Mission destruction

Bien le bonjour, chers lecteurs adoré d'amour que j'aim.../discourt sans fin dont nous vous faisons grâce/

Dix minutes plus tard:

... je poste enfin le chapitre quatre et je commence le cinq (maintenant que les vacances nous font le plaisir d'être là, on p't'être en profiter un peu pour avancer). Donc, ce chapitre constitue l'arrivée d'Allen à Poudlard (et avant ça, le train).

Je vous épargne mon spoil censuré incompréhensible, ça ne servirait à rien (si! a vous faire languir un peu plus!)

Je lance une vague de merci à Enna, en espérant qu'elle sache nager parce que je crois que le tsunami arrive (que quelqu'un m'empêche de faire ces blagues à deux balles! Pitié!) et cette vague s'en va noyer tous mes chers lecteurs! (bah oui, je tue ceux que je remercie. C'est logique!)

Sans plus de cérémonies, je vous laisse découvrir cette splendeur!... (en fait, ça, c'est à vous d'en juger...)

P.S.: Merci pour vos reviews~!

P.S.S: Au cas où vous avez un doute, rien ne m'appartient!


Chapitre 4 :

Allen était fasciné par cette immense gare. Elle était splendide – il pensait ainsi car il n'en avait jamais vu de telle dans son monde. Bien qu'il y eût une foule dense qui remplissait ces lieux, il parvenait à suivre le professeur Mcgonagall, récemment métamorphosée en une chatte tigrée, qui tranquillement se baladait au milieu des humains bruyants. Il n'était pas sûr que les animaux en liberté fussent acceptés dans les gares mais la femme semblait avoir un sacré don pour la discrétion.

Autant la laisser faire et la suivre.

Allen poussait son chariot où étaient disposées ses nombreuses fournitures scolaires dont il ne connaissait pas encore le nom (il allait devoir trouver le temps de demander à quelqu'un quelques explications). Il avait reçu plusieurs manuels qu'il rêvait de feuilleter par curiosité. Il avait aussi entraperçu la couverture d'un livre de botanique, celle de l'histoire de la magie ou encore celle d'un bouquin de métamorphose. Il sentait une certaine excitation monter dans son esprit en pensant à tout ce qu'il allait vivre pendant cette année scolaire. Mais il n'oubliait pas sa mission pour autant. Ce serait une grossière erreur de sa part.

Sa rêverie fut interrompue par une main à la poigne forte qui venait de lui saisir l'épaule.

C'était le contrôleur qui l'apostrophait avec un froncement de sourcils, quelque peu contrarié. Allen se demanda ce qu'il avait fait de mal pour le rendre aussi énervé.

« Monsieur, commença le contrôleur, les animaux en liberté ne sont pas acceptés ici. »

Et merde… pensa Allen en soupirant.

Il jeta un regard contrarié au chat qui se courba, les yeux fixés à ceux de l'exorciste puis la magicienne transformée bondit dans ses bras et atterrit près de son oreille. Un très léger murmure fut entendu par le garçon.

« Désolée, Mr Walker. Nos chemins se séparent ici mais nous nous retrouverons à Poudlard. Je ne peux que vous laissez trouver la voie 9 ¾ par vous-même. »

Allen lui fit un sourire de remerciement avant que la femme ne bondisse de ses bras pour courir et disparaître loin dans la foule.

Pour le coup, le contrôleur ne savait que dire. Il en venait à se demander si la bestiole était vraiment son chat ou avait juste voulu visiter la gare. Quoi qu'il en soit, il n'avait plus de motif pour l'enguirlander plus longtemps.

« Désolé pour le dérangement, s'excusa Allen. Cela ne se reproduira pas.

_J'espère bien, jeune homme. Les règles sont les règles.

_Oui, pardon monsieur. Et… s'il-vous-plait… hésita-t-il.

_Hum ? Qu'est-ce qu'il vous faut ?

_Sauriez-vous où se trouve la voie 9 ¾ ? »

A partir de ce moment, Allen put contempler la rapidité à laquelle peut mettre un visage à changer de couleur. Il passa du beige au rouge en une misérable petite seconde.

« Mais bon sang ! Qu'est-ce que vous avez tous avec ça ?! Chaque année, vous vous passez le mot pour me faire la blague ou quoi ?! Y en a marre ! Inventez-vous de nouveaux canulars au lieu de recycler les vieux ! Et cessez de me prendre pour un crétin ! Alors foutez le camp de ma vue avant que je ne m'énerve davantage ! »

La tirade apeura l'exorciste – qui avait pourtant vu pire au cours de son existence – et il se hâta de disparaître dans la foule où il joua des coudes pour se frayer un chemin jusqu'à son point de rendez-vous.

Malheureusement pour lui, il n'existait aucun quai 9¾ entre celui portant le numéro 9 et le dixième. Et même dans son monde aucun quai n'était dénommé ainsi, voilà pourquoi il avait été très sceptique à l'entente de l'endroit où il devait se rendre.

Satané monde magique ! jura-t-il en abandonnant sa politesse légendaire. Je n'ai plus qu'à faire travailler mon cerveau pour tenter pour trouver une solution. Réfléchissons. Si je vais étudier dans une école magique, ça signifie que d'autres élèves vont prendre le train. Si je les trouve, je pourrais les suivre et arriver au quai 9 ¾. Reste plus qu'à les trouver… Voyons voir… S'ils vont aussi à Poudlard, ils doivent avoir pleins de grosses valises et une bestiole quelconque qui dépasse.

Allen imagina quelques instants à quoi ces sorciers devraient ressembler et passa en revue tous les adolescents qu'il pouvait voir dans cette masse grouillante de bruit.

C'était un travail laborieux parce qu'il ne devait absolument pas se tromper de convoi. Ce serait catastrophique et sa réputation d'exorciste en prendrait un coup – un destructeur d'akuma qui se perd dans une gare… le summum du ridicule !

Son regard se posa sur un petit groupe composé de trois ou quatre jeunes adolescentes d'environ quinze ans qui discutaient joyeusement avec leur charriot devant elles. La première qu'il vit était celle qui correspondait le mieux à son image type de l'étudiant de Poudlard. Elle avait sur son porte-bagage une très grande valise brune qui semblait bien remplie ainsi qu'un hibou brun en cage. Celui-ci avait une allure quelque peu étrange. Il passait son temps à regarder de tous les côté et ouvrir ses yeux noirs en grand, comme s'il voyait quelque chose de spécial. Ce comportement était assez… déstabilisant. On avait l'impression que le hibou était atteint de schizophrénie et qu'il fuyait les fantômes.

Il aperçut aussi un bout de tissu qui ressemblait à s'y méprendre à l'étoffe de la fameuse cape noire des sorciers dépasser de son sac de voyage, ce qui l'encouragea à la suivre.

La fille semblait d'humeur joviale et racontait ses vacances à ses amies qui l'écoutaient avec un sourire amusé. Une autre prit la parole pour s'exprimer à son tour. Elles incarnaient à la perfection ce cliché des jeunes adolescentes qui riaient et vivaient. C'était agréable à regarder.

Le groupe déambula dans la gare jusqu'à s'arrêter près d'une colonne entre les voies 9 et 10, et où il y avait légèrement moins de monde.

Haussant un sourcil dubitatif, Allen se dit qu'il avait fait erreur et que ces jeunes filles n'allaient pas à Poudlard malgré ce qu'il avait pensé. Un soupir parvint à franchir ses lèvres et il baissa la tête tristement, prêt à repartir en quête d'une autre personne à suivre. Mais soudainement une des filles se mit à courir en direction de la colonne de briques à toute vitesse.

Stupéfié, Allen attendit le choc qui ne vint jamais. A la place, le corps élancé de la charmante jeune fille disparut dans le mur sans que personne n'y fît attention.

Et une adolescente suivit le mouvement en imitant celle qui l'avait précédée. Puis ce fut au tour de la jeune blonde joyeuse de courir vers l'épais pilier de pierre.

Allen était abasourdi. Elles venaient de littéralement traverser le mur !

Et le pire, ce fut qu'il ne resta choqué que quelques secondes à peine, son esprit venant de lui rappeler que ce monde était doté de la magie et que ce genre de choses était tout bonnement normal. Il allait devoir s'y faire. Traverser les murs était simplement conforme aux règles de cet univers et il n'avait certainement pas son mot à dire.

Exaspéré qu'on ne l'ait pas prévenu plus tôt, l'exorciste se plaça devant le mur et le regarda comme s'il était face à un ennemi invincible. Résolu à mener sa mission à bien, ses pas l'emmenèrent naturellement en avant et avant qu'il n'eût pu s'en rendre compte, il était déjà de l'autre côté.

L'ambiance lui parut différente. Tout d'abord, toutes les personnes présentes se hâtaient car l'heure du départ approchait, ce qui fit qu'Allen eut un mal fou à atteindre le train.

Par mesure de précaution, il avait relevé la capuche de son blouson pour cacher ses cheveux blancs, sachant pertinemment que les humains n'étaient pas très à l'aise avec l'albinisme, et aussi afin de ne pas se faire remarquer.

Ses affaires avaient été mises dans un porte-bagage et il n'avait gardé que sa cape de sorcier sous le bras pour se changer ultérieurement.

Il ajusta bien sa capuche sur sa tête et de son regard clair, il contempla l'intérieur des compartiments à la recherche d'un coin tranquille où il pourrait se reposer.

Sur son chemin, il aperçut un grand garçon dont les cheveux noirs épais semblaient rétifs à tout peigne et qui était accoudé à la fenêtre, ne prenant pas la peine de trouver un compartiment pour se poser. La tête négligemment calée par un bras, il regardait la scène au-dehors. Il s'était appuyé sur sa jambe gauche, l'autre étant élégamment croisée. Le seul problème, c'était qu'il bloquait l'étroit chemin du wagon.

Mais heureusement, ce dernier remarqua la silhouette d'Allen et il se redressa pour le laisser passer.

Toujours encapuchonné, l'exorciste lui adressa une légère courbette de remerciement avant de le dépasser.

Le garçon le regardait sans chercher à voir son visage et il était complètement impassible ou tout du moins impénétrable, ne réagissant aucunement à son étrange manière de se comporter. Puis, le délaissant, il reprit sa contemplation silencieuse.

Pendant ce temps-là, Allen cherchait toujours un endroit où s'asseoir. Il mit bien cinq minutes à trouver un compartiment vide où s'installer, butant sur quelques personnes malpolies.

Au moins, cela ressemble aux gares de mon monde, se rassura-t-il.

Par la fenêtre, il voyait une foule de parents faire des signes à leurs enfants, ignorant le chahut qu'ils provoquaient et le mouvement de foule qu'ils créaient.

Le Poudlard-express commença à avancer avec lenteur, permettant aux derniers adieux de se faire – et certains parents couraient le long du train pour donner quelques dernières recommandations qui n'étaient pas forcément écoutées. Puis le train quitta enfin la gare et Allen posa sa tête contre le mur à côté de lui pour se reposer.

Timcampy sortit de sous sa capuche où il s'était sournoisement glissé et alla se poser dans sa paume ouverte.

Une petite sieste leur permettrait de digérer tous ces événements.

~*~0~*~

Harry ainsi que ses deux amis avaient perdu bien du temps en discutant avec Neville qui était parvenu à perdre sa baguette dans le compartiment où il était, ce qui était un véritable exploit en soit.

Animé d'une humeur clémente, le survivant s'était proposé pour l'aider et Hermione avait aussitôt suivi le mouvement. Quant à Ron, il avait fallu attendre qu'il s'arrête de rire pour qu'il s'y mette.

Après avoir retrouvée la fugitive à l'intérieur de la cape de sorcier du garçon, les trois amis se mirent en quête d'un compartiment où s'asseoir, acceptant avec gentillesse les nombreux remerciements de leur camarade qui venaient de retrouver son plus précieux bien.

Leur marche les mena vers le fond du train où les élèves se faisaient de plus en plus rares. Ils passèrent devant de nombreux compartiments pleins, et quand ils en virent un occupé seulement par une seule personne, ils décidèrent d'un commun accord de s'y installer.

Fatigués par la recherche de la baguette de Neville, ils furent bien heureux de s'asseoir tranquillement, même si le compartiment ne leur était pas exclusivement réservé.

Harry lança un coup d'œil à l'inconnu endormi contre la fenêtre. Le mouvement du train avait altéré sa position et l'encapuchonné s'était retrouvé le dos de travers, la tête collée à la vitre. L'une de ses mains gantées abritait un objet aussi doré qu'un vif d'or d'où s'échappait des sortes de plumes en forme d'ailes. Impossible de déduire la nature de cette chose brillante. Le menton collé au torse, son visage était inaccessible à leur regard. La seule chose qu'on pouvait inférer était que l'inconnu était un homme. Quant à savoir l'âge qu'il avait, c'était une autre histoire.

« Je pense que c'est un élève, chuchota la jeune Hermione en désignant la cape de sorcier posée sur les genoux du garçon endormi, d'un geste rapide.

_Dommage qu'on ne voit pas sa tête, marmonna Ron. Il m'interpelle, celui-là. Ça ne fait même pas un quart d'heure qu'on est parti et il est déjà dans les vapes.

_Le sommeil, ça existe, gros malin, répliqua la jeune fille.

_Et le respect aussi », coupa Harry dans un soupir lassé.

Les deux acceptèrent de se taire pour laisser le garçon dormir sereinement. Et ils n'eurent pas à attendre longtemps que le train se mit à bouger de gauche à droite à cause de la trajectoire des rails qui n'étaient pas en ligne droite.

Désormais réveillé, le garçon se rassit correctement et se frotta machinalement les yeux de son bras droit. Encore ensommeillé, il marmonna pour lui-même :

« Zut… Je me suis endormi comme ça… puis, les ayant aperçu, il continua : oh ! Désolé ! Je ne m'étais pas rendu compte que vous étiez rentrés !

_Ce n'est rien », annonça poliment Harry en déduisant par la juvénilité de cette voix l'âge de l'adolescent.

Ce dernier marmonna quelque chose comme quoi il avait oublié de retirer sa capuche et ôta celle-ci d'un coup rapide.

Ron poussa une légère exclamation devant l'apparence peu commune qu'avait leur camarade de compartiment.

Celui-ci vit la tête étonnée des adolescents et leur adressa un sourire confus.

« Pardon. Mon apparence doit vous dégoûter un peu.

_Mais pas du tout ! s'exclama Hermione. Ce n'est pas ta faute si ton visage est marqué d'une cicatrice ! Mais il n'y a rien de dégoûtant là-dedans !

_Je suis d'accord, annonça Harry. J'ai aussi une cicatrice alors je comprends.

_Mais comment tu t'es fait ça mon pauvre ? demanda Ron en ouvrant des yeux ronds comme des billes.

_Longue histoire, répondit le garçon. Mais je ne vais pas vous ennuyer avec ça maintenant. Au fait, enchanté de vous rencontrer. Je m'appelle Allen Walker. »

Ron et lui échangèrent solennellement une poignée de mains.

« Ron Weasley. Et voici Hermione Granger et Harry Potter. »

Le manque de réaction du jeune Walker à l'entente de son nom choqua profondément Harry. En temps normal, quand on entendait parler de lui, il y avait des réactions, des froncements de sourcils, des passages de choc mais là, rien. Allen lui souriait comme il le faisait avec les autres.

Harry n'était plus habitué à être considéré comme quelqu'un de normal. Cette constatation lui fit un effet bizarre au creux de la poitrine.

Hermione avait bien compris le trouble de son camarade et chercha à faire évoluer la conversation afin d'en apprendre plus sur l'étrange personnage.

« Dis-moi, Allen. Je ne t'ai jamais vu ici avant. C'est ta première année à Poudlard ?

_Bien deviné. J'en avais assez de prendre des cours à domicile avec mes parents alors mon grand-oncle les a convaincus de m'inscrire dans cette école. Je me demande encore comment il y est parvenu. »

Vu qu'il devait se faire passer pour le petit neveu de Dumbledore, autant sortir son baratin dès maintenant. Allen devait être un jeune adolescent de bonne famille – cela il savait le simuler, ayant reçu une bonne éducation de son père adoptif – qui allait pour la première fois à l'école, cela étant la vérité la plus complète. Son seul problème était l'apprentissage magique qu'il n'avait jamais reçu. Il avait pourtant passé le reste des vacances d'été à s'échauffer sur les sorts de bases et à combattre son armoire. Mais étant donné qu'il devait être discret il n'avait pu se lâcher comme il l'avait voulu. Il allait à coup sûr devoir prendre des cours de rattrapages en pratique. Le point positif, c'était qu'il n'en aurait pas en histoire de la magie puisqu'il avait quasiment appris le livre par cœur. Tout ce qui touchait à l'apprentissage des manuels et des cours était entièrement à sa portée. Cela rajouterait de la crédibilité à son mensonge.

Les gens penseraient qu'il s'était attardé sur la théorie plutôt que sur la pratique.

« Et vous, continua l'albinos pour poursuivre la discussion. Vous êtes à Poudlard depuis vos onze ans ?

_Tout juste, répondit Ron. Si t'es paumé, on peut te guider. Le château est vraiment immense tu sais.

_Merci, je crois que j'en aurais bien besoin. Vous allez découvrir mon incroyable sens de l'orientation qui bat vraiment des records… »

Les trois Griffondors pouffèrent de rire, sans savoir qu'en réalité, le sens d'orientation d'Allen était vraiment abyssal, mais mieux valait ne pas les affoler.

Ils continuèrent à sympathiser, parlant le plus souvent de ce qu'Allen allait découvrir à Poudlard, comme les escaliers mobiles – qui ne rassurèrent pas l'albinos – ainsi que les tableaux vivants qui apportaient une bonne ambiance dans les couloirs quand on ne dérangeait pas quelqu'un de très susceptible. Il eut aussi droit à une description très charmante du professeur Rogue – bien connu pour sa gentillesse et sa tolérance. Allen comprit qu'Harry aimait beaucoup Albus Dumbledore au vu du respect et de l'affection avec lesquels il parlait de lui. Ron commençait à louer les bienfaits du sommeil en cours d'histoire de la magie quand la porte s'ouvrit sur un blond au visage arrogant.

« Tiens donc… C'est donc bien dans ce trou paumé du train que vous avez atterris. Je commençais à croire que vous vous étiez sauvés comme des lâches…

_Et maintenant, t'es rassuré ? cracha Harry.

_La ferme, Potter. Je ne parle pas aux menteurs.

_Parce qu'évidemment, monsieur Drago Malefoy est quelqu'un de très recommandable en comparaison, répliqua Hermione.

_Les sang-de-bourbes n'ont pas de l'ouvrir dans une discussion de sorciers, coupa le blond teigneux avant d'apercevoir Allen qui assistait à l'échange avec une once d'inquiétude dans le regard. Oh ! Mais qui voilà donc ! L'encapuchonné suspect de tout à l'heure ! Je savais que t'étais bizarre dès que je t'ai vu monter dans le train. D'un autre côté, je comprends que tu veuilles te cacher. Vu ta tête…

_C'est bas de juger Allen sur le physique, s'indigna Ron. Je savais que tu étais un dégonflé mais à ce point-là…

_T'es pas mieux, Wease-moche. Alors comme ça, le nouveau s'appelle Allen ? Quel nom cliché. Ca fait tellement vieillot…

_Bon, ça commence à bien faire, s'emporta l'exorciste. Ton manque de politesse est aberrant ! As-tu au moins reçu l'ombre d'une éducation ? Parce que là, on dirait que tu sors tout droit du caniveau!

_D'où tu me parles comme ça p'tit con? Tu veux que je te donne une bonne leçon ? »

Allen se leva et attrapa vivement la gorge du garçon d'une main, l'amenant plus près de lui tandis que leurs yeux se fixaient intensément. Drago crut voir une autre personne dans ce regard, quelqu'un de plus haineux et moins porté sur le respect et la civilité.

« Les morveux comme toi doivent apprendre à rester à leur place », annonça une voix grave qui semblait venir de la bouche du nouveau. « Je te conseille de déguerpir immédiatement avant que je ne décide de te faire quelque chose de très… regrettable. »

La température sembla chuter de quelques degrés et un silence solennel entourait la scène qui s'imprimait dans l'esprit de tous. Puis, lentement, presque doucement, la main d'Allen se desserra et l'intrus blond se retrouva sur le sol, étourdi et souffrant encore de la poigne incroyable du jeune garçon qui lui avait laissé de larges marques rouges au cou.

Il observa en silence le regard démentiel de haine qui le fixait de haut, se sentant oppressé par une sorte d'entité qui le dépassait. Son ahurissement redescendu, il se hâta de passer son chemin, voulant disparaître de la vue de ce fou furieux lunatique.

Ledit fou furieux demeura silencieux et calme, comme s'il voulait remettre ses idées en ordre.

Un long soupir poussa la barrière de ses lèvres avant qu'il ne retournât s'asseoir avec lassitude il semblait que toute son énergie avait été pompée d'un seul coup.

« Je me demande qui était cet idiot, déclara-t-il au bout de quelques instants de quiétude. Il n'a pas à venir insulter les autres comme ça. On se demande par qui il a été élevé… »

Ron cacha son rire du mieux qu'il le put mais la vision d'Hermione en train de se mordre violemment les lèvres pour s'empêcher de craquer l'acheva. Ils furent rejoints par leur ami Harry sous les yeux inquisiteurs d'Allen qui ne voyait pas ce qui était hilarant.

Remettant cela à autre fois, il sourit en voyant ces jeunes adolescents rire de bon cœur. C'était plutôt relaxant comme scène, ou, tout du moins, différent de ce qu'il avait l'habitude de voir en partant en mission.

Allen commençait à apprécier sa mission – loin d'une guerre qu'il ne pouvait éviter – qui lui permettait de faire une pause entre tous ces morts. Il espérait sincèrement que cette mission se déroulerait sans accrocs.

Mais comme si le destin avait décidé de le rappeler à l'ordre, son œil gauche le fit tout d'un coup violemment souffrir, signe d'une âme solitaire à délivrer. Il se leva en plaquant sa main contre son œil et força ses lèvres à sourire alors que ses camarades lui lançaient un regard rempli d'interrogations.

« Je suis désolé, dit-il. Ma cicatrice me fait mal alors je vais me passer un peu d'eau dessus pour calmer la douleur. Je devrais être de retour dans cinq à dix minutes. »

Son demi-mensonge lui valut un hochement de tête collectif assez dubitatif mais ils le laissèrent quitter le compartiment sans poser de questions.

Le garçon disparut très vite vers les toilettes où il s'enferma.

Voilà qui lui servirait de couverture.

Il ouvrit la fenêtre qui lui permit de se hisser dehors. A peine sa tête passée hors de la cabine, le vent le déstabilisa un peu mais il referma ses mains sur le rebord de la fenêtre pour se maintenir. Ayant repris ses esprits, il monta sur le toit du train en rampant face contre terre – le vent l'emporterait s'il se mettait debout – et vit le but de sa mission devant lui.

L'akuma était dos à lui, en train de donner des coups de griffes contre la toiture du train. Il avait une apparence plutôt ronde et sa peau arborait une sorte de carapace rugueuse. Ses doigts s'étiraient en lames acérées qu'il utilisait habilement. Il semblait tenir sur le wagon en incrustant les griffes de ses pieds dans la ferraille qu'il détruisait avec ardeur.

Sentant la panique qui devait avoir lieu dans le wagon remplie de pauvres victimes adolescentes, Allen demanda à son Innocence de prendre la forme du canon qu'il avait pu utiliser dans son autre version afin d'avoir juste à viser sa cible.

La transformation se fit, arrachant par la même occasion la manche d'Allen qui ne s'en formalisa pas.

L'akuma se retourna quand la première balle se fixa dans son ventre mais il ne put contempler que quelques instants le visage de son bourreau avant de disparaître, une nouvelle balle au cœur.

L'âme fut enfin libérée et adressa à l'exorciste un signe de reconnaissance avant de disparaître dans le ciel avec un sourire vivifié sur les lèvres qui s'afficha également sur le visage du sauveur.

Mais son sourire fut de courte durée car déjà, il entendait des cris venant de l'intérieur. Ils devaient s'être rendu compte que quelque chose n'allait pas – en plus de voir leur plafond défiguré.

Allen se hâta de regagner les toilettes et fit face à un nouveau problème.

Comment expliquer sa veste déchirée ?

S'il avait pris son temps, il n'en serait pas là.

« Oui, pensa-t-il. Mais si j'avais pris mon temps, ils seraient morts. Donc, je vais arrêter les regrets inutiles. »

La présence d'un certain tissu sous ses pieds attira son attention.

Sa cape de sorcier !

Il avait oublié qu'il en avait une !

Il l'avait prise avec lui sans même y penser et l'avait jeté à même le sol lors de sa grimpette sur le toit. S'il profitait d'être aux toilettes pour se changer, personne n'irait trouver ça suspect. Et cela cacherait son bras.

Mais il allait devoir atteindre son sac resté dans le compartiment pour enfiler des gants de rechange et cacher sa main déformée. Heureusement, sa cape de sorcier était si longue qu'elle cachait ses mains.

Ainsi déguisé, il sortit des toilettes et vit un troupeau d'élèves attroupés près du fameux compartiment.

Il se mêla à la foule et fit mine de chercher à savoir ce qu'il se passait.

Allen fut rejoint par Harry qui l'avait aperçu entre deux adolescents.

« Eh ! Allen !

_Ah. Harry, salua l'interpelé. Tu sais ce qu'il se passe ?

_Non. Il semblerait que quelque chose ait donné des coups sur la toiture de ce compartiment. Enfin… c'est ce que j'ai entendu d'Hermione, qui l'a entendu de Ron, qui l'a entendu de quelqu'un d'autre… Donc… Je ne peux rien te certifier.

_D'accord. Peut-être qu'on aura des explications plus tard. Ils ne peuvent pas nous laisser comme ça ! Sinon, on va tous angoisser pendant l'année.

_Je suis d'accord, admit Ron qui venait de se frayer un chemin entre ses camarades. Quoiqu'il en soit, bienvenue à Poudlard Allen. Habitue-toi tout de suite aux choses dangereuses et inexpliquées.

_Ron ! s'offusqua Hermione qui avait suivi son camarade. Tu vas lui faire peur ! Et il n'y a pas toujours des choses dangereuses et inexpliquées !

_T'es sûre de toi ?

_Oui !

_Vraiment sûre ?

_Oui !

_A 100% ?

_… Non… Mais il ne faut pas être aussi pessimiste ! On peut encore espérer passer une année tranquille !

_Je crois que c'est mal parti, » murmura Harry.

Les élèves furent invités à regagner leur compartiment – sauf les victimes de cette action inexpliquée qui furent emmené loin des regards indiscrets.

Allen avait profité que ses camarades eussent penchés leur tête hors du compartiment pour voir ce qu'il se passait pour se dépêcher de mettre ses gants en place avant d'aller les imiter.

Ron était parti s'asseoir avec Hermione et seuls restaient Harry qui discutait de loin avec un camarade d'un autre compartiment et Allen qui contemplait les six enfants apeurés dont les sanglots incontrôlables remuaient leur corps.

Il se sentait triste de ne pas avoir pu faire quelque chose de plus pour eux. Pour une âme sauvée, on devait en compter six traumatisées. Comment pouvait-il espérer être utile dans ce genre de circonstances ?

Les élèves s'éloignèrent du couloir et dépassèrent le garçon brun ébouriffé qu'Allen avait vu tout à l'heure.

Celui-ci se retourna sur leur passage par curiosité mais ne laissa pas exprimer ses pensées sur son visage.

Il tourna la tête et aperçut Allen qui l'observait. Un froncement de sourcils passa sur son visage mais Allen ne chercha pas à le détailler plus longtemps

Honteux pour diverses raisons, il replongea dans le compartiment pour s'asseoir à sa place et attendre bien gentiment d'arriver à l'école.

Il avait fait bien assez de grabuge pour aujourd'hui.

~*~0~*~

Le train enfin arrêté, l'exorciste infiltré fut bien heureux de pouvoir remarcher sur la terre ferme pour se dégourdir les jambes. Depuis l'incident, personne n'avait bougé de sa cabine, ce qui avait tout de même permis à Allen de discuter avec ses camarades. Il espérait que Dumbledore le couvrirait à propos de cet incident parce que sinon, l'année allait être très longue.

Le point positif, c'était qu'Allen avait compris qu'il n'était pas assez discret. Il devait être sur le pied de guerre et intervenir dès le moindre signal le plus rapidement possible le tout sans se faire remarquer.

Oui, l'année allait être longue.

Et il fut de plus en plus inquiet à mesure que le château colossal apparaissait. Protéger un bâtiment aussi gargantuesque allait lui coûter bien des efforts, mais il ne pouvait se laisser décourager plus longtemps alors il préféra se laisser éblouir par ses découvertes. Harry, Hermione et Ron s'amusaient à voir leur compagnon admirer la grande structure du château qui ne leur apparaissait que de loin.

Plus loin, les élèves se séparèrent en petit groupe. Allen demanda pourquoi.

« On va prendre des calèches pour aller jusqu'à l'entrée, lui expliqua Hermione. Et comme y a des places limitées, on se met par groupe. Tu peux monter avec nous si tu as peur de te perdre. »

L'albinos la remercia d'un sourire et il put enfin se tourner vers les premières calèches qui arrivaient.

Son sourire disparut immédiatement.

C'étaient des chevaux à tête de dragon qui tiraient les calèches. Ils n'avaient qu'une mince couche de peau sur les os et on pouvait voir leur immense paire d'ailes de chauve-souris qui dépassait de leur dos, leur longue queue balayant le sol, on devinait aussi dans leur bouche de longs crocs.

« Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry qui se trouvait dans le même état de choc qu'Allen.

_ De quoi tu parles ? l'interrogea Hermione.

_ Bah… De ces choses qui tirent les calèches… tenta le brun.

_ Mais il n'y a rien ici, Harry. Les calèches avancent toutes seules. Comme d'habitude. »

Face à cette réplique, Harry ne put que se taire, imité par un certain exorciste muet de stupeur. Il ne comprenait pas pourquoi Harry et lui pouvaient voir ces choses alors que les deux autres les regardaient avec un air interloqué.

Laissant cette histoire pour un autre jour, dont il chercherait les réponses plus tard, il monta dans une calèche avec les trois adolescents, accompagnés d'un certain Neville Londubat, et d'une autre jeune fille aux cheveux blonds et aux yeux bleus.

Confortablement installés, le début du voyage se déroula dans un silence oppressant. L'incident du train devait être encore marqué au fer rouge dans leur esprit – sauf peut-être celui de la jeune blonde qui regardait Allen avec un sourire et un regard impénétrable. Malgré lui, il se sentait de moins en moins sûr de lui, comme si cette fille arrivait à percer sa couverture d'un simple regard. C'était frustrant.

« Alors… commença Allen afin de démarrer une conversation, aussi insignifiante soit-elle. Comment vous appelez-vous ?

_ Euh… Je suis Neville Londubat. Et… enchanté de te rencontrer… euh…

_ Allen, sourit Hermione. Il s'appelle Allen Walker et il est nouveau.

_ Allen Walker, répéta la jeune fille blonde.

_ Et les garçons, reprit Hermione, je vous présente Loufo… Euh… Luna Lovegood. »

Ils la saluèrent d'un léger signe de tête auquel elle répondit par un sourire.

« Vous avez vu ce qui s'est passé dans le train ? chuchota Neville.

_ Ouais, répondit Ron. T'as des informations, toi ?

_ Sûrement pas plus que vous. Il semblerait que quelqu'un ou quelque chose ait tenté de rentrer dans le train par le toit. Mais bizarrement, il n'a jamais terminé son travail… Et ça, je ne le comprends pas.

_ Peut-être qu'il cherchait un autre train, qu'il a confondu et qu'il s'en soit rendu compte après, proposa Allen dans l'espoir d'embrouiller tout le monde.

_ Mais ça n'explique pas ce que c'était, répliqua Hermione. Ça devait être quelque chose de particulièrement fort pour résister à la force du vent, rester accroché à la toiture et la lacérer. Imaginez les pauvres qui étaient en dessous… Je me sens mal pour eux.

_ … et moi donc », termina Allen.

Luna continuait de l'observer et il dut bien s'avouer qu'il se sentait de plus en plus mal à l'aise.

« Et… qu'en penses-tu, Luna ? demanda Harry qui avait remarqué la situation dans laquelle se trouvait son camarade.

_ Je pense que la créature était maléfique et qu'elle a été punie pour ses crimes », annonça-t-elle en regardant d'abord Allen puis le ciel noir qui s'étirait au-dessus d'eux.

Une sueur froide coula dans le cou de l'exorciste. Il valait mieux pour lui que cette fille devienne une alliée plutôt qu'une ennemie.

La discussion ne se poursuivit pas et ils arrivèrent enfin en bas du château qui semblait se fondre dans le ciel. Plus il s'en approchait et plus Allen le trouvait immense.

Sans repères dans l'énorme bâtisse, l'albinos se contenta de faire profil bas et de suivre ses camarades qui semblaient savoir où aller.

Il vit les jeunes premières années marcher derrière eux et Hermione prit le temps de lui expliquer qu'ils allaient être répartis dans les différentes maisons.

« Ah oui, s'exclama Allen. J'ai lu quelque chose comme ça dans L'histoire de Poudlard. Il y a quatre maisons où sont répartis les élèves, c'est ça ? Malheureusement, j'ai dû passer vite fait ce chapitre parce que le suivant avait beaucoup attiré ma curiosité.

_ L'hi… l'histoire de Poudlard ? Tu l'as lue ?

_ N'étant jamais allé à l'école, je voulais me renseigner au maximum, » répondit son camarade avec un clin d'œil.

Hermione le contemplait la bouche ouverte comme un poisson hors de l'eau.

Ils montaient vivement les escaliers, excités par l'ambiance et l'endroit, mais Allen sentit tout à coup une main attraper son bras pour le retenir. C'était le professeur Mcgonagall qui lui demanda de la suivre, ce qu'il fit.

« Walker, commença-t-elle. Vu que vous êtes nouveau de cette année, je voudrais que vous passiez après les premières années pour ne pas tout mélanger. Vous resterez derrière la porte et dès que votre nom sera prononcé, vous entrerez vous asseoir sur le tabouret devant Mr. Dumbledore et nous vous mettrons le Choixpeau sur la tête pour vous répartir. Mes explications sont-elles claires ?

_ Limpides, » répondit le garçon souriant.

Hermione continua son chemin sans lui et il la vit disparaître derrière une grande porte magnifiquement sculptée. Les futurs premiers année attendaient aussi devant cette porte qu'on leur dît de venir et il voyait leur excitation à l'idée de rentrer dans la salle.

Allen, lui, était apeuré.

~*~0~*~

L'immense Grande Salle était grouillante de bruit et de sourires. Tous attendaient le début du repas avec une impatience non feinte. Mais avant toute chose, il devait y avoir la répartition des petits nouveaux. Certains en avaient déjà marre d'attendre, ce que Dumbledore vit immédiatement. Il se leva donc, obtenant un silence quasi-immédiat.

« Mes chers élèves, commença-t-il d'un ton bienveillant. Quel plaisir de vous revoir cette année ! J'espère sincèrement que tout se passera bien. Mais trêve de bavardages, nous allons procédez tout de suite à la répartition des premières années. Entrez mes enfants. »

Une armée de nains souriants déboula dans la salle avec des yeux qui se posaient partout où ils le pouvaient. Ils se mirent en tas devant le fameux Choixpeau et attendirent chacun leur tour que leur nom fût appelé. Chaque maison recevant un petit nouveau applaudissait et accueillait l'individu avec une certaine fierté.

Cela achevé, le silence revint à l'appel du directeur.

« Avant de faire la présentation du groupe d'enseignants, je voudrais vous avertir que nous recevons un nouveau venu qui ira directement en cinquième année, étant âgé de quinze ans. N'étant pas heureux de recevoir des cours de magie à domicile, j'ai insisté pour qu'il vienne dans mon école. Sa famille a accepté et je suis content de l'accueillir parmi nous. Je vous présente mon petit neveu, Allen Walker. »

Un choc commun envahit dans la pièce. Non à cause du fait que c'était rare de voir un nouveau en cinquième année mais parce que Dumbledore était le grand-oncle de ce garçon qui venait à Poudlard. C'était incroyable !

Allen, gêné comme jamais derrière la porte sculptée, s'obligea finalement à entrer, reprenant un air maîtrisé et une confiance en soi admirable.

Avançant dans la pièce, il repéra tout de suite le tabouret où il devait s'asseoir. A côté de lui Mme Mcgonagall tenait un chapeau assez étrange dont la beauté n'était pas la qualité première.

Allen était bien conscient de l'effet qu'il produisait. Petit neveu du directeur de l'école, balafré, albinos… une apparence tout à fait normale, en somme – s'il pouvait se payer le luxe d'être ironique.

C'était difficile d'ignorer les yeux tournés vers lui – il y en avait même qui tendaient la tête pour mieux le voir – ainsi que les chuchotements incessants des différents élèves. Il entendait très bien les « quelle cicatrice monstrueuse… » et les « comment il s'est fait ça ? », ainsi que les « il a de l'albinisme ? Le pauvre… », sans oublier les « mais il a quel âge, celui-là ? » assez gênants.

Il vit également les trois Griffondors qu'il avait croisés dans le train qui parlaient à leurs amis en le regardant. Il leur envoya un sourire embarrassé auquel ils ne surent que répondre. En tournant la tête, il put voir son nouveau super copain, Drago Malefoy, qui le regardait avec une splendide bonté dans le regard qui donnait envie à Allen d'aller lui donner une très légère tape amicale néanmoins, il dut se retenir car déjà, il arrivait devant le Choixpeau – sans oublier de faire un sourire poli à son nouvel grand-oncle.

Le professeur Mcgonagall l'invita à prendre place sur le tabouret, ce qu'il fit, et elle déposa doucement le chapeau sur ses cheveux blancs.

A peine cela fait, Allen entendit une voix lui parler.

« C'est toi le fameux Allen Walker, n'est-ce pas ? C'est très aimable à toi de t'être déplacé jusqu'ici pour protéger ces enfants. Tu as certaines qualités… Maintenant… comment déterminer le meilleur endroit pour toi ? »

Il marqua une pause, comme pour bien faire languir le pauvre exorciste démuni.

« Je vois que tu as un secret… un très grand secret… que tu as vaillamment tenu caché durant de longues années… avec fourberie, d'ailleurs. »

Allen déglutit et se sentit comme nu.

« Tu es un petit malin qui aime bien s'amuser. C'est plutôt bien, mais fais donc attention ou ça te jouera des tours plus tard. Bah… De toute façon, je ne suis pas là pour te sermonner mais pour déchiffrer ta personnalité. Si je puis me permettre, Walker, il faudrait songer à mettre de l'ordre dans ton esprit parce qu'il y a beaucoup de souvenirs qui s'y mélangent et je peine à te cerner … Ahhhh… Pauvre enfant… Quelle dure vie que tu as eu. Néanmoins, tu es très débrouillard – et rusé, si tu vois de quoi je parle. Tu es assez dégourdi pour avoir mené une vie seule, et il y a cet… homme ?

_ Oh... Ne me parlez pas de lui, murmura Allen en veillant à ce que personne ne l'entende.

_ Comme tu voudras, mon garçon. Bon ! Malgré ton courage que je juge admirable, je pense que tu seras plus dans ton élément à… Serpentard ! »

La longue discussion intérieure s'acheva enfin et Allen crut être tranquille mais lorsqu'il releva la tête, un silence étouffant s'était emparé de la salle.

Du coup, l'exorciste se demanda s'il avait fait quelque chose de mal mais déjà, quelques légers applaudissements résonnèrent dans la pièce, venant de la table des Serpentards.

Mcgonagall leva la main pour récupérer le Choixpeau mais Allen fit un geste pour indiquer qu'il voulait dire quelque chose au couvre-chef.

« Pas un mot sur cette histoire de secret, s'il-vous-plait », chuchota-t-il avec malice.

Il laissa le professeur de métamorphose s'emparer du chapeau et partit s'installer parmi ses pairs.

~*o~0~o*~

« Bien. Merci aux Serpentards de bien accueillir mon petit-neveu et de l'aider à s'intégrer. J'espère que ton année se passera bien, Allen… Maintenant, je vais vous présenter le groupe enseignant », continuait Dumbledore avec un sourire énigmatique.

Allen tenta de retenir le plus de noms et de visages possibles mais il avait du mal à se défaire du magnifique plafond ensorcelé – il avait lu quelque chose dessus dans L'Histoire de Poudlard.

De son côté, Hermione avait commencé une conversation avec ses deux amis sur cette étrange affaire.

« Je ne sais pas pourquoi, commença la jeune fille, mais je sens que c'est louche cette histoire. Est-ce qu'Allen a joué la comédie avec nous?

_ J'en doute. Ou alors il prend tout le monde pour des cons. Même Malefoy.

_ On s'en fout, soupira Harry. Allen est sympa alors arrêtez de voir le mal partout.

_ Dit-il, soupira Fred à sa gauche.

_ Alors que c'est un super héros poursuivit par un méchant, termina Gorge.

_ Oh, taisez-vous, ordonna Ron. C'est pas le moment de parler de ça. Harry a déjà beaucoup de problème depuis son retour.

_ Et cette femme, critiqua Harry en regardant une adulte grassouillette, toute de rose vêtue, elle était à mon procès et elle a cherché à me faire tomber. Mais qu'est-ce qu'elle fait là ?

_ Ça ne me dit rien qui vaille, chuchota Hermione. Il va falloir s'en méfier. »

Au même moment où la jeune fille parla, Dumbledore vit son discours se faire couper par un petit toussotement venant du gros bonbon rose.

« Excusez-moi de vous interrompre, Dumbledore, mais je désirerais dire également quelques mots à l'encontre des enfants. »

Elle s'avança au-devant de l'estrade.

« Je suis si heureuse de me trouver en face d'aussi jolis visage si souriant levés vers moi… »

Ce fut à partir du moment précis qu'Allen décrocha totalement de son monologue.

Et il dura si longtemps…

Lorsqu'elle eut fini – ce que tout le monde avait souhaité désespérément – le directeur étouffa un bâillement et reprit la parole.

« Merci à vous, Mrs Ombrage. Pour finir, nous avons nommé un nouveau professeur contre les forces du mal pour cette année, mais il semble être un peu en retard. Cependant, si j'en juge par la présence de ce papillon, il doit être arrivé. »

En effet, sur le doigt du vieille homme se trouvait un magnifique papillon violet qu'Allen était sûr d'avoir déjà vu quelque part un grand frisson lui remonta le long du dos.

Il n'imaginait pas à quel point il avait raison de s'inquiéter.

« Veuillez accueillir votre nouveau professeur : Tyki Mikk ! »

Son cerveau cessa alors toute activité. Quoi de plus normal ? Un Noé – qui l'avait déjà tué par le passé – l'un de ses ennemis jurés qui devait se battre contre lui jusqu'à la mort, un sadique de première, tueur d'humains… allait devenir professeur de Défense contre les forces du Mal ? Mais c'était lui le Mal ! Et comment avait-il fait son compte ? Il avait réussi à convaincre Albus Dumbledore de l'embaucher ? Pourquoi ? Comment ? Et la question principale était : comment avait-il pu passer dans ce monde ? Il n'y avait pourtant qu'un seul portail ouvert aux dernières nouvelles. A moins qu'il ne fût passé avec les akuma par ce portail inconnu… Mais dans ce cas, comment aurait-il pu savoir qu'Allen se trouvait ici et quand avait-il pu parler au directeur ? Et s'il était passé avec les akuma, où étaient-ils ? Pourquoi Tyki avait perdu son temps à devenir enseignant ici ?

Cela n'avait ni queue ni tête.

Le cerveau d'Allen s'autorisa une petite connexion avec ses nerfs optiques pour visualiser la scène avec précision. Il avait raison car cela lui permit de constater que les yeux noisette du Noé l'observaient.

Sûrement un peu trop, d'ailleurs.

Allen était sûr d'avoir vu Ombrage rougir et soupirer d'un air rêveur.

Il ne manquait plus que ça pour compléter le tableau.

Le Noé vint s'asseoir à table, avec un sourire inquiétant qu'il s'obstinait garder au visage – et Dieu seul sait à quel point voir un Noé content est une définition parfaite du mauvais présage – et cela donna des frissons à beaucoup de personne. Comment interpréter ce sourire ?

Dumbledore termina son discours plein de bonté et de gentillesse à l'égard de ses élèves avant de lever le bras et de faire apparaître moult aliments sur les tables. Allen n'en croyait pas ses yeux.

Il regardait les autres se servir à manger et décida que ce n'était pas une illusion. Mais dans le doute, il gouta une carotte avec méfiance.

« Tu peux avoir confiance, tu sais ? lui dit la jeune fille qu'il reconnut comme étant celle qu'il avait suivi pour aller au quai 9 ¾. La nourriture ne va pas te sauter au cou, elle est totalement comestible. »

Allen regarda l'adolescente blonde lui sourire en lui tendant un plat de cuisses de poulet à l'allure délicieuse. Sa résistance disparut et il se servit copieusement de tout ce qu'il trouvait en remerciant la fille avec un sourire – oubliant complétement qu'il y avait un Noé dans la pièce.

« Quel appétit, s'étonna l'adolescente. On t'a privé de repas pendant des années ou quoi ?

_ Pas spécialement, répondit Allen avec embarras. C'est juste que… j'ai un gros appétit ! »

Il rougit en se grattant la tête, gêné de se conduire aussi grossièrement à côté d'une jeune fille.

Celle-ci rigola de sa réaction.

« Je m'appelle Tracey Davis. Enchantée, Allen Walker », le salua-t-elle avant de se retourner et de répondre à sa voisine qui lui montrait une photo de vacances.

Content de voir quelqu'un de bien éduqué, Allen passa le reste de son repas à manger avec un sourire de contentement – ignorant les nombreux regards qu'on lui envoyait.

Il fallut à Dumbledore toute sa concentration possible pour ne pas éclater de rire. Il avait déjà eu un aperçu de l'appétit de l'exorciste mais ça le faisait toujours autant rire. Surtout la réaction d'Ombrage qui fit une moue dédaigneuse avant de se forcer à regarder son assiette.

Fred et Gorge comptaient le nombre de fois où le nouveau se resservait, sous les remarques indignées d'Hermione qui les trouva impolis – mais elle aussi avait toutes les peines du monde à se concentrer sur autre chose que sur ce nouveau excentrique.

Le repas achevé, Allen et ses camarades se firent conduire dans la salle commune des Serpentards par leurs préfets.

Ils descendirent dans les sous-sols du château – qu'Allen trouvait très lugubres et pas spécialement attrayants – jusqu'à ce qu'ils atteignissent les cachots selon les dires d'une de ses camarades. A ce stade, ils furent forcés de s'arrêter et d'attendre que le mot de passe fût prononcé.

Tout ce qu'Allen vit, ce fut un mur à l'aspect humide, dépourvu de décorations qui s'ouvrit pour faire apparaître un couloir.

S'y engouffrant avec appréhension, l'infiltré arriva dans une grande pièce dont les murs étaient en pierre et dont les lampes rondes éclairaient l'intégralité de la pièce d'une lueur verte.

Allen aperçut une très jolie cheminée dotée de sculptures détaillées de formes diverses et ce fut à ce moment-là que tout le monde se mit à vaquer à ses occupations personnelles. Allen fut conduit de force sur un des canapés afin de subir un véritable interrogatoire de la part de ses camarades.

Confortablement installé et entouré, l'exorciste desservit ses superbes mensonges que tout le monde goba. De toute façon, ce n'était que de la curiosité mal placée.

Il s'était montré très discret sur l'origine de sa cicatrice mais tout le monde comprit que ça devait être un mauvais souvenir. Ils préférèrent donc se taire.

Allen leur raconta une petite histoire inventée sur sa famille et quelqu'un déduisit qu'il faisait partie de la classe des sang-purs.

Le voyageur avait lu quelque chose là-dessus. Il y avait beaucoup de distinctions sociales entre les enfants de moldus, les sang-mêlés et les sang-purs – cette dernière catégorie étant très estimée.

La discussion aurait pu s'éterniser si une présence désagréable ne s'était pas présentée devant lui.

« Bonsoir, Malefoy, salua Allen sans rien laisser paraître dans sa voix.

_ Alors, Walker ? Ça fait du bien la célébrité ?

_ Ils ne font que me questionner. Et qu'est-ce que ça pourrait te faire ? De toute façon, je ne vais pas te voler ta place de favori.

_ Je ne vois pas de quoi tu parles.

_ Bon, dans ce cas, que me veux-tu ?

_ Arrêtes de me parler avec autant de condescendance, Walker. Je déteste tes manières. »

Allen soupira le plus discrètement possible. Il n'avait vraiment pas envie de se prendre la tête avec un adolescent jaloux.

Sûr que discuter avec Drago ne lui apporterait rien de bon, Allen se leva et déclara qu'il allait se coucher parce que le voyage l'avait fatigué.

Mais c'était sous-estimer la rancœur du blond qui leva sa baguette dans la direction de son adversaire.

« Pas si vite, Walker ! Ne fuis pas la conversation !

_ Veux-tu bien lâcher ce truc, s'agaça Allen qui n'appréciait pas qu'on le traite de lâche.

_ Ne me donne pas d'ordres, toi. »

Tout le monde s'était reculé et peu à peu, ceux qui étaient sortis pour diverses raisons revinrent dans la pièce pour contempler Malefoy, baguette levée vers Allen qui ne semblait pas plus apeuré que ça.

Il n'en avait même rien à faire de voir quelqu'un lever une arme sous son nez puisqu'il tourna les talons et marcha vers les dortoirs.

Frustré d'être ainsi ignoré, Drago fit tournoyer sa baguette.

« Expulso ! »

Allen se retourna et bondit sur le côté pour éviter l'attaque. D'autres suivirent et Allen remercia son entraînement de l'avoir rendu si agile – parce que la pièce avait beau être grande, il y avait tout un dortoir qui l'observait en rond autour de la scène, réduisant ainsi l'espace.

Autant préciser tout de suite que manquer sa cible ne plut pas du tout à l'attaquant qui reformula de nouvelles paroles en brandissant sa baguette en l'air avant qu'une main ne la lui saisît, empêchant le sort de sortir de sa baguette.

Allen reconnut le garçon aux cheveux en pagaille qui avait été accoudé à la fenêtre du train et qui l'avait observé suspicieusement après « l'incident ».

« Qu'est-ce que tu fais, Nott ? s'énerva Malefoy.

_ Je te conseille d'arrêter tout de suite, Malefoy, répondit son interlocuteur. Ce n'est ni le bon moment, ni le bon endroit pour un duel. Si un professeur te prend en flagrant délit, ça va très mal se passer pour toi. Si tu veux te battre contre Walker, demande une autorisation de duel pendant le temps libre. »

Ses paroles eurent l'air de faire effet car l'adolescent dégagea sa main pour ranger sa baguette.

Il quitta la pièce, sans oublier de jeter un regard noir à Allen.

« D'ailleurs, continua le dénommé Nott. Il est l'heure d'aller se coucher et je vous rappelle que demain, on commence par Défense contre les forces du Mal. »

Cette information fit soupirer certains d'ennui mais d'un commun accord, ils allèrent tous au lit.

Ne restaient plus qu'Allen et le brun dans la pièce.

« Euh… Merci, déclara Allen après un petit silence. Tu m'as bien aidé.

_ De rien. Mais tu devrais aller te coucher aussi, Walker. Le couvre-feu est presque passé. Et Rogue est sévère. »

Sans plus de paroles, le garçon se retourna.

« Euh… Juste une question, se permit Allen. Quel est ton nom ?

_ Théodore. Théodore Nott, lui répondit-il avant de disparaître dans le dortoir. »


End of chapter! (nooooon... sans blague?)

Merci pour votre lecture. N'hésitez pas à me faire partager votre opinion (plus ou moins bonne)

Pour ceux qui me demandent des infos sur la période de publication... bah... euh... hum... v-vous avez entendu parler de... de... cette crise économique? C'est terrible! ... comment ça "hors-sujet"? Je ne vois pas de quoi vous parlez!

Sans rire, je ferais de mon mieux mais j'ai pas encore de chapitre d'avance. Si ça peut vous rassurer (?), on a commencé une frise, Enna et moi... (commencé?) alors tout va bien! (?)... Je crois... (bon sang! ça sent pas l'entourloupe, cette histoire...)

Bon... A plus! (merci, Ennaaaaaa!)