Comme le font les gouttes de pluies
Auteur: Frisouille
Livre: Harry Potter
Couples: HP/DM ; RW/HG ; il y aura d'autres couples, mais je refuse de vous spoiler ^^
Rated: T
Disclaimer: Les personnes ne m'appartiennent évidemment pas =)
Note de l'auteur:
Bonjoir à toutes et à tous !
J'aimerais vraiment que vous lisiez cette petite note, car je tiens à préciser certains points qui me semblent très importants.
Donc, premièrement, je n'ai absolument aucune compétence en psychologie si ce n'est celle de comprendre correctement la détresse psychologique d'un cochon d'Inde affamé. Je vous dis ceci, car les personnages de ma fanfiction subissent des troubles psychologiques dus à la guerre et ils auront à y faire face afin de s'en détacher au fur et à mesure. Les solutions qu'ils trouveront ici viennent de mon imagination.
Deuxièmement, mes personnages sont très OOC au début, mais évolueront bien évidemment et retrouveront par là même certaines de leurs caractéristiques. Peut-être pas toutes car ils ont grandi et évolué.
Et troisièmement, comme vous l'avez lu et vu, je suppose, ici pas de lemon. Désolée pour celles et ceux qui en sont friands, cette fic ne se fondera que sur les sentiments et l'évolution psychologique des caractères.
J'ai lu et relu et re-re-relu, mais bon, à force de lire 50 fois le même texte, on finit par passer à côté de fautes. Si vous en voyez, n'hésitez pas à me les signifier, je les corrigerai immédiatement. Des bisous et bonne lecture =)
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Chapitre 2 : Ron et les autres
10:30 – un couloir parmi tant d'autres
Minerva traversait les couloirs d'un pas vif presque rageur tandis qu'elle parlait à Elvira :
« - Je n'arrive pas à croire que vous ayez osé fumer devant eux ! Je vous avais expressément demandé de ne pas le faire ! Les règles ici doivent être suivies par tout le monde et plus particulièrement les professeurs. Vous n'êtes pas au-dessus des règles Miss Etumosarti me suis-je bien fait comprendre ?! »
Marchant d'un pas bien plus lent, Elvira levait les yeux au ciel et grimaçait tant que faire se peut aux propos de la directrice.
« - Oh Minerva, ils n'ont pas quinze ans, ils ont fait la guerre et je pense qu'ils avaient autre chose à penser que « Oh mon Dieu, notre professeure fume devant nous, et si nous nous mettions à l'imiter ?! », je vous avais prévenue en plus que, parler de mon histoire me stressait comme une poule dans un magasin de blé ! »
Se stoppant net, McGonagall fit volte-face forçant la professeure à s'arrêter et plongea ses yeux dans ceux de la jeune femme :
« - Que vous le vouliez ou non Elvira, vous êtes responsables de ces enfants à partir de maintenant ! Fumer devant eux signifie que vous tolèreriez ce genre de comportement ! C'est comme leur donner une autorisation écrite de votre main même !
- Ecoutez, que vous n'appréciez pas la cigarette, c'est un fait que je respecte, et ceci ne se reproduira pas ! Enfin devant eux tout du moins, mais vous ne pouvez pas me demander de raconter une partie de ma vie aussi douloureuse à des gamins aussi déglingué que moi à leur âge et me demander en même temps de garder mes mains éloigner d'une cigarette. Je ne peux pas. Je. Ne. Peux. Pas. Et puis, est-ce que c'est franchement important là de suite ? »
Réprimant un soupir Minerva pris une grande inspiration, compta jusqu'à trois et repris sur un ton plus affable :
« - Non, bien sûr. Retournons dans mon bureau, nous devons discuter. »
Reprenant sa marche à grandes enjambées que les petites pattes d'Elvira eurent un mal fou à suivre sans courir, elle ajouta :
« -Je n'oublie cependant pas votre Incartade et attends de votre part un discours responsabilisant sur les dangers de la cigarette ! »
Roulant de nouveau ces yeux et grommelant dans sa barbe contre « les vieilles femmes qui se privent de tous plaisirs » la professeure lui répondit qu'elle leur en parlerait la prochaine fois qu'elle les verrait.
Au même moment, dortoir spéciaux des Griffondors de 7ème année
Le front collé contre la vitre de sa chambre, Ronald Billius Weasley tentait de mettre de l'ordre dans ses pensées. Se décrire comme perdu semblait alors trop simpliste à son goût. Désemparé ? Furieux ? Terrorisé ? Agacé ? Soulagé ? Tout ça à la fois ? Il poussa un soupir désespéré.
Le son du vent soufflant dans les couloirs se mêlait à celui de la pluie tombant violemment.
« - Quel temps de merde » pensa-t-il « Quelle vie de merde ! Quelle école de merde ! Quelle…merde. »
Se reposant encore un peu plus sur son front, il accueillit avec plaisir la sensation de fraîcheur qui survint. Il finit cependant par se détacher de l'ouverture pour se tourner vers son lit. Rouge, à baldaquin avec des couvertures rouges, des oreillers rouge aux dentelles dorées…du rouge sur les murs, sur les fauteuils, du rouge partout. Cette omniprésence ne l'aurait pas dérangé tant que ça auparavant, mais actuellement la force de la couleur lui sautait aux yeux et l'empêchait de fixer son attention trop longtemps sur les différents objets qui l'entouraient. Peut-être était-ce une question d'habitude ? Une autre qu'il aurait perdue au cours de l'année… Il se laissa chuter sur le matelas et riva ses yeux sur le plafond. Il scruta les décorations compliquées qui l'ornaient. Gravées à même la pierre, elles contaient l'histoire d'un magicien qui semblait chercher un parchemin qui lui permettrait de défaire une mage noire quelconque. Tiraillé entre l'envie d'en savoir plus et donc de se lever pour regarder le reste du plafond, et une flemme impressionnante, Ron resta un moment-là sans bouger.
Il serait resté là un moment si la porte d'entrée du dortoir ne s'était pas ouverte d'un coup pour laisse place à un Seamus et un Dean un peu excités qui parlaient forts et à grand renfort de gestes inutiles.
Ils se stoppèrent d'un coup en voyant les jambes de Ron dépasser de son lit.
Un silence gêné suivit.
Ce fut Dean qui le brisa :
« - Salut Ron » fit-il en forçant son enthousiasme. « Ca va depuis le temps ? Enfin je veux dire…avant le retour à Poudlard ? Enfin, avant que la prof ne nous dise qu'on est tous cinglés ha ha… »
Son visage toujours tourné vers le plafond et ses yeux fixant les nouveaux arrivants, Ron se força à répondre.
« - Ouais, ça va. Je suis content de reprendre mes études.
- Tu m'étonnes ! répondit Seamus, j'en pouvais plus de rester chez moi sans rien faire. J'ai bien essayé de trouver un p'tit boulot mais…enfin, avec ma famille c'était un peu compliqué de trouver du temps libre…'fin tu vois quoi. »
Nouveau silence gêné. « Sérieusement, pensa Ron, on en est arrivé là ? »
« - Bon ben, tenta Dean, on va te laisser finir de t'installer et nous ben…on va commencer. »
Ils allaient pour partir mais Seamus revint sur ses pas :
« - Hum…je suis…je suis vraiment désolé pour ton frère Ron, je sais que ça change pas grand-chose mais…c'était vraiment un chouette mec. Je suis vraiment désolé… »
Pourquoi la seule chose vraiment sincère qui apparut dans cette conversation eut à concerner la mort de son frère ?
« - Ouais…merci, on a tous perdu quelque chose ou quelqu'un dans cette guerre je crois.
- C'est bien vrai ça mec » fit Dean les yeux dans le vague. « C'est bien vrai…
- Hum…heu dit, tu sais où Harry s'est posé déjà ou pas ? Qu'on lui pique pas son lit tu vois… »
Autant Ron comprenais la question autant elle l'agaça prodigieusement.
« - Non.
- Ha heu okay, ben à plus tard alors. » Répondit Seamus, toujours plus mal à l'aise.
« - Ouais à plus. »
Ron observa ses anciens compagnons s'éloigner au fond de la pièce et discuter entre eux en chuchotant. Il ôta ses chaussures, jeta ses vêtements sur le sol et referma ses rideaux derrière lui. Il se glissa entre les draps et pris son visage entre ses mains. Il s'en voulu un peu pour avoir été aussi sec, mais bon, c'était fait maintenant. Poussant un profond soupir, il se demanda qu'est-ce qui putain de clochait chez lui. Il était même plus foutu d'avoir une conversation cordiale avec des gens qu'il connaissait depuis des années, des gens avec qui il avait ri, fait des conneries, sur qui il avait triché, discuté nana, parlé sport, avec qui il avait disputé des parties d'échecs endiablées… Il en était même plus capable. En fait il n'arrivait pas à savoir s'il arriverait un jour à être de nouveau normal. À être à même de converser avec les autres sans éprouver cette froideur qui lui enserrait le cœur et l'empêchait d'éprouver de l'empathie pour d'autres personnes qu'Hermione, Harry et les gens de sa famille. Et même avec eu parfois c'était compliqué…ça devenait de plus en plus dur de comprendre les émotions d'autrui et de réussir à partager les siennes. Il se demanda alors s'il avait eu raison de se taire aussi longtemps, s'il n'avait pas cassé définitivement quelque chose chez lui en s'enfermant dans sa tête et en ne s'occupant que des autres. Est-ce qu'il n'avait pas fait la plus grosse connerie de son existence en se forçant à devenir plus responsable et en prenant sur ses épaules la douleur des gens qu'il aimait. N'aurait-il pas mieux fait de se cacher dans son coin et de se laisser porter par les éléments ? Est-ce que ça n'aurait pas été plus facile de juste partir, de tout abandonner et de ne jamais revenir ? Laisser tout ça derrière lui, ne plus y penser, juste partir. Ailleurs, n'importe où. La destination n'aurait pas eu d'importance. Loin. Juste loin aurait été très bien. Secouant vivement sa tête, il se traita d'imbécile. Partir ? Laisser derrière lui Hermione, la seule femme qu'il n'ait jamais aimée et sans qui il ne sait plus respirer correctement ? Laisser Harry ? Laisser sa mère ? Sa sœur ? George… George.
Non. Impossible. Il n'avait jamais été cette personne. Il ne le serait jamais. Ronald Billius Weasley était un Griffondor ! Avec les défauts que ça apporte mais aussi avec les qualités. Rouvrant les yeux il observa ses rideaux un instant et leur couleur devint enfin rassurante. Il se tourna sur le côté et ferma les yeux.
Il était de nouveau à Poudlard. Il était de nouveau à Griffondor. Il était enfin à la maison.
2:00 Dortoirs des septièmes années – côté Griffondor:
La nuit était déjà bien avancée lorsqu'Harry pénétra le dortoir qui lui avait été attribué. Hagard, presque titubant, il jeta un regard aux alentours. Ne repérant que des masses informent dans la noirceur de la pièce, il ferma les yeux, soupira bruyamment et sortit sa baguette.
Son Lumos n'était pas suffisamment fort pour traverser les épais rideaux de baldaquins mais il le maintint tout de même vers le sol afin d'éviter d'agresser tout le monde.
Il en avait assez fait pour aujourd'hui…
Repérant un lit vide, il s'y dirigea sans grande conviction et s'assit mollement sur le lit, tentant de garder son équilibre. « Les lits ont toujours été trop mous » pensa-t-il.
Ses yeux se posèrent alors sur une valise ouverte et à moitié vidée. Il reconnut immédiatement la vieille malle de Ron. Celui-ci n'avait pas songé une seconde à la changer, même après « l'indemnisation » pour service rendu que lui et sa famille avait reçus du Ministère de la magie. Harry ne savait pas si c'était dû à la nostalgie ; il voyait encore les marques de brûlures de certaines parties de batailles explosives plutôt enragée que la pauvre malle avait subies ; ou si c'était seulement par habitude et soucis d'économie. Cette pensée le fit grincer des dents. Encore une injustice de monde : la pauvreté des Weasley.
Eux si généreux et en face, ces pourritures de Malfoy tellement pété de thunes que c'en était insolent.
Les Malfoy…
Ce Malfoy.
Ce putain de chien de Drago !
Bordel de merde, où qu'il aille il le trouverait forcément sur son chemin n'est-ce-pas ? N'était-il pas suffisant que ces souvenirs lui rappellent sans cesse sa souffrance ? Fallait-il encore qu'il est le visage de ce connard qui incarne à ses yeux les Mangemorts dans le seul lieu qu'il pouvait oser appeler maison ?
Passant ses mains sur son visage, il se mit à rire ou sangloter. Peut-être les deux à la fois ? Les laissant tomber lâchement sur ses jambes, il regarda les rideaux de Ron. Puisant dans ses dernières forces, il se glissa sur le sol et se rapprocha doucement de la tête de lit où il s'adossa.
Posant ses bras sur ses genoux, ses mains soutenant son visage, il soupira.
« - Tu sais Ron, je suis encore plus foutu que tu ne le penses… »
Expirant par le nez, il passa de nouveau une main lasse sur son visage fatigué.
« - J'arrive pas à te parler quand t'es réveillé. Vraiment, j'y arrive pas. Je sais que tu comprends rien à ce qui m'arrive et que t'aimerais que je t'explique mais je n'y arrive pas… »
Il renifla et essuya ses yeux qui commençaient doucement à s'humidifier.
« - J'ai un putain de problème mec…Je suis un putain de problème. »
Il s'arrêta quelques secondes.
« - J'ai encore bu ce soir… »
Il allongea ses jambes et lança sa tête en arrière.
« - Ca m'arrive de plus en plus souvent. Le soir. Quand personne ne peut me voir. J'ai honte putain…si tu savais à quel point j'ai honte… Mais j'arrive pas à te parler autrement, les mots sortent pas…ils…ils restent bloqués et moi je…moi je reste là et je me vois hurler à la place ou fuir alors… Je sais pas…je sais que t'entends pas quand je te parle du coup. Et c'est con parce que je sais que tu essaierais de comprendre, je sais que tu arriverais à m'aider un peu mais…»
Ses mains tremblent.
« - Mais j'y arrive plus Ron, j'te jure j'y arrive plus. Je sais plus qui je suis, je sais plus ce que je veux… J'ai tellement la haine…contre tout le monde et contre moi surtout. J'ai envie de tout péter tout le temps. Je voudrais que plus personne ne me parle et en même temps je supporte pas qu'on me laisse seul. Je sais que je suis dangereux, si tu savais comme je me fais flipper parfois. Je te jure, que quand je m'énerve, je veux pas…je veux pas péter des plombs comme ça mais j'me contrôle pas. C'est tout ce que j'arrive à faire, j'arrive plus à parler, j'arrive qu'à crier. »
« - Et c'est horrible, c'est horrible parce que je me déteste tellement de te faire de la peine, de blesser Hermione et ceux qui m'entourent. Mais je suis tellement furieux. Je comprends pas…je comprends pas pourquoi moi, pourquoi c'était à moi de faire ça, pourquoi c'était à moi de vivre tout ça…Pourquoi Dumbledord les a laisser me faire tout ça, pourquoi il est pas venu me chercher plus tôt…Pourquoi personne ne m'a protégé ? Pourquoi on m'a laissé faire tout ça tout seul ? Je comprends pas. »
Il avala difficilement, une boule de sanglot lui bloquant la gorge et posa sa tête sur bras.
« - Je sais que toi et Hermione vous m'avez aidés comme vous pouviez, mais je me sentais tellement seul putain Ron j'te jure… J'avais tellement envie de tout laisser tomber, de me barrer ou de me tuer comme tout le monde me le demandait. J'ai jamais voulu ça bordel, je voulais juste que ça s'arrête tout ça… Maman…elle me manque tellement. »
Harry pleurait maintenant.
« -Je suis tellement désolé. Tellement désolé. Tellement, tellement désolé… J'suis qu'un monstre, je n'suis qu'un putain de monstre ! »
Et les larmes coulaient, abondantes, pleines. Trop pleines. Elles coulaient sur ses paumes, sur ses joues, sur son jean. Elles coulaient partout.
« - Pardon, pardon, pardon, pardon. Pardon, pardon, pardon, pardon… »
Et Ron était là, allongé dans son lit, les yeux exorbités d'horreur. Incapable de bouger. Paralysé par la douleur.
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J'espère que ce chapitre vous aura plu et que vous me pardonnerez ma longue absence.
J'ai eu beaucoup de mal à trouver et à prendre le temps d'écrire dernièrement…
Il est un peu plus court que les autres mais je voulais finir sur cette note.
Comme je veux que cette fanfiction reste « réaliste » si je puis dire et que je veux prendre le temps de la monter correctement, je ne me voyais pas poster un chapitre mal construit ou à peine fini juste pour le poster. Elle me tient trop à cœur pour ça.
J'espère que vous accepterez mes excuses et à bientôt (j'ai plus la tête et le temps à présent).
Passez une bonne journée/soirée/nuit ;)
