Blabla de l'auteur : Salut à tous. Comme promis, voici le nouveau chapitre qui j'espère vous plaira. Je n'en dis rien, je vous laisse découvrir. Merci à MiniMagiCcOlOurS (Un de ces quatre, je vais réussir à écrire ton pseudo sans réfléchir… Mais pas aujourd'hui :p), marine (Hello miss. Ravie que le chapitre t'ai plu. Je fais de mon mieux pour que l'histoire reste cohérente =) Ouais Shane n'a pas eu de chance dans le dernier chapitre mais qui sait… Dans celui-là peut-être ? :p Bisouilles), Miss Morgane (Hello miss. Non il ne suit pas tous ses mouvements… Cela dit il a du lui coller un mouchoir pour tout savoir comme ça :p Non effectivement, je ne te dirais pas si Shane aimera plus ou plus du tout la Mitchie qu'il va découvrir :p En parlant de Tess, justement, on la voit arriver dans ce chapitre… Je suis sûre que vous allez aimer son passage :p Oh je t'en prie. Comme je dis, si vous vous prenez deux minutes pour donner votre avis sur un chapitre, il est normal qu'en tant qu'auteur, on prenne deux minutes pour vous répondre. Enfin je le vois comme ça mais je suis ravie de savoir que tu lis mes réponses =) Bisouilles), Sweet-Devil973, histoire de vampire, et Angele (Hello miss. Ouais Mitchie était souriante dans le dernier chapitre, mais sa panne d'inspiration va-t-elle lui miner le moral ou non ? Après tout, elle pourrait arrêter la musique et donner des cours de chant au camp chaque été ? :p J'avoue moi aussi ça me plaisait de faire une Mitchie ultra connue et les garçons pas du tout. :p Du coup j'ai récidivé pour une autre fiction :p Je ne dirais rien sur l'amitié éventuelle qu'elle va développer avec les garçons mais oui Lainey et elle vont devenir amies, tu verras =) Bisouilles) pour leurs reviews. C'est toujours agréable de savoir que ce que j'écris vous plait =)

Disclaimer : Comme l'a dit Jesus (selon mon dico) Rendez à César, ce qui est à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu, donc, tout ce que vous reconnaissez appartient à Disney. Evidemment ! Sauf les personnages qui s'appartiennent eux-mêmes. Le vent, la terre et le reste n'appartiennent à personne. Enfin, les mots appartiennent à tout le monde. Traduction, hormis l'idée de base, rien n'est à moi. Et encore, j'ai travaillé cette idée en collaboration avec chris87. Les corrections sont de LittleFlicka, donc merci à elle. C'est triste finalement, y a pas grand-chose à moi. Snif ! Quant aux ajouts éventuels, je mettrais en bas à qui ça appartient.

Merci à nouna pour ses commentaires et son avis toujours très précieux.

03 Premiers problèmes

« - Merci Lola, sourit la jeune professeur. C'était pas mal du tout pour une impro, y a quelques petits trucs à revoir mais rien de bien méchant. Bien, on doit avoir le temps pour…

Elle fut coupée dans son élan par une voix trop aigüe pour être normale.

« J'ai un appel ! J'ai un appel ! Nana ni na nèreeeu ! »

« - Désolée, dit-elle les joues rouges. Le cours est terminé.

« - Vous ne répondez pas, demanda Jane.

« - Non, personne n'appelle, c'est juste pour me prévenir que le cours est terminé. Bonne journée à tous on se voit demain, rendez-vous ici à huit heures. Salut Brown.

« - Salut. Je venais voir comment tu t'en étais sortie.

« - Avec classe, sourit-elle. Sauf peut-être ma sonnerie de réveil, je devrais la changer. Tu peux être rassuré, ils ont été sages, respectueux et ils savent à quoi s'en tenir.

« - Parfait alors. N'oublie pas qu'on est aussi là pour t'encadrer petite. Si t'as un problème, tu peux venir nous en parler.

« - Merci. Mais pour le moment, le seul que j'ai c'est cette fichue panne. Enfin, ce n'est pas vraiment, ça, soupira-t-elle en le suivant hors de la salle, mais plutôt… Comment dire… J'ai des idées mais elles sont toutes plus déprimantes les unes que les autres. J'ai toujours écrit mes textes en fonction de l'état mental dans lequel j'étais mais là si j'enregistrais ce que j'ai écris, on penserait que je suis déprimée, au bord du suicide, même ! Hors si je veux tenir mes délais, enfin ceux de ma mère, faut que je termine pour la fin juillet. Que j'ai écris et mis en musique pas loin de quinze chansons.

« - Ecoute, si tu veux mon avis, je peux te dire ce que j'en pense ?

« - Bah si t'as deux minutes, je suis preneuse, j'ai qu'une chanson avec moi, mais ne t'attends pas à quelque chose d'aussi beau que Don't forget ou Who will I be, ok ?

Il acquiesça et ils allèrent dans son bungalow. Elle prit sa guitare et assise face à lui fredonna :

« - Sometimes in the Dark / When I believe it's hopeless / Ii remember your steps / And I cry softly. / Where you my muse / Why are you gone. / Do you think it's funny / To know me destroyed ? / Days are goin' without any surprises / And I live everyday feelin' under rated. / Do you think I'm in the right place / In this luxurious life. (Parfois dans le noir, / Quand je crois qu'il n'y a plus d'espoir / Je me souviens de tes pas, / Et je pleure tout bas. / Où es-tu ma muse ? / Pourquoi es-tu partie ? / Est-ce que ça t'amuse ? / De me savoir anéantie ? / Les jours passent sans surprise. / Et chaque jour je vis avec l'impression d'être incomprise. / Crois-tu que je sois à ma place ? / Dans cette vie de palace ?

Brown l'écouta en tapant doucement sur la table pour marquer le rythme et comprit mieux ce dont elle parlait. S'il devait bien admettre que la musique était belle, elle était peut-être un peu trop mélancolique. Néanmoins, il attendit la fin de sa prestation pour donner son avis. Quand elle posa la dernière note, elle souffla et mit sa guitare sur la table.

« - Alors verdict ? Combien de fans vont se tuer après avoir entendu un texte aussi déprimant ?

« - Pas beaucoup je pense, sourit-il. Mais ne change rien au texte, il est très bien, vraiment ! Tu l'as dit, tu t'inspires de ce que tu ressens quand tu composes ou écris et cette chanson parle de ce moment que ressent tout artiste. Celui où il se demande s'il est vraiment à sa place. On doute tous un jour ou l'autre ! Non sur notre talent, bien que toi si, se rappela-t-il, mais on se demande si les gens aiment réellement ce qu'on fait ou s'ils continuent de nous suivre simplement parce qu'ils nous apprécient ou qu'ils aiment la voix qu'importe ce qu'on dit ! Les doutes, comme tous les autres sentiments sont humains, il ne faut pas les réfréner, au contraire, laisse-les toujours te parler ! Tu as cet avantage, c'est que ta musique, tu la composes de A à Z. Tu peux écrire ce que tu veux, parce que t'es branchée en direct sur ton ressenti, et si ça peut-être préjudiciable pour ceux qui passent leur temps à déprimer ou à briser les règles, tu es quelqu'un de bien Mitchie, et ta musique s'en ressent. Peut-être que tu changeras et que tu voudras brûler tes ailes ou peut-être que tu resteras cette jeune fille timide que tu étais il y a trois ans en arrivant pour la première fois, toujours est-il que tant que tu seras toi-même et que tu te livreras dans tes textes comme tu le fais maintenant, tes fans te suivront par amour pour ton travail. Ne perds pas cette connexion de vue ! Tu comprends ce que je veux dire ?

« - Oui mais… Et si je n'arrivais plus à écrire autre chose que des textes mélo comme ça Brown ? J'aime qu'on sente dans mes chansons mes racines espagnoles mais cette musique, si elle est réellement belle ce dont je doute, elle n'a pas ce soleil en elle. Elle ressemble plus à un ciel New Yorkais de décembre qu'un mois de juillet Texan.

« - Mitchie, tous les jours ne sont pas ensoleillés, comme toutes les chansons ne donnent pas envie de se déhancher ! Sois moins exigeante envers toi-même ! Médite là-dessus, l'artiste, dit-il en se levant. Moi j'ai de la paperasse à faire.

Elle acquiesça et une fois seule, réfléchit à ce qu'il venait de lui dire. Elle devait être moins exigeante avec elle-même. Seulement, c'était ainsi qu'elle avait toujours fonctionné. Vouloir donner toujours plus que ce qu'on a pour être meilleur que ce qu'on pense ! C'avait toujours été sa devise, pourquoi la changerait-elle ? Elle resta donc à méditer sur cette phrase, puis gratta sa guitare machinalement. Soupirant, elle décida de reprendre sa première chanson. Celle qui lui avait permis de gagner le concours final, mais également qui l'avait fait connaître. Who will I be. S'asseyant mieux, elle mit l'instrument contre elle, et commença à jouer, chantant doucement.

« - Who will I be. It's up to me. All the never ending possibilities. That I can see. There's nothing that I can't do. Who will I be. Yes I believe. I get to make the future what I want to be. If I can make up any one and know the choice is up to me. Who will I be

Elle chantait juste assez fort, selon elle, pour s'entendre, aussi elle n'eut pas conscience qu'une élève s'était arrêtée au niveau de sa fenêtre, restée ouverte et l'écoutait chanter. Des pas retentirent et elle se tourna.

« - Chut, fit-elle. Mitchie est en train de faire une acoustique géniale avec sa première chanson, j'adore. Je n'avais jamais remarqué qu'elle pouvait avoir une voix aussi cristalline.

Shane allait l'interroger, mais elle lui demanda de ne faire aucun bruit et il perçut à son tour, la chanson. Elle avait une note mélancolique qui ne lui appartenait pas, mais loin de détester, il trouva la chanson plus belle encore et sourit, à son amie.

« - Hey vous deux, qu'est-ce que vous faites à traîner près des bungalows des professeurs ?

« - Désolée professeur, je passais juste pour aller voir Lola mais j'ai entendu Mitchie chanter et je…

Elle s'interrompit quand la brunette sortit à son tour de son bungalow, un léger sourire aux lèvres.

« - Et tu, lui demanda-t-elle. Tu te demandais sûrement pourquoi je massacrais ma chanson ?

« - Non, je veux dire c'était génial comme acoustique, et Shane est d'accord avec moi.

« - Vraiment, s'amusa-t-elle.

Ils acquiescèrent et elle les remercia avant de rentrer en secouant la tête. Ne voulant pas avoir d'ennuis, ils se reprirent tous les deux et Caitlyn pour aller voir son amie alors Shane se souvenait de sa présence ici qui n'était pas du tout fortuite. Il soupira pour se donner du courage puis frappa à la porte quand Lainey fut repartie.

« - Entre Lainey, fais comme chez toi, dit-elle depuis l'intérieur.

Il resta à sa place, préférant attendre qu'elle vienne ouvrir, ce qu'elle fit en souriant. Le regardant, elle finit par dire :

« - Shane, je me trompe pas ?

« - Non. Enfin oui ! Je… C'est moi… Shane.

« - D'accord, rit-elle, et que puis-je pour toi ?

« - Voilà, je… Je… Mon oncle dit que les artistes en qui on peut avoir confiance sont rares mais vous en faites partie et je…

« - Tu peux me tutoyer tu sais, on est plus en cours.

« - D'accord. Je… Vous accepteriez de… Tu accepterais de… En fait, j'ai écris une chanson récemment mais comment dire ? Ce n'est pas pour moi, enfin si, mais c'est… Compliqué.

« - Si j'ai bien suivi ce que tu dis, et j'espère viser juste, tu voudrais mon avis sur un texte, c'est ça ?

« - Oui, je sais que vous avez… Que tu as sans doute plus important à faire, mais ce n'est pas urgent, en fait.

« - Non, c'est bon. Si tu l'as ici, je peux la lire maintenant, je n'ai rien d'autre à faire. Le cours de demain est déjà prêt, dit-elle en fermant la porte.

« - Et on va encore avoir le droit à un petit discours ?

« - Non, juste à un échauffement vocal avant le début des leçons, rit-elle en lui emboitant le pas.

Il acquiesça et tout en se rendant à son bungalow, ils discutèrent musique. Il finit par lui avouer qu'il avait été à un de ses concerts durant sa dernière tournée et qu'il avait réussi à avoir un autographe. Il tut simplement la joie qu'il avait ressenti lorsqu'elle lui avait sourit. Riant doucement, elle lui demanda s'il avait aimé.

« - J'ai adoré même ! Te voir sur scène après avoir longtemps imaginé comment tu étais c'était… J'ai passé une super soirée, je te l'ai même dit, quand tu me l'as demandé. Tu ne dois pas t'en souvenir, ajouta-t-il un peu ennuyé.

« - Je suis désolée, fit-elle peinée. Quand je suis sur scène que je chante pour ceux qui viennent et tout c'est… C'est vraiment euphorisant. Grisant ! D'ailleurs, tu as dû t'en apercevoir, vos bravos à la fin me tirent toujours une larme ou deux, tellement ces moments sont intenses pour moi. Ma mère me taquine sur le fait que je dois être trop sensible enfin bref, toujours est-il qu'il me faut plusieurs heures, ou une bonne douche, pour revenir sur terre. Quand je sors, la plupart du temps, je suis dans un état second, je vous entends me dire si oui ou non vous avez aimé, comme je vois vos yeux qui brillent ou vos sourires, mais les visages s'estompent rapidement. Je me souviens en général simplement de vos mots. Ce n'est pas contre vous, crois-moi, c'est simplement que… Voir qu'autant de personnes font le déplacement pour venir t'entendre… Je ne sais pas, c'est peut-être moi, mais voilà, vous entendre m'applaudir me dire que mes chansons vous plaisent, qu'elles vous touchent, ça me chamboule toujours parce qu'elles sont une partie de moi. Tu comprends ?

« - Je crois, sourit-il en entrant dans son bungalow. En fait, tu te souviens juste des impressions, voir de ce qu'on dit, pour le peu qu'on soit originaux dans nos mots ?

« - Voilà, dit-elle depuis l'entrée.

« - Vous avez le droit d'entrer, intervint Nate. Vous êtes professeurs après tout.

« - C'est vrai, reconnut-elle, mais si je me souviens bien les oreillers volent souvent ici.

« - Non, c'est bon, on va faire une exception pour toi, sourit Jason. Et aussi parce que Nate a décidé de me faire bosser mon histoire.

« - Ah eh bien bonne chance ! Tu la trouves, demanda-t-elle en entrant timidement.

« - J'avoue que non, je me souviens plus d'où elle est. Pourtant, je viens de la finir !

« - Ta chanson ? Tu l'as mise dans ton tiroir, lui rappela Nate après qu'il eut acquiescé.

« - Ah oui. La voilà, dit-il en la lui tendant. Le seul ennui, c'est que c'est un peu la première fois que je me lance dans ce genre de texte. Habituellement, on parle de notre passion pour la musique ou la vie.

« - Je rêve, s'exclama Jason. Tu refuses qu'on la lise nous, tes potes depuis que t'es en couche-culotte, et tu la fais lire à la prof de chant ! L'arnaque !

« - Euh, c'est pas un problème, je peux la lire plus tard si…

« - Non, non, il rigole. Il passe son temps à faire le pitre, intervint Shane les joues rouges. Tu peux la lire. Tu pourras sûrement mieux me dire que Jay si elle vaut quelque chose.

« - T'as écris la mélodie ou pas encore ?

« - C'est plus une ébauche qu'autre chose, en fait, avoua-t-il. Pourquoi ?

« - Comme ça. J'arrive plus facilement à donner mon avis quand un texte est en musique, mais ça m'a l'air pas mal. Pas mal du tout même, dit-elle en parcourant les lignes rapidement. Faut voir avec quel tempo tu vas travailler ta mélodie mais… C'est joli. Crois-moi, elle a du potentiel !

« - Vraiment ?

« - Oui, assura-t-elle. Ecoute, dès que tu auras un air, préviens-moi, j'aimerais bien l'entendre.

Il hocha la tête et elle sursauta d'un coup alors qu'il n'y avait aucun bruit, puis sortit son portable pestant contre son vibreur, avant de s'apercevoir qu'il lui indiquait qu'elle devait aller manger. Ils la suivirent et Nate la regarda :

« - Ton portable sonne souvent pour te rappeler de manger ?

« - Oui. J'ai mon réveil, le repas du midi, récemment la fin de mon cours, et le repas du soir, rit-elle avant de s'expliquer. Quand je compose, j'ai tendance à oublier de me nourrir… Voir tout oublier. Mes amis pourraient témoigner de mon manque de ponctualité.

Il hocha la tête et quelques minutes plus tard, ils entrèrent. Sans s'en apercevoir, Shane lui tint la porte et le remerciant en souriant, elle leur souhaita un bon appétit puis rejoignit la table où étaient ses collègues. Brown lui demanda depuis quand elle était amie avec son neveu et elle rit joyeusement.

« - On n'est pas amis. Il est venu me demander un conseil et j'ai répondu présente, c'est tout. Pourquoi ça t'ennuie ?

Il secoua la tête échangeant un regard avec Lainey qui eut un léger sourire. Ne le comprenant pas, la brunette se tourna vers Dee qui elle la regardait amusée. Grimaçant, elle marmonna qu'elle avait du louper le début de l'histoire et mangea tranquillement, malheureusement la professeur de danse lui demanda si son cours s'était bien déroulé et elle passa l'essentiel de son repas à parler, leur racontant qu'ils avait tous été sympa, et que malgré son âge, elle avait trouvé le moyen de se faire respecter, tout comme elle avait réglé l'histoire des autographes, sans s'étendre sur les détails. Seulement la conversation revint sur son entrée avec les garçons et le fameux conseil de Shane, ce qui la fit rougir. Aussi, tout en ayant conscience de sa fuite, elle quitta la table rapidement, sous leur rire.

« - Je vous ai à l'œil, cria Lainey, je te préviens !

« - Perfect and me, I'm watching you, dit-elle en la regardant ainsi que Brown. Bye! (Parfait et moi, je vous surveille)

Sur ces mots, que personne ne comprit, elle quitta la salle et retourna dans son bungalow, où elle joua quelques minutes. Elle observait surtout l'heure attendant que les élèves soient en cours, puis quand ce fut bon, rejoignit le lac, son bloc-notes sous le bras. Passant devant la salle de danse, elle croisa le regard de Lainey et lui fit une grimace, puis rit avant de continuer son chemin. S'asseyant sur le ponton, elle fixa, comme la veille, le lac, cherchant avant tout à faire abstraction de ses problèmes. Elle recherchait son calme et sa sagesse. Elle ignora combien de temps elle était restée ainsi mais finit par regarder l'heure. Il restait à peine dix minutes de cours et elle soupira.

« - Voilà c'est tout pour aujourd'hui. Pour un premier cours c'était pas mal bravo à tous. Shane, je voudrais te parler quelques instants en privé !

Le jeune homme hocha la tête et se rassit au sol en attendant que tout le monde sorte. Quand ils furent seuls, elle ferma les portes et le regarda :

« - Ton oncle me charge de te rappeler que les relations profs-élèves sont interdites et donc d'éviter de trop rester avec Mitchie pour le moment !

« - J'hallucine complet, soupira-t-il. J'ai été lui demander un conseil sur une chanson tout à l'heure et vous me voyez déjà sortir avec ? D'une part, je suis conscient que c'est interdit, deuxièmement, aux dernières nouvelles, pour le moment elle refuse de tomber amoureuse et je ne vais pas chercher à la faire changer d'avis. Dernièrement, dis à Brown que ma vie personnelle est privée et aimerait le rester ! Au revoir professeur, dit-il en quittant sa salle vexé.

Retrouvant ses amis, il soupira et leur relata l'histoire, en rajoutant ça et là des commentaires grotesques. Quand ils furent tous les trois propres, ils sortirent pour se balader mais en passant près du lac, s'étonnèrent. Une barque flottait au milieu de l'étendue, sans personne à l'intérieur. Jason se proposa d'aller prévenir le directeur quand un faible murmure leur parvint.

« - Mais tu sais que la vie vaut la peine / Alors tu t'accroches en espérant que demain / Les gens te crieront qu'ils t'aiment / En te tendant la main / Ecoute-moi ce soir / Et laisse-moi te montrer cette lueur d'espoir !… Non, non, non, cria Mitchie en se relevant d'un coup.

Ils se regardèrent perplexes ne sachant ce qu'ils devaient faire et Caitlyn les rejoignit.

« - C'est ce qui s'appelle partir à la dérive, non ?

Ils acquiescèrent en souriant, même si les quatre se posaient la même question. Pourquoi était-elle partie si loin de la rive ? La regardant, ils la virent se rallonger face au ciel, et s'interrogèrent sur son état de santé.

Brown qui passait par là sourit en voyant la barque seule au milieu du lac. S'approchant, il demanda aux pensionnaires ce qu'ils avaient à fixer une barque et Nate soupira :

« - Bah, il y a Mitchie à l'intérieur et on essaie de comprendre pourquoi elle est si loin.

« - Oh ça ! Elle traverse une mauvaise passe et a besoin de reprendre contact avec son moi intérieur, si j'ai bien compris. Elle le faisait souvent quand elle était pensionnaire. Elle s'isolait comme ça, pour composer en paix. Ce qui fait qu'on entendait ses chansons qu'aux concours ou dans mes cours. Allez, ne vous occupez pas d'elle !

Ils haussèrent les épaules puis s'éloignèrent, alors que le fondateur fixait la barque, amusé. Secouant la tête, il finit par s'éloigner aussi.

La jeune femme resta ainsi, allongée face au ciel se répétant sans cesse les conseils de son patron. Tous les jours ne sont pas ensoleillés … Sois moins exigeante envers toi-même. « C'est des conseils facile sur papier, songea-t-elle, mais en pratique, ils le sont moins. Comment je peux être moins exigeante avec moi ? Je ne le suis pas. Si ? Comment savoir, je suis en train de penser dans ma tête ! Qu'est-ce que je m'imagine ? Qu'un petit ange blanc va venir sur mon épaule et me donner des conseils ? Non mais vraiment, où ai-je la tête ? Sur mes épaules, je sais papa, merci, mais encore ? Voyons, réfléchis Mitchie, quel genre de chansons aimes-tu entendre ? Qu'elles sont celles qui te font rêver ? Ou pleurer… Bon procédons par ordre, et trouvons une réponse à chaque question. Première : Quel est le thème qui touche le plus grand nombre ? Facile ça, c'est l'amour ! Sauf que je ne suis pas amoureuse, et que je ne l'ai plus été depuis plus d'un an ! Hormis les belles histoires ? Les chagrins d'amours sauf que voilà, ça ne m'aide pas plus, je n'ai pas eu le cœur brisé dernièrement ! Bon, de quoi je pourrais parler ? De la dispute de mes parents ? Ou plutôt de leurs disputes continuelles ? Charmant sujet, grinça-t-elle. Je vois ça d'ici. S'il vous plait arrêter de crier. / Pensez à votre petite fille. / Qui passe ses nuits à pleurer. / Parce qu'elle culpabilise. Terrible, j'ai le prochain tube, songea-t-elle sarcastique. » Elle resta allongée dans sa barque plusieurs heures fredonnant parfois quelques phrases sans être convaincue. Tout ce qu'elle inventait lui semblait nul, ou simplement surréaliste. Aussi quand son téléphone la prévint qu'il était l'heure de dîner, elle se releva, le cœur à l'envers, et rama jusqu'au bord. Rangeant la barque, elle rejoignit le réfectoire, la tête ailleurs. Entrant, elle alla se servir rapidement, puis s'assit à table, sans en avoir réellement conscience. Tout en mangeant, elle réfléchit à ses diverses idées et soupira énervée.

« - Un problème, petite ?

« - Tout va bien, tout va bien, tout va bien, tout va bien, dit-elle de plus en plus bas.

« - Continue comme ça, tu vas écrire le prochain tube !

« - Ouais ! C'est mon nouveau mantra. Ça donne ça sur l'air, commença-t-elle avant de parler d'une voix monocorde, tout va bien, tout va bien, tout va bien, tout va bien !

« - Et le refrain, c'est quoi, demanda Lainey. Quand je suis dans mon bain, quand je suis dans mon bain, quand je suis dans mon bain ?

« - Très drôle, grimaça-t-elle. J'ai passé l'après-midi à me remettre en question pour comprendre pourquoi je souffrais de la page blanche mais rien à faire ! Le mieux que j'ai pu faire en impro ressemble à « La vie en vaut la peine / Accroche-toi car demain / Les gens pourrait bien te crier je t'aime / En te tendant les mains / Ecoute-moi ce soir / Et laisse-moi te montrer cette lueur d'espoir ! » C'est pas terrible, faut le reconnaître, souffla-t-elle. Sauf que j'ai que trois semaines pour écrire encore quatorze chansons, c'est impossible, même pour un bon parolier, alors moi… Et va falloir que je les mette en musique, en plus, parla-t-elle pour elle-même.

« - Mitchie, l'appela Brown la faisant sursauter. Tu te souviens de ce que je t'ai dit tout à l'heure ? Ne te mets pas la pression, et reste zen !

« - Non, c'était "Tous les jours ne sont pas ensoleillés" et "Sois moins exigeante avec toi-même" ! Je me les suis répétés une bonne partie de l'après-midi, je les connais par cœur, expliqua-t-elle. Sauf que si je suis moins exigeante avec moi-même, commença-t-elle avant d'être interrompue par des cris.

Se tournant, Brown et elle virent Tess qui versait sa sauce sur Caitlyn qui répliqua à grands renforts de purée. Aussitôt le directeur se leva alors que la brunette les observait, avant de regarder son assiette à moitié vide.

« - C'était de la purée, dit-elle pensivement. Moi qui pensais que c'était une vague crème surprise. Je me suis plantée ! Enfin…

Lainey et Dee la regardèrent et rirent joyeusement en l'entendant. Levant les yeux, elle leur tira la langue, puis quitta la salle sans même terminer son assiette. Elle n'avait pas réellement faim de toute manière.

Retournant dans son bungalow, elle s'assit sur son lit, et soupira longuement. Depuis toujours les mots lui venaient facilement, pourquoi aujourd'hui faisait-elle un blocage sur ces émotions ? Elle était heureuse d'être au camp, c'était certain, mais elle n'arrivait pas à le retranscrire. Elle restait bloquée sur les raisons de sa présence. Les disputes continuelles de ses parents, et les mots de son père. Il ne voyait plus sa fille, seulement une artiste qui plaisait trop. Pour la première fois depuis qu'elle était née, elle sentit qu'il ne l'aimait plus et ce constat la blessa. Se changeant, elle enfila un short ainsi qu'un débardeur, et mit son ipod en marche. Le tenant d'une main, elle sortit de son cabanon et commença à courir, voulant se vider l'esprit. Seulement, malgré elle, elle suivit le chemin de ses pensées. Elle avait déçu son père en devenant chanteuse. La moitié de l'Amérique l'adorait et l'enviait, chose qu'elle avait du mal à comprendre, mais son père, son héros, n'aimait pas ce qu'elle devenait. Pire, il regrettait qu'elle se soit lancée dans la chanson. "Cette vie n'est pas ce que je voulais pour mon bébé ! J'aurais préféré qu'elle fasse des études… Qu'elle sorte avec un jeune étudiant de son âge… Elle n'est qu'un morceau de viande aux yeux des garçons… Je supporte plus les regards qu'ils posent sur elle… Ce n'est plus ma fille seulement une artiste que tu as formaté… Je ne reconnais plus mon bébé". Les mots de son père lui revinrent en mémoire malgré elle, et la blessèrent. Aussi, sans s'en apercevoir, elle commença à pleurer silencieusement, tout en courant. La musique de son ballet préféré passait dans ses oreilles accompagnant ses pensées qui étaient des plus noires. Doucement, elle commença alors à regretter de s'être lancée dans la chanson, d'avoir voulu faire carrière et plus que tout, elle s'en voulait d'avoir déçu son père.

Elle courut ainsi durant une heure, passant devant les pensionnaires sans les voir ou les entendre, trop concentrée sur ses pensées, puis rentra dans sa chambre. La jeune femme posa sa musique et prit une douche, qui lui permit de pleurer réellement, cet amour paternel perdu. L'eau coulait sur son corps, la réchauffant alors qu'elle cachait, une fois de plus ses larmes au monde. Si elle voulait être prise au sérieux, elle devait cacher ses peines et ses faiblesses. C'est ce qu'elle avait toujours cru et depuis qu'elle était connue, personne ne l'avait plus vu pleurer, ou même avec le regard triste. Elle apparaissait toujours joyeuse, pleine de vie, croquant la vie à pleines dents. Elle finit par se reprendre et sortit de la douche, en coupant l'eau. S'enroulant dans sa sortie de bain, elle se sécha puis enfila son pyjama. Un tee-shirt orange trop large, ainsi qu'un petit short blanc. S'asseyant sur son lit, elle regarda le mur devant elle serrant contre elle son oreiller, à défaut de sa peluche porte-bonheur qui lui manquait.

A vingt-deux heures alors qu'elle lâchait son bloc-notes couvert de phrases rayées, son portable sonna et elle décrocha aussitôt.

« - Allô maman. Euh oui ça va et vous ? L'ambiance est moins tendue à la maison. Quoi, s'exclama-t-elle en se figeant. Mais c'est impossible ! Vous étiez censés régler vos problèmes, dit-elle les larmes aux yeux, pas décider de divorcer. Mais attends, c'est précipité comme solution, faut que vous y réfléchissiez. Je sais que vous vous disputez souvent, mais je ne sais pas moi. Allez voir un conseiller conjugal ou un thérapeute, qu'il vous aide à régler les conflits. Si ! Dans la mesure où je ne vais plus voir mon père, je crois que ça me regarde au contraire. Ce n'est pas le sujet ! Il ne sera plus à la maison, le dimanche, en train de lire son journal en mangeant des pancakes. Non, je ne l'accepte pas, cria-t-elle. C'est ça, faites ce que tu veux, c'est toujours comme ça de toute façon !

Sur ce dernier mot, elle raccrocha et éteignit son téléphone avant de s'effondrer sur son lit, pour pleurer, le visage enfouit dans son oreiller. Depuis plusieurs semaines, elle se sentait coupable de cette ambiance, puisqu'à la base de chaque dispute, il y avait une décision à prendre pour elle, aussi entendre de sa mère qu'ils allaient divorcer parce qu'il leur était devenu impossible de vivre sous le même toit anéantit le peu d'espoir qu'elle avait encore.

Le lendemain lorsque son réveil sonna, elle se leva sans entrain et s'habilla machinalement. Elle ne chercha aucunement à sourire et rejoignit le réfectoire dans un silence inquiétant.

« - Bon, j'y vais, je vous retrouve là-bas, soupira Shane, j'ai les crocs !

Aussitôt, il sortit et rejoignit la salle à manger, d'un pas léger. A peine était-il assis que le professeur de chant entra. Il fronça les sourcils en la voyant garder ses lunettes de soleil, et sourit lorsque son oncle la taquina sur son air de diva. Seulement, elle se contenta de hausser les épaules et mangea sans parler. Lainey arriva peu après et lui enleva ses lunettes.

« - Eh bien, t'as les yeux rouges ce matin, t'as pas dormi ou quoi ?

« - Si, mais mal, très mal. D'où les lunettes. Si tu pouvais me les rendre à ce propos, dit-elle d'une voix monocorde. Merci. Bon, bonne journée.

« - Mitchie, tu n'as même pas fini ton petit-déjeuner.

« - Pas grave, j'avais pas vraiment faim. A ce midi.

Elle sortit aussitôt croisant Nate et Jason sans les saluer. Ceux-ci rejoignirent leur ami, l'interrogeant sur ce qu'elle avait mais il haussa les épaules. Il était assis trop loin pour avoir entendu ce qu'ils s'étaient dit à la table des professeurs. Ils firent donc plusieurs pronostics sur les raisons de ce manque de vitalité de sa part, puis rejoignirent le cours dix minutes avant qu'il ne commence. La salle était ouverte mais vide. Seul un mot était accroché à la porte.

« Entrez, j'arrive ! »

Se regardant, ils s'exécutèrent et parlèrent musique faisant de nouveaux pronostics. Non sur ce qu'elle semblait avoir mais sur le cours en lui-même. Leurs camarades arrivèrent peu après et Marc enleva le mot qu'il posa sur le bureau avant de s'asseoir sur son pupitre, pour discuter avec son meilleur ami Stéphane. Seulement deux minutes plus tard, la jeune femme entra et regarda sa montre. Fermant la porte, la jeune femme s'assit à son bureau, chose qu'elle n'avait pas fait la veille. Sur sa tunique vermillon, elle avait rajouté un châle noir en laine. Les bras serrés sur sa poitrine, elle sourit doucement.

« - Bonjour à tous. J'espère que vous avez bien dormi et que vous êtes prêts à travailler votre musique ? Tant mieux, dit-elle doucement après qu'ils eurent tous manifesté leur accord. Alors tout d'abord, on va terminer les impros. Il y a deux ou trois élèves que je n'ai pas entendus hier, et après, on commencera le premier exercice. Bien, j'imagine qu'aucun d'entre vous n'a profité de mon absence pour échauffer sa voix ? Je m'en doutais. Bien, on va commencer par ça alors.

Tout le temps de son petit laïus, elle ne quitta pas son bureau, se contentant de parler doucement. Seulement aucun des élèves ne chercha à la contredire, encore intimidé par sa notoriété. Durant les échauffements, elle resta assise au bureau, les guidant, puis demanda qui n'était pas passé la veille.

« - Penny, commençons par toi.

Elle se leva enfin cédant sa place à son élève, et rejoignit le fond de la classe, les pensées à des miles de ce qu'elle faisait. L'appel de sa mère la veille était encore présent dans son esprit et elle n'arrivait pas à s'en détacher. Elle se força néanmoins à écouter l'élève, puis eut un sourire amusé.

« - Parfait. Question impro, tu frôles le zéro pointé puisque cette chanson est loin d'être une véritable impro, tu l'avais déjà chanté au concours final auquel on a participé, il y aura bientôt trois ans, mais tu as chanté parfaitement juste. Néanmoins la prochaine fois que tu n'as aucune idée, tu me le dis directement, j'apprécie moyennement qu'on me prenne pour une idiote. Tu peux te rasseoir. Bien, il me reste donc Caitlyn et Shane à entendre. Un volontaire ?

« - C'est comme tu veux Lyn, sourit le jeune homme.

« - Alors j'y vais. Honneur aux filles, et tu vas voir ce que c'est que le talent !

« - T'as pas le monopole du talent dans cette salle, rit-il, mais j'attends ma leçon !

« - Allez, allez, on reste concentré. Caitlyn à toi.

La jeune femme acquiesça et chanta sur le thème de ses rêves. Mitchie tenta de se concentrer sur ce qu'elle disait, seulement inexorablement, ses pensées dérivaient à la veille. "Ton père et moi avons beaucoup discuté depuis ton départ et nous en sommes arrivés à la conclusion que nous ne pouvons plus vivre ensemble… Nous allons divorcer… C'est mieux ainsi… Je me doutais que tu ne comprendrais pas mais aimer n'est pas toujours suffisant… On s'est éloignés ces dernières années sans le voir, et nous sommes arrivés à un point de non retour".

Caitlyn termina son impro et attendit le verdict du professeur qui n'eut aucune réaction. Elle avait toujours les sourcils froncés. Regardant ses amis, la jeune femme les interrogea et Jason se racla la gorge, la faisant revenir au présent.

« - Désolée, j'ai décroché, s'excusa-t-elle. Mais pour ce que j'ai entendu, c'est pas mal du tout. Le thème est assez novateur et non rébarbatif. Bravo. Tu peux te rasseoir, et encore une fois, navrée.

« - Aucun problème, répondit-elle en se rasseyant alors que le jeune homme prenait sa place.

Elle le fixa puis lui donna le départ. Celui-ci laissa ses pensées le guider et chanta que s'il en était là, c'était grâce à ses parents. Sans le savoir, il blessa la jeune professeur qui sentit les larmes lui monter aux yeux à mesure de son texte. Quand il termina, elle acquiesça.

« - Pas mal, pas mal, sourit-elle en le rejoignant. Peut-être un peu trop lent, mais pour une impro, c'était plutôt réussi. Bien, je me suis dit que pour aujourd'hui, ce serait agréable si on commençait doucement. Alors je vais vous mettre en duo, le temps d'une chanson. Vous devez tous connaître le duo de TJ Tyler avec Black Pebble ? Parfait, donc on va commencer avec… Nate et… Mademoiselle dont le nom m'échappe encore.

« - Justine.

« - Merci. Donc Nate et Justine. En piste.

Elle retourna s'appuyer dans le fond de la salle et leur demanda s'ils étaient prêts. Quand ce fut bon, elle enclencha la version instrumentale, et ils débutèrent. Seulement la jeune femme partit trop tôt et Tess se moqua d'elle. Soupirant, la jeune professeur coupa la musique.

« - Tess, je te prierais de garder tes commentaires pour toi. Vous êtes tous ici pour apprendre, alors un peu de respect. On recommence. Justine, pour le début, tu me regardes.

Aussitôt la musique reprit et Mitchie écouta. Quand ce fut bon, elle lui donna le top départ et ils commencèrent. A un moment, afin de déterminer s'ils connaissaient réellement le bon air, elle coupa le son leur demandant de continuer. Elle retint un sourire en les entendant aller un peu trop vite mais personne ne s'en aperçu. Remontant le volume, elle les arrêta.

« - Pas mal. Bon, vous allez un peu trop vite mais votre duo a capella reste des plus corrects. Pensez bien à garder le tempo dans votre esprit. C'est très utile si vous devez vous produire un jour sans que ce soit prévu.

Ils retournèrent s'asseoir et elle en désigna deux autres. Une nouvelle fois, elle remit le cd au début et les laissa chanter. Elle les testa également mais décrocha de son cours, une nouvelle fois. Elle entendit son père dire qu'il n'aimait pas ce qu'elle devenait, ainsi que les mots de la veille. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle sursauta quand on l'appela. Les joues ruisselantes, elle coupa la musique et rejoignit son bureau.

« - Retournez vous asseoir tous les deux… J'oubliais, bravo vous étiez déjà plus sur le rythme. Je… Je suis désolée, dit-elle en essuyant ses larmes. Le cours est terminé mais vu que vous avez une heure et demie en plus, je vous demande d'écrire une chanson sur un thème précis. La tristesse. Alors parlez-y de vos peurs, de vos angoisses ce que vous voulez, le but étant d'émouvoir vos camarades demain. Bonne journée.

Sur ces mots, elle quitta la classe rapidement, et rejoignit son bungalow en pleurant.

Pendant ce temps, les élèves se regardèrent incrédules. C'était la première fois qu'on leur donnait un temps déterminé pour écrire un texte, mais plus étonnant encore, habituellement, les professeurs restaient jusqu'à la fin du cours. Les nouveaux sortirent rapidement, plutôt satisfait alors que les anciens se regardaient perplexes. Soupirant, Shane prévint ses amis qu'il allait voir son oncle puis sortit à son tour. Quelques secondes plus tard, il frappa à la porte du bureau.

« - Shane, s'étonna son oncle. Tu t'es fait renvoyer ? Il n'est que huit heures et demie, tu devrais être en cours.

« - Ouais mais Mitchie est partie d'un coup en pleurs. Elle nous a donné quartier libre, donc je voulais te prévenir. On peut réellement quitter la salle ou non ?

« - Oui, oui c'est bon. Je vais voir ce qu'a votre professeur.

Sur ces mots, ils partirent, chacun de leur côté même si le jeune homme s'interrogeait sur la brunette. Elle lui paraissait vraiment triste et il maudit le règlement du camp et surtout la surveillance dont il faisait visiblement l'objet. Il aurait aimé la consoler mais il n'était pas sûr que son oncle serait d'accord. Soupirant, il rejoignit le ponton, et planta ses yeux dans le lac, pour essayer de comprendre seul, ce qu'il se passait.

Et voilà, pour aujourd'hui, c'est terminé, mais j'espère que ça vous a plu. Moi, j'avoue, faire un Shane timide et maladroit devant Mitchie m'a fait beaucoup rire. Quel bafouillage en règle ! ^^ Et aussi le moment que Mitchie passe seule dans sa barque. J'avoue que je reconnais très bien (sauf que je pars pas à la dérive sur un lac mais bon) A la semaine prochaine !

Miss Tagada (L)