Hellooo !

Je suis de retour, pour vous jouer un mauvais tour ! Afin de protéger le monde de la dévastation ! Afin de rallier tous les peuples à notre nation ! Afin de dénoncer l'amour et la vérité ! Afin de...

Bref. Inspire, expire. Jessie, James, Miaous, sortez de ce corps !

Me revoici avec un nouveau chapitre. Voilà enfin le début de l'action ! ( À ce moment, vous vous dites : "Parce qu'elle croyait sincèrement que les trois précédents chapitres étaient calmes ?" Et là, j'avoue que comparé à ce qui arrive... OUI.) De l'action, du suspens, et attention... un léger début dramione. Si, si.

Mais je ne vous embête plus & bonne lecture !

Toutefois : un grand MERCI à : LaLucarne, choupie27, faerycyn, NeverForgeett, Mini Mimi Lili !

RAR : Mini Mimi Lili : Contente que Pansy te plaise :) Un peu trop de caractère, mais c'est le début des étincelles ! Merci d'avoir lu & commenté !


Chapitre Quatre


Immense. Ce fut le premier adjectif qu'Hermione aurait employé pour décrire la taille de la salle.

Son cœur tomba lourdement dans sa poitrine à la vue de l'estrade sur laquelle elle devrait se jucher, afin de… de quoi au juste ? Elle n'en savait rien. Elle allait s'adresser à une foule dense et nombreuse qui était censée la connaitre, et dont elle ne se remémorerait pas un seul nom.

Le sang s'acharnait dans ses tempes, dans sa gorge, pulsant au rythme de ses frayeurs.

« Wouhou, Hermione ! s'écria une voix aigue.

Oh non. Pourquoi fallait-il que la soirée débute par la rencontre de ces deux personnes ? De plus, Pansy l'avait abandonnée afin d'aller contrôler la sécurité qui règlementerait les entrées. Heureusement qu'Hermione avait lâché se sentir incapable de transplaner. Pansy l'avait ainsi escortée, l'empêchant de révéler qu'elle ignorait l'adresse – ce qui n'aurait pas été très crédible. Malefoy, lui, enrichi de sa lecture, n'avait rencontré aucune difficulté à y transplaner. Avant d'aller au diable, évidemment.

Hermione tenta de perdre son regard chocolat dans les lourdes tentures claires qui recouvraient les murs, sur les petites tables rondes, assez intimes, et napées, qui jonchaient la salle. Cependant, la ténacité de ses interlocuteurs lui jaillit en pleine face.

- Hermione, salua Parvati, en l'atteignant, talonnée de Lavande.

Les années ne les avaient pas arrangées. Elles semblaient un peu gourdes, comme trop vite grandies. Peut-être cela venait-il du fait que, la veille encore, Hermione avait pu observer Lavande éclater en sanglots car un garçon de Serdaigle l'avait plaquée ?

- Parvati, Lavande, retourna Hermione – au moins elle connaitrait certaines personnes ce soir-là.

- Tout est en ordre, enchaina Lavande.

- Absolument.

- Eh bien… c'est parfait, lâcha Hermione.

- Nous allons nous effacer afin de ne rien déranger. En revanche, Milaine est notre porte-parole, si quelque chose te déplait, n'hésite pas à le lui communiquer, elle nous le transfèrera.

- Très bien…

- Merci d'avoir fait appel à nous, tu ne le regretteras pas. »

Et les deux commères s'éloignèrent d'un bon pas. Oh non, elle ne le regretterait pas…

Hermione demeura seule, un instant, à contempler cette salle, conséquente. Dans ce nouveau corps, elle se sentait… maladroite, déplacée. Et cette tenue qu'elle avait revêtue, une ravissante parure de soie bleutée, qui coulait de son cou jusqu'à ses genoux, lui paraissait une création divine dans laquelle elle ne devenait que grotesque. Juchée sur de sublimes escarpins noirs, elle s'estimait davantage ridicule.

RRRR

« Potter, nous sommes en position, lâcha Kenn.

- Combien sont-ils ?

- On a décelé trois mangemorts, ils détiennent vingt-cinq personnes dont six âgées de moins de dix ans.

- Bien. A-t-on un plan de la supérette ?

La police moldue avait aussitôt afflué à l'annonce de la prise d'otages. Sur le plan du secret magique, non seulement l'évènement était catastrophique, mais en plus, difficilement gérable. Quand bien même tout serait maitrisé, il faudrait encore passer tout le monde à l'Oubliettes… encore fallait-il contrôler la situation.

Harry et ses collègues, avaient obtenu des cartes du C.I.D sous lesquelles ils opéraient, afin de se fondre au mieux dans la masse des agents de l'Ordre. Certes, sous ce sigle, ils étaient censés davantage enquêter que participer, mais au moins, on ne leur posait aucune question.

- J'ai réussi à choper un plan. On va quand même être mal, les moldus nous empiètent.

- Etalez la carte sur le capot de cette voiture, ordonna Harry.

Pas moins d'une trentaine de policiers et d'agents se précipitaient autour d'eux. Le grand bâtiment avait été isolé, entouré de bandes striées de rouge et de blanc. Les girouettes éblouissantes des voitures de police répandaient une lumière stridente, et une foule dense se tenait autour des démarcations, attendant pour la suite des évènements. De nombreux journalistes avaient rappliqué, relatant depuis près d'une heure, ce que chacun savait : c'est-à-dire rien.

- Que vont tenter les moldus ? murmura Harry à Kenn, en désignant les unités d'élite qui s'agitaient.

- Ils vont essayer d'entrer par l'arrière-boutique. C'est de la folie, un terroriste y est posté…

- Une idée sur l'identité de nos mangemorts ?

Si Harry adhérait aux principes du ministère, pour lui, un mangemort en était un, et non un terroriste.

- Des jeunes, Potter, répondit Kathy en déboulant. Vraiment, ils ont laissé s'enfuir dix personnes en entrant. Ils ne sont pas doués…

- Il faut qu'on se bouge avant les moldus. On doit entrer avant tout le monde…, marmonna Harry. Ou même avant qu'ils ne déclenchent un de leurs Feudeymons.

- Une fois qu'on y est, on applique le code 41 ? questionna Kathy en tirant sa baguette magique.

- Affirmatif. S'ils sont débutants, on va forcer la porte, souffla Harry. Bill, on a encore du polynectar ?

- Yep.

- J'ai vu Hermione tout à l'heure. Chance ou pas, elle avait des cheveux de Bellatrix sur elle, révéla Harry. Kathy, tu prends l'apparence de Bellatrix, tu viens en amie. On te suit sous Désillusion. Lorsqu'on a les trois mangemorts en cible, chacun compte jusqu'à dix, et on les neutralise. Bill, toi, pendant ce temps, tu bloques les flics dehors, ils ne doivent pas voir de magie.

- Bien.

- Et on use du code 41. Compris ?

- Oui.

- Tout le monde en place ! » lança Harry en ébouriffant ses cheveux noirs.

RRRR

« Rowle, bon sang, mais t'es une bille, gémit Yaxley.

- Ouais, ça va, cool, j'ai pas fait exprès !

- J'ai pas viré Crabbe et Goyle pour que tu sois plus con qu'eux !

- Ouais, désolé, je voulais pas…

- J'ai pas envie de crever ce soir, vu ? Alors concentre-toi, merde !

Ils rampaient dans les égouts depuis déjà une heure. L'odeur pestilentielle chatouillait leurs narines, remuant leurs estomacs de fond en comble. Et Rowle avait failli mettre leur projet à l'eau, en toussant comme un forcené. La discrétion, merde, les gars… c'est pas compliqué, quinze ans que je le répète, se disait amèrement Yaxley.

- Je comprends pas pourquoi on fait tout ça…, soupira Rowle. Bellatrix est une vraie connasse, elle aurait pu le faire elle-même. Elle se prend les meilleures missions et elle nous laisse le…

- Rowle, ferme-la. Dis-cré-tion. Et puis Bellatrix ne participe pas ce soir. C'est le maitre qui l'a décidé.

- Ouais, enfin quand même, depuis que son mari est mort, elle est encore plus immonde… P't'être qu'il faudrait s'occuper d'elle un peu, tu vois ce que…

- Rowle, silence. On va se faire pécher !

- Ouais, et du coup, je me disais… tu crois que j'ai une chance avec Bellatrix ? Je sais que je suis assez beau gosse dans le genre, donc voilà… je suis plutôt… discret, mystérieux, et puis je parle pas, moi, je suis une tombe… un peu son genre en fait, hein ?

- Rowle, par les boules de mon grand-oncle Andrew, ferme ta gueule.

- Tu sais qu'y parait que Bellatrix a tué son mec ? Tu crois que c'est vrai ? C'était pas un rigolo Rodolphus quand même… C'est une folle c'te fille, putain, on irait bien ensemble, quand même… »

Et encore, ils se trainaient dans le long couloir sinueux, les narines emplies de cette odeur immonde. Et encore, Rowle parvenait à bavasser.

RRRR

« Frederic ! Enfin ! Combien d'heures te faut-il pour être prêt ? s'écria Isabelle.

- J'arrive, seulement, le costume que tu m'as laissé sur la chaise me fait un ventre !

- Si tu buvais moins de bières aussi !

- Merci, fait toujours plaisir à entendre, bougonna Frederic.

Sa femme, petite de taille, mais constamment agitée, le toisait avec amusement, ses bras croisés sur sa poitrine. Quelques formes gracieuses lui donnaient une allure chaleureuse, à laquelle Frederic put seulement afficher un sourire franc.

- Ronald va bientôt arriver, lâcha Isabelle. Regarde un peu ta chemise, sais-tu faire un nœud de cravate correctement, Frederic ?

- Apprends-moi, murmura-t-il, aguicheur, alors qu'elle le rapprochait d'elle.

Quelques coups frappés à la porte les écartèrent, tandis qu'ils débutaient un baiser suave. Isabelle ouvrit aussitôt le battant, découvrant un rouquin bien habillé, visiblement épuisé, quatre enfants piaillant autour de lui. Dans leurs dos, les phares des voitures éclairaient brièvement la rue du lotissement.

- Ambre, Peter, Juliette, James, soupira Ron en tentant de les ranger deux par deux. Calmez-vous, pitié !

- Grand-mère ! s'écria Ambre en bondissant au cou d'Isabelle.

- Oh, mon petit amour, roucoula Isabelle en l'attrapant au vol. Comme tu es belle ! Comme tu es mignonne !

- Il faudrait que l'on ne tarde pas, rappela Ron. Nous devrions déjà y être.

- Tonton, demanda poliment Juliette, de ses grands yeux chocolat qu'elle avait hérités de Ginny. Tu crois que je pourrais avoir des pâtes en forme de lettres de l'alphabet ?

- Tu verras ça avec la sœur d'Isabelle. Cela n'ennuie pas Anneth de les garder ? s'enquit Ron à l'adresse d'Isabelle.

- Absolument pas. Elle-même me l'a proposé. Allez zou, les crapules !

- Bye mamie ! cria Ambre, avant d'entrainer ses invités à l'intérieur. Juliette, viens, on va jouer avec les poupées !

- Anneth, on te les laisse ! lança Frederic.

- Très bien, très bien… Bonne soirée, et pas de bêtises, Isa ! », répondit une voix depuis la cuisine.

Sur un petit gloussement d'Isabelle, la porte se referma. Isabelle, Frederic et Ron, descendirent les escaliers du porche, atterrissant dans un petit jardin clôturé par de hautes haies.

« Avez-vous déjà transplané, Isabelle, Frederic ?

- Jamais.

- Egalement.

- Alors tenez-vous bien. Ce n'est pas agréable », admit Ron en leur tendant ses bras.

Et il tourbillonna sur lui-même, escorté de la mère et du beau-père d'Hermione.

RRRR

« POTTER ! DANS MON BUREAU !

La voix peu amène de Barth Smirk résonna dans les couloirs du département pratiquement vide, des aurors. L'étage entier semblait ébranlé par l'aboiement du directeur des aurors.

Le sous-directeur, revenant tout juste de la prise d'otages où seul un moldu avait perdu la vie, se dirigea d'un pas vif vers le bureau de son supérieur. Il percevait que la remontrance allait fuser, et cette idée l'enflammait déjà. Qu'importe ce qu'il fasse, son boulot ou pas, il y avait toujours des reproches…

- Entrez ! ajouta Smirk alors qu'Harry assenait un coup à la porte. Venez Potter, installez-vous.

- Je préfère encore rester debout, répliqua froidement Harry.

- Potter, c'est quoi cette connerie ? À la supérette ?

- Nous ne pouvons pas sauver tout le monde, monsieur, et j'en suis le premier affligé, riposta Harry.

- Je m'en fous du moldu, je parlais des terroristes !

- Des mangemorts, monsieur.

- Vous votez Les p'tits gars Anglais ou quoi ? Ce sont des terroristes, n'utilisez pas des termes que vous ignorez Potter.

« Mon poing dans sa figure et c'est fini », se répétait inlassablement Harry, bouillonnant.

- Qu'avez-vous fait des terroristes ? relança Smirk.

- On les a laissés là-bas. Il fallait bien des coupables aux moldus, renvoya Harry.

- Qui s'en occupe ?

- La brigade anti-criminel magique prendra le relais demain. Nous leur avons passé le dossier.

- Bien, vous leur direz de les relâcher.

- Quoi ?!

- Vous leur direz de relâcher les terroristes.

- Monsieur, ils ont failli tuer au moins vingt-cinq personnes ce soir !

- C'était un ordre Potter, pas une proposition pour boire un cognac et débattre. Vous êtes de garde ce soir. Tous les patronus d'appel vous seront transférés.

- Si c'est pour relâcher les criminels que je parviens à capturer au péril de ma vie, pourquoi est-ce que je devrais bouger ? grogna Harry.

Lentement, Smirk se releva et s'abaissa sur ses mains posées sur le bureau, le poignant de son regard sombre.

- Car ce sont mes ordres Potter. Et que si vous n'êtes pas content, la porte est grande ouverte. »

RRRR

« Bonsoir à tous et… toutes… Vous êtes vraiment nombreux, c'est… magique ! lâcha Hermione d'une voix qui était censée être enjouée.

Plus de deux cents personnes la fixaient avec attention. Les jambes en coton, Hermione se retenait seulement au lutrin, les mains crispées, le cœur battant à tout rompre. Heureusement qu'elle n'avait rien mangé, elle aurait craint de rendre son repas à n'importe quel instant.

Parkinson était parvenue à lui faire prendre une potion relaxante, et celle-ci n'avait eu pratiquement aucun effet. Cependant, la présence de la brune à ses côtés l'apaisait légèrement, bien que la veille encore, Hermione se moquait d'elle, la comparant à un bouledogue névrosé.

Malefoy aussi, était posté non loin de là, sur l'estrade, à quelques mètres dans son dos. Il semblait presque solennel, dans son costume, les épaules carrées, le corps plus développé, le visage… plein de charme. Déstabilisant. Impossible de songer qu'il était encore un abruti triplé d'arrogant les jours passés. Aujourd'hui aussi, en fait.

Lorsque l'heure du discours avait sonné, Hermione avait retenu un cri de joie en apercevant Pansy lui glisser son texte en mains. De toute évidence, la Hermione du futur avait organisé tout ce qu'elle avait à dire, et cela l'avait grandement rassérénée. Qu'aurait-elle proféré, sinon ? « J'ai l'impression que hier encore, j'avais dix-huit ans… » ?

Et désormais, deux cents personnes la scrutaient. Hermione tentait péniblement de fixer quelques visages avenants, se demandant qui elle connaissait, et à quel niveau.

- Je suis particulièrement heureuse d'être ici, ce soir, avec vous, bafouilla Hermione.

- Très convaincant, marmonna Pansy à ses côtés.

- Il y a cinq ans, lorsque j'ai démarré cette formidable aventure, je ne pensais pas aller si loin. Je croyais que j'allais être désillusionnée, que tout cela ne durerait que quelques semaines. Au début, j'ai même refusé l'aide de Drago.

« Quel prénom horrible… », songea Hermione. D'ailleurs, elle avait trébuché sur le prénom, souhaitant énoncer Malefoy et non Drago. L'on interpréta mal son propos et chacun afficha un sourire doux, croyant à une marque d'humilité.

- J'étais certaine que j'allais me tromper, que… je n'étais pas faite pour cela. Et puis, des évènements ont conduit à sa création. Le Verita'Sorcier. Nous avons dû persévérer, cela n'a pas été évident. Nous avons connu des hauts, sublimes grâce à vous tous, et des bas, que la situation actuelle nous fait vivre au quotidien. Mais pourtant, nous sommes toujours là. Certains ne le peuvent pas, mais de là où ils sont, je sais qu'ils nous observent, et qu'ils nous insufflent toujours cette même volonté. Je les entends dire, Chris plus particulièrement : « Allons-y, on peut y arriver ! Il faut dénoncer le mal ! » et j'ai envie de pleurer à chaque fois. C'était il y a neuf mois, mais cela n'a jamais été aussi présent en moi que ce soir. Ce soir, montrons-leur que rien n'est vain. Ce soir, prouvons-leur que ces cinq ans ne sont pas rien, et que cela va durer encore, encore et encore. Ce soir, soyons vrais, soyons nous. Je vous remercie d'être là, et de partager cet instant avec nous. N'oublions rien, car le passé forgera notre futur.

Des applaudissements éclatèrent dans toute la salle, et les joues d'Hermione virèrent au grenat. Elle l'avait fait… C'était pas croyable, elle n'avait pratiquement pas bredouillé… ! Des larmes emplissaient ses yeux maquillés, et elle se demandait comme elle pouvait être aussi émotive dans un monde qui n'était pas le sien. Elle aurait dû affronter les situations avec bien plus de sang-froid…

- C'était magnifique, chuchota Pansy en l'attirant par le coude, vers l'escalier qui les mènerait hors de l'estrade. Vraiment, bravo, tu as fait un excellent travail… »

Malefoy leur avait emboité le pas, alors qu'elles étaient passées devant lui. Désormais, dans la grande salle, une musique douce s'était enclenchée, et la lumière tamisée répandait une certaine sérénité.

« Oh, madame Malefoy, quel superbe discours ! s'écria une personne à ses côtés.

L'expression de Malefoy aurait été à photographier. Il blêmit particulièrement, avant d'afficher une grimace bien révélatrice, à la mention du nouveau nom de famille d'Hermione. Cette dernière ne put contenir un pouffement, plaquant sa main sur ses lèvres.

- J'ai adoré, tellement vrai, tellement fort !

- Je vous remercie, madame, salua Hermione.

Peut-être que la potion de Pansy agissait tout compte fait. Hermione se sentait davantage décontractée.

- Ah, Ron ! Ron, on est là ! Ron ! Ron ! Mon Dieu, il est sourd… a passé trop de mois célibataires, à faire mumuse tout seul, marmonna Parkinson, sous le ricanement de Malefoy.

Cependant, le rouquin se tournait vers eux. Le pouls d'Hermione s'agita. Ron. Il était là. Il avait tellement changé, il paraissait… si mûr. Si… mature, plus profond, plus… il était tel qu'elle l'aurait souhaité. Le sourire d'Hermione apparut, rayonnant de bonheur.

- Je suis là Pan', ne stresse plus, taquina Ron d'une voix grave qui fit tressaillir Hermione. Bonsoir, Hermione. Super discours.

Hermione opina, incapable de trouver le moindre traitre mot à lui retourner, déstabilisée par ce qu'il était devenu. Un homme. Posé, et plus affirmé. Une cicatrice courait sur sa tempe, comme une signature du guerrier qui se cachait en profondeur. S'il ressemblait à cela d'ici huit ans, elle signait de suite pour l'épouser…

- Où est Harry ? demanda Pansy, surprise. Tu ne devais pas aller chez les Potter ?

- Harry n'y était pas, juste Ginny. Du boulot, parait-il, répondit Ron en haussant les épaules.

- J'ai cru que tu me faisais des infidélités, admit Pansy d'un air torve. Tu n'oserais pas ?

Le sourire d'Hermione tremblota légèrement. Non. Non. Non.

- Hermione ! Ma chérie !

Juste à temps. Hermione pirouetta vers les deux nouveaux arrivants qui se frayaient un chemin jusqu'à elle, tentant de noyer la peur qui grimpait en elle. Elle remarqua également que Malefoy s'était éloigné, discourant avec d'autres personnes qu'il paraissait connaitre. Zabini, notamment.

Hermione pria pour que les deux personnes qui l'atteignaient ne lui soient pas inconnues et… elle se figea littéralement. Isabelle. Sa mère.

- Maman ! s'exclama Hermione en bondissant à son cou. Oh, je suis tellement heureuse de te voir !

Sa mère resserra sa prise autour d'elle, avant de la relâcher, radieuse.

- Tu es sublime, souffla Isabelle. Je suis si fière de tout ce que tu as fait, de ce que tu es devenue… Si fière ! Frederic, enfin, viens saluer Hermione au lieu de penser à t'empiffrer !

Hermione pâlit davantage, en considérant le nouveau venu. Un jeune homme dans la trentaine. Ayant au moins vingt ans d'écart avec sa mère. Assez bel homme tout de même, dans un costume soigné, d'un gris élégant, et un sourire éclatant.

- Bonsoir, Frederic, hésita Hermione, paniquée.

L'homme le lui rendit, avant d'enrouler la taille de sa mère d'un bras protecteur.

- Allez, Fred, fais-moi danser ! ordonna Isabelle en l'attirant vers la piste. Nous allons être jeunes ce soir ! On va danser toute la nuit, et rire, et encore valser ! On revient après, Hermione, promis !

Etait-ce… son beau-père ? Ce jeune homme tout juste plus âgé qu'Hermione ? Et où était son père ? Pourquoi tout était si déplacé, ici ? Des bourdonnements envahissaient ses oreilles, son sang crépitant dans ses tempes.

- Tu ne m'avais pas dit que ta mère était une couguar, Granger », ricana une voix méprisante à son oreille.

Hermione secoua son visage, autour duquel, ses boucles assagies se promenaient. Qui était cette femme qu'elle retrouvait ? Où avait disparu l'Isabelle coquette et ordonnée, aux côtés de son mari aimant ? Oui, ils avaient traversé de nombreuses épreuves tout au long de leur vie, mais comment un tel revirement avait-il pu s'opérer ? Adultère, trahison… décès ? Non, pas son père, c'était impossible.

Quel était cet étrange monde où Voldemort et Harry cohabitaient ? Où les mangemorts se croyaient tout permis ?

RRRR

« McMillan ?

- Yes. Un problème ?

- Négatif. Les hommes sont fatigués. Peut-on se reposer un peu ?

- Evidemment. Quelle heure est-il ?

- Vingt-deux heures passées.

- C'est donc l'heure de ranger les troupes. Va demander aux cuisiniers de lancer le repas. J'espère qu'ils ont changé le menu, j'en ai ras le bol de me coltiner du riz.

- Pareil. »

Les deux hommes se délogèrent de la haute tour depuis laquelle ils possédaient une vue saisissante sur les environs, et descendirent les escaliers en colimaçons. La pierre qui formait la bâtisse, leur assurait une fraicheur constante, même en plein été. Par la journée suffocante qui venait de s'écouler, c'était une bénédiction.

Ils atteignirent finalement la cour, et dos au mur, remontèrent posément vers la forteresse. Déjà, depuis les cuisines, des cris leur parvenaient :

« Amenez le riz !

- McMillan va péter un plomb si on fait encore du riz !

- Y a que ça, en même temps ! »

Et McMillan poussa un profond soupir. C'était la triste vérité.

RRRR

« Hermione !

Hermione pivota de profil vers Parkinson, qui arrivait à sa hauteur par de grandes enjambées, trottant sur ses escarpins ainsi qu'Hermione l'aurait fait pieds nus. Elle tirait Malefoy par le poignet, et à l'expression qu'il affichait, Hermione n'allait pas apprécier la nouvelle.

Autour d'eux, la musique apposait ses droits, laissant une agréable harmonie flotter. De nombreux couples valsaient sur la piste, tandis que d'autres convives discutaient ensemble, autour des amuse-gueules réparties par des plateaux volants.

- Hermione ! appela de nouveau Parkinson, obtenant enfin pleinement son attention.

- Elle ne veut pas me croire, quand je lui dis que tu as une sciatique, prévint posément Malefoy, les yeux emplis de flammes de haine pure, prévenant Hermione.

- Vous n'avez qu'à arrêter de faire ça dans n'importe quelle position ! grinça Pansy.

Oh, Seigneur. Que sous-entendait-elle dans cette phrase-là au juste ?

- Hermione, je sais que tu es fatiguée, je vois que ce n'est pas ton jour, mais tu ne peux décemment pas restée plantée là !

- Mais… et l'apéritif ? tenta pitoyablement Hermione, arrachant un soupir désespéré à Malefoy. Et ma sciatique ! Je souffre !

Tout cela, en se tenant la cuisse.

- La sciatique, c'est plus vers les reins, railla Parkinson, victorieuse. Quoi, vous ne voulez pas danser ?

Danser. Avec Malefoy. Devant deux cents personnes. Lui. Ses mains sur elle. Leurs corps de vingt-cinq ans. Elle. Et Malefoy. Mariés.

- Hermione est fatiguée, Pansy, laisse-la, coupa Malefoy.

- Quelque chose ne va pas ? s'enquit Pansy en prenant un ton condescendant.

- C'est bon, on y va. »

Abasourdie, Hermione perçut les doigts glacés de Malefoy se rabattre dans son dos, sur sa robe de soie, et la pousser vers la piste. Le sourire de Parkinson était plus que significatif.

« Je me vengerai de retour dans notre époque », songea Hermione, répugnée.

« Pourquoi tu as cédé si vite ? marmonna Hermione.

- Venant d'une intello qui croit que la sciatique vient de la cuisse, t'es vraiment pas chiée de me faire des remarques.

- Mes parents sont dentistes, pas chirurgiens.

- Ta vie personnelle est palpitante Granger. Attends, je vais aller chercher un parchemin et une plume, et tu vas me la raconter. Peut-être qu'en la vendant, je pourrai faire un best-seller.

- Connard.

- Réaliste. Vas-y raconte-moi ta plus grande déchirure… Krum qui t'a plaquée pour quelqu'un de mieux ?

Ils atteignaient justement la piste. La main de Malefoy la brûlait désormais, lui donnant envie de le frapper, autant que ses propos désagréables. Il était tenace, plein de verve, ne ratant jamais l'occasion de l'irriter. Avec un sourire froid, elle enfonça son coude dans ses côtes, et il tira une moue.

- Granger étant incapable de répliquer avec des mots, elle fait mal. Ouh, très spirituel.

- Dans mon esprit, tu es déjà mort, Malefoy…, promit Hermione.

Ils se tournèrent brusquement l'un vers l'autre, sur la piste. La musique n'avait jamais tant exaspéré Hermione. Les lèvres pincées, elle fixa Malefoy, l'enjoignant à amorcer le premier geste.

- Je croyais que nous étions d'accord pour jouer au mieux nos rôles, rappela narquoisement Malefoy.

- Cela n'empêche ma « moi du futur » de te rouver con et imbus de toi-même.

- Mmh, délicieux, Granger. Encore de la flatterie ?

Toutefois, il croisa le regard clair de Parkinson, non loin de là, et il effectua aussitôt un pas vers Hermione.

Elle en perdit la parole, autant déstabilisée par le contact de ce jeune homme de vingt-cinq ans, que du fait que ce soit Malefoy, et de toutes ces personnes qui la dévisageaient.

Il enlaça sa taille d'un bras, et attrapa la main d'Hermione, fulminant littéralement. Hermione suivit son geste, hébétée, réellement troublée. D'ailleurs, son geste assuré lui ramenait ce matin en tête. Eux deux. Dans le lit. Merlin, non. Non, non, non. Change de sujet. Pense à autre chose.

- Je rêve Malefoy, ou tu suis Parkinson au doigt ? osa-t-elle alors qu'ils tourbillonnaient.

- Tu ne la connais pas, hein ? ricana sèchement Malefoy. Pansy est plus flippante que n'importe qui, lorsqu'elle veut quelque chose. Si on ne dansait pas, elle pouvait nous mettre sous Impero et nous faire faire un échange baveux. Certes, mon expérience aurait fait que tu aurais particulièrement apprécié cela, mais…

- Evidemment. Donc, Malefoy flippe devant Parkinson. Mémo très utile.

- Je ne flippe pas Granger, personne ne me fait peur. Juste, je ne suis pas prêt à assurer mon rôle jusqu'à ce point, gronda-t-il. Déjà que je vais devoir jeter ce costume car tu le touches !

Hermione pinça férocement son épaule entre son pouce et son index, et Malefoy blêmit. Il répondit de même, au niveau de sa taille, et, vindicative, elle planta ses ongles dans la main du jeune homme qui tenait la sienne.

- Sale teigne », grinça Malefoy.

Ils étaient proches, bien trop pour la santé mentale d'Hermione. Déjà, elle perdait en stabilité, avec ce retournement de situation, et elle savait que tout cela était mauvais pour elle, pour les recherches qu'elle planifiait, pour l'ensemble de sa vie. Sans soutien, sans réconfort, elle craignait de lâcher prise.

Et Malefoy.

Elle le haïssait. Elle en aurait pleuré, de devoir jouer tout cela avec lui. Son torse près d'elle, son toucher qui se réchauffait, et ses yeux anthracite qui erraient tranquillement sur la foule, autour d'eux. Il la répugnait. Et pourtant, dans ce nouveau corps, elle craignait qu'il ne la trompe, qu'il ne l'intimide et qu'elle ne soit plus tant elle-même.

Peut-être lui mentait-il… Elle n'avait aucun moyen de l'appréhender. Face à elle, l'esprit de Malefoy était conservé. Mais ce nouveau corps, cette stature, tout cela l'intimidait, troublant tous ses agissements.

La vision de sa mère, Isabelle, et de Frederic, au loin, assombrit encore ses pensées. Et lentement, elle se laissa bercer dans des songes moroses.