Avertissement : Ce chapitre est plus court que les précédents, mais la raison est que je veux être sûre que l'action suive un déroulement bien précis. Je vais tenter de publier le prochain assez vite. Je vous promets que vous ne regretterez pas d'avoir attendu.


Chapitre IV : Quelques efforts

Les jours qui suivirent, Justin évita au maximum la bande de Hobbs. Il évitait surtout de penser à ce que lui avait raconté ce dernier. Ce qu'il ne comprenait pas, c'était pourquoi s'était-il confié à lui ? Et pourquoi ressentait-il un tel mal aise à chaque fois qu'il croisait la bande dans les couloirs ? Il remarqua également que le comportement de certains nouveaux avait commencé à changer : ils évitaient de demeurer trop longtemps dans une pièce sans surveillance d'un membre du personnel, ou ils rejoignaient le reste des bandes déjà formées par les anciens.

Un jour, alors qu'il étudiait paisiblement dans la bibliothèque, Ethan Gold vint s'asseoir à côté de lui. Fait assez surprenant en soit, car d'habitude Gold ne s'asseyait à côté de personne. Justin ne réagit d'abords pas. Après tout, la bibliothèque était censée appartenir à tout le monde. Seulement cela faisait des lustres qu'il ne s'était pas tenu si près d'un mec aussi sexy. Au surplus _ il ignorait si c'était normal ou si ses hormones engageaient une révolution après tous ces mois d'abstinence _ son odeur était en train de le rendre complètement fou. A croire qu'il était tombé dans une cuve de substance aphrodisiaque. Et puis, il y avait son bras à quelques centimètres à peine du sien, le bruit de sa respiration et une espèce de tension en train de s'installer entre eux.

Et bon sang de merde ! Il avait tellement envie de baiser !

_ Excuse-moi...

Quoi !?! Il ne l'avait quand même pas pensé à voix haute !?!

Il se tourna vers Ethan qui le fixait avec des yeux de merlan frit.

_ Oui... ?

_ Je crois savoir qu'on est ensemble pour le cours d'algèbre...

_ Euh... Oui, tout à fait...

_ T'es plutôt bon, il me semble...

_ J'me débrouille...

_ Voilà, commença Ethan, j'ai peur de ne pas avoir bien compris le dernier chapitre, et comme le devoir est à rendre pour demain, j'aurais besoin que quelqu'un m'aide...

_ Oh, je serais ravi de t'aider.

_ Ah ! tu me sauves la vie.

Il sauta de sa chaise et invita Justin à en faire autant.

_ J'ai laissé mes affaires dans la chambre. Si ça ne t'embête pas de m'accompagner...

Le jeune homme accepta sans trop savoir ce qui allait réellement se passer. Autant ses hormones et une partie de son cerveau qui avait élu domicile au fond de son caleçon, lui affirmaient qu'il ne pouvait rien arriver de désagréable dans une chambre avec un garçon aussi excitant. Autant celle demeurée dans sa boîte crânienne et toujours son instinct de survie, très à l'affût ces derniers temps, répétaient que les choses pouvaient déraper plus vite que l'on aurait pu se l'imaginer.

Alors qu'ils sortaient dans le couloir, une voix interpela Justin :

_ Taylor ! Du courrier pour toi.

Le jeune homme prit la lettre que le surveillant lui tendait. Elle venait de Pittsburg, il reconnut l'écriture de sa mère.

_ Pars devant, je te rejoins, intima-t-il à Ethan.

Ce dernier sembla hésiter. Mais devant l'expression grave de Justin tandis qu'il ouvrait l'enveloppe, il préféra se retirer.

C'était bien une lettre de sa mère, et même si le ton était joyeux, elle n'annonçait rien de réjouissant pour lui :

Mon chéri,

Je suis finalement parvenue à convaincre ton père de te laisser revenir pour le week-end. Je ne te cache pas qu'il est toujours aussi intransigeant au sujet du pensionnat, cependant tu lui manque autant qu'à moi, et à Molly également, qui n'a de cesses de nous demander où tu es passé. Je suis certaine, qu'en acceptant de faire quelques efforts, nous parviendrons à le convaincre de te faire revenir définitivement.

En attendant, je t'embrasse et nous attendons ton arrivée avec impatience.

Ne t'inquiète pas pour ton autorisation, tout a déjà été réglé avec le directeur.

Je t'aime,

Maman.

P.S. : Daphné me demande sans arrêt des nouvelles de toi. Avec ton accord, je pense lui donner les coordonnées du pensionnat pour qu'elle puisse t'écrire.

« En acceptant de faire quelques efforts... »Bon Dieu ! Voilà une phrase qui voulait tout dire. N'en déplaise à sa mère, il ne se sentait vraiment pas le courage de passer un week-end entier sous le même toit que son père. Surtout que, s'il lisait entre les lignes, le message était clair : celui-ci n'avait absolument pas changé d'opinion au sujet de son homosexualité, de sa « perversion » pour reprendre ses propres mots.


Je me fiche de ce que peut raconter cette psy ! Temps que tu vivras sous mon toit, tu obéiras à mes règles.

Il est hors de question que je reste les bras croisés pendant que tu t'enlises dans ce genre de dépravations.

Ou tu te décides à retrouver le chemin de la raison, ou je me charge de t'y reconduire, d'une manière ou d'une autre !

Redeviens quelqu'un de normal ou je penserai que tu as définitivement renoncé à faire partie de cette famille.


Ces paroles résonnaient dans sa tête chaque fois qu'il fermait les yeux.

Non. Rien à faire. Hors de question qu'il rentre pour le week-end. Même si ça lui coûtait, même si sa mère et sa sœur lui manquaient, même s'il aurait adoré revoir Daphné. Plutôt crever que de retourner à Pittsburg, à la maison. Si tant est que ce fut toujours la sienne.

Il eut soudain envie de retrouver Ethan. Mais lorsqu'il se remit à marcher dans le couloir, il réalisa tout d'un coup qu'il ignorait où se trouvait sa chambre.

Meeeeerrrrrrrde !

Décidément, tout contribuait à le contrarier aujourd'hui.