Chapitre 4 : Le Récit du Nain Trumpkin
Le lendemain, l'amertume ne les avait pas quittés, mais ils se sentaient animés d'une énergie nouvelle. Certes, ils n'avaient pas retrouvé Albion dans les circonstances qu'ils avaient espérées, mais ils étaient bien déterminés à découvrir ce qui était arrivé à leur royaume, et pourquoi ils étaient revenus. Cette fois-ci, il n'y avait ni armoire, ni passage, et ils auraient été incapables de regagner leur monde quand bien même ils l'auraient voulu. Aussi n'avaient-ils pas d'alternative : il fallait aller de l'avant. Et pour cela, ils avaient besoin d'équipement.
« Vous vous rappelez, commença Arthur qui avait tacitement pris la tête de leur petit groupe, cette salle au trésor qui se trouvait dans les grottes sous le château ? »
« Oui, répondit Morgana, il y avait une dalle amovible, dans le couloir qui menait à la tour Ouest, il me semble. »
Et après avoir consommé les restes de baies et amèrement regretté les petits plats de madame Castor, les enfants s'attelèrent à la recherche de ce passage secret. Ils finirent par retrouver l'endroit, dégagèrent les débris de pierre qui s'y trouvaient et sur lesquels s'étaient enracinées plusieurs plantes épineuses. Quand ils eurent dégagé la dalle, qui étaient plutôt en bon état, ils leur fallut encore quelques minutes avant de pouvoir la retirer. En dessous, un étroit escalier de pierre s'enfonçait dans le sol.
« Il nous faudrait du feu », commença Arthur, et il entreprit de déchirer le bas de sa chemise.
Il chercha un bâton et commença à enrouler la bande de tissu autour.
« Ce serait trop demander d'avoir un petit peu d'aide ? » demanda-t-il alors.
« Non, répondit Merlin. Mais je crois qu'on peut faire beaucoup plus simple. »
Et il sortit une lampe torche de son sac. Gwen retint un sourire en voyant l'expression déconfite d'Arthur. Morgana ne se priva pas.
« Merlin, tu ne crois pas que tu pouvais me dire ça avant que je ruine ma chemise ? »
Gwen se rappela soudain que les vêtements d'Arthur coûtaient probablement plus cher que tout ce qu'elle pouvait imaginer.
Arthur arracha la lampe des mains de Merlin et passa devant. Ils descendirent l'escalier et traversèrent un couloir creusé à même la roche avant d'atteindre une salle bien plus haute dont le sol était pavé. Là, au milieu des caisses et des tonneaux, ils trouvèrent quatre énormes coffres ouvragés, chacun posé sous une alcôve où se tenait une statue grandeur nature.
« C'est nous... » observa Gwen.
« Les gens de Camelot les auront sans doute sculptés après notre départ. » dit Morgana.
Gwen s'approcha de la statue qui la représentait. C'était une version d'elle adulte, portant robe, cape et une lourde couronne. La jeune fille eut du mal à reconnaître le visage lisse et grave qui avait dû être le sien, dans une vie qui lui paraissait si lointaine. Elle effleura du bout des doigts le drapé de la robe de pierre.
« C'est bizarre, dit Merlin, de se dire que nous étions plus âgés. Alors qu'aujourd'hui, probablement des centaines d'années plus tard, nous sommes plus jeunes... »
Morgana sourit et Arthur secoua la tête d'un air las.
Dans chacun des coffres se trouvaient de nombreux vêtements ainsi que les armes et artéfacts qu'ils avaient reçus pour combattre la Sorcière. Arthur empoigna son épée, Excalibur, et la contempla avec un certain plaisir. Morgana sortit plusieurs robes pour en comparer les tailles. Merlin ôta sa chemise et mit une des tuniques richement parées qu'il avait trouvées dans son coffre, avant de mettre une ceinture et d'y attacher son poignard et son élixir.
Gwen ouvrit son propre coffre et y retrouva ses robes et son épée.
« Il manque ma trompe, remarqua-t-elle. L'avez-vous trouvée dans un de vos coffres ? »
Les enfants cherchèrent longuement, dans toute salle, sans rien trouver. Ils finirent par abandonner et accepter que la trompe avait été perdue, peut-être pendant leur dernière chasse. Ils enfilèrent des habits plus en accord avec leur environnement et s'équipèrent pour explorer les environs : quatre gourdes, plusieurs besaces, des arcs et des flèches.
« Vous ne comptez pas chasser ? » s'écria Merlin qui détestait ça.
« Et comment veux-tu que nous trouvions notre nourriture ? rétorqua Arthur. Il va bien falloir qu'on mange autre chose que des baies. »
Depuis qu'ils étaient revenus en Angleterre, avec le rationnement, les enfants avaient regretté les banquets d'Albion. Maintenant, c'était les étals à demi vides des boutiques de sa petite ville que Gwen regrettait.
Ils cachèrent leurs vêtements du vrai monde dans la salle souterraine et remontèrent à l'air libre. Merlin rangea soigneusement sa lampe torche, en espérant que les piles tiennent aussi longtemps qu'ils en auraient besoin.
Au bout de la lande, ils retrouvèrent la forêt, qui leur parut plus sombre et bien moins accueillante que de leur temps. Les arbres et leurs esprits ne s'éveillaient plus à leur passage, ils ne croisèrent ni animaux ni créatures, nains, faunes ou dryades. Seuls quelques écureuils qui s'enfuyaient au moindre craquement de branches et dont, à leur grande surprise, aucun ne parla.
« Qu'est-ce qui leur est arrivé ? » s'inquiéta Merlin. Gwen sympathisait avec sa détresse, Merlin avait toujours été très proche des habitants de la forêt, il avait passé le plus clair de son temps à essayer de mieux les connaître. Sans compter que toute l'aventure avait commencé à cause de ses histoires d'animaux qui parlent...
« Prenez garde, murmura Arthur. Si les animaux sont de nouveau sauvages, mieux vaut ne pas se retrouver sur le territoire des plus gros... »
Ils traversèrent une partie de la forêt sans mauvaise rencontre, jusqu'à ce qu'ils atteignent le fleuve qui passait là. Ils le reconnurent sans peine, tout en remarquant qu'il était plus large que dans leurs souvenirs. Ils en profitèrent pour se laver les mains et le visage, pour boire et remplir leur gourde. Arthur craignait de ne pas réussir à chasser du gibier.
« Nous l'avons déjà fait, lui dit Morgana. »
« Mais c'était il y a si longtemps, j'ai l'impression que je ne pourrais pas faire la moitié de ce dont j'étais capable alors. »
Gwen interrompit leur discussion. Au loin, une barque descendait le fleuve. C'était une barque en bois toute simple, bien loin des œuvres d'art qui avaient été construites à Camelot. On y distinguait deux, ou peut-être trois, silhouettes.
Trois, tranchèrent les enfants quand la barque fut à leur portée. Et à leur grand étonnement, les deux rameurs étaient humains. Le troisième, apparemment un nain rouge, avait les mains liées et la bouche entravée d'un bâillon. Les humains arrêtèrent bientôt de ramer, et soulevèrent le nain pour le lancer par-dessus bord.
« Arthur ! » s'écria Morgana. Le garçon plongea dans l'eau, alors que la jeune fille tendait son arc. La flèche se planta dans la coque de la barque, à quelques centimètres seulement de la jambe d'un des hommes.
« Relâchez-le ! » cria-t-elle.
Effrayés, les deux marins jetèrent leur fardeau et se mirent à ramer dans l'autre sens. Morgana prépara une seconde flèche, mais, voyant que les hommes n'avaient pas l'intention de les attaquer, baissa son arc. À ce moment, Arthur sortit la tête de l'eau, avec le pauvre nain, et le ramena en nageant à la berge. Gwen, Morgana et Merlin accoururent auprès d'eux. Merlin s'agenouilla et coupa les liens du prisonnier avec son poignard. Le nain cracha aussitôt l'eau qu'il avait avalée, et Merlin dut s'essuyer le visage avec sa manche.
« Lâchez-le ! s'écria-t-il. Vous n'avez vraiment rien trouvé de mieux ? »
« Pardonnez-nous de vous avoir sauvé la vie. » répondit froidement Morgana.
Le nain regarda un instant les trois enfants qui lui faisaient face, puis Arthur qui reprenait son souffle, trempé des pieds jusqu'à la tête.
« Merci. » grommela le nain dans sa longue barbe rousse.
« Il n'y a pas de quoi. » répondit Arthur avec mauvaise humeur.
« Ouais... fit le nain. Et vous êtes qui au juste ? »
Gwen sentit son cœur se serrer. Albion n'avait pas seulement changé, elle les avait aussi complètement oubliés.
« Je suis le roi Arthur, répondit Arthur en premier, en tendant sa main au nain. Arthur le Magnifique. »
Merlin leva les yeux au ciel et Morgana tourna la tête pour dissimuler son rictus, mais le nain ne semblait pas partager leur amusement. De nouveau, il fit le tour de leurs quatre visages et blêmit.
« Vous n'êtes pas sérieux... »
« Nous sommes extrêmement sérieux. » répliqua Arthur. « Mais puisque vous semblez avoir des doutes... Guinevere ? »
Entendre son nom entier la fit sursauter. Elle s'avança, se demandant ce qu'Arthur avait en tête. Le garçon tendit alors son épée au nain.
« Sérieusement, s'exclama Merlin, vous allez vous battre, c'est très intelligent, bravo ! »
« Merlin, ce n'est pas le moment. intervint Arthur. Gwen, voudrais-tu donner la preuve à notre nouvel ami ici présent que tu es bien Reine d'Albion ? »
Le nain ne put s'empêcher un sourire un peu moqueur.
« Je ne combats pas les petites filles. » dit-il.
« Oh par pitié ! » s'écria Morgana en dégainant son épée. « Excuse-moi, Gwen, tu pourras toujours le finir quand je lui aurai donné sa leçon. Visiblement, je n'ai pas régné suffisamment longtemps. »
Gwen recula sans se vexer. Elle ne voyait pas comment un duel pourrait prouver quoi que ce soit et n'avait pas confiance en son corps d'enfant. Quelques centaines d'années plus tôt, peut-être...
Le nain prit alors Excalibur des mains d'Arthur et tenta une feinte auprès de Morgana. La jeune fille ne bougea pas d'un pouce et maintint sa garde dans l'attente d'une véritable attaque. Le nain essaya alors quelques passes simples qu'elle para sans efforts. Il tenta ensuite une attaque plus sérieuse, frappant de taille et d'estoc et accélérant un peu la cadence, mais elle évita et para chaque coup avec des gestes simples et élégants.
« C'est tout ? dit-elle alors que le nain avait reculé d'un pas pour une courte pause. À mon tour. »
Et elle frappa un coup violent que le nain, surpris, eut à peine le temps de parer. Morgana ne lui laissa pas le temps de se reprendre, elle frappait à coups redoublés, forçait son adversaire à reculer, ne lui laissant guère le temps de porter la moindre attaque. Après un estoc particulièrement retors, elle enroula son épée à la base d'Excalibur et la fit sauter des mains du pauvre nain.
« Vous êtes la Reine Morgana » murmura celui-ci.
« Merci bien, dit-elle, je suis au courant. »
Le nain à la barbe rousse s'appelait Trumpkin, et apparemment, il n'avait jamais cru aux vieilles légendes et à la magie. Pour les enfants, rien ne pouvait être plus contradictoire, mais le nain avait ses raisons, ce qu'ils comprirent quand ils commencèrent à l'interroger sur l'Histoire d'Albion, c'est-à-dire tout ce qui s'était passé pendant leur absence.
Il y avait de cela mille trois cents ans, les quatre Rois et Reines d'Albion s'étaient évanouis dans la forêt. Du moins c'est ce qu'en disaient les légendes. C'est ce qu'étaient devenus Aslan, la Sorcière Blanche et les dix années de règne des rois et reines Arthur, Morgana, Guinevere et Merlin : des légendes. Car en mille trois cents ans, il n'y avait plus eu ni Rois ni Reines, et Aslan ne s'était jamais montré. Un siècle après leur disparition, les Telmarins, un peuple de l'Est avec lequel Morgana avait autrefois conclu des traités de paix, envahirent Albion pour échapper à une famine sur leur propre territoire. La guerre avait duré longtemps, et finalement les Telmarins étaient sortis triomphants et avaient bâti leur nouvelle capitale à Béruna, la plaine où Arthur avait autrefois défait la Sorcière Blanche. À partir de ce moment, toutes les créatures d'Albion s'étaient peu à peu retirées dans les forêts, et avaient fait profil bas.
« Mis à part certains nains, mentionna Trumpkin, qui ont préféré se mélanger aux Telmarins. Et je peux vous dire que les descendants ne sont pas bien vus, ni par les nôtres ni par les hommes... »
« Enfin... Depuis plusieurs générations déjà, la plupart des Telmarins pensent que nous nous sommes éteints dans les bois, et que nos fantômes hanteront tous les malheureux qui osent s'aventurer dans la forêt, ou quelque chose dans le genre... Alors ils coupent les arbres, pour ne pas avoir à passer dessous quand ils désirent de nouvelles terres. »
« Et personne ne les en empêche ? » s'étonna Merlin.
« Pourquoi ? répliqua Trumpkin. Les Telmarins pensent que nous n'existons pas. Pourquoi leur donner de nouvelles occasions de nous persécuter ? »
« Mais les dryades, insista Merlin, les esprits des arbres, elles auraient dû les protéger ! »
Apparemment, Trumpkin ne croyait pas plus aux esprits des arbres qu'à Aslan ou au reste des légendes.
« Maintenant, racontez-nous votre histoire à vous, intervint Gwen pour changer de sujet. Comment vous êtes-vous fait capturer par les Telmarins ? »
Trumpkin ne dit mot pendant un moment. Son visage, marqué par la fatigue et la douleur, n'exprimait qu'une profonde lassitude. Il était à bout de forces. Gwen s'apprêtait à lui dire que ce n'était pas grave, qu'il leur raconterait après s'être reposé, quand il poussa un profond soupir et se mit à parler.
« Ma maison se trouve dans les bois à l'Ouest de Béruna, commença le nain. Il y a quelques jours, je passais la soirée avec mes voisins Nikabrik et Chasseur-de-Truffes, quand nous avons entendu le galop de chevaux dans la forêt. Je suis sorti pour voir ce qui se passait, je m'attendais à une chasse de centaures, quelque chose dans le genre, et à la place je tombe sur des Telmarins qui se poursuivent entre eux. Il y avait un jeune homme et un vieux demi-nain à terre, une dizaine de cavaliers qui les encerclaient. Ils nous ont vus, et se sont tournés contre nous. Avec Nikabrik j'ai essayé de les tenir en respect, mais j'ai été capturé, et alors qu'on m'emmenait hors des bois, il y a eu ce son. Une corne de brume, peut-être. Ça a résonné dans toute la forêt, et je suis sûr qu'on l'a entendu d'un bout à l'autre d'Albion. Ça m'a glacé le sang. »
Gwen échangea un regard avec ses amis.
« C'était probablement ma trompe, dit elle. Elle est magique. »
Le nain la dévisagea avec scepticisme.
« La magie, vous savez ce que j'en pense. »
« Mais nous sommes ici, intervint Merlin. Après plus de mille ans d'absence. Vous ne pensez pas que c'est lié à l'appel de cette trompe ? »
Trumpkin ne répondit rien, et Gwen avait l'impression de comprendre. Il ne croyait en rien parce qu'il n'avait jamais rien eu à attendre. Le prix de l'espoir semblait trop important à payer.
« Ensuite, les soldats m'ont conduit à Béruna, poursuivit-il. Les Telmarins et leur politique. Depuis la mort du roi précédent, c'est son frère, Miraz, qui assure la régence en attendant que l'héritier, le Prince Caspian, soit en âge de régner. »
« Attendez, interrompit Arthur en fronçant les sourcils, si vous vivez cachés, comment pouvez-vous en savoir autant sur les Telmarins ? »
« Nous préférons nous tenir au courant, répondit Trumpkin avec sarcasme, pour éviter de nous retrouver au milieu du prochain bois qu'ils décident de raser. Il reste quelques oiseaux qui nous donnent des nouvelles. »
« Il reste des oiseaux qui parlent ? » s'écria Merlin avec soulagement.
« Bien sûr, dit le nain agacé. Et pas que des oiseaux. Mon voisin Chasseur-de-truffes est un authentique blaireau albian. »
Morgana intima alors aux garçons de se taire, pour que Trumpkin puisse continuer son récit.
« Les soldats m'ont mené directement devant Miraz, dit-il. Il m'a jeté dans un cachot et laissé moisir pendant plusieurs jours. Puis, il est venu me chercher, et m'a exhibé devant tous les seigneurs au beau milieu d'un conseil. Ils n'en revenaient pas. Miraz a alors accusé les Albians d'avoir capturé le Prince héritier, Caspian le dixième, ainsi que son précepteur. Ce qui n'avait aucun sens : pourquoi irions-nous risquer notre tranquillité en dévoilant notre existence pour un gamin qui ne vaut ni plus ni moins que tous ses prédécesseurs et un vieil érudit ? J'ai compris que c'était probablement le garçon et le demi-nain que j'avais vus la nuit de ma capture. »
« Pourquoi auraient-ils fui les soldats telmarins ? » demanda Arthur.
« À votre avis ? railla le nain. Miraz est régent, il gouverne depuis la mort de son frère en attendant que son neveu devienne roi. Que croyez-vous qu'il puisse arriver quand la femme du régent accouche d'un fils ? Il a sûrement engagé des assassins pour tuer Caspian et installer sa propre lignée sur le trône. Qu'est-ce que vous croyez ? Ce sont des humains, il n'y a rien à attendre de plus d'eux. »
Les quatre enfants gardèrent le silence. Trumpkin sembla se rendre compte de l'insulte, maugréa quelques mots incompréhensibles et reprit son histoire.
« En tout cas, les seigneurs ont avalé le mensonge du Régent. Les Albians existaient toujours et ils venaient d'enlever l'héritier du trône. Miraz n'avait plus besoin de moi, et dépêcha les deux soldats que vous avez vus tout à l'heure pour me faire disparaître. Heureusement pour moi, ils étaient encore plus superstitieux que tous les autres. Ils croyaient qu'ils seraient maudits s'ils portaient la main sur moi. Ils ont décidé d'aller me noyer à l'embouchure du fleuve. Et c'est là que vous m'avez trouvé. »
« C'est peut-être pour cela que nous sommes apparus ici, dit Merlin. Pour vous sauver. »
Le nain haussa les épaules avant de regarder ailleurs.
« Que comptez-vous faire maintenant que vous êtes libre ? » demanda Gwen.
« Je veux juste rentrer chez moi, dit le nain. Retrouver Chasseur-de-truffes et Nikabrik, s'ils sont encore en vie. »
« Dans ce cas nous vous accompagnerons. » dit Arthur.
Trumpkin n'avait pas l'air d'accord, mais Gwen intervint avant qu'il ne manifeste son opposition.
« S'il vous plaît, dit-elle, nous ne savons pas pourquoi nous sommes là, ni où nous devons aller. Et nous avons besoin de quelqu'un qui connaît Albion. Enfin, l'Albion d'aujourd'hui. »
Le nain hésita un moment, puis capitula en soupirant.
« Très bien, dit-il. Mais il faut partir vite. Mes deux geôliers ne vont pas tarder à trouver du renfort. »
