Bonjour/Bonsoir :)
Je tiens tout d'abord à m'excuser pour le temps d'attente très long que j'ai mis entre les chapitres 3 et 4. Cela dit, je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire et, en toute honnêteté, j'avais très peu d'inspiration pour DDNT ces temps-ci. J'ai essayé d'écrire un chapitre d'une longueur convenable mais comme vous le constaterez, cela n'a rien donné. Enfin bon, je vous souhaite une bonne lecture.
4. Prendre ses marques
21 novembre 898
Cinq mois s'étaient écoulés depuis la première rencontre entre les quatre futurs fondateurs de l'école. Deux rencontres avaient encore eu lieu. En ce mois de novembre, les fondateurs ne se retrouvaient pas pour parler de l'école. Ils étaient devenus amis. C'était une simple rencontre entre amis, autour d'une table et de plusieurs coupes de vin. Catyline Gryffondor et Briac Poufsouffle étaient également présents. Il faisait froid, le feu brûlait dans la cheminée des Poufsouffle. L'ambiance était chaleureuse, comme pour défier le froid prenant qui régnait à l'extérieur.
- Alors, comment avance votre projet ? demanda Briac, les joues rouges d'avoir trop bu.
- Très bien, répondit Rowena. J'ai enfin obtenu le droit d'exploitation sur le château en ruines. On pourra bientôt s'y mettre.
- Mais comment allez-vous procéder ? demanda à son tour Catyline, de sa voix douce et légère.
- On va commencer par améliorer le château. On l'agrandira. Rowena a eu une idée brillante – comme toujours – qui est de faire paraître le château plus petit qu'il ne l'est vraiment, expliqua Salazar.
- J'aimerais aussi que le château soit intelligent, et vivant. Que les salles changent de forme, de places… Ca paraît irréalisable. Mais je suis sûre que je peux y parvenir.
- J'ai songé à une chose, intervint Godric. Helga, ne vas-tu pas avoir du mal à enseigner ?
Le silence s'installa. Tous les yeux se posèrent alors sur le ventre arrondi de leur amie. En effet, Helga Poufsouffle était enceinte. Elle eut un sourire gêné, regarda son mari, puis dit :
- On est encore loin de commencer à enseigner. L'école n'a même pas de nom.
- C'est vrai ça ! s'exclama Godric, qui avait rapidement oublié la précédente question. Comment allons-nous nommer notre école ?
- Est-il vraiment indispensable qu'elle en ait un ? demanda Salazar.
- Oui, Salazar. Un nom permet d'identifier un lieu, quel qu'il soit. Il doit être accrocheur, vendeur, rétorqua Rowena.
- Ouais, en gros, 'faut pas qu'elle ait un nom comme… Pou du lard.
Helga, Catyline et Rowena eurent un léger rire. Briac, enivré par l'alcool, eut un hoquet de surprise. Quant à Godric, il avait les yeux écarquillés.
- Mais oui ! C'est très bien, comme nom. Mais en abrégé, peut-être… Poudlard ! C'est accrocheur, ça, non ? dit-il, enthousiaste.
- Il est évident que cela ne passe pas inaperçu. Mais est-ce très vendeur ? Est-ce qu'un jeune homme ou une jeune fille aurait envie d'étudier à … Poudlard ? demanda Rowena, peu convaincue.
- Tu sais, Rowena, je suis sûr que ça amuserait mes fils. Et on a tous été jeunes… chaque petit mot sortant du quotidien nous faisait rire.
- Je crois que Godric a raison. Et c'est un nom qui sonne bien. J'opte pour Poudlard ! soutint Helga.
Il fallut quelques arguments de plus pour convaincre Rowena et Salazar, mais les quatre fondateurs finirent par se décider. Poudlard serait le nom de leur école. Le repas se termina dans la bonne humeur. La soirée, quant à elle, était loin d'être finie. Les convives se dirigèrent dans le salon des Poufsouffle, chacun dans un fauteuil confortable, pour discuter tranquillement. Helga était très fatiguée. Son état rendait chaque tâche très difficile, et préparer un repas pour autant de personnes ne l'avait pas ménagée. Salazar aussi était fatigué, parce qu'il n'avait pas l'habitude de voir du monde. De plus, il n'aimait pas vraiment ça. Affalé dans son fauteuil, il s'enfonça peu à peu dedans, et finit par sombrer dans la brume du sommeil.
Les rires retentissaient dans la pièce. Le rire puissant, rugissant, de Godric, défiait le rire cristallin et discret de Rowena. Catyline était en retrait, timide et contemplative. Briac, lui, parlait fort et disait des choses sans aucun rapport avec la discussion courante. C'était aussi pour ça que les autres riaient.
- Bon, apparemment on a perdu Salazar, dit Rowena, amusée, en jetant un œil au fauteuil sur sa droite.
- Et bien ! Je vais le réveiller, moi ! s'exclama Godric.
Godric se leva, se pencha sur son ami, et lui secoua l'épaule. Salazar réagit au quart de tour sa main alla directement enserrer le cou de Godric. Quand il réalisa qui était son « agresseur », il relâcha son étreinte et eut un soupir exaspéré.
- Tu m'as fait peur ! s'exclama Godric, se massant le cou.
- Aha, Godric ! On ne chatouille pas un dragon qui dort ! s'écria Briac, la voix tremblante.
- Briac, qu'est-ce que cette expression ? demanda Helga, la voix endormie.
- Euh… je ne sais pas, j'ai dit ça au hasard.
Rowena, Helga, Godric et Salazar échangèrent un regard. Cette phrase retentissait dans leur esprit. La plus stupide des choses, une phrase prononcée par un homme ivre, une phrase sans intérêt particulier… et pourtant… Pourquoi ne pas la proclamer devise de Poudlard ? Ils se posaient tous cette question, sans oser la dire à voix haute. Alors, un regard suffit.
- Les amis, je crois que nous tenons la devise de notre école ! lança Godric.
- Oui, mais en latin, c'est mieux… Quelque chose comme… Draco Dormiens Nunquam Titillandus, dit Rowena.
Tous approuvèrent. La soirée se finit tranquillement, la fatigue fermant petit à petit les yeux de tous. Godric, Catyline, Salazar, et Rowena rentrèrent chez eux, satisfaits. Ils avaient le nom de leur école, et même sa devise ! Ils ne pensaient pas que ces deux informations allaient être si simples à trouver. Cela s'était fait tout seul, ils n'avaient pas eu besoin de se creuser la tête pendant des heures. Même si cela ne représentait pas un énorme obstacle, c'était plutôt soulageant d'avoir réglé ce problème de nom. Les gens comme Salazar, par exemple, n'aimaient pas perdre du temps sur ce genre de choses. Le Serpent préférait s'attarder sur l'essentiel. Et il se réjouissait de découvrir les remparts du château qui allait accueillir leurs cours.
13 décembre 898
Le froid mordait la Grande-Bretagne. Chacun tentait par tous les moyens de se réchauffer, qu'on soit riche, pauvre, avec ou sans domicile. L'hiver ne faisait aucun ségrégation parmi les hommes, tous étaient égaux devant la neige, les flocons et la bise. Ce temps ne faisait pas l'unanimité beaucoup de personnes le haïssaient, mais certaines, plus rares, adoraient cette période de l'année. Rowena Serdaigle en faisait partie. Et ce jour-là, encore plus.
Quand elle se réveilla, son cœur fit un bon. C'était le jour qu'elle attendait depuis des mois, le jour qui marquerait, peut-être, l'histoire de la magie dans le monde. En effet, elle allait retrouver ses trois amis, Godric, Helga et Salazar, au château qu'elle avait repéré quelques semaines avant. Malgré le froid, ils allaient inspecter les lieux et peut-être commencer les travaux. Godric avait pris une décision durant la période d'enseignement, les quatre vivraient au château, tout comme les étudiants. Ils n'avaient pas encore fixé les dates d'enseignement, mais au moins six mois étaient nécessaires. Il allait leur falloir des appartements au sein du château, à leur image. Cela réjouissait tellement Rowena. Elle avait tant envie de transmettre son savoir à la jeune génération. C'était plus important pour elle que sa vie sentimentale, qui n'avait jamais été bien passionnante jusqu'ici.
Elle jeta un regard par la fenêtre. Le lac commençait à geler, et une fine couche de neige recouvrait la vallée. Elle se vêtit très chaudement et se mit en route pour le nord du pays, à la rencontre de ses amis et collègues.
Elle arriva devant un amas de pierres, que Rowena identifia comme les ruines d'un château. Seules quelques parties restaient debout, mais c'était méconnaissable. Son esprit d'enfant la poussa à fouiller dans les ruines, à la découverte de l'inconnu. Elle vit alors une silhouette familière. À nouveau, elle était la première, avec Salazar. Il était habillé comme d'habitude, et ne semblait pas souffrir du froid. Son crâne découvert, dans tous les sens du terme, paraissait plus pâle encore que d'ordinaire.
- Salazar ? interpella Rowena.
Il se retourna, tressaillant légèrement. Rowena eut un léger rire. Elle avait fait sursauter Salazar Serpentard, l'homme qui « n'avait peur de rien », comme il se plaisait à dire. Comme d'habitude, il ne lui adressa aucun sourire, mais lui adressa simplement un regard d'acier qui voulait tout dire. À la fois, il lui reprochait de l'avoir interrompu dans ses pensées, mais il était content de la voir. Seule Rowena parvenait à traduire son regard. Même Godric, qui le connaissait depuis longtemps, avait plus de mal qu'elle à comprendre son ami. C'était ainsi.
- Tu n'as pas froid ? demanda-t-elle, curieuse.
- Les serpents n'ont pas le sang chaud, Rowena.
- Tu n'es pas un serpent, même si tu aimerais bien. D'ailleurs, je me demande pourquoi tu n'es pas devenu Animagus, comme moi.
- Je parle déjà aux serpents, ça me suffit amplement.
Rowena hocha lentement la tête, un air malicieux sur le visage. Elle regarda autour d'elle et s'émerveilla en imaginant ce qu'allaient devenir ces pierres. Elle voyait le château s'ériger sous ses yeux. Malheureusement, elle savait que ce n'était pas près d'arriver. Construire ce château, avec ses salles, ses couloirs, ses tours, rien n'allait être simple, ni rapide.
Quelques temps plus tard arrivèrent Helga et Godric, presque en même temps. Helga tenait un parchemin serré entre ses doigts, et une plume. Elle marchait lentement, freinée par son ventre qui s'arrondissait chaque jour un peu plus, mais était en pleine forme. Le groupe des quatre fondateurs se rendirent sous une petite arche formée par l'ancien château, afin de couper un peu le vent qui leur fouettait le visage. À l'aide de la magie, Godric attira vers eux une pierre haute et plate, leur servant de table. Helga déroula alors son parchemin, sortit un encrier, et trempa sa plume dedans.
- Il serait judicieux de faire un plan du futur château, dit-elle.
Les autres approuvèrent et elle commença à dessiner. Elle avait tout d'abord énormément de talent pour le dessin, mais sa perception du château correspondait totalement à celle des autres. Une ride de tension se forma cependant sur le front des deux hommes.
- Qu'est-ce qui ne va pas, demanda Helga d'un ton inquiet.
- Rien, rien, c'est vraiment parfait. Mais on pense juste que… ça ne va pas être de tout repos ! répondit Godric.
- Évidemment, mais mon cher Godric, il fallait s'y attendre, dit Helga d'un ton éloquent.
Godric haussa les épaules, avec un petit sourire. Helga ajouta encore quelques détails à son dessin et, pendant quelques minutes, personne ne dit rien. Ce fut Rowena qui rompit le silence :
- La première chose à faire, c'est rendre le château invisible aux Moldus. Enfin, de leur faire voir le château dans cet état-là. Des ruines. Avec un message interdisant l'accès, aussi. Je m'en occupe. Venez.
Les quatre fondateurs sortirent des ruines et Rowena se concentra. Elle leva sa baguette, murmura une myriade de paroles incompréhensibles pour les trois autres, et un léger voile bleu passa sur les ruines. Il s'estompa peu à peu, et Serdaigle se tourna vers ses collègues, tout sourire.
- On peut commencer ! dit-elle d'un ton enjoué.
Salazar proposa alors de commencer par établir une liste des choses à faire. Ils reprirent le parchemin et écrivirent. En premier, les sortilèges de construction, puis ceux d'amélioration. Après, dans plusieurs mois, il faudrait se procurer des meubles en suffisance pour tout le château, et enfin, établir leur enseignement. Un léger fourmillement parcourait les fondateurs, pressés de commencer les travaux sur ce château. Ils se voyaient déjà à la tête de l'école, recevant des dizaines d'élèves, prêts à apprendre, à s'instruire. Même Rowena, qui s'efforçait toujours à garder la tête sur les épaules, se permettait de rêver de l'avenir. Surtout à leurs côtés. Ses amis, collègues, et égaux. Elle savait déjà qu'une grande et belle aventure commençait avec eux.
