NdT : Merci à tous ceux qui lisent ou suivent cette fic, et merci beaucoup à Mimm pour sa review. J'ai beau n'être que la traductrice, ça fait plaisir de voir que je ne bosse pas dessus pour rien, vu sa longueur (Il y aura 14 chapitres en tout). Bonne lecture !
NdA : Ce chapitre contient une scène de relation non consentante et certaines personnes pourraient vouloir l'éviter. Si vous n'avez pas envie de lire cette partie, n'hésitez pas à la sauter, car je ne veux pas mettre qui que ce soit mal à l'aise. J'ai marqué ce passage entre deux XXX afin que vous sachiez où vous arrêter.
Chapitre 4 : L'intrus
C'était Samedi, et ni Kankuro ni Gaara n'avait quoi que ce soit à faire. Ils étaient tous deux affalés sur le canapé, devant la télévision. Kankuro travaillait rarement le week-end, étant donné qu'il avait déjà de longues journées du Lundi au Vendredi. Il avait beau aimer son travail et l'argent qu'il en recevait, il n'en appréciait pas moins ses journées de congé. En particulier en compagnie de Gaara.
« Change de chaîne, je n'ai pas envie de regarder cette série à la con. » Grommela-t-il en passant sa main sur ses yeux.
Gaara zappa et s'arrêta un moment sur un documentaire sur l'Histoire de la Pologne. Kankuro laissa échapper un grognement agacé et repassa sa paume sur son visage.
« Nooon… Pas ça ! C'est chiant... » Gémit doucement le brun.
A son grand malheur, le rouquin sembla s'intéresser au programme. Gaara sourit en entendant son frère agoniser. Il savait parfaitement que l'Histoire était loin de faire partie de ses centres d'intérêts.
« Chut… J'ai envie de regarder ça. Ca pourrait m'aider pour la rédaction que je dois rendre.» Déclara Gaara, se concentrant sur le documentaire.
« Peut-être… Mais il n'empêche que plus ennuyeux, tu meurs. Tu es sûr de vouloir regarder ça? » Tenta Kankuro, déjà exaspéré par le ton morne de la voix-off.
« Chut. » Répéta Gaara, sans quitter l'écran des yeux.
Il appréciait ces moments de détente, sans aucune sensation de menace dans l'air. Il avait été plutôt tranquille ces derniers temps, Kankuro étant resté de bonne humeur toute la journée. Les deux frangins étaient allés voir un film au cinéma avant d'aller se promener un moment en ville, où Gaara avait pris quelques photos.
Il avait même réussi à prendre un cliché de Kankuro appuyé contre la balustrade d'un pont, le regard perdu sur l'horizon. Il avait pris soin de le prendre en noir et blanc, ce qui lui donnait un effet quelques peu intemporel. Il souhaitait de tout cœur que son frère puisse demeurer aussi détendu pour l'éternité –son côté violent ne lui manquait pas le moins du monde.
Sur le canapé, Kankuro, l'air ennuyé, attrapa le bras de Gaara et le caressa. Il passa le bout de ses doigts le long des cicatrices dont il avait été l'auteur quelques semaines plus tôt. Pas qu'il en ait un souvenir très précis, cependant. Il remonta sa main jusqu'à la joue de Gaara, observant ses réactions.
Concentré sur son programme, celui-ci ne semblait pas opposé au contact de son frère. L'aîné se rapprocha davantage et caressa son torse. Gaara gardait les yeux sur la télévision, sans vraiment se préoccuper du reste.
Considérant qu'il était temps de recevoir toute l'attention du plus jeune, Kankuro passa ses mains sous son T-shirt, les posant sur son estomac. Il fronça les sourcils en sentant les cicatrices formant le kanji de l'amour. Il avait fait du mal à son petit frère… Il était supposé le protéger, pas le mettre en danger. Il se maudit mentalement et se promit qu'aujourd'hui, il ferait de son mieux pour être un grand frère attentionné. Oui, aujourd'hui, il lui montrerait tout l'amour qu'il lui porte. Pour une fois, il ferait les choses bien.
XXX
Le cadet sursauta en sentant ce contact inattendu, et baissa les yeux vers son aîné. Les yeux de Kankuro étaient doux et ne semblaient dissimuler aucune malveillance. Relevant un peu sa main, il l'arrêta au niveau de son téton, avec lequel il joua un moment.
« C'est un peu plus intéressant que la télé, non ? » Demanda-t-il, satisfait d'être parvenu à décrocher le rouquin de son écran. Il était ravi de voir que le jeune homme s'intéressait enfin à lui.
Gaara laissa échapper un gémissement de plaisir, mais fut incapable de se relaxer. Kankuro avait tendance à devenir impatient lorsqu'il se faisait rejeter. Il ne se sentait pas le courage de contrarier son frère qui s'était montré irréprochable ces derniers temps, mais, honnêtement, il n'avait pas vraiment envie de se laisser faire.
« Ah… On ne peut pas simplement regarder la télé? » Demanda Gaara, s'écartant légèrement de Kankuro.
« Aller, il n'y a rien de bien à l'écran. Ca, c'est intéressant, non ? » Répliqua le brun, frottant ses doigts contre le point sensible.
Il lui retira son T-shirt et entreprit de lui lécher le téton avec douceur. Il le mordilla légèrement, provoquant un nouveau geignement de la part du rouquin. A présent, il avait complètement décroché du documentaire, mais la distraction ne lui déplaisait pas.
Kankuro baissa le pantalon de Gaara jusqu'à ses genoux. Celui-ci se tendit, appréhendant la suite. L'anxiété se mêla au plaisir, et le jeune homme ne savait plus s'il devait se sentir excité ou nerveux.
« Tu ne veux pas me laisser finir de regarder le programme ? On pourra toujours faire ça après. » Tenta-t-il, l'air confus.
« Je doute que tu ais envie d'attendre après. » Ronronna Kankuro en commençant à masser le membre de son frère.
« Humm… » Fut tout ce que Gaara put répondre. Toute pensée logique l'abandonna, remplacée par d'autres, plus primitives.
Toute la tension qui avait persisté dans son corps se métamorphosa en excitation lorsque la cavité chaude et humide qu'était la bouche de Kankuro enveloppa son sexe.
« Ah ! » Gémit Gaara, les mains posées sur la tête de son frère, ses doigts emprisonnant quelques mèches de cheveux, une partie de lui tentant de l'éloigner de lui.
Il ne se rend pas compte de ce qu'il me fait, songea-t-il.
Ce qui n'était absolument pas le cas, à dire vrai. Kankuro savait parfaitement quel genre de réactions ceci allait provoquer chez le rouquin. Si sa bouche n'était pas trop occupée, il aurait laissé échapper un sourire amusé.
Les sensations le submergèrent avec une force telle qu'il fallut tout le self-control de Gaara pour ne pas se laisser aller. Kankuro s'y prenait avec tant d'habileté qu'il sentait son corps abandonner la bataille et succomber à l'attention qu'on lui accordait. Remuant des hanches afin de pénétrer plus profondément encore dans la gorge de son frère, il ferma les paupières, se concentrant sur le plaisir.
« Aah… Mmhh… Si tu ne t'arrêtes pas maintenant, je vais ve… » Gémissait-il, raffermissant sa prise sur les cheveux de Kankuro, lorsqu'il fut soudainement interrompu par la sonnette de l'entrée. Sous le choc, il tenta de se relever et de stopper Kankuro. Mais celui-ci semblait avoir bien d'autres idées en tête que celle de répondre à la porte.
« Mais Kankuro, il y a quelqu'un dehors et on… » Gaara s'interrompit en sentant le brun accueillir son membre tout entier dans sa bouche.
L'aîné des deux frères se fichait pas mal de savoir qui pouvait bien se trouver derrière la porte –il devait probablement s'agir d'un de ses amis, et il pourrait bien revenir plus tard. Empêchant le cadet de se dégager, il entreprit de sucer son sexe avec toujours plus d'avidité.
Le rouquin laissa échapper gémissement, refermant les yeux et arquant le dos. Il se sentait partir de nouveau vers la jouissance et la seule chose qui occupait son cerveau en cet instant était la sensation de plaisir. Toute anxiété avait été balayée. Il resserra sa prise sur la tignasse brune, et, d'un brusque mouvement de bassin, déversa sa semence dans la gorge de son frère.
Kankuro avala sans protester, passa sa langue sur ses lèvres et leva les yeux vers son cadet, l'air ravi. Gaara avait toujours l'air si innocent après avoir joui. Cette simple pensée fit accélérer son rythme cardiaque et il se demanda ce qu'ils pourraient bien faire à présent. Il avait déjà quelques idées derrière la tête…
Plusieurs coups frappés contre la porte accompagnés de cris sourds résonnèrent dans le hall d'entrée. Peu importe qui il était, cet intrus était obstiné. Peu lui importait, Kankuro n'avait aucune intention de lui ouvrir. Il avait bien mieux à faire pour le moment.
« Gaara, il va falloir que tu sois plus discret si tu ne veux pas que tes cris retentissent jusque derrière la porte. Tu sais bien qu'on aura des ennuis si quelqu'un nous entend… » Avertit Kankuro. Il avait beau adorer ses performances vocales, il n'avait pas particulièrement envie de se faire prendre.
« O... Oui... Désolé, je n'ai pas fait attention… » Répondit Gaara, encore haletant.
« Pas de problèmes. » Souffla Kankuro en se levant. « Je reviens. » Le voyant s'éloigner, Gaara ne sut trop s'il était parti afin de répondre à la porte ou non. Dans le doute, il remit son T-shirt pour ne pas se sentir trop exposé.
Kankuro fut rapidement de retour. Posant un tube de lotion sur la table du salon, il se rassit aux côtés du rouquin qui s'apprêtait à remonter son pantalon.
« Pas déjà. » Souffla Kankuro en embrassant gentiment son frère. Gaara eut un sursaut, mais, après une légère hésitation, répondit timidement au baiser. Il pria pour que les choses se passent en douceur, sans problèmes superflus. D'accord, le brun avait l'air calme, mais ses expériences passées lui avaient appris à rester constamment sur ses gardes.
Kankuro couvrit son corps de baisers tout en le débarrassant de ses vêtements. Il ne lui fallut pas longtemps pour se libérer des siennes à son tour. S'allongeant auprès de Gaara, il le poussa contre le canapé. Celui-ci étouffa un gémissement à ce contact et laissa échapper un hoquet un peu moins discret en sentant l'érection de son frère contre ses cuisses.
L'aîné s'empara du tube qu'il avait emmené et appliqua un peu de gel sur ses doigts. Il commença à préparer Gaara, tout en le caressant avec tendresse. Ce dernier se tendit en sentant deux doigts couverts d'un produit froid le pénétrer. Il jeta un regard nerveux à son frère. Kankuro perçut la peur dans les deux océans de jade. Gaara le craignait, et cette vérité le fit souffrir. Il savait bien qu'il lui arrivait de perdre le contrôle, mais ces derniers temps, il avait eu l'impression que les choses s'amélioraient.
Pourquoi ne peut-il pas me faire confiance ? Songea-t-il, souhaitant désespérément arranger les choses.
« Tu n'as pas à avoir peur… Je ne te ferai pas de mal, je te le promets. » Murmura-t-il, enfonçant un peu plus ses doigts afin de détendre les muscles. Gaara hocha la tête, mais son regard ne changea pas. Le brun remua les doigts afin d'atteindre un point sensible. Gaara gémit et s'agrippa aux épaules de Kankuro.
Kankuro se colla encore un peu à lui, déposant quelques baisers le long de sa gorge. Il voulait faire en sorte de le rassurer du mieux qu'il pouvait –il se sentait parfaitement stable en ce moment. Il ne supportait pas de voir la crainte, la méfiance voir l'aversion dans ses yeux lorsqu'il l'approchait.
Il voulait que son petit frère le regarde avec gaieté et sincérité. Il était bien conscient que ses agissements étaient à l'encontre des lois, et pourtant, il voulait tout faire pour être un bon frère. Mais à chaque fois que leurs yeux se croisaient, il réalisait qu'il en était encore loin.
« Gaara… Crois-moi s'il te plaît… J… Je t'aime. » Murmura-t-il, hésitant à prononcer ces deux derniers mots.
Les deux grands orbes émeraude s'écarquillèrent. Kankuro ne prononçait ces mots que lorsqu'il était submergé par ses émotions ou qu'il se sentait coupable. En toute honnêteté, le rouquin ne savait jamais que répondre à cela. Bien sûr qu'il aimait son frère, mais pas dans le sens romantique du terme. Il n'osait pas l'avouer à haute voix, de peur de le contrarier. Les profonds yeux noirs reflétaient déjà sa tristesse et son inquiétude, et il ne souhaitait pas amplifier ces émotions.
« Je… Je sais. » Répondit-il simplement. Il se doutait bien qu'il n'était pas en position d'énerver Kankuro avec des explications compliquées.
Considérant que Gaara était suffisamment préparé, le brun retira ses doigts. Il étala le lubrifiant sur son sexe et le plaça à l'entrée avant de le pénétrer avec précaution. A aucun moment il ne décrocha son regard de celui de son frère. Il voulait être certain de ne pas le brusquer. La pression exercée sur son membre était divinement agréable, mais il ne savait pas si Gaara se sentait aussi bien.
« K… Kankuro… » Bégaya-t-il en fermant les yeux.
Il serra les dents et resserra sa prise sur Kankuro. Il avait beau s'être habitué à la sensation, elle n'était jamais des plus confortables au début. Mais il parvint rapidement à se détendre. Sa tension se mua une fois de plus en excitation, puis en plaisir.
« Tu as mal ? » Demanda Kankuro, soucieux. Le silence du rouquin ne lui permettait pas de savoir s'il appréciait ou non. Il s'enfonça un peu plus profondément en lui tout en massant son sexe. Il fut récompensé par un halètement rauque.
« N… Non… C'est… b… bon. » Le rassura Gaara avec honnêteté.
Accélérant la cadence, Kankuro accorda le rythme avec celui de sa main. De son côté, l'étroitesse et la pression exercée par les muscles de Gaara avaient un goût de paradis, et son souffle devenait de plus en plus audible. La sensation le rendait fou de plaisir, mais, plus encore que le reste, c'était l'expression de Gaara qui le ravissait. Il était incapable de détourner le regard de cette peau qui, si pâle d'ordinaire, avait pris une légère teinte rosée, et de ces yeux perçants qui s'étaient à présent voilés.
Les halètements de Gaara s'intensifiaient à chaque fois que son frère touchait sa prostate, en symbiose avec le va et viens qu'il exerçait sur son membre. Il noua ses jambes autour se son bassin, comme une demande silencieuse de ne surtout pas s'arrêter.
Pendant ces moments-là, il avait prit l'habitude de faire taire toutes ses réflexions moralisatrices en les enfermant dans un coin de sa conscience. Il savait que sous bien des aspects, ce qu'ils faisaient était mal, mais l'habileté de Kankuro lui faisait perdre tous ses moyens. Il se contenta de penser que ça ne pouvait pas être si grave que ça, après tout, du moment que lui-même y prenait plaisir. Chassant son bon sens de son cerveau, il se concentra de nouveau sur les sensations.
« Nnh… Ne t'arrête pas… » Gémit-il, les yeux clos.
Kankuro accéléra encore, désireux de revoir la jouissance se peindre sur le visage du garçon. Il fit jouer ses lèvres contre le point sensible derrière son oreille, puis descendit dévorer son cou. Il savait exactement sur quelles zones s'attarder pour le stimuler.
Gaara ne mit pas longtemps à atteindre sa limite. Le souffle court, il raffermit sa prise sur les épaules de Kankuro.
« Ah ! Kan… Kankuro… » Haleta-t-il.
Arquant le dos, il serra Kankuro avec force et laissa échapper un long gémissement. Alors qu'il jouissait enfin, il ne put s'empêcher d'ouvrir les yeux pour les planter dans le regard onyx de son frère.
Il se sentit soudainement épuisé. Ce qui n'était pas des plus étonnant, étant donné qu'il venait de jouir deux fois d'affilé. Ses bras et ses jambes se détendirent autour du brun, sans pour autant le lâcher. Il lança un regard fatigué sur le jeune homme au-dessus de lui.
Ses yeux sombres étudiaient son visage pâle, quoi qu'encore un peu rougi, avec tendresse. Kankuro se rapprocha légèrement et l'embrassa. Il savait que lui-même n'allait pas tenir beaucoup plus longtemps, pas après avoir vu Gaara jouir ainsi, les joues brulantes et la bouche entrouverte. Avec un dernier coup de reins, il étouffa un cri rauque.
« Aaah… »
L'instant d'après, le brun se déversait en lui et se laissa retomber. Tous deux restèrent allongés ainsi un moment, le temps de récupérer.
Kankuro était en sueur et ses gestes étaient devenus saccadés suite à cette déferlante d'émotions. Il se retira enfin tout en caressant tendrement la nuque de Gaara avec ses lèvres. Le cadet semblait fatigué mais serein, et sa respiration avait reprit un rythme normal.
XXX
« Tu peux marcher? » Demanda Kankuro en observant le rouquin. Il fit passer ses doigts entre quelques mèches qui s'étaient collées au front de Gaara.
« Je ne sais pas… » Répondit-il. Il n'avait pas mal, mais se sentait complètement éreinté.
Kankuro plaça ses bras dans le dos de son frère et commença à le soulever. « Tu peux enrouler tes jambes autour de moi ? »
Tandis que le jeune homme hochait la tête et s'exécutait, il le positionna sur ses genoux. Puis il se leva et les mena jusqu'à la salle de bain. Il ouvrit la porte d'un coup de pied et marcha jusqu'à la douche.
« Okay, tu peux te mettre debout ? Ou tu préfères rester par terre ? » Reprit-il.
« Je crois que je peux tenir debout. » Gaara délia ses jambes et laissa Kankuro le déposer au sol.
Les deux frères se lavèrent, mais le plus jeune demeura muet. Ce qui agaça l'aîné. Il était accoutumé aux silences de Gaara mais celui-ci en particulier le mettait mal à l'aise. Il plaqua son corps contre le sien et, pendant un moment, tous deux restèrent ainsi, immobiles, sous les gouttes d'eau.
« Ca va ? Je… Je t'ai fais mal ? » Demanda-t-il avec inquiétude. Est-ce que j'ai tout foutu en l'air, encore une fois? Songea-t-il, craignant la réponse. Il voulait que Gaara accepte sa façon de lui montrer son affection, de lui montrer ses… sentiments, même les plus profonds.
« Tu ne m'as pas fait mal. C'est juste que… C'est bizarre. Je crois que ce n'est pas normal de faire ça. » Marmonna Gaara, la tête posée contre le torse de Kankuro. Il ne pouvait nier le plaisir qu'il ressentait, mais il se sentait mal, sachant qui le lui procurait. Il se sentait malade d'être incapable de considérer leur relation comme le faisait Kankuro. Il avait l'impression de le décevoir à cause de son incapacité à comprendre qu'ils ne faisaient rien de mal, peu importe le nombre de fois qu'il avait passé à le lui expliquer.
« Ne t'en fais pas, Gaara. On ne choisit pas de qui on tombe amoureux. Des fois, ça peut être son propre frère, et on n'y peut rien. Il n'y a rien de mal à être amoureux, non ? » Répondit Kankuro avec calme. Il savait que Gaara avait du mal à intégrer le concept d'amour, mais cela n'avait pas d'importance. Le rouquin n'avait pas besoin de comprendre –que lui-même comprenne était suffisant pour eux deux. Le cadet n'avait qu'à saisir que Kankuro savait ce qui était bon ou ce qui ne l'était pas.
« Tu sais que je ne t'abandonnerai jamais ? Tant que tu restes à mes côtés, tu n'as pas à t'inquiéter de quoi que ce soit. » Continua-t-il. Il n'aimait pas quand Gaara se mettait à se poser ce genre de questions. Au fond de lui, il était parfaitement conscient qu'il finirait en prison si tout cela venait à se savoir.
Mais ce n'est pas parce que ce que nous faisons est mal, c'est parce que les autres le pensent, pensa-t-il tristement. Enfin, je comprends que l'on puisse y trouver à redire, mais on ne peut rien y faire.
Après leur douche, les deux frères retournèrent dans le salon afin de refaire le canapé. Ils se trouvaient à présent dans la cuisine pour se préparer à manger. Au grand damne de Gaara, le documentaire était fini depuis un moment, et il n'y avait plus rien d'intéressant à la télévision. Ils finissaient de préparer leurs sandwichs et leur thé vert, lorsque la sonnette retentit.
« C'est peut-être notre visiteur de tout à l'heure, qui a eut la bonté de revenir à un moment un peu plus approprié. » Commenta Kankuro avec un sourire. Il se décida ensuite à aller ouvrir.
Un jeune homme blond avec de grands yeux bleus leva les yeux vers lui, un large sourire aux lèvres. L'orange vif qui colorait ses vêtements faillit éblouir Kankuro. Avait-il déjà rencontré ce garçon ? Il ne faisait certainement pas partie de ses connaissances. Il s'apprêtait à claquer la porte au nez du blondinet lorsque celui-ci se mit à parler.
« Salut ! Est-ce que Gaara est là ? Oh, au fait, je suis Naruto, un ami à lui. »
L'étranger lui souriait, tout en jetant quelques coups d'œil à l'intérieur de la maison dans l'espoir d'y repérer une tignasse rousse.
Un ami ? Un ami de Gaara ? Gaara avait des amis? Kankuro n'en revenait pas. Aurait-il manqué un épisode? Depuis quand son petit frère s'engageait-il dans des interactions normales ? Prenant soin de prendre quelques notes dans un coin de sa tête, il décida qu'il pourrait interroger le rouquin en temps voulu.
Dans la cuisine, Gaara préparait encore quelques sandwichs en attendant son frère. Son cerveau se figea en entendant une voix familière. Qu'est-ce que Naruto fiche ici ? Se demanda-t-il, surpris. Puis la conversation qu'ils avaient eu quelques jours plus tôt lui revint en mémoire. Il lui avait promis de passer du temps avec lui.
Il se dirigea à son tour dans le hall, où Kankuro se tenait avec son camarade de classe. La mâchoire du brun semblait prête à se décrocher, encore incapable qu'il était d'intégrer le fait que son petit frère ait réussi à se faire un ami. Et un plutôt sociable, qui plus est. Kankuro s'était toujours imaginé que si Gaara se faisait enfin un ami, celui-ci aurait certainement été dans le même genre, calme, antisocial et l'air renfrogné. Pourtant, ce blondinet ne semblait pas posséder le moindre point commun avec Gaara. Pas au premier abord, du moins.
« Gaara ? Heu… Une seconde. » Dit-il calmement avant de se retourner pour appeler son frère. Ce qui s'avéra inutile, car le rouquin arriva avant même qu'il n'ait eu le temps de crier.
« Salut Gaara ! » S'exclama Naruto en se rapprochant. A présent qu'il les voyait l'un à côté de l'autre, il ne pouvait que remarquer la ressemblance entre les deux frères. « Je suis venu te rendre visite. Je peux entrer ? » Demanda-t-il, espérant qu'il ne s'immisçait pas trop.
« J'imagine que oui. » Répondit Gaara après un instant de réflexion. Il ne voyait pas en quoi inviter Naruto risquait de poser problème. Avec un hochement de tête, ce dernier rentra dans le hall.
« En fait, je suis déjà passé tout à l'heure, mais tu n'étais pas là. » Dit-il en riant. Il ne savait pas trop pourquoi il avait dit ça. Certainement parce qu'il n'avait rien trouvé de mieux à dire.
En l'espace d'une seconde, Kankuro se remit de son état de choc et observa le blond avec plus d'attention. Alors c'était lui l'intrus ? A présent qu'il savait ça, Naruto lui paraissait bien moins sympathique.
« Vraiment… On… » S'empressa de répondre Gaara.
« On était sortis faire des courses. » Le coupa Kankuro. Il enchaîna avant que quiconque puisse reprendre la parole. « Bon, tu voudrais quelque chose ? On était justement en train de se faire des sandwichs et du thé. » Proposa-t-il poliment, un sourire forcé mais parfaitement naturel collé au visage.
Il pourrait certainement tourner la situation à son avantage et obtenir quelques informations de la part du blond en jouant la carte de la sympathie. Il y avait toujours un risque pour que le nouvel ami de Gaara ne soit pas si crétin qu'il n'en ait l'air et mette son nez là où il ne devrait pas, mettant leur secret en péril.
« Avec plaisir, si ça ne vous dérange pas. » Répondit Naruto avec entrain.
« Bien sûr que non. » Lui dit l'aîné avec chaleur.
Gaara remarqua que Kankuro se comportait de manière légèrement plus amicale qu'il ne l'était d'ordinaire avec des inconnus. Ce qui le rassura. Ceci étant, il espérait que son frère n'allait pas s'imaginer que Naruto était réellement son ami, car c'était loin d'être le cas. Le blond avait juste décidé de traîner dans ses pattes, et, n'ayant rien de mieux à faire, il ne l'en empêchait pas.
Naruto jeta un regard circulaire autour de lui. A première vue, la maison n'était pas des plus accueillantes. La couleur des murs et les peintures qui y étaient accrochées créaient une atmosphère oppressante. La plupart des tableaux représentaient des images de désolation, de folie et de solitude.
Depuis l'entrée, Naruto pouvait voir deux chambres, qu'il supposa être celles des deux frères. Celle qu'il devinait appartenir à Gaara possédait des murs couleur vin, tandis que l'autre, probablement celle de kankuro, était d'un violet foncé.
Kankuro disparu dans la cuisine tandis que Gaara menait Naruto dans le salon. Sur le chemin, le blond s'arrêta un moment devant un tableau représentant une silhouette famélique qui semblait hurler à l'agonie. Un frisson lui parcourut l'échine et il s'empressa de rejoindre le salon à la tapisserie sombre.
Le rouquin s'installa dans le canapé dans lequel lui et son frère venaient tout juste de passer un « moment fraternel ». Au-dessus de lui était accrochée une large toile sur laquelle était peint un paysage désertique nocturne. Quelques ossements d'animaux se trouvaient dans le sable et une énorme lune éclairait le tout. S'asseyant à côté de Gaara, Naruto se sentit à court de mots l'espace d'un instant. Ne sachant trop que dire, il lança la première phrase qui lui vint à l'esprit.
« Tu as un goût très personnel en matière artistique. Un peu trop oppressant pour moi, mais les couleurs se marient bien avec celle des murs. » Maintenant que Naruto prenait le temps d'y réfléchir, son commentaire était complètement stupide.
Le rouquin le fixa un instant. A en juger par l'affreux survêtement orange avec lequel s'habillait le garçon, il n'était pas difficile à deviner qu'il préférait des thèmes un peu plus réjouissants.
« C'est notre père qui a décoré la maison. J'imagine qu'on a fini par s'y habituer, après toutes ces années. » Répondit-il.
Kankuro revint de la cuisine, apportant trois tasses de thé et quelques sandwichs sur un plateau. Il déposa le tout sur la table du salon avant de s'installer dans le fauteuil près du canapé. D'ici, il pouvait observer à loisir le blond interagir avec Gaara.
« Alors, tu habites dans le quartier, c'est ça ? » Demanda-t-il, l'air intéressé.
Naruto but une gorgée de son thé avant de répondre avec enthousiasme. « Ouais, à peine quelques maisons d'ici. »
« Oh, vraiment ? » Dit Kankuro en mordant dans un sandwich.
Il se demandait comment Gaara et lui s'étaient rencontrés, et, plus encore, pourquoi son frère l'avait laissé se rapprocher de lui. Il préféra cependant éviter de paraître trop curieux, du moins pas en présence de Gaara. Il pourrait toujours lui poser directement la question une fois tous les deux, mais il se doutait que la version du blond serait certainement plus intéressante.
Peu de temps après, Naruto se mit à bavasser à propos d'Iruka et de ses autres amis comme si lui et Kankuro se connaissaient depuis toujours. Même si Naruto ne s'étendit pas sur la mort de ses parents et de son tuteur, choses qu'il préférait garder pour lui.
Kankuro, de son côté, sentait que le babillage incessant du jeune homme commençait à lui provoquer un début de migraine. Il se demanda comment Gaara faisait pour supporter sa présence sans finir en crise de nerfs. Mais ce qui l'intriguait plus que tout était la raison pour laquelle Naruto souhaitait tellement se rapprocher de son frère. Pourquoi un garçon aussi jovial et énergique que lui aurait envie de passer du temps avec Gaara qui, enfin, ne lui ressemblait absolument pas.
Gaara était resté silencieux tout du long, sans chercher à prendre part à la conversation. A ses yeux, il était plutôt positif que Kankuro semble s'intéresser un temps soit peu à Naruto. Même si le brun lui jetait régulièrement des regards en coins tout en écoutant le blond. Ceci ne passa pas inaperçu aux yeux du cadet qui n'était pas certain d'en saisir le sens.
Kankuro lui en voulait-il de ne pas lui avoir parlé plus tôt de Naruto ? A la réflexion, son aîné n'avait jamais particulièrement cherché à lui présenter ses propres connaissances, alors il n'y avait pas de raisons pour qu'il ait lui-même des comptes à rendre.
Le jeune homme aux cheveux bruns avala le reste de sa boisson d'une traite et se leva.
« Heureux d'avoir fait ta connaissance, Naruto. » Dit-il avant de regagner sa chambre.
Il doutait avoir pu tirer une quelconque information utile de la part du blond. Il paraissait innocent, et sincèrement intéressé par Gaara sans la moindre arrière-pensée.
Bien que tout cet excédent de gaieté irradiant de Naruto ait un effet plutôt répulsif à ses yeux, il ne pouvait que reconnaitre qu'il était plutôt beau garçon. Sa peau mate était en parfaite harmonie avec la couleur de ses cheveux, et faisaient ressortir ses grands yeux bleus. Son corps paraissait svelte et bien proportionné, bien que ses vêtements amples ne permettent pas une observation approfondie. Une voix dans un coin de sa tête lui fit signe qu'il n'avait pas à s'attarder là-dessus.
Il modifia le cours de ses pensées, et se mit à imaginer ce à quoi Naruto pourrait bien ressembler avec d'autres expressions que son insatiable sourire. S'il était en train de jouir, par exemple… Il se figea soudainement. Jamais il n'avait imaginé de telles choses à propos d'un autre que Gaara, jusqu'à aujourd'hui.
La petite voix dans sa tête lui dit qu'il était sérieusement temps de penser à autre chose, à présent. Il ferma les yeux, laissant son imagination vagabonder en toute liberté. Il ignora le discours moralisateur qui s'insurgeait au fond de son crâne. Ce n'était pas maintenant qu'il allait s'inquiéter de la morale.
Son cerveau se demanda à quoi pourraient bien ressembler Gaara et Naruto, ensembles. Il lui était impossible de se décider de ce qui serait le plus attrayant. Gaara dominant le blond, ou l'inverse. Il secoua vivement la tête, en concluant qu'en réalité, cela n'avait pas d'importance, puisqu'il ne laisserait personne toucher à son Gaara. Le rouquin était à lui, et à personne d'autre.
Dans le salon, Naruto avait fini son sandwich et s'était installé plus confortablement dans le canapé, jetant un coup d'œil au poste de télévision. Il pouvait deviner qu'elle avait été utilisée récemment, à en juger par le bouton stand-by encore allumé.
« Qu'est-ce que tu voudrais faire ? » Demanda Naruto, ayant déjà quelques idées.
Ne s'étant pas attendu à recevoir qui que ce soit aujourd'hui, Gaara n'avait pas réellement d'idée. Rester ici risquait d'être vite ennuyeux, mais, d'un autre côté, y avait-il mieux à faire ailleurs ?
Il ne pouvait s'empêcher de trouver que Naruto semblait faire tâche dans l'atmosphère globale de la maison. Le bâtiment avait l'air capable d'engloutir toute forme de bonheur et plonger tout être vivant dans les ténèbres et le désespoir. Ce n'était pas une chose qu'il souhaitait au blond –le jeune homme était un étranger qui n'avait pas besoin de subir cette ambiance sinistre. Il n'avait pas envie que ce garçon si jovial se « salisse » ici.
Après avoir suffisamment attendu une quelconque suggestion de la part du rouquin, Naruto reprit la parole.
« Et si on sortait un peu ? »
Voilà qui n'était pas une mauvaise idée. Gaara se leva du canapé et se dirigea vers la chambre rouge. Son compagnon le suivit, certainement pressé de quitter la pièce aux murs sombres.
Gaara fouilla dans son placard et en sortit quelques vêtements de couleur noirs. Il s'apprêtait à retirer son T-shirt lorsqu'il se souvint d'un détail. Il arborait toujours les cicatrices que Kankuro lui avaient faites lors de sa dernière crise et il doutait que laisser Naruto admirer l'énorme kanji gravé dans sa chair soit une idée des plus judicieuses.
« Tourne-toi. » Ordonna-t-il au blond qui se tenait contre la porte.
Tiré hors de ses pensées, Naruto s'exécuta. Alors qu'il entendait le bruissement des vêtements, il se sentit finalement plutôt soulagé de ne pas avoir à regarder. C'aurait été peut-être un peu trop pour lui d'admirer le corps à moitié nu du garçon. Il chassa les images qui s'insinuaient dans sa tête. Il n'avait pas à penser à de telles choses ! Par pour l'instant, du moins.
Gaara attrapa son sac et son appareil photo, avant de se diriger vers la porte d'entrée. Naruto lui emboîta le pas, prêt à partir.
Alors qu'ils s'apprêtaient à passer la porte, Kankuro apparut à son tour dans le hall. Son petit frère quittait la maison en compagnie de son nouvel ami et il voulait savoir où ils allaient.
« Où est-ce que vous allez, tous les deux ? » S'enquit-il en lorgnant les deux garçons d'un air étrange. Pouvait-on réellement faire confiance à ce blondinet ?
Gaara grogna intérieurement, agacé par son grand frère surprotecteur. « On va se balader dehors. J'ai envie de prendre quelques photos. » Répondit-il.
Ne voulant pas embarrasser Gaara devant l'autre garçon, Kankuro ne rajouta rien. Il hocha simplement la tête et disparut de nouveau dans sa chambre.
Gaara et Naruto s'empressèrent de sortir.
A la suite…
NdA : J'aime beaucoup ce chapitre, probablement parce que le KankuroXGaara est mon couple favori, d'une certaine manière… Dans la scène où Naruto jette un œil à une peinture (celle avec la personne qui crie), je pensais au Cri d'Edvard Munch. J'aime le côté morbide et oppressant de cette peinture –elle contient une certaine 'beauté' grotesque.
