Note de l'auteur : Les aventures du paumé de la vie, chapitre 4 ! Bonne lecture !
- Un Kirkland ! Rassure-moi, mon garçon, tu es le dernier ? A moins que ce jeune homme n'en soit un aussi ?
Christian remercia le ciel d'être brun. S'il avait été roux, les gens auraient probablement juste supposé qu'il était un des frères Kirkland et ne se seraient pas posé plus de questions.
- Non, mais j'ai encore une petite sœur derrière. Mais après, promis, c'est fini ! Quoique… Attendez-vous à ce que la troisième génération de Kirkland arrive sous peu, vu l'âge de mes aînés.
La jeune femme soupira. Ils étaient entrés dans un magasin de baguettes magiques. Aingeal leur avait confié que c'était là qu'elle avait acheté sa première baguette, de même que ses propres frères et sœurs, lorsqu'elle était enfant et habitait encore dans le coin. Il supposait que la boutique avait changé de propriétaire entre deux, la vendeuse étant une très belle jeune femme qui ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans. Elle flottait dans une légère robe blanche et sa boutique embaumait l'aubépine, dont plusieurs bouquets étaient disposés ça et là. Elle leur sourit et se retourna vers une étagère remplie de boîtes rectangulaires, contenant très probablement des baguettes.
- Trouver une baguette qui sied à vos caractère si brûlants, en plus de votre manie de pratiquer la magie sans, est toujours si compliqué… Je me rappelle, Aingeal, que vous m'aviez donné bien du fil à retordre. Et vous aviez détruit mon bureau.
Christian s'étrangla. Aingeal devait avoir la cinquantaine d'après ses calculs. Elle ne semblait pas si vieille mais Stefan lui avait dit que le plus vieux de sa fratrie avait trente-quatre ans, même en l'ayant eu à seize ans, elle aurait cinquante ans. La vendeuse ne pouvait pas être plus vieille que ça… Elle le remarqua et gloussa.
- Je suis une fée, mon garçon, mon âge ne convient que très peu à mon apparence. Tu verras, le monde de la magie a beaucoup de secrets. Mais je sens que tu es un garçon intelligent, Christian, tu t'en sortiras à merveille. Tiens, Stefan, essaye celle-ci.
Le petit brun décida de mettre le fait qu'elle connaisse son prénom et qu'elle « sente » qu'il était intelligent sur le compte de sa nature de fée. Il allait vite falloir qu'il prenne cette habitude de se dire « Ne cherche pas, c'est magique », il le sentait. Il grimaça lorsque son ami fit exploser plusieurs objets dans la pièce en essayant des baguettes avant que, finalement, la fée ne semble considérer que la dernière ne lui convienne.
- Bois de cornouiller et ventricule de dragons, ça ne m'étonne pas mon garçon. Un bois malicieux, je peux déjà te dire que tu vas te retrouver dans de sacrées situations ! Un frêne aurait pu convenir, je sais à quel point tu es tête de mule… Mais attention avec le ventricule, c'est un cœur puissant mais générateur d'accidents. Avec toi au bout de la baguette, ça va exploser ! A toi mon enfant, laisse-moi t'observer un petit peu !
Le brun déglutit et s'avança, laissant la vendeuse le détailler comme si elle regardait au fond de son âme.
- Le bois et…Le truc qu'il y a dans la baguette ont vraiment une importance… ?
- Bien sûr. C'est la baguette qui choisit le sorcier, elle sait qu'il lui conviendra. Celle de Stefan savait qu'elle allait bien s'amuser avec lui mais aussi qu'elle pouvait lui donner un peu de fil à retordre, entêté qu'il est. Pour toi, hmm…
Elle s'écarta et se mit à inspecter ses étagères en marmonnant. « Le frêne pour l'entêté…Non…Le sycomore aventureux… ? Insuffisant… Le pin ? ». Elle s'arrêta et retira une des boîtes, la présentant au garçon qui la prit avec précaution. Imitant son ami, il fit un petit geste avec elle. Envoyant le dernier vase encore en un seul morceau s'écraser au sol. Il grimaça et la remit dans la boîte.
- Je pensais qu'un crin de licorne serait bien, c'est facilement maîtrisable… Mais visiblement…Peut-être…Hmm…Celle-ci ?
Il prit la nouvelle baguette qu'elle lui tendait. Toujours en pin, vu l'inscription sur la boîte, elle était foncée, droite et finement fuselée. Il n'aurait pu expliquer ce qui se passa en lui lorsque ses doigts la touchèrent. Il faillit la lâcher par peur mais la garda bien en main, s'attirant un regard intéressé de la fée.
- Très intéressant, Christian. Le pin est le bois des sorciers libres d'esprit, curieux et très inventifs. Mais ce qu'il y a dedans mon enfant, c'est une plume d'oiseau-tonnerre. Très puissante, oh oui, mais très sélective quant au sorcier qui la manie… Tiens-la bien et elle ne te fera jamais défaut, si tu lui prouves que tu es digne de son intérêt, crois-moi qu'aucun autre sorcier ne pourra lancer le moindre sort avec.
- Parce que…On peut lancer un sort avec la baguette d'un autre ?
- Ca dépend de la baguette. Certaines sont très fidèles et n'obéissent pas à d'autres, mais certaines comme la tienne sont exigeantes, et si tu la déçois, elle n'aura aucun égard pour toi si un autre devait poser ses doigts dessus.
- Charmant.
Ils saluèrent la fée et sortirent de son magasin, leurs baguettes sagement rangées dans leurs robes. Ils évitèrent d'ailleurs un second conflit puisque les deux jeunes Marie rentrèrent dans le magasin très peu de temps après, faisant marmonner quelque chose d'incompréhensible à Stefan. Allistor pinça la joue de son bougon de frère et plaça sa main sur l'épaule du petit brun.
- Très bien les enfants, il ne nous reste qu'une chose à faire. Les animaux, s'ils ne sont pas dangereux ou trop gros évidemment, sont autorisés à l'école, Christian, c'est très réconfortant lorsqu'on n'est pas habitué à être loin de sa famille. Et je sais quel est l'endroit parfait pour se trouver un compagnon. (il sourit à Hamilcar) Si le puits vous a fait peur, je crains que vous ne soyez pas au bout de vos émotions.
- J'ai failli me faire agresser par un chaudron dans un magasin, je crois que plus rien ne me surprendra maintenant.
Christian ne voulait même pas savoir comment son père avait trouvé le moyen de se faire agresser par un chaudron, franchement. Ils descendirent un peu la rue avant d'entrer dans une salle qui n'était pas un magasin. C'était juste une grande salle vide. Avec une dizaine de cheminées de chaque côté.
- …Si vous me dîtes qu'on va devoir voyager dans une cheminée, je veux bien retourner affronter le chaudron.
- Ne prenez pas ce risque, M. Luciani, le réseau des cheminées est bien plus inoffensif que ce chaudron.
Aingeal les mena avec autorité jusque devant une des cheminées. Soudain, une autre s'emplit de grandes flammes vertes et un sorcier apparut dans l'âtre. Il s'épousseta rapidement et sortit de là comme si de rien n'était. Christian déglutit. Pourquoi ces gens n'utilisaient pas le train, comme tout le monde ? La rousse se plaça dans la cheminée, suffisamment grande pour qu'elle n'ait pas besoin de se baisser, et prit une poignée de poudre dans un pot accroché sur le côté.
- Vous devez vous tenir droit et détendu, les bras le long du corps. Vous prenez une grosse poignée de poudre de cheminette, vous la jetez au sol et vous énoncez clairement le nom de votre destination. La nôtre est « Réserve animalière Kirkland, Cadair Idris ». M. Luciani, nul besoin de vous accrocher à un sorcier cette fois-ci, vous pouvez emprunter le réseau des cheminées sans problèmes. Stefan, tu passes après moi. Puis ce sera vous, monsieur. Puis Christian. Allistor et Francis, vous fermerez la marche. Est-ce clair ? Parfait ! (elle prit une grande inspiration et jeta sa poudre) Réserve animalière Kirkland, Cadair Idris !
Elle disparut dans de grandes flammes vertes. Pas plus angoissé que ça d'avoir vu sa mère se faire emporter par du feu, Stefan l'imita. Hamilcar déglutit et supposa qu'après tout ce qu'il avait vu, une cheminée comme moyen de transport n'était pas plus fou que le reste.
Ils réapparurent dans une salle semblable à celle qu'ils avaient quittée. Les murs, cependant, au lieu d'être nus étaient peints de nombreuses scènes montrant des créatures légendaires dans la nature. Christian se demanda si elles étaient vraiment si légendaires que ça, Allistor avait bien dit qu'il leur montrerait des dragons.
- Accroche-toi, Christian, c'est toujours très spectaculaire.
Aingeal acquiesça à la remarque de son fils. Christian remarqua que Stefan semblait assez excité. Quelque chose que des sorciers trouvaient « spectaculaire » devait vraiment être impressionnante. Quoique, ils étaient bien impressionnés par des machines à laver alors…
Ils sortirent de la salle des cheminées et entrèrent dans une vaste salle éclairée par une immense baie vitrée. Evidemment, ils tournèrent tous leurs têtes vers la source de lumière. Les yeux bleus du jeune Luciani s'écarquillèrent vivement devant la scène. Le bâtiment dans lequel ils étaient se trouvait au sommet le plus haut de Cadair Idris, à 892 mètres d'altitude. Par les gigantesques vitres, ils pouvaient voir la baie qui se trouvait au fond de cette montagne en forme de cuvette. Mais le paysage n'était rien en comparaison du reste. Dans le ciel, à hauteur de ses yeux ébahis, volaient en toute liberté dragons et oiseaux géants aux plumes colorées. Aingeal les fit se rapprocher de la fenêtre, leur indiquant qu'il fallait attendre qu'on les autorise à aller plus loin. Il put ainsi distinguer, sur les prairies bordant la baie, une faune toute aussi insolite que celle qui peuplait les airs. Licornes et loups gigantesques courraient côte à côte. Sur les flancs de la montagne se déplaçaient paisiblement des capricornes tandis que l'eau de la baie était troublée par les mouvements de serpents géants et autres animaux marins peuplant ses profondeurs. Christian pensait avoir vu le plus spectaculaire lorsqu'un magnifique cheval noir sortit de l'eau pour s'hisser sur un îlot au centre de la baie et se transformer en une magnifique jeune femme, s'allongeant dans l'herbe pour profiter du soleil.
- Ferme ta bouche, tu vas gober des mouches, ricana Stefan à côté de lui.
Il le foudroya du regard mais ferma sa bouche.
- J'ai mes raisons d'être impressionné, je crois…
- C'est un très joli paysage, en effet.
Le petit brun tourna des yeux écarquillés vers son père.
- Ah parce que c'est le paysage qui t'impressionne ?
- Il y a autre chose à voir ?
- Les moldus ne voient pas les créatures magiques.
- …Donc tu ne vois pas le…Le…Le…
- Je crois que c'est mieux si je ne « le » vois pas, quoi que ce soit. Enfin, je vois des chevaux, des chèvres, des oiseaux, mais je mettrais ma main à couper que ce n'est pas ça que vous voyez.
- C'est magnifique, n'est-ce pas ? clama une voix derrière eux.
Ils se retournèrent et virent un homme aux cheveux roux si foncés qu'ils tiraient vers le brun. Ses yeux émeraude pétillaient de fierté alors qu'il enlevait d'épais gants en écaille au fur et à mesure qu'il avançait vers eux. Il réajusta sa courte queue de cheval et leur sourit. Ses vêtements étaient particulier, il portait une tunique qui semblait faite d'écailles comme ses gants, le reste était en cuir. Au vu des traces de brûlure dessus, ce devait être un cuir très résistant. Probablement pas d'un animal « normal », déduisit Christian. Le tout tenait en place au moyen de sangles en cuir aux boucles d'argent reliant les différentes pièces de son costume aux épaules, aux avant-bras, à la taille et aux mollets. Ses bottes ne faisaient aucun bruit alors qu'il marchait d'un pas énergique. Il serra Aingeal dans ses bras avant de faire de même avec Allistor. Stefan lui sauta dessus, se retrouvant très vite hissé sur ses épaules, et il adressa une amicale poignée de main à Francis.
- Tu supportes toujours Allistor ?
- Toujours.
- Il faudrait que tu me donnes ton secret, ça fait 26 ans que je cherche comment faire pour être en sa compagnie plus de dix minutes sans avoir envie de l'étrangler.
- Quel comportement digne d'un grand frère aimant ! le railla son cadet.
L'homme lui adressa un mot dans une langue inconnue avant de tendre la main à Hamilcar.
- Bonjour et bienvenue dans la Réserve animalière de Cadair Idris. Je m'appelle Dylan Kirkland et je gère cet endroit.
- Enchanté… Hamilcar Luciani. Et voici mon fils, Christian.
- Enchanté, Christian. Excité pour la rentrée ?
- Euh… Je suis encore en train d'essayer de savoir si je suis excité ou terrifié.
- Et le papa ?
- Moi j'ai décidé, je suis terrifié.
A la base je devais vous poster un chapitre de Génie du mal.
Mais en fait j'arrivais pas à tourner une phrase. Donc ça m'a saoulé XD
Sinon, je vous informe que le dernier chapitre de Génie du mal est écrit. Pas encore ce qu'il y a entre deux, mais le dernier, la fin des fins, est écrite haha :D
Sinon, Cadair Idris est effectivement une montagne du Pays de Galles en forme de cuvette, très jolie au demeurant. J'vous dis pas à quel point je me suis emmerdée à chercher une montagne qui me convienne pour l'installer, cette foutue réserve animalière.
Review ? :3
