Hello tout le monde !

Le troisième chapitre de cette fanfiction sur Zelda est sorti, j'espère qu'il vous plaira =)

Je tiens à remercier Kyara17 qui a fait le choix de me suivre. Ça me fait très plaisir, merci ^^

Toi aussi, cher lecteur, n'hésite pas à me rejoindre et à commenter cette histoire.

Bref, sans plus tarder, voici le chapitre !

Je tiens à préciser que le monde et les personnages de Zelda appartiennent entièrement à Nintendo, seul ce que j'en fais n'appartiens qu'à mon imagination.

Bonne lecture !


Chapitre III

Le ranch

Le zénith commençait à s'éclaircir. Au loin, le soleil se levait à peine, répandant ses couleurs chatoyantes sur le manteau nocturne. Tout en douceur, la plaine d'Hyrule se réveillait. Seul un enfant arpentait les chemins déserts de la plaine, suivit de près par son amie fée. Il courait depuis assez longtemps dans la direction opposé du château. Le murmure paisible du vent soufflant dans les herbes fraîches, fleurant une odeur agréable, régnait tout autour de lui. Les Sakdoss étaient retournés dans leur demeure souterraine et les spectres restaient sagement dans l'ombre des arbres. Seuls quelques gazouillements d'oiseaux berçaient la quiétude des lieux que rien ne semblait vouloir déranger. Rien hormis une petite fée.

« - Link, cria Navi en tentant de rattraper son compagnon, vas-tu enfin me dire où est-ce qu'on va ?

- Tu verras lorsque nous serrons arrivés.

- Et nous arrivons quand ?

- Regarde devant toi et tu verras bien. »

Fronçant les sourcils, elle suivit son conseil. Devant eux se dessinaient les contours d'un ranch très connu des deux aventuriers dont la zone était délimitée par un grand mur grisâtre. C'était le premier lieu où ils avaient trouvé refuge après leur départ du village Kokiri. Puis, guidés par l'étrange hibou Kaepora Gaepora, ils s'étaient rendus à la citadelle pour faire la connaissance de la princesse Zelda.

« - Le ranch Lon Lon ? Déclara la fée en se posant sur sa tête. Mais pourquoi veux-tu aller là-bas ?

- Tu verras, répéta-t-il en riant. »

Navi ronchonna. Comme d'habitude, il ne voulait pas lui dire les plans qu'il avait en tête. Cela avait le don d'énerver la petite fée qui n'avait de cesse de s'inquiéter pour lui. Comment pouvait-elle juger s'il s'agissait d'une bonne idée ou non sans savoir ce qu'il pensait ? Ne pouvait-il donc pas lui faire confiance de temps en temps, histoire de sauver ses jolies fesses de héros ? Malheureusement, têtu comme il était, il était impossible de lui faire dire un mot.

Les deux partenaires arrivèrent enfin à destination. Link s'arrêta un instant devant l'entrée, jetant un bref regard en arrière, vers le château. Navi, voyant le trouble de son ami, le questionna alors, posant ses petites mains sur sa joue :

« - Quelque chose ne va pas Link ?

- Crois-tu... que la princesse Zelda m'en voudra en apprenant ce que je viens de faire ?

- Voyons Link, comment pourrait-elle t'en vouloir ?

- J'ai désobéit à un ordre venant directement d'elle. J'ai désobéi au trône d'Hyrule. J'ai désobéi aux ordres même des déesses.

- Certes mais... Tu l'as fait pour le bien de tout le monde, n'est-ce pas ? »

Pour toute réponse, le garçon soupira, puis prit le chemin en pente menant à l'intérieur de la ferme. Arrivé en haut, il vit à sa gauche la maison des fermiers et à droite l'étable. Retrouvant rapidement ses repaires, il entra dans la demeure. À peine eut-il ouvert la porte qu'il fut accueillit par la mélodie joyeuse des nombreuses cocottes blanches présentes. Parmi ces dernières, il aperçut le patron des lieux, endormit au milieu du troupeau de volailles : Talon, un homme embonpoint possédant des cheveux et une moustache bruns. Il portait sa traditionnelle salopette bleue tachée de boue à par endroits et décorée de plumes blanches. « Toujours en train de dormir » songea Link, amusé. Esquivant les cocottes comme il pouvait, il s'approcha de l'adulte.

« - Eh ! Commença-t-il en le secouant doucement. Monsieur Talon, réveillez-vous !

- Mh ? Grogna le concerner en ouvrant de petits yeux. »

Il commençait à s'éveiller. En voyant Link, il se redressa aussitôt, comme si quelque chose venait de lui mordre l'arrière-train, et offrit une vive poignée de main à l'enfant, lui arrachant presque le bras au passage.

« - Ah ! Link ! Quelle joie de te voir !

- De même, répondit l'enfant en riant.

- Quel bon vent t'amène ici, jeune homme ?

- Je cherche Malon. Elle ne serait pas là par hasard ?

- Oh, ma fille dis-tu ? Elle doit être dans l'enclos avec les chevaux, comme à son habitude.

- Je vous remercie pour cette information, et… Bonne sieste ? »

Talon lui répondit d'un sourire franc et regarda l'enfant rejoindre l'extérieur avant de s'assoupir. De son côté, Link continua donc sa route jusqu'à l'enclos comme le lui avait indiqué le père de famille. En chemin, il croisa le fermier Ingo, toujours aussi souriant et lèche-botte. Il ne prêta pas attention aux salutations des plus courtoises de l'homme et passa son chemin. En s'approchant du cercle clôturé, un chant charrié par le vent lui parvint aux oreilles. Link reconnu aussitôt la mélodie en question. C'était le chant d'Epona. La voix, quant à elle, appartenait à la demoiselle qu'il cherchait, Malon. Les purs sangs au pelage sable et à la crinière aniline galopant, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'enclos, apparurent ensuite devant ses yeux. Se faufilant parmi ces derniers, il put rapidement voir au loin la silhouette de la jeune fille qui chantait. Malon était encore une enfant. Faisant quelques centimètres de moins que Link, elle possédait de longs cheveux roux et de grands yeux bleus dans lesquels se reflétait toute sa malice. Elle portait sa familière robe blanche et son châle jaune. À ces côtés, une jeune pouliche galopait joyeusement. Son pelage fauve, contrastant parfaitement avec sa crinière argentée, la démarquait de ses congénères beaucoup plus grands qu'elle.

Souriant, le jeune Kokiri sortit l'ocarina du Temps et joua une mélodie, la même que celle chantée par la fillette. Aussitôt, la jument miniature le rejoignit, poussant un hennissement en trottinant autour de lui. Malon ouvrit les yeux, cessant son chant. Elle observa un instant les alentours avant de croiser les iris du nouvel arrivant. Elle parut réfléchir quelques secondes mais, lorsqu'elle l'eut reconnu, un sourire gracieux se dessina sur ses lèvres.

« - Link ! Cria-t-elle alors en se jetant dans ses bras pour l'enlacer de toutes ses forces »

Ce geste le fit rire. Alors, se prêtant au jeu, il souleva la fermière du sol et la fit tournoyer un instant dans les airs. La reposant ensuite, il desserra son étreinte et la salua d'un de ses plus beaux sourires qui eut le don de faire naître quelques rougeurs sur les joues de la rouquine.

« - Q-Que fais-tu ici ? Demanda-t-elle alors en détournant le visage pour ne pas qu'il les aperçoit

- Je suis venu te dire au revoir. »

Aussitôt, elle replongea ses yeux dans les siens, un soupçon d'inquiétude dans le regard.

« - Tu t'en vas ?

- Je dois m'absenter quelque temps pour un voyage.

- Tout seul ?

- En réalité, il me faudrait une monture. Pourrais-tu m'en trouver une ? »

La jeune fille ne répondit pas, tentant de comprendre les mots prononcés par le garçon de la forêt. Un voyage ? Mais où comptait-il aller ? Il était beaucoup trop jeune pour partir à l'aventure. De plus, elle risquait de ne plus le revoir avant un bon moment. À cette pensée, une petite moue se dessina sur ses lèvres. Elle tenta de la cacher mais en vain.

« - Allons, rit doucement son interlocuteur en lui caressant la joue, ne fais pas cette tête. Je reviendrais te voir.

- Oui mais qui sait ce qui peut t'arriver durant ce voyage ?

- Ne t'en fais pas, prononça une petite voix, il est assez costaux pour pouvoir se défendre. »

Il s'agissait de Navi dont la tête dépassée du bonnet vert. Malon la salua d'un petit sourire que la petite fée lui rendit poliment en prenant place sur l'épaule de son compagnon. La petite fermière avait toujours été fascinée par cette créature ailée qui accompagnait son ami partout où il allait et, dans un sens, cela la rassurait un peu de savoir quelqu'un auprès de lui durant sa quête. Cependant, il parlait là d'un voyage en dehors des plaines d'Hyrule, du moins c'est ce qu'elle supposait. Or, comme ne cessait de lui répéter son père pour la mettre en garde, le monde était tellement vaste et peuplé de danger. Comment une créature aussi petite pourrait donc protéger un enfant faisant plus de dix fois sa taille ? Son inquiétude ne cessant de croître, Malon reporta son regard sur le garçon. Celui-ci, sentant la panique qui noyait progressivement les pensées de la jeune fille, lui adressa de nouveau un sourire pour la réconforter quelque peu.

« - Ne t'inquiète pas, déclara-t-il alors en lui prenant doucement la main, là où je vais, je ne risque rien. »

Elle garda encore un instant ses iris fixés dans les siens, puis ne put s'empêcher de soupirer. Pouvait-elle le croire ? Avait-elle vraiment le choix de ne pas le croire ? De plus, comment résister à un tel regard sans sourciller ? Cédant donc, elle croisa ses bras sur sa poitrine comme pour se protéger de son charme, et tenta ensuite de changer de sujet pour en revenir à la conversation initiale.

« - Quel genre de monture te faudrait-il ? Demanda-t-elle donc en se tournant vers les chevaux galopant dans l'enclot.

- Voyons voir... Il me faudrait un cheval robuste, docile, courageux, …

- Un peu plus intelligent que celui qui va le monter, ajouta Navi en riant.

- Qui soit assez endurant pour résister à un long voyage, continua Link en lui jetant un regard noir, ce qui lui valut une adorable langue rosée...»

Malon entra dans une profonde réflexion et tournoya sur elle-même pour avoir une vue d'ensemble sur l'enclos, scrutant un à un chaque cheval présent pour trouver celui qui correspondrait le mieux à Link.

« - Il faudrait aussi qu'il soit de petite taille, reprit ironiquement Navi. »

Malon continua son inspection, ne voulant absolument pas décevoir les attentes du garçon. Soudain, un hennissement attira son attention. Se retournant, elle croisa alors le regard malicieux d'une adorable pouliche se tenant auprès de Link. C'était Epona. La fixant longuement, la jeune fille eut une idée. Et si... Petite, docile et très courageuse, du moins plus que les autres chevaux du ranch, Epona était une monture parfaite pour le jeune combattant.

« - Alors ? Demanda le garçon au bout d'un moment

- Je n'ai pas de chevaux adéquats pour toi. »

Elle sourit en voyant la déception apparaître sur le visage de Link. S'approchant alors de lui, elle saisit sa main et la posa sur l'encolure de la pouliche avant d'ajouter :

« - Mais je peux te proposer une jument encore plus courageuse que le courage lui-même. »

Link, surprit, observa un instant l'animal avant de reporter son attention sur la fermière, les yeux plein d'incompréhension.

« - Tu es prête à me confier Epona ?

- Ne t'ai-je pas dit un jour qu'elle t'appartiendrait une fois que tu serais prêt ? Je crois justement que ce moment est venu. Et puis, ne l'oublions pas, tu m'as ramené mon père, j'ai donc une dette envers toi.

- Mais tu ne la reverras pas avant un bon moment. Je ne peux pas vous...

- Je suis sûr que tu prendras soin d'elle, le coupa-t-elle, j'ai une totale confiance en toi. Et puis, Epona rêve depuis longtemps de partir à l'aventure. Son plus grand souhait est de quitter cet enclos où elle tourne en rond. Non, je t'assure, elle sera mieux avec toi. Qu'en penses-tu ma belle ? Ajouta-t-elle en se tournant vers l'animal. Tu aimerais partir avec Link ?»

L'animal hennit joyeusement, comme pour acquiescer à la question de la jeune fille. Celle-ci sourit.

« - Tu vois, elle est d'accord. »

Link se tourna alors vers la jument et ancra son regard dans celui d'Epona.

« - Ainsi donc tu es d'accord pour venir avec moi ? Lui demanda-t-il. »

Elle secoua vigoureusement la tête de haut en bas.

« - Le voyage va durer longtemps.»

Epona frappa alors le sol de ses sabots, comme pour montrer que les kilomètres ne l'effrayaient pas.

« - Et nous allons peut-être devoir nous battre contre toutes sortes de monstre. »

Elle se cabra et hennit fortement. Link rit face à cette preuve de courage. Il se rappelait parfaitement de sa première rencontre avec la pouliche. Alors qu'il traversait la plaine d'Hyrule de nuit, elle avait surgi de nul part au moment où une bande de Sakdoss l'encerclait. Réduisant les créatures en tas d'os à coups de sabot, elle s'en était allé juste après sans même lui adresser un regard. Puis ils s'étaient retrouvés au ranch où le garçon avait appris son chant et s'était lié d'amitié avec elle.

« - Par contre Link, le tira Malon de ses souvenirs, il va falloir que tu patientes un peu au ranch le temps de confectionner un attelage à la taille d'Epona.

- Pas de problème ! Combien de temps va-t-il falloir ?

- Deux ou trois jours, grand maximum. Cela ne te dérange pas ?

- Non ne t'inquiète pas, j'attendrais sagement. »

Il lui refit un de ces sourires qui faisait à chaque fois chavirer le cœur de Malon. Lui souriant à son tour, elle baissa les yeux et partit rapidement en direction de la maisonnette, laissant Link seul avec Epona parmi les autres chevaux.

« - Où est ce qu'elle va ? Demanda Navi intriguée en s'élevant dans les cieux pour la suivre du regard.

- Aucune idée, répondit simplement le Kokiri en reportant toute son attention sur la pouliche. »

Celle-ci le fixait depuis le début de la conversation. Lorsqu'il plongea son regard dans celui de l'animal, quelques flashs apparurent alors dans l'esprit du garçon, représentant tous un homme galopant dans une plaine sur le dos de sa monture. Tout état flou. Des hennissements accompagnaient ce défilement d'image, et le bruit de sabots foulant le sol rendit soudainement Link nostalgique. Pourquoi… ? Pourquoi ces images ne voulaient-elles pas quitter son esprit ? Une migraine s'installa soudainement dans sa tête. Et plus il cherchait à savoir le sens de ces images, plus elle s'intensifiait. Soudain, la monture se stoppa et se tourna lentement dans son champ de vision. Link put ainsi mieux distinguer l'animal, mais l'homme sur sa selle, lui, demeurait flou. Le Kokiri reconnu alors le pelage flamboyant d'Epona et sa crinière d'argent. Il s'agissait de la pouliche mais beaucoup plus âgée. La vision se troubla et Link, qui venait de fermer les yeux, les rouvrit pour voir une pouliche positionnée de la même manière que son aînée. Troublé, Link plongea de nouveau son regard dans celui de l'animal. Il eut alors l'impression de comprendre ses pensées quand soudain, une idée lui traversa l'esprit. Il afficha alors un sourire. Navi, inquiète de la courte absence de son partenaire, ne parvenait pas à comprendre l'échange qui se faisait entre l'enfant et sa future monture.

« - Link, demanda-t-elle donc, est-ce que tout va bien ?

- Dis-moi Epona, dit-il en ignorant sa partenaire, ça te dirait de faire un petit tour ?

- Euh Link, je crois que c'est une très mauvaise idée. Tu risques de te blesser.

- Aucune chance.

- Mais elle n'est même pas sellée, et je te rappelle que tu n'es jamais monté à cheval... o-ou du moins pas dans cette vie-là.

- Pas besoin de selle. Et puis, de toute manière, on reste dans l'enclos. Je ne risque rien, n'est-ce pas ma belle ?»

Il eut comme réponse de la pouliche un hennissement joyeux qui le fit rire. Et effraya Navi. Il ne comptait tout de même pas la monter, là, maintenant, à crue, sans aucune protection et en l'absence de Malon ?! Avait-il perdu la tête ou était-il tout simplement idiot ? Voyant la frayeur tirer les traits de son amie, Link la rassura quelque peu en lui adressant un sourire réconfortant dont même l'être féerique ne pouvait y résister. Profitant de son silence, Link se positionna donc devant le flanc gauche d'Epona et, s'accrochant de toutes ses forces à la crinière argentée, se hissa sur le dos de l'animal. Le garçon sentit soudainement une certaine robustesse et une envie de liberté l'envahir. Mais Navi, revenue à elle, continua de s'opposer à son idée.

« - Je t'en pris Link, ne fais pas de bêtise !

- Allé Epona, l'ignora-t-il, on commence par le pas. »

Celle-ci avança tout doucement et prudemment, un sabot après l'autre, comme pour s'habituer à ce poids inhabituel sur son dos. Le garçon se cramponnait toujours au crin de la pouliche, se tenant bien droit et cherchant le bon équilibre pour ne pas tomber. Quand il le trouva, il donna un léger coup de talon dans le flanc de l'animal qui accéléra légèrement pour passer au trot. Le visage de Link s'illumina de joie.

« - T'as vu ça Navi ? Je me débrouille comme un chef !

- Oui je te vois, dit-elle très peu convaincu. Descends maintenant, tu risques de te casser quelque chose en tombant.

- Faudrait déjà que je tombe.

- Cesse de fanfaronner et descends de ce cheval ! »

Mais l'enfant fit mine de ne pas l'écouter et ordonna à l'animal d'accélérer la cadence. En voyant que son protégé n'avait pas l'intention de descendre, Navi partit chercher Malon. Peut-être qu'elle au moins réussirait à le ramener à la raison et qu'il accepterait de descendre. Elle traversa donc le ranch à toute allure, dérangeant les poules au passage, et rentra dans la maisonnette par la fenêtre entrouverte. Elle trouva la jeune fille en train de parler avec son père.

« - Malon ! S'écria-t-elle.

- Navi ? Se retourna la demoiselle intriguée. Que se passe-t-il ?

- C'est cet idiot, il a monté Epona sans attelage et ne veut pas descendre.

- Quoi ?! Mais il risque de se blesser !

- C'est pour ça que je suis venue te chercher. Dépêche-toi ! »

Elle opina d'un mouvement de tête et suivit en courant la petite boule lumineuse jusqu'à l'enclos dans lequel tous les chevaux s'étaient mis à galoper. Au milieu des étalons à la robe sable, Malon reconnu le pelage flamboyant de sa jeune jument avec sur son dos le garçon vêtu de vert. Elle était désormais au galop et parvenait à suivre, toute fière, la cadence de ses aînés. L'angoisse prit place sur le visage de la jeune fille.

« - Link ! Cria Malon. Arrête-toi !

- Pourquoi veux-tu qu'il s'arrête ? Demanda une voix derrière elle. Regarde comme il s'amuse. »

La fermière se retourna aussitôt pour apercevoir derrière elle son père qui regardait de ses yeux fatigués la parade équestre, une poule tranquillement endormie dans ses bras. Talon s'avança et dépassa sa fille, fixant toujours le troupeau, pour aller s'adosser contre la barrière.

« - Que veux-tu dire par là ? Demanda alors sa fille en le rejoignant.

- Cesse donc de t'inquiéter pour lui, il ne risque rien sur le dos d'Epona. Regarde-les ! N'ont-ils pas l'air heureux ? »

Elle fixa le garçon. C'est vrai qu'il avait l'air de bien s'amuser, tout comme Epona d'ailleurs. Celle-ci était fière de pouvoir rivaliser avec ses aînés et de porter le jeune garçon. Elle galopait la tête haute, élevant un nuage de poussière à chaque fois que ses sabots foulaient le sol. Link, quant à lui, adorait cette sensation de liberté qu'il éprouvait et le vent qui lui chatouillait le visage. Il souriait. Malon le trouva alors encore plus beau vu sous cet angle. Elle pouvait voir en lui le prince charmant qu'elle attendait depuis tant d'années et qui viendrait un jour, elle l'espérait, la délivrer de cette prison boueuse. Ne voulant attrister le garçon, elle décida finalement de ne pas intervenir et de le laisser gambader encore un peu. Mais Navi, de son côté, ne l'entendait pas de la même manière. Il était hors de question de laisser ce puéril héros inconscient s'amuser sur un poney alors que le destin du monde tout entier était en jeu. Prenant une grande inspiration, elle cria alors de toutes ses forces pour interpeller l'enfant :

« - Link ! Tu vas immédiatement arrêter de faire le mariole et ramener ton derrière jusqu'ici avant que je ne me mette en colère ! »

Les paroles de la fée parvinrent jusqu'aux oreilles du garçon qui arrêta de sourire et porta son attention sur l'être féerique. Elle semblait très en colère, sa lueur habituellement bleutée ayant viré au rouge. Il siffla donc et la pouliche ralentit aussitôt la cadence. Les étalons, voyant que leur protégée avait cessé de courir, s'arrêtèrent à leur tour et reprirent leur activité de broutage. Link dirigea ensuite Epona vers le petit groupe à l'entrée de l'enclos, la tête baissée comme un enfant sur le point de recevoir un sermon. Et, en effet, à peine fut-il arrivé que Navi se jeta quasiment sur lui pour lui crier dessus.

« - Espèce d'inconscient ! Combien de fois va-t-il falloir que je te dise que tout ceci n'est pas un jeu ? Tu n'es qu'un égoïste ! Dois-je te rappeler que ta vie est précieuse pour tous les habitants d'Hyrule ? Penses-tu qu'elle mérite d'être détruite par une sottise de la sorte ? Mais enfin Link quand vas-tu cesser d'être un idiot ? Quand prendras-tu conscience de ton rôle ?

- Je suis désolé Navi.

- Tu es désolé ? Elle est bonne celle-là ! Ce n'est pas six pieds sous terre que tu pourras sauver le royaume, et ce n'est pas quand tout sera détruit qu'il faudra t'excuser auprès du peuple d'Hyrule qui compte sur toi.

- Mais tu sais Navi, peut-être qu'il…

- Ne te mêle pas de ça Malon ! »

La jeune fille, frustrée, s'approcha d'Epona et posa sa main sur l'encolure de la jument. Elle jeta un regard colérique à la fée.

« - Link n'est pas ton serviteur, il a lui aussi droit de s'amuser de temps en temps.

- Je t'ai dit de ne pas t'en mêler !

- Je fais ce que je veux ! Link est mon ami !

- Comment une simple fille de ferme telle que toi pourrait comprendre le rôle qu'il doit jouer dans cette histoire ?!

- Je..

- Malon, la coupa gentiment le garçon, s'il te plais arrête.

- Mais enfin Link…

- Je t'en prie. »

Elle porta son regard sur le garçon. Celui-ci avait les yeux baissés, dissimulés derrière des mèches blondes s'échappant de son bonnet. Il descendit d'Epona et Navi, surprise par son comportement, s'attendant à plus de résistance de la part du garçon, chercha à croiser ses iris céruléens. Elle les trouva et fut étonnée de voir la profonde tristesse qui noyait les yeux du garçon. Elle s'en voulut alors aussitôt de s'être ainsi emportée. Malon, quant à elle, ne comprenait pas pourquoi Link agissait ainsi. Pourquoi laissait-il Navi lui parler de la sorte ? Elle voulut poser sa main sur l'épaule de Link pour tenter de le réconforter mais, au même moment, celui-ci releva la tête et afficha un grand sourire.

« - Il est inutile de vous disputer pour si peu. Navi, ne t'en fais pas, j'ai bien compris le rôle qu'était le mien et ce qu'on attend de moi. Je voulais simplement savoir si… »

Il se tut et se tourna vers la jument. Celle-ci l'écoutait attentivement. Il sourit de nouveau et, enlaçant l'encolure de l'animal, lui chuchota des paroles que seule elle put entendre. Il embrassa ensuite son petit museau avant de laisser la pouliche s'en aller galoper un peu plus loin en compagnie de ses aînés. Il la regarda pendant un certain temps durant lequel chacun garda le silence, tournant le dos aux fermiers et à la fée. Cette dernière vint se poser sur l'épaule de l'enfant et lâcha un « désolée » dans un soupir mélancolique. Il lui répondit amicalement par un clin d'œil.

« - Je vous remercie pour votre hospitalité Monsieur Talon, dit-il ensuite en se retournant.

- Malon m'a parlé de ton projet de voyage. Si j'ai bien compris, il te faudrait donc un attelage pour Epona.

- Exactement, je dois partir le plus vite possible. »

Talon leva un sourcil. Malon, quant à elle, fut triste de voir que son jeune chevalier était pressé de partir. Elle soupira. Pourquoi devait-il partir ? Ce voyage n'allait sûrement pas être sans risque, le garçon risquait d'être grièvement blessé, voire même pire. À cette simple pensée, l'angoisse prit possession d'elle, lui enserrant le cœur, et, sans s'en rendre compte, elle s'agrippa fermement à la tunique du Kokiri. Le regard de celui-ci se posa sur les fragiles petites mains qui tenaient toutes tremblantes le bout de tissu vert. À la grande surprise de Navi, il enroula ses doigts autour de ses poignets et tira dessus pour l'attirer contre lui, la prenant dans ses bras. D'abord surprise par ce geste, Malon s'abandonna ensuite à cette chaleureuse étreinte, laissant quelques larmes rouler sur ses joues pour achever leur course sur le torse de l'enfant. Caressant la chevelure rousse de la jeune fille, Link commença à la bercer pour la réconforter. Voyant le tableau s'étant mis en place devant lui, Talon préféra s'éclipser, fredonnant une vieille comptine pour sa cocotte. Navi, quant à elle, se sentant de trop, disparut sous le bonnet vert. Le soleil était désormais totalement éveillé, et ses chaleureux rayons illuminaient d'une douce lueur les deux amis enlacés.


C'est ti mignon tout plein ! Mais les ennuis ne vont pas tarder à arriver ;)

J'espère que ce chapitre vous aura plut. Comme d'habitude, n'hésitez pas à commenter, critiquer, adorer, détester, crier... (entourer la mention qui vous plaît).

Prenez soin de vous les amis !

Chu ~