Ils étaient tous à l'aéroport. Tous sauf Ted ; il devait rester pour s'occuper de Kinnétic. Après avoir rattrapé de justesse Brian, il avait appelé les autres. Ils s'étaient tous retrouvés au Liberty Dinner et avaient décidé d'un commun accord de tous se rendre à New York. Brian n'avait rien dit ; il était en état de choc. Debbie s'occupa des réservations pour le soir même ; par chance il restait encore des places. Les médecins n'avaient rien dit à Jennifer ; ce qui laissait envisager le pire. Ils étaient tous terriblement inquiets. Ils prirent leurs dispositions pour pouvoir partir : Debbie demanda un congé à son patron qui accepta devant le visage décomposé de son employée. Mike ferma sa boutique ; Emmett fit de même –ils attendront, la vie de ce petit ange est en jeu. Par chance, c'étaient les vacances scolaires, Ben pu donc venir. Malheureusement Carl ne pouvait prendre de congé comme cela mais les garçons lui promirent de veiller sur sa femme. Malgré leurs récentes retrouvailles Drew tint à les accompagner ; il n'avait pas de matchs en ce moment. Jennifer prit un congé. Lindsay et Mélanie les rejoindraient à New York.
Ils se retrouvèrent tous dans la salle d'embarquement. Personne ne parlait ; on pouvait sentir la tension qui émanait de chacun d'entre eux. Debbie était assise à côté de Jennifer, Ben de l'autre côté avec Michael. Drew et Emmett étaient assis en face. Seul Brian était debout devant les baies vitrées, les yeux perdus dans le vague.
Michael se leva et s'approcha de lui. Il se retourna et le prit dans ses bras. Ils restèrent un long moment ainsi sans rien dire. Puis Brian se détacha et lui dit :
-Merci.
-De quoi ?s'étonna Michael.
-D'être là.
-Je serai toujours là pour toi.
Brian se pinça les lèvres, retenant les larmes qui menaçaient de couler.
-Je ne sais pas ce que je ferais si…
-Ne pense pas à ça ; on ne sait pas ce qu'il a exactement. Il faut attendre ce que vont nous dire les médecins.
-Tout ceci est de ma faute. Je n'aurais jamais dû le laisser partir.
-Tu n'es pas responsable. Cela aurait pu lui arriver n'importe où.
-J'aurais dû l'empêcher de partir.
-Cela aurait été un sacrifice pour lui. Il devait tenter sa chance à New York, tu le sais bien.
-Michael je ne suis rien sans lui, je n'arrive plus à vivre, il me manque trop.
Michael fut surpris par cette confidence.
-Je sais, lui répondit-il doucement.
Ils restèrent silencieux un moment puis Brian déclara :
-Cela me fait du bien que vous soyez là.
-On ne t'aurait pas laissé partir seul et puis nous aussi on l'aime Justin.
-Tu crois vraiment qu'il a eu raison de partir à New York ?
-Oui, il a beaucoup de talent, il fera une grande carrière.
-Même s'il sacrifie notre amour ?
-L'amour résiste à tout alors le vôtre, qui est déjà passé par tant d'épreuves, survivra à cela.
-Tu crois ?
-Bien sûr, répondit Michael. Mais ce jour-là il ne faudra pas que tu sois dans une backroom avec des mecs, si charmants soient-ils.
Brian sourit.
-Tu sais que je ferais n'importe quoi pour lui.
-Je sais. Je ne pensais pas qu'un jour tu serais amoureux à en mourir.
-Moi non plus. Mais tu vois Mickey, tout arrive, ajouta-t-il, avec un sourire ironique.
-Brian l'amour n'a pas que des mauvais côtés alors ne désespère pas.
Brian acquiesça, Michael partit et Debbie arriva :
-Je ne tenais plus en place. Ca va toi ?
-Tout va bien, répondit Brian, moqueur. C'est le plus beau jour de ma vie !
-Oh excuse-moi mon chou, dit-elle en lui caressant la joue, ce n'est pas ce que je voulais dire. Tu sais, on a aussi peur que toi. Justin fait partie de nous.
-Le plus dur est de ne pas savoir ce qu'il a.
-Nous le saurons bientôt. Brian, reprit-elle en le regardant droit dans les yeux, Justin est fort ; il s'en sortira. Et tu sais pourquoi ? Parce qu'il a cette volonté et cette détermination qui font de lui un être exceptionnel.
Brian hocha la tête.
-Il a réussi à te transformer ; c'est un miracle alors il ne va pas abandonner maintenant.
Brian sourit.
-Vous croyez que j'ai fait une bêtise ?
-Non, le contraire en aurait été une. Ne t'inquiète pas, tu le retrouveras ton ange et vous aurez toute l'éternité pour baiser et vous prouver votre amour.
-Michael m'a dit la même chose.
-C'est parce que c'est la vérité, dit Debbie dans un sourire.
-Je vous ai toujours considéré comme ma mère, vous savez, avoua Brian. Vous avez été bien plus présente que ma vraie mère et vous m'avez beaucoup aidé.
-C'est la magie des macaronis aux thons !répondit-elle, touchée par l'aveu de Brian. Moi aussi je t'ai toujours considéré comme mon fils ; un petit con de fils mais mon fils malgré tout.
Michael vint interrompre ce moment :
-On va bientôt embarquer. Venez.
Brian suivit son meilleur ami en serrant très fort la main de Debbie.
