Auteur: Si on prenait le temps

Titre: La liste

Disclaimer : Les personnages et le cadre de Poudlard appartiennent à J.K.R, je ne les utilise que pour inventer mes propres histoires, sans en tirer profit

Rating: M pour des relations explicites entre deux hommes et pour un langage cru dans certains passages.

Pairing + Warning: HP/DM, mon couple préféré. Homophobes, s'abstenir.


Note: Bonjour, j'avais dit que je publierai la suite mercredi mais je me suis rendue compte que je ne serai pas là! donc, j'ai mis un grand coup de collier et j'ai terminé la correction ce soir. Je n'ai plus les yeux en face des trous alors pardonnez-moi si il reste encore des fautes…

Bonne lecture…


Chapitre 4 : Liste des questions à ne pas me poser


Après le déjeuner, je suis remonté dans la chambre pour écrire un nouveau message à Severus. J'en ai profité pour lire entièrement la lettre accompagnant les potions.

Draco,

J'espère que la famille de Potter se comportera bien à présent. Je passerai d'ici une semaine pour m'en assurer. Entre temps, veille sur Potter. Je te rappelle aussi que tu dois lui apprendre l'occlumencie. Je le testerai à chaque fois que je viendrai. Il a intérêt à avoir progressé. Ecris-moi à chaque fois qu'il fera des cauchemars. C'est très important, je compte sur toi. En ce qui concerne Parkinson et Zabini. Ils ont reçu la marque hier. Leur initiation a duré toute la nuit. Je n'ai pas d'autres nouvelles.

Severus.

Le temps que je finisse, Harry m'avait rejoint.

- Mauvaise nouvelle, Harry. Severus veut absolument que tu apprennes l'occlumencie. Il viendra la semaine prochaine pour s'assurer que les Dursleys n'ont pas réitéré leur exploit de ce matin et pour être sûr que tu progresses.

- Ça va être une catastrophe. Je te préviens tout de suite. Quand Rogue a essayé de m'apprendre, je suis entré dans sa tête et j'ai vu des choses pas très jolies qui n'ont pas améliorées nos relations.

- Ne t'inquiète pas, on verra en temps voulu. Je pense qu'on peut commencer ce soir. Je t'ai laissé un bout de parchemin pour que tu mettes la somme que tu veux qu'il retire dans ton coffre et que tu signes.

Il me fit encore son sourire dont je suis si jaloux (c'est d'ailleurs pour ça que mon cœur se met à battre plus vite à chaque fois), et s'agenouille à côté de moi pour écrire sur le lit. Il gribouille d'une écriture penchée et signe d'un HP stylisé. J'aime beaucoup son écriture. (Je vais rajouter ça à ma liste).

- Bien, on va envoyer ton hibou. Au fait, comment il s'appelle ?

- Montaigne.

- Ce n'est pas le nom d'un écrivain français moldu ?

- Si pourquoi ?

- Bah, déjà, comment tu connais Montaigne ?

- Tu as beaucoup de choses à apprendre sur moi, Harry.

- C'est ce que je constate.

Il a fini sa phrase sur un sourire énigmatique et s'est relevé. Mon hibou a un peu protesté de se faire manipuler par quelqu'un d'autre que moi, mais ce n'est rien comparé au raffut qu'a fait sa chouette en voyant qu'elle ne faisait pas partie du voyage. Harry a du lui faire toutes ses excuses et lui promettre de l'envoyer bientôt chez les Weasleys pour qu'elle se taise enfin.

- Bon, alors, ces courses, on va les faire ?

Je suis plutôt enthousiaste à cette proposition. Je me lève donc et ouvre l'armoire.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je m'habille. Je ne vais quand même pas y aller en jean et tee-shirt !

Il me regarde bizarrement, puis semble avoir une illumination.

- Tu n'as jamais fais les courses dans un supermarché moldu !

- Bien sur que non !

- Dans ce cas, je peux te dire que ce n'est pas comme les sorties à Préaulards, où tout le monde s'habille bien pour impressionner les filles… ou les garçons.

Il s'est reprit rapidement en ajoutant « les garçons ». Je me souviens effectivement de filles habillées très sexy sans leurs uniformes de Poudlard…

Il me tire par la manche et m'entraîne dans le couloir.

- Tu devrais jeter un sort de collaporta, pour être sur que personne n'entre et ne fouille nos affaires. Tu ne peux pas savoir à quel point c'est humiliant de ne pas avoir d'intimité.

Je m'exécute et le suis jusque dehors. La chaleur est étouffante.

- Il ne fait jamais aussi chaud d'habitude. C'est étrange. Fait remarquer Harry.

- En effet, avec la montée en puissance du Seigneur des Ténèbres, je pensais bien que le climat changerait. La magie noire a des influences sur les saisons et les vents. Mais je ne pensais pas que cela réchaufferait l'atmosphère.

- On va marcher pour aller jusqu'au supermarché. Je pense qu'il faut éviter de prendre le bus après l'expérience de la voiture, hier.

Il me sourit d'un air contrit et je lui en suis reconnaissant. Je ne tiens pas à me faire remarquer dans le bus.

Nous marchons donc une petite demi-heure sous un soleil de plomb, et je sens que je dégouline de sueur. J'ai horreur de ça. Par contre, je trouve que Harry à l'air encore plus sexy comme ça (c'est encore la jalousie qui parle). Je ne pense pas être très sexe avec les cheveux plaqués sur mon front et le tee-shirt collé à ma peau. Harry me jette des coups d'oeils de temps en temps. Il croit que je ne le remarque pas. Peut-être qu'il envie mes abdos qu'on voit se dessiner à travers mon tee-shirt. J'en doute parce que les siens sont pal mal non plus.

Nous arrivons enfin devant le magasin et j'ai un temps d'arrêt. Je vois les gens se présenter devant les portes de verre et celles-ci s'ouvrent sans pour autant qu'ils ne les aient touchées.

- C'est de la magie ! Comment est-ce possible ?

- Quoi dont ? Me demande Harry que ça ne semble pas perturber plus que ça.

- Les portes ! Elles fonctionnent comme au ministère !

- Ah ça, non, c'est une technologie moldue.

- Moldue ? Le ministère utilise une technologie moldue ?

Alors là c'est la quatrième dimension.

- Non, répond-t-il en rigolant ou plutôt en se foutant de ma gueule. Le ministère a ensorcelé ses portes. Ici, les moldus ont inventé un système qui détecte la présence des gens et qui fait s'ouvrir les portes avec l'électricité.

- Les moldus sont quand même ingénieux, il faut le reconnaître.

- Je n'arrive pas à croire qu'un Malfoy ait pu dire ça.

- Un Malfoy reconnaît ses erreurs.

Il faut aussi le rajouter à la liste des qualités d'un Malfoy. Quoique je ne suis pas sûr que cela soit compatible avec le fait qu'un Malfoy est sûr de lui et arrogant. A voir ultérieurement.

- On y va ou tu préfères regarder les portes pendant que je me tape les courses tout seul ?

- C'est bon, tu permets que je m'intéresse quand même ?

- Oui, mais j'aimerais que tu t'intéresses à ce qui se passe à l'intérieur parce que je suis en train de cuire en plein soleil.

- J'te suis, en plus avec la peau que j'ai, je vais me chopper un coup de soleil.

- Je te passerai de la crème.

Je rêve ou sa voix s'est faite enjôleuse. Non, je ne rêve pas ! Il est en train de rigoler devant ma tête d'ahuri ! Tu veux jouer à ça ?

- Non, Harry, ça c'est mon rôle. Tu as oublié ?

Voilà. Il rigole moins. Il est même écarlate. Et ce n'est pas à cause du soleil. Je peux être un allumeur moi aussi, quand je veux.

Nous entrons enfin dans le magasin pour nous recevoir un vent glacial juste au-dessus de la tête. Je sens un frisson me parcourir.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

- La climatisation. Ils ont du la régler trop fort. Tu ferais mieux de nous lancer un sort de séchage discrètement parce qu'on va être malades. Nos tee-shirts sont humides de transpiration.

Je m'exécute donc. Je commence à en avoir doucement marre d'être le seul à pouvoir me servir de ma magie. C'est moi qui fais toujours tout !

- Comment ils font les moldus ? Eux aussi ils transpirent !

- Oui, et ils sont tout le temps malades à cause des chauds et froids.

Ah ! Pas si malin que ça les moldus, hein… Bon je ne vais pas faire part de cette remarque à Harry parce que je ne pense pas qu'il le prenne très bien. Au fait, depuis quand je fais attention à ce que pense Harry ? Peut-être depuis que je l'appelle Harry… Je crois que j'ai levé les yeux au ciel parce que Harry me regarde bizarrement. Il ne manquait plus que ça. Il doit croire que j'ai plusieurs personnalités. C'est peut-être pas tout à fait faux…

Nous avons mit presque une heure à faire les courses. Et Harry n'a pas arrêté de se foutre de ma gueule tout le long. Ce n'est pas de ma faute si c'est la première fois que je fais les courses ! C'est quoi tous ces aliments sous plastique ? Comment veut-t-il que je choisisse du jambon alors qu'il y a un étalage impressionnant de boites de plastique plates dans des armoires réfrigérées ? Je n'ai pas honte de dire que j'étais totalement perdu. D'ailleurs je ne me suis sentit bien que dans le rayon des produits frais. Au moins je savais reconnaître une carotte et une tomate. Les moldus ne les ont pas encore cachés dans du plastique. Quoique j'ai vu des pommes enfermées dans un sac. Nous avons fait le plein de fruits et légumes, de viande maigre, et de poisson. Nous en avons acheté pour toute la famille Dursley. Notre tactique étant de faire croire à la tante Pétunia que Severus est très à cheval sur les repas équilibrés.

Je ne l'avouerais que sous la torture, mais je me suis bien amusé à pousser le caddie. Bon, j'ai roulé une ou deux fois sur les pieds d'autres clients… bon, cinq fois. Mais c'était marrant. Surtout quand le petit vieux en a perdu sa béquille. Harry n'était pas très content, mais je me suis excusé auprès du vieux et Harry n'a rien pu dire. Je suis d'une politesse exemplaire, même envers les moldus.

Là où j'ai un peu tiqué, c'est quand il m'a dit qu'il fallait laisser le caddie au magasin. J'ai cru qu'il n'était pas sérieux au début, mais il a commencé à retirer les sacs (encore en plastique) du chariot.

Voilà comment je me retrouve, en plein cagnard, à 5 heures de l'après-midi a charrier des sacs qui font deux fois mon poids.

- La prochaine fois, on prendra le bus, même si je suis malade.

- La prochaine fois, on fera les courses avec tante Pétunia. Me réponds Harry. Je ne compte pas payer le régime de Dudley toutes les semaines. Mais par contre, il faudra prendre la voiture.

A ce mot, mon estomac a fait une embardée. Mais je n'ai pas vraiment le choix, alors…

Quand nous entrons dans la maison, notre bonne humeur relative descend dans nos chaussettes. Ils sont revenus. Nous nous dirigeons vers la cuisine pour poser nos sacs et nous y trouvons la tante Pétunia.

- Bonjour. Dit Harry qui la voit pour la première fois de la journée.

- Harry ! Comment vas-tu ?

- Bien, merci. Répond-t-il avec des yeux incrédules.

- Tu as écrit à Severus pour lui dire que tu allais mieux ?

- Oui, oui, ne t'inquiète pas. Il m'a même conseillé de bien manger et de faire des repas équilibrés. Alors nous sommes allés faire des courses pour ce soir.

- Manger équilibré ?

Elle ne semble pas savoir ce que cela veut dire.

- Oui, nous avons pris du poisson et des légumes.

- Heu… Mais, c'est-à-dire que je ne sais pas si Dudlynouchet va aimer…

- Oh, ce n'est pas grave. Je vais dire à Severus que je ferai nos propres repas et…

- Non, non, non, je ne veux pas qu'il croit que je ne m'occupe pas bien de vous. Donne-moi les courses et dis-moi combien je vous dois.

Nous remontons dans notre chambre en attendant l'heure du repas. Harry a les poches pleines. Sa tante lui a même donné un pourboire pour le service rendu.

- Je n'arrive toujours pas à croire qu'elle se comporte si différemment. Me dit Harry en se jetant sur son lit.

- Je me demande si elle va se rendre compte que Severus n'est pas intéressé.

- Tu crois qu'il pourrait… Je ne sais pas moi… se forcer ?

Harry est plein d'espoir et ça me fait presque de la peine de lui faire perdre ses illusions.

- Franchement, imagine-toi à sa place. Moi, je serais incapable de lui faire le moindre mal… si tu vois ce que je veux dire.

Il est de nouveau très rouge. Je crois qu'il voit clairement à quoi je fais référence.

- Ok, on va essayer de faire en sorte que la tante Pétunia garde ses illusions encore un moment alors.

Nous restons sans rien dire pendant plusieurs minutes quand je me décide à parler des choses qui fâchent.

- Harry, tu veux qu'on commence les leçons d'occlumencie ?

Il émet un petit bruit que je qualifierai de gémissement ou de lamentation avant de lever les yeux vers moi.

- Draco, on vient à peine de commencer à se parler cordialement, je ne crois pas que ce soit une bonne idée de me laisser entrer dans ta tête.

- J'essayerai de faire en sorte que cela n'arrive pas, dans ce cas.

- Même Rogue, n'a pas pu m'en empêcher.

- Tu sais, je peux me vanter d'être plus fort que Severus au moins dans ce domaine. Il n'y a aucun risque. Mais peut-être que c'est toi qui as peur que je rentre dans ta tête ?

Il rougit furieusement et je ne comprend pas pourquoi. A moins qu'il me cache des choses pas glorieuses ou intimes… Pourquoi mon cœur bat plus vite tout à coup ?

- Bon, aller, faisons un essai. Me dit-il.

Nous asseyons l'un en face de l'autre sur nos lits respectifs. Nos genoux se touchent tellement la chambre est petite.

- Bien, Harry. Ferme les yeux et vide-toi la tête.

- C'est ce que me disait Rogue, mais je n'arrive pas à ne penser à rien, c'est impossible. Personne ne peut y arriver.

- Je sais bien. Je ne te demande pas de ne penser à rien. Je veux que tu penses à une seule chose. Tu prends une image rassurante pour toi et tu ne penses qu'à ça. Tu en trouves une ?

Il me fait oui de la tête, les yeux fermés.

- Bien, laisse cette image envahir ta tête, tes pensées. Ton monde se limite à cette image.

- Ce n'est pas bien difficile… murmure-t-il.

- Tu vois, tu fais des progrès ! Je vais essayer d'entrer dans ta tête. D'accord ?

Après un acquiescement, je ferme les yeux à mon tour et me concentre. Je ne l'ai fait que rarement, et ça me demande une concentration intense. J'ai plus l'habitude de me servir de l'occlumencie que de la légilimencie. Je pense à lui très fort. Je pense à ce que je voudrais voir en lui, à des moments de sa vie…

Je crois que je suis enfin dans sa tête. C'est un beau bordel. Il y a des tas d'images qui passent sans que je puisse en distinguer une réellement. C'est déjà un bon point. Ses pensées sont tellement embrouillées qu'il est difficile de se faire une idée de ce à quoi il pense. Cependant, je vois une image qui se distingue des autres. Elle revient sans cesse. Je pense que c'est l'image à laquelle je lui ai demandé de penser. Il essaie de la faire revenir au premier plan quand il sent ses pensées prendre le dessus. Et je suis choqué par ce que je vois. L'image qui est sensée le rassurer s'est passée ce matin. C'est moi. Mon visage penché sur le sien, mes mains prêtes à le toucher pour cicatriser ses blessures. Un frisson me parcours. Non seulement il a changé d'état d'esprit envers moi, mais en plus, il me considère comme quelqu'un de fiable, de rassurant. Est-ce que j'ai la même image de lui ? Oh que oui. Et depuis toujours je dirais. Après tout, c'est un Gryffondor. Il est fiable, protecteur, et puissant. Mais je ne suis pas un Gryffondor et pourtant il se dit la même chose de moi.

J'essaie de me reconcentrer, ce qui n'est pas évident du tout. Je rentre plus profondément dans ses souvenirs et mon image disparaît peu à peu. Il n'a plus de barrière et il ne fait rien pour me repousser. Il va falloir qu'on travaille là-dessus. Je pousse encore un peu et je vois un souvenir. C'est le plus récent je pense. Il s'agit de son cousin, entrant dans sa chambre. Il y a effectivement deux lits. Il s'agit du souvenir de ce matin.

- Dudley, sort de là s'il te plait. Draco ne va pas être content que tu entres dans notre chambre.

- Je suis étonné que vous ne fassiez pas lit commun. Dit Dudley en regardant les draps de mon lit défait. Des erreurs de la nature comme vous deux, ça ne m'aurait pas étonné plus que ça.

Je sens bouillir mon sang dans mes veines encore fois. Harry a une expression blessée sur le visage. Ses yeux sont éteints. Il n'y a pas d'être plus parfait que lui, comment peut-on croire que Harry soit une erreur de la nature ? (Bon encore une pensée que je vais devoir enfouir au plus profond de moi-même…).

- Dudley, ta mère ne va pas être contente de savoir que tu es entré ici…

- Ce que ma mère ne sait pas ne peut pas lui faire de mal.

Dudley se rapproche dangereusement de Harry et celui-ci se redresse dans son lit, prêt à en découdre.

- Par contre, toi, tu vas avoir mal, espèce de sale petit pédé.

S'en est trop, je sors de sa tête au moment où Dudley se jette sur lui, le poing serré. Harry s'est recroquevillé. Les yeux baissés. J'ai une furieuse envie de le toucher. De le réconforter. De lui dire que tout va bien maintenant. Mais j'ai l'impression que ce serait une erreur. Alors tout ce que je trouve à dire c'est :

- Tu n'as rien fait pour me faire sortir, Harry. A partir de quand as-tu sentit que je m'immisçais dans tes pensées ?

- Tout de suite.

- Et tu as essayé de visionner ton image réconfortante. C'était moi, n'est-ce pas ?

Il se recroqueville encore plus. J'ai l'impression qu'il attend que je me moque de lui, ou que je le rejette. Mais je n'en ai pas du tout envie.

- C'est bien. Je l'ai vu revenir régulièrement pour passer au premier plan de tes pensées. C'est un bon début.

Il relève alors ses yeux vers moi et me regarde, surpris.

- Maintenant, il faut que tu apprennes à me rejeter, quand tu sens que je vais aller de l'avant. Ok ?

- Comment ?

- Il faut que tu me forces à voir les images que toi seul veux bien me laisser voir. Tu peux choisir l'image de tout à l'heure. Je suis un peu narcissique…

Il pouffe de rire et je me sens beaucoup mieux.

- Bon, allez, on recommence.

Il ferme instantanément les yeux et je me concentre. Cette fois-ci, mon image est beaucoup plus stable. Certaines pensées viennent interférer, mais jamais longtemps. De nouveau, j'essaie d'aller plus loin. Encore une fois il ne fait rien pour me retenir.

- Aller, Harry. Fais un effort, tu vois que suis allé trop loin. Je vois ton parrain, Sirius. Le ministère, et une grande arche…

Je me fais expulser violemment, et me sens partir en arrière. Ma tête heurte le mur derrière moi et je comprend ce que signifie voir trente six chandelles.

Je suis un peu sonné et quand j'ouvre de nouveau les yeux c'est pour tomber sur deux orbes verts, juste au-dessus de moi. C'était donc ça le poids que je sentais sur mes jambes. Harry est assis à califourchon sur moi. Ma tête entre ses mains.

- Excuse-moi Draco. Ça va ? Montre-moi ta tête.

Il n'attends pas d'avoir mon autorisation pour me faire baisser délicatement la tête et se penche encore plus sur moi. J'ai le nez dans son cou et s'est fou comme je me sens détendu. Sûrement un effet secondaire de mon choc à la tête.

- C'est rien tu vas avoir une belle bosse. Je vais te donner une potion. Ça ira mieux après.

Je sens le poids sur moi disparaître et j'ai froid. Pourtant il doit bien faire 30 degrés dans cette chambre. La chaleur revient en même temps que Harry se replace au-dessus de moi.

- Je suis vraiment désolé, Draco. Je ne sais pas ce qui s'est passé.

- Moi je sais, tu as enfin réussit à me faire sortir de ta tête. J'ai trouvé un point sensible, n'est ce pas ?

Je ne vois pas son visage, mais je peux sentir son corps se tendre.

- Oui. C'était le jour de la mort de Sirius.

- Tu n'as pas voulu que je vois ça.

- Non, c'est… trop personnel. Trop douloureux.

Il continue de me masser le crâne pendant encore quelques minutes et je ne peux m'empêcher de fermer les yeux sous le bienfait que m'apportent ses gestes doux. C'était trop beau pour durer (encore un sentiment à enfouir au plus profond de moi-même…). La porte de la chambre s'ouvre brusquement pour faire apparaître Dudley, tout sourire.

- Je le savais ! Quand maman va savoir ça, elle ne voudra plus vous avoir sous son toit et elle vous mettra dehors. On sera enfin débarrassés de toi ! Fait-il en pointant Harry du doigt.

Ce dernier, toujours assis sur moi, ma tête dans ses mains, est rouge écarlate. Je crois que je ne suis pas mieux. Effectivement, vu de l'extérieur, la scène peut porter à confusion. Vu de l'intérieur aussi maintenant que j'y pense.

- Dudley, fait Harry en se relevant et en lâchant finalement ma tête qui retombe un peu en arrière, sous le coup d'un manque de soutient. Ou d'un manque tout court ? Sil te plait, ne nous oblige pas à te faire du mal.

Harry a un air suppliant mais je sais que c'est juste pour me laisser le temps d'attraper ma baguette. Une fois que c'est chose faite, Dudley a l'air beaucoup moins sur de lui. Je prends alors la parole.

- Dudlynouchet, tu nous feras le plaisir de ne pas dire un mot de ce que tu as pu voir dans cette chambre à quiconque. Si tu le fais, je serai au courant. Et crois-moi, ça ne me fera pas plaisir.

Il n'a pas l'air rassuré devant mon air déterminé. Je n'ai rien perdu de mon pouvoir menaçant.

- Tu te souviens du sort que je t'ai lancé ce matin ? Pense à tout ce que deux erreurs de la nature comme nous pourraient te faire si tu es sans défense… soumis…

Dudley passe assez rapidement du blanc cadavérique au vert écoeuré et part presque en courant de la chambre. Je suis assez fier de ma prestation. Je me tourne vers Harry, qui lui, ne rigole pas.

- Quoi ? Ne t'inquiète pas, il ne dira rien à personne, je crois que je lui ai fait un peu peur.

Je lui souris calmement et pourtant, il est toujours tendu, les poings serrés.

- Draco, assied-toi. Il faut que je te dise quelque chose.

Ah, il a l'air sérieux. J'ai encore fait une connerie.

- Voilà, il n'a pas tord.

Il a lâché sa phrase et a replié ses jambes contre lui, son menton sur ses genoux et les yeux baissé. L'image même de la culpabilité. Mais de quoi est-il coupable ?

- Harry ? Je crois que tu n'as pas finit ta phrase. Ou alors, c'est moi qui n'ait pas compris…

- Je le suis. Je suis gay, il avait raison.

Bien. Pourquoi mon cœur bat la chamade en me disant que c'est une information non négligeable qui pourrait se révéler intéressante pour la suite ? Pour la suite de quoi ? Une question à rajouter à ma liste qui s'allonge mine de rien, si on fait le compte :

J'ai besoin de le protéger.

Ça me fait de la peine de le voir sans défense.

J'ai envie de tuer Dudley a mains nues pour avoir osé le toucher.

Je suis fébrile à chaque fois qu'on se touche.

En même temps, je me sens étrangement bien à son contact.

J'ai fait une liste de ce qui qualifie Harry et il n'y a que des qualités.

Notre comportement a changé l'un envers l'autre sans que j'aie d'explication.

Il est gay et j'ai des papillons qui volent partout dans mon estomac.

Voilà, ma liste des assertions qui suscitent des questions sur moi dont je n'ai pas la réponse. Tiens, une autre question : Pourquoi toutes ces interrogations ont un rapport avec Harry ?

Je me rends compte qu'il attend toujours que je réponde, son front maintenant sur ses genoux. Plus ça va et plus il se ratatine. On dirait qu'il veut disparaître.

- Granger et Weasley le savent n'est-ce pas ?

- Je crois qu'ils l'ont su avant moi.

J'ai eu du mal à entendre sa réponse. Il l'a murmurée.

- Harry, tu n'as pas honte, n'est-ce pas ?

Il ne répond pas. Quel stupide Gryffondor issu d'une famille moldue rétrograde et intolérante !

- Harry ? Tu ne vas pas me dire que tu as peur de la réaction des gens ? Qu'est-ce que tu en as à foutre ?

- Comment ?

Il relève la tête et ses magnifiques yeux dégoulinent de larmes.

- C'est pas vrai ! Granger et Weasley ne t'ont pas rassurés ?

- En fait, on n'en a jamais parlé. Ils faisaient bien des allusions mais je ne voulais pas les écouter au début. Et puis, ma relation a commencé à se détériorer avec Ginny. Je ne pouvais plus la supporter. Supporter sa voix, ses gestes intimes, ses caresses. Je me suis dit que quelque chose clochait. J'ai vite compris quoi quand j'ai commencé à penser à autre chose.

- Aux garçons ?

- Si on veut.

- Comment ça, si on veut ?

- Rien. Bref, ça n'a plus fait un doute quand Terry Boot m'a embrassé dans les vestiaires. Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça.

- Moi non plus, mais, continue. Ça te fait du bien.

Il souffle et poursuit.

- On a continué à sortir ensemble et puis Ron a remarqué que je découchais.

Ah, parfait. Pourquoi je ne suis pas heureux que Harry soir épanouit sexuellement parlant ? Encore une question sans réponse.

- Il n'a pas été content au début. Il croyait que j'allais rejoindre sa sœur. J'ai inventé des excuses bidons mais Hermione aussi a eut des soupçons. Alors j'ai rompu. C'était pas plus mal. Je ne voulais pas continuer avec lui. Mais bon, c'était un bon dérivatif.

- Dérivatif à Ginny ?

- Non, à quelqu'un d'autre qui ne voulais certainement pas de moi.

Qui peut être assez idiot pour rejeter Harry ? Même moi, je crois que j'y réfléchirais à deux fois. Houlà, très mauvaise pensée ça pour un hétéro. Il continue sans donner le nom de la personne. Pourtant j'aurais aimé savoir qui c'était. Aimer non. Je désire ardemment savoir qui est l'élu de l'Elu (ironique non ?).

- Bref, je ne pouvais plus mentir à Ginny. A Ron et Hermione par la même occasion. Donc j'ai rompu avec elle aussi. Voilà toute l'histoire. Tout ça pour dire que Dudley avait raison à mon propos.

- Non, il a tord. Tu es loin d'être une erreur de la nature, crois-moi. Et puis, il a dit ça parce qu'il est jaloux.

Je vois bien qu'il est surprit. Je lui fais alors mon sourire supérieur signé Malfoy.

- Il est jaloux parce qu'il croit que tu as réussit à mettre la main sur une créature telle que moi !

Il sourit enfin et finit par éclater de rire.

- Merci Draco. Merci vraiment.


Je vous ai déjà remercié pour vos reviews ? Je le redis quant même : MERCI !

Si on prenait le temps