Dans les jours suivant Etaine suivi le conseil du professeur. Ce n'était pas difficile puisqu'elle était désormais dispensée de cours et vivait principalement dans un arbre de la cour. Le seul à vrai dire. L'érable bientôt centenaire avait quelques tronçons de branches basse permettant de l'escalader jusqu'au feuillage dans lequel elle se dissimulait, un livre à la main. La jeune fille pouvait être incroyablement acharnée quand elle le désirait et apprenait quasiment par cœur le contenu de ses livres. Il restait un mois avant le premier septembre mais celui-ci s'écoula rapidement, malgré l'échec qu'elle avait eu dans sa tentative de retourner au Chemin de Traverse. S'y étant rendue en transplanant la première fois et ayant oublié de demander au professeur comment y retourner, elle n'avait aucun moyen de faire la deuxième visite qu'elle prévoyait. Aucun moyen, non plus, d'envoyer à ce fameux cousin la lettre qu'elle avait composée. Elle avait maudit son oubli de nombreuses fois durant ce mois, chaque fois qu'une explication lui paraissait obscure. Ce n'était heureusement pas fréquent et de nombreuses qu'elle avait accomplies prenait désormais du sens.

Saernel découvrait lui aussi de nouvelles choses, ayant demandé à son amie de lui lire les textes. La tentation était forte de mettre en pratique les enchantements qu'elle apprenait dans le livre de sortilège mais elle y résista. La métamorphose semblait surtout une histoire de concentration. Etaine ne pensait pas que cette matière lui poserait trop de problème elle avait déjà réussi à métamorphoser de petites choses mais au prix d'un grand effort. Ce serait considérablement plus simple avec une baguette comme catalyseur. Les paroles d'Ollivander lui trottaient dans la tête : apparemment il n'était pas courant de réunir deux baguettes en une seule. C'était le défi de sa carrière avait-il dit. Rogue disait que cela faisait plus d'un demi-siècle qu'il vendait des baguettes et il semblait qu'il n'ait jamais eu de cas comme le sien. Etaine ne savait pas quoi en déduire. Elle caressait le bois de miel et d'obscurité entrelacé sans rencontrer la moindre aspérité. Les deux essences s'enroulaient autour du cœur comme des volutes de vapeur. Ollivander avait choisi la comparaison adaptée. La baguette avait désormais 27 cm de longueur, la moyenne des deux mesures originelle, et l'acajou accrochait les rayons du soleil d'août, formant un contraste avec l'ébène qui les absorbaient. C'était sans conteste un instrument magnifique.

Quand venait l'heure des repas Etaine réapparaissait et s'installait sur une petite table au fond du réfectoire qu'on lui avait attribuée à son arrivée pour l'éloigner des autres. C'était celle des punis. La sorcière n'en avait jamais connue d'autres, s'étant fait remarquer dès son arrivée. La situation s'était améliorée pour elle maintenant qu'elle était promise à quitter l'orphelinat on la traitait mieux, pour faire croire que Saint Raphael et Damien était un établissement respectable. Mais elle sentait sur elle les regards de haine des autres élèves qu'elle évitait de son mieux.

Le premier septembre arriva enfin. Comme tous les jours la cloche sonna à six heures pour indiquer aux élèves de se réveiller. Etaine se leva comme les autres mais après le petit déjeuner elle remonta pour finir de préparer sa valise. En réalité il n'y avait pas grand-chose à faire et la jeune fille se contenta de rester assise sur son lit bancal en attendant l'arrivée du professeur.

-C'est aujourd'hui que tu t'en va ?

La sorcière se releva d'un bond en reconnaissant la voix. Herbert se tenait dans l'embrasure de la porte, encadré de Soren et Caine, ses deux acolytes, les bras croisés sur la poitrine. La question pouvait paraître anodine mais Etaine le connaissait assez pour savoir qu'il n'en était rien. Et malheureusement il n'y avait aucun témoin ici.

-Pas définitivement, malheureusement, répondit la jeune fille en regardant l'horloge au-dessus de la porte.

Il était 10h48.

Herbert eut un sourire et Caine et Soren passèrent la porte. La sorcière remarqua les battes qu'ils tenaient à la main. Inutile de demander leurs intentions.

-Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? demanda-t-elle pour gagner du temps.

-T'es qu'une sale chanceuse, Etaine, cracha-t-il, et tu vas le regretter.

-Je pense plutôt que ce sera le contraire si tu continus à faire l'idiot, lâcha-t-elle froidement.

Herbert fonça tandis que Caine et Soren la contournait pour la prendre à revers.

-Réveille-toi, Saernel, on a une bagarre à gagner, murmura-t-elle au serpent qu'elle savait endormi dans sa chevelure.

-Les idiots habituels ?

La sorcière n'eut pas le temps de répondre, se jetant à terre pour éviter la charge du gorille. Elle roula sur le côté pour éviter un coup de batte. Caine se dressa devant elle, son arme au-dessus de sa tête. La vipère jaillit et mordit l'assaillant au nez, le forçant à lâcher la batte pour essayer d'enlever le serpent. Etaine se releva d'un bond et asséna l'arme qu'elle venait de récupérer sur Herbert qui la lui arracha des mains. Avant qu'il n'ait le temps d'affermir sa prise elle donna un coup de pied là où cela faisait mal, le faisant se plier en deux.

La batte de Soren tomba lourdement sur son épaule. Avec un cri de douleur elle envoya un coup de poing sur sa mâchoire et enchaîna d'un revers de la même main sur sa tempe pour l'assommer. Elle entendit un autre cri derrière elle et une avalanche de sifflements furieux. Apparemment Caine avait réussi à se débarrasser de Saernel.

-Derrière toi ! siffla-t-il avant de se réfugier dans un trou pour échapper au sbire.

Etaine se retourna brusquement, gémit à cause de son bras, et vit Herbert foncer sur elle. Sans réfléchir elle lança sur lui une boule de feu qui l'envoya contre le mur. Elle entendit un cri de guerre et se précipita dans la direction opposée pour éviter Caine. Une deuxième boule de feu le cueillit quand il l'accula au pied de l'escalier. Herbert se dressa brusquement devant elle. Il lâcha un cri quand Saernel lui mordit l'oreille et essaya de le décrocher de là. Etaine plaça une jambe devant l'autre et referma son poing au-dessus de son épaule, l'autre bras toujours le long du corps.

-Ça suffit ! intervint une voix.

-Rah ! éructa Herbert. Détachez cette saloperie de moi !

Il semblait exécuter une curieuse danse. Etaine leva les yeux vers le nouvel arrivant qui semblait surpris et passablement furieux de trouver deux corps à terre, un malabar avec un serpent lui mordant l'oreille et elle en position d'attaque.

-Lâche-le, Saernel, c'est fini.

Le serpent s'enroula autour du cou et utilisa celui-ci pour prendre de l'élan et atterrir sur le bras que lui tendait Etaine.

-Dehors, ordonna Severus Rogue au moldu.

Herbert quitta la pièce en pleurnichant qu'on l'avait attaqué pour lui arracher l'oreille. La jeune fille se dirigea vers sa malle qu'elle ouvrit d'un coup de pied.

-Des explications, miss Knightley, réclama-t-il guère plus fort qu'un murmure mais avec une intonation qui ne permettait pas la réplique.

-Herbert et moi faisions simplement nos adieux, répondit avec défi la sorcière.

Elle palpa son bras et eut une grimace de douleur. Elle fouilla les vêtements jusqu'à en retirer une ceinture qui portait des traces de morsures. Elle la mit dans sa bouche et tira brusquement sur son bras, faisant entendre un craquement. Elle s'effondra sur le lit. Le professeur poussa un soupir agacé tandis que Saernel essayait de réanimer son amie en lui donnant de petits coups de tête. Il s'approcha du sommier et sortit une fiole qu'il voulut verser dans la bouche de la jeune fille. La vipère siffla violemment et se ramassa en position d'attaque.

-Cela ne lui fera aucun mal, assura-t-il au serpent.

Celui-ci siffla encore avant de reposer sa tête sur ses anneaux. Severus Rogue versa quelques gouttes sur les lèvres de la sorcière qui ouvrit les yeux.

-Les bagarres ne sont pas tolérées à Poudlard, souvenez-vous en, miss Knightley, dit-il froidement.

-Je n'avais pas l'intention de me battre.

-Ceci vous est déjà arrivé souvent ? demanda-t-il en montrant la ceinture.

-Assez, mais les dernières datent d'il y a plusieurs mois si l'on excepte aujourd'hui.

Le professeur la fixa si longuement qu'elle comprit qu'il utilisait la légilimentie. Elle ne savait pas comment l'en empêcher et de toute manière elle avait dit la vérité. Depuis son arrivée à l'orphelinat elle s'était déboité le bras trois fois, cassé le poignet une fois et fait quatre entorses, sans compter les multiples hématomes dont elle avait écopée. Presque tous ses problèmes étaient dus à Herbert et sa bande.

Sans un mot il lui tendit la main. Elle replaça la ceinture dans la valise, agrippa celle-ci et la prit. Quelques secondes plus tard Caine et Soren étaient seuls dans la pièce.

Severus Rogue et Etaine Knightley arrivèrent dans une ruelle de Londres, juste à côté de la gare, et marchèrent silencieusement jusqu'à King Cross. Le professeur la mena jusqu'aux voies neuf et dix et lui montra comment accéder à la 93/4 avant de transplaner après avoir vérifié qu'elle pouvait bien traverser la barrière. La jeune fille se retrouva sur le quai encore embrumé mais pas encore bondé de monde. Un train presque antique crachait sa vapeur sur les rails. Le Poudlard Express. Etaine tira sa malle jusqu'au wagon le plus proche dans lequel elle tenta en vain de la hisser la valise était lourde et son épaule lui faisait mal.

-Je peux t'aider ? proposa d'une voix rêveuse une fille de son âge aux cheveux blonds qui ressemblaient davantage à une crinière.

-Je veux bien, haleta Etaine qui se demandait bien qui pouvait porter des boucles d'oreille en radis.

A elle deux elles parvinrent à hisser la malle dans le wagon.

-Merci, je m'appelle Etaine, dit celle-ci en tendant la main.

-Moi c'est Luna Lovegood, répondit l'autre. Tu sais que tu as beaucoup de Joncheruine ? demanda-t-elle soudain.

-Je ne sais même pas ce que c'est.

Cela ne figurait dans aucun des livres scolaires et dans aucune des histoires que son père lui avait raconté.

-Ce sont de petites créatures qui empêchent de se concentrer et rendent lunatique. Elles sont invisibles.

-Comment les vois-tu alors ?

-Je les sens.

A ce moment-là une voix appela Luna sur le quai. Il s'agissait d'un homme avec un pendentif en forme de pyramide sur lequel était gravé un étrange symbole.

-Je te laisse, chantonna Luna avant de la quitter d'un pas dansant.

-Un peu étrange, siffla Saernel quand elle se fut éloignée.

-Un peu, acquiesça Etaine, mais toujours mieux qu'à l'orphelinat.

-Tu as mal ?

-Ça va, et toi ?

-Rien de grave.

-Contente de l'entendre, essayons de trouver un compartiment.

Ils étaient pour la plupart inoccupé, ils n'eurent donc aucun mal à trouver ce qu'ils désiraient. Se doutant qu'ils ne resteraient pas seuls longtemps, Etaine se changea immédiatement et revêtit une robe uniformément noire. C'était beaucoup mieux que les vêtements de l'orphelinat qu'elle rangea dans la valise. Elle sortit sa baguette qu'elle posa sur la banquette et le livre Sort et enchantement niveau 1 qu'elle comptait relire. Elle parvint à hisser la malle dans le filet à bagage et s'assit à côté de la fenêtre. Elle passa la demi-heure suivante à essayer de mettre en application les formules inscrites. Saernel s'était endormi dans ses cheveux. Elle laissa un sourire éclater sur son visage quand elle parvint à faire changer de couleur la couverture du journal au bout de trois tentatives. La baguette était beaucoup plus puissante qu'elle ne s'y attendait ou alors elle avait tellement pris l'habitude de se concentrer pour faire de la magie qu'elle ne s'habituait pas à cette facilité. Elle passa ensuite à la lévitation et envoya le manuel au plafond. Il lui fallut une demi-heure pour apprendre à doser la puissance qu'elle devait employer.

Le brouhaha en provenance du quai devenait de plus en plus important. Les compartiments commençaient à se remplir. Etaine décida que cela suffisait et rangea le livre dans la malle avant de se réinstaller. Quatre autres élèves entrèrent dans le compartiment. Trois d'entre eux avaient des cheveux roux, deux étaient des jumeaux. Le dernier était coiffé de dreadlocks.

-Je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas là, dit l'un des jumeaux.

-Ils doivent déjà être dans le train, tenta de les rassurer celui avec les dreadlocks.

-Sans dire au revoir à maman ? Pas possible, Lee, répondit l'autre jumeau.

-Ils sont peut-être bloqués, avança la plus petite, rousse elle aussi.

-La barrière n'a jamais refusée de s'ouvrir, contra Lee.

A ce moment-là ils s'aperçurent qu'Etaine les regardait avec intérêt.

-Je vais monter ta valise, Ginny, offrit l'un des jumeaux.

-Merci !

La petite s'installa devant Etaine.

-Je m'appelle Ginny, c'est ta première année ?

-Suzanne, mais je préfère Etaine. C'est vrai, à toi aussi ? répondit-elle prudemment.

-Oui, je te présente Fred et George, dit-elle en désignant successivement les jumeaux. Et voici Lee, un ami.

-Enchanté, répondit Etaine en songeant qu'elle ne se souviendrait jamais de qui était qui.

Elle serra la main de Lee et répondit au signe de tête des jumeaux occupés à monter les malles.

-Dans quelle maison êtes-vous ? demanda la jeune fille.

-Gryffondor, répondirent trois voix.

-Toute la famille y a été jusqu'à présent, il n'y a pas de raison que cela change, dit l'un des jumeaux.

-Je pense que j'y serais aussi, sourit Ginny. Et toi ?

-Ma mère était à Gryffondor mais je ne sais pas si ça va influer.

-Ça dépend de ce qui te caractérise, dit l'autre jumeau. Est-ce que tu es plutôt joyeuse ?

-Je ne dirais pas ça, non.

-Courageuse, loyale, travailleuse, opportuniste ?

-Les quatre ? proposa la sorcière.

-Alors se sera le Choixpeau qui décidera, déclara Lee.

Etaine continua de discuter avec eux pendant une bonne partie du trajet. Les aînés, les jumeaux surtout, étaient intarissables en anecdotes sur Poudlard. Apparemment l'info selon laquelle Lockhart était professeur avait été diffusé et pas plus que les Serpentard les Gryffondor ne semblaient l'apprécier.

-Mais il est quand même courageux pour avoir postulé, fit remarquer Ginny.

-Pourquoi ?

-Le poste est maudit. Depuis que Tu-Sais-Qui l'a demandé aucun enseignant n'a tenu plus d'un an, répondit Lee.

-Tu-Sais-Qui… c'est qui ?

Un silence tomba sur le compartiment.

-Tu ne le sais vraiment pas ? s'étonna l'un des jumeaux.

Etaine secoua la tête.

-On l'appelle aussi Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, intervint Ginny, tu en as forcément entendu parler.

-C'est pas dans le livre d'Histoire de la magie, marmonna la jeune fille.

-Normal, il s'arrête il y a un siècle, dit avec un petit reniflement Lee.

-C'est le pire mage noir qui ai jamais existé, dit l'autre jumeau.

-Voldemort ?

-Chhhut ! Ne prononce pas son nom !

Le cri était unanime.

-Pourquoi ? Ce n'est qu'un nom…

-Oui, mais la majorité des gens en ont encore peur, dit Ginny, un peu tremblante.

Etaine avait oublié la réaction de Severus Rogue.

-J'en tiendrais compte, assura-t-elle. Et le poste de défense contre les forces du Mal ?

-Pourquoi un mage noir postulerait-il pour apprendre à des gens à se défendre contre lui ? siffla tout doucement la vipère que le mouvement avait réveillé.

-Les enseignants se dégradent d'année en année. Vous vous souvenez de l'année dernière ? demanda l'un des jumeaux.

L'autre sourit puis expliqua.

-Il bégayait tellement qu'on le comprenait à peine. Mais surtout il avait Tu-Sais-Qui derrière la tête.

-Littéralement ?

-Oui, Quirrel a porté un turban toute l'année pour le cacher.

Ginny frissonna et Etaine eut une petite grimace qui dissimula le mouvement de ses lèvres.

-Pour s'assurer que personne ne s'opposera à lui ? Ou pour former une armée…

-On arrive, déclara Lee en tendant la tête. C'est Pré-au-Lard, le seul village entièrement composé de sorciers de Grande-Bretagne.

Une voix retentit, annonçant aux étudiants de laisser leurs bagages dans le train.

Les jumeaux ouvrirent la voie dans la foule des élèves qui sortaient tous en même temps.

-Calme-toi, siffla Saernel en la sentant se raidir à la porte du compartiment. Je ne te quitte pas, jamais. Tu ne seras jamais seule.

C'était des mots simples mais la vipère n'avait pas pour habitude de mentir. Etaine soupira et suivit Ginny qui ne semblait avoir rien remarqué. Les jumeaux et Lee les quittèrent pour monter dans des diligences montées d'étranges chevaux squelettiques munis d'ailes.

-Les premières années, par ici ! lança une voix par-dessus le tumulte en levant une lanterne.

-C'est Hagrid, souffla Ginny. Il est très gentil.

La taille du personnage avait un instant surpris Etaine mais elle se rappelait que son père lui avait parlé de ce personnage amoureux des créatures fantastiques. Ginny et elle rejoignirent le groupe qui se formait petit à petit autour du géant. Les premières années semblaient minuscules à côté de lui.

-Tout le monde est là ? Alors allons-y.

Et ils s'enfoncèrent cahin-caha dans la forêt. Etaine entendit la voix chantante de Luna qui parlait désormais de prunes dirigeables à un autre élève. Elle respira à plein poumons l'air de la forêt, du sol humide et de la nuit. Cette odeur ne lui disait rien mais c'était un parfum de liberté. Hagrid les mena jusqu'au bord du lac ou il leur désigna une masse sombre illuminée de centaines de petites lumières qui se détachait du ciel où les étoiles commençaient à paraître.

-Poudlard, déclara-t-il fièrement.

Etaine sentit un sourire lui monter aux lèvres. Elle était certaine de se plaire dans cet endroit si éloigné de Saint Raphael et Damien. Elle caressa tout doucement Saernel qui avait sorti la tête pour observer le spectacle.

Les élèves de premières années se répartirent dans les barques. Etaine était avec Ginny, Luna et l'interlocuteur de celle-ci.

-C'est magnifique, sourit la jeune fille.

-Oui, c'est exact, répondit la voix chantante de Luna.

Etaine sursauta, elle n'avait pas eu conscience de parler à voix haute. Les barques raclèrent la plage de galets et s'échouèrent sur le bord. La jeune fille vérifia que sa baguette était toujours dans sa poche et Saernel sur son épaule.

-Suivons le conseil du Maître des potions, siffla-t-il.

-Pardon ?

-De ne pas nous parler, tu m'as dit que la répartition se faisait devant l'ensemble de Poudlard. Ne parlons pas avant d'en savoir plus.

La jeune fille acquiesça doucement. Il avait raison. Hagrid les fit avancer le long d'un sentier creusé dans le roc puis monter une volée de marche avant de frapper à la porte du château.