Bonjour à tous!

Voici enfin un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira.

Comme d'habitude, les personnages ne sont pas à moi.

Bonne lecture!


Chapitre 4:

Resté seul dans la salle sur demande après que Malfoy soit parti, je me permis un petit soupir de soulagement.

La journée avait été éprouvante, en particulier quand j'avais découvert le caractère très…attachant de Pansy. Et m'étant refusé à utiliser la technique du blond, que je trouvais particulièrement hilarante, j'avais dû user d'imagination.

Heureusement, ce n'était pas ce qu'il me manquait, et je n'eus pas trop de mal à la refréner dans sa manifestation exubérante de bons sentiments à mon égard.

Après cet épisode avec la jeune fille, je m'étais torturé l'esprit en attente de notre rendez-vous nocturne avec le Serpentard.

A tel point que j'étais arrivé le premier, ayant bien dix minutes d'avance. Mon légendaire retard me faisant défaut… Il faut dire que vivant avec des Serpentards, certes depuis peu, ils avaient fini par m'apprendre la ponctualité.

J'avais donc eu tout le temps nécessaire pour imaginer et créer le salon dans lequel nous allions discuter, Malfoy et moi.

Je voulais un endroit neutre, qui ne mette pas en avant une maison plus que l'autre. Et c'est ainsi que la salle sur demande réalisa une pièce cosy et agréable, à l'ambiance feutrée et intime. Propice aux discutions.

J'en fus d'ailleurs particulièrement surpris en ouvrant la lourde porte de la pièce va-et-vient. Elle avait recréé le séjour idéal !

Je m'installai confortablement en attendant mon ancienne Némésis.

Ancienne, oui. Je n'avais plus le souhait de le considérer comme un ennemi. Déjà, à la fin de la guerre, il me devenait de plus en plus difficile de garder la même attitude qu'auparavant.

D'une part, parce que j'étais fatigué de devoir encore me battre.

Et d'autre part, parce que pour une raison obscure mais néanmoins réelle, je commençais à éprouver des… sensations, vis-à-vis du blond aux yeux orage.

Je ne pouvais pas vraiment parler de sentiments, mais quelque chose s'en approchant quand même…bref, j'étais plus que confus quand il s'agissait de Draco Malfoy, et pour mon malheur, cela ne datait pas d'hier.

Mais il fallait faire bonne figure, et ainsi éviter de m'attirer encore d'avantage l'attention malvenue et malveillante de la population sorcière. Et plus particulièrement de cet abruti de Ministre de la Magie !

C'était donc, perdu dans mes pensées, que j'avais entendu la porte grincer avant qu'il n'entre dans mon champ de vision.

Comme toujours depuis l'échange de corps, cela me fit un drôle d'effet de le voir en face de moi…

Déterminé à agir en bon Serpentard je me composai un visage neutre, digne d'un aristocrate.

OoOoO

La conversation s'était bien déroulée, et je dois avouer, que je n'étais pas peu fier de moi. J'avais réussi à déstabiliser le grand Draco.

Je repensais donc à tout cela, tout en contemplant les flammes dans la cheminée. Comme hypnotisé, je les regardais venir embraser le bois.

Soudain, un souvenir s'imposa brusquement à mon esprit.

Le Feudeymon qui rongeait tout dans cette même pièce. Brûlant sans distinction, meubles et êtres vivants. J'eus une pensée pour Grégory qui avait péri dans ce brasier. Mais tout de suite après, l'image qui me vint, fut le regard plein de supplication de Malfoy, perché au sommet de la pile instable de mobilier en train de se consumer sous la rage du maléfice invoqué par Goyle.

Instinctivement, je me reculai de la cheminée, comme si la chaleur, jusqu'à présent douce et diffuse, du feu s'était intensifiée.

Reprenant mes esprits, je clignai des yeux et reportai mon attention sur la pièce environnante.

M'installant à nouveau dans un fauteuil, je songeais à la possibilité de créer une « brèche » entre Malfoy et moi…mais comment s'y prendre ?

« Voyons, réfléchis un peu… Quand nos peaux entrent en contact, un tiraillement se fait sentir…il faudrait donc… approfondir…ce… contact… »

Sans que je ne m'en sois rendu compte, le rouge m'était monté aux joues et la chaleur que dégageait la cheminée me semblait insoutenable.

Je priai intérieurement pour que les images qui m'étaient venues ne se soient pas propagées dans la tête du Serpentard.

Le plus discrètement possible, je tendis mon esprit vers Draco, tâtant le lien qui nous unissait. C'est alors que je me sentis engourdi par une douce torpeur. Des pensées, que je savais ne m'appartenant pas, envahir ma tête.

J'en déduisis que le nouvellement Gryffondor s'était endormi.

Souriant de malice, je ne pus m'empêcher de me glisser dans ses rêves.

« Juste un instant, pour mieux le connaître… » essayai-je de me convaincre.

Les images défilaient à une vitesse ahurissante.

Sa première rencontre avec moi, dans le magasin de Madame Guipure, quand il ignorait encore qui j'étais.

Les bagarres entre nous.

Les matchs de Quidditch, toujours ceux contre les Gryffondors.

Puis, ma tête fut pleine de mon visage, du vert de mes yeux.

A ma plus grande surprise, je me rendis compte que depuis que le Serpentard avait renié l'héritage de sa famille et avait demandé la protection de l'Ordre, il n'avait eu de cesse de chercher ma présence, inconsciemment, bien sûr.

Mais tout de même, cette constatation me troubla plus que je ne voulais bien me l'avouer, et avant que je ne songe même à me retirer de son esprit, une nouvelle image s'empara de ma tête.

« Des mains à la peau si blanche, qui glissent le long des flancs de ce corps allongé sous moi, alangui.

Ce geste créa des frissons tout le long des côtes de l'autre homme. Frissons, qui se répercutèrent dans mes paumes, posées à plat sur le torse de mon compagnon.

Ce qui provoqua un rire doux de ma part.

Levant les yeux, je croisais ceux de mon partenaire, et j'eus comme un coup en pleine poitrine. Comme si mon cœur avait cessé de battre et restait figé. Comme si c'était la première fois que je les voyais, et que comme à chaque fois que je me plonge dans ces orbes émeraudes, j'avais l'impression que plus rien n'existait, à part nous. A part l'envie que nous avions l'un de l'autre.

J'étais épinglé par ce vert si intense qu'aucun verre de lunette ne venait entraver. Son regard se fit plus trouble, il me cherchait mais ne pouvant pas me discerner avec précision, je le sentais vulnérable et inquiet contre moi.

Voulant le rassurer, je promenai ma main dans son cou, l'accompagnant de mes lèvres qui vinrent mordiller sa peau fine et sensible.

Se détendant, il ne put retenir un gémissement de franchir la barrière de ses dents.

Souriant de fierté d'avoir réussi à lui arracher le premier son, de ce que j'espérais être une longue symphonie, je le gratifiais d'un petit coup de langue sur la morsure.

Pour me faire pardonner.

Confiant, il passa ses bras autour de mon cou et se collant un peu plus, de sorte que plus aucun doute ne pouvait être émis sur l'attirance que nous avions l'un pour l'autre, il me murmura au creux de l'oreille :

« Harry, je n'en peux plus… ». »

Ces paroles eurent le dont de me sortir de ma transe et de me ramener dans la réalité.

Et d'après le regain d'activité que je ressentais à travers notre lien mentale, je n'étais pas le seul à reprendre pieds.

Me faisant le plus discret possible, je me glissai à nouveau dans sa tête, terriblement curieux de ce qu'il pouvait penser de son rêve.

« Merlin ! Ce maudit Potter vient me hanter jusque dans mon sommeil ! Pas que ce songe soit des plus désagréables, mais… Merlin ! J'avais la place du dominé ! Cela ne saurait se concevoir !

Du calme, du calme, Draco. Après tout, on dit bien que tous les rêves ont un fond de vérité et que ce sont des messages que notre subconscient nous envoie…réfléchis…

Bon, on récapitule… je me vois à travers les yeux de Harr… POTTER ! et de toute évidence nous nous apprêtions à… coucher ensemble…

Et qu'est ce que c'est censé vouloir dire ?!

Bien, respire…on se calme… procédons par étape… :

Petit un : je…désire Potter… plausible, après tout, il est bien foutu et on ne s'entend pas si mal que ça en fin de compte.

Petit deux : je suis…amoureux ? Hautement improbable !

Petit trois :…je ne sais pas moi… c'est le moyen pour redevenir comme avant ? »

Un long silence se fit dans la tête de Malfoy. Enfin, pas tout à fait, des millions d'images et de réflexions se bousculaient les unes après les autres, sans me laisser le temps de les comprendre.

De toute évidence, Draco venait de trouver une solution pour nous faire revenir à la normale et j'avais peur de comprendre.

Ne voulant pas me faire remarquer, je fermai mon esprit à celui du Serpentard, m'isolant pour mettre mes pensées au clair.

« Donc, si j'ai bien suivi, si nous couchons ensemble, cela ouvrira la « brèche » entre nous et nos esprit retrouverons ce qu'ils leur appartiennent…ça ne peut pas être aussi simple que ça… Il a fallu que nous nous jetions des sortilèges pour provoquer l'échange…il y a forcément autre chose… »

Las de toutes ces émotions, je décidai qu'il était temps pour moi d'aller me coucher. La résolution de notre problème pouvait bien attendre que je me sois reposé…

OoOoO

Le lendemain, attablé avec mes camarades, je touchai à peine à mon assiette.

J'avais retourné dans tout les sens ce que j'avais appris la veille, et aucune solution claire et sans ambiguïté ne m'était apparue…

Mal réveillé et donc peu enclin à supporter facilement l'expansivité de Pansy, je lui tournais ostensiblement le dos, faisant face à Blaise et Théo qui avaient beaucoup de peine à retenir leur amusement.

Seul leurs manières aristocratiques, mais aussi la promesse muette que je leur destinais plus que des représailles, les empêchaient de se moquer ouvertement de moi.

N'en pouvant plus d'entendre en fond sonore la voix, volontairement, haut perchée de la sorcière, je la fusillai du regard et me penchant vers elle, je lui glissai à l'oreille, de sorte qu'elle seule puisse m'entendre :

« Pansy chérie, je te promets que si tu persistes dans ton inutile démonstration de fausse tendresse envers moi, toutes les tortures que je t'ai décrites hier ne seront que des douceurs face à ce que je m'apprête à faire si tu ne t'arrêtes pas dans la minute… »

J'avais involontairement pris le même ton que Rogue quand il s'adressait à des premières années Poufsouffles particulièrement impressionnables.

J'eus la satisfaction de la voir pâlir légèrement. Et tout en m'adressant un sourire d'excuse elle se rassit convenablement à sa place, libérant par la même occasion mon bras.

« C'est la force de l'habitude… mais je ne peux pas non plus stopper du jour au lendemain mon attitude… ce serait trop…suspect… »

Un air, que je définirais de machiavélique, se peignit sur son visage.

Soupirant de colère, je décidai de l'ignorer. Je reportai donc mon attention vers les deux comparses, qui s'étaient quelque peu calmés.

Décidant qu'il ne s'agissait pas du meilleur moment pour cuisiner Blaise à propose de son entente avec Ron, je replongeai dans le contenu de mon assiette, tentant en vain de lui trouver un quelconque intérêt.

Des rires et des plaisanteries me firent lever la tête. La table des Gryffondors était particulièrement joyeuse ce matin.

Abandonnant l'idée que dans mon bacon et mes œufs résidait la huitième merveille du monde, je fixais la raison d'une telle hilarité de la part de mes anciens camarades.

Je tombai sur un Seamus Finnigan, le visage couvert de suie et les cheveux dressés sur la tête. Il avait du à nouveau vouloir modifier le contenu de son verre.

Cette scène m'aurait également fait rire, si Dean Thomas n'était pas pendu au bras de Malfoy, dans la mauvaise représentation d'une immense frayeur, dans le but évident de pouvoir se rapprocher de celui qu'il convoite depuis si longtemps.

Ce qui me fit plisser les yeux d'étonnement et de colère, fut que ni Hermione, ni Ron, et encore moins Draco, ne repoussaient cet importun.

Surprenant mon regard vers la table des rouge-et-or, Blaise me donna un léger coup de coude dans les côtes, attirant ainsi mon attention.

« Je sais que tes amis te manquent, mais ne les fixe pas de la sorte. Tu vas provoquer des rumeurs déplaisantes autrement.

-Ce n'est pas vraiment ça. Bien sur, ils me manquent, mais c'est surtout l'attitude de Dra…Malfoy, Hermione et Ron, que je ne comprends pas. Concernant Dean, je sais qu'il me court après, mais là… »

Faisant fit de l'amusement du métis à la, presque, énonciation du prénom de son ami, je me tournai à nouveau vers la table de mes amis et faillis m'étouffer avec mon jus de citrouille quand j'aperçus Thomas essuyant le coin de la bouche de Malfoy.

Ce dernier semblait prèt à tuer le sorcier à ses côtés, ce qui me rassura quelque peu.

« Ah oui. Ron m'a parlé de ça…comme les Gryffondors ont perdu lors du match, ce qui n'était jamais arrivé depuis que…tu es dans l'équipe, les autres joueurs ont décidé de coller le remplaçant attrapeur à Draco. Pour qu'il puisse le surveiller et lui…donner quelques conseils… »

Le Serpentard s'était exprimé avec difficulté, réprimant des éclats de rire sonores.

Comprenant la situation, je fus soulager que ce fait soit contre la volonté de Draco…pas que je sois jaloux, seulement inquiet pour ce qu'y m'appartient…

« Mouais, qui est ce que t'essaies de convaincre là ? T'es jaloux, admets-le. Ce n'est pas l'échange en lui-même qui t'a empêché de dormir, mais plutôt l'idée de coucher avec Draco… »

Cette dérangeante petite voix ne pouvait appartenir qu'à une seule personne, ma conscience…mais à quoi sert ce truc inutile ?

Un peu plus, et à cause d'elle, je n'aurai pas remarqué que Blaise tenait ses informations de mon ancien meilleur ami.

Oubliant bien vite ma conscience et ce qu'elle tentait de me faire comprendre, je fixai mon regard orage sur mon voisin.

Y mettant tout mon savoir faire, je tirai sur l'esprit du Serpentard pour qu'il porte son attention sur moi.

A mon plus grand plaisir, cela fonctionna. Ses prunelles noisette se tournèrent dans ma direction, et avant qu'il ne me questionne sur le comment, j'anticipai :

« Alors comme ça, toi et Ron vous entendez bien… »

A l'énonciation de cette évidence, il se tendit et attendit la suite.

« Depuis quand exactement êtes vous proches au point de vous mettre de connivence pour nous faire cette…si intelligente blague ? »

Déglutissant avec peine, son regard se fit fuyant. Il se plongea dans la contemplation de son assiette. Comme si la réponse y était gravée dans le fond.

« Blaise ? »

Relevant enfin les yeux vers moi, je pus voir qu'il était en plein débat intérieur. Finalement, à la résignation de son regard, je devinai qu'il avait pris sa décision.

« Je ne peux pas t'en parler maintenant. Ce n'est vraiment pas le moment. Et si tu promets de ne pas m'envoyer un Doloris, je te le dirai plus tard. »

Intrigué, j'acquiesçai sans mot.

Soulagé que je n'insiste pas plus, il porta son attention sur sa montre à gousset et se levant, il me fit signe tout en attrapant ses affaires :

« Il faut y aller, le cours d'arithmétique va bientôt commencer. »

OoOoO

Arithmétique… jamais aucun cours ne pourrait être aussi pénible. Sauf peut être Divination ou Histoire de la Magie…

Mais quand même, arithmétique…quelle idée !

Au moins, le seul avantage que j'avais, c'était que comme Malfoy était très doué dans cette matière, il n'avait pas vraiment besoin d'écouter. Ainsi, j'avais pu me reposer de ma nuit difficile sans subir aucun maléfice étrange de notre cher Directeur.

Le reste de la journée se passa sans grand intérêt. Nous n'avions pas de cours en commun avec Gryffondors, de sorte que je n'ai pas eu l'occasion de voir mes amis.

C'est donc quelque peu morose que je m'installai dans mon siège favori dans la salle commune des verts et argents.

Assise en face de moi, Pansy m'observait de ses yeux foncés.

Par je ne sais quel miracle, elle s'était bien tenue toute la journée et ne m'avait plus harcelé.

Attendant qu'elle dise le fond de sa pensée, je m'enfonçai un peu plus dans le fauteuil, définitivement moelleux.

« Je dois te féliciter, Potter. Tu ressembles de plus en plus à Draco… à tel point que tu as la même attitude que lui quand tu te reposes, et le fait que ce siège soit son préféré l'accentue encore plus… »

En temps normal, je me serai indigné qu'elle ose dire que Malfoy et moi avons une quelconque ressemblance. Mais nous n'étions pas en « temps normal » et sa réflexion me réjouissait plus qu'autre chose.

« Eh bien tu m'en vois ravi. Ainsi je n'aurai plus à subir les cours particulièrement barbant de Blaise. Il est encore pire que le fantôme de Binns, c'est pas peu dire… »

Un silence étrange s'étira après ma remarque et au sourire franchement hilare de la Serpentarde, je soufflai de dépit :

« Laisse moi deviner…il est juste derrière moi ?

-Tout juste Potter…et vue la façon dont tu parles, il va encore te falloir quelques uns de mes cours… »

Fit la voix pleine de reproches du métis.

Agacé de m'être fait avoir de la sorte, je répliquai sans prendre la peine de me tourner dans sa direction :

« Tu n'es pas en mesure de me critiquer, Blaise. Nous sommes seuls dans la salle commune, de plus j'ai placé une bulle d'intimité autour de nous, pour plus de sûreté. Ainsi personne ne peut m'entendre, donc je parle comme je le souhaite. Ensuite, il me semble que tu me dois une explication. Explication que j'attends avec impatience… »

Je pus presque l'entendre déglutir à ces mots, ce qui eu l'effet bénéfique de relever mon humeur qui était tombée bien plus bas que dans mes chaussettes.

Me tournant enfin vers lui pour le fixer, il répondit avec peine et hésitation :

« Hum…heu, j'en… j'en ai parlé avec Ron. Il est d'accord pour…tout vous expliquer…mais comme c'est assez…embarrassant, on ne le fera qu'une fois. Du coup, il propose un rendez-vous dans la salle sur demande demain soir… nous tous… »

Je n'eus pas besoin de demander confirmation à Pansy et Théo, ils étaient aussi curieux que moi de découvrir ce que leur ami leur cachait depuis si longtemps.

Et ainsi, il ne me restait plus qu'attendre le lendemain pour revoir enfin mes camarades de Gryffondor.

OoOoO

La journée passa avec une lenteur effrayante. Les cours étaient toujours aussi ennuyeux, en désespoir de cause, j'attendais qu'ils se terminent en griffonnant divers dessins sur mes parchemins.

Mais l'heure du déjeuner n'était même pas encore arrivée que j'avais déjà épuisé tout mon stock d'imagination et de talent en matière d'art.

C'est donc au milieu du cours de Métamorphose, dans lequel j'excellais et faisais gagner des points à Serpentard, que l'idée me vint d'aller asticoter mon cher aristocrate.

Tendant à nouveau mon esprit vers le sien, je le vis en cours de Botanique. Et si mes souvenirs étaient bons, Malfoy avait en horreur tout ce qui touchait aux plantes, magiques ou pas.

L'occasion était trop belle pour que je la laisse passer.

Utilisant mon ton le plus doucereux, en prenant exemple sur notre cher professeur de potions, je susurrais dans sa tête :

« Malfoy… alors tu t'amuses bien ? »

Je le sentis sursauter violemment et ainsi se maculer de terre.

Rageur, il répliqua :

« Potter ! Qu'est ce que tu veux encore ? Tu ne trouves pas que tu m'a assez dérangé pour la journée ? »

Surpris par sa phrase, je mis un certain temps avant de pouvoir trouver une réponse adaptée.

« Nous n'avons pas discuté de la sorte aujourd'hui… se pourrait-il que je t'ai manqué ? »

Un rire froid et méprisant résonna dans ma tête.

« Ahah, que tu crois. Tu n'es en rien indispensable à ma vie, et sois sur que je me ferai un plaisir de t'éjecter de mon esprit quand notre problème sera résolut ! »

Amusé par sa réponse en total contradiction avec les émotions que je sentais filtrer au travers de notre lien, je trouvais le moment parfaitement choisi pour lui rappeler son rêve de cette nuit.

« Ce n'est pourtant pas ce que disait ton songe, Draco… »

Je pus le sentir se tendre, et son esprit s'activa furieusement essayant de comprendre ce que je voulais dire.

Je précisais ma pensée en ajoutant :

« Tu sais bien, ce rêve érotique que tu as fait juste après notre rencontre dans la Salle sur Demande. Celui ou nous étions encore dans le corps de l'autre où je te prenais… »

« ARRETE ! »

Son cri déchira mon esprit et j'eus un sursaut qui heureusement pouvait passer pour de la surprise au moment où McGonagall s'était transformé en chat.

« Arrête, arrête, arrête… »

Cette litanie se répercutait dans ma tête. Et en sentant la détresse suinter de ses paroles, je fus pris de remords pour être la cause d'un tel désespoir.

Soupirant de dépit, je m'apprêtais à faire ce qui, il n'y a pas si longtemps, m'aurait semblé si improbable. Avouer une de mes faiblesses à ce grand égocentrique d'aristocrate pour le rassurer.

« Calme toi, Malfoy…ce n'est pas la fin du monde…et puis, si ça peut te rassurer, je suis dans la même situation que toi, alors cesse de te morfondre… Ce n'est pas une honte de fantasmer sur celui dont tu as envahi le corps…»

Je sentis un secousse le long de notre lien, comme si Draco avait failli tomber et qu'il s'était rattrapé de justesse au bord de sa table.

Sa voix, pleine de reproches et, à mon grand étonnement, de désir, trancha le silence de mon esprit.

« Evite donc tes sous-entendus douteux, Potter. A ce jeu là, tu ne peux pas gagner contre moi. Et puis… un Malfoy ne se morfond pas… »

La mauvaise foi de ses paroles me fit sourire.

Soudain, la cloche sonna. Le cours était terminé, il était l'heure d'aller manger.

« Je te laisse débattre seul de ce qu'un Malfoy fait ou ne fait pas. Moi, j'ai un estomac à remplir, et ça…ça n'attend pas ! »

Un rire léger me répondit :

« Tu es comme tous les Gryffondors, ne pensant qu'avec leur ventre, jamais avec leur tête… »

« Ouais, ouais, on en reparle ce soir. »

Coupant le lien, je me précipitai hors de la salle pour rejoindre les autres Serpentards qui me regardèrent arriver en rigolant.

Curieusement, le reste de la journée passa rapidement, et avant que je m'en rende compte, j'étais à nouveau installé dans la Grande Salle à dévorer la dîner.

Dîner qui se déroula dans une sorte de brouillard, rien ne retenait mon attention, aucune conversation ne me semblait intéressante. Je n'avais qu'une hâte, que l'heure du rendez-vous arrive !

Et enfin, il fut temps de s'y rendre.

Je sautillais presque sur place, à tel point j'étais heureux de retrouver Ron et Hermione.

Pansy et Théo souriaient avec indulgence et amusement devant mon enthousiasme.

Et Blaise traînait les pieds, comme s'il se rendait à l'échafaud.

Encore une fois, nous étions en avance.

« Décidément, ces Serpentards ont une trop bonne influence sur moi… »

A mon plus grand plaisir, la même pièce se matérialisa que lors de mon entrevue avec Malfoy. Bien qu'un peu plus grande, pour tous nous accueillir.

Nous n'eurent pas à patienter bien longtemps.

Très vite, la porte grinçât à nouveau pour laisser entrer les trois Gryffondors.

Presque sans m'en rendre compte, je m'étais jeté sur Hermione, la serrant fortement dans mes bras.

« Harry…lâche moi, s'il te plaît…tu me fais mal… »

Relâchant ma prise, je lui fis un sourire penaud et déclarai maladroitement :

« Je n'y peux rien, tu m'as affreusement manqué… »

Des éclats de rires se firent de plus en plus sonores dans mon dos et portant mon attention vers les coupables, je les pétrifiais du regard.

Pansy, Théo et Dra…Malfoy se tenait les côtes en essayant de reprendre leur souffle.

« Si…si je ne te savais pas attiré par les hommes, Potter…je croirais que tu essaies de piquer la copine de Weasley… » déclara avec difficulté mon anciennement pire ennemi.

Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, Hermione me passa devant et alla se planter devant Malfoy, les mains sur les hanches et avec dans les yeux, si je ne la connaissais pas, ce que j'aurais appelé, de la malice.

« Voyons, Malfoy, je sais que tu vis dans la tour Gryffondors depuis peu, mais tout de même, en bon Serpentard que tu es…tu ne peux pas ne pas avoir remarqué que Ron et moi, ne sommes pas ensemble. Pour la simple et bonne raison, que je… »

La tirant brusquement en arrière, Blaise plaqua sa main sur la bouche de la jeune fille, qui, de surprise, resta figé dans les bras du Black.

« Hum, je ne crois pas que ce soit le bon moment pour ce genre de déclaration fracassante…Granger. »

Il avait imperceptiblement accentué son nom, ce qui, en plus du comportement étrange du métis, me fit penser qu'il y avait bien plus que l'amitié entre Blaise et Ron que nous ignorions.

De toute évidence, Malfoy pensait la même chose et le regard qu'il lançait à son meilleur ami n'augurait rien de bon pour ce dernier.

Ce fut Théo qui reprit la parole en premier.

« Bien, puisqu'il y a encore des choses que l'ont nous cache, je propose que Ron et Blaise passent aux aveux tout de suite sur la raison pour laquelle nous sommes réunis ici… »

Toute l'attention se reporta sur les deux garçons, qui, de toute évidence, s'en seraient bien passé.

Prenant son courage de Gryffondor à deux mains, le rouquin débuta les explications :

« Bien, alors, pour commencer, ce n'était pas…la première fois que…la potion était testée… Mes frères ont déjà fait l'expérience…avec moi et…beaucoup d'autre personnes, à vrai dire. Mais, ça ne fonctionnait jamais. Jusqu'au jour où…

-Jusqu'au jour où j'ai été invité au Terrier, le coupa Blaise. Ne fais pas cette tête Draco, depuis la fin de la guerre, je me suis trouvé des intérêt commun avec Ron, notamment en question de Quidditch.

Bien sûr, vous n'étiez pas au courant…vous ne l'auriez jamais accepté… Bref, les jumeaux m'ont fait ingurgiter la potion sans que je m'en aperçoive. Et le lendemain, je me suis retrouvé dans le corps de Ron. Je ne vous explique pas ma surprise… »

Il fit une pause, laissant le temps aux informations de faire leur chemin. Le rouquin en profita pour reprendre la parole :

« Oui, je m'en souviens, c'était vraiment très drôle…Hum, bref… tout ça pour dire, que oui, on se connaît depuis longtemps, oui on s'entend…bien, plus que bien je dirai. Mais que non, on ne connaît pas la solution à cet échange … La potion était instable, du coup, je ne suis resté dans le corps de Blaise que quelques heures…alors que vous…»

« Nous, ça fait bien plus longtemps que cette immense plaisanterie dure… » répliqua, sur un ton glacial et sans appel, Malfoy.

De plus en plus intrigué, je m'étais rapproché inconsciemment de mon ami, de même que Malfoy, qui était maintenant juste contre mon épaule.

Blaise enchaîna :

« On vous l'aurez bien dit plus tôt, mais honnêtement, jamais je n'aurais pensé qu'elle fonctionnerait sur vous…

-Quelles sont les conditions pour que la potion s'active, alors ? Et quelle est la solution à ce foutu problème ?! »

Ma voix était froide, tranchante, exigeant une réponse immédiate. Ce que j'obtins, de la part de Ron, qui s'était brusquement reculé :

« Euh…évite de m'envoyer un Doloris, s'il te plait…la condition, eh bien… uneattiranceréciproque, ou si ce n'est pas le cas, uneattirancelégèreetunpetitc oupdemagie… »

Il avait prononçé ces paroles si vite, que je n'avais rien compris.

Me tournant vers Blaise, j'attendis une explication plus claire, que la bouillie verbale que nous avait servir mon futur ex-meilleur ami. Car je pressentais que je n'allais pas aimer du tout cette réponse…

« Une attirance réciproque, ou si ce n'est pas le cas, une attirance légère et un petit coup de magie, pour provoquer l'échange… »

Contre mon bras, je sentis Malfoy qui s'agitait.

Ne voulant pas laisser le temps à son ami d'ouvrir la bouche, Blaise enchaîna d'une seule traite et sans respirer :

« Et comme on vous l'a dit, on ne connaît pas de contre sort ou d'antidote pour vous rendre ce qui vous appartient… Mais, en ce qui nous concernait, Ron et moi, le processus s'est inversé quand on a vraiment appris à se connaître. Je veux dire, on était amis, mais en passant du temps dans la tête de l'autre, on est presque devenus…comme des frères.»

Le silence suivit cette déclaration. Laissant le temps d'analyser ce qui avait été dit.

Et Théo résuma la situation, avec sa froide et implacable logique :

« Donc…si j'ai bien suivi… Blaise et Ron sont comme les doigts de la main. Leur…attirance, qui a provoqué l'échange, c'était leur amitié. Bien…mais en ce qui concerne Harry et Draco… à moins qu'ils nous aient caché eux aussi une amitié sincère, je ne vois pas vraiment comment ils ont pu se retrouver dans cette situation… sauf si… Harry, tu es gay, n'est ce pas ? »

Sa question m'amena le rouge aux joues. Il n'eus pas besoin que je réponde pour avoir la confirmation à ses doutes.

« Ah d'accord, j'ai compris. Donc Potter est attiré par Draco, ce dernier est obnubilé par le survivant…même s'il ne l'avouera jamais. Maintenant pour vous sortir de cette impasse, vous devez apprendre à vous apprécier… pas seulement physiquement j'entends… »

« Eh ben, c'est pas gagné… »

Un détail, cependant, me chagrinait. Je me tournai vers Blaise et Ron qui semblaient vouloir disparaître sous terre.

« Je voudrais savoir, si lors de votre échange, vous sentiez comme des tiraillements quand vous vous touchiez. Comme si…votre esprit cherchait à tout prix à reprendre sa place et, au moindre contact avec son ancien corps, tirait pour récupérer son bien ? »

Les deux siamois se regardèrent, et ce fut Ron qui me répondit :

« Non Harry, il n'y avait rien de ce genre…pourquoi, c'est ce qu'il se passe pour vous ? »

Ne prenant même pas la peine de répondre, je m'orientais vers Draco, qui s'était rapproché en entendant ma question.

« Tu sais, la potion d'échange était particulièrement instable pour nous. Et puis, je ne ressentais aucun… désir pour Ron, donc…notre situation était différente de la votre… »

Blaise se mordit les lèvres, comme s'il n'avait pas pu retenir ses paroles et qu'il le regrettait.

Le regard froid de Malfoy se posa sur son ami, et avec une mauvaise foi évidente, il répliqua :

« Qui a dit que je désirais Potter ? Certes, il est bien foutu, mais ça ne signifie pas que j'ai envie de lui sauter dessus… »

Sa réplique ne trompa personne, mais au grand malheur de Blaise, Pansy sortit de son mutisme pour revenir sur un sujet qui semblait lui tenir particulièrement à cœur.

« Dans ton résumé Théo, tu as oublié un fait très important… »

Tout les regard se tournèrent vers elle. Et son sourire machiavélique fit frissonner le métis qui savait déjà ce qu'aller annoncer la sorcière, avide de potins.

« Il me semble qu'en plus des petites cachotteries de Ron et son « frère », ce dernier ne nous dit pas tout concernant sa relation avec Hermione… »

La Gryffondor se maudit de sa maladresse et les joues rouges, me lança un regard suppliant, que je pris soin de ne pas voir.


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