Tout d'abord, merci pour les reviews, ça m'a fait super plaisir.
J'ai enfin fais un plan pour cette fic à l'arrachée, elle comptera 8 chapitres avec un épilogue et /normalement/je le DOIS/j'espère/ en publier la totalité avant Septembre car à partir de ce moment-là, je serais super occupée et j'ai pas envie d'attendre encore 6 mois avant de publier la suite...
J'espère que ce chapitre vous plaira ! Bonne lecture !
Disclaimer : Je suis toujours pauvre. Avec beaucoup d'imagination, certes, mais pauvre.
Fraises-chantilly : angst et girouetteSAM!, not even sorry, et du revenge-porn (bon, c'est pas trop méchant non plus).
Chapitre 4 - My whole existence is flawed (mon entière existence est imparfaite)
C'était peut-être l'odeur de thé, agrémentée d'une touche de miel, qui l'accompagnait dans la chaleur du soir et avec laquelle il se réveillait au petit matin. Ou peut-être cet éclat étrange, hypnotique, dans Ses cheveux blonds. Sam n'avait jamais pu mettre le doigt dessus. Il s'en fichait, car Elle effaçait de sa simple présence des années de doutes et de frustrations. Le jeune homme se blottit un peu plus dans la chaleur réconfortante et familière. Son rire avait fait disparaître les derniers mots de son propre père, blessants et haineux. John n'était pas la figure paternelle modèle, pas que cela soit particulièrement ce que Sam avait recherché. Le cadet des Winchester avait rapidement -et douloureusement- compris qu'aucun père n'était parfait, après tout. Peut-être qu'il y avait une sorte de nostalgie, peut-être que lui aussi aurait aimé que son père ait été un héros à un moment de l'histoire. Le genre de père auquel on aurait voulu ressembler. Pas le genre de père que l'on fuyait à l'autre bout du pays.
« Sam. » chantonna Sa voix familière et le susnommé laissa ses sombres pensées s'évaporer dans les intonations aimantes.
« Je suis fière de toi, Sam. »
« Tu as fais de ton mieux, c'est tout ce que j'aurais pu désirer. »
« Prends soin de toi. »
Sam ouvrit lentement les yeux, s'imprégnant de son environnement avant de s'assoir sur son lit. Cela faisait une semaine qu'il rêvait de Jessica sans vraiment la voir. Ces nuits étranges ne lui laissaient qu'une sensation d'apaisement.
Était-ce un simple rêve ou une manifestation de Gabriel ? Le cadet des Winchester avait pensé en parler à l'Archange, sans vraiment savoir comment aborder le sujet. Jessica restait un sujet extrêmement sensible pour lui. En même temps, c'était comme s'il voulait garder pour lui seul le souvenir de ces maigres moments partagés avec Elle, presque égoïstement mais avec une certaine révérence. Un bijou que l'on chéri, une photo jaunie que l'on emporte partout avec soit, cette absence que l'on oublie jamais vraiment ... Une part de lui espérait qu'il s'agissait de la vraie Jessica, venant lui montrer que là où Elle était désormais, rien ne pourrait jamais plus La blesser. Le jeune homme soupira, se décidant à passer à autre chose jusqu'à la nuit prochaine, et son regard fouilla la chambre à la recherche du moindre indice de la présence du Messager, sans succès.
Gabriel et lui avaient dormi ensemble deux semaines auparavant.
Dean avait été hors de lui.
Castiel avait été bien embêté : « Pourquoi je ne peux pas dormir avec toi lorsque Sam est là, alors que Gabriel dort avec Sam lorsque tu es là ? ».
Sam avait failli se boucher avec sa nourriture tant il avait voulu rire devant la tête mortifère de son frère.
Gabriel, à ses côtés, semblait profiter du spectacle comme jamais.
La semaine qui avait suivie, l'Archange avait fait savoir à qui voulait l'entendre -et de façon sonore, Sam avait voulu l'étriper- qu'il ne quitterait pas son Winchester favori -dixit lui-même- lorsque celui-ci se déciderait à aller visiter le Pays des Rêves, au grand dam de ce dernier qui ne comprenait pas les motivations de l'Être Céleste. Mais, comme d'accoutumé avec Gabriel, lui refuser quoique ce soit était totalement inutile, en plus d'être une perte de temps et d'énergie. Et Sam ne se voyait pas gesticuler dans tous les sens pour refuser Gabriel dans son lit –il tenait à sa dignité et imaginait très bien la tête satisfaite et les moqueries à peine voilées de Dean s'il le voyait aboyer après Gabe puis se soumettre à la volonté de ce dernier- , alors autant céder au caprice de l'Archange dès le départ pour s'épargner une -minime- partie des désagréments (Archange qui n'en avait pas encore profité, d'ailleurs, si bien que le plus jeune des Winchester craignait le pire pour sa vie). Sam avait espéré que cela lui passerait. Comme le reste.
Comme cette chose entre eux. Encore trop fragile pour être nommée –pouvait-elle seulement être nommée ?- Pour exister.
Il serra les dents. C'était de la folie. De la pure Folie.
XoXoXoXoXo
Une fois prêt, Sam sortit de sa chambre et en verrouilla la porte, se faisant vaguement la réflexion que ce motel était un peu moins pourri que les autres. Il se retourna dans l'intention de se rendre dans la salle à manger du rez-de-chaussée pour retrouver son goinfre de frère aîné lorsqu'il tomba nez-à-nez avec Gabriel. Ce dernier leva le menton vers lui et la bouche du brun s'assécha. Il se sentit pris au piège. Les yeux du Messager passèrent des siens à ses lèvres avant de remonter de nouveau à son regard, inquisiteurs. L'Archange haussa un sourcil, une main se glissant sur la hanche du chasseur, et Sam serra les dents. Soudainement, cette proximité écrasante lui donnait envie de s'éloigner. Parce qu'il ne savait pas. Plus. Sa vie n'était pas facile. Les morts s'amoncelaient derrière ses pas. Pouvait-il encore engager quelqu'un ? Gabriel n'avait-il pas assez donné ? Il était de leur côté après tout. N'était-ce pas suffisant ? Que se passerait-il si ce quelque chose entre eux grandissait et qu'il perdait Gabriel ? S'il se laissait à l'aimer pour le perdre ?
« Sam. »
Contemplant quelques instants le visage ouvert du blond, traçant dans son esprit la courbe de ses lèvres, le jeune homme sut qu'il était littéralement dans une merde noire. Le plus jeune des Winchester se pencha vers l'Archange, ses mains prenant son visage en coupe, avec un je-ne-sais-quoi trahissant son attachement, son... trop grand intérêt . Le brun respira l'odeur de son vis-à-vis et Dean déboula dans son champ de vision derrière Gabriel, forçant Sam à se redresser pour saluer son frère. L'aîné des Winchester fit la moue, l'expression malicieuse de son visage montrait qu'il était très fier de les avoir interrompus. Et Sam ne put savoir s'il lui en était reconnaissant ou s'il était prêt à le maudire.
XoXoXoXoXo
Sam apparaissait bien souvent comme le gros nounours de la Team Free Will. Il était réfléchi mais déterminé. Et profondément attaché à son frère et à la petite famille qu'ils avaient tenté de construire autour d'eux. Mais la réalité voulait aussi que Sam soit un volcan toujours près à exploser...
C'était une chasse à la goule qui avait failli mal se terminer. Gabriel, dans un accès de colère, avait littéralement cramé les environs. Dean s'en sortait avec quelques côtés cassés et les cheveux roussis. Et Sam sut que quelque chose clochait quand le Messager ne fit pas de commentaires odieux, et sur l'aspect, et sur l'odeur abominable que dégageait son frère aîné.
Dean était allé chercher à manger dans une station service, entraînant un Castiel clopinant derrière lui, quand Gabriel lâcha la bombe.
« Je ne suis pas un « gentil », Sammy. Je ne suis pas là pour te sauver. Ni Dean . Ni Cassie. »
Sa voix était étonnamment claire. Son ton était calme et mesuré, complètement détaché de la situation.
C'était un constat. Qui tombait au beau milieu d'un silence pourtant confortable.
Bizarrement, c'était exactement le genre de situation que Sam attendait pour vider sa frustration.
Contre Dean. Contre Castiel. Contre leurs vies de merde. Contre Gabriel et surtout, contre lui-même. Contre ses sentiments stupides qu'il n'arrivait pas à refréner. Son désir. Son besoin d'avoir le nez dans le cou du Messager, celui de simplement exister auprès de lui. Son affection à peine voilée. Son admiration, aussi, sans doute. Sam était fasciné par Gabriel. Toujours et volontairement happé par les perles joueuses de ces yeux. Intoxiqué par son odeur. Hypnotisé par les mouvements de son corps. Obnubilé par le grain de sa peau. Convoitant l'étau de ses bras, plus courts que les siens, plus forts que les siens. Gabriel ne souffrait aucune comparaison avec ces précédentes conquêtes. Pas même avec Jessica, songea-t-il, amer. C'était pourtant si différent... Ce qui l'avait attiré et l'attirait toujours chez Jess et ce qui lui faisait tourner la tête chez Gabriel.
Le jeune homme sentit son estomac se serrer. Bordel, il chassait des monstres, la jolie fin heureuse n'était pas pour lui, bien qu'il en eût rêvé. Et avec un Archange, par-dessus le marché. Il leva les yeux vers Gabriel qui haussa un sourcil, provocant. Et Sam eut une envie subite de le secouer, de faire en sorte que son sourire suffisant disparaisse, de lui faire avouer la raison pour laquelle il le tourmentait. Ils avaient une relation saine, avant, et il avait suffit d'un léger dérapage pour que tout se casse la gueule.
« Dans ce cas... Pourquoi ? » siffla le chasseur, les sourcils froncés, son calme commençant à se craqueler au profit d'une colère sourde.
Pourquoi t'être joint à nous. Pourquoi rester. Pourquoi être venu. Pourquoi nous avoir sauvé.
Pourquoi te rapprocher de moi ?
Gabriel lui jeta un regard sans équivoque et Sam se sentit soufflé par sa puissance. Pourtant, cela ne fit que raviver sa hargne. L'atmosphère devenait électrique, chargée de non-dits, de blessures encore béantes malgré les années et d'un peu de lumière.
D'un mouvement brusque, Sam épingla Gabriel au siège, sous lui. L'expression de l'Archange resta lisse -agaçant le brun plus qu'il ne l'était déjà- et il laissa le plus jeune le dominer. Le corps tendu au-dessus du sien, le cadet des Winchester savait que son agitation était monstrueusement visible. Il ne fit rien pour se calmer. Il était bien trop furieux. Son regard glacé se ficha dans celui de son vis-à-vis avant qu'il ne se glisse entre les cuisses d'un Gabriel dont l'attitude le défiait.
Les yeux plongés dans ceux face à lui, serrant les poignets de l'Être Céleste à s'en faire mal, Sam laissa la main à ses instincts, frottant douloureusement son corps contre celui de son captif. Fort, désordonné, silencieux à l'exception de leurs souffles erratiques. Le plus jeune des Winchester se pencha dans le cou de son vis-à-vis, mordant furieusement la peau dorée. Ce n'était pas assez. Il fallait le son. Les murmures de Gabriel, le son de leurs peaux claquant l'une contre l'autre. Frénétique, punitif.
Prendre le Messager par derrière dans une putain de station-service. Merde.
Sam remonta au visage de Gabriel pour mordiller sa lèvre inférieure, ses mains libérèrent les poignets pour aller ouvrir à la va-vite la chemise de l'Archange et ensuite remonter le tee-shirt jusque sous son cou, brusque, agressif, hors de contrôle. Le chasseur se recula comme il pu, parcourant le torse doux de sa bouche, suçant la peau çà et là, s'attardant sur la poitrine de Gabriel, titillant ses flans et mordillant les tétons dressés pendant que ses doigts emprisonnaient les fesses rondes avec empressement et rudesse. Sam claqua des dents sur l'épiderme lisse, faisant geindre son vis-à-vis qui s'arqua soudainement. Il arriva enfin à la forme volumineuse sous le tissu du pantalon du Messager et se mit à en suivre le contour de sa langue, à travers le vêtement, appuyant suffisamment pour que Gabriel sente la chaleur et l'humidité de sa bouche à travers la toile.
D'un geste habile, Sam ouvrit la braguette du pantalon et haussa un sourcil en avisant l'absence de sous-vêtements. Il sentit l'eau lui monter à la bouche, imaginant les sensations que son vis-à-vis avait du ressentir, le tissu rêche du vêtement frottant contre le sexe délicieusement bombé. Mû d'une pulsion soudaine, Sam se pencha sur la tête écumante, y passant une langue impatiente. Gabriel frémit mais resta immobile et le chasseur se mit à laper le membre turgescent sans pitié, évitant le gland, dévorant la base puis aspirant goulument les boules pleines. Il se redressa à peine pour avaler le membre aussi loin que sa gorge le lui permettait, Gabriel eut quelques spasmes sous l'assaut et Sam l'entendit presque se boucher avec sa salive. Satisfait, il creusa les joues pour accueillir la hampe entière, y allant doucement pour ne pas se blesser. Le brun joua de sa langue pour coller le gland à son palais et se mit à suçoter la queue de Gabriel entre deux mouvements de va-et-vient rageurs, profonds dans sa gorge qui le firent presque s'étouffer. Mais il continua de pomper, implacable, sentant Gabriel trembler sous lui, la respiration hachée et lourde. Sam sentit le gout du sperme dans sa bouche et serra fort la base du sexe, le Messager se mit à gémir, ondulant des hanche pour atteindre une délivrance que le cadet des Winchester n'était pas prêt de lui offrir. Bloquant la queue dans sa main, le plus jeune se remit à jouer de sa langue sur le bout sensible, couvert de précum et prêt à exploser.
« Sam… » supplia l'Archange qui se tortillait sur le siège de l'impala, dans une invite muette.
Le susnommé passa sa langue sur le gland, traçant un cercle, jouant du plat de la langue sur les côtés avant d'appuyer sur le frein avec le bout de son muscle pour ensuite le faire remonter sur l'urètre, alternant les pressions, rendant fou Gabriel. Sam plaça sa langue contre la fente de la queue de son vis-à-vis et y asséna quelques coups punitifs avant d'appuyer fermement le bout pointu de sa langue sur l'urètre, recueillant quelques gouttes translucides.
Le Messager poussa un râle qui se transforma en soupir, mais se tint immobile et offert, complètement débraillé et Sam glué à sa peau, le besognant de sa bouche. Et, bon Dieu, la seule idée qu'il avait la tête entre les cuisses de l'Archange de l'Annonciation faillit le faire venir dans son propre pantalon, déjà bien malmené. Le cadet des Winchester n'était pas un maniaque du contrôle, mais voir Gabriel à sa merci le rendait complètement et brutalement dingue. La mélasse brûlante dans son ventre l'empêchait de respirer convenablement, sa rage et son désir se mélangeant, battant dans ses veines. Féroces et incontrôlés. Il voulu lui faire mal. Que ce corps porte sa marque, quelque part, n'importe où. Peut importe comment. C'était l'envie de lui hurler au visage et de lui dévorer la bouche. De mordre sa langue et de le faire jouir. Et c'était l'autre raison, celle qui lui faisait peur. Celle qui effacerait Jessica de son cœur : L'envie de faire l'amour. Là, sur le siège arrière de l'impala. Couvrir Gabriel de baisers, lui écarter les cuisses, et se laisser brûler. Il serra les dents. C'était pas le moment, putain. Mais Gabriel saisit le col de sa chemise et le tira à lui, pour que leurs visages soient face-à-face, et Sam se rappela que Gabriel était « le » Gabriel, celui qui pouvait le pulvériser.
Celui qui l'avait sauvé à peine quelques heures auparavant. Gabriel qui avait voulu paresser toute la journée en mangeant un pot de glace Ben & Jerry's, Gabriel qu'il avait appelé en panique lorsque Castiel s'était fait éjecter avec aisance par leur ennemi et que Dean avait volé ensuite, comme un pantin désarticulé. Gabriel, son expression presque terrifiée quand il l'avait vu. Et cette colère toute divine qui avait fait exploser toutes les fenêtres et trembler les murs avant qu'il ne soit forcé à fermer les yeux.
Et la connexion se fit.
Et Sam se sentit stupide. Et tout petit.
Gabriel qui affirmait qu'il ne les sauverait jamais, mais qui avait tremblé comme une feuille en faisant les soins après les avoir débarrassés des monstres.
Sam se sentit très très con. Très honteux de chercher la moindre excuse pour en vouloir à Gabriel de le faire tomber peu à peu amoureux de lui. Il détailla rapidement le visage rougi de son vis-à-vis, avant de coller son front au sien. Sam s'humidifia les lèvres, cherchant ses mots.
« Je serai plus prudent. »
Il lui embrassa le front, tentant de lui faire passer ses excuses dans ce geste, ne sachant pas quoi ajouter, espérant que cela suffirait. Le plus jeune des Winchester fit glisser ses doigts dans les cheveux de l'Archange, bien décidé à l'embrasser quand il entendit des coups frénétiques à la vitre. Cette fois, il allait étrangler Dean. Sam se redressa, regard noir et bitch face n°35 –ferme-ta-gueule-espèce-de-casse-couille en place… Pour se retrouver nez-à-nez avec un officier de police.
Et Merde.
XoXoXoX
Sam se passa la main sur le visage d'un geste las. Face à lui, Dean jetait des œillades clairement condescendantes – ce con était mentalement hilare, Sam le savait - à Gabriel, qui l'ignorait royalement bien qu'il était aisé de remarquer que le Messager semblait… contrarié. Leurs regards se rencontrèrent et s'accrochèrent brièvement. Je veux t'embrasser. Le jeune homme avala de travers, fuyant soudainement les yeux d'or.
« Je vais me coucher. » affirma-t-il, d'un voix monocorde, en se mettant en route.
Il n'attendit pas de réponse et claqua la porte de la chambre de Dean et Castiel.
Aussitôt qu'il fut dans sa propre chambre, il fila droit à la salle de bain afin de se préparer pour la nuit. Cette journée avait été interminable et le jeune homme était bien content qu'elle arrive enfin à son terme. Il croisa son regard dans le miroir de la salle de bain alors qu'il se brossait les dents et se sentit mal à l'aise. C'était ce corps -son corps- qui avait dominé celui de l'Archange un peu plus tôt. Cette bouche qui lui avait donné du plaisir. Ces yeux qui avaient dévoré l'abandon du Messager. De Gabriel. Ce Gabriel. Celui qui l'avait laissé faire. Celui qu'il voulait. Maintenant que ses émotions étaient retombées, Sam y voyait plus clair. Ces élans de possessivité, couplés à son envie d'avoir une vie stable, de faire de Gabriel son point d'ancrage. Celui que Jessica aurait pu être si les circonstances l'avaient permises. Le cadet des Winchester se rinça et s'essuya le visage, s'observant encore un peu en réfléchissant. Une fois propre, il sortit de la salle d'eau.
Gabriel était assis sur son lit. Une expression étrange jouant sur son visage. Sam prit une profonde inspiration, puis se rapprocha de lui. Je meurs d'envie de t'embrasser. Fort. Un sourire naquit sur les lèvres si fines de l'Archange, hypnotique. Le chasseur s'agenouilla devant le Messager, entre ses jambes, en silence. Ses mains saisirent délicatement le visage de Gabriel et ses pouces caressèrent les joues chaudes. Ai-je le droit d'y songer ? De vouloir être heureux avec toi ? Le cadet des Winchester avait l'impression que ses pensées lui brûlaient jusqu'à la rétine. L'Archange posa ses mains sur celles de Sam. Ils restèrent ainsi un moment, se regardant simplement. L'Être Céleste se releva ensuite. Sam allait ouvrir la bouche mais son interlocuteur fut plus rapide que lui :
« Fais de beaux rêves, Sam. »
Et c'était là. L'odeur de miel, l'atmosphère du rêve. L'ombre de Jess. La familiarité.
Cette étrange impression que Gabriel était lié à ces apparitions.
« Gabe. » Le surnom était toujours inhabituel sous sa langue. « Est-ce que tu as quelque chose à voir avec mes rêves ? »
L'Archange resta silencieux. Ces yeux d'or luisant presque dans la pénombre. Hésitait-il ou est-ce qu'il pensait que le silence répondait mieux à Sam que toutes les explications qu'il pourrait lui donner ? Le Messager resta debout, immobile et Sam se demanda ce qu'il devait en penser.
Était-ce une manipulation pour le mettre plus vite dans son lit ?
Était-ce pour le rassurer ?
D'une certaine manière, Gabriel avait outrepassé ses droits et avait pénétré son intimité. S'infiltrant dans ses rêves, remplissant tout. Il avait prit de force un droit de regard sur le passé tourmenté de Sam, sur ses blessures les plus douloureuses, sur sa vulnérabilité. Et Sam, en contre partie, n'avait rien reçu. Gabriel ne se confiait pas. Il prenait, s'appropriait, possédait. Même si Sam crevait de lui appartenir, la pensée du danger de sa condition et la tendance du Messager à la fuite posaient de sérieux barrages à la réalisation de ses fantasmes.
Mais d'un autre côté… Il y avait une impression de sincérité derrière ses rêves. Sam ne s'était pas senti aussi bien depuis longtemps. Était-ce les mots de "Jessica" ou ceux de "Gabriel" ? Il sentit son cœur se gonfler. Du quel était ses mots qui le guérissaient doucement ?
Et surtout, son ressenti du moment supplantait le reste : il n'était absolument pas offensé. Il devrait. Mais il s'agissait de Gabriel et de sa logique tellement bizarre. Gabriel les avait sauvé. Pas seulement aujourd'hui, d'ailleurs. Sam fronça les sourcils. Gabriel, pourtant si volubile quant à ses exploits en tant que Loki semblait devenir très pudique lorsqu'il s'agissait des fois où il leur sauvait la mise. D'ordinaire, l'Archange leur balançait un sarcasme ou une remarque un peu méchante, histoire que Dean et lui comprennent bien qu'ils avaient merdé, et ils passaient tous à autres choses, pourtant le Messager revenait la nuit pour vérifier que tout allait bien -Sam l'avait surpris une fois, Castiel avait innocemment affirmé que c'était devenu un rituel étrange de l'Archange-, il semblait les observer d'une façon étrange parfois, son regard doré passant presque à travers eux avec quelque chose de douloureux tapi au fond de ses prunelles. Sam commençait à décrypter les silences, les regards vagues, la mélancolie latente. Ce côté de Gabriel qui le faisait flancher complètement, qui lui donnait envie de le prendre dans ses bras et de le rendre heureux.
Le brun secoua la tête et observa Gabriel. La ligne droite de ses épaules tendues qu'il adorait embrasser, le creux accueillant de son cou. Le cadet des Winchester soupira, il avait besoin de repos, si bien qu'il prit place dans son lit et s'enroula dans les couvertures, se demandant si son vis-à-vis allait le rejoindre ou non. Il entendit la porte s'ouvrit puis se refermer. La lumière du couloir resta un moment allumée, Samuel resta ainsi, les yeux fixés sur la bande dorée sous la porte. Les pas de Gabriel se firent entendre, étrangement lourds et lointains. Sam s'endormit, la cadence des pas le berçant.
Peut-être aurait-il dû préciser à l'Archange qu'il ne lui en voulait pas… ?
Fin du chapitre 4
