Chapitre 3 : Le passage aux aveux


Ce matin-là, Harry se sentait mal. La réaction que Drago avait eut la veille l'avait troublé, décidément, il ne comprenait vraiment rien au Serpentard. Il l'avait pourtant aidé, le blond s'était confié à lui, il avait chassé ses vieux démons en en parlant, mais au lieu de le remercier, il était parti en courant sans ne rien dire. Le Gryffondor se sentait coupable, il se demandait quelle erreur il avait pu faire, quelle maladresse il avait pu commettre envers Drago pour que celui-ci s'en aille sans lui adresser un mot. Cette pensée le hanta même pendant son trajet jusqu'à la grande salle pour prendre son petit-déjeuner, mais, par chance, il reconnu au loin la fine silhouette élancée du jeune homme aux yeux bleus-gris au bout du couloir. Il pressa donc le pas et arriva à sa hauteur, mais avant même qu'il eut lâché un son, Drago prit la parole.

« Salut Harry, excuse-moi pour hier soir, je suis parti précipitamment, mais je ne me sentais pas très bien, menti-t-il.

- J'ai d'abord cru que c'est moi qui t'avais fait fuir, ria le brun.

- Non, jamais, voyons !

- Et, vas-tu mieux ?

- Oui, je te remercie, ce n'était presque rien ».

Harry était soulagé à la fois de ne pas être responsable du malaise de Malfoy, mais de savoir qu'il allait bien, après tout, il était son nouvel ami, il s'inquiétait déjà pour lui. Il entrèrent donc ensemble dans la grande salle puis partir chacun de leur côté sans même échanger un regard comme si de rien n'était. Chacun prit donc place à la table de sa maison et lorsque notre Gryffondor fut assit, son meilleur ami entama la discussion, la bouche pleine, une fois de plus.

« Harry, où étais-tu hier soir ? Interrogea Ron.

- Où voulais-tu que je sois ? Demanda le brun.

- Je t'ai vu sortir de la chambre en plein milieu de la nuit...

- Tu n'étais pas censé dormir ?

- Il se trouve que je ne dormais pas, mais qu'est ce que tu faisais en dehors de la chambre à une heure pareille ?

- Un petit creux, avoua-t-il.

- Je ne vais certes pas t'en blâmer, pour une fois que tu manges quelque chose, mais j'ai encore une question, comment se fait-il que tu sois arrivé dans la grande salle en même temps que Malfoy ? ».

Potter était dans une impasse. Il ne pouvait pas mentir à ses amis, ils lui avaient toujours été fidèles et il s'était juré de ne jamais leur mentir, de plus, ils se rendraient compte qu'il les prenait pour des imbéciles, mais si ils leur disaient qu'il était devenu l'ami de Drago, ils le lapideraient sans doute. Leur annoncer que le Serpentard et lui avait fait la paix signifiait pour Hermione qu'il pardonnait l'horrible garçon qui la traitait de sang de bourbe depuis plusieurs années, qui n'avait aucun respect ni pour elle, ni pour son talent en matière de sorcellerie, et pour Ron qu'il faisait l'impasse sur la conduite effroyable de Malfoy envers Ron depuis si longtemps, lui qui se riait du fait que les Weasley n'avait que très peu de moyens.

« Je... Commença Harry, j'ai eu une discussion avec Malfoy.

- Exuse-moi ?! S'étrangla le rouquin.

- Il a tenu à me parler, à m'expliquer beaucoup de choses, tenta le brun. - Mais de qui se moque-t-il ?! Se fâcha Hermione, et toi, comment as-tu pu l'écouter, c'est totalement

absurde ! ».

Voyant bien que la situation tournait au vinaigre, il lança un regard plein d'espoir et d'appel à l'aide à Drago qui l'intercepta et comprit tout de suite de quoi il s'agissait. Il s'excusa auprès de ses amis puis quitta la table pour rejoindre son nouvel ami. À peine s'était-il installé aux côtés de Harry que les deux amis du Gryffondor se turent. Là, le blond leur expliqua tout depuis le début sans manquer de s'excuser un nombre incalculable de fois auprès des deux tourtereaux sous le choc, le tout sous l'œil admiratif du beau brun. Il était heureux, heureux que Drago ne l'aie pas laissé tomber dans ce moment critique, qu'il soit venu s'excuser et s'expliquer lui-même auprès des personnes à qui il avait causé le plus de torts, que ses deux amis soient abasourdis et estomaqués par l'histoire du Serpentard, il voyait dans leur regard que bientôt tout serait oublié, même si Ron et Hermione étaient très rancuniers.

Après leur petite discussion, Drago se retira à sa table et dû bien évidemment des explications à ses amis, aussi énervés qu'affligés par le comportement du blond, mais pendant ce temps, les Gryffondors entamaient un débat.

« Est-ce qu'il s'agit bien du même Malfoy auquel on a eu à faire pendant six ans ? Demanda Hermione.

- Non, c'est une toute autre personne à en croire son discours et sa conduite, décida Ron, en même pas, ce n'est pas si surprenant compte-tenu de ce qui lui est arrivé...

- Vous comprenez mieux maintenant, j'imagine ,pourquoi j'apprécie ce Drago-ci, déclara Harry.

- Oui, on voit bien que tu l'apprécies beaucoup ! Lança la brunette, un grand sourire aux lèvres.

- Hermione, ne dis pas de bêtises ! Gronda Ron ».

Harry rougissait, peut-être que son amie n'avait pas tort. Il est vrai qu'il aimait beaucoup le nouveau Drago, mais jusqu'à quel point ? Il n'avait pas de réponse pour le moment et ne voulait pas y penser. Certes le blond n'était plus celui d'autrefois, mais si Harry se mettait à l'aimer, d'un amour qui défie tout, ce dernier serait déçu, car si un Malfoy se doit de ne jamais aimer, un Malfoy aimera encore moins un autre homme. Alors il lança un regard vers la table des Serpentard, vers Drago, son Drago, et il croisa le regard de ce dernier. Soudain, son cœur s'emballa, il avait le souffle court, hors d'haleine comme après une longue course tandis que le blond continuait de le fixer, des promesses plein les yeux comme s'il resterait là pour toujours. Mais alors que notre brun aux yeux verts était plongé dans ses pensées et dans le regard de Drago, il vit en diagonale les petits coups d'œil que Hermione et Ron se jetaient respectivement. Intrigué, il se concentra sur les agissements discrets de ses deux meilleurs amis. Cela faisait un certain temps qu'Harry avait remarqué l'attirance qu'ils avaient l'un pour l'autre, mais, bien sûr, ils avaient tous les deux trop peur d'être rejetés et, sans aucun doute, trop de fierté pour s'avouer leurs sentiments. Selon notre Gryffondor, c'était un réel gâchis, toutes ces manières, et il comptait bien convaincre au moins son meilleur ami d'aller parler à la fille qu'il aimait. Ce n'était pas gagné d'avance, car même si Ron savait Harry de très bon conseil, il avait un très fort caractère et était, entre autre, très têtu, il serait donc difficile de le persuader qu'il n'y avait aucun scénario catastrophe possible.

Dans l'après-midi, pendant le cours de sortilèges des Gryffondors de septième année dirigé par le professeur Flitwick, Harry se mit en tête d'accomplir la lourde tâche qu'il s'était imposée, il commença donc son entreprise périlleuse munit de sa voix la plus docile et convainquante.

« Ron, j'aurais voulu te parler de quelque chose, chuchota Harry pour ne se faire entendre que de son ami.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Lui répondit le rouquin, sur le même ton.

- Tu sais, j'ai remarqué que depuis un certain temps, toi et Hermione vous courez beaucoup après...

- Qu'es-tu entrain d'insinuer au juste ?

- Je pense très sincèrement que tu devrais lui parler, risqua Harry.

- Tu plaisantes ! Moi ? Aller parler à Hermione de ce que je ressens pour elle ? Tu es malade !

- Ça ne peut avoir que des côtés positifs, en y réfléchissant bien, tu ne peux pas être déçu car même si elle ne partage pas tes sentiments, ce dont je doute fortement, elle sera assez intelligente pour rester ton amie.

- Peut-être, mais tu comprends, expliqua Ron, je ne me vois pas du tout aller lui parler. Tu me connais, je me mettrais à bégayer, je perdrais mes mots puis je partirais sur un sujet de conversation totalement différent, je ne suis pas capable de lui en parler... Et si toi tu le faisais à ma place ?

- Je ne suis pas un conseillé matrimonial Ronald Weasley !

- Un quoi ?

- C'est du langage moldu, et, malheureusement, l'équivalent de ce métier n'existe pas chez les sorciers, mais, peut importe, un conseillé matrimonial est une personne dont le métier est d'aider les couples à faire face aux conflits qu'ils peuvent avoir, à les régler, ce genre de choses.

- Ah, oui, je comprend mieux...

- Essaie, tenta une ultime fois Harry, essaie d'aller le lui expliquer, je suis sûr que tu peux y arriver ».

Pour toute réponse il eut droit à un hochement de tête de la part de son ami qui venait de voir se poser le regard menaçant de Flitwick sur eux. Le brun était satisfait de son œuvre, il savait que Ron ne le trahirait pas et irait parler à Hermione comme promis, sur ce point-là, Harry n'avait aucun soucis à se faire, il avait d'ailleurs, un autre soucis sur les bras, qui pesait plus lourd que tous les autres.

De son côté, Drago venait de finir de s'expliquer avec ses amis au sujet du pourquoi du comment de sa nouvelle amitié avec Harry Potter. Ils avaient tous été très surpris et choqués au plus haut point en apprenant que le noble Drago Malfoy s'était lié d'amitié avec le ridicule mais célèbre petit Potter à qui il avait fait la guerre six années durant. Chez les Serpentards, l'incompréhension la plus totale régnait, même après de longues explications et justifications de la part de Malfoy qui avait dû, par la même occasion, leur avouer à eux aussi sa terrible histoire. Beaucoup comprirent la réaction de Lucius, ce qui blaissa Drago qui vit ses amis se ranger du côté de son père. Certes, il n'était pas étonné de la réaction de ses amis compte-tenu du fait que la majorité des élèves de Serpentard possédaient des parents mangemorts. Certains s'accordaient à dire que ce n'était que fables et rumeurs, mais c'était pourtant vrai, et les enfants des partisants du mage noir suivaient aveuglément leurs géniteurs, quelques soient leurs actes et décisions. Néanmoins, quelques uns soutinrent notre blondinet sans vraiment comprendre son geste puisqu'ils étaient conscients, eux aussi, des valeurs des Malfoy, la gentillesse et la politesse dont leur ami faisait preuve auprès du survivant leurs paraissaient être un comportement déplacé auquel un Malfoy ne devrait pas s'abaisser, néanmoins il ne rejetèrent pas l'idée que Potter soit un bon camarade, un Serpentard est régulier, il laisse sa chance à qui veut avant de le juger, même si Harry était, au départ, l'exception à cette règle. Le dîner était sur le point de se finir, la journée s'était déroulée normalement pour Drago, aussi banale que les précédentes à l'exception des explications qu'il avait dû fournir à répétition. Pendant le repas, il avait plusieurs fois posé son plus doux regard sur le Gryffondor qui le lui avait rendu à quelques reprises, son nouvel ami l'intriguait beaucoup, il aurait aimé en savoir plus sur sa personne, sur son vécu, mais il n'osait pas tellement montrer un quelconque intérêt pour la vie de Harry, de peur que le mythe du Malfoy irrespectueux et insensible ne soit brisé. Il se cantonnait juste à espérer qu'il aurait l'occasion de passer quelques moments seul avec le brun pour lui voler quelques mots. Il se demandait même s'il aurait la surprise de croiser à nouveau Harry par hasard, dans une situation incongrue voire délicate, il voulait devenir proche de lui, assez proche pour le voir se confier à lui, pour sentir son odeur lorsqu'ils se raconteraient à l'oreille de âneries qui ne feraient rire qu'eux, il voulait être complice avec lui, et il avait tellement soif de cette proximité qu'il en oubliait la lettre de son père qu'il avait reçu pendant le repas de midi.

Le paysage était sombre, et il n'y voyait pas à cinq mètres devant lui. Il avançait visiblement dans un espace extérieur à en juger par l'odeur de terre fraîchement retournée qui flottait dans l'air, mais aucun son d'insecte, aucune brise, et à mesure qu'il avançait, le tableau rougissait. Il put bientôt distinguer la végétation qui l'entourait, de petits bosquets touffus ça et là, des rangées d'arbres immenses au tronc fin et à l'écorce craquelée et rugueuse, arrachée par endroits, un tapis de mousse et de terre humide dessinait le chemin que Drago empruntait, et dans l'air, un brouillard rosé. Puis il réussit à remarquer une silhouette au loin, un homme, selon lui, immobile et débraillé, tenant à peine sur ses jambes. Et il continua à avancer en direction de cette tâche noire imprécise que formait cet homme, mais quand il arriva assez prêts pour distinguer cette personne, il eut préféré ne jamais s'être approché. Devant lui se tenait Harry, couvert de sang, ses vêtements en lambeaux, découvrant la majeure partie de son corps, tremblant de froid, et de peur face à celui qui se tenait devant lui. À quelques mètres du survivant, un homme très mince vêtu d'une cape sombre, crâne nu. En se rapprochant, Drago pu reconnaître les traits de Lord Voldemort, et soudain, ce dernier qui était immobile, s'éveilla et lança moult sorts sur le pauvre Gryffondor sans défense avant de lui jeter le sort suprême, l'avakedavra, qui le heurta en plein cœur, le faisant tomber à terre sous le regard pétrifié du blond, spectateur impuissant de cette terrible scène. Et lorsque Harry heurta le sol, Drago vit son dernier souffle de vie s'envoler dans les airs, et une dernière larme perler à son œil et glisser sur sa joue pour rejoindre la terre... Avant de s'éveiller.

Drago était sous le choc, médusé par ce qu'il venait de voir, horrifié, il avait peur comme jamais. Dans un élan de folie, il transplana dans la salle commune de Gryffondor sur le champs, et parti à la recherche de la chambre de Harry. Lorsqu'il la trouva, il entra sans aucun bruit et s'avança vers le lit du jeune homme à demi-éveillé.

« Harry, réveille-toi !

- Je suis réveillé Drago, mais qu'est-ce qu'il te prend ? Répondit le brun.

- Suis-moi, il faut que je te parle, c'est urgent ! ».

Il attrapa alors le bras du Gryffondor et transplana jusque dans sa chambre de préfet. Puis, il installa Harry dans le divan près que la cheminée et s'assit à ses côtés.

« J'ai fais un rêve, expliquait-il, paniqué, tu étais là, tout ensanglanté, et le seigneur des ténèbres qui te torturait, qui t'a jeté cet avadakedavra, ton dernier souffle, c'était atroce...

- Est-ce que tu te ris de moi ? Demanda Harry, plus que sérieusement.

- En ai-je l'air ?!

- En réalité, je viens de faire exactement le même rêve ».

S'en était trop pour Drago, lui qui n'avait pas rêvé depuis des lustres, et maintenant ce cauchemar qui lui sautait au visage, à propos de son nouvel ami qui-plus-est. Il était physiquement et émotionnellement fatigué du fragment de nuit qu'il venait de passer, vidé de tout sentiment ou émotion, et il s'endormit là, sous le regard stupéfait de Harry qui n'avait aucune explication à tout cela.


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