aku_664 : Ahah, je suis de retour pour vous jouer un... euh, une jolie scène n.n Attention aux confusions : il n'y a pas de lemon à ce chapitre lol Désolé pour ceux qui en veulent un en express, mais vous avez sûrement deviné au ton de l'histoire qu'il est bien loin. En passant, ça me rappelle qu'une personne, il y a bien des années, m'avait reproché d'avoir mis un lemon au deuxième chapitre. En fait, ça me fait plutôt rigolé maintenant parce que j'avais publié « Un jeu de cheveux » juste pour vous amuser de mon délire. Hélas, « L'Ange et le Corbeau » je le prends très au sérieux et je ne lésinerai pas sur l'évolution psychologique de chacun des personnages. Et ce chapitre met tout en place pour la toute dernière scène. En fait, depuis le début, c'était ainsi et j'en suis plutôt satisfaite. Je suis peut-être bien allée dans les clichés, mais avec raison. Néanmoins, la plupart des histoires de Sasunaru sont classiques. Et j'ai bien dit au début que je n'allais pas forcément dans l'originalité, mais par principe de goûts. Je trouve dommage de trouver de plus en plus d'histoires où on ne fait qu'un Sasuke vraiment con et sadique pour se venger de ce qu'il fait dans le manga. Tout du moins, je veux me rappeler des bons moments qu'ils ont pu avoir ensemble et espérer à une conclusion meilleure.

Note : J'ai inclus le POV de Sasuke au milieu de ce chapitre. Peut-être n'avez-vous pas remarqué que je mettais beaucoup plus d'emphase sur notre beau Naruto, mais quoi qu'il en soit, j'espère bien avoir expliqué ce qui en était des pensées du brun. Il n'est vraiment pas à prendre à la légère et je souhaite de vous permettre de faire le chemin avec moi tout au long de la lecture.

Sur ce, je vous laisse, chers lectateurs, vous rassasier de la suite en trois partie lol Et je vous dis à bientôt!

L'Ange et le Corbeau

Chapitre 4

Quand le corps d'un brun se détraque

Partie 1

Naruto sursauta de s'avoir fait prendre dans ce rêve, tellement fort qu'il tomba du divan, sortant de l'inconscience plus que troublé et confus. Il avait tombé à la renverse sur le dos. Prenant enfin conscience que ce n'était qu'un rêve, il soupira. C'était sûrement dû au manque de ramens, voilà tout. Son esprit délirait la veille à cause de ça, c'était évident. En une fraction de seconde, son teint muta, prenant une couleur plutôt livide. Le plancher était plutôt mou et il n'était plus trop sûr de sur quoi il était tombé. Il espérait que ce n'était pas ce qu'il croyait. Il voulut se retourner, mais il fût poussé violemment. Son menton s'écrasa lamentablement par terre, sur le plancher dur et froid.

- Pousses-toi, baka! cria Sasuke qui s'était fait réveiller et écraser par l'autre.

Naruto se retourna vers le brun tout en se reculant violemment. Il faisait une tête ahurissante, frôlant l'imitation de la truite et l'imitation d'un fantôme à la fois comme quoi il ne changeait pas pour autant d'expressions depuis ses douze ans.

- Qu'est-ce que tu fous à dormir par terre!? cria-t-il.

Sasuke fit la même expression que son rival, m'enfin il y avait de la surprise dans son regard il fallait bien l'observer, en entendant ce que le blond venait de dire. Il se releva pour s'asseoir. Il regarda autour de lui, l'air perdu s'ajoutait à son visage. Le blond était toujours énervé, c'était sûrement la surprise qui le faisait crier ainsi.

- Qu'est-ce que tu foutais à dormir par terre et en plus à côté de moi?! continua-t-il.

- Hum... Ça m'arrive souvent de me... De me réveiller ailleurs que dans mon lit... finit par articuler avec difficulté le brun.

- Hein? lâcha le blond qui ne comprenait pas trop et dont ses traits redevinrent plus ou moins normaux.

Le brun soupira, lui aussi il redevint avec une expression habituelle, donc impassible et à la fois consterné.

- Ça s'appelle faire du somnambulisme, crétin! soupira-t-il encore avant de se lever.

- Et ça veut dire quoi ça? demanda le blond qui avait écarquillé les yeux et qui regardait le brun.

- Ça veut dire que je me lève pendant la nuit et que j'en ai même pas conscience ou même le souvenir d'avoir bougé, expliqua le brun exaspéré.

Le blond se gratta la tête et déchiffra ce que Sasuke venait de dire. Il avait tout compris. Il se leva à son tour et regarda le brun aller dans la cuisine. Le bruit de l'eau du robinet lui parvint aux oreilles. Le son cessa et une tête brune apparut dans l'encadrement du portail de la cuisine.

- Il faut y aller, dit-il impassiblement.

- Mais! Il fait encore noir! cria le blond en signe de protestation tout en pointant les grandes fenêtres.

- Justement, lâcha l'autre adolescent sans s'expliquer. Je prends la salle de bain en premier, continua-t-il en allant vers celle-ci.

Naruto ne chigna pas plus, il était bel et bien réveillé et ne serait pas capable de se rendormir surtout avec le rêve qu'il avait fait, malgré que tout lui semblait un peu comme du brouillard dans sa tête. Soudain, il y repensa comme si une bombe était tombée sur sa tête. Il ne revenait toujours pas que le corps de son coéquipier lui avait fait un drôle d'effet. Ce n'était peut-être pas dû au manque de ramens car... La porte de la chambre de bain s'ouvrit dans un craquement, ce qui le fit sortir de ses pensées. Ses yeux se posèrent sur un torse nu. Naruto eu du mal à déglutir restant pétrifié sous le désir soudain et le choc.

- J'ai oublié de me mettre un chandail, hier, quand j'ai préparé mon linge, bredouilla le brun sans même s'adresser ou regarder le blond qui avait la gueule ouverte comme une carpe.

Le brun alla dans sa chambre et en sortit tout vêtu. Le blond s'enferma dans la toilette avant que celui-ci soit revenu. Il était tout rouge. Il n'y avait plus aucun doute, il fantasmait sur le corps de rêve de son « ami » comme toutes les filles cruches de Konoha. Il faut bien dire que celui-ci avait toujours été attirant pour celles-ci, mais avec l'âge, ses muscles fins s'étaient développés et sa peau, malgré tous les coups qu'il avait dû supporter en combat, restait aussi belle que dans son enfance, soyeuse et blanche. Certains auraient dit tentatrice vu ses 16 ans. Naruto resta là, sans bouger, sous le choc. Son cerveau avait été lent, il était encore tout endormi, mais il n'avait plus sommeil. Il devait être 4h du matin.

- Eh, abruti! Qu'est-ce tu fous? C'est pas censé être si long! cria Sasuke à la porte de la chambre de bain, sentant que le blond devait faire une bêtise à cause du silence inhabituel.

C'est alors que l'Uzumaki ressorti de la toilette, comme il était entré. Il se précipita vers la porte d'entrée en détournant sa tête du brun qui n'en comprenait pas la cause.

- J'ai oublié de m'emporter du linge de rechange! Je reviens! lâcha le blond en claquant la porte sans s'en rendre compte.

- Quel baka... soupira Sasuke qui en profita pour remettre son linge sale à la femme de ménage qui passait habituellement dans le couloir.

Il retourna dans la salle de bain pour se regarder dans le miroir. Il avait des cernes horribles. Il soupira et en détachant les yeux du miroir, il vit les vêtements dit « oubliés » par Naruto trônant sur le lavabo. Sasuke fronça les sourcils. Le blond avait vraiment une case en moins ces temps-ci...

Il attendit et le blond revint tout propre et tout habillé. Ils sortirent de l'immeuble. Le silence était bien lourd et désagréable pour l'Uzumaki, mais Sasuke appréciait bien ça. Pour une fois, son abruti de coéquipier ne lui pétait pas les tympans. Tout du moins, l'agissement bizarre du garçon ne le rassurait pas.

Les rues étaient si calmes. Le vent était doux et la lune semblait leur sourire. Le blond souriait doucement lui aussi. Il ne s'était jamais senti aussi bien à se promener dans les rues de Konoha. Habituellement, tous les villageois chuchotaient à son passage ou lui adressaient des regards maudits. Là, tout était calme. Personne ne lui montrait cette haine qu'il connaissait si bien. Il sentait le vent animer doucement ses cheveux blonds. Et pendant une seconde, il s'aperçu qu'il appréciait que le brun soit à côté de lui et qu'ils ne se disputent pas. Ils arrivèrent au pont désert. Sasuke fit son rituel et regarda la lune. Le blond l'observait en coin tout en s'assoyant par terre. Lui aussi, le vent faisait danser gentiment ses cheveux ébène. Il n'arrivait toujours pas à croire ce que son cœur lui prouvait lentement.

Plus tard, une boule rose apparut au bout du pont. Le ciel était clair et quelques personnes se promenaient déjà dans les rues marchandes non loin. Naruto la regarda arriver à grands pas. Regardant le soleil, il se dit que Sakura-chan se préparait bien tôt. Elle arriva enfin à leur hauteur.

- Salut Sasuke-kun! cria-t-elle en rougissant et en gloussant comme une poule.

Sasuke la regarda à peine. Son regard se dirigea plutôt sur le blond qui se leva précipitamment.

- Salut, Sakura-chan! dit-il en souriant.

- Oh, salut Naruto-kun! Tu arrives de bonne heure ce matin! Je ne m'attendais vraiment pas à ce que tu sois enfin ponctuel! C'est sûrement Sasuke-kun qui te déteint dessus! Il est si... si...

Elle ne finit même pas sa phrase qu'elle regardait le brun avec un regard amoureux, oubliant soudainement la présence du blond. Elle soupira de bon cœur. Naruto continuait toujours de sourire et se rassit. Une lueur de tristesse dans ses yeux le trahissait. C'était toujours pareil. La rose n'avait d'yeux que pour l'Uchiwa. Il se sentait toujours aussi rejeté. Sakura allait parler au brun, encore une fois. Celui-ci lui dit froidement que ça ne lui tentait pas de parler et s'assit par terre, non loin de Naruto.

- Eh, t'es pas obligé de sourire si tu n'en as pas envie, chuchota-t-il au blond.

Naruto eut l'air très surpris et se retourna vers le brun qui se maudissait déjà d'être intervenu sans avoir réfléchi. La rose qui assista à la scène sans en avoir compris un seul mot, fût offusquée et alla un peu plus à l'écart, les bras croisés en signe de boudement. Depuis quand Sasuke lui parlait comme ça? Depuis quand Naruto et lui semblaient-ils s'entendre? se demanda-t-elle. Elle n'aimait pas ça. L'habitude, c'était le blond « l'exclu » et là, elle se sentit prendre sa place. Pourquoi le brun était plus froid avec elle cette journée-là? Est-ce qu'elle avait fait quelque chose de mal? Pourtant, rien ne lui venait à l'esprit...

Naruto, quant à lui, souriait subitement et ricana, toujours tourné vers le brun. Celui-ci fronça un sourcil et se demanda pourquoi le blond ne semblait plus triste. L'autre adolescent était heureux, tout d'un coup. Si Sasuke avait pris la peine de lui parler, c'est qu'il y avait une grosse raison derrière, pensa-t-il. Il regarda soudainement son ventre, il venait de grogner. Il prit conscience qu'il n'avait pas déjeuné. Sasuke non plus, d'ailleurs. Il espéra que le remplaçant de Kakashi-sensei ne serait pas en retard, lui aussi.

Sasuke regarda le soleil. Il était l'heure du rendez-vous, mais Kakashi arrivait toujours avec au moins deux heures de retard. Un homme finit par apparaître au bout du pont. Il se dirigea vers eux.

- Bonjour, les enfants!

- Bonjour, Iruka-sensei! cria le blond en se relevant gaiement.

Sasuke fit de même et se contenta de le regarder. Sakura salua Iruka à son tour en souriant.

- Qu'est-ce que vous faites ici, Iruka? Vous ne donnez pas classe? demanda le blond.

- Non, je suis en vacance pour une semaine! Kakashi-san m'a demandé de venir vous donner les nouvelles. Il n'est toujours pas rentré, rien d'étonnant pour l'instant. Demain, je devrais recevoir ses directives concernant votre entraînement.

- Ça veut dire qu'on va apprendre des nouveaux trucs! s'extasia le blond

- Oui, Naruto-kun... sourit le sensei. Vous ne devez pas prendre trop de retard, mais vous pouvez quand même prendre un congé pour aujourd'hui.

- C'est super! ronronna la rose.

- Eh, Iruka?

- Oui, Naruto? dit l'homme en se retournant vers le blond qui semblait embarrassé.

- On va manger des ramens? demanda-t-il en joignant ses deux mains, comme pour quémander sa gratitude.

L'homme eut un large sourire et ricana. Ça faisait longtemps qu'ils n'avaient pas été à Ichikaru ensemble. Les missions qu'effectuait l'équipe 7 prenaient de plus en plus de temps. Malgré la quiétude du village, certains autres villages avaient de nombreux problèmes internes.

- Bien sûr, allez viens!

Naruto et lui commencèrent à partir. Sakura en profita pour retenir le brun malgré son exaspération. Au bout du pont, le petit blond tira sur la manche d'Iruka pour l'arrêter.

- Sasuke n'a pas mangé, lui non plus, dit-il en faisant la moue et regardant le sol.

Iruka rit encore une fois. Naruto avait toujours porté son attention sur le brun depuis qu'il le connaissait même s'il ne semblait pas s'en rendre compte lui-même.

- Sasuke, Sakura, vous voulez venir? demanda-t-il en se retournant vers eux. C'est moi qui invite.

Sasuke rejoignit l'homme qui avait interrompu la tentative de la rose d'avoir un rendez-vous avec lui. La kunoichi sourit et dit qu'elle n'aimait pas les ramens pour déjeuner. Alors, le trio saluèrent Sakura et se mirent en marche vers Ichikaru sans se douter qu'à partir de là, plus rien ne serait pareil...

Partie 2

POV Sasuke Uchiwa

À qui ne peut aimer...

Début

Réfugié d'une tragédie qui l'atteignait jusque dans son âme, il se transforma en oiseau de fer...

J'étais un enfant plus ou moins normal. Entre les rires et ma quête d'être reconnu plus important que mon grand frère, je menais une existence paisible. Jusqu'au jour où je les perdis tous. Je promis alors leur vengeance quitte à m'enfoncer dans la noirceur qui m'avait projeté dans ce nouveau monde dépourvu de chaleur. Sous le choc de la tragédie, de la tristesse immense et de la colère que je ressentais, je devins froid et distant. Je restais taciturne peu importe ce qu'il m'arrivait. Plus rien ne m'était égale, je n'avais besoin de personne pour continuer à vivre. C'est ainsi que je me jurai de ne plus jamais m'attacher à qui que ce soit trouvant ces liens minuscules comme étant des faiblesses impardonnables.

Et comme la privation est une faiblesse en soi, elle m'engourdissait le corps une fois seul chez moi. Ce « chez moi » que je ne considérais pas comme tel en fait puisque le seul « chez moi » restait souillé de tant de sang et de haine. Ce « chez moi » que j'avais laissé derrière moi sans pourtant ne jamais l'avoir quitté réellement.

Une privation qui engourdissait mon esprit une fois la nuit. Des images... D'abord insignifiantes, puis de plus en plus grotesques résonnant en mon fort intérieur. Des images et des sons immondes, m'appelant des profondeurs du passé. Devenais-je fou? Sans aucun doute. Des odeurs putrides qui n'existaient que dans mes souvenirs. Elles envahissaient tout mon logement, se mélangeant à la noirceur opaque, à l'affût de chacun de mes gestes soudainement pris de tremblements.

Des images, des sons, des odeurs qui me rejoignaient même jusque dans mes rêves au bout de plusieurs heures de longues agonies et d'insomnie. Des images, des sons, des odeurs qui me rappelaient avec horreur les gens de mon clan assassinés devant mes yeux innocents d'enfant que j'étais alors. Des choses inimaginables qui transformaient mes rêves les plus anodins en de cauchemars redoutables.

Un cycle infernal qui faisait gémir mon pauvre corps qui n'en supportait déjà plus et qui craquait sous tant de pression à chacun de mes réveils. Des réveils qui me semblaient étrangement comme des délivrances, mais un brutal retour à la réalité car ils étaient bel et bien morts.

Rien, et je dis bien que rien ne semblait pouvoir me détourner de ce cycle, là où le mot logique devenait illogique, qui nourrissait en moi la haine et mon vouloir désespéré de vengeance.

Mais récemment, mon corps s'est détraqué. Tout a commencé à cause d'une certaine panne de courant...

Quand j'ai vu Naruto débarquer chez moi cette soirée-là, j'ai ressenti un soulagement insoupçonné jusque-là. Je ne sais toujours pas pourquoi ou peut-être simplement que je ne voudrais jamais me l'admettre. J'imagine que ma vie de solitaire commençait à drôlement me peser. Une rechute comme tant d'autres. Seul dans le noir, rien de distrayant à ma portée, les souvenirs défilaient autant bons que mauvais, mais pourtant tous deux faisaient mal et continuaient en silence à déchirer le petit Sasuke de huit ans qui subsistait en moi. Comme à chaque fois, je n'avais aucune solution pour briser ce cycle, mais cette petite tête blonde qui s'incrustait soudainement chez moi y mit fin juste par sa simple présence.

Puis, pareil à nos 8 ans, à sa rencontre, je n'avais nulle envie de le repousser comme tous les autres. De toute façon, j'avais beau être déplaisant à son égard en l'insultant à tour de bras, Naruto restait tout simplement parce qu'il était aussi seul que moi. Peut-être bien qu'il le savait au fond que les insultes n'étaient pas réelles. De simples mots qui définissaient notre relation comme étant celle de rivaux. Seule relation que je pouvais accepter, tolérer. Il y avait bien longtemps, j'avais été le premier à l'accepter même si cela m'indifférait et que je ne voyais pas à quel point cela pouvait être important pour lui car j'étais trop centré sur moi-même. Malgré cela, il demeurait toujours dans mon entourage. S'incrustant dans ma vie sans me déranger malgré les apparences. Chose que je ne me rendais pas vraiment compte moi-même.

Alors que j'étais complètement vulnérable quand j'étais isolé dans mon appartement, Naruto parut faible aussi. Il se montrait ainsi seulement à moi et comme je n'avais jamais imaginé. Comme je le pensais, la journée d'après, il avait ri de n'avoir pas d'électricité et avait souri faussement comme il le faisait toujours pour ne pas montrer son impuissance, mais ce n'est qu'une de mes constations. Je compris sans trop de peine que le blond avait besoin d'aide et que s'il était venu me voir, moi, c'est que j'étais sa dernière solution.

Et comme je vous l'ai dit, mon corps s'est détraqué.

J'avais soupiré, parce que c'était bien une des choses que je faisais en la présence d'autrui. Je l'ai invité à souper avec indifférence, mais tout au fond de moi, je n'avais aucune envie de le mettre dehors comme je l'aurais fait habituellement. C'est sans doute pourquoi le blond me sauta dessus en signe de remerciement parce que c'était une gentillesse bien cachée à qui personne n'avait droit... Sauf lui.

« Sas'ke, t'es trop sympa! »

Pourquoi lui? Je ne savais pas trop. À vrai dire, je ne voulais pas y penser. Lui. Peut-être parce que nous étions le reflet de notre mal de vivre respectif encré en nous. Deux âmes brisées ne pouvaient évidemment pas être indifférentes. C'est ce que je compris bien plus tard. Beaucoup trop tard en fait.

Je me rappelle sans le vouloir la chaleur de son corps se transférer au mien. Une chose à laquelle je ne voulais aucunement succomber même si j'étais faible à cet instant. Alors, je l'avais repoussé et m'étais enfui lamentablement dans la cuisine.

C'est à cet instant que pour la toute première fois, la solitude, la privation de toute familiarité avec qui que ce soit imposés tous deux de mon propre chef me fit me détester. À peine une minute, mais cela avait suffi pour effriter mes convictions en lesquelles j'avais obéi sans les remettre en question tant d'années passées. Malgré l'imminence du danger, la minute s'écoula sans créer de remous. Une minute qui me sembla juste dans l'ordre des choses et qui ne parut pas à mes yeux, mais le mal était bel et bien fait.

Combien de fois avais-je dérivé de mon chemin dépouillé? De simples gestes du quotidien que je disais être dû d'autre chose. Tout mais pas de la gentillesse. Tout mais pas dû à un quelconque attachement qui m'était fatal...

C'est avec une certaine nostalgie très étrange que je repense à toutes les fois où je lui ai donné la moitié de mon repas. Était-ce une preuve d'affection inconsciente? Était-ce une preuve d'affection imprudente de ma part? Je me rappelle pourtant de la première fois, nous avions environ huit ans et comme à l'habitude, même si je ne parlais jamais avec lui durant le dîner à la cafétéria, il m'avait réprimandé de ne pas avoir fini mon repas. J'étais lasse de cette remarque et je compris tout naturellement que sa ration ne lui suffisait pas. Je lui avais tendu sans trop réfléchir. Ce geste qui revient automatiquement quand je mange seul avec lui mettant ça sur le compte que de toute façon, je n'avais plus faim. Reniant toujours la raison réelle de ce geste ridicule comme tout autre geste banal.

Mais, il vient toujours un moment cruel où on ne peut plus se mentir même à soi-même. Et ce moment m'est tombé dessus en même temps que le tonnerre faisait trembler la Terre. Voir Naruto complètement apeuré. Me rendre compte qu'il restait un gamin à l'intérieur de lui, qu'il ne changeait pas malgré les années. Que nous restions les mêmes. Même dans une situation aussi embarrassante, les moqueries s'enchaînent et pour la toute première fois, je pris conscience que cela m'amusais énormément. Je m'en suis délecté intérieurement, un rire parmi les cris épouvantables qui peuplent mon âme tourmentée.

« Le Grand Naruto Uzumaki aurait-il peur des orages? »

Et en cette nuit insolite, un souvenir est remonté à la surface sans toutefois me faire mal. Le souvenir de ma mère me consolant lors d'un affreux orage. Je l'avais complètement oublié. Il s'est insinué en moi apaisant ma douleur constante. Il n'a fallu que ce petit moment de répit pour que j'abatte fatalement un mur autour de moi. Naruto en a grandement bénéficié au milieu de sa terreur. Même si je ne faisais que rester près de lui, cela suffisait amplement. Je dois m'avouer que moi aussi. Ressentir que quelqu'un avait besoin de moi. Sentir cette petite boule blonde stupide rivée comme un gamin sur moi. Son parfum se répandant dans l'air doucement, ses cheveux si soyeux à ma vue et ses yeux d'un bleu si pur que je pouvais facilement m'y perdre sans aucune raison... Ne plus sentir que j'étais seul...

En cette nuit insolite, je me rendis compte que seul Naruto pouvait combler cette solitude épouvantablement pesante. De ce même fait et aussi incroyable que cela puisse paraître, sans s'en douter une seule fraction de seconde, il avait créé un manque incontrôlable au plus profond de moi.

Un manque tout d'abord inconscient et mesquin, rôdant autour de moi, me manipulant à la moindre occasion. Attendant les bons moments pour me distraire de mon unique but, celui de me venger. Et ce n'était pas du tout le moment avec tout ce qu'il était arrivé le lendemain.

Dès mon réveil, je sentais qu'il y avait quelque chose en moi qui avait changé. J'avais la très fâcheuse habitude de faire de l'insomnie. Pour la première fois depuis l'anéantissement de mon clan, je me sentais comme si j'avais dormi des jours entiers alors que j'étais dans cette pièce fatidique. Quand nous devions dormir à l'extérieur pour des missions, je dormais comme une souche. Je pensais étrangement que c'était à cause de l'endroit, mais cette nuit me prouva le contraire. Ce n'était pas pour me plaire si j'en avais eu conscience, mais Naruto agissait comme une sorte d'attrape-rêves.

Ensuite, quand je me préparai, l'atmosphère de mon chez moi avait changée elle aussi. Je ne pouvais trouver en quoi par contre. J'avais pourtant pris le temps de regarder cet abruti dormir tranquillement. J'aurais dû immédiatement comprendre que ce n'était pas une coïncidence, si je me sentais si bien et si l'air était meilleur que la veille, c'était bien parce que je n'étais pas seul en ces lieux autrefois malveillants. Comme il y avait déjà beaucoup trop longtemps où je n'avais aucune autre crainte que de ne pas impressionner mon père. Mais, je ne l'ai pas compris ou je n'ai pas voulu comprendre surtout avec ce qu'il s'était passé pendant l'orage. Je voulais tout oublier et me concentrer seulement sur mon objectif.

Malheureusement pour moi, Naruto lui-même devenait l'objet de ma déconcentration. J'appris avec colère que le blond devrait dormir chez moi pendant au moins quatre jours. Comment allais-je faire pour reprendre tous mes esprits? Ce simple trou qui m'avait affligé la veille deviendrait-il ma tombe? Ma colère était bien partagée. Et même dans une engueulade qui aurait pu être tout à fait banale en cette journée, nous l'avons vite pris au sérieux.

« Tu semblais bien me supporter hier! »

Tout sonnait anormalement comme un reproche sur notre relation qui n'a jamais dépassé le stade de rivaux. Nous nous sommes emportés chacun de notre côté tant les mots que nous utilisions avaient plus d'un sens. Des sens qui n'auraient jamais dû être dévoilés de notre propre volonté.

« C'est vrai que je suis un fardeau pour Monsieur le Grand Uchiwa qui n'a jamais eu besoin de personne! »

Par-dessus tout, pourquoi avais-je été réellement en colère? Naruto disait toujours ne pas pouvoir me cerner, moi aussi je le faisais. C'était anodin quand j'y repense. Mais cette fois-là, je ne l'ai pas supporté et le jeu s'est envenimé par ma faute. Une faute que je ne savais la mienne. Et comme l'habitude, après tout me sembla redevenir normal... Ou presque...

Au terrain d'entraînement, les choses se compliquèrent et c'est à cet instant-là que je compris que je dérivais complètement. La faiblesse avec laquelle j'avais laissé Naruto envahir mon appartement était toujours restée et engourdissait mon discernement.

C'est sans comprendre que je le regardais depuis la branche où je m'étais allongé. Je ne le quittais pas des yeux. L'examinant, lui, sa force, son endurance à toute épreuve et ses mimiques idiotes d'enfant. Je ne pus m'empêcher de sourire tant cela m'amusait. Tout d'un coup, je fus assommé et je tombai de l'arbre.

Au milieu de tout ce noir, je commençai à ressentir un poids sur moi. Cette chaleur que je connaissais inconsciemment depuis des années m'envahit à nouveau, m'extirpant peu à peu de l'inconscience. Je me sentais inexplicablement serein. Je ne pouvais bouger tant cela me submergeait, mais je réussis à ouvrir doucement les yeux, m'habituant peu à peu à la vision qui s'offrait à moi. C'était Naruto. Sur moi, pour je ne sais quelle raison. Le parfum de ses mèches blondes m'effleura un instant sans pour autant quitter ma mémoire. Je sentis ma poitrine me brûler. Mon cœur commença à cogner de plus en plus fort dans sa pauvre cage tant de fois malmenée. Sans autres pensées, je su une vérité troublante que je ne pouvais admettre définitive. J'étais amoureux de ce garçon que j'insultais au quart de tour, avec qui je me battais inlassablement, avec lequel, finalement, j'avais partagé bien malgré moi ces huit dernières années.

Et parce que j'étais Sasuke Uchiwa, je me devais de ne montrer aucune émotion. C'est dans la confusion que je passai la journée. M'injuriant à chaque seconde pour une telle stupidité. Me convainquant que tout cela ne m'était pas arrivé. Que ce n'était dû qu'au coup que j'avais reçu et que cela passerait. Que jamais personne n'en saurait rien et que rien ne me ferait à nouveau agir bizarrement comme je l'avais fait puisque je savais le pourquoi du comment maintenant.

Contre toutes mes attentes, le blond, lui, avait sans doute voulu me le rappeler de retour chez moi. En plus d'avoir été très silencieux toute la fin de journée, ce qui ne me disait rien de bon, il me posa des questions niaisement concernant les filles, puis l'amour. C'était la première fois que nous discutions calmement et surtout de ce genre de sujets et ça m'avait décontenancé. Répondant avec maladresse même si je réfléchissais longuement pour trouver des réponses logiques et détachées, mais je ne réussissais qu'à moitié. Discuter calmement avec lui. J'y prenais un plaisir inavouable malgré ma position inconfortable. Le fait qu'il buvait mes paroles et s'étonnait sur tout me rendait un peu plus à l'aise. Et c'est dans une façon si éloquente et si inattendue qu'il m'avait dit m'aimer. Je m'étais étouffé littéralement. Adieu mon indifférence à toute épreuve, j'étais sous le choc d'un tel naturel de sa part comme si c'était la chose la plus normale au monde. Par chance, cet idiot s'expliqua vite comme quoi il m'aimait en ami. Et cela depuis notre toute première rencontre.

C'est sans doute parce qu'il l'avait dit de lui-même, parce que je le savais très bien avant, que cela me toucha sans que je ne puisse rien y faire.

C'est à sa dernière question que j'eu enfin la bonne idée de finir ce petit jeu-là. Pourquoi me demandait-il, à cet instant, si j'aimais quelqu'un? Ce n'était pas normal. Enfin, nous n'étions pas normaux, surtout moi, depuis la veille.

Je m'étais ensuite enfermé dans ma chambre.

C'est à ce moment que le rituel de toutes mes nuits d'insomnies reprit le dessus. Des souvenirs me happant le cœur. Cette solitude m'isolant dans ce noir opaque et répugnant. Ces ténèbres que je connaissais si bien. Les gens qui m'étaient proches et morts effroyablement me hantaient ces nuits comme celles-là. M'endormant à bout de force plusieurs heures plus tard. Dans mon inconscience sans rêve où régnait le chaos et où le manque soudain remonté à la surface au contact harmonieux de Naruto, mon corps reprenait le dessus tant blessé par la torture de mon âme. Cette recherche de l'harmonie était à sa portée. Cela avait créé une crise de somnambulisme.

C'est avec surprise et avec lenteur que je compris que j'avais rejoint le blond dans le salon pour trouver un sommeil sans cauchemars cette fois. Mais cela n'avait pas suffi à me revigorer de cette nuit épouvantable. Des cernes ornaient mes yeux indéfectiblement.

Je devais à tout prix me ressaisir. Je ne pouvais me laisser distraire, encore moins durant mon court sommeil. Naruto ne me rendait pas la tâche facile puisqu'il était encore plus étrange. Il n'a pas parlé durant tout le trajet qui nous menait au pont. Sakura est vite arrivée. Tout se passait bien jusqu'à ce que je le vis. Ne plus avoir l'attention de Sakura le rendait triste. Il abandonna tout de suite sans essayer de raconter des conneries comme à tous les matins pour essayer de la distraire. Il s'assit par terre sans ne dire plus aucun mot avec ce sourire tellement faux... Cela m'avait enragé d'abord. Pourquoi sourire bêtement comme ça? Il n'était pas obligé.

« Eh, t'es pas obligé de sourire si tu n'en as pas envie... »

Je lui avais dit en un chuchotement, sans comprendre l'enjeu sur mon propre esprit de contradiction. Le sourire qu'il m'a renvoyé m'a laissé dans l'incompréhension totale.

Je comprends à présent que nous étions aussi seuls l'un que l'autre. Lui révéler ainsi que je le comprenais sans le dire explicitement avait dû le rendre très heureux. Et c'est ce sourire qui me tortura pour ne plus faire aucune autre gaffe de ma part. Je devais rester indépendant et devenir très vite un ninja puissant malgré toutes les douleurs à encaisser.

Après cet incident qui ne dura que quelques secondes, Iruka est venu pour nous faire le rapport à propos de l'absence de Kakashi-sensei. C'est avec déception et sans aucun étonnement que j'appris que j'allais devoir supporter Naruto à mon appartement pour bel et bien trois jours de plus. J'en avais la conviction.

À mon grand plaisir, je redevins plus ou moins normal sans trop de peine en allant manger à Ichikaru avec Naruto et Iruka. Ne pas être le centre d'attention m'aidait grandement, mais...

Alors que je pensais pouvoir me ressaisir, ma situation a pris un chemin irréversible...

POV Sasuke Uchiwa

Fin

Partie 3

Les trois garçons s'installèrent à une table à Ichikaru. Le blond s'extasiait, le plus vieux souriait tandis que le brun restait le brun, donc demeurait impassible.

- Nee, Iruka, je peux prendre n'importe quelle sorte? s'exaltait Naruto.

- Bien sûr, répondit calmement le sensei.

Et tous deux rirent de bon cœur comme autrefois. Les ramens furent servis. Le plus bavard mangeait goulûment ses nouilles tout en racontant les derniers évènements à son ancien tuteur.

- C'est bien, comme ça vous passerez plus de temps ensemble, conclut l'homme bienveillant.

Le blond s'étouffa avec ses nouilles alors que Sasuke fronçait les sourcils. Le silence mit dans l'embarras Iruka. Il avait espéré secrètement que tous les deux deviennent de vrais amis, au lieu de cela, ils étaient devenus rivaux à l'instant même que Sasuke s'était révélé plus fort et plus intelligent que le blond sur les bancs d'école.

- Vous n'avez donc pas finit de vous disputez tous les deux? les réprimanda-t-il.

- Hmpf, c'est le seul bruit que l'Uchiwa émit depuis le début du déjeuner.

- Vous êtes de vrais enfants, soupira le sensei. Il serait temps de vous entendre un peu mieux. Vous avez quatre jours à passer ensemble. Au lieu de vous battre, vous devriez faire une trêve.

- Hein? Et comment on pourrait faire ça? s'abasourdit le blond en plissant les yeux.

Iruka réfléchit un moment. Naruto finit son bol de ramens sans en redemander un autre et resta attentif sur ce qu'allait dire son sensei. Sasuke, lui, pensa que Naruto écoutait l'adulte comme s'il était son père. Bien sûr, le blond ne s'en rendait pas compte puisqu'il ne savait pas de quoi il s'agissait. Le sensei sourit finalement. Il avait un peu plus d'espoir maintenant.

- Eh bien, vous pourriez commencer par vous dire ce qui vous énerve l'un envers l'autre.

Naruto plissa encore plus les yeux. C'était quoi ce conseil débile? Sasuke retourna à ses nouilles, il se balançait de tout ça. Iruka regarda son ancien élève plus attentivement. Soudain, il remarqua qu'il avait fini son bol.

- Tu ne me demandes pas un autre bol, Naruto? s'étonna le plus vieux.

L'adolescent reporta son attention sur le dit bol.

- Hum, non, je... Je n'ai pas plus faim que ça! déclara-t-il en riant embarrassé.

Iruka sembla inquiet, prenant même la température du blond pour voir s'il n'avait pas de fièvre. L'habitude, il prenait au moins quatre bols de ramens!

-Tu n'es pas malade, pourtant... Tu es sûr que tout va bien? continua le sensei inquiet.

Le teint du blond devint cramoisi tant la gêne l'accablait. Il ne pouvait tout simplement pas dire que ses nouveaux sentiments pour le brun lui déréglaient l'appétit à ce point.

- Ahaha! Iruka-sensei, tout va bien! Pour... Pourquoi vous dites des choses pareilles? se moqua faussement celui-ci.

Iruka resta sceptique devant tant de maladresse de sa part. Ça faisait bien trop longtemps qu'il le connaissait pour tomber dans le panneau. En fait, personne n'aurait pu tomber dans le panneau.

- Quoi qu'il en soit... se reprit le sensei. Je disais que vous pourriez faire une trêve.

Iruka encouragea la boule blonde à en parler avec son coéquipier par des petits gestes discrets. Assez discrets pour que l'Uchiwa n'y fasse pas attention. L'Uzumaki fût réticent un instant, puis se tourna vers le brun.

- Eh Sas'ke, comme on doit cohabiter pendant longtemps, tu pourrais me dire ce qui t'énerve... commença le petit pas trop convaincu lui-même et réticent.

- Tu parles vraiment trop fort, répondit l'Uchiwa catégoriquement.

Un silence s'en suivit. Naruto s'avoua qu'il pouvait parler, parfois, un peu trop fort, mais Sasuke avait-il vraiment les oreilles sensibles à ce point? Il ne se doutait pas à quel point il pouvait lui donner des migraines...

- D'accord! s'exclama-t-il et le brun plissa des yeux à son tour sous cette torture. Alors si je baisse le ton, tu arrêteras de m'insulter?

L'autre garçon quitta des yeux ses nouilles pour regarder son vis-à-vis. L'insulter était naturel pour lui depuis des années. Le blond en faisait tout autant. L'homme restait silencieux. Peut-être que ce n'était pas si mal que Kakashi-san soit parti en mission sans son trio. Devant l'hésitation du brun, Naruto, plein de malices, se mit à chanter de sa voix criarde un truc à propos des ramens.

- Oui, oui, c'est bon! s'empressa le brun pour le faire taire.

Le blond rit et se calma. Dans un sourire, sincère cette fois, il regarda droit dans les yeux de son coéquipier.

- On pourra s'entendre maintenant, dit-il d'une voix douce et calme qui ne lui ressemblait pas.

Le brun écarquilla les yeux pendant une micro seconde et se repencha sur son bol faisant une moue imperceptible. Cette nouvelle voix était incroyablement agréable, déséquilibrante. Il finit son bol d'une traite, ce qu'il ne faisait jamais, et partit sans plus attendre dans la direction du terrain d'entraînement.

- Eh mais attends-moi! cria le blond, puis se reprenant, il continua en parlant moins fort.

Il se leva précipitamment, donnant un dernier coup d'œil à Iruka qui restait silencieux.

- Au revoir Iruka!

Celui-ci le salua à son tour amusé par la situation des plus surprenantes pour quelqu'un qui aurait vu les mêmes choses que lui.

Plus loin, le blond rattrapa le brun. Ils étaient presque arrivés au boisé. Naruto se demanda s'il n'avait pas couru pour faire le trajet aussi rapidement parce que lui ça avait été son cas.

- T'aurais pu m'attendre, reprocha-t-il toujours aussi calmement.

Sasuke restait silencieux devant lui. Il semblait vraiment bizarre tout d'un coup et il marchait vraiment vite sans que cela semble lui demander le moindre effort alors que lui, il était presque essoufflé.

- Pourquoi t'es pressé comme ça? Il fallait bien qu'on mange pour s'entraîner, continua-t-il sur le même ton.

C'était sûrement ça, Sasuke lui en voulait pour avoir raccourcit le temps de l'entraînement, il ne voyait que ça de plausible. Ils s'enfoncèrent dans la masse d'arbres. Ce n'était pas l'endroit du culte où c'était plus dégagé et Naruto commença à s'inquiéter.

- Sasuke, qu'est-ce que...

Il ne pût finir sa phrase. Sasuke n'en put plus et s'assit par terre maladroitement. Il pressa une de ses mains sur son visage se maudissant mille et une fois. Le blond commençait à paniquer, qu'est-ce qu'il était arrivé de si grave à son coéquipier? Il resta immobile pendant un bon moment, ne sachant que faire.

Le brun, de son côté, regardait le sol. Lui aussi était figé, mais pas pour les mêmes raisons. Il sentait son cœur s'emballer dans son corps. Pendant longtemps, il avait cru qu'il ne battrait plus ainsi. Tout d'un coup, juste quand il enfouissait tous ces sentiments si déroutants profondément dans sa tête, ce simple son les avait remonté à la surface plus qu'ils ne l'avaient jamais été. La véritable voix de Naruto...

Étrangement, de vieux souvenirs lui revenaient ces derniers temps. Il l'avait entendu une seule fois au court de sa vie et il douta fortement que quiconque autre que lui ne l'ai un jour entendu. Ils avaient environ dix ans quand Sasuke, qui déambulait dans les rues après être retourné dans sa maison familiale, vit le blond assis à même le sol, tremblant et étouffant une plainte. Le brun inspecta la ruelle où ils se trouvaient, mais ne comprit nullement ce qui avait pu le mettre dans un tel état et malgré son caractère égoïste, il se posta devant lui avec son éternel visage impassible.

- Eh dobe, rentre chez toi, il est tard, fit-il malgré son ressentiment.

Le blond avait alors relevé tranquillement la tête vers son rival. Ses yeux bleus qui reflétaient alors son âme inhabituellement figèrent le brun.

- Sasuke... souffla difficilement le petit Naruto comme pris entre deux mondes.

En entendant son nom ainsi prononcé avec autant de tristesse et d'innocence que le blond pouvait porter en lui, le brun écarquilla les yeux, ne sachant ni quoi dire ni quoi faire. À cet instant, Sasuke, du haut de ses dix ans, se dit une nouvelle fois que le blond devait être un ange. Se crispant à cette pensée gênante, il rebroussa chemin après lui avoir dit de rentrer chez lui, ne prêtant plus attention à Naruto qui visiblement n'était blessé que mentalement...

Dans l'esprit de Sasuke, ce souvenir s'estompa brutalement. Cette voix... Non pas celle artificiellement exagérée que Naruto utilisait pour cacher ses vrais sentiments beaucoup moins amusants. Mais, à sa grande surprise, il n'y avait pas que sa peine qui y transparaissait. L'attachement de Naruto à son égard. À quel point il était important pour lui. Ses inquiétudes autant que sa tendresse. Naruto était pur, une fois que l'on traversait la façade, on ne pouvait y être indifférent. Surtout pas pour lui, connaissant très bien la souffrance qu'apporte une telle solitude. Sasuke avait peur, terriblement peur. Il ne pouvait pas succomber et oublier son but, sa vengeance tant promise qui requérait toute son attention au délaissement de sa propre vie sociale qui le rendrait faible.

Le blond sortit de sa torpeur. Le brun l'avait aidé quand il avait eu peur des orages et il ne pouvait pas ne rien faire pour son ami. Oui, depuis ses huit ans, il le considérait comme son ami malgré leur distance. Alors, sans plus d'assurance, il s'avança devant lui et se mit à sa hauteur. Il ne pouvait voir son visage face à la terre, les quelques mèches ébènes le couvraient d'ombre tout comme sa main.

- Sa... Sas'ke... fit-il d'une voix presque suppliante.

Il ne l'avait jamais vu aussi vulnérable. Même quand il était tombé de l'arbre. Il se décida, et empoigna délicatement son poignet pour enlever sa main de son visage. À son grand étonnement, Sasuke obéit presque trop docilement contrairement à son habitude. Il lui interdisait toujours de le toucher amicalement. Il sentit les tremblements de Sasuke se transmettre à lui. Ce qui le fit paniquer pour de bon.

Le brun était résigné, il ne pouvait penser à quoi que ce soit, il sentait une chaleur nouvelle emplir son corps. Son contact avec lui à ce moment n'arrangeait en rien sa situation. Il avait honte pourtant d'être aussi faible malgré tous ses efforts. Et sa voix, à cet instant, aurait fait saigner du nez toutes les filles du pays du Feu.

Naruto dégagea donc son visage doucement comme pour ne pas lui faire de mal. Il le vit enfin et resta estomaqué. Les joues de Sasuke étaient délicieusement teintées d'un rose très léger. Cela donnait un peu plus de vie à son être toujours impassible. Cette fois, ses yeux rivés au sol montraient à la fois la surprise et un désir secret presque trop grand pour lui-même. Naruto rougit à son tour, mais cent fois plus. Il se l'était avoué plus tôt, mais n'aurait jamais pensé pouvoir ressentir autant de choses puissantes en si peu de temps. Mais, cela n'était en rien à ce qui allait venir.

Quand les yeux couleur charbon se posèrent sur lui sans crier gare, son cœur s'arrêta d'un coup sec pour repartir à une vitesse vertigineuse. Il se sentait aspiré par ses pupilles sombres comme si elles le sondaient sans grand effort. Le désir dans ses yeux qui l'immobilisaient devint plus immense encore. Mélangée à de la honte, de la tristesse et des reproches, Naruto en ressentit tout autant à son tour. Les yeux bleus devinrent encore plus suppliants et tristes. Il fallait bien s'y attendre, ils traînaient ensemble tant bien que mal depuis ce jour de bonne fortune qui les avait réunis même s'ils étaient tous deux des garçons. Mais, était-ce mal?

Tandis que Naruto était hypnotisé, Sasuke, lui, réfléchissait soudainement confronté à son reflet de réciprocité. Devant ses yeux d'un bleu incroyablement plus beaux et plus profonds que la mer, il ne pouvait faire autrement que de se résigner à laisser son corps le guider.

Alors que Naruto tenait mollement le poignet de Sasuke, c'est ce dernier qui lui empoigna le sien avec assurance. Il se redressa vivement tout en faisant basculer Naruto sur le dos dans l'herbe fraîche sans qu'il n'ait le temps de réagir autrement que de rougir plus qu'il ne le pouvait à voir le brun se mettre au-dessus de lui sans ménagement. Celui-ci approcha très lentement son visage du sien sans que le contact visuel plus que troublant ne se rompt. Peut-être hésitait-il ou essayait-il de faire marche arrière? Il n'aurait su le dire lui-même, mais il était manifestement trop tard. Son corps refusait de se reculer de l'être qui était sous lui. Il sentait l'odeur du blond se répandre tout autour de lui l'enivrant de sa douceur. Malgré la brise légère, il pouvait sentir la chaleur de Naruto émaner de son être et l'effleurer alors qu'il était au-dessus de lui.

Les lèvres de Sasuke, désireuses, se déposèrent d'abord légèrement sur celles tentatrices du blond qui ferma les yeux à ce doux contact. Tous deux n'avaient jamais ressenti une telle décharge se répandre en eux. Ce simple lien fût très puissant et faisait chavirer leur cœur. Puis, le baiser devint plus intense, moins timide venant du brun. Il sentait sa peau bouillonner et ses tempes cogner sous cette vague de sensations. Naruto eu un hoquetait de plaisir en sentant la langue de son ami rejoindre la sienne en une danse sensuelle qui lui était inconnue jusqu'à présent. Sous l'effet de cette délectation, il serra sa prise de sa main à son tour tout aussi curieux que le brun de ce que cet échange lui apporterait.

Dans ce petit coin de nature, tout n'était plus que plaintes étouffées et tirades entre les deux garçons. De sa main libre, Naruto la porta instinctivement vers le corps de Sasuke, s'agrippant d'abord à sa veste au niveau de sa nuque pour ensuite descendre dans son dos tout au long de la bataille pour finalement arriver jusqu'à sa hanche. Sans même s'en rendre compte, il chercha encore plus de contact, se glissant sous le bout de tissus et à la caresse de la peau brulante du brun, il sursauta alors que Sasuke fût certain de sentir de l'électricité sortir des doigts de fée du blond. Il se sentait fondre littéralement sur ce corps sous lui. Mais c'est avec des tremblements dans les bras qu'il se résolue à continuer de se maintenir au-dessus de lui. Indéniablement, il sentit son bas ventre devenir chaud. Beaucoup trop chaud. S'il aurait fallu qu'il sente Naruto sous lui de tout son corps, Sasuke n'aurait su dire ce qu'il serait advenu du blond téméraire.

L'embrassade durait longuement et ils commencèrent à manquer d'air. Depuis quand une chose comme celle-ci était plus vitale que l'oxygène qui leur permettait de vivre? Tôt ou tard, ils durent se séparer tout de même. C'est Sasuke qui s'éloigna sans toutefois s'ôter de sur le blond. Même en s'éloignant, cela ne refroidissait pas ses ardeurs. Tous les deux se regardaient à présent, à bout de souffle. Leurs respirations saccadées en parfaite harmonie se mélangeaient preuve que leur proximité ne demandait qu'à disparaître à tout jamais.

Naruto sentit un poids se décharger de sur sa conscience. Jamais personne ne l'avait aimé. Pourtant, le brun l'avait touché et ne le fuyait pas à cet instant. Et comme si celui-ci avait apaisé toute la bêtise du monde qui le détestait depuis trop longtemps, il se sentit s'enfoncer dans l'herbe fraîche. L'odeur était telle qu'elle en était euphorisante. Puis, il remarqua le parfum naturel de l'autre garçon. Une odeur sécurisante qu'il avait déjà humée. Il restait agréablement abasourdi par tout ce qu'il ressentait. Sans doute parce que c'était Sasuke et seulement parce que c'était Sasuke, l'Uzumaki ne ressentait aucune peur ou crainte de ce qu'il venait de se produire. Et comme l'autre jour, il aurait voulu rester ainsi très longtemps. Juste comme ça, la tête à la fois embrouillée et électrisés, les mains moites et frissonnantes, les yeux rivés sur ces orbes fascinantes qui ne regardaient que lui en cet instant et qui avait le pouvoir justement, d'arrêter le temps à la volée.

Le brun, lui, réfléchissait à nouveau essayant de faire volte-face à ses propres démons intérieurs restés insatisfaits de cette danse. L'image du blond sans doute en aussi piètre état que lui ne l'aidait pas dans sa convoitise. Cependant, sa nature méthodique ne s'était pas tant endommagée que ça. Le sentiment de ne plus être seul combla ce manque qui refaisait surface pratiquement à tous les soirs. Le manque lui avait embrouillé l'esprit avec délectation. Et maintenant qu'il n'était plus aussi grand, il pouvait enfin se calmer et le Sasuke qu'il affichait depuis presque huit ans pu refaire surface sans, toutefois, que le rose ne quitte ses joues. Il se releva donc maladroitement et mit ses mains tremblantes dans ses poches. Il s'éloigna d'un pas incertain, puis s'arrêta.

- Je rentre, dit-il d'une voix qui se voulait indifférente, mais son ton moins froid qu'à son habitude le trahissait.

Il n'avait qu'une pensée : aller prendre une très longue douche froide et ce, le plus rapidement possible. Ensuite, il partit sans jeter un coup d'œil à Naruto qui restait allongé par le choc, regardant de ses yeux d'un bleu pure le ciel qui pointait le bout de son nez aux cimes des arbres. Les rayons caressèrent son visage chaudement s'insinuant même jusque dans son cœur qui battait toujours la chamade...

aku_664 : Et puis? J'attends vos commentaires! :D La suite a été très amusante à écrire! En espérant vos reviews et que avez bien apprécié, je vous laisse et viens très bientôt avec la suite! Héhé et la torture pourra commencer XD