Chapitre quatre : Light

Une fois sortie de St-Mangouste, je me mordillai la lèvre de dépit et sentis quelques gouttes de pluie me mouiller le visage. La pluie tombait finement. C'était étrange comme je perdais toute envie. Les odeurs, les couleurs, tout me paraissait fade. Je marchais dans la rue lentement, le nez enfoui dans ma grosse écharpe, sans trop savoir où j'allais, sans trop savoir quoi faire, quand soudain, je me figeai.

Avery et Nott étaient debout de l'autre côté de la chaussée. Leurs longues capes noires fouettées par le vent se soulevaient et giflaient les enfants moldus qui passaient près d'eux. On aurait dit qu'ils attendaient quelque chose ou quelqu'un. Discrètement, je me cachai derrière une voiture moldue garée près du trottoir et les espionnai à travers ses vitres sales et poisseuses. Mes mains collaient au rétroviseur tandis que je me penchai en avant, la tête dépassant du capot, pour mieux les épier.

Je n'avais pas revu Avery depuis des mois. Ce type était tout ce que je détestais, vantard, méprisant, imbu de lui-même, adepte de la torture et de la pendaison des « Sang-de-bourbe ». Me retrouver avec lui dans ce wagon de train, la première fois que nous allions à Poudlard, avait été pénible. Aujourd'hui, je savais qu'ils m'avaient traitée de sang-de-bourbe, de moldue, de cracmol durant tout le trajet. Que des mots que je n'avais pas été capable de comprendre, et que je regrettais d'avoir entendu si souvent durant mes années à Poudlard.

Un jour, lors de notre deuxième année, je lui avais accidentellement fait boire une potion d'hilarité. Et c'était bien la seule fois où je l'avais vu perdre ses moyens et pleurer de rage auprès de Pompom. C'était le bon vieux temps.


« J'espère que tu as une bonne raison de me demander ça. »

Lily et ses longs cheveux roux flamboyants étaient face à moi, dans un couloir du troisième étage. Nous étions vendredi soir et le banquet d'Halloween était dans moins d'une heure. Je salivais déjà de la tarte à la citrouille, du poulet grillé, de la purée de potiron à la cannelle, et du gâteau monstrueux au chocolat. Mais avant d'aller me goinfrer de sucreries, j'avais entraîné Lily loin des oreilles indiscrètes et lui avait parlé de mon plan infaillible pour pimenter notre soirée d'Halloween.

« Allez Lily », dis-je avec malice. « Ils l'ont bien mérité, pour une fois que ce sera eux le dindon de la farce. »

Lily sembla considérer ce que je venais de dire, puisque qu'une dangereuse lueur s'anima dans ses beaux yeux verts. « Severus n'en aura peut-être pas. »

J'haussai les épaules. Je n'en avais aucune idée, mais ça valait le coup d'essayer. D'un accord tacite, nous repartîmes chacune de notre côté. J'étais l'appât, celle qui était censée distraite. Sifflotant joyeusement, je grimpai jusqu'au septième étage, donnai le mot de passe à une Grosse Dame passablement taciturne, et me laissai choir dans le fauteuil en face de la cheminée de notre salle commune. Remus et Peter étaient assis dans le canapé, et discutaient des décorations d'Halloween qui avaient été suspendues dans tout le Château et ensorcelées par le professeur Flitwick. Le mort-vivant barbu du sixième étage était certainement le plus flippant, surtout quand il se mettait à courir après nous et nous mordait les oreilles avec sa bouche décomposée. Ça ne faisait pas mal, c'était juste dégoûtant.

« Sirius et James ne sont pas là ? » leur demandai-je innocemment.

« Sûrement en train de préparer quelque chose » me souffla Remus tout bas. « On ne les a pas vu de la journée. »

S'ils ne venaient pas au banquet, tout mon plan serait fichu à la poubelle. Pendant près d'une demi-heure, je restai immobile à écouter Remus et Peter. J'avais un comportement très suspect, si bien qu'à la quatrième fois où Remus me demanda si j'allais bien, je lui souris et lui confia que je devais aller aux toilettes avant de descendre à la Grande Salle. Ce n'était pas très glamour, mais aux grands maux les grands remèdes. Je bondis hors de mon fauteuil, et dégringolai les escaliers, jusqu'à me retrouver devant les cachots. Nerveusement, j'attendis que la chevelure sauvage de Lily s'extirpe de ce couloir déprimant. Ce n'était plus qu'une affaire de quelques minutes avant que le banquet ne commence. La plupart des élèves se rendaient déjà à la Grande Salle. Je m'étais un peu cachée en retrait, pour éviter que les Serpentard ne me voient rôder ici. J'avais déjà assez de mal à échapper aux sarcasmes de Mulciber et d'Avery pour me montrer à découvert dans un tel endroit.

« Lily ! »

Je la hélai discrètement lorsque je la vis ressortir des cachots entre deux Poufsouffle de première année qui s'étaient probablement égarés. Lily sortit une petite fiole de la poche de sa robe et me la planta âprement dans la main.

« Severus a des soupçons, il ne voulait pas m'en donner », me reprocha Lily alors que nous marchions sereinement jusqu'au lieu des festivités. « Je ne veux pas qu'il pense que je me sers de son amitié pour me fournir en potion euphorisante. »

Je levai les yeux au ciel, puis tiquai.

« Potion euphorisante ? »

« Il n'avait pas de potion d'Enflure, alors il m'a donné ce qui lui restait dans sa réserve. »

« Il a une réserve personnelle ? » m'étranglai-je subitement. « Bon, eh bien j'imagine que ça fera l'affaire. »

Nous entrâmes dans la Grande Salle et ses décorations aux couleurs de l'automne illuminèrent mes prunelles noires. Des chauves-souris volaient au-dessus de nos têtes, de grandes tapisseries représentant des peintures d'Halloween avaient été suspendues sur les murs, et de la toile d'araignée avait été tirée sur toute la longueur de la table des professeurs. En nous approchant de nos places respectives, nous vîmes de petites araignées en plastiques s'animer sur les tables.

« J'adore ! » m'exclamai-je en enjambant le banc. « Lily, regarde, il y a même des dragées surprises de Berty Crochu ! »

Un énorme seau rempli de ces dragées était juste devant moi. C'était le plus beau jour de l'année, avec le banquet de Noël évidemment. Je trépignais d'impatience. D'une discrétion sans faille, je versai quelques gouttes de la portion que Lily m'avait donnée dans un verre de jus de citrouille et j'attendis. Lily me jetait des regards en coin, et je sus immédiatement qu'elle regrettait de s'être laissée entraîner dans mes magouilles.

« Alice est encore à l'infirmerie ? »

Je relevai la tête de mon assiette si astiquée qu'elle m'éblouissait et vis que Sirius s'était assis en face de moi. Son regard anthracite était encore plus pétillant que d'habitude. D'un sourire amusé, je le regardai empoigner le jus de citrouille que j'avais spécialement préparé pour lui.

« Pompom lui a donné de la pimentine. Elle refuse de sortir de l'infirmerie avec ses oreilles qui sifflent. »

Sirius éclata de rire, but une gorgée de son jus de citrouille et reposa tranquillement son verre sur la table. La potion ne devrait pas tarder à faire effet. J'enfilai nerveusement un bonbon dans ma bouche et attendis patiemment que Sirius devienne hystérique. Nos doigts venaient de se frôler dans ce seau de dragées garni et coloré, mais je m'efforçais de ne pas y penser. Depuis quelques jours, tous ces petits effleurements sans importance me sautaient aux yeux, et j'avais envie de fuir très loin de lui. Il était le seul à m'effleurer de cette façon, même James et Remus ne m'avait jamais touchée.

« Alors, il est bon ce jus de citrouille ? » Je le fixai avec un regard voilé par la folie. Il ne s'en aperçut pas, et même, il replongea ses lèvres lentement dans le jus de citrouille en me défiant du regard. L'apesanteur était devenue étouffante, je sentis le poids de la gravité peser sur mes épaules.

« Aurais-tu essayé de m'empoisonner Mary ? »

« Je… » J'étais incapable de parler, parce que son foutu regard gris et pétillant me dévisageait comme s'il allait me bouffer toute crue. C'en était trop pour moi. « J'aurais essayé au moins » maugréai-je.

Sirius repartit dans un nouveau fou-rire. Je jetai un regard défaitiste à Lily, qui secouait vivement la tête. Ce n'était pas aujourd'hui que j'allais rendre la monnaie de sa pièce à Sirius. Néanmoins, je ne comprenais pas pourquoi la potion n'avait pas fait effet. Peut-être que Severus s'était trompé dans sa préparation.

« Tu ne peux pas nous arriver à la cheville » me taquina James. « T'as essayé de mettre quoi dans le verre ? »

« Une potion d'hilarité. »

James et Sirius étaient vraisemblablement surpris. « Tu aurais pu trouver mieux quand même. » Et ils continuèrent à rire et se foutre de moi, James se passant sa main dans ses cheveux et Sirius se balançant en arrière sur le banc. Voyant que j'allais furieusement répliquer, Lily m'obligea à me taire en m'écrasant le pied. Elle ne voulait en aucun cas être mêlée à une conversation à laquelle James Potter participait.

« Bien essayé Mary » me fit Sirius avec un clin d'œil.

J'hésitai à cracher dans son assiette, mais je me dis que ce n'était pas tellement approprié, surtout avec le pied marteleur de Lily près des miens. Alors que je prenais mon verre de jus de citrouille dans ma main, quelqu'un me le rafla au passage. J'étais bouche bée. Avery était passé à côté de notre table et m'avait volé mon jus de citrouille. Il se moquait de moi, je le voyais me jeter des regards cyniques avec ses amis, alors qu'ils regagnaient la table des Serpentard. Je soupirai.

Je n'avais plus de verre maintenant.

« Il va rire, ça c'est sûr » ricana narquoisement Sirius, lorsque je me retournai vers lui. « Avery est bête comme un troll. »

J'aurais dû m'en douter. Sirius n'avait pas été touché par la potion d'hilarité parce qu'il avait échangé nos verres. Il avait dû deviner que quelque chose clochait avec le sien, ou il m'avait sûrement entendue parler de mon plan génialissime à Alice, ce matin à l'infirmerie. Comment avais-je pu croire que je réussirais à berner Sirius ? Lily me lança un regard abasourdi, elle était certainement arrivée à la même conclusion que moi.

« AH AH AH AH »

Un rire hystérique retentit dans la Grande Salle. Je n'avais même pas besoin de savoir d'où il provenait. Avery avait bu le jus de citrouille contenant la potion d'hilarité. Par Merlin, j'étais foutue. Le professeur McGonagall allait me renvoyer de l'école et je finirais ma vie comme vendeuse de journaux dans la rue.

« AH AH AH AH »

Tout le monde s'était tu. On entendait qu'Avery dans la salle, et la voix sèche du professeur McGonagall. « Voyons mon garçon, calmez-vous. » Elle parlait à voix basse avec Mulciber, qui pointa soudainement son doigt dans ma direction. Nom d'une bouse de dragon. Le professeur McGonagall empoigna Avery pour qu'il se lève et le traîna d'un air agacé jusqu'à moi. Il était toujours parcouru de spasmes et des larmes perlaient maintenant aux coins de ses yeux. Avery était un beau garçon, presque autant que l'était Sirius, et le voir aussi misérable me frappa d'horreur. Était-ce moi qui l'avait mis dans cet état ?

« Mary, suivez-moi », m'ordonna-t-elle sévèrement.

Mon ventre se retourna dans tous les sens. Livide, je me levai lentement sous les regards stupéfaits de tous les élèves du Château. Seul Sirius et James souriaient joyeusement, ravis de mon petit coup d'éclat – qui n'était pas vraiment le mien, puisque je visais Sirius. Une fois arrivés tous les trois à l'infirmerie, sous le regard inquiet d'Alice, Pompom s'occupa de soigner Avery, qui pleurait tellement que j'aurais pu arroser les plantes grimpantes du professeur Chourave avec ses larmes.

Je voyais qu'Alice étouffait son rire dans ses draps. Le professeur McGonagall me fit la morale pendant de longues minutes et me demanda finalement où j'avais réussi à me procurer une potion de ce genre. Je restai muette. Un magicien ne dévoilait jamais ses secrets.

« Bien dans ce cas, vous viendrez en retenue toute la semaine. Je pensais que vous étiez plus intelligente que ça, Mary, ne laissez pas Sirius Black et James Potter déteindre sur vous. »

J'esquissa un sourire soulagé. Je n'avais pas été renvoyée de l'école. J'avais peut-être trop dramatisé cet accident. Légère comme une plume, je souhaitai bonne nuit à Alice et remontai dans la salle commune, encore déserte. Le banquet n'était certainement pas terminé. Je trouvai une assiette de poulet grillé et de purée de potiron sur une des tables, probablement envoyée sur ordre du professeur McGonagall. Je mangeai rapidement, pour combler le grognement intempestif de mon estomac.

Et s'il y a bien une chose à laquelle je ne m'attendais pas, c'était de voir mes amis franchir le tableau de la Grosse Dame seulement dix minutes plus tard, en me félicitant de mon coup de génie. Lily était restée dans la Grande Salle, mais Sirius, James, Remus, Peter, Emmeline, et Marlène étaient là, à rire si fort que mon cœur se gonflait de joie.

« Et McGonagall ? » s'enquit Sirius en s'approchant de moi.

Je voyais qu'il avait peur que j'aie mal pris le fait qu'il ait interverti nos verres, et que je sois celle qui écope des retenues. Mais je ne lui en voulais pas, et même, j'étais reconnaissante qu'Avery soit bête comme un balai. Sans lui, c'est moi qui serait à l'infirmerie à l'heure qu'il est.

« On a rapporté un seau de bonbons en douce ! » beugla James.

J'avais tellement ri lorsque James imitait Avery que j'avais failli m'étouffer avec une dragée surprise de Berty Crochu. James avait dû me taper dans le dos pour l'expulser de ma gorge, me décrochant un poumon au passage.

C'était certainement l'un de mes plus beaux Halloween.


« Mary ! »

Je sursautai violemment, faisant tomber ma baguette magique sur le trottoir. Main sur mon cœur qui fibrillait presque, je jetai un coup d'œil à la figure blême de Gatus. Par le cul trempé de Merlin. Gatus était tout près de moi, trop près de moi. Il s'était dépêché de ramasser ma baguette, qu'il me tendait maintenant avec un sourire timide. Je n'avais pas bougé d'un poil, acculée contre cette voiture crade. J'étais embarrassée et mal à l'aise. Ma vie était enfin devenue un peu plus palpitante, je m'étais sentie bien le temps d'un instant, m'imaginant que ce n'était pas un hasard si je croisais la route de Nott et d'Avery aujourd'hui. Et voilà qu'il me dérangeait ! Forcément que Nott et Avery tramaient quelque chose. Ils respiraient tous les deux la fourberie. J'ignorai délibérément Gatus et reportai discrètement mon regard sur le trottoir d'en-face. Avery et Nott s'étaient volatilisés. Nom d'une bouse de dragon.

« Mary, pourquoi tu te tiens à cette voiture ? Tu es sûre que ça va ? », s'enquit Gatus dans mon dos.

Je lâchai le rétroviseur et grimaçai de mes mains couvertes de suie. D'un coup de tête revêche, je dévisageai froidement Gatus, me surprenant moi-même. Je n'aimais pas être méchante, je n'en tirais aucun plaisir, mais parfois, je ne pouvais simplement pas faire autrement. « Qu'est-ce que tu veux Gatus ? »

« Lily m'a dit que je pouvais te trouver à St-Mangouste, je m'inquiétais. », dit-il avec une voix gênée et un regard attendrissant. J'avais oublié comme Gatus était foncièrement gentil. Loin de l'orgueil et de l'arrogance de Sirius. Parfois, je me demandais ce qui m'était passée par la tête pour préférer Sirius Black à Gatus Lobster. J'étais sûrement tombée sur la tête, comme toutes ces autres filles qui tombaient en amour devant ses yeux gris et son charme.

« Désolé, je suis un peu tendue. »

« Lily m'a dit que tu étais malade. » Je passai mes mains sur mon jeans pour ôter la suie, et soupirai. Gatus m'enquiquinait à me rabâcher ce que je savais déjà parfaitement. « Elle m'a dit que tu t'étais faite mordre par un serpent, que tu n'étais pas sûre de guérir… » Il me regardait comme s'il attendait que je lui éclaire sa lanterne.

« Qu'est-ce que je tu veux que je te dise Gatus ? »

« Que tu ne vas pas mourir. »

Il était encore attaché à moi, comme j'étais attachée à lui. S'il était malade comme je l'étais, j'aurais tout fait pour lui venir en aide. Mais ce n'était ni le lieu, ni le bon moment pour parler de ça.

« Je dois y aller Gatus, nous reparlerons une autre fois. »

Jamais de préférence. Je remerciai secrètement Merlin qu'il ne m'ait pas suivie, qu'il m'ait laissée tranquille.

L'entrée visiteur du Ministère de la magie n'était plus très loin. Je m'engouffrai dans cette cabine téléphonique usagée et composai fébrilement le numéro. Quelques secondes plus tard, je foulai le sol du Ministère. Une ambiance pesante et malsaine régnait dans l'atrium. J'avais l'impression que tout le monde se jetait des coups d'œil méfiant. La confiance était un mot qui n'avait plus de sens aujourd'hui. N'importe qui pourrait être sous l'influence de l'Imperium, n'importe qui aurait pu boire du Polynectar, et semer la discorde chez ceux qui étaient encore là pour se battre. Après m'être enregistrée au guichet, je me jetai corps et âme dans l'ascenseur, puis je filai la tête emmitouflée dans mon écharpe jusqu'au bureau d'Alastor Maugrey. La porte étant entrouverte. J'entrai timidement à l'intérieur.

Dès qu'il me vit, et d'un coup de baguette franc, Fol Œil referma sèchement la porte derrière moi. Il boitilla ensuite dans ma direction et me dépassa pour chercher quelque chose dans un de ses nombreux tiroirs. En l'occurrence, il y a en avait des centaines, répartis sur toute la hauteur et le largueur du mur, du sol au plafond.

« Tu fais peur à voir gamine, bois ça. »

Il fourra une fiole dans ma main d'un geste bourru et retourna boitiller vers son bureau. Je m'exécutai sans réfléchir. Peut-être aurais-je dû, peut-être que cet Alastor n'était pas le vrai, peut-être qu'il tentait de m'empoisonner pour en finir une bonne fois pour toute avec moi. Mais le liquide avait déjà coulé dans ma gorge. Alors je m'étais assise dans la chaise noire en cuire face à son bureau, et je m'étais accordée un instant pour me reposer. J'étais tellement fatiguée. Alastor s'était rassis derrière son bureau et me dévisageait. Il était presque effrayant avec ses cicatrices, toutes plus ou moins récentes.

« Est-ce que tu te sens mieux ? »

« Non. » Bizarre. J'avais voulu dire oui, mais c'était un « non » qui était sorti de ma bouche. En soit, ce n'était pas totalement faux. J'avais l'impression d'être prise en tenaille dans un filet du diable. Marcher jusqu'ici avait été une très mauvaise idée.

« Qu'est-ce qui t'amène ? » me demanda Alastor en croisant ses mains sur son bureau. Une fois encore, ses cicatrices m'interpellèrent. Il avait déjà enfermé une poignée de partisan de la magie noire à Azkaban et il en gardait malheureusement quelques traces.

« Lily m'a mise au courant. Je suis d'accord d'enquêter sur la taupe. »

« En es-tu vraiment sûre ? »

« Non. » Encore une fois, Merlin, je ne voulais pas dire non. Et pourtant, c'était strictement la vérité. Je n'étais pas sûre de vouloir accomplir cette mission. Je ne m'en sentais pas capable, j'étais épuisée, j'avais peur d'apprendre qu'un de mes amis nous trahissait. Mais je devais le faire, parce que l'espoir ne devait pas tarir dans nos cœurs.

« C'est bien ce que je craignais, Sirius a raison », grogna-t-il dans un soupir résigné.

« Sirius a tort », vociférai-je. « Et je trouverai le traitre, j'en fais la promesse. »

Maugrey parut légèrement surpris. Croyait-il qu'il pourrait me berner plus longtemps ? Je regardai la fiole que je venais de boire et fis une grimace lassée. Du Veritaserum. Alastor n'était pas un Auror pour rien. Il avait l'art et la manière d'agir en toute discrétion. Il était malin.

« Tu as mis du temps à t'en rendre compte. »


Voilà le 4ème chapitre ! La méfiance s'installe, Mary va bientôt commencer son enquête... on devrait en apprendre plus sur Gatus dans les prochains chapitres, et bien sûr Sirius va revenir. Merci bcp Gilgalad Swiftblade pour ta review et merci à ceux qui lisent cette histoire :) A bientôt !