Bonjour tout le monde,
Et oui c'est moi et non je ne suis pas morte. ^_^
Après cette longue attente j'ai enfin le temps de vous poster la suite de cette histoire, en espérant ne pas avoir perdu beaucoup de monde. Au quel cas je ne vous en voudrais pas.
Je vous remercie toutes pour vos messages d'encouragement et vos reviews et je vous laisse lire ce chapitre qui pour moi est un tournant dans la suite de cette fiction.
Chapitre 3: L'ange gardien.
Il avait été ardu pour Peter d'expliquer à Renée que la rencontre avec Billy Black s'était mal passée. Pour justifier l'absence de l'indien lorsqu'elle était revenue, il lui avait menti, enfin en parti. Il lui avait dit que Billy Black l'avait accusé d'entretenir une aventure avec elle. Renée avait été littéralement choquée mais cela expliquait selon elle, la raison pour laquelle Billy l'avait envoyée chez Sue alors que cette dernière ne l'attendait pas. Elle était revenue avec des petits gâteaux mais Renée s'était doutée que Sue ne leur avait rien préparé de particulier.
Elle n'en resta pas moins surprise lorsque Peter lui annonça que l'indien était parti en colère après en avoir failli en arriver aux mains alors que Peter tenait Isabella dans ses bras.
Elle se demandait s'il était souhaitable de parler de cette mésentente avec Charlie car Billy était son meilleur ami et elle ne savait pas comment son mari allait prendre l'incident. Elle décida cependant qu'elle serait honnête, après tout elle n'avait rien à cacher ni même à se reprocher.
Peter était extrêmement silencieux, elle se rendit à l'évidence, son moment de détente à la plage était une véritable catastrophe. Ils décidèrent donc de rentrer.
Peter resta quelques temps, pas plus d'une heure, avec Isabella et Renée avant de les quitter. Il souhaitait faire un tour du périmètre afin de flairer une nouvelle puanteur. Il sentait qu'ici sa petite protégée ne serait pas en sécurité. Après tout, ce soit disant parrain n'avait pas pris en compte le danger d'une bagarre autour de sa filleule, et elle était censée être comme sa propre fille. Le rôle d'un parrain, n'était-il pas de prendre soin de l'enfant qui lui était désigné, comme étant le sien ? D'être un second foyer pour cet enfant ?
Il fallait qu'il protège Isabella mais il ne se voyait pas pour autant devoir rester ici ad vitam aeternam. Il fallait qu'il trouve une solution.
Ce soir-là il ne rentra pas chez lui. Il avait ce stupide pressentiment que les choses ne se passeraient pas très bien et comme toujours son instinct avait raison.
Charlie était rentré aux alentours de vingt-deux heures, il était épuisé mais surtout très contrarié. On l'avait appelé sur un accident de la route et lorsqu'il s'était rendu sur les lieux il avait constaté que le véhicule accidenté était celui de son ami de toujours, Billy Black.
Ils avaient, lui et quelques hommes, passé près d'une heure à le chercher dans la forêt environnante. Ils l'avaient retrouvé inconscient contre un arbre qui s'était cassé et dont les branches avaient presque totalement recouvert le corps de l'indien. C'est le seul chien policier du service qui avait fait cette découverte. Lorsque Charlie aperçut son ami, son sang n'avait fait qu'un tour avant de se figer. Il avait craint le pire, et vu son état, il ne pensait pas que Billy avait pu survivre à ce violent accident.
Plusieurs questions le taraudaient cependant. La première était : pourquoi était-il complètement nu ? Mais celle-ci était nettement moins préoccupante que la seconde: pourquoi disait-il que Peter, l'ami de sa femme, était responsable de son état ?
Il connaissait Peter, moins qu'il connaissait Billy certes, mais ce premier n'avait-il pas sauvé la vie de son épouse et de sa fille ? Quelles raisons aurait-il eu de s'en prendre à l'indien ? Rien n'avait de sens à ses yeux. Mais Billy semblait si énervé quant à l'implication de Peter, qu'il ne cessait de se poser un tas de question. Billy lui avait même conseillé de faire extrêmement attention à cet homme et surtout de ne plus le laisser s'approcher d'Isabella et de Renée, en lui affirmant qu'il n'était pas ce qu'il laissait paraître.
Il en était venu jusqu'à en implorer à leur amitié. Tout cela avait fait que Charlie était retourné au poste après des heures passées au chevet de son ami et avait fait quelques recherches sur ledit Peter Whitlock. Les informations qu'il avait recueillies étaient extrêmement minces. Rien à part son identité n'était apparu. Il avait poussé ses recherches jusqu'à consulter les listes du personnel des laboratoires de l'état de Washington et aucun Peter Whitlock n'y figurait.
Il s'était rendu à l'évidence, laissant plus de place à la suspicion que nourrissait son ami concernant le susnommé Peter Whitlock. Il y avait anguille sous roche, il le sentait.
Il rentra chez lui et trouva Renée endormie sur le canapé de leur salon. Comme toujours il la regarda dormir quelques instants, se demandant encore comment il avait fait pour conquérir cette femme. Elle était si belle, si pleine de vie et quoiqu'il consacre la majeure partie de ses journées à son travail, il était toujours éperdument amoureux de sa femme.
Il s'approcha d'elle et déposa un baiser sur sa tête tout en lui caressant le haut du bras pour la réveiller en douceur. Elle ne devait pas être à l'aise pour dormir ici mais avant de la laisser monter se coucher il devait lui parler. Il devait lui dire pour Billy et également pour Peter. Le manque d'information affolait un peu l'adjoint. Et puis cet homme était apparu si soudainement dans leur vie. Et s'il projetait de leur faire du mal… D'enlever Isabella… Car maintenant, l'intérêt que le jeune homme portait à sa fille ne l'inquiétait que davantage.
-Tu vas bien ? Lui demanda Renée lorsqu'elle vit le visage fermé, fatigué et triste de son mari.
Il avait les traits tirés, le regard trouble et cette barre lui traversant le front qui signifiait à Renée que quelque chose clochait.
-Pas vraiment, ma chérie. Billy a eu un accident de voiture, l'informa-t-il sans tourner autour du pot.
Il n'était pas de ceux qui enjolivent les mauvaises nouvelles pour les faire passer. Il essayait de rester diplomate mais il n'avait pas l'art et la manière d'apporter les mauvaises nouvelles.
-Oh! Mon Dieu! s'écria-t-elle en se couvrant la bouche de ses mains. Il va bien?
-Il est paralysé et il le restera à tout jamais, lui apprit-il, peiné.
-C'est terrible! Que s'est-il passé?
Charlie déglutit, il savait que c'était la partie la plus houleuse de cette conversation.
Il avait remarqué à quel point Peter et Renée étaient devenus proches l'un de l'autre. Jamais il n'avait ressenti un quelconque sentiment de jalousie à l'égard du grand brun et il savait que l'amitié de cet homme comptait pour Renée. Elle semblait même revivre depuis qu'il était entré dans leurs vies.
Renée perçut le changement de Charlie et comme elle le connaissait, elle savait que Billy avait dû lui parler du conflit qu'il l'avait opposée à Peter. Mais quoi qu'il en soit, elle pensait que Peter avait fait ce qu'il fallait. Après tout, aussi tragique que soit son accident, il avait tout de même menacé Peter alors qu'il avait Isabella dans ses bras, sans parler de cette allusion totalement infondée sur le fait qu'elle entretenait avec Peter une relation adultère.
-Parle Charlie! L'enjoignit-elle.
Ce dernier souffla puis inspira une grande goulée d'air pour se donner contenance et aborder le sujet délicat.
-Billy accuse Peter d'être responsable de son état.
-Je ne comprends pas. Il n'était pas avec lui n'est-ce pas ? Quand était-ce ?
-Dans l'après-midi, je dirais. Nous avons été contactés pour un accident à la sortie de Forks.
-Charlie, cet après-midi Peter était avec Isabella et moi. Nous étions à la Push et d'ailleurs il y a également eu un problème là-bas.
Charlie plissa les yeux et commanda silencieusement à son épouse de continuer.
-Billy est venu nous rejoindre comme cela était prévu. Mais lorsqu'il a vu Peter il l'a pris en grippe tout de suite. Il a trouvé une fausse excuse pour m'envoyer chez Sue et pendant mon absence ils se sont disputés. Billy nous a accusés Peter et moi d'entretenir une liaison. Tu te rends compte ? Il s'est montré menaçant envers Peter alors qu'il tenait Isabella dans ses bras.
Charlie était de plus en plus agacé par tout cela. Il ne comprenait rien à rien et il n'aimait pas que les choses lui échappent de cette façon.
Était-ce cela que Billy avait tenté de lui faire comprendre en lui signifiant qu'il risquait de perdre sa famille s'il ne réagissait pas maintenant ? Il avait tellement insisté sur le fait qu'il faille tenir ce Peter éloigné des siens. Sa femme avait-elle réellement une liaison avec cet homme ? L'incertitude, ce sentiment sournois se faufilait dans son esprit.
-Ecoute ma chérie, répondit-il. Je pense que pour le moment il serait préférable de maintenir une certaine distance avec Peter.
-Tu ne vas tout de même pas croire Billy ? S'offusqua-t-elle.
-Ce n'est pas ce que je dis mais nous ne savons rien de ce Peter, essaya-t-il d'avancer, se rendant compte au regard du visage de son épouse qu'il s'y était mal pris.
-Charlie, tu ne penses pas sérieusement que je puisse avoir une liaison avec Peter ?!
C'était plus qu'une question, c'était une supplique en réalité.
-Je ne sais pas. Tu as changé depuis qu'il est arrivé. Mais même sans ça, je n'ai trouvé aucune information le concernant. Il n'est employé dans aucun des laboratoires de l'état, dit-il comme pour se dédouaner.
-Tu as fait des recherches sur lui ?
Elle n'y croyait pas. Elle qui pensait avoir fourni assez de preuves de loyauté et d'amour. Elle qui était encore tellement amoureuse de son mari que pour cela elle supportait ses nombreuses et longues absences. Il doutait d'elle, il voulait l'éloigner de son seul confident. Plus que ça il voulait la maintenir dans son isolement et la renfermer dans son carcan de mal être. Elle n'avait rien dans cette vie mis à part Isabella, lui et Peter. C'était un équilibre fragile, précaire mais elle s'en contentait. Que ferait-elle si elle perdait l'un d'eux ? Elle ne voulait pas perdre Peter, il était plus présent pour elle que ne l'était son propre mari même s'ils ne se voyaient pas tous les jours. Il était là, toujours.
-Je suis adjoint du shérif, ma chérie. Billy m'a révélé certains faits et j'étais bien obligé de faire mon travail.
-Ton travail, ton travail! Il n'y en a toujours que pour ton travail. Je suis ta femme, la mère de ta fille et je passe toujours après ton travail ! J'en ai marre de ton travail ! Cria-t-elle réveillant ainsi sa fille qui dormait à l'étage.
-Ne le prends pas comme ça ! S'emporta à son tour Charlie.
Il perdait très rarement le contrôle de ses émotions. Mais entendre sa femme lui dire ce qu'il savait être la vérité et surtout le lui reprocher de cette façon, était pour lui la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Surtout après cette journée plus que chaotique qu'il venait de passer.
-De toute façon c'est comme ça. Tant que je n'aurais pas plus d'informations concernant ton ami, tu le tiendras loin de ma fille. Si Billy dit qu'il est responsable de ce qui lui arrive, il doit au moins y avoir une part de vérité. Tant que je n'aurais pas démêlé cette histoire, tu feras ce que je te dis !
-Mais tu ne vas pas bien ma parole ! Tu veux quoi Charlie ? Me couper de tout ce qui m'aide à vivre dans ce trou perdu ? Je suis restée ici parce que tu y es, parce que je t'aime mais un jour ce ne sera plus suffisant Charlie Swan. Un jour, je ne supporterai plus d'être seule, de n'être que la femme de l'adjoint, la mère de sa fille et de devoir sourire à toutes ces concierges en mal de potins qui ne peuvent s'empêcher de raconter des absurdités sans nom derrière mon dos !
-Qu'est-ce que tu veux dire ?! questionna Charlie, déconfit.
-Que j'en ai marre de cette vie. Le seul souffle d'air frais que j'ai eu ces derniers mois c'était Peter. Il m'écoute, il me conseille à l'occasion, il se montre attentionné, il m'aide à supporter tes absences.
-Donc c'est vrai!
-Qu'est ce qui est vrai ?
-Vous avez une liaison ?
-Arrête Charlie ! s'énerva-t-elle à nouveau. Tu ne comprends vraiment rien à rien ! s'emporta-t-elle.
Elle lui tourna le dos et grimpa rapidement les escaliers pour aller réconforter sa fille qu'elle venait de réveiller.
Elle s'en voulait mais plus que ça, elle prenait totalement conscience de l'origine de son mal-être et surtout de ce qui l'avait aidée à le supporter. L'énoncer à voix haute rendait les choses encore plus concrètes et elle ne pouvait plus les ignorer ou les minimiser comme elle l'avait fait jusqu'à présent. Son mal être était profond. Elle se sentait tellement insipide, inutile et bonne à rien.
Elle prit Isabella dans ses bras et s'installa dans le rocking-chair de la chambre de l'enfant. Alors qu'elle se mit à bercer la petite qui se calmait doucement, Renée ne put empêcher ses larmes de rouler le long de ses joues. Elle se sentait si mal, tellement mal dans cet endroit où elle ne trouvait pas sa place où elle se sentait totalement incomprise et livrée à elle-même.
Ni la scène, ni les mots n'avaient échappé à Peter. Ce dernier se trouvait à proximité de la maison et avait pris place derrière un arbre de la forêt jouxtant le quartier. Il trouva dans cette situation la solution qui lui avait échappée jusqu'à présent. Il allait pousser Renée à se morfondre, il allait l'enfoncer un peu plus dans sa détresse. Il allait la pousser à le quitter puisque de toute façon cet homme ne faisait rien pour tenter de garder sa femme et sa fille auprès de lui. De plus, il ne pouvait pas laisser l'adjoint l'éloigner de la jeune Isabella, il ne pouvait le tolérer.
Il s'était fait un devoir de la protéger et qu'importe comment il allait s'y prendre et les moyens qu'il devrait employer pour y arriver, il allait mener à bien sa mission. Avant cela, aucun humain n'avait eu d'importance à ses yeux. Seule Isabella comptait.
Une idée prit forme dans sa tête et il attendit que la maison s'endorme. Il pénétra furtivement par la porte de la cuisine qui n'était pas close, passa à proximité du salon où Charlie s'était établi et endormi pour la nuit et accéda à l'étage. Il fouilla discrètement dans les tiroirs de la commode de Renée et trouva ce qu'il cherchait.
Les jours qui suivirent furent les plus instables pour Renée. Au départ elle avait essayé de faire ce que lui avait « ordonné » son époux, soit mettre de la distance avec Peter. Mais elle se rendit à l'évidence. Il lui manquait et plus encore depuis que Sue lui rendait visite quotidiennement. Elle se sentait épiée, et surtout ne se sentait plus libre ni de ses mouvements dans sa propre maison, ni même dans ses pensées. Lorsque Renée s'isolait un peu dans son esprit pour essayer de réfléchir, immanquablement l'indienne attirait son attention. Renée était au bout du rouleau. Elle agissait en automate, même les soins et l'attention qu'elle offrait à sa fille ne l'égayaient plus.
Un soir alors que Sue venait de partir de chez elle, elle tenta d'appeler Peter. Ce dernier ne répondit pas, elle renouvela cette expérience plusieurs jours durant mais en vain. Renée se doutait que leur dernière discussion, celle qui avait eu lieu le lendemain de cette dispute, la dispute la plus intense qu'elle ait jamais eu, même avec Charlie, devait en être la cause.
Peter avait tenté de lui dire qu'elle ne devait pas l'évincer de sa vie mais qu'il comprenait sa position vis à vis de son mari. Il était parti après avoir déposé un baiser sur la tête d'Isabella tout en lui destinant un regard plein de reproche à elle. Renée avait baissé la tête en proie à une culpabilité impressionnante. Depuis elle ne l'avait plus revu, ni même parlé.
Sa relation avec Charlie s'était très nettement détériorée. Ce dernier passant plus de temps que d'habitude au poste, ce qui n'était pourtant pas une chose évidente à faire. Certaines semaines il rentrait seulement pour prendre une douche, manger quelque chose vite fait et embrasser sa fille. A la disparition de Peter, ce dernier avait laissé la suspicion grandir en lui, car sa femme dépérissait à vue d'œil. Elle n'avait plus aucune joie de vivre et ne faisait plus aucun effort pour lui être agréable. Il pensait et avec bon sens selon lui, que le départ de ce Peter avait mis un terme à leur liaison, raison pour laquelle elle se laissait aller. Pas une seconde il ne pensa que c'est cette situation et son manque de confiance qui étaient responsables de ce désastre. Bien évidemment étant conseillé par Billy Black, son confident, il était fort à parier qu'il ne puisse pas parvenir à avoir un avis plus objectif.
Charlie était tellement obsédé par cet homme qui était entré dans leurs vies subitement et sur lequel il n'avait pas assez de renseignements, qu'il passait la majeure partie de son temps libre à rechercher encore et toujours ce qui lui manquait. De plus le fait que Billy qui ne souhaitait pas raconter ce qu'il s'était véritablement passé entre les deux hommes, ni même comment l'ancien ami de son épouse avait pu être impliqué dans l'accident tragique de l'indien, ne faisait qu'accroître son obsession. Il en était même à se demander s'il ne se paierait pas un aller-retour jusqu'au Texas qui était le berceau du grand brun, afin d'assouvir son besoin de réponses aux questions qui le tourmentaient.
Peter errait à proximité de Forks et plus précisément autour de la maison des Swan restant toujours invisible aux yeux des habitants de la ville et de ceux de la maison, principalement. Il avait étroitement gardé Charlie à l'œil car il avait vite compris que ce dernier ne laisserait pas tomber aussi facilement. Grand bien lui en prît car il s'était rendu compte que son absence nouvelle dans leurs vies n'avait pas atténué l'intérêt de l'adjoint du shérif le concernant. Il savait qu'il n'apprendrait rien sur lui car si l'indien ne lui avait pas révélé sa véritable nature, il allait de soit qu'il ne l'apprendrait pas autrement. Charlie était trop cartésien pour comprendre la vérité.
Il avait enfin révélé à Charlotte le motif de son absence et cette dernière ne devait d'ailleurs plus tarder à le rejoindre. Il avait compris qu'en fait son don lui avait conseillé de tenir sa compagne à distance car avec celle-ci il aurait eu plus de mal à tisser des liens avec Renée et donc à s'approcher d'Isabella. Maintenant qu'il n'était plus le bienvenu dans la demeure des Swan, plus rien ne l'empêchait d'avoir Charlotte près de lui et il accueillit cela avec une grande joie. De plus ce serait également plus simple d'être à deux pour veiller à ce qu'une autre de ces abominations de la nature ne s'approche pas un peu trop près de sa protégée. D'ailleurs il se doutait que l'indienne avait un lien avec ces choses car elle aussi empestait, moins que le mâle, mais elle sentait cette affreuse odeur.
Chance pour Peter elle ne s'intéressait aucunement à Isabella, elle ne venait que pour surveiller Renée. Elle pensait la protéger de lui mais elle ne se rendit pas compte qu'en fait elle ne faisait que lui garantir le succès de son entreprise. Car pas un soir ne passait sans que Renée ne s'effondre en pleurs dans le lit conjugal qui était depuis près de deux mois déserté par son mari. Quand il rentrait il s'endormait la plupart du temps dans le canapé et y passait ainsi ses nuits. Peter se doutait qu'à ce rythme elle n'allait pas tarder à plier bagages. Il attendait avec impatience, le document qui allait être le déclencheur de cette prise de décision.
Charlotte le rejoignit enfin, ils étaient séparés depuis si longtemps que les retrouvailles avaient été hautes en couleurs. Il en avait même délaissé Isabella quelques jours afin de savourer ces doux moments avec sa compagne.
Une fois revenu sur terre (l'expression étant on ne peut plus exacte), il présenta Charlotte à Isabella. Bien entendu cela s'était passé la nuit à l'insu de tous. Charlotte put même prendre dans ses bras ce petit être fragile qui avait tenu son compagnon loin d'elle si longtemps et malgré cela elle n'éprouva aucune jalousie, ni même aucune rancœur.
Lorsqu'en s'éveillant Isabella lui attrapa une mèche de cheveux, Charlotte lui sourit tendrement. Tout comme Peter jamais elle n'avait pensé à la maternité, ni même aux enfants en général. Mais tenir ce petit bout dans ses bras réveilla en elle un instinct qu'elle ne se connaissait pas. En plus d'être l'élue qui allait rendre le Major heureux, ce petit être semblait lui donner un sentiment d'affection qu'elle ne comprenait pas vraiment. La petite Isabella ne paraissait pas effrayée et lui offrait même quelques sourires et gazouillis qui remuèrent Charlotte.
-Elle est étonnante, chuchota Charlotte à son compagnon.
-Tu n'as pas idée.
-Elle n'a même pas peur de nous, constata Charlotte.
-C'est son innocence qui la protège des affres de la peur, expliqua son compagnon.
-Sans doute, répondit sa compagne, les yeux perdus sur le tout petit humain qu'elle gardait précieusement dans ses bras.
Peter était attendri de voir sa compagne si sereine avec ce petit corps chaud contre elle.
-Tu es vraiment très spéciale, petite Isabella, chuchota Charlotte en frottant son nez contre celui de l'enfant.
Isabella essaya d'attraper les joues de sa visiteuse nocturne, mais n'y parvint pas, cela dut la frustrer car elle commença à pleurer. Charlotte un peu surprise et surtout n'étant pas habituée, paniqua et regarda Peter le suppliant silencieusement de l'aider. Ce dernier lui sourit et reprit Isabella, il déposa un baiser sur sa tête et la reposa dans son lit. Ils entendirent Renée remuer et se réveiller dans la chambre d'à côté. Ils quittèrent rapidement la chambre de l'enfant par la fenêtre prenant soin de baisser cette dernière afin que personne ne remarque leur visite nocturne mais également afin d'éviter à la petite de tomber malade.
Leur routine était ainsi faite, ils passaient leur temps à flâner et traîner aux alentours de Forks, revenant en fin de matinée pour prendre place devant la maison attendant avec impatience l'arrivée du facteur. Il venait tous les jours mais toujours aucun signe du courrier que Peter et Charlotte attendaient impatiemment. Leur manège avait été repéré par les puanteurs ou en tout cas par la femelle qui venait elle aussi à ces moments-là.
Elle les avait sentis et à cause de la présence de Charlotte en plus de Peter, des rondes s'étaient organisées durant les nuits. Peter et sa compagne ne pouvaient donc plus rendre de petites visites nocturnes au bébé. Cependant ils n'amorçaient aucun rapprochement, ni même aucune attaque à l'encontre des deux vampires. Pour la seule et simple raison qu'aucun des Quileutes n'avaient encore subi la transformation. Le seul à y être parvenu était Billy Black et aujourd'hui il n'y avait plus de loups protecteurs dans le secteur. Ce dernier ne pouvait même plus espérer protéger sa propre famille. Raison pour laquelle son épouse ainsi que ses filles ne rendaient plus visite à Renée et Isabella. Mais de cela les vampires n'en savaient rien. Ils pensaient que le combat entre l'indien et Peter avait été suffisant pour leur démontrer que le vampire était de loin la créature la plus puissante et redoutable des deux.
Peter devenait de plus en plus irascible. Il n'en pouvait plus de rester ici. Cela faisait neuf mois qu'il y était et en général il ne restait jamais autant de temps à un endroit. Il en voulait à cette stupide humaine de ne pas réagir et prendre sa vie en main. Elle se complaisait dans son malheur et cela l'agaçait prodigieusement.
-Tu sais j'en suis à me demander s'il ne serait pas plus judicieux de prendre Isabella avec nous, avança Peter.
-Tu ne comptes pas kidnapper le bébé ! s'indigna Charlotte.
-Et pourquoi pas. Nous serons plus à même d'en prendre soin et de la protéger, répliqua Peter avec toute logique selon lui.
-Nous serons plus vulnérables avec un bébé et nous risquons d'attirer l'attention sur nous et quand je dis cela tu sais à qui je fais référence.
-Les Volturi, souffla-t-il à voix basse.
-Oui les Volturi. S'ils apprennent que l'on prend soin d'un humain qu'il soit bébé ou non, cela risquerait de nous mettre dans une situation très fâcheuse. Et s'ils viennent à découvrir qu'elle est la compagne du Major, je n'ose même pas penser à ce qu'ils lui feront.
Il se résigna, il savait qu'elle avait raison, mais il n'en pouvait plus d'attendre que cette imbécile d'humaine se décide à quitter cette ville merdique. Tant qu'elle y serait, ils seraient obligés d'y rester également et principalement à cause du danger que représentaient les loups.
L'anniversaire d'Isabella était passé, elle avait fêté sa première année. Elle se tenait à présent debout toute seule. Peter et Charlotte avaient pu l'observer de l'extérieur et cela les amusa tous deux. Elle essayait d'avancer mais à chaque tentative de bouger l'un de ses pieds, elle tombait directement sur ses fesses, au plus grand désespoir de l'enfant qui pleurait non pas à cause de la douleur mais parce qu'elle n'y arrivait pas.
La lettre tant attendue arriva finalement. Renée était comme d'habitude avec Sue. Lorsqu'elle la prit, elle examina l'enveloppe sous toutes ses coutures, visiblement très étonnée. Elle ne s'attendait pas à avoir des nouvelles du School district, l'organisation qui gérait le système éducatif du pays. Elle se rappelait avoir fait une demande juste avant d'apprendre sa grossesse mais elle n'avait jamais eu de nouvelles depuis. De plus elle ne l'avait jamais renouvelée non plus. Elle ne comprenait pas. Elle ouvrit son courrier devant sa boite aux lettres, impatiente mais surtout très intriguée. Elle parcourut la missive et releva la tête hagarde et sous le choc, cette fois ci.
-Phœnix, murmura-t-elle, comme pour essayer d'enregistrer cette information.
On lui offrait une opportunité de travailler dans le secteur qu'elle affectionnait tant et surtout dans la tranche d'âge qu'elle désirait et avec en plus de cela, l'opportunité de devenir titulaire si tout se passait bien. Mais voilà, car bien entendu il y avait un mais, c'était à Phœnix en Arizona. Elle resta pantoise un moment tant et si bien que Sue était sortie pour voir si tout allait bien. Renée se reprenant, rangea la lettre dans la poche arrière de son jean et la rassura avant de rentrer dans la maison.
-Maintenant espérons que cette cruche va saisir cette opportunité, râla Peter en connaissance de cause.
-Oui, croisons les doigts, ajouta Charlotte qui avait bien saisi le caractère hésitant de la jeune maman.
Le soir arrivé et pour la première fois depuis de nombreuses semaines, Renée prépara un repas à Charlie mais surtout l'attendit. Elle souhaitait discuter avec lui, lui montrer la lettre et voir ce qu'il en pensait. Celle lettre lui avait redonné l'espoir. L'espoir de ne pas se sentir inutile, d'être capable de faire quelque chose de concret et de valorisant. Elle souhaitait au plus profond d'elle que Charlie comprenne. Car elle n'avait aucun avenir ici. De plus son mari pouvait quant à lui, poursuivre sa carrière ailleurs que dans cette ville avec une bonne lettre de recommandation. Elle était persuadée au vu de son professionnalisme poussé et du résultat de son travail, que le Shérif la lui écrirait.
Charlie arriva et fut surpris de voir Renée à table avec des couverts pour deux, alors qu'une bonne odeur embaumait leur maison. Il pensait qu'elle avait revu sa position et qu'elle avait décidé de reprendre son rôle d'épouse. Pas qu'elle l'ait abandonné mais qu'elle s'investissait de nouveau. Il se mit à croire que le dîner était pour sceller ce renouveau entre eux et il sourit à cette pensée.
Cependant la suite le détrompa, lorsqu'elle lui remit le courrier et qu'il le parcourut rapidement. Il sut que c'était bien un renouveau qui se préparait, mais pas celui auquel qu'il s'était attendu ou qu'il avait espéré. Déçu, il s'était braqué encore une fois, et encore une fois elle se réfugia dans leur chambre pour pleurer. Il ne savait plus quoi faire, il était désorienté et perdu dans tout cela et pour tout avouer il abandonnait la partie.
La nuit fut compliquée pour Renée, elle pesait le pour et le contre d'une telle décision et de ses répercussions. Ce n'était pas facile. Elle avait tellement à perdre et à gagner dans ces deux choix. Cela s'avérait extrêmement délicat et ce sentiment de culpabilité ne rendait pas la décision plus facile.
Mais au petit matin sa décision était prise et elle espérait que sa prise de position serait acceptée par Charlie ou tout du moins comprise. Elle espérait que l'amour qu'ils se portaient malgré toutes les difficultés qui s'étaient mises en travers de leur route et celles à venir, résisterait à son départ avec sa fille. Car bien évidemment elle ne pourrait pas partir sans sa fille. Peut-être que cela lui permettrait de prendre le temps et le recul nécessaires pour faire le point sur leur situation et qui sait, peut-être que cela l'inciterait à venir les rejoindre. Après tout lui aussi devait faire quelques concessions s'il voulait que leur couple fonctionne.
Elle entendit Charlie s'apprêter à quitter la maison et elle se dépêcha pour le retenir avant son départ afin de lui expliquer sa décision. Lorsqu'il la vit en haut de l'escalier, les yeux rougis et une détermination inhabituelle sur son visage, il sut. Alors il fit ce qu'il pensait être le mieux pour ne pas craquer. Il lui souhaita bonne chance sans pour autant l'empêcher de partir ni même de tenter une discussion, puis tourna le dos en refermant la porte de la maison, retenant avec grande peine les larmes qui pointaient au bord de ses yeux.
Ceci, bien évidemment, ravit Peter et Charlotte qui voyaient leur séjour dans cette ville se terminer. Il ne fallut pas moins de quatre heures à Renée pour rassembler ses affaires, celles de sa fille et réserver un vol pour Phœnix. Elle le fit partagée entre la joie et l'espoir de faire enfin quelque chose de sa vie et la culpabilité ainsi que le remord de devoir priver Charlie de leur fille. Mais elle se promit de faire tout ce qui serait en son pouvoir afin qu'ils gardent un lien père-fille et ce, malgré la distance. Il y avait aussi ce sentiment de peur, cette peur de l'inconnu qui l'exaltait et la terrifiait à la fois. Elle était à un tournant de sa vie, elle en avait parfaitement conscience et cela était à la fois autant exaltant qu'effrayant.
Janvier 1991.
Isabella était une petite fille sage et réservée, elle était accompagnée d'une gentille hôtesse de l'air qui attendait d'apercevoir sa maman. Isabella revenait de ses vacances chez son père et comme à chaque fois que cela se faisait, elle était assez perturbée. Elle aimait beaucoup son père même s'il ne s'occupait pas beaucoup d'elle lorsqu'elle y était. Son travail était très prenant et très important, lui disait-il pour se justifier. Mais elle était toujours très contente de le voir et repartir était une douloureuse épreuve pour cette petite fille qui devait grandir trop vite à cause de cette situation.
Elle scrutait les gens qui passaient espérant apercevoir la silhouette si familière et rassurante de sa mère mais elle était trop petite pour voir au-dessus de la foule. Puis soudain un bruit assourdissant et effrayant se fit entendre. Les gens paniqués se mirent à courir dans tous les sens en hurlant de terreur, la bousculant et la piétinant. La foule était hystérique et Isabella avait peur, elle était terrorisée, elle ne réalisait pas ce qu'il se passait mais elle comprit très vite que ce n'était pas normal.
Après qu'un homme très corpulent l'eut percutée, elle se retrouva par terre, seule et en pleurs car l'hôtesse avait été emportée par le flot humain. Son effroi grandit davantage car elle voyait toutes ces chaussures passer à quelques millimètres de son visage. Ils la percutaient, la frappaient alors qu'elle essayait de se relever péniblement. Elle était affolée et terrifiée, elle se positionna en chien de fusil sur le sol n'essayant même plus de se mettre à l'abri et laissa libre court à ses sanglots, ne pouvant rien faire d'autre.
Peter avait senti que quelque chose n'allait pas, il avait eu l'une de ses prémonitions indiquant Isabella et la bâtisse du Sky Harbor International airport. Avec Charlotte ils s'étaient rendus le plus rapidement possible à Phœnix avec l'espoir de ne pas arriver trop tard car il avait ressenti la menace dans l'interprétation de son intuition. Le voyage fut pénible et trop long à leur goût car ils étaient dans le Wisconsin lorsque Peter avait été alerté.
Après le départ de Renée pour Forks ils étaient restés trois mois à vérifier que l'installation de leur petite protégée se passait bien et ils avaient repris le cours de leur vie, sachant qu'au moindre problème, le don de Peter se mettrait en alerte et les avertirait. C'est exactement ce qu'il s'était passé deux jours avant l'arrivée de Bella. Ils ne savaient pas que la petite était en vacances chez son père sinon, ils seraient sans doute retournés à Forks. Juste au cas où.
Il restait cependant un problème et pas des moindres. Il fallait composer avec le soleil et tous les humains en transit dans cet endroit de grande affluence. Leur solution était simple, de grands imperméables, des lunettes de soleil, chapeau à large bord pour Charlotte et casquette vissée sur la tête pour Peter. C'était simple et voyant mais toujours plus « normal » que les scintillements de leurs peaux.
Ils étaient arrivés alors qu'il y avait une débandade phénoménale. Les gens quittaient en masse l'aéroport dans une panique totale. Ils durent recourir à leur force brute pour pouvoir passer et rentrer dans les locaux mais la cohue était telle qu'ils eurent du mal à savoir par où commencer leur recherche. De plus ils étaient perturbés par l'afflux de sang qui se répandait dans les lieux. Des gens blessés, sanguinolents, hurlants se bousculaient pour accéder aux sorties. Ils durent se séparer pour tenter de trouver la petite. Il fallait se focaliser sur la petite et sa mère qu'ils connaissaient bien tous les deux. Peter fut le premier à repérer la fragrance d'Isabella dans un mouvement d'air, malgré le chamboulement olfactif qu'il subissait. En fait c'était un énorme bonhomme qui passait à côté de lui et qui véhiculait l'odeur de la petite. Il l'arrêta sans tact ni douceur.
-Elle est où ?! grogna le vampire.
L'homme qui était déjà terrifié se liquéfia devant un Peter menaçant qui le retenait et l'empêchait de fuir.
-Où est la petite ? répéta-t-il perdant visiblement patience.
-Je, je, je sais pas ce...
-Tu viens d'où ? lui demanda-t-il comprenant qu'il ne tirerait rien d'autre de cette montagne de mauvaises graisses.
Encore un exemple flagrant de mal bouffe qui régnait dans le pays depuis quelques années maintenant. Si encore leur alimentation leur donnait bon goût, il ne s'en plaindrait pas mais ils avaient un goût atroce, en tout cas d'après Peter.
L'homme montra du doigt l'endroit d'où il venait. Peter relâcha sa victime et se précipita en direction de l'endroit indiqué en se recentrant de nouveau sur son odorat.
Il sentit enfin sa fragrance. Elle était là mais parmi cette foule il était difficile de la repérer. Jusqu'au moment où il entendit hurler une petite voix. Il se précipita sur ce cri, il sut que c'était elle avant même de la voir car l'odeur se faisait plus intense au fur et à mesure qu'il s'en approchait. Elle était prostrée sur le sol dans une position fœtale, qui fit monter un élan de colère et de rage chez lui .
Tous ces vauriens d'humains la frappaient de leurs pieds sans même prendre le soin de la secourir ou la tirer de là. Une femme qui courrait totalement paniquée, était sur le point de lui marcher dessus avec ses escarpins de dix centimètres. Peter la poussa violemment. Elle décolla du sol avant d'atterrir contre l'un des piliers de ce hall, puis sur le sol, inconsciente, mais cela n'inquiéta pas une seule seconde le vampire. Il releva Isabella et la maintint serrée tout contre lui. Elle était dorénavant en sécurité.
La petite sentit qu'elle se faisait porter. Elle ne voyait pas qui la secourait et même si elle avait toujours peur, elle était soulagée.
Peter retrouva Charlotte et ensemble ils sortirent du hall. Charlotte réajusta ses lunettes sur son nez et avança vers les policiers qui étaient juste devant le bâtiment sous le promenoir qui longeait le bâtiment. Peter la suivit après avoir enfoncé correctement sa casquette sur sa tête.
Ils remirent la petite aux autorités, prenant soin de donner le nom de l'enfant afin qu'ils puissent retrouver sa mère et partirent furtivement des lieux qui venait selon toute vraisemblance être la cible d'un attentat à la bombe.
Renée était dans les bouchons, elle fulminait contre cette file qui ne voulait pas avancer. Elle écoutait la radio, la musique l'aidait à rester calme, enfin généralement cela marchait. Cependant elle avait vingt minutes de retard et l'avion de sa petite fille devait déjà avoir atterri. Elle regarda encore une fois sa montre et s'énerva sur son klaxon. Elle savait que cela n'allait pas l'aider à avancer plus vite mais c'était plus fort qu'elle, il fallait que les autres sachent qu'elle était contrariée et surtout très pressée. Elle n'aimait pas arriver en retard. Elle savait que sa fille était toujours très perturbée par ses voyages en avion et c'était d'autant plus vrai lorsqu'elle revenait de chez son père.
Puis un flash spécial fut diffusé par les hauts parleurs de sa voiture, annonçant qu'une bombe venait d'exploser au Sky Harbor International airport. Le bâtiment qui venait d'être la cible d'un attentat terroriste était en train d'être évacué. Pour le moment personne ne connaissait les responsables de cet attentat qui n'avait pas été encore revendiqué et l'on déplorait déjà des blessés et des pertes humaines sans pour autant pouvoir chiffrer le nombre de personnes concernées.
La panique et l'effroi la submergèrent totalement. Elle était terrorisée et des montées de sueurs froides lui glacèrent le sang. Elle aperçut des véhicules de police et de pompiers la dépasser par la droite, sur les bandes de secours.
Elle ne réfléchit pas même une seconde. Elle recula percutant la voiture derrière elle, se faisant gratifier d'un bon nombre de noms d'oiseaux. Le conducteur mécontent descendait de son véhicule visiblement prêt à en découdre avec elle mais elle n'en avait cure. Elle remit son levier de vitesse en position drive et emboîta le train aux véhicules de secours.
Elle roulait aussi vite qu'eux pour ne pas se laisser distancer, ce qui pour elle ce n'était pas une habitude. Jamais elle ne dépassait les limitations de vitesse depuis l'accident qui avait failli lui coûter la vie.
Elle arriva devant l'immense bâtisse de l'aéroport. C'était la confusion la plus totale, les gens courraient dans tous les sens, une véritable anarchie. Elle laissa sa voiture en plan en plein milieu des voies d'accès et bien trop loin à son goût de l'entrée de l'aéroport, puis elle se mit à courir à contre sens du flot humain.
Elle hurlait le prénom de sa petite fille. Elle s'arrêta devant chaque policier, agent de l'aéroport et pompier pour demander où était sa fille. Cette frénésie dura un peu plus de deux heures. Il y avait à peine moins de monde et cela s'avérait plus facile de courir au milieu des secours. Elle voyait des civières avec des couvertures recouvrant des corps, apercevait du sang sur plusieurs personnes et cela redoublait sa terreur. Elle était en plein chaos, elle n'arrivait plus à penser mais elle continuait encore et encore, arrêtant chaque personne qu'elle croisait avec pour seule idée en tête; retrouver sa fille.
Puis ce fut le miracle tant espéré. Un policier qui était à proximité de la mère hystérique entendit les questions qu'elle posait à un homme. Il entendit seulement les mots fille et Isabella. Il se précipita sur elle alors qu'elle était déjà repartie après un énième, « Je suis désolé, je ne sais pas. » Il la rattrapa quelques mètres plus loin alors qu'elle questionnait de nouvelles personnes.
-Madame je sais où est votre fille, lui signala-t-il seulement.
Elle éclata en sanglot et il la prit par les épaules. Il la conduisit à la tente de secours provisoire qui avait été montée en urgence et enfin elle put apercevoir sa petite fille, son enfant chéri, son monde. La petite était assise sur une chaise complètement perdue, apeurée et en état de choc. Elle regardait partout ne comprenant pas tout ce qu'il se passait mais surtout ne comprenant pas pourquoi sa mère n'était pas là pour la rassurer et la réconforter.
-Isabella! cria Renée avec espoir et soulagement.
La petite entendit son nom et lorsqu'elle vit sa mère, se précipita sur elle, soulagée et pleurant tout en relâchant un peu de la peur de s'être retrouvée toute seule durant des heures, qui lui avaient paru toute une vie.
Note:
J'ai eu une remarque pertinente de ma Bêta sur ce chapitre, m'indiquant que la partie se déroulant en 1991 était hors contexte par rapport au texte qui la précède. Elle m'a conseillée de la mettre dans le chapitre suivant.
Je tout de même laissé ce passage dans ce chapitre, car en vérité il va y avoir plusieurs petits passages de ce style par la suite. Plusieurs péripéties vont arriver à Isabella au cours de son enfance et de son adolescence et j'ai décidé de mettre en avant ces passages pour ne pas devoir raconter sa croissance et son évolution et ainsi éviter des longueurs ennuyeuses. De plus ça vous laisse sur le tournant de cette histoire.
Je sais que c'est une mise en place assez inhabituelle et un peu spéciale mais je prends tout de même le risque. ^_^
Voilà, j'espère pouvoir vous poster la suite un peu plus rapidement mais en attendant je vous souhaite une bonne journée et de bonnes lectures.
Betifi.
