MERCI d'être aussi nombreux(ses) à passer par ici, ça me fait TRES plaisir ! (J'ai un peu halluciné en voyant le nombre de visites en une semaine, je ne m'attendais pas à cela)
Bonne lecture =)
Chapitre 4 : Révélations
Si Bilbon est à Fondcombe, c'est que Frodon doit avoir récupéré l'anneau. L'histoire se met en marche.
Les yeux d'Elrond se rétrécissent, ils me scrutent. J'ai l'impression que l'elfe tente de lire dans mes pensées, de deviner ce qui me terrifie. Je baisse les yeux, et mon regard est attiré par le reflet rouge sang de la bague. Je dois rentrer chez moi. Si j'ai bien appris une chose dans la vie, c'est que rien est gratuit. Si Elrond veut des informations, nous allons devoir les négocier.
- Si... dis-je hésitante, si je vous révèle certains points, vous m'aiderez ? Vous répondrez à mes questions ? Ce serait une sorte de... d'échanges. Vous m'aidez à rentrer chez moi et je vous aide pour ce... toute cette histoire.
Je relève la tête et attend la réponse de l'Elfe. Devant son expression impassible, je commence à douter.
- Cela me semble raisonnable, dit-il enfin. Je vous écoute.
- Ok... Alors... Bilbon n'est plus en possession de l'Anneau, depuis son anniversaire, dis-je lentement. Il l'a légué à son neveu à la demande de Gandalf. Il sera convenu qu'il doit être détruit. Une communauté sera formée, ici, à Fondcombe afin de le conduire à la Montagne du Destin. Voilà. Je me suis efforcée de répondre à vos questions... Alors maintenant qu'en est-il pour moi ?
- Au deuxième âge du monde de jadis, les anneaux de puissance furent forgés. Sauron enjôla les forgerons elfes d'Eregion, car en ce temps-là il n'était pas encore mauvais d'apparence. Tandis qu'il apprenait tous leurs secrets et que les anneaux de pouvoir étaient fabriqués, Sauron forgea secrètement dans la Montagne de Feu l'Anneau Unique pour être leur maître. Mais Celebrimbor l'avait percé à jour, et il cacha les trois qu'il avait fabriqué, Nenya, Vilya, me dit Elrond en m'indiquant sur son propre doigt un anneau orné d'un saphir, et Narya, pour que jamais Sauron ne puissent les contrôler. Vous n'avez donc rien à craindre, Anna, de l'anneau de feu. Votre venue en Terre du Milieu n'est pas l'œuvre de l'ombre. Au contraire, les anneaux elfiques ont un pouvoir de résistance et de protection contre les ténèbres. Si Narya vous a fait venir jusqu'ici, c'est sans aucun doute dans ce but.
Je n'ai strictement rien compris. Le ton d'Elrond était si solennel que je ne sais pas quoi dire. Mes yeux sont rivés sur le rubis de Narya.
- J'ai juste trouvé cette bague dans la forêt. C'est du pur hasard. Pitié, renvoyez-moi chez moi !
- Malheureusement, je ne dispose d'aucun moyen, d'aucun pouvoir qui puisse vous aider.
- Mais ma famille va me chercher ! La police doit déjà être sur le coup ! Dis-je en hurlant.
Je ne me suis pas rendu compte que je me suis levée en criant. A présent, debout devant l'elfe, les poings fermement ancrés sur la table, je ne sais plus quoi dire. Gênée, je me rassois en faisant grincer la chaise au passage. Un long silence s'ensuit durant lequel on entend que ma respiration saccadée. Le regard du seigneur elfe est braqué sur moi. Dans ses yeux, je vois passer une brève lueur de pitié.
- Pourquoi moi ? Dis-je dans un murmure. Je n'ai rien demandé...
- Vous connaissez l'histoire et l'avenir...
- Tout comme des milliers de gens ! Je ne suis pas la seule ! Dis-je en le coupant sèchement. Si je vous dit ce qu'il va se passer, il me laissera surement rentrer chez moi ! Non ?..
- Hélas, vous ne pouvez pas me révéler vos savoirs. Cela pourrait influencer certaines décisions et, à terme, changer l'avenir. En voulant faire le bien, nos actes pourraient au contraire faire basculer le monde dans les ténèbres. Vous devez garder secret ce que vous savez. Mais, comme je vous l'ai dit, votre venue ici ne relève pas du hasard, et vous aurez un rôle à jouer dans cette histoire, je peux le pressentir. Nous rencontrerons le magicien blanc, lui seul pourrait peut-être nous éclairer sur votre cas.
Gandalf oui ! Le magicien doit bien avoir le pouvoir de me ramener chez moi. Dans ma tête se dessine la silhouette du vieil homme, enveloppé dans sa cape grise... Grise ?
Mais attendez une minute...
- Le magicien blanc ? Saroumane ?!
- Cela est exact, Sarouma...
- Surtout pas !
Le regard d'Elrond me transperce. Dois-je lui dire ?
- Saroumane est devenu le bras droit de Sauron.
- Ce sont des accusations très grave que vous portez là...
- C'est la vérité ! Gandalf pourra le confirmer quand il viendra ici. Saroumane va créer une armée en Isengard.
- Si vos dires sont vrais, alors le mal s'est répandu plus loin que je ne l'avais cru, et la guerre est plus proche de nous.
Sa déclaration est suivie d'un long silence. Puis il finit par se lever et j'en fais de même.
- A présent, il me faut convoquer un Conseil qui déterminera notre destin à tous.
De son bras tendu, il m'invite à emprunter la passerelle. Nous marchons côte à côte. Le silence qui règne est solennel. Je suis plongée dans mes pensées et je me sens submergée par la vague d'informations que j'ai reçu. A mon avis, c'est aussi le cas pour l'elfe. Nous descendons les marches de l'escalier, et avant que j'ai le temps de m'en rendre compte, trop absorbé dans ma réflexion, nous somme devant la porte de ma chambre. L'elfe s'arrête et s'adresse à moi :
- Vous êtes une invitée de Fondcombe, Anna Auffret, considérez-vous donc comme libre en ces lieux.
- Merci, dis-je avant d'ajouter un timide : Seigneur Elrond.
J'ai passé le reste de l'après-midi dans ma chambre, n'osant pas sortir, reprenant sans cesse à ma conversation avec Elrond. Je réalise peu à peu que tout cela est bien réel. Alors que je pense mourir d'ennui, des coups légers retentissent de nouveau à ma porte. Je suis vautrée en travers du lit, et me lève rapidement. La porte s'ouvre sur à nouveau sur la jeune elfe. Enfin qui paraît jeune, mais je me doute qu'elle doit avoir une centaine d'années. Comme plus tôt dans la journée, elle m'indique de la suivre, ce que je m'empresse de faire, ravie de quitter ma chambre qui commençait à devenir étouffante.
- Comment est-ce que vous vous appelez ? Dis-je alors tandis que nous parcourons le long couloir.
- Ilmarë, me répond-elle d'une musicale.
- Où est-ce qu'on va ?
- Aux bains, dit-elle en souriant.
C'est vrai que je me sens quelque peu honteuse de mon apparence, sa réponse est un soulagement. Le couloir débouche sur un vaste hall, et je suis l'elfe à travers un escalier de pierres blanches immaculées.. Nous arrivons au niveau inférieur et Ilmarë me conduit jusqu'à une porte en bois, semblable à celle de ma chambre. Elle l'ouvre et me laisse entrer d'abord. La stupéfaction m'envahit à la découverte de la pièce. Le bruit d'une cascade résonne. En face de moi, des arcades semblables à celle de ma chambre délimitent l'espace intérieur. Mais entre les arcades centrale, le sol en dalles de pierres polies s'arrêtent pour laisser place à une baignoire creuser à même le sol.
Une baignoire ? Mais c'est presque une piscine !
A côté sont posés sur un plateau d'argent une cruche et des sortes de savons. Ilmarë dépose le linge qu'elle tient toujours sur une chaise de bois.
- Je vous laisse, il y a tout ce qu'il vous faut. Voici des vêtements propres, dit-elle en m'indiquant le linge. Je serais de retour dans une heure.
Je lui fait un signe de tête en souriant. Une fois seule, je m'approche des arcades. La vue ne donne pas sur la vallée, mais sur le flanc de la falaise.
Au moins personne ne pourra me voir toute nue.
Après quelques hésitations, je me déshabille, non sans grimacer à la vue des nombreux bleus qui couvrent ma peau blanche.
Le camping sauvage n'a jamais été mon truc...
Laissant mes vêtements à même le sol, je m'assied au bord de la baignoire. J'y trempe d'abord mes orteils. L'eau n'est pas très chaude, mais je ferai avec. Prenant mon courage à deux mains, j'entre en entier dedans. En m'asseyant au fond, l'eau m'arrive au niveau des épaules. Je bascule ma tête en arrière, ferme les yeux et profite de ce moment. Tous mes muscles se détendent. C'est alors que je sens un léger courant dans l'eau. J'ouvre un oeil, puis le second et remarque au bout de la baignoire que l'eau s'échappe vers l'extérieur par un léger creux dans la pierre. Sur le côté opposé, une sorte de rigole métallique gravée de motifs elfiques approvisionne la baignoire en eau de la cascade.
Astucieux ces elfes !
Après m'être séchée et enroulée dans un drap, je me dirige vers les soit-disant vêtements que m'a donné Ilmarë. Mes doigts effleurent le tissu en velour avant de le déplier. C'est une robe, d'un bleue aussi profond que la nuit. A côté se trouve une ceinture de feuilles ouvrées en argent. Il n'y a rien d'autres. Frissonnant, j'enfile la robe sans tarder. Ses manches évasées recouvrent mes bras. Elle est un peu trop longue pour moi.
Je n'ai pas vraiment le gabarit des elfes...
J' accroche ensuite la ceinture autour de ma taille et la laisse reposer sur mes hanches. Je me sens comme une princesse du Moyen-âge tout à coup. Puis j'attache mes cheveux encore bien humides en chignon. Après avoir rassemblé mes vêtements sales, je quitte la pièce. Ilmarë est déjà là, assise sur un banc et son regard croise tout de suite le mien. Après s'être levée, elle me prend mes vêtements sales des mains et nous nous dirigeons vers ma chambre. Nous repassons dans le couloir aux tapisseries, sur lesquelles mon regard s'attarde à nouveau. L'une d'entre elles attire particulièrement mon attention. Je m'arrête pour la contempler, et entend qu'Ilmarë en fait de même.
Une elfe aux cheveux blonds, presque blancs est représentée regardant mélancoliquement la mer. Elle est magnifique.
- Qui est-ce ?
- C'est Nimrodel, vierge elfique de la Lorien.
- Elle paraît si triste.
- Elle attend le retour d'Amroth, roi des elfes de jadis, parti en mer vers l'Ouest. Mais jamais il n'est revenu.
- Et qu'est-elle devenue ?
Ilmarë tourne ses yeux tristes vers moi.
- Elle est morte de chagrin. Son esprit veille à présent sur les bois de la Lothorien.
A présent la nuit commence à tomber et je suis seule dans mon lit. Lorsque je suis revenue un peu plus tôt, j'ai eu l'agréable surprise de constater que mon sac et mes affaires avaient été déposés dans la chambre. L'écran de mon portable illumine la pièce plongée dans la pénombre. Je regarde une nouvelle fois mes photos. Jack me manque terriblement. J'aimerais tant qu'il soit ici, avec moi... Non, pour être exacte, j'aimerais plutôt être à Paris, avec lui. Une larme s'échappe du coin de mon œil et s'écrase sur l'oreiller. J'éteins mon portable avant de le poser à côté de moi. Autant économiser la batterie qu'il me reste. L'atmosphère est chaude, et le son de l'eau vive des cascades retentit dans ma chambre. Nous sommes en automne, mais le soir est empli d'une légère senteur d'arbre et de fleurs, comme si l'été s'attardait encore à Fondcombe. Il est difficile de croire que tant de malheurs vont bientôt déferler sur la Terre du Milieu.
Fin du chapitre.
Voilà, un petit chapitre qui fixe un peu mieux le contexte de l'histoire et la découverte de la cité elfique. De nouvelles rencontres sont prévues pour Anna dans la suite ! Des idées sur leur identités ?
Bisous tout le monde (et à très vite) !
