Petit lexique :
Hogwarts : Poudlard
Great Hall : Grande salle
Dungeons : Cachot
Hallowe'en feast : Banquet d'Halloween
Slytherin : Serpentard
Gryffindor : Gryffondor
Pr. Snape : Pr. Rogue
Oliver Wood : Olivier Dubois
Seeker : Attrapeur
Outstanding : Optimal
Galleon : Gallion
The shrinking solution : La potion de ratatinage
Chapitre corrigé par MarySouris de *ou**a**.o**
French touch! (A so-called adventure of Giselle Moulin)
Chapter 4 : Are all the flies our friends ?
Hogwarts, le 9 novembre.
Le lendemain matin, lorsque Giselle se réveilla, le dortoir des filles était vide. Elle bondit hors de son lit, s'habilla en catastrophe et courut jusqu'à la Great Hall. Les quatre tables étaient quasiment toutes vides. Giselle se servit une tasse de thé en jurant, l'avala en vitesse, se brûla la langue.
« Merde ! Merde ! Merde ! » maugréait-elle en essayant de se rappeler quel cours elle pouvait bien avoir. Elle n'avait pas son emploi du temps sur elle, elle allait retourner à la salle commune quand un garçon au visage aimable l'aborda.
« Salut. Tu as l'air perdu, je peux t'aider ?
- Hum, oui. Je ne sais pas trop où j'ai cours...
- On n'a pas cours ensemble, en tout cas.
- Quoi ?
- On est dans la même année. Mais moi je suis à Hufflepuff.
- Ah. C'est cool... »
Il était bien mignon mais Gisellle n'avait pas le temps de lui faire la conversation, elle était en retard, mille sabords !
« Je m'appelle Cédric, au fait.
- Giselle.
- Je sais. Tu as piégé les Weasley hier. C'était assez drôle. »
Giselle lui sourit. S'il la trouvait drôle, ça ne pouvait pas être un mauvais bougre.
« Moi, j'ai cours avec les Ravenclaws là, ce qui veut dire que tu es dans un cours commun Gryffindors/Slytherins. Le préfet des Gryffindors est encore en train de prendre son petit-déjeuner. Viens, on va lui demander quel cours ont les troisième année. Hé Percy ! »
Cédric s'était approché de la table des personnes aux cravates rouges. Un roux leva les yeux vers lui et se leva. Il était grand avec un badge doré épinglé sur la veste de son uniforme impeccablement repassé.
Giselle suivit le jeune Hufflepuff, elle se sentait comme un personnage de jeu de rôle coincé dans une de ces quêtes saugrenues qui ont lieu en début d'aventure. Trouvez le préfet de la maison Gryffindor pour savoir à quel cours il faut vous rendre. Il petit-déjeune. Retrouvez sa cuillère en argent pour qu'il puisse finir de déjeuner et qu'il réponde à vos questions. Trouvez la marmelade. Vous avez gagné : talent de tartinage de toast. Vous avez débloqué : chemin jusqu'au prochain cours.
Bref.
Cédric demanda :
« Tu sais quel cours ont les troisième année de ta maison maintenant ? Une française est un peu perdue... »
Le préfet regarda Giselle d'un air sévère.
« On t'as distribué un emploi du temps, tu ne l'as pas sur toi ?
- Heu... Non.
- Tu devrais l'avoir sur toi. »
Génial. Une leçon de morale. Exactement ce dont elle avait besoin.
« Mes frères sont dans ton année, ils ont Potions. Tu ferais bien de te dépêcher de descendre dans les dungeons, le professor Snape n'aime pas les retards. C'est légitime, d'ailleurs.
- Tout à fait, répondit Giselle un peu hésitante, merci... je crois. »
Elle sortit de la Great Hall, lança un « merci, à tout à l'heure peut-être » à Cédric et se rua dans l'escalier qui menait aux dungeons.
Elle entra en trombe dans la salle de classe, sans frapper. Tout le monde la regarda, l'air un peu effaré. Giselle se crispa. Évidement, elle aurait dû frapper.
« Déso...
- Installez-vous en silence », coupa la voix glaciale du professeur.
Giselle se glissa jusqu'à la rangée du fond sans se faire prier. Tout le monde était par deux. Yvain, ce lâche coureur de jupons, s'était déjà mis en paire avec une fille nommée Patricia. Il lui articula silencieusement : « Désolé de t'abandonner, mais le corps a ses raisons que la raison ignore. » Ou cœur. Quoique connaissant Yvain, Giselle penchait plus pour la première solution. Il n'y avait qu'une personne qui n'avait pas encore de binôme. Giselle s'installa à ses côtés, c'était le garçon aux cheveux noirs dont la tête lui disait vaguement quelque chose, qu'elle avait déjà repéré le soir de l'Halloween Feast. Il émit une sorte de grognement d'acquiescement (enfin, sûrement affirmatif, Giselle n'avait jamais pris l'option Troll de toute sa scolarité, alors...) quand elle déballa ses affaires sur la table qu'ils partageaient. La conversation s'annonçait passionnante...
« Sur quelle potion on travaille aujourd'hui ? lui demanda-t-elle.
- Huh. »
Génial. Awesome. Wunderbar. Elle se tourna vers le binôme installé à droite de leur chaudron, évidemment, il s'agissait des jumeaux Weasley. Giselle tenta de leur sourire.
« Quelle potio... »
Ils lui lancèrent un regard noir, puis échangèrent un coup d'œil belliqueux avec le partenaire de Giselle. Le sourire de cette dernière se ramollit plus vite qu'une chandelle de cire devant un feu de cheminée.
Peut-être que son choix de coéquipier n'était pas le plus judicieux pour recoller les morceaux avec les jumeaux. Une des deux filles dont le chaudron était situé juste devant celui des jumeaux se retourna et voyant l'état de détresse dans lequel se trouvait Giselle, à savoir coincée entre un benêt et deux crétins rancuniers, elle prit son livre de potions et tapota avec son index le numéro de page de la potion étudiée. Giselle lui leva son pouce pour la remercier et ouvrit le livre du grand couill... de son partenaire. The Shrinking Solution. Cool.
C'est ainsi que le cours commença, dans la joie et la bonne humeur, sous le signe de l'amour... du moins à la table d'Yvain. Occupé à roucouler et à jouer de son accent frenchy sur sa belle, les déboires de la pauvre petite Giselle (à présent très proche de se renommer Cosette) étaient le cadet de ses soucis !
Pour l'instant, celle-ci essayait de préparer sa potion. Ou plutôt d'empêcher son partenaire de faire sauter tout Hogwarts avec la mixture qu'il concoctait... à croire qu'il ne savait même pas lire ! La potion aurait dû être vert foncé. Plusieurs fois elle dut arrêter sa main pour éviter qu'un ingrédient ne rejoigne l'espèce de caramel noirâtre qui collait au fond du chaudron. Et lui, à chaque fois, il lui lançait un regard du genre Tu-peux-pas-résister-à-mon-corps-d'athlète-avoue-le ! Et apparemment il traduisait les soupirs exaspérés avec lesquels elle lui répondait par Tu-es-un-dieu-vivant, au vu de la face réjouie et arrogante qu'il affichait.
Heureusement il dut se lasser ou bien se dire qu'il devrait se faire désirer, car il finit par se désintéresser de la potion.
« Alors les deux guignols ? lança-t-il aux jumeaux, pas trop peur pour le match de samedi ?
- Peur ? Mais je croyais qu'on jouait contre vous pourtant ! répliqua l'un des frères.
- C'est un match de quoi ? » demanda poliment Giselle, histoire d'entamer une conversation banale avec ses proies rousses et jumelées.
« De Quidditch, répondit son coéquipier, je joue dans l'équipe de Slytherin.
- Ah... et vous aussi vous jouez ? » interrogea-t-elle les jumeaux en prenant un air enjoué.
Ils semblèrent surpris. Puis ils acquiescèrent et désignèrent la fille qui avait aidé Giselle et sa partenaire. Elles jouaient avec eux. Les filles lui firent un petit signe auquel Giselle répondit par un grand sourire. Les sportifs sont des valeurs sûres. Il vaut toujours mieux les avoir comme amis.
« Tu peux m'expliquer à quoi tu joues la frenchie ? »
Oh là là ! Le partenaire de Giselle avait l'air furieux d'un troll prêt à charger.
« Qu'est-ce qui te prend de pactiser avec ces raclures ? Tu es à Slytherin je te signale ! »
- Non. Moi je ne suis nulle part. Vos histoires de maisons ne me regardent pas », rétorqua-t-elle en haussant les épaules. Elle espérait avoir parlé suffisamment fort et avec assez d'assurance pour que les jumeaux la jugent fréquentable. Mais au vu du regard qu'ils échangèrent, ils n'avaient pas l'air convaincu. C'est vrai que ça aurait été un peu trop facile.
Le partenaire de Giselle se calma soudainement. Il avait dû comprendre que ce n'était pas en l'engueulant qu'il pourrait lui prouver l'importance des rivalités entre maisons. Ou alors, il avait la flemme. Ou bien il venait d'aviser le professor Snape qui se rapprochait de leur table.
C'est à ce moment-là que Giselle réalisa que même calme, son partenaire avait toujours l'air d'un troll. Elle écarquilla les yeux.
Nom d'une gargouille ! C'était la forme naturelle de son visage ! Depuis le début, sa tête lui rappelait celle d'un troll ! Pour être précis, celle du troll empaillé qui trônait dans la salle d'étude des créatures magiques de Beauxbâtons.
Elle ne vit pas le professeur approcher. Il se pencha sur la potion. Ce n'était pas le travail de Flint. Il posa les yeux sur l'élève qui, pour l'instant, fixait le capitaine de l'équipe d'un air stupide. Elle avait un visage médiocre et les yeux vides. Elle cachait bien son jeu si elle avait réussi une potion en faisant équipe avec une tête de troll pareille. Il griffonna quelque chose sur son carnet, et s'éloigna sans un mot.
Hogwarts, le 11 novembre.
Les heures, les cours et les journées se suivaient et ne se ressemblaient pas. Giselle s'habituait au château, à ces dédales de couloirs et à la rumeur d'excitation qui grandissait à mesure que le match de Slytherin contre Gryffindor approchait. Les jours qui précédèrent le premier match de Quidditch de la saison furent assez éprouvants pour Giselle. Outre le fait qu'elle les ait passés à fuir Marcus Flint qui ne se sentait plus d'avoir obtenu un Outstanding en Potions grâce à elle, et qui semblait croire que son incroyable sensualité bestiale y était pour quelque chose (comme si la testostérone stimulait les neurones féminines !), elle s'était rendue compte à quel point sa vision du sport et des sportifs était pertinente. Autrement dit, Giselle Moulin, ex-magouilleuse en chef de l'Académie de Beauxbâtons, faisait son coming-back. At Hogwarts. Yeah.
Les choses sérieuses commençaient. Tout le monde parlait du match. À la récréation, pendant les inter-cours, pendant les cours même parfois, et dans la Great Hall, les conversations frémissaient de la fièvre des paris et de la rivalité entre les maisons. Et personne ne pouvait en réchapper. Une véritable corne d'abondance pour qui savait exploiter l'évènement !
« 50 galleons ? Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse avec 50 galleons ? » chuchota Giselle avec fureur.
Et apparemment, il ne s'agissait ni plus ni moins que du nouveau plan commercial à court terme de Giselle.
C'était l'heure du déjeuner, les quatre tables étaient remplies d'élèves attablés et bruyants. L'endroit stratégique pour tenir une réunion budgétaire de dernière minute...
« Écoute, Hogwarts est perdu au milieu de nulle part, je n'ai pas accès à mon compte auss...
- Ça ne t'a jamais manqué à Beauxbâtons ! 50 galleons c'est à peine le montant des bénéfices de notre première affaire !
- C'était 20 galleons, corrigea-t-il, et puis ce n'est pas la question, on n'a pas de contact ici, et...
- Je t'en prie Yvain ! Fais moi confiance. J'ai besoin de plus pour mettre les parieurs en confiance !
- Je ne peux pas te prêter 200 galleons de ma poche !
- Alors trouve des investisseurs ! C'est ton job, ça ! »
Et elle se leva, pour rejoindre Eddie Carmichael qui quittait la Great Hall.
Elle aimait bien Eddie. Elle arrivait à le manipuler très facilement, ce qui, selon Giselle, était une qualité indispensable pour faire un bon ami. Elle avait justement réussi à l'entraîner dans sa première entreprise hogwartish. Il s'était révélé être un second de choix dans le baratin et l'engouement à insuffler aux parieurs...
Il venait de lui donner la liste des nouveaux joueurs inscrits. Eddie connaissait beaucoup de monde et elle était plus longue que prévue. Le garçon demanda en quoi cela posait un problème qu'il y ait beaucoup de joueurs.
« Parce que, essaya d'expliquer Giselle, parce que le premier contact sert moins à gagner de l'argent qu'à mettre le client en confiance. Il faut lui faire comprendre que nous sommes des gens réglo. Il faut que l'on puisse assurer l'encaissement dès la fin du match.
- Mais on risque de rembourser à perte ! paniqua Eddie.
- C'est pour ça qu'on a besoin d'un investisseur ! » se crispa Giselle.
Tout à coup, elle avisa Yvain qui tentait de se faufiler hors de la Great Hall, sans se faire voir de sa meilleure amie (Elle devait avoir la tête de son humeur : celle d'un sanglier hargneux). Mais c'est tel un aigle vénal qu'elle fondit sur lui. Et c'est telle une souris qu'il couina quand la serre, heu la main de Giselle se referma sur son délicat et moelleux petit cou.
« Il faut qu'on parle ! »
Hogwarts, le 13 novembre.
Le jour du match, Giselle examina en détail sa liste de paris. Elle se sentait plutôt zen. Yvain avait fini par accepter de quémander de l'argent auprès des Slytherins fortunés. Il avait inventé une histoire de grand-mère bien aimée et de cadeau hors de prix pour se justifier.
Pendant ce temps, la polémique du mois résonnait bruyamment dans presque tous les couloirs du château. Harry Potter. Une vraie manne aux yeux de notre petite Giselle !
On pouvait résumer les conversations de cette façon :
Est-ce que le grand Harry Potter serait à la hauteur des espérances que les Gryffindor fondaient en lui ?
Mais comment pourrait-il se révéler un Seeker hors pair alors qu'il n'avait apparemment découvert le monde magique que trois mois auparavant ?
Oui mais souvenez-vous de la façon dont Gryffindor s'était ridiculisé face à Slytherin l'an dernier !
Mais l'équipe de Gryffindor est composée de joueurs remarquables !
Même McGonagall rougissait encore de cette défaite…
Et blablabla...
Giselle était aux anges. Il n'y avait rien de mieux qu'un débat pour exciter les foules et leur imagination.
Il y en avait qui pariaient que ce serait Angelina Johnson qui marquerait le premier but du match. D'autres encore disaient que Derrick se donnerait un coup avec sa propre batte (devinez de quelle maison venait l'élève qui a fait ce pari ?) ou que Marcus Flint ferait tomber un joueur de son balai (au moins), ou encore qu'Oliver Wood sauverait tous les coups francs (sûrement une admiratrice)...
La jeune fille sourit quand son regard survola ce nom, elle avait vu Oliver Wood, elle l'avait même rencontré... en quelque sorte. C'était le si beau garçon qu'Yvain avait bousculé en sautant sur la tapette. Et il se souvenait d'elle ! Bon d'accord, il avait dit que c'était à cause du bleu qu'il avait au ventre qui le faisait souffrir à chaque fois qu'il s'asseyait. P'tite nature, va !
Lorsqu'elle entra dans la Great Hall, elle croisa l'équipe des Gryffindors qui en sortait. Elle les salua, chacun par leur prénom, en leur souhaitant bonne chance. Les réactions furent diverses et variées. Angelina lui répondit par un sourire crispé. Alicia hocha la tête, Oliver émit un drôle de grognement, Potter pâlit davantage, mais la regarda. Les jumeaux Weasley ainsi que Katie Bell l'ignorèrent superbement. Bande de petits lionceaux arrogants !
Elle salua de la même façon les joueurs de Slytherin. Cette fois-ci tout le monde lui rendit son bonjour. Marcus tenta même, sans succès, de la faire asseoir près de lui. Sale petit serpent vicieux ! Elle courut presque pour aller se cacher derrière son vaillant et musculeux Yvain.
Ce manège des bonjours faisait partie du plan de Giselle. Même s'ils ne lui répondaient pas tous, le fait de leur dire bonjour la mettait aux yeux des autres à égalité avec ces vedettes sportives de l'école. Ce n'était pour l'instant qu'une frêle illusion, surtout avec les Gryffindors, mais cette illusion devait en principe lui rapporter gros.
C'est ainsi que, forte de cette astuce, Giselle se rendit au terrain de Quidditch. Mais lorsque qu'ils prirent place dans les gradins, ce n'était pas seulement Yvain que les autres regardaient. Certains se penchaient vers leurs amis en murmurant, et en fixant Giselle. Elle s'en rendit compte et son corps fourmilla de l'agréable sensation d'être reconnue par des inconnus. Un sourire en coin, elle sortit son bloc-notes afin de noter le déroulement du match.
À côté d'elle Yvain sautillait d'impatience. Comme beaucoup de sorciers, il aimait le Quidditch à outrance, lui-même étant un très bon gardien. Et grâce à son charme, il avait réussi à convaincre Flint de le laisser assister au dernier entraînement des Slytherins. Autant dire qu'il ne doutait pas que les verts l'emportent sur les rouges. Pour lui, la soi-disant arme secrète des Gryffindors, alias Potter, n'était qu'un bluff.
Le coup de sifflet fut lancé.
L'intrigue amoureuse va-t-elle enfin devenir plus intense ?
Quelle équipe va remporter la première rencontre de l'année ? (Ah non. Vous le savez déjà ça, en principe)
Comment le superbe Yvain va-t-il gérer le résultat du match ?
Giselle va-t-elle s'en mettre plein les poches ?
De quelle couleur sont les chaussettes de l'archi-duchesse ? Sont-elles aussi sèches que le laisse penser la rumeur ?
Tout vous sera révélé dans le prochain chapitre de
FrenchTouch ! A so-called adventure of Giseeeeelle Moulin !
