Hellow! Nouveau chapitre. J'ai repris en main une autre histoire que j'avais commencé ici donc je serais surement un peu décalé pendant un petit moment.
Merci à Mamie Croupton et son commentaire qui m'a fait très plaisir! En espérant vous garder jusqu'à la fin. Et ouiiiiiiiiiiiiii Aly est trop mimi...pour l'instant. x)Et Amaury n'est pas vraiment méchant...juste incompris xDD (comme la plupart des méchant cela dit)
Voilà, enjoy!
Elle fredonnait. Autour d'elle, l'atmosphère était lourde. Dans sa robe de nuit, une femme à la longue chevelure noire et aux yeux gris pâles, regardait par la fenêtre d'une chambre d'enfant. La lumière de la lune baignait son beau visage alors que de vagues pensées douces-amères ballotaient son esprit.
Il y avait eu quelqu'un ici. Une enfant. Une petite fille. Mais elle ne parvenait plus à se souvenir…de son visage…de son nom. Seule une berceuse lui restait en mémoire telle une persistance rétinienne, mais s'effaçant au fil du temps.
Soudainement, elle arrêta de chantonner, le silence reprenant ses droits. Le temps semblait s'être figé, quand dans un bruissement léger, elle quitta la pièce. Doucement, ses pas la menèrent vers un grand lit où un homme était étendu, ensommeillé. Qui était-ce ? Sans un bruit, elle s'en rapprocha. Mais dans un sursaut, celui-ci s'était réveillé et la regardait désormais. Elle le reconnu à la seconde où ses yeux se posèrent sur elle. Ses yeux pleins d'amour encore groggys par le sommeil. Elle les aimait tant.
-Anna ma douce, tu ne dors pas encore ?
Sans s'en rendre compte des larmes se mirent à couler de ses yeux. Elle ne savait pourquoi.
-Mon cœur ?...Quelque chose ne va pas ?
Fébrilement elle essuya ses pleurs et lui adressa un pauvre sourire.
-Jack, j'étais dans « la » chambre…
Sans qu'elle n'ait besoin d'en dire plus, l'homme se releva, et se saisit de la main de son aimée pour l'attirer vers lui et l'envelopper dans une chaude étreinte. Sans un mot, il lui caressa longuement les cheveux, et le dos, se voulant réconfortant dans ses gestes maladroits. Car il devrait bien le lui redire malgré tout…
-Anna, il n'y a jamais eu personne dans cette chambre. Nous n'avons pas d'enfants. Et aucun enfant n'a jamais séjourné ici.
Elle lève piteusement ses beaux yeux gris vers lui.
-Mais pourtant je suis certaine…
Il fronça un sourcil, et elle sut qu'il ne l'écouterait pas cette fois. Avec fermeté il lui tint ce discours.
-Ecoute…cela ne peut pas durer plus longtemps. Je ne comprends pas très bien pourquoi nous avons aménagé cette pièce comme une chambre d'enfant, mais c'est devenu malsain. Regarder tu n'en dors plus la nuit.
Elle baissa la tête piteusement. Il était probable qu'ils aient fait cette pièce en l'attente d'un enfant qui n'était jamais venu, et qui surement ne viendrait pas. Comme une espèce de représentation de leur désir le plus profond. Quel masochisme, devait-il penser….
-Dès demain je commencerais à tout défaire, et à tout repeindre ! Cela te fera un bel espace où tu pourras t'installer un atelier ou te faire une bibliothèque. Qu'est-ce que tu en dis ?
Mais elle ne pouvait se résoudre à s'en séparer, son cœur manquant un battement à la simple idée qu'elle soit détruite. Pourtant, en tout logique, elle savait qu'il avait raison. Ce n'était pas bon de s'enfermer dans ses songes, en oubliant de vivre.
-Tu as peut-être raison Jack…je dois me réveiller.
Et sur ces mots, le couple se rendormit. Ignorant le regard sombre qui les observait, une silhouette élancée se dessinant sur le toit de la maison d'en face.
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Un jour gris et pluvieux s'était levé sur Londres. Un soleil fade et sans chaleur luisait faiblement dans un ciel brumeux. Sans plus s'en émouvoir, les habitants de la capitale vaquaient à leurs occupations. Au milieu de cette foule de gens, un homme marchait silencieusement, le regard tourné vers le sol de pierre. Tantôt rapide et pressées, tantôt lent et paisibles, ses pas le menèrent très vite à l'intérieur d'un petit bar. S'asseyant, il y commanda un café. Il n'avait pas faim. Ces derniers jours lui avaient coupés l'appétit. Il n'aurait jamais pensé que cela lui aurait demandé tant d'efforts. Mais c'était fait, et il ne le regrettait pas. C'était pour son bien, sa sécurité.
Et là maintenant, assis dans ce bar, un café en main, il n'arrivait pas à déterminer quelle émotion le taraudait, et cela l'ennuyait profondément. Il était sûr d'avoir fait ce qu'il fallait mais…quelque chose le dérangeait malgré tout. Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas tout de suite les pas feutrés qui se rapprochaient dans son dos. La seule chose qui l'avertit d'une quelconque présence fut un frisson glacé qui le parcourut. Et au dernier moment, alors que l'inconnu n'était plus qu'à quelques mètres de lui, il plongea sa main dans sa poche.
-Ser Blackfyre, que faites-vous donc dans un endroit pareil ?
Cette voix qui l'interpelait d'un ton joyeux, il la reconnut presque instantanément. Sa prise se resserrant autour de sa baguette.
-Je pourrais vous retourner la question… Professeur Dumbledore.
Il n'avait pas besoin de se retourner pour visualiser l'homme. Grand vieillard, qui sans plus se préoccuper d'une quelconque discrétion, serait habillé d'une robe de sorcier aux couleurs farfelue, sur laquelle reposerait une longue barbe blanche. Un visage maigre au nez aquilin, où deux yeux bleu s'emploieraient à le dévisager derrière des lunettes en demi-lunes. Brillants d'un semblant de compassion. Oh oui il connaissait bien le vieil homme. Et il n'avait que méfiance envers lui. D'ailleurs le voir ici, s'enquérir de sa présence, ne faisait que renforcer ce sentiment.
-Je venais rendre visite à une vielle connaissance…Puis-je ?
Amaury hocha la tête, même s'il ne croirait pas un mot de ce qu'allait lui raconter le sorcier s'installant en face de lui…
-…mais il semble que celui-ci m'ai fait faux bond.
Le Blackfyre esquissa sur ses lèvres un sourire sarcastique. Le prenait-il vraiment pour un imbécile ?
-Toutefois le hasard faisant parfois bien les choses, voilà que je tombe sur vous.
Dans sa poche, Amaury fit remonter doucement sa baguette dans sa manche, puis d'un geste sûr, croisa ses bras sur sa poitrine.
-Que voulez-vous Albus ? Interrogea calmement le plus jeune des deux sorciers.
L'ainé regardait l'homme mûr en face de lui, se rappelant d'un jeune garçon particulièrement taciturne et têtu. Un sourire lui vint aux lèvres.
-Vous êtes quelqu'un qu'il est particulièrement difficile de joindre par hibou, Amaury Blackfyre.
Le concerné ricana.
-Alors vous avez pensé qu'il serait plus facile pour vous de me coincer ici. Depuis combien de temps me suivez-vous vieil homme ?
Depuis combien de temps, sans qu'il ne s'en rende compte surtout. Oh il avait bien sentit une présence l'épier alors qu'il marchait dans Londres, mais à ce moment, il était bien trop distrait pour en tenir compte. Grossière erreur.
-Oh suffisamment longtemps… Déclara simplement Dumbledore en passant ses longs doigts noueux dans sa barbe, le petit sourire qu'il afficha suffisant à hérisser le poil d'Amaury… Mais passons. J'ai une question à vous poser très cher et j'aimerais avoir l'assurance que vous allez me répondre en toute honnêteté…
Pendant un moment, le grand brun sembla peser silencieusement le pour et le contre. Au fond de lui, il n'avait qu'une envie désormais, rentrer chez lui. Le vieux sorcier ne lui inspirait que suspicion. Il ne savait jamais ce que cachaient ces yeux bleu pétillants et impénétrables. Les pensées du Mage lui étaient inaccessibles. Mais de toute façon qui était-il pour refuser sa requête.
-Je vous écoute.
Derrière ses lunettes en demi-lunes, le regard du vainqueur de Grindelwald se fit plus pétillant encore, si c'était possible.
-Qu'avez-vous l'intention de faire avec Alyona Gwyneth Blackfyre dans les années qui viennent ?
Une onde de choc parcourut Amaury. Comment savait-il ? Pendant un court instant, Amaury resta muet d'étonnement. Mais en réalité, il aurait dût se douter d'une pareille question. Tout les sorciers un temps soit peut influents d'Angleterre, voir d'Europe, finiraient bien par lui faire la même demande lorsqu'ils sauraient –car ils finiraient bien par savoir- qu'elle était sous son autorité.
-Je ne sais pas Dumbledore. Laissez-moi réfléchir… Surement vais-je élever une armée de dragons, et avec, terroriser les grandes familles de Sang-purs pour qu'elles se soumettent à l'autorité de ma petite cousine. Peut-être ais-je l'intention de faire tomber le ministère afin de réinstaurer une monarchie sorcière, et mettre cette gamine d'à peine 10 ans sur un trône taché de sang. Il est même possible que je l'épouse pour me faire roi si par hasard, l'envie me prenait.
Devant lui, Albus Dumbledore rigola franchement, puis croisa simplement ses doigts devant lui, dévisageant calmement l'homme qui lui faisait face.
-Je souhaitais simplement savoir si vous comptiez la mettre à l'école à Poudlard, Ser Blackfyre. Déclara-t-il posément, une pointe d'amusement perçant tout de même dans sa voix.
Un moment interloqué, Amaury se reprit vite, souriant pourtant de sa propre bêtise. Il avait été trop hâtif. Si en face, il avait eu un dragon, surement serait-il déjà mort. Enfin, Dumbledore était bien un dragon à sa manière. Il devait rester prudent.
- Ma décision n'est pas encore prise.
En faite si, mais il préférait ne pas la faire savoir de suite, car alors le sorcier essaierait sans nul doute de lui faire changer d'avis. Quitte à lui forcer la main. Après tout, avoir une Blackfyre dans son établissement, quel prestige ce serait pour Poudlard. Et quelle opportunité d'approcher l'enfant ce serait pour toutes les autres familles de sang-purs qui enverraient alors leurs héritiers lui tourner autours comme des goules dégoutantes. Non, c'était hors de question. Elle allait rester avec lui, ainsi il pourrait suivre son évolution, voir la contrôler. De plus, rien de ce qu'elle n'apprendra à Poudlard ne pourra réellement lui sauver la vie dans le monde où elle devra vivre.
-Je comprends…Seulement sachez que vous ne pourrez pas longtemps décider seul du destin de cette enfant. Un jour, elle devra faire ses propres choix. Et vous ne pourrez l'empêcher.
Dans sa tête, l'homme au manteau noir eu l'impression d'entendre un bis de sa conversation avec le ministre russe de la coopération magique internationale. Et il se demanda vaguement, d'où est-ce que ce viellard lui sortait tout ça. Mais surtout…
-Comment savez-vous qu'elle est avec moi ?
-J'ai mes petits secrets Ser Amaury, tout comme vous. Mais ne vous en faites pas, je ne dirais rien à personne. Souffla-t-il en lui adressant un petit clin d'œil complice, mais qu'il prit comme une insulte.
Et alors qu'il regardait sans réagir le vieil homme se lever pour quitter le bar, Amaury se dit intimement, qu'il avait vite intérêt à trouver d'où l'homme tenait cette information, s'il ne voulait pas se voir submergé de lettres tamponnées du sceau de Poudlard dans un peu plus d'un an. En vérité, il ne s'était pas vraiment attendu à ce que l'homme lui donne ses sources. Mais ce n'était pas grave, il mènerait sa propre enquête. Quitte à réclamer les services d'Oleg Baranov afin de mettre l'homme sur écoute. Il ne pouvait pas laisser cette information trainer n'importe où. Même si il était intimement convaincu que Dumbledore, n'irait pas crier cela sur tous les toits…Somme toute... C'était encore du travail qui s'ajoutait à la pile qu'il avait déjà et qui réclamait toute son attention. Mais d'abord, il devait rentrer s'assurer que tout allait bien.
oOoOoOoOoOoOo
Le coude sur le sol terreux, le menton dans sa main, Alyona regardait le ciel sans réel intérêt, rêvassant. Cela allait faire trois jours qu'elle avait emménagé chez son cousin. Celui-ci n'avait d'ailleurs pas refait surface depuis qu'il l'avait laissé entre les mains de Vassili, son petit valet. Vassili, un garçon très étrange. Qui souriait tout le temps. Qui ne cessait de rechercher sa compagnie. Qui ne cessait de faire des bêtises tout en ayant une peur bleue de son maitre. Elle aurait put le trouver sympathique avec ses boucles blondes et ses yeux rieurs, mais…Elle n'avait pas le cœur à se faire des amis. Ses parents lui manquaient. Elle voudrait tant les revoir, retrouver la chaleur des bras de son père, le doux sourire de sa mère lorsqu'elle lui coiffait les cheveux, les mauvaises blagues d'Andreas…Ils lui manquaient.
La chambre qui lui appartenait désormais… dans cette chambre, tout avait été fait pour qu'elle ressemble exactement à la sienne. Celle qu'elle occupait dans leur manoir en Angleterre. Surement était-ce parti d'une bonne intention, mais loin de lui redonner du courage pour avancer, cette réminiscence d'un passé révolu lui rappelait sans cesse la dure réalité. Après s'y être effondrée, elle avait rêvé du jour de son dixième anniversaire, sauf qu'au moment d'ouvrir les cadeaux, elle s'était rendu compte qu'elle était toute seule.
A son réveil, la nuit était tombée. Sortant péniblement de la chambre, elle avait retrouvé au bout d'un couloir, dans un petit salon, Vassili penché devant un feu…vert ? Fasciné, elle s'en était rapprochée, jusqu'à ce que le garçon, dans un sursaut, se rende compte de sa présence. Inquiet, il lui demanda si elle se sentait mieux. Si elle désirait quelque chose. Si elle voulait qu'il appel son maitre. A la dernière question, elle se souvint avoir pâlit, et secoué frénétiquement la tête pour lui faire comprendre que c'était bien la dernière chose dont elle avait envie.
Un court silence s'était alors imposé, avant que le blond ne lui propose de lui faire visiter la maison. Après tout, c'était l'ordre de son maitre. S'il ne l'avait pas accompli avant son retour sans une bonne raison, il aurait des ennuis. Alors par précaution, il attrapa la main de la fillette -histoire d'être sur de ne pas la perdre- pour lui faire visiter sa nouvelle demeure.
Et de ce qu'elle put en voir, Alyona se dit qu'elle aurait bien du mal à se faire à cette maison. La décoration de style gothique était austère, les couloirs mal éclairés. Des trophées de chasse ornaient bien trop souvent les murs des pièces qu'ils visitaient même si, lui sembla-t-il, Vassili faisait de gros effort pour les éviter. Très vite, elle eut fait le tour de toutes les salles importantes. La bibliothèque où avait été aménagée un coin d'étude, la salle de bain où se trouvaient des douches alignées, la salle à manger munie d'une immense table en bois massif, les cuisines, le salon, la volière. Mais le plus important…
-Et là, vous avez le Cœur. C'est lui qui fait marcher la maison, qui allume les feux, l'eau chaude des douches, les cuisines et tout ce qui requière de l'énergie dans cette maison. Seul le Maitre peut lui donner des ordres différents de ceux-là, mais je pense que vous devriez pouvoir aussi…un jour.
Un immense feu, dans ce qui semblait être une cave, rougeoyait, pulsant une chaleur infernale vers les deux enfants. Ils ne restèrent pas longtemps, mais cela suffit à Alyona pour poser une multitude de questions à son jeune guide sur ce mystérieux pouvoir. Etait-ce un sortilège ? Un esprit ? Un rituel ? Que pouvait-il faire d'autre qu'alimenter la maison ?A sa dernière demande, Vassili lui sourit malicieusement et l'entraina à nouveau dans un dédale de couloir. Très vite, ils arrivèrent dans la plus haute pièce de la maison. Au milieu de celle-ci, plongée dans la pénombre, se trouvait une vasque transparente contenant un liquide aussi clair que l'eau.
-Grace à ça, on arrive à faire bouger la maison. S'extasiait le garçon.
-Bouger la maison…répéta-t-elle pour être sûre d'avoir bien compris, un de ses sourcils arqué en signe d'incrédulité.
-Oui c'est magique…vous voulez voir ?
La gamine l'avait alors dardé d'un regard suspicieux.
-Mais promettez que vous ne direz rien à mon maitre, normalement, je n'ai pas le droit d'y toucher.
Levant les yeux au ciel, elle acquiesça, piaffant d'impatience. Alors, Vassili sorti sa baguette, et fermant les yeux, il la posa sur sa tempe. En l'éloignant, de longs filaments argentés y restèrent accrochés. Il les déposa dans la vasque qui se mit à luire d'une lumière bleuté et la regarda avec un sourire béat.
-Voilà !
-Voilà quoi ?! A part un peu de lumière il ne s'est rien passé du tout !
L'adolescent soupira d'exaspération.
-Ouvre le rideau et regarde par la fenêtre.
Méfiante l'enfant s'exécuta, pour tout de suite lâcher un cri de stupeur. Devant ses yeux, s'étalait désormais, un paysage radicalement différent de celui dans lequel la maison aurait dut normalement se trouver. La mer et un ciel bleu azur l'aveuglaient. Un petit village côtier se trouvait en contre bas. C'était magnifique. Mais à peine eut-elle le temps d'apprécier les couleurs de ce paysage d'été, que s'afficha à nouveau devant elle, la grisaille d'un ciel glacé, et la verdure des plaines balayées par le vent qu'ils n'auraient jamais dû quitter.
- Promettez-moi que vous n'en parlerez à personne Milady! Ce sera notre petit secret !
Au sourire qu'il lui adressa, elle ne put qu'acquiescer maladroitement. Pourquoi ce garçon rayonnait-il autant de joie et de bonne humeur dans un lieu aussi sombre. Le pire étant qu'il semblait trouver ça, parfaitement normal. A elle, cette maison n'inspirait aucun sentiment positif.
C'était d'ailleurs pour ça qu'au bout de trois jours, elle avait décidé qu'elle préférait passer son temps dehors. Dans la plaine. A regarder le ciel, à voir passer des papillons, des oiseaux, et puis… Non elle devait surement rêver ! Pourtant, le vent violent qui soudainement remua l'herbe autour d'elle comme après le passage d'un avion, ne lui laissait que peu de doutes.
Que devait-elle faire ? En un bond, elle était sur ses jambes et courait en direction du petit manoir perdu au milieu de cette mer de verdure.
-Vassili ! Vassili ! Un dragon ! J'ai vu un dragon ! Vite !
A bout de souffle, elle franchit le portail de l'habitation et déboula comme une folle dans le salon. Là elle le trouva assis tranquillement, un livre en main. En la voyant, débarquer il leva sur elle un regard surpris.
-Vassili vite il faut faire bouger la maison ! Il y a un dragon dehors qui nous survole…
Tandis qu'elle disait cela, un vent violent fit vibrer les fenêtres de la maison, et un rugissement, vrilla ses oreilles. Les deux gamins se regardèrent, Alyona déglutissant avec difficulté. Vassili, lui reprit rapidement ses esprits, et l'entraina par le bras vers un des fauteuils installés dans la pièce. Pour la première fois, son regard n'exprimait aucune joie.
- Calmez-vous Lady Blackfyre. Il n'y a absolument rien dehors.
Elle le dévisagea comme si il était fou.
-Mais enfin je sais ce que je dis! Je ne suis pas idiote !
Il lui sourit. Encore. Et sortit sa baguette. Alyona se raidit alors, jetant un regard farouche vers le morceau de bois.
-Ne vous en faites pas Mademoiselle ! Je ne vais pas vous faire de mal. assura-t-il d'un ton apaisant.
Un autre rugissement se fit entendre, et le sol sous leurs pieds trembla.
-Il faut qu'on aille voir ce qui se passe dehors. Déclara précipitamment la jeune fille en voulant se relever du fauteuil où elle avait été installée de force. Mais une main ferme la fit se rassoir, et sans comprendre, elle se retrouva avec une baguette pointé entre ses deux yeux.
- Je vais aller regarder ce qui se passe, vous restez ici. Sans baguette, vous êtes sans défense, et inutile.
- Je ne te permets pas de dire ça ! s'écria Alyona, outrée.
-Je suis désolé Milady, mais je ne peux pas vous laisser sortir. Vous êtes un poids pour le moment…murmura doucement le jeune valet.
La baguette de Vassili se mit alors à briller, et le cœur de la petite fille paniquée se mit à battre à la chamade. Une brume légère, lui apparut alors devant les yeux. Sa tête devint légère, mais ses paupières, lourdes, tellement lourdes. Quelle était cette sensation ? Elle voulut se débattre, mais une voix chaude lui dit de ne pas s'inquiéter, qu'il s'occuperait de tout. Arrogant petit bonhomme, eut-elle le temps de penser, avant de se retrouver plongée dans un sommeil inexplicable.
oOoOoOoOoOo
Je courrais à travers les couloirs du manoir. J'avais beau tenter de me rassurer, je sentais malgré tout un sentiment de crainte s'immiscer dans mes veines. Ma baguette en main, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Mais je savais intimement qu'il fallait que je fasse quelque chose. C'était un drôle de sentiment.
En quelques minutes, j'avais atteint le hall d'entrée. Je ralentissais, puis me stoppait. Un rugissement puissant m'avait fait vaciller. Je reconnaissais ce cri. Je ne l'avais entendu qu'une seule fois jusqu'à présent, mais ce souvenir restait bien vivace dans mon esprit. Je n'avais même pas besoin de fermer les yeux pour revoir se jouer devant moi toute la scène.
Il était arrivé par les airs, telle une ombre menaçante. En dessous de son corps massif, se trouvait le petit village où j'étais né. Son cri avait brisé les fenêtres de ma maison, de ses ailes il avait fait s'envoler toute chose qui n'était pas solidement fixé au sol. Nous aussi. Mon père, ma mère, mon frère et moi. Puis l'enfer s'était déchainé. Il y avait du feu partout, des flammes léchaient les murs de notre maison, transformant celle-ci en un four menaçant de nous cuire vivant. Rapidement, ont avait tenté de sortir de la masure en flamme. Mais une fois dehors, nous n'étions plus que trois. Il fallait fuir le village. Alors que nous courrions, nous n'étions finalement plus que deux. Et dans ma rétine resterait pour toujours imprimée l'image de la gueule béante infesté de crocs long comme des poignards qui vint se placer devant nous. L'enfer rougeoyant au fond de sa gorge. C'était i ans, je n'étais encore qu'un enfant. Mais je me rappellerais toujours du visage de celui qui nous avait évité une mort certaine. Il était arrivé. Face au dragon. Et sans que je ne puisse comprendre comment il avait fait, la créature s'était pliée devant lui. Elle s'était écrasée devant un homme. Un monstre pareil, une force de la nature capable de détruire sa vie en quelque minute, s'inclinait devant un seul être humain. Voilà pourquoi j'étais au service d'Amaury Blackfyre. Voilà pourquoi je donnerais ma vie pour cet homme. Il nous a sauvés mon frère et moi.
J'aurais tellement aimé être comme lui. Mais j'avais peur. J'avais tellement peur. Je n'osais pas franchir la porte, et aller voir dehors. Et pourtant…je devais faire quelque chose. Si véritablement un dragon était quelque part dans les parages, il allait sans doute rapidement se mettre à faire du dégât. Alors…il fallait que je prenne mon courage à deux mains et que je sorte voir de mes yeux de quoi il en retournait.
Un pas après l'autre, je parcouru les derniers mètres me séparant de l'extérieur. Une fois dehors, mes yeux s'écarquillèrent.
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Un corps tout en courbes, des écailles d'un gris métallique, des yeux rouges grenats, des ailes immenses, faisant trois fois la taille du manoir et surement plus de deux tonnes…Un Pansedefer Ukrainien, s'était écrasé violement dans la plaine. Cloué au sol, il se débattait comme un beau diable alors que, sur lui, s'acharnaient à le maintenir à terre, deux autres dragons. Un Cornelongue Roumain et un Norvégien à crête. Le premier, avait planté ses longues cornes dans le sol, coinçant le cou du grand dragon gris, et tentait d'écraser sa tête sous une de ses pattes pour éviter de se faire mordre ou brûler. Le Norvégien lui, fidèle à sa réputation belliqueuse était celui qui donnait le plus de coups au dragon ukrainien, frappant de ses ailes, de ses pattes et de sa queue le corps du grand dragon. Le Norvégien et le Cornelongue, pour un œil expert, effectuait un travail d'équipe remarquable. Même si ce petit manège, provoquait un vacarme gargantuesque résonnant dans les alentours et brisant l'apparente quiétude du paysage.
Assez éloigné pour être à l'abri d'un coup de queue perdu, ayant laissé tombé sa baguette, Vassili observait avec peur et fascination ce qui se passait. Il avait perdu toute volonté d'intervenir. Et puis c'était la première fois qu'il assistait à un combat de dragon d'aussi près. Sa curiosité l'emportait sur toute autre considération qu'il avait put avoir plus tôt. Et puis…et puis…sur le dos du Cornelonge Ukrainien, il lui semblait avoir aperçu la chevelure noire et hirsute d'Illarion…Ce qui signifiait que… Yakov ne devait pas être loin. Une vague d'excitation l'emporta, alors qu'il se déplaçait précipitamment sur le côté pour tenter d'apercevoir…monté sur le dos du Norvegien à crête, un jeune homme à peine adulte, dont le poil blond miel, tombant dans son dos en de belles boucles, ne laissait que peu de doute à Vassili sur son identité.
-Grand frère ! Grand frère ! Se mit-il à appeler avec enthousiasme, son visage éclairé d'une joie intense, oubliant cependant toute précaution.
Ce cri du cœur, ne tombant pas dans l'oreille d'un sourd, le jeune homme blond se mit à en chercher la provenance. Qui l'appelait donc ? Cette voix lui était familière. Très vite, il parcourut du regard la plaine. Mais alors que son regard bleu électrique rencontrait celui de Vassili, un large sourire prenant place sur ses lèvres, il sentit sous lui, les muscles de son dragon se tendre. Pas bon, pas bon du tout…
Il s'était laissé distraire et sous lui, sa monture se cabrait…S'il ne réagissait pas rapidement, la suite des opérations risquait d'être compliquée. Car sentant la main de fer qui le maintenant soumis se relâcher, le norvégien se rebellait. Et avant que Yakov n'ait put se reprendre, un coup de queue alla frapper le Cornelongue. Son cavalier, un petit brun trapu au visage colérique, hurla à son encontre.
-Mais qu'est ce tu fous abruti! Tu veux me tuer ou quoi !
En tant que cavaliers, ils étaient particulièrement vulnérables et exposés sur le dos de telles créatures. Yakov aurait put répondre qu'il était désolé, mais sur le moment, il y avait plus important. Le Cornelongue avait de nouveau pris un coup, mais cette fois ci à la tête. Un peu sonné, il avait malheureusement levé la patte qui maintenait la gueule du Pansedefer close. Celui-ci, logiquement, en profita alors pour laisser échapper de sa mâchoire une gerbe de flamme qui força Illarion à amorcer une manœuvre d'esquive, ôtant les cornes de son dragon du sol pour lui permettre de bouger plus vite. Mais cela laissa alors le champ libre au Pansedefer pour tenter de se relever. Et s'il y parvenait…Les choses tourneraient vraiment mal.
Les deux garçons se criaient dessus, leurs montures ruaient de plus en plus, le Norvégien de Yakov devenant particulièrement virulent. Quand au Pansedefer, bien que toujours au sol, il avait désormais le cou libre et essayait par tous les moyens de mordre l'intrus sur son dos, crachant par intermittence des flammes vers le Cornelongue qui s'efforçait de les éviter. Face à cette situation Vassili était bouche bée. Qu'avait-il fait ? Que devait-il faire ? C'était la panique chez les trois garçons, et bien que le dénommé Illarion parvenait à garder une certain emprise sur son dragon, il était à deux contre un, le Norvégien devenant de plus en plus incontrôlable.
Tout allait de mal en pis, Yakov venait de se faire désarçonner par un mouvement trop brusque de sa monture. Il se raccrochait désormais à une des plaques noires présentes sur l'échine de la bête. L'opération viraient maintenant au cauchemar…quand au milieu de la mêlé, il y eu un silence. Un autre rugissement venait de se faire entendre au dessus de la bagarre. Court, mais doté d'une puissance qui fit voler en éclat de nombreuses fenêtres du manoir, il eut sur les belligérants, l'effet d'un tir de sommation.
Chaque dragon, s'était stoppé dans son mouvement, bon gré ou mal gré. Désormais, chacun d'eux tournait les yeux vers celui qui venait d'interrompre leur joyeuse baston. Et alors que de nouveau le cri inhumain se faisait entendre, Vassili sentit tous les poils de son cou se dresser, percevant une présence écrasante toute proche de lui.
-Où est Alyona ?
La voix grave et profonde le sortit de son choc premier, et d'une voix chevrotante, l'enfant répondit :
-Dans le salon du rez-de chaussez, je l'ai endormie pour qu'elle ne voit pas ça.
Mais irrésistiblement, son regard fut attiré vers la gauche, et Vassili comprit enfin pourquoi nul n'osait plus bouger le petit doigt dans la plaine. De l'homme à ses côtés, se dégageait une sombre aura d'autorité qui ne souffrirait d'aucune désobéissance.
-Tu as bien fait…
Une fois cela marmonné sombrement, l'homme au long manteau se dirigea vers le combat qu'il avait figé d'une façon que Vassili ne pouvait expliquer.
-Yakov, Illarion.
A leurs noms, les deux garçon en mauvaise posture se décomposèrent et déglutirent difficilement, présageant de ce qui risquait de leur arriver.
-Oui Maitre ! clamèrent-ils en cœur.
Le ton parfaitement calme, mais la menace, sous-jacente, le maitre des lieux leur dit ceci, sa baguette posée sur sa gorge.
-Terminez ce que vous avez commencé. Rapportez-moi ça à la réserve et revenez ici. Je vais me voir dans l'obligation de vous rappeler certaines bases…
A la prochaine! N'hésitez pas à me faire savoir en review ce que vous en pensez, ce que vous aimeriez voir apparaître et d'autres remarques! Bye
