Tire-bouchon.

Samedi après-midi. Comme Daisuke a terminé de faire ses devoirs, il a été autorisé à sortir dehors. Néanmoins, avant de mettre un pied à l'extérieur de la demeure de sa famille, sa mère lui a demandé un petit service qu'il n'a pu refuser. Ce soir, une petite fête d'anniversaire aura lieu pour son grand-père et forcément, la femme avait besoin de certaines choses. Du coup, l'adolescent se retrouve en train d'évoluer au milieu de deux rayons se situant dans une petite épicerie de quartier. Alors que ses yeux se promènent sur les étalages, le garçon tente de se souvenir de la totalité de la liste confiée par sa mère.

Quelques secondes plus tard, le jeune voleur tient un tire-bouchon dans ses mains et cela tombe très bien car cet accessoire est recherché par celle qui l'a mis au monde. Regardant le prix, le garçon n'entend pas la personne qui s'approche de lui.

« Bonjour Daisuke. »

Au son de cette voix, le jeune homme tourne son joli visage sur sa droite et tombe nez à nez avec Hikari. De suite, cette simple sortie risque de devenir très désagréable car celui qui se tient face à lui sait se montrer particulièrement détestable à cause de sa curiosité. Toutefois, Hikari se contente de faire son travail même s'il est très insistant vis-à-vis de Daisuke.

« Je suis surpris de te trouver ici. » Débute-t-il.

De son côté, le petit voleur ne trouve rien à lui répondre et le contourne pour poursuivre ses achats. Ce comportement étonne son camarade de classe et bien sûr, ce dernier lui emboîte le pas.

« Tu ne veux pas me parler ? Demande-t-il.

- Désolé mais je suis très attendu chez moi et je ne tiens pas à prendre du retard à cause de toi.

- Qui te dit que je vais t'en faire prendre ? »

Rien qu'avec cette question, Daisuke vient de perdre deux secondes et le fait que sa mère fête son anniversaire ce soir est une excellente excuse. Alors qu'il continue de marcher le long du rayon dans l'espoir de faire de nouvelles trouvailles, l'adolescent ne tarde pas à montrer des signes d'énervement à cause de celui qui n'arrête pas de le suivre. Quelques secondes plus tard, n'en pouvant plus, le garçon s'arrête et se retourne.

« Tu vas aussi m'accompagner jusqu'à chez moi ? L'interroge-t-il.

- Pour assurer ta sécurité, pourquoi pas ? »

Daisuke ne peut s'empêcher de sourire tout en secouant la tête. Au lieu de l'escorter contre son gré, qu'il aille embêter quelqu'un d'autre. Encore heureux que l'adolescent soit quelqu'un qui a le don d'affronter chaque journée avec une excellente humeur. Hikari serait tombé sur un garçon ou une fille qui fait la tête dès la levée du lit, peut-être que les choses se seraient passées différemment. Soudain, Daisuke se dit qu'il pourrait passer par son ami Takeshi pour que ce dernier puisse soumettre quelques questions à son père. Après tout, ce dernier est dans la police et être suivi avec autant d'insistance pourrait relever d'une infraction.

Alors que le maître de With trouve des sachets de vermicelles colorés et sucrés, ce dernier se laisse séduire par le produit et n'hésite pas à en prendre deux. Ensuite, il poursuit son chemin lorsque ses yeux se posent sur son grand-père. Ce dernier s'approche de lui et remarque la présence d'Hikari. De suite, le curieux se montre poli.

« Bonjour monsieur. »

Recevant cette politesse, le vieil homme n'hésite pas à faire peur de froideur et de distance en se gardant de le saluer. Devant un tel comportement, l'adolescent aux cheveux clairs aurait des raisons de dire quelques mots mais il se retient. Par contre, le vieillard se fait curieux à son tour.

« Je peux savoir ce que tu fais à suivre mon petit-fils ?

- Désolé monsieur mais vous vous méprenez.

- Vous vous foutez de moi jeune homme ? Cela fait un petit moment que je vous observe et j'envie sincèrement la patience de mon petit-fils. J'aurais été à sa place, il y aurait longtemps que vous vous serez pris mon poing dans la figure.

- Et j'aurais pu vous envoyer une convocation au poste de police de la ville.

- Normal quand on se croit au-dessus des lois. Par contre, je ne suis guère étonné d'entendre ce type de propos sortir de votre bouche et j'espère qu'un jour, quelqu'un aura le courage de vous donner la leçon que vous méritez. »

Ne souhaitant rester plus longtemps dans le magasin, le grand-père presse son rejeton et les deux membres marchent désormais en direction de la caisse. Bien sûr, Hikari continue de se montrer aussi insistant et lorsque le vieil homme arrive devant la caissière, une femme d'une quarantaine d'années aux longs cheveux noirs mais aux traits tirés, celui-ci décide de se montrer désagréable. De suite, ses yeux vont de la caméra installée au-dessus du meuble de fonction au visage de l'employée.

« Bonjour madame, puis-je me permettre de vous poser une question ?

- Mais je vous en prie.

- Voilà. Si je décidais de porter plainte contre l'adolescent qui se tient dans notre dos, mon petit-fils et moi, pourrait-on compter sur l'enregistrement de votre caméra pour appuyer notre démarche ?

- Bien sûr et si vous voulez, je peux joindre la police ? »

Ayant entendu la conversation, Hikari décide de mettre un terme à sa filature et quelques secondes plus tard, le voilà qui sort de la boutique. Désormais, Daisuke peut se détendre un peu et son grand-père se permet de lui faire un clin d'oeil.

« Demain, je contacterais le père de ton ami pour connaître les démarches à suivre. Ce garçon me tape légèrement sur le système et je pense qu'il va être temps qu'on s'occupe un peu de lui. Avec de la chance, il arrêtera de t'ennuyer.

- Je doute que cela soit suffisant.

- Dans ce cas, nous trouverons une autre solution. D'ici là, dépêchons-nous car ta mère nous attend. »