué par la rencontre de sa tête avec les briques du mur se fût un minimum dissipé, Severus put enfin se redresser sans chanceler et c'est dans un cri de rage qu'il se rua vers la porte ouverte.
Il n'eut pas le temps de la passer qu'il percuta un corps, lui bloquant le passage.
-Bordel Severus, qu'est-ce qui se passe ? J'ai entendu des cris venir d'ici et vu le gamin s'enfuir en courant. Severus ?
Ulver commença à s'inquiéter quand il remarqua que Severus ne l'écoutait pas, trop occuper à essayer de le faire bouger de l'embrasure de la porte.
Mais Ulver était trop vieux et trop fort pour que Severus espère le faire bouger.
Un mauvais pressentiment commençait à s'insinuer en lui. Il saisit le cou de Severus avec violence et l'obligea à lui faire face. Les yeux noirs, les crocs découverts et le souffle haletant qui charriait une odeur de sang lui firent très rapidement comprendre la situation. Toute l'ampleur de la situation. C'était la troisième morsure.
Il cria dans le couloir et son appel rameuta un petit groupe de vampire auquel il expliqua la situation.
-Enfermez Severus et attachez-le. Il ne doit absolument pas sortir jusqu'à ce qu'il ait retrouvé tous ses esprits. Stephen ! Gills ! Essayez de retrouver le petit.
Quand il fut enfin libéré de la charge de Severus, Ulver marcha quelques mètres dans le couloir et trouva Guiliane recroquevillée derrière un angle du mur, au bord des larmes. Sans attendre une minute de plus alors qu'il ressentait son désespoir depuis tout à l'heure, il la prit tendrement dans ses bras et la berça doucement en lui soufflant des mots rassurants. Guiliane laissa enfin libre cours à ses larmes.
-Ne t'inquiète pas mon ange. Severus va bientôt reprendre ses esprits. Tout va bien se passer. Il a eu un moment de faiblesse. Ça arrive aux meilleurs d'entre nous. Depuis le moment qu'il se retenait de boire du sang frais, ça devait bien arriver un jour.
-Il va tellement s'en vouloir ! Je ne sais pas s'il s'en remettra. Il se sentait déjà tellement coupable pour ce qu'il a fait plus jeune. Il n'allait déjà pas bien avant. Sanglota Guiliane.
-Je sais ma belle, mais nous serons là pour le soutenir. Tu sais combien il t'apprécie et prend en compte ton jugement. Tu es une des rares personnes à qui il fait confiance. Tu sauras le rassurer, l'aider à s'en remettre.
-Et Harry ? Qu'est-ce qui va se passer ?
Le silence de son compagnon la fit trembler de peur. Elle gémit en imaginant l'état dans lequel ils allaient retrouver Severus quand il aurait pris conscience de ce qu'il venait de faire. Elle appréciait beaucoup Harry malgré le peu de temps passé avec lui, mais pour le moment, ses pensées étaient focalisées sur Severus. Il était déjà tellement torturé.
- Calme-toi mon amour. Ce sera à Severus de décider quand il aura retrouvé ses capacités. Nous ne pouvons qu'être là pour le soutenir dans son choix.
Ulver croyait ce qu'il disait, mais il ne savait si Severus ferait le meilleur choix pour lui.
À suivre
