Quatrième texte... et suite logique du précédent. Pas de référence littéraire ouverte, cette fois-ci, même si j'ai failli le faire~
Enjoy ! :) Et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, je ne mords pas :)
004. Puppy Love
Un an passa et avril fut de nouveau présent, accompagné de son cortège de fleurs et de verdure. Les officiers hollowifiés avaient été sortis de leur torpeur dévastatrice grâce au travail acharné de Kisuke. Cela donnait plus de travail à Yoruichi et Soi Fon, qui avaient amélioré autant qu'elles le pouvaient leurs vols. Huit bouches en plus à nourrir, même si elles avaient été prévues depuis longtemps, restaient un problème. Ils allaient devoir gagner des sous. Kisuke s'était de nouveau plongé dans son travail, décidé à les aider, mais maintenant que Shinji était capable de bouger et de parler, il n'avait plus l'occasion de passer des semaines entières dans son laboratoire de fortune. Soi Fon pouvait voir Yoruichi sourire quand l'ancien capitaine aux longs cheveux blonds passait devant elle, l'air agacé, pour descendre quatre à quatre les marches qui descendaient dans le sous-sol. Une partie de son inquiétude s'était envolée. Il était moins rare, maintenant, de la voir venir s'installer de tout son long sur la terrasse, baignant dans le soleil du printemps.
Alors qu'elles prenaient la route pour atteindre le marché, Soi Fon se rendit compte que le lilas était à nouveau en fleurs. Il fallut quelques minutes à Yoruichi pour se rendre compte que la jeune femme s'était arrêtée et qu'elle l'avait laissée continuer sur le chemin sans la prévenir. En quelques foulées légères, la chatte s'approcha, observant l'expression heureuse de son ancienne garde du corps alors qu'elle était en train de respirer l'odeur des fleurs blanches. Sa jeunesse retombait sur ses traits, comme une enfant heureuse de redécouvrir le printemps. Yoruichi s'assit à côté d'elle, la queue battante, bientôt couverte de poussière. Imaginer qu'elle avait forcé la jeune femme dans une situation pareille... Qu'à cause d'elle, tout ce qu'elle avait connu...
- Yoruichi-sama ?
- ... Oui ?
- Est-ce que vous... est-ce que tu aimerais que je ramène un bouquet de lilas ? Au magasin je veux dire. Tu avais apprécié la dernière fois.
La queue se suspendit dans l'air, point d'interrogation sans question. Soi Fon s'était-elle rendu compte que sa princesse avait conservé la fleur, séchée, à l'odeur si enivrante ? Quand elle n'était pas sous sa forme féline, parfois, au coeur de la nuit, elle la sortait et la contemplait. Cette fleur était un printemps et un espoir.
- Je veux dire... si cela vous... si cela te fait plaisir... c'est juste...
- Tu l'avais fait pour moi ?
- Je ne t'en aurais pas offert un brin sinon, Yoruichi-sama.
Son sourire se transforma, plus éclatant, plus heureux. Elle coupa quelques brins de lilas et les serra dans ses bras, promettant à sa princesse qu'elle s'occuperait de les mettre dans un vase dès qu'elles seraient rentrées.
~o~
Tessai la surprit sous sa forme humaine, enveloppée dans le simple yukata qu'ils lui avaient trouvé, la fleur séchée entre les doigts, regardant les lilas frais que Soi Fon venait de déposer dans sa chambre avant de disparaître pour aller s'entraîner avec Hiyori. Pour une fois, elle ne l'avait pas retenue ni ne l'avait accompagnée. Les jambes croisées sous elle, elle jouait avec la tige fragile, vidée de toute vie.
- Des lilas ?
- Ah... ! ... Tessai. Parfois, tu me surprends encore, j'admire !
Il s'accroupit à côté d'elle et regarda les fleurs. Elle ne détourna pas ses yeux de celle qu'elle tenait. Elle n'était pas sûre de vouloir entendre ce qu'il allait lui dire ensuite. Il n'y eut pas d'explosions d'émotions, auxquelles il était pourtant si familier, dans les bonnes conditions. Juste le calme et l'odeur des lilas.
- "Premier amour".
- Pardon ?
- Soi Fon te les a offertes, n'est-ce pas ?
Enfin, elle releva la tête pour le regarder, mais il continuait de fixer les fleurs, retombant dans son habituel silence. Elle tenta bien de lui demander de s'expliquer, mais elle n'obtint aucune réponse, en dehors d'un demi-sourire. Au bout de quelques minutes, il se releva et s'excusa, l'heure du repas s'approchant.
Le lilas signifie "premier amour" dans le Hanakotoba, le langage des fleurs japonais.
