« Paroles »
*russe *
/écriture, mouvement de tête ou pensées envoyées à une autre personne/
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Acte 2 : Draco
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Chapitre 4 : Draco Malfoy
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Le mois de juillet était chaud. Harry poussa la porte de la chambre et pénétra à l'intérieur sans jeter de coup d'œil à l'occupant. Il se dirigea immédiatement vers le calendrier posé sur le meuble à droite du lit, où chaque jour était barré d'une croix rouge. Empoignant le stylo, il entreprit de barrer la date du jour. Il avait commencé à compter il y a six ans. Six ans que Anna McKinnon venait tous les matins s'occuper de Draco Malfoy. Six ans qu'il dormait dans cette chambre.
Aujourd'hui était un jour comme les autres. Comme tous les autres jours, il barrait la date, préparait des vêtements propres et observait la photo déposée sur la commode : une femme blonde et son fils dans un jardin. Comme tous les matins il s'asseyait ensuite sur la chaise en bois déposée à côté du lit puis regardait Draco Malfoy.
Ses cheveux étaient toujours aussi blonds. Sa peau était toujours aussi pâle. Son corps était toujours aussi frêle. La marque tachait toujours sur son bras. Il n'avait pas changé. Rien n'avait changé. Le monde continuait à avancer, la terre continuait de tourner, le soleil continuait de se coucher, la mort continuait de faucher et il dormait toujours. Retranché à l'intérieur de son corps. Loin de la cruelle réalité. Loin des regards, des murmures, des rumeurs. Loin de la haine et du mépris, loin des sorts et des infirmières mal intentionnées. Il aurait pu se réveiller maintenant : son nom avait été oublié il y a longtemps car on l'avait supposé mort à sa disparition de l'hôpital. Mais ses rêves étaient certainement plus doux.
Il n'avait plus rien dans la réalité. Plus de famille : Lucius était en prison et en mauvais état, Narcissa avait périe d'une violente maladie l'année d'avant. Plus d'amis : la plupart étaient en prison, les autres assignés à résidence ou surveillés. Plus d'argent et plus de maison : le Ministère avait tout récupéré à sa présumée mort.
Plus de voix.
Il passa délicatement ses doigts dans les cheveux blonds, savourant leur douceur qui persévérait après toutes ces années. Draco Malfoy était beau. Si beau qu'Harry n'était jamais satisfait des peintures qui le représentaient. Si beau qu'il en était inaccessible.
Ange endormit. Poupée de porcelaine. Sculpture de glace.
Il avait décidé d'ignorer les papillons dans son ventre quand il le regardait. Il avait décidé d'ignorer les pulsations de son cœur quand il passait les mains dans ses cheveux. Il avait décidé d'ignorer le fait que ses pensées revenaient toujours à une seule personne. Il avait décidé d'ignorer que les sentiments qu'il ressentait à ses côtés n'étaient ni de la haine, ni de l'indifférence.
Harry sourit puis se leva. Il allait passer la porte quand il bruit l'arrêta. Ce bruit n'était pas normal. Il n'y avait jamais de bruit. Cette pièce n'accueillait que le silence, et ses bruits à lui.
Il se tourna lentement, hésitant. Son cœur battait si fort qu'il l'entendait résonner dans ses oreilles et dans le bout de ses doigts serrés contre le bois de la porte.
Il eut un nouveau gémissement et il vit clairement un doigt bouger. Ses cils frémirent, ses lèvres s'ouvrirent.
Il se réveillait.
Il se réveillait !
*Talya ! *
La jeune fille apparue, surprise et curieuse d'une demande bien matinale.
« Vite ! Va chercher Miss Anna ! »
Elle sursauta avant de se tourner vivement vers le corps allongé puis d'écarquiller les yeux. Elle disparue dans un nuage de fumée, comme tous les Patronus corporels. Quelques secondes plus tard elle revenait, tenant la main de l'infirmière qui râlait.
« Harry ! Vous savez très bien que les gens sont mal à l'aise devant votre Patronus, vous ne pourriez pas… »
« Il se réveille. »
La femme s'approcha aussitôt, dégainant sa baguette. En effet, Draco Malfoy venait de bouger la tête et ses sourcils se fronçaient.
« Éloignez-vous, il a besoin d'espace. »
Ils reculèrent, scrutant avec attention le visage du blond qui se plissait d'inconfort. Il finit par ouvrir les yeux et tout le monde put voir ses iris gris. Anna l'aida à s'asseoir, son corps étant fragilisé par six années d'immobilité malgré tous ses soins. Une fois qu'il fut assis, le dos appuyé sur les coussins contre le mur, il fit lentement le tour de la pièce des yeux.
« Est-ce que vous avez mal quelque part, Monsieur Malfoy ? »
Ce dernier fronça les sourcils, perturbé, et ouvrit la bouche pour répondre mais rien ne se passa. Son visage prit une expression horrifiée et il ramena sa main à sa gorge.
« Je suis désolée, vous êtes muet. Est-ce que vous vous souvenez de ce qui s'est passé ? Faites simplement un signe de tête. »
Harry le regarda se remettre du choc avec difficulté, réfléchir puis secouer négativement la tête, le visage perdu. La peur qu'il voyait dans ses yeux lui rappelait celle qui brillait lors de leur altercation dans les toilettes des filles des années auparavant.
« Est-ce que vous vous souvenez de quelque chose ? »
Maintenant il était absolument terrifié alors qu'il niait de nouveau. Le Gryffondor retint un soupir. C'était prévisible. L'esprit se protégeait. Notamment en effaçant tout souvenir douloureux. Et Draco Malfoy en avait beaucoup.
Il se souvenait de son regard alors qu'il pointait sa baguette sur Dumbledore, de sa réticence, de sa terreur.
Anna s'accroupit devant le lit puis et doucement ses mains dans les siennes. Elle lui sourit doucement, pour ne pas l'effrayer plus et le rassurer.
« Je m'appelle Anna McKinnon, je suis infirmière. C'est moi qui m'occupe de vous. Un accident vous a fait perdre votre voix et depuis vous dormez. Vous avez dormi longtemps Monsieur Malfoy. Il va falloir beaucoup de temps à votre corps pour s'en remettre. De même que votre esprit. Mais reposez-vous maintenant. Nous discuterons plus tard. » finit la blonde en l'aidant à se recoucher.
Il ferma lentement les yeux puis son visage s'apaisa alors qu'il repartait au pays des rêves. L'infirmière se tourna vers eux, le visage fermé, et leur fit signe de quitter la chambre.
« Êtes-ce que vous souhaitez le confier à l'hôpital maintenant, Harry ? Draco Malfoy est totalement amnésique, muet et pour l'instant incapable de faire quoi que ce soit. C'est une lourde charge. Ste Mangouste à une aile dédiée à ce genre de patient. S'il le faut je m'arrangerais pour changer de nom afin de le protéger. »
« Non. J'ai accepté de m'en occuper et je le ferais. Je vis seul maintenant et je travaille ici. J'ai beaucoup de temps libre également. De plus, j'ai connu Draco Malfoy durant notre enfance, je pourrais lui raconter tout ce que je sais sur lui. »
« Il faudra être présent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, Harry. Vous n'aurez plus un seul moment à vous. Il vous sera difficile de sortir, de faire des rencontres, de participer à des soirées. Vous ne pourrez pas quitter votre maison pour les trois prochains mois, le temps que Monsieur Malfoy se réhabitue. Il vous faudra également vous adapter à son langage, trouver un moyen de communication. »
« J'en suis parfaitement conscient. »
Il ne l'entendrait plus jamais prononcer son prénom.
« Il faudra éviter de parler de la Magie dans un premier temps. Cela risque de causer un trop grand choc émotionnel. »
« Même s'il ne sait pas forcement ce qui est « normal»et ce qui ne l'est pas ? Je veux dire, si je lui montre de la Magie, même simplement s'il voit Talya, il pensera peut-être que c'est tout à fait normal. N'oublions pas qu'il a vécu dans une famille sorcière. Son subconscient ne trouvera pas cela étrange. »
« Soit. Je vous accorde ce point. Mais n'abusez pas trop. »
« Bien entendu. »
HPDM
Au second réveil de Draco, Talya était à son chevet. Elle lui sourit quand il ouvrit les yeux et lui proposa à boire.
« Bonjour. Est-ce que tu te souviens d'hier ? »
Elle le regarda hocher lentement la tête, la gorge apaisée par l'eau.
« Je m'appelle Talya. Tu es Draco Malfoy. Est-ce que tu te souviens de comment écrire ? »
Le blond fit un signe de tête affirmatif, un peu surpris.
« Harry dit que c'est parce que seuls tes souvenirs sont impactés. Pas la mémoire de ton corps, ni celle des connaissances ancrées. Tu n'as pas besoin de réapprendre à écrire, à manger ou à ne pas d'approcher du feu : ton corps et ton subconscient s'en souviennent. »
Le Serpentard baissa la tête pour voir l'ardoise moldue accompagnée d'un feutre effaçable, déposés sur ses genoux. Doucement, ses muscles n'étant plus habitués à bouger, il prit les objets dans ses mains et observa longuement la surface blanche avant de se mettre à tracer des lettres bleues.
/Où suis-je ? /
« Tu es chez Harry Potter, le garçon que tu as vu hier. Tu es chez lui depuis que tu es dans le coma. »
/Combien de temps ? /
« Six ans, pratiquement jour pour jour. »
Le garçon ferma brièvement les yeux.
/Pourquoi ? /
« Tu as eu un accident. Harry te racontera tout. »
/Où est-il ? /
« Il est parti faire des courses. Il voulait te préparer une soupe parce que tu auras du mal à manger au début mais il n'avait plus de légumes. »
/Qui es-tu ? /
« Je m'appelle Talya. Je suis sous la tutelle d'Harry. Enfin, c'est un peu plus compliqué. »
Il observa avec curiosité son corps vaporeux et transparent, argenté. Elle lui sourit.
« Je ne suis plus humaine si c'est la question que tu te poses. Je ne suis pas non plus un fantôme. Plutôt un esprit. La seule personne que je peux toucher est Harry. Je peux traverser les murs, entendre au loin, sentir le danger, voyager à travers la planète en quelques secondes. Je n'ai ni faim, ni soif, ni froid et je n'ai pas besoin de dormir. J'ai des sentiments cependant. A partir de maintenant je veillerais sur toi, tout comme je veille sur Harry. »
/Pourquoi ? /
« Pourquoi quoi ? Pourquoi est-ce que je suis comme ça ? Je suis morte mais mon âme s'est accrochée à Harry. Pourquoi je veille sur Harry ? Parce qu'il m'a sauvé et élevée. Pourquoi je veille sur toi ? Parce que Harry tient à toi et me l'a demandé. Tu n'as pas à avoir peur de moi, Draco. Tu n'as plus besoin d'avoir peur maintenant. Je suis là. Harry est là. Anna est là. Tu es en sécurité. »
Comme s'il avait besoin d'entendre ces mots, des larmes se mirent à couler de ses yeux, le prenant par surprise. La jeune fille le laissa essuyer ses joues et se calmer sans rien dire, ni se défaire de son sourire.
/Raconte-moi /
« Bientôt. Harry le fera, moi je ne connais pas toute l'histoire. Harry est arrivé dans ma vie juste après ton accident. Je peux simplement de dire que tu t'appelles Draco Malfoy et que Harry, ses amis et toi avez une enfance commune. Il ne devrait plus tarder. »
Au même moment, la porte d'entrée s'ouvrit, laissant apparaître Harry chargé de nombreux sac.
« Le voilà ! »
Talya transplana immédiatement à ses côtés, l'aidant à ranger en vitesse.
*Draco est réveillé. *
*Vraiment ? Parfait. Est-ce qu'il a réussi à écrire ? *
*Oui, oui. Nous avons un peu discuté. Mais il veut en savoir plus sur lui et il t'attend. *
Surprise de ne pas avoir de retour, elle se tourna vers le maitre de la maison. Celui-ci avait arrêté tout mouvement et fixait le concombre compressé entre le plan de travail et ses mains, perdu dans ses pensées.
Ils avaient longuement discuté avec Ron, Hermione et Andromeda de ce qu'il fallait lui dire et ce qu'il valait mieux lui cacher. Les filles voulaient être honnêtes mais il jugeait qu'il était peut-être mieux pour lui d'ignorer les plus sombres évènements dont ils avaient été les acteurs. Ron était plus hésitant.
Fallait-il lui parler de la mort de Dumbledore ? De la menace de Voldemort dans sa propre maison ? De l'empoisonnement de sa mère ? Des crimes de son père, de ses crimes à lui ? De la haine du peuple pour son nom ? Fallait-il lui parler de ses erreurs, des erreurs de son père ? Il n'avait plus aucune famille.
Il ne possédait plus rien et ne pourrait même pas hurler.
Il monta lentement les marches qui menaient à l'étage et donc à la chambre du blessé, songeant au fait qu'il lui serait compliqué de quitter l'étage dans un premier temps. Il allait devoir trouver une alternative. Il verrait avec Anna McKinnon et Hermione.
Une fois arrivé devant la porte entrouverte, il hésita. Il le revoyait, fier dans son uniforme de Serpentard. Baignant dans son sang. Allongé dans un lit au drap blanc. Il avait presque peur de le voir. Que sa vision efface tous les autres souvenirs. Qu'il ne lui reste plus qu'une image fragile et bancale de Draco Malfoy.
Néanmoins, il prit son courage à deux mains et poussa la porte, pénétrant dans la pièce sous le regard gris de l'occupant. Il s'assit sur la chaise à disposition et se pencha en avant. Les bras posés sur les genoux et les mains croisées, il préféra dans un premier temps se concentrer sur ses propres mains. Finalement, il prit une grande inspiration et releva la tête pour le regarder droit dans les yeux. Il y avait quelques mots écrits d'une main tremblante sur l'ardoise.
/Raconte-moi /
Le Gryffondor prit une grande inspiration.
« Déjà, tu dois savoir que toi et moi, comme bien d'autres, sommes des Sorciers. Nous sommes capables d'utiliser la Magie. »
Il leva la main et une douce lumière apparue au-dessus de son index. Il la fit rouler autour de ses doigts, bougeant la main pour qu'elle ne tombe pas. Finalement, il l'approcha du Serpentard et la laissa tomber au creux de ses mains. Le garçon regarda, émerveillé, la lumière se transformer en fleur jaune. La petite marguerite s'effrita en une multitude de confettis.
« Tu es Draco Lucius Malfoy. Fils de Lucius Abraxas Malfoy et de Narcissa Helen Malfoy née Black. »conta-il en faisant ensuite apparaître une multitude de petites figurines de fumée. « Du côté maternel, tu as deux tantes et trois cousins, dont la mère mon filleul, Teddy. Je suis désolé de t'annoncer que la seule famille qu'il te reste dorénavant est ta tante Andromeda et Teddy. »
Son père n'était pas mort mais il n'avait pas besoin de le savoir. Plus il serait loin de cet homme, mieux il se porterait.
Les autres personnages disparurent pour ne laisser que l'enfant, un bébé et une femme âgée. Il fit apparaître une petite version de lui-même à côté, ses cheveux noirs contrastants avec le blond de l'autre enfant. Les représentations d'Andromeda et Teddy s'évaporèrent.
« A nos 11 ans, nous avons été admis à l'école de Sorcellerie en Ecosse, Poudlard, dont Albus Dumbledore était le Directeur et Severus Snape, ton parrain, le Professeur de Potions. Poudlard est divisé en quatre maisons : Serpentard, Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle. Tu es allé à Serpentard et moi à Gryffondor. »
Le petit garçon blond partit à gauche, sous le blason de sa maison et le petit garçon brun en fit de même à droite. Il fit apparaître Dumbledore et Snape entre les deux, à droite et à gauche respectivement.
Que serait devenue sa vie s'il avait accepté la petite main tendue il y a si longtemps ?
« Poudlard est un internat, on ne rentrait chez nous que pour les vacances. Certaines matières étaient communes entre les maisons alors nous avons souvent eu cours ensemble lors des sept années passées là-bas. »
Les enfants avaient grandi, étant maintenant presque des adultes. Une troisième silhouette se créa entre les deux, sombre.
« Il y avait un Mage Noir nommé Voldemort. » déclara Harry en regardant le blond frissonner. « C'était un Sorcier extrêmement puissant qui avait des adeptes appelés Mangemorts et qui voulait gouverner le monde, en commençant par l'Angleterre, pour annihiler tous les Non-Sorciers. Il prônait la puissance du sang. Pour lui et d'autres, seuls les Sang-Pur méritaient d'utiliser la Magie, d'être éduqué à Poudlard, de faire de la politique, de participer à l'économie. »
Le personnage de Voldemort dégagea une fumée noire qui vint s'enrouler autour des pieds des deux enfants.
Elle serpentait jusque leur cœur, marquant leurs âmes et leurs peaux. Deux enfants, si différents et pourtant identiques. Deux enfants perdus.
« A cause d'une Prophétie, il a tenté de me tuer plusieurs fois mais j'ai survécu à chaque fois. Finalement, c'est moi qui l'ai tué. »
Les deux ennemis tournaient lentement, face à face, baguette en main. Puis la miniature de Voldemort lança un sort mais celui-ci se retourna contre lui. Draco avait les yeux rivés sur la scène, écarquillés. Il écoutait avec attention, essayant de tout retenir. Il regarda la miniature redevenir fumée, le garçon brandir sa baguette au-dessus de sa tête.
« Cependant, ton père faisait partie des Mangemorts. » expliqua le Gryffondor d'une voix douce, faisant de nouveau sursauter son interlocuteur.
Il prit un visage horrifié tandis que Lucius Malfoy refaisait son apparition, tout comme Voldemort.
« Le prestige des Malfoy diminuait. Il essayait simplement de redorer le blason de sa famille et Voldemort lui laissait l'opportunité de s'enrichir que ce soit en or ou en pouvoir politique. Et ce fut le cas, au début. Puis ton père échoua à l'une des missions confiées par Voldemort et en paya le prix. »
Lucius fut entouré de barreaux de prison et Voldemort déposa une main sur l'épaule de la miniature de Draco qui se recroquevilla.
« Alors Voldemort se tourna vers toi. En utilisant ta mère comme moyen de pression, il t'a ordonné d'assassiner Albus Dumbledore et de faire entrer les Mangemorts dans l'école. Mais tu ne t'es pas laissé faire. Tu as immédiatement envoyé une lettre au directeur de Poudlard afin de le prévenir. » expliqua Harry alors que le personnage de Draco écrivait, après avoir couru loin du Mage Noir. « Durant toute la durée de la guerre tu as correspondu avec lui, lui apportant toutes les informations que tu récupérais, car Voldemort avait installé son QG chez toi. »
Une chouette noire s'envola jusqu'à l'apparition de Dumbledore, qui prit la lettre.
« Après la mort de Voldemort… La société anglaise sorcière a mis du temps à se relever. Voldemort avait envahi la politique, la justice, l'économie… Il fallait tout reprendre. Purger, traquer, réparer. Le Ministre de la Magie a organisé une grande fête deux mois après la guerre, réunissant tous les grands noms et les figures emblématiques de la guerre. J'étais présent. Toi aussi. Mais… »
Il ne resta plus que les miniatures de Draco et Harry, vêtus de tenues de galas, dos à dos.
« Les gens ont peur du nom de Malfoy. Ce nom leur rappelle la guerre, leur rappelle Voldemort et toutes les atrocités qu'il a commis. Que tu aies aidé à sa défaite n'a eu aucune importance. Certains… Certains pensent que tu devrais être en prison, ou mort. Alors on t'a attaqué. Un sort t'a lacéré la gorge. » raconta-t-il, le personnage de Draco tombant au sol, son sang formant lentement une auréole autour de lui.
Tant de sang…
« Nous avons réussi à te sauver mais depuis, tu dormais. Mais te voilà réveillé maintenant. »
Il leva les yeux vers lui, les plongeant dans les siens. Le vert affrontait le gris, l'émeraude se perdait dans l'orage. Ses mains se serrèrent autour des confettis, blanches. Il tremblait. Harry se leva, remplit magiquement un verre d'eau qu'il lui tendit. Puis il se détourna et quitta silencieusement la pièce. Draco avait besoin d'être seul pour l'instant.
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