Bonsoir à tous et toutes.
Merci pour vos reviews et vos "abonnements" à mon histoire.
Je m'excuse pour les petits mots en anglais lorsque Carson parle. Aillant visionné les cinq saisons en anglais, je trouvais important de garder cette habitude toute écossaise qui fait de lui "un gros nounours" comme le dit si bien SpaceTricotRaye. Personnellement je ne conçois pas le docteur Beckett sans et comme il s'agit d'intraduisibles, croyez moi, j'ai cherché, j'ai été obligé de les conservez ainsi si je voulais garder ce trait de personnalité du personnage.
J'ai fait quelques corrections sur les chapitres précédents (essentiellement de l'orthographe et cette histoire de – " soulignée par Gwenetsi, donc pas besoin d'aller les relire, même par curiosité =D) Je précise que si je ne mets pas de guillemets français, c'est parce que je les trouve moche… désolée. Et peut-être aussi parce que j'écris beaucoup en anglais ce qui explique aussi que je suis plus habituée à ceux-ci - ". Ils me permettent aussi de faire une différence entre les dialogues à voix haute et ceux de Kim' qui est télépathe.
Une dernière chose, Gwenetsi, je n'en suis pas sûre à 100% (même si mon homme me soutient mordicus que c'est le cas) mais il me semble en effet que Carson à toujours un traitement temporaire. Il est fait mention de Jennifer, qui est proche d'en trouver un définitif à la fin de la saison 5 mais rien n'est clairement dit à ce propos. Si en revanche, je me suis trompée, alors mea culpa et on dira que je prends des libertés avec la série. Personnellement ce n'est pas un problème. J'espère que ça ne te dérangera pas :S
Pour l'histoire de la guêpe vous verrez cela en temps et en heure. Mais pas dans ce chapitre.
Pour répondre à la question de SpaceTricotRaye, cela fait environ une semaine que le sujet de cette fic me trotte dans la tête. J'ai malheureusement un cerveau ultra créatif ainsi qu'un besoin irrationnel de tout vérifier pour coller au maximum avec la réalité ou le scénario et je ne suis pas à mon premier essai de création de monde (puisque je suis actuellement entrain de travailler sur le manuscrit d'une saga de science fiction destinée à la publication qui se passe dans une autre galaxie… Et dire que c'était avant de voir les épisodes de Stargate…) Si vous voulez en savoir plus je peux vous faire parvenir l'adresse d'un site où vous pourrez y lire les premiers chapitres. (Petit temps de pub XD)
Voila, je crois que j'ai tout dit. Désolée pour le pavé et bonne lecture.
*Chapitre 4*
Yria s'était rendormie peu de temps après la sortie du docteur Beckett de la pièce où elle se trouvait. L'information qu'elle avait lancée avait fait l'effet d'une bombe dans l'aquarium qui surplombait la salle. Le docteur Keller, le lieutenant-colonel Sheppard, Teyla, Ronon et le docteur McKay ainsi que le dirigeant de la cité, Richard Woolsey, s'y étaient rassemblés afin de se concerter pour savoir ce qu'il fallait faire de la jeune femme allongée sur le lit au-dessous d'eux et, surtout, s'il fallait la croire. Ils étaient tous plongés dans leurs pensées et le silence les entourait de son étreinte apaisante. Ronon, l'avant-bras droit appuyé sur la paroi de verre verticale, observait le corps frêle de la patiente, qui semblait dormir à points fermés et son étrange créature, qui se léchait les pattes au pied de sa maîtresse, en contrebas. Soudain Rodney s'agita, brisant le calme de la pièce.
— Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ? commença-t-il les yeux écarquillés alors qu'il marchait maintenant de long en large dans la cage de verre, incapable de contenir le fil de ses pensées plus longtemps. "L'accès aux plus grandes théories du 'Multivers' à portée de la main. Même le principe de ce 'Multivers' est impressionnant. Il faut un QI vraiment élevé pour arriver à concevoir tous ces univers. Alors de là à les voir comme un ensemble... Se pourrait-il qu'elle voie les liens qui les relient entre eux et les choix et conséquences qui créent de nouveaux mondes ?
L'astrophysicien jubilait à présent.
— Nous ne savons pas, Rodney. Et qu'est ce qui vous prouve que ce qu'elle dit est vrai ? lui rétorqua Woolsey.
Alors que McKay haussait les épaules, pour une fois à cours de réponse, Teyla s'avança d'un pas afin d'imiter Ronon, qui fixait toujours Yria.
— En tout cas je peux vous attester que le récit de ses années d'incarcérations corrobore la vision que j'en ai eue.
Rodney hocha la tête avant de surenchérir :
— De plus, Zelenka a personnellement vérifié s'il était fait mention d'un système Hippos dans la base de données des Anciens et l'histoire qu'elle nous a servie coïncide avec ce qu'il y a trouvé.
Un nouveau silence, plus pesant que le précédent, s'installa dans l'aquarium et le dirigeant d'Atlantis se tourna brusquement vers le panneau de verre teinté.
— De ce que j'en vois, tout ce qu'elle nous a dit jusqu'à présent se vérifie. Et si je peux me permettre, Richard, elle nous a tout de même sauvés la vie en nous ouvrant ce bouclier, osa préciser John.
L'ancien bureaucrate hocha la tête. Détaillant la petite carrure de la Selenienne endormie, il ne pût s'empêcher de se comparer à cette affreuse milice et de penser à ce qu'ils lui avaient fait subir. Peut-être était-il temps pour lui de descendre de son perchoir, pour avoir un petit tête-à-tête avec elle comme elle le lui avait suggéré à son précédent réveil. Mais pas avant de l'avoir libérée. Il ne voulait pas d'un interrogatoire, il voulait une véritable discussion à armes égales.
Dirigeant son regard vers son supérieur, Ronon sembla sortir d'une profonde réflexion.
— J'ai beau l'observer, je ne vois pas en quoi elle serait une menace... tant que nous la gardons à l'œil.
Teyla acquiesça à ces paroles. Elle était celle qui avait insisté pour que la jeune devineresse vienne sur la cité, il était de sa responsabilité de veiller à ce qu'elle ne soit pas un danger. Aussi se tourna-t-elle à son tour vers Woolsey avec la ferme intention de remplir son devoir.
— Monsieur, je demande la permission qu'elle soit placée sous ma garde lorsque vous aurez décidé de la relâcher. Après tout, je suis seule responsable de sa présence ici.
Frottant son menton entre son pouce et son index, il prit en compte la remarque de l'Athosienne avant de lui faire face.
— Eh bien, j'espère que vous avez du temps libre à occuper parce que cette affectation prend effet à cette seconde, l'informa-t-il avant de se diriger vers la porte de la cage. Je vous laisse vous charger d'elle, Sheppard. J'ai malheureusement un rapport long et fort précis à envoyer à la commission.
Le lieutenant-colonel acquiesça sans un mot avant de décoller son dos de la paroi froide contre laquelle il s'était appuyé et suivit son supérieur dans le couloir. Arrivé à une intersection, il bifurqua en direction de la pièce qui se trouvait sous ses pieds quelques instants plus tôt, le reste de son équipe et le docteur Keller sur ses talons.
— Vous croyez qu'elle peut... commença McKay brusquement coupé par Jennifer.
— Non, Rodney, cette jeune femme n'est pas un cobaye et je doute que monsieur Woolsey te laisse la torturer à coup de questions sur je ne sais quelle théorie tu voudrais qu'elle justifie... ou t'aide à justifier. Si l'on en croit ses dires, consulter le 'Multi... truc' lui infligerait de la souffrance. Et tant que cette patiente sera sous la responsabilité, je défends quiconque de lui faire du mal. C'est bien clair, Rodney ?
Il hocha la tête, silencieux et légèrement boudeur avant de marmonner quelque chose que les autres ne comprirent pas où il semblait être question de 'devoir envers la science'. Continuant leur périple à travers les couloirs de l'immense cité, la petite troupe atteignit enfin l'entrée de la chambre d'Yria. Le militaire à sa tête balaya l'air de sa main, à hauteur d'yeux, paume verticale, face à un capteur jouxtant la porte, qui s'ouvrit à ce geste. Le doux bruit émit par cette dernière suivi de leur pas alerta le félin aux pieds de la jeune devineresse.
— Du calme, dit le lieutenant-colonel en s'approchant de Kim'. Nous ne lui voulons aucun mal.
— Est-ce que vous allez la libérer ? lui demanda une voix dans sa tête.
Il acquiesça, pas tout à fait à l'aise avec l'animal télépathe.
— Nous allons lui laisser une chance de prouver ses dires, continua le docteur Keller en soulevant les draps qui recouvraient les chevilles de la patiente, avant de défaire les sangles qui la retenait prisonnière dans la chambre d'isolation.
La chimère pencha la tête sur le côté, comme si elle réfléchissait à ce que la jeune femme blonde venait de lui dire.
— Et comment comptez vous vous y prendre ? demanda à nouveau la bête.
Avec un petit sourire, son interlocutrice lui répondit par une autre question :
— Le terme de scintigraphie cérébrale vous est-il familier ?
Etonnamment la chimère acquiesça avant d'ajouter :
— Peut-être serait-il préférable que vous la réveilliez pour lui en parler. Il n'y a rien qu'elle ne vous refusera, à condition qu'elle sache de quoi il s'agit et où elle se trouve. Comme vous l'avez sans doute remarqué, la présence d'interfaces et d'appareils médicaux ont la fâcheuse tendance de lui rappeler son unique séjour au centre de détention.
Jennifer hocha la tête bien déterminée à montrer patte blanche envers l'animal méfiant.
— Serait-ce trop m'avancer que de dire que vous ne nous faite pas totalement confiance ? s'enquit le militaire qui fixait le félin les yeux plissés et les bras croisés sur sa poitrine en signe défensif.
Kimerah descendit du lit d'un bon souple avant de s'étirer puis, vint se placer face à Sheppard qui ne bougea pas. L'animal s'assit, sur ses pattes arrières, à la manière d'un chat terrien et plissa à son tour les yeux, comme pour sonder plus que scruter, le visage de son vis-à-vis.
— Je vis avec Yria depuis un peu plus de trois ans maintenant. Je sais tout de son comportement et de son caractère. Je sais aussi ce qui lui fait peur, l'angoisse, voire la terrorise sur le bout des griffes. Et, même si j'ai foi en son jugement, elle a grandi avec votre présence et ses présomptions sont altérées. Elle vous est entièrement loyale bien qu'elle ne vous a jamais vu réellement, commença-t-elle, d'une voix calme où sourdait une pointe d'avertissement. Vous, en revanche, ne la connaissez ni d'Eya ni de Prim'. Je trouve normal que vous vous défiez d'elle. Malheureusement pour vous, je me défie de vous aussi. La méfiance d'un être envers un autre peut être le détonateur d'une situation dans laquelle vous ne préféreriez pas vous retrouver… pour votre propre bien.
Puis sans plus un regard, la chimère tourna le dos au lieutenant-colonel et reporta toute son attention sur sa jeune maîtresse. L'homme dans son dos échangea un regard curieux avec la jeune Athosienne à sa droite. Il venait de se faire menacer par… un chat. Il eut un petit sourire amusé. Les événements dans la galaxie Pégase ne cesseraient donc jamais de le surprendre ? Reprenant contenance, il s'approcha du lit avec une expression qui se voulait amicale et posa une main sur le bras de la jeune patiente, afin de la réveiller en douceur. Cette dernière ouvrit les yeux, papillonnant des paupières pour aider sa vision à faire le point.
— John ? demanda-t-elle d'une voix enrouée. Qu'est-ce que… où suis-je ?
Elle toussa en se redressant et un flot de souvenir s'imposa à elle. Atlantis. Elle était sur Atlantis, en sécurité. Ses muscles se relâchèrent et elle sourit doucement au militaire à ses côtés.
— Que puis-je faire pour vous ? le questionna-t-elle en embrassant la pièce du regard, prenant enfin conscience des gens qui se trouvaient autour d'elle.
Il lui sourit à son tour, se voulant rassurant, puis lui tendit la main afin de l'aider à se lever complètement.
— Monsieur Woolsey a décidé de vous libérer de cette pièce, commença-t-il. En échange de sa courtoisie, nous souhaiterions que vous nous laissiez faire quelques tests pour vérifier le bien fondé de vos dires.
Prenant sa main, elle s'appuya sur lui et se leva de sa couchette avant de faire quelques pas instables sur le sol de la cité. Puis, se tournant vers son interlocuteur avec un sourire doux, elle hocha la tête.
— Aucun problème, John. Je m'y prêterai volontiers. Si ces tests peuvent chasser vos dernières méfiances, alors je vous suis.
Sondant le regard de la jeune femme, il comprit ce que la chimère venait de lui dire. Il n'y avait pas une trace d'hésitation ni de soupçon envers lui ou ces actions. Elle semblait en effet être prête à tout pour gagner leur confiance et vivre parmi eux comme tout membre de cette expédition. Il acquiesça alors en l'aidant à marcher en dehors de la pièce afin de la mener à l'infirmerie où le docteur Beckett les y attendait. Teyla s'était excusée en chemin et avait regagné ses quartiers pour aller voir son fils, promettant au colonel de revenir à son poste dès qu'elle se serait assurée de l'état de Torren. En revanche Rodney, bien trop intrigué par le phénomène entourant la Selenienne, les avaient suivis pour surveiller les résultats qui allaient être dévoilés au cours du processus. Ronon, quant à lui, avait du mal à détacher son regard de cette frêle jeune femme. La force qu'elle dégageait contrastait avec sa petite carrure et ses traits aimables. Peut-être était-ce la méfiance ou bien la curiosité qui le poussait à les suivre. Il ne le savait pas lui-même. Ce qu'il savait, par contre, c'est que les mots qu'elle lui avait dit sur Selenia résonnaient toujours en lui. Elle savait qu'il avait été un runner et il pouvait presque toucher du doigt qu'elle avait vécu une expérience similaire. Ses réflexions se coupèrent lorsqu'ils pénétrèrent tous dans l'infirmerie. Jennifer les dirigea vers une série de sièges où ils prirent place alors qu'elle guidait Yria vers une longue table blanche.
— Installez-vous, love, lui dit Carson gentiment de son fort accent écossais.
Elle hocha la tête avant de s'exécuter, lui rendant son sourire. Malgré toutes les tentatives de John pour qu'elle pense qu'il lui faisait confiance, elle savait que ce n'était pas le cas, pas entièrement du moins. Le docteur Beckett, en revanche, était sincère. Elle le ressentait comme s'il dégageait une sorte d'écho de gentillesse qui pulsait à travers la pièce autour de lui. Il était doux et agréable. Fermant les yeux, son sourire s'élargit alors qu'elle se rappelait de petites choses sur lui. Elle aimait l'entendre rire et plaisanter, ainsi que la façon dont son sourire atteignait ses yeux, formant de petites rides au coin de son regard d'azur et creusant des fossettes dans ses joues. Elle poussa un long soupir et ouvrit les yeux sur le dos du docteur qui réglait les derniers détails du test.
— A quoi pensiez-vous ? lui demanda-t-il sans la regarder, les yeux rivés sur un écran où s'affichaient les premières images de la scintigraphie.
Elle écarquilla les yeux à sa demande, surprise par sa question alors qu'il se tournait maintenant vers elle, réajustant la hauteur de la table.
— Je… je pensais à vous, répondit-elle en rosissant, gênée de lui avouer ce qui venait de s'imposer à elle.
Il sourit à ses mots avant de lui demander à nouveau :
— Plus précisément ?
Elle se racla la gorge, embarrassée.
— A… à la façon dont vous souriez… ainsi qu'à votre gentillesse, expliqua-t-elle en évitant de le regarder, incapable de lui mentir.
Il eut un petit rire avant de se dire flatté, puis reprit son attitude professionnelle.
— Bien, commença-t-il. Je vais vous donner des mots ou vous demander de penser à des choses basiques afin de faire un sujet de référence.
Elle hocha la tête, le fixant à nouveau, et attendant qu'il débute le test. Il se mit alors à réciter une série de mots qu'elle imagina sans mal. Une pomme, un oiseau, un fruit de sa planète, une couleur, la liste était trop longue pour être citée et cela dura dix bonnes minutes, pendant lesquelles Teyla revint de ses quartiers et s'assit avec les autres, attendant patiemment la fin de l'expérience. A la fin de l'énumération, Carson se racla la gorge avant de se rapprocher d'elle, posant une main qui se voulait rassurante sur son bras.
— La seconde partie de cet examen risque de vous être douloureux, commença-t-il d'une voix où transparaissaient l'inquiétude et le regret. Si vous voulez vous arrêter maintenant et remettre le test à plus tard, je comprendrais.
Mais la jeune femme secoua la tête, prête à aller jusqu'au bout. Alors Carson lui prit la main doucement et lui dit :
— Yria, je veux que vous plongiez votre esprit dans le flux et le reflux pour me donner un renseignement sur Atlantis. N'importe lequel tant que c'est quelque chose que vous n'êtes pas supposée savoir.
Elle acquiesça, émue qu'il l'ait appelée par son prénom et elle sourit doucement avant de fermer les yeux pour se concentrer. Une chose qu'elle n'était pas censée savoir. Que pourrait-elle bien choisir qui soit suffisamment évident pour qu'ils la croient. Serrant les dents sous l'effort, elle visualisa le courant éthéré qui flottait autour et à travers elle. Elle sentait de grosses goutes de sueur se former sur son front et couler le long de ses tempes, mais elle se retint d'y porter attention, et ainsi risquer de perdre sa concentration. Tout d'abord elle s'intéressa à l'ensemble de la cité Atlante. Le fait qu'il s'agissait d'un vaisseau puis la découverte de la ville et son état sous-marin aux prémisses de l'expédition… Trop d'informations importantes. Aussi prit-elle le loisir de lister tout ce qu'elle voyait et qui semblait utile pour leur montrer ce à quoi elle avait accès.
— La cité possède actuellement un E2PZ totalement opérationnel et un second déchargé à soixante-quinze pour cent environ. Ses générateurs proviennent d'avant-postes atlantes trouvés dans la Voie Lactée avec l'aide du major-général Jack O'Neill, du docteur Daniel Jackson ainsi que du lieutenant-colonel Samantha Carter. Atlantis est équipée d'un moteur vortex, développé par Rodney l'an dernier à partir de la technologie ancienne et qui permet à celle-ci de voyager plus rapidement à travers l'espace. Le Dédale est actuellement à quai ici et le colonel Caldwell se trouve en se moment même dans le mess. Il se restaure en compagnie du major Evan Lorne et de la technicienne Amélia Banks…
Le flot des paroles de la jeune femme s'accéléra, citant chaque détail de la cité auquel elle avait accès, l'emplacement du moindre de ses occupants, les technologies qu'on pouvait y trouver, incapable de résister au flux et au reflux qui semblaient la submerger maintenant. Elle avait voulu plonger trop profondément dans le courant et elle se noyait à présent sous les images et sons qu'elle voyait défiler dans son esprit. Carson l'attrapa par les épaules en lui disant qu'elle pouvait s'arrêter, mais, malgré ses paroles rassurantes, elle n'arrivait pas à endiguer les vagues qui l'engloutissaient un peu plus à chaque instant. Ses yeux s'étaient révulsés et sa silhouette frêle était maintenant secouée de convulsions qui semblaient plus fortes à mesure que les secondes s'égrenaient.
— Carson ! cria la voix de Sheppard. Faites quelque chose où elle va y rester !
Mais avant que quelqu'un ait le temps de réagir, Kimerah était auprès de sa maîtresse. Posant sa tête contre la tempe de la jeune femme, elle lui parla doucement.
— Yria, c'est moi. C'est Kim', l'appela le félin. Je suis là, près de toi. Je sais que tu sens ma présence. Cherche-la. Viens vers moi.
Alors les convulsions s'espacèrent, perdant de leur intensité, lentement mais sûrement, avant de disparaître complètement. Une longue minute plus tard, la jeune femme ouvrit enfin les yeux, le souffle cours. Elle prit le temps de s'asseoir et de regarder autour d'elle, désorientée. La stupeur se lisait sur le visage du personnel de l'expédition rassemblée à son chevet. Elle avait réussi. Elle leur avait prouvé qu'elle ne leur mentait pas. La respiration saccadée, elle réclama un verre d'eau, que le docteur Beckett lui apporta rapidement pendant que Jennifer contrôlait sa tension. Puis l'Ecossais aux cheveux bruns se tourna vers l'écran où figuraient à présent les résultats de l'expérience. Après avoir vidé son gobelet, la jeune Selenienne posa un pied à terre puis se leva. En s'aidant de la table où elle était allongée quelques instants plus tôt, elle s'avança vers Carson, qui analysait maintenant le résultat final de ses tests.
— Alors ? demanda la jeune femme au médecin à sa gauche, scrutant à son tour l'écran où s'étalait des coupes de son cerveau, pigmentées de rouge, vert et jaune. Avez-vous trouvez quelque chose d'utile ?
Beckett tapota la surface lisse du bout de son crayon en marmonnant une phrase incompréhensible. Jennifer, qui vint consulter elle aussi les relevés, fit un diagnostique à voix haute :
— Lors de la première étape du test, les zones du cerveau répondent parfaitement à ce que nous connaissons d'une scintigraphie cérébrale. Tout est parfaitement normal.
Elle s'arrêta un instant pour consulter d'autres coupes du crâne d'Yria et échangea quelques mots avec son collègue, qui semblait inquiet.
— Et pour la suite… ? demanda Teyla en s'approchant à son tour.
La jeune Selenienne sentit la main de l'Athosienne prendre place sur son épaule dans un geste amical et naturel.
— Il semblerait qu'Yria soit en effet réactive au flux et au reflux comme elle l'appelle, commença Jennifer bien vite coupée par Carson.
— Ce que nous savions déjà à l'écoute de son listing parfait des technologies et des faits et gestes de l'équipe en poste actuellement. En revanche les relevés nous indiquent quelque chose de fort intéressant.
Il marqua une petite pause afin de trouver les bons termes puis reprit :
— Les zones qui réagissent le plus face à l'action de fouiller dans le flux et reflux du Multivers sont l'aire auditive primaire, suivie par le cortex visuel primaire puis l'aire motrice. Le tout sans activer les aires visuelle et auditive d'association. Ce qui sous-entend que cette jeune femme voit et entend des choses directement à l'intérieur de son cerveau. Autrement dit, elle perçoit ce courant dont nous n'avons même pas connaissance. De plus, cela agit directement sur la zone qui traite les émotions.
Alors qu'il montrait de nouvelles aires il ajouta :
— Nous excluons bien sûr celles-ci pour des raisons évidentes puisqu'il s'agit des aires qui s'activent sous la douleur.
Puis, observant un cliché qu'il venait d'agrandir, il pointa un petit point avec la gomme de son crayon.
— Ceci, par contre, est encore plus saisissant. Car, si on analyse ces images non pas une par une mais comme formant un tout, ce qu'elles sont, nous obtenons ceci.
Tapotant sur le clavier relié à la même unité centrale que l'écran, les occupants de la pièce purent apprécier un ralentit du phénomène.
— Ce qui signifie ? demanda Ronon que la démonstration dépassait.
"Cela signifie tout simplement que ce petit point que vous voyez ici est la zone de départ de l'information qui afflue dans le cerveau d'Yria."
Un silence gêné s'installa. Sheppard se frottait le menton entre l'index et le pouce pour se donner l'air d'avoir tout compris et d'être fasciné. Ronon regardait l'image le regard vide, attendant qu'on lui livre l'information qu'il n'avait aucun moyen de comprendre. Teyla fronçait les sourcils, sa main toujours sur l'épaule de la jeune devineresse, prête à encaisser une mauvaise nouvelle. Le regard de Jennifer faisait des allers-retours entre l'écran et la jeune Selenienne, subjuguée. Et pour finir, Rodney semblait perdu dans ses pensées, avec l'air d'avoir reçu l'illumination. Devant l'incompréhension de tous, sauf des docteurs McKay et Keller, Carson dut faire un peu de traduction.
— Ceci est responsable de ces visions et ce petit point, aussi gros qu'une tête d'épingle, n'existe pas dans un cerveau humain normal.
Yria vint coller son nez sur l'écran afin de mieux visualiser cette anomalie qui se trouvait au cœur de son crâne. C'était cette chose, si petite, qui était responsable de son état ? Mais comment cela avait-il put se retrouver dans son cerveau ? Etait-ce une puce ou un dispositif technologique ? Se tournant vers le duo de médecins, elle le leur demanda.
— Non, ma chère. Tout ce qui se trouve dans votre tête est totalement organique et vous appartient depuis toujours. Ceci est une anomalie génétique probablement due à des millénaires d'utilisation de pesticides et de pollution. Sans oublier les ondes des outils technologiques comme les ordinateurs, téléphones et autre appareils moderne. Peut-être pouvons nous aussi y ajouter l'équivalent de nos rayons X… Je serais incapable de vous dire exactement ce qui en est la cause. En revanche, je peux affirmer, presque avec certitude, que ceci… dit-il en pointant la petite représentation rouge sous la gomme de son crayon. …ceci est le futur de la race humaine, mes amis.
