Vava : Merci pour ton gentil review. Je suis trop contente de savoir que mon premier chapitre t'ait plu et t'ait rendue « dingue » ! X) Si tu es surprise, tant mieux ! ;D Je ne veux pas te vexer mais cela a été un petit peu difficile pour moi de lire tes reviews à cause des fautes d'orthographe. Sache que ça fait hypeeeeeer plaisir d'avoir ton avis et tes encouragements mais, s'il te plaît, pourrais-tu faire un petit effort ? :')

JeSuisUnPanda : Merci ! :D J'espère que cette suite te plaira aussi et qu'elle soit « agréable à lire ». :)

Nelliel-G : Oui, Levi a vraiment bavé pendant le combat avec Mikasa mais c'est pour mettre un peu d'action. C'est surtout parce que je le vois rarement « se faire dégommer » et ça me frustre un peu. (^.^) C'est pourquoi j'ai essayé d'imaginer le caporal-chef se faire rouer de coups. Ça le rend plus humain car, sinon, je me croirais être devant un Dieu ou je ne sais quoi. Je n'avais pas vraiment envie de dire que c'est un homme avec qui on ne peut pas gagner au combat. J'ai donc choisi Mikasa pour qu'elle le fasse et qu'elle l'emporte. En tout cas, merci pour la review ! Ça m'a fait plaisir. :)

Mot de LottiettolrahC :

*se met à genoux* Je suis vraiment désolée ! Je pensais vraiment pouvoir publier la suite après les vacances de Pâques mais non... Les révisions pour le Bac m'ont empêchée de le faire. De plus, j'étais souvent trop fatiguée ou trop énervée pour me concentrer sur mes fictions. J'espère que vous me comprendrez. (-_-)' C'est pour cette raison que j'avais noté dans "Note de l'auteur" que la publication serait longue et irrégulière.

Bref ! Ce que vous allez lire est la première partie du chapitre 2. Je n'ai pas réussi à publier entièrement le chapitre 2 car il y avait encore des détails à corriger et à compléter. N'empêche... Cette première partie fait plus de sept pages et je pense que cela devait suffire pour la lecture. Et puis, j'ai fait mon mieux pour la syntaxe. J'ai passé beaucoup de temps dessus et je ne suis toujours pas satisfaite. *gros soupir* Après tout, la perfection est mon pire défaut... C'est pourquoi je m'excuse d'avance si vous trouvez certaines phrases un peu lourdes... Non, laissez tomber ! (x.x) Sinon je vais devenir dingue ! *rire nerveux*

C'est parti pour la lecture ! ;)


Chapitre 2 : Défi (partie 1)


Rated T


Après la mésaventure de Levi, tout était redevenu normal. A part Mikasa, personne n'était au courant de ce qui s'était passé dans la forêt nocturne. Cependant, de nombreux soldats avaient remarqué que quelque chose n'allait pas chez le caporal-chef Rivaille. En effet, quand ils apportaient des dossiers demandés dans son bureau, ils juraient avoir vu sur son visage, des taches qui ressemblaient à des bleus. En outre, ils affirmaient l'avoir vu sortir régulièrement de la salle d'infirmerie avec sa cheville enveloppée de bandages. Cette contestation avait provoqué une stupéfaction générale.

Effectivement, annoncer que « l'homme le plus puissant de l'humanité » s'était facilement fait rouer de coups était dur à croire. C'était pourquoi des rumeurs s'étaient éparpillées dans le camp militaire à une vitesse ahurissante. Des soupçons commencèrent alors à s'éveiller.

La plupart prétendaient que c'était Erwin Smith puisqu'il était le major. L'idée était qu'il devait y avoir eu une violente dispute et qu'à cet instant-ci, le caporal-chef Rivaille en avait fait les frais. Certains soldats pensaient plutôt à des rivaux qui, en provoquant, avait fait déclencher une bagarre sans pitié. Néanmoins, ces suggestions restaient peu probables car le major Smith n'avait pas la réputation de frapper les gens à sa guise. De plus, on connaissait très peu, voire pas du tout, les ennemis de Levi car cela faisait un bon moment que personne n'osait le défier. La majorité suspectait facilement Hanji car elle était considérée comme une femme agressive et avide d'expériences corporelles. D'autres refusaient d'entendre ces « bobards » et étaient persuadés que ce n'était juste qu'« un accident ».

En résumé, tout le monde ignorait qui était le bourreau de Levi et ne faisait qu'émettre des hypothèses.

En revanche, Eren et Armin avaient rapidement deviné qui était le responsable. Et pourtant, ils préféraient ne pas en parler. Le frère adoptif était très embarrassé pour le caporal-chef Rivaille car il comprenait bien que perdre l'équipe d'opération spéciale était déjà pénible à accepter. Il s'était promis de ne plus jamais revivre ce moment douloureux et de faire en sorte que Levi cesse de souffrir. En apprenant que Mikasa lui avait fait du mal, Eren était déboussolé et ne savait pas comment arranger cette situation assez honteuse. Ce sentiment de gêne qu'il ressentait envers son amie d'enfance était difficilement supportable. Il jugeait ses inquiétudes tellement excessives qu'il avait l'impression d'être trop protégé et trop surveillé. Cela l'avait poussé à se convaincre que c'était encore à cause de lui que Levi s'était fait rosser. Eren s'était dit que sa sœur adoptive était en train de dépasser les bornes et qu'il fallait impérativement la prévenir.

Mais il ne trouvait pas le bon moment pour régler ce problème car il était souvent convoqué pour répondre aux questions sur son combat avec le Titan Féminin. Il avait surtout besoin de se remettre psychologiquement. Quant à Armin, il ne partageait pas son opinion. D'après lui, il était préférable de laisser Mikasa tranquille. Il tentait de faire réaliser à Eren que les rumeurs bruyantes sur Levi ne les concernaient pas. Comme il l'avait dit quelques jours plus tôt, ce n'étaient pas non plus leurs affaires. Le blond hérétique n'avait pas aussi le temps de discuter avec la jeune asiatique car il avait reçu l'ordre de se rendre régulièrement au bureau du major Smith pour détailler ses soupçons sur l'identité du Titan Féminin.

Les amis d'enfance étaient si occupés qu'ils n'avaient pas le courage de parler avec Mikasa. Par conséquent, ils avaient décidé de faire comme si de rien n'était.

A part eux, les soldats étaient tous curieux et excités de connaître le coupable. Deux ou trois courageux avaient osé demander au caporal-chef Rivaille qui avait causé le bel hématome qu'il avait sur sa joue. Mais celui-ci leur avait cloué le bec en répondant d'un ton clair et ferme :

- Je m'en fous totalement et occupez-vous de vos oignons.

Cela signifiait qu'il avait choisi de ne rien dire et son silence étonnait la jeune asiatique. Elle savait bien que le bonhomme n'était pas du genre à bavarder et à se plaindre des coups qu'il avait subis. Toutefois, en tant que caporal-chef, il avait la possibilité de donner l'ordre d'arrêter publiquement « un rebelle » comme elle. Elle croyait que Levi raconterait sa petite aventure à tout le monde à sa manière et qu'elle serait vite appréhendée et jugée. Au fond, elle aimerait bien qu'il le fasse parce que cela permettrait de montrer aux gens qu'elle était capable de défier un homme fort. Elle se dit qu'au final, le caporal-chef Rivaille ne voulait pas le faire à cause de son amour-propre. Qu'il ne le fasse pas lui était égal et c'était même tant mieux. L'orgueil de l'avoir affronté la réchauffait secrètement et la mettait parfois de bonne humeur.

En même temps, Mikasa n'était pas idiote. Levi lui avait clairement prévenu qu'elle risquerait de subir des conséquences. Elle savait bien que, tôt ou tard, cela finirait par arriver. Elle faisait en sorte de ne pas trop y penser. Tout ce qu'elle espérait, c'était que ce petit monstre insensible ait capté le message qu'elle lui avait fait passer pendant la lutte.

...

C'était l'heure d'aller au camp d'entraînement mais Mikasa avait préféré retourner à l'écurie. Elle était donc toute seule à nourrir une dizaine de chevaux et prenait son temps à les brosser. Cette corvée ne la dérangeait pas du tout puisqu'elle adorait ces animaux. Cette activité la détendait beaucoup. Les chevaux étaient ravis de revoir la soldate asiatique car ils éprouvaient un certain respect pour elle. Dès que celle-ci eut terminé ses tâches, elle s'approcha de sa monture et lui offrit un petit sourire amical.

- Lima, j'ai un cadeau pour toi car je ne sais que tu n'aimes pas trop sortir la nuit et je t'ai forcée à le faire il y a quelques jours. Tiens, c'est pour te remercier.

La concernée eut alors la surprise de voir qu'il s'agissait de trois pommes rouges que la cavalière tenait dans ses mains. Depuis l'attaque furtive des Titans, les paysans étaient forcés à abandonner leurs champs agricoles et leurs arbres fruitiers. Trouver des fruits devenait alors compliqué et les chevaux n'avaient plus le privilège d'en manger. Sans attendre, la jument palomino croqua la première pomme et la savoura. Ravie de voir le cheval se régaler, Mikasa tapota son dos.

- Hé ! l'interpella tout à coup une voix.

La soldate tressaillit et vit deux jeunes hommes en train de la dévisager. Apparemment, ils étaient venus la chercher pour lui demander de retourner s'entraîner. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait.

- Ce n'est pas la peine, rétorqua durement la sœur adoptive d'Eren, parce que je n'y retournerai pas.

- Nous ne sommes pas venus pour cela, répondit l'un des soldats, nous avons été envoyés par le major Smith. Vous devez nous suivre, il désire vous voir.

- Hein ? s'étonna-t-elle.

C'était un peu déstabilisant puisqu'elle s'attendait plutôt à revoir le caporal-chef Rivaille. « Frapper ce sale tortionnaire est si grave que ça ? » pensa-t-elle, dubitative. Elle comprit mieux pourquoi les deux garçons l'observaient bizarrement. Pour un petit gradé, c'était assez insolite de pouvoir rencontrer le grand chef des expéditions et de passer un moment avec lui. En guise de réponse, elle laissa Lima grignoter les deux dernières pommes et suivit docilement les jeunes soldats.

...

Dès que Mikasa fut devant la porte, elle entendit une voix posée répondre : « Entrez. ». Les hommes la poussèrent donc à pénétrer dans le bureau où l'attendait le major Smith. Celui-ci était devant la fenêtre, les mains dans le dos.

Comme l'asiatique s'y attendait, la pièce empestait la richesse et le confort. Les murs colorés étaient grossièrement habillés d'œuvres d'art modernes et d'étagères remplies d'anciens manuscrits. Le vieux parquet brun était voilé de divers tapis épais duquel on pouvait marcher sans émettre un bruit. La présence des fauteuils à haut dossier pourpres donnait plus ou moins envie de se la couler douce. Enfin, la cheminée regorgeait de gros morceaux de bois enflammés apportant une chaleur agréable dans le bureau du major Smith.

Au moment où l'un des deux soldats ferma la porte laissant Erwin et Mikasa seuls dans la salle luxueuse, l'atmosphère devint brusquement glaciale. La jeune fille ne pensa pas à dire bonjour et se contenta de patienter.

- Savez-vous pourquoi je vous ai évoquée ? répliqua l'homme blond d'un ton serein.

- Peut-être.

- D'après vous ?

- Pour l'identité du Titan Féminin ? proposa-t-elle sachant très bien que ce n'était pas la bonne réponse.

- C'est inutile. Vous avez été interrogée hier sur ce sujet. Une autre idée ?

- Aucune.

Les sourcils bruns du major Smith haussèrent. Il ne pensait pas que Mikasa soit aussi taciturne que Levi. Il se tourna alors pour lui faire face et continua de l'interroger.

- Avez-vous entendu des rumeurs sur le caporal-chef Rivaille ?

- Oui.

C'était un moment à la fois étrange et exceptionnel pour la sœur adoptive d'Eren car elle avait devant elle le leader de la 13ème Bataillon d'exploration. Comme ce dernier était souvent obnubilé par le travail, les soldats le rencontraient rarement. Seuls les chefs d'escouade et le caporal-chef Rivaille pouvaient le fréquenter en cas de nécessité. L'ambiance était singulière car ces deux personnes, qui n'avaient ni le même âge, ni le même niveau de grade, commencèrent à s'affronter du regard. Le major Smith désigna, sur son bureau, une feuille qui était sans doute un rapport.

- Voilà ce que j'ai appris.

D'un geste souple et rapide, il prit le rapport et le lut à voix haute. Aucune émotion particulière ne brillait dans ses yeux azuréens et il fit comme s'il déchiffrait une histoire à dormir debout.

- « Il y a six jours, le caporal-chef Rivaille a reçu des coups au foie et à l'estomac. La partie intérieure de son visage a été aussi touchée et sa cheville a été fracturée pour la deuxième fois. Par conséquent, il est exempté de toute activité pendant trois semaines. D'après certains témoins, avant qu'il revienne de la forêt dans cet état, Mikasa Ackermann est la seule à être allée le voir. » Me suivez-vous ?

- Oui.

- Avez-vous quelque chose à dire ?

- Non.

- N'êtes-vous pas surprise ?

- Non.

Discrètement, les commissures labiales du commandant en chef tiquèrent. Mikasa n'était pas vraiment une pipelette. Cependant, il devina qu'elle n'était pas très à l'aise car il la sentait trop rigide pour parler naturellement. Il avait trouvé sa voix trop douce. De plus, la soldate asiatique ne prenait pas son temps pour répondre aux questions de peur d'hésiter et de se tromper. Erwin décida alors de ne pas y aller par quatre chemins. Il montra le rapport à Mikasa et posa cette question tant attendue :

- Est-ce vous ?

Mikasa se dit que, de toute façon, tôt ou tard, elle serait pointée du doigt et serait jugée. Après avoir pris une longue respiration, elle répondit :

- C'est moi.

Ironiquement, elle se dit qu'à présent, elle pouvait mourir en paix. Étrangement, le commandant en chef ne cilla pas à cette confirmation. Pensif, il caressa son menton.

- Très curieux.

- C'est pour des raisons..., poursuivit Mikasa se sentant obligée de justifier son acte.

Mais le major Smith leva la main ordonnant à la jeune soldate de se taire.

- Je ne veux pas savoir, répliqua-t-il d'un ton toujours imperturbable. Ce qui est inadmissible, c'est que vous avez battu un homme qui est indispensable pour diriger les bataillons d'exploration. Comme ce rapport vient de le noter, il est déjà blessé. Inutile de vous dire la cause puisque vous la connaissez. Un médecin est venu me rendre visite et m'a expliqué qu'il ne pourrait pas utiliser l'équipement tridimensionnel pendant plus d'un mois.

Voyant qu'Erwin était en train de l'accabler de reproches, Mikasa choisit de rester silencieuse. Elle ne savait quoi dire et s'avoua qu'au fond, elle s'en fichait un peu. Un lourd silence passa et les iris bleutés du major Smith s'assombrirent.

- Vous croyez que m'expliquer pourquoi vous avez fait cela arrangerait les choses et que j'éprouverais de la pitié et de l'indulgence envers vous ? Vous êtes une soldate. On n'est pas dans une famille mais dans une armée. Je ne vais pas passer mon temps à vous gronder en tant que père. Vous excuser ne fera pas non plus guérir sa cheville.

Mikasa ne prononça toujours pas un mot. Le commandant en chef massa ses paupières et lâcha un souffle d'agacement. Toutefois, sans que la jeune fille le remarque, le major Smith eut un très léger sourire. Il avait noté qu'elle attendait les conséquences et se dit qu'il pouvait en profiter.

- La première fois que je vous ai vu, c'était dans la salle d'audience. Puis, au fil du temps, j'ai remarqué que vous ne cessiez d'envoyer des regards malveillants à Rivaille. Je doute bien que vous l'appréciez peu mais... Pour être franc, je ne m'attendais pas à ce que vous l'ayez... étrillé. Que faut-il faire pour que vous ne recommenciez plus ?

- Je ne le referai plus.

- Eh bien, voyez-vous, je ne suis pas très convaincu. J'ai décidé que vous fassiez partie de l'équipe de Rivaille. Vous nous êtes trop précieuse. En même temps, avec ce qui s'est passé, j'ai peur que ce genre de problème puisse créer des répercussions sur notre travail, vous comprenez ? Si jamais vous recommencez...

Mikasa baissa les yeux et s'humecta les lèvres. Alors qu'Erwin s'apprêta à ajouter quelque chose, la porte s'ouvrit surprenant les deux soldats. Ils découvrirent avec hébétude qu'il s'agissait de celui dont ils parlaient : le caporal-chef Rivaille. Il portait une chemise blanche et une simple veste à longues manches entièrement noire. Son pantalon de la même couleur était suffisamment long pour dissimuler sa cheville couverte d'affreux bandages. Il avait toujours le teint aussi blafard que la neige. Des cernes violets creusaient profondément ses yeux aiguisés. Des belles traces de bleus étaient encore présentes sur sa pommette droite. La soldate ne s'offusqua pas en regardant ces blessures et son cœur se mit à vibrer de satisfaction et de bien-être. Quant au commandant en chef, il n'avait l'air guère ravi de recevoir le visiteur.

- Levi, lui reprocha-t-il, combien de fois t'ai-je dit de frapper avant d'entrer ?

- Je suis sincèrement désolé mon vieux, répliqua le patrouilleur d'une voix doucereuse sans jeter un coup d'œil à son ennemie. Je l'ai complètement oublié.

- Et combien de fois t'ai-je dit aussi de te reposer ? Te voilà devenu comme un revenant éveillé.

- Je préfère accomplir mon devoir merdique plutôt que de rester cloîtré dans un lit sale et puant.

- Et ta canne ? Tu boîtes encore.

- Ça m'importe aussi. Hors de question que je fasse le rôle d'un centenaire malvoyant qui mendigote.

Erwin ne sut quoi dire face à l'entêtement de Levi et fulmina intérieurement. Levi était trop nécessaire pour l'armée. Erwin était forcé à veiller de temps en temps sa santé alors que cela ne le concernait pas forcément. Après avoir lâché un soupir bref et sec, il s'adressa à la soldate asiatique :

- Bon, que vais-je faire de vous ? Vous prévenir seulement que ce n'est pas bien ?

Le ton grave fit deviner à Mikasa que non seulement elle allait recevoir un avertissement mais aussi une punition. Le regard ombrageux qu'il portait sur elle ne présageait rien de bon. Elle se demanda alors à quel point le bonhomme était important pour le grand major. Mais ce qui attirait son attention était la couleur azuréenne qui luisait dans ses yeux. Elle respirait l'hypocrisie. Mikasa plissa légèrement les yeux, elle ignorait pourquoi mais elle sentait que les idées qui se cachaient derrière la tête d'Erwin étaient terrifiantes. Des frissons envahirent son dos.

Levi sentit une certaine appréhension se dégager chez l'asiatique. En effet, il avait pu constater qu'elle avait serré les poings jusqu'à s'enfoncer les ongles dans la paume. Voyant que le silence n'était toujours pas brisé, il devança la jeune fille et intervint calmement :

- Erwin, ce n'est pas elle qui m'a frappée.

Éberlué, Erwin regarda le petit homme comme si c'était la réponse la plus absurde à entendre. Quant à Mikasa, elle resta toujours muette.

- Es-tu certain ? questionna Erwin, les sourcils froncés.

- Je suis la victime, justifia Levi, pourquoi mentirais-je ?

- Si ce n'est pas Mikasa, qui est-ce alors ?

- J'ai envoyé mes soldats le chercher pour l'inviter dans mon bureau.

- Pour ?

- A ton avis ?

Le major Smith eut un grognement guttural. Il avait l'impression d'avoir devant lui deux enfants qui mentaient afin de ne recevoir aucun châtiment. Peu crédule, il toisa Mikasa et tenta de chercher une faille.

- Vraiment ? Mikasa, si Rivaille ne ment pas, pourquoi avez-vous confirmé que c'était vous ?

La soldate fut soulagée de recevoir cette question car elle l'attendait avec impatience. En réalité, elle n'avait point envie de se faire sauver par son pire rival. Cela ne le regardait pas, elle avait fait une bêtise et elle devait être punie. Alors qu'elle s'apprêta à répondre, Levi prit vite la parole.

- Elle disait ça sans doute pour protéger la personne qui m'a botté le cul.

Les pupilles de Mikasa purent enfin se mouvoir et fixèrent le caporal-chef, incompréhensives. Bien qu'elle tente de ne pas exposer ses émotions comme la surprise ou la déception, elle serra les dents. Elle ne voyait pas pourquoi Levi était en train de la sauver. Pour elle, il n'était pas ce genre de personne qui sauvait gentiment les ennemis après s'être tabassé.

« C'est évident, il le fait exprès. » pensa-t-elle.

Elle notait bien que, derrière cette sorte de négociation, ce serait une correction. Une correction non infligée par le major Smith mais par le caporal-chef Rivaille. En le réalisant, un goût acerbe coula dans sa bouche neutre. Erwin n'était pas idiot car il sentait qu'un message était en train de passer entre les deux soldats. Il se dit alors qu'il était en train de perdre son temps pour rien.

- Quand ce sera réglé ? demanda Erwin, visiblement ennuyé.

- Ce sera fait dans quelques instants, répondit Levi de manière catégorique.

Le caporal-chef Rivaille avait insisté sur les deux derniers mots faisant réaliser à la soldate qu'une petite discussion s'impose et qu'elle se ferait ailleurs. Mikasa vit son index pointer le sol. Ce geste signifiait qu'elle devait l'écouter sagement et être obéissant. Elle rechigna en catimini : pour suivre les ordres de ce malpoli, elle devait se comporter en tant que chienne soumise. Ce serait une rude épreuve. Presque comme un spectateur, Erwin observa longuement les deux ennemis qui se jaugeaient farouchement. Sachant qu'il perdait son temps, il termina la conversation en concluant :

- Mikasa Ackermann... Merci d'être venue. Cela a été très agréable de discuter avec vous. Levi, tu sais ce qu'il te reste à faire. Si tu souhaites me parler, tu viendras ce soir car j'ai de nombreux papiers à remplir. Vous pouvez disposer.

Mikasa fit le salut militaire et rejoignit Levi qui s'était déjà précipité vers la sortie sans laisser un mot. Lorsque la porte fut claquée, le commandant en chef saisit le rapport et le relut silencieusement. Pour lui, l'entretien était inutile car ce serait à Levi de régler les problèmes avec Mikasa. D'un geste las, il jeta le papier dans la cheminée. Ignorant le crépitement des flammes qui dévoraient la feuille, il se dirigea vers la fenêtre et murmura pour lui-même :

- Comme c'est dommage.

...

Mikasa était dans un long couloir et était en pleine hésitation. Elle avait suivi le patrouilleur puis, presque par réflexe, elle s'était stoppée. Ses jambes désiraient faire demi-tour et s'enfuir à toute allure car elle savait parfaitement que Levi ne serait pas tendre avec elle. En même temps, la curiosité la démangeait et l'empêchait de déguerpir. Elle essaya de deviner ce que pourrait lui dire le bonhomme car elle avait le pressentiment que la discussion serait longue et, en même temps, douloureuse. N'entendant pas les pas de l'asiatique, le petit soldat s'arrêta à son tour et l'apostropha durement sans se tourner :

- Mikasa, soit tu viens avec moi sans chialer, soit je laisse Erwin s'occuper de ton cul.

Cette réplique truffée de familiarité et de vulgarité ne déconcerta guère la jeune fille. Sans doute était-ce parce que Levi était de mauvaise humeur qu'il n'avait pas l'intention de jouer le gentleman. Il n'avait pas vraiment le don d'être affable envers autrui. Malgré les avertissements que l'instinct lui soufflait, Mikasa céda et marcha auprès de son ennemi juré.

Après avoir emprunté des couloirs et des escaliers, les deux soldats pénétrèrent enfin dans le bureau du caporal-chef Rivaille. La pièce était incroyablement petite et ne contenait seulement qu'une petite fenêtre, une table sobre, deux chaises et un miroir accroché au mur. En dépit de la présence de ces objets, la pièce manquait de confort et semblait même abandonnée. De plus, les murs grisâtres dégageaient de la fraîcheur et le sol était fait de pierre faisant claquer bruyamment les semelles. L'asiatique s'avoua être un peu stupéfaite car un caporal-chef comme Levi n'était pas censé habiter dans cet endroit qui ressemblait à un cachot. Elle l'avait imaginé beaucoup plus grand et plus vivable que celui où travaillait le major Smith.

En revanche, ce qui ne la surprit pas, c'est l'incroyable propreté qui y résidait : pas de toiles d'araignée, pas de traces crasseuses, pas de poussière. Décidément, le nettoyage était une obsession voire une maladie pour le soldat du Bataillon d'exploration. Comme les autres personnes qui faisaient équipe avec cet homme, Mikasa ne comprenait pas pourquoi celui-ci dépréciait toujours autant la saleté. Il avait l'habitude d'en recevoir lors des combats acharnés contre les Titans ou lors des entraînements physiques. Mais elle n'était pas venue pour poser des questions. Elle resta immobile et attendit que le maniaque de la propreté prenne la parole.

Le soldat enleva sa veste noire et la mit machinalement sur le dossier de l'une des deux chaises. Il dénoua ensuite son foulard blanc pour le poser sur la table qui devait être son bureau. Sans se détacher du regard de la jeune fille, Levi déboutonna les deux premiers boutons de sa chemise blanche afin d'aérer sa gorge et retroussa ses manches. Enfin, presque comme un instituteur, il croisa les bras et fixa la soldate asiatique droit dans les yeux.

Les deux rivaux ne bougeaient pas et ne se parlaient pas entre eux. Ils attendaient juste que l'autre réponde.

Pourtant, la dispute avait déjà commencé. En effet, ils étaient en train de se quereller à travers les expressions de leurs visages. Celui de Mikasa était blanc et fade mais ses sourcils étaient presque froncés et sa bouche légèrement tordue. Quant à Levi, en dépit de la fatigue qui l'engourdissait, il n'était pas curieusement tendu. Contrairement à la figure contractée de la soldate, la sienne était paisible et dénué de rides. En revanche, ses pupilles orgueilleux étaient rivés sur celles de son adversaire comme s'ils tentaient de les hypnotiser. Ils semblaient même vouloir les transpercer sans hésitation.

Plusieurs secondes s'étaient écoulées et les adversaires s'affrontaient toujours du regard. C'était comme si un fil transparent attachait leurs yeux pour l'éternité. Ils essayaient à la fois de ne pas se laisser intimider et de dominer le regard de l'autre. Mikasa ne craignait absolument pas les iris perspicaces de Levi mais, à force de les toiser, elle se sentait lourdement écrasée.

Soudain la bouche boudeuse de l'homme formula une réplique qui retentit dans la cellule :

- Mikasa Ackermann, tu me déçois.


A suivre...

Ouah ! Ça a été hyper dur d'écrire cette partie-là (la suite le sera aussi). C'était difficile car, par exemple, j'avais du mal à me mettre à la place d'Erwin. Comme Levi, on ne sait pas grand-chose de lui. Quand je parlais de lui, je me demandais : « Mais s'il savait ça, est-ce qu'il aurait dit ça ou ça ? ». Et il n'y a pas que ça ! Bon... Je ne vais pas non plus tout raconter. Je ferai des petits détails dessus après l'Épilogue.

Sinon j'espère que cette première partie vous a plu. A bientôt ! :)