Hey ! Nouveau chapitre ! Concernant cette fiction, elle ne devrait être finie d'ici 2-3 chapitres comme je l'avais prévu ! Si vous avez des questions ou des remarques, dites les !
Merci à ma Waifu d'avoir tenté une correction.
Bonne lecture !
La pièce était plongée dans la pénombre. Seul un fin filet de lumière lunaire illuminait les deux formes enlacées sur le lit. Le souffle léger et régulier, l'une des deux formes se leva sans bruit, la lune inondant de lumière ces épis blonds. Enfilant sa veste orange dans le silence, Kenny jeta un rapide coup d'œil à Craig. Il était profondément endormi, un bras replié devant ces yeux clos. Attrapant le calepin traînant sur le bureau du brun, il nota une rapide phrase avant de fuir comme un voleur.
Roulant dans le lit en quête de chaleur, le porteur du bonnet ouvrit les paupières en grognant. Vide, le lit était vide. Se redressant en passant une main dans sa chevelure encre, il fronça les sourcils en regardant autour de lui. Se levant en jurant, il attrapa le carnet ouvert près de son ordinateur et parcourut rapidement les mots inscrits.
Maçonnerie. Vendredi. 14 h. Il faut qu'on parle.
- C-C-Craig ? Tu-Tu-Tu vas man-man-manger ta crème ?
Posant son regard blasé sur son ami, le brun lui tendit son plateau encore plein. Il n'arrivait à rien avaler depuis qu'il avait eu le mot. Qu'est-ce qu'il lui voulait ? Qu'est-ce qu'il voulait donc lui dire ? Et pourquoi dans un tel endroit ? Encore un plan à la McCormick. Un plan à la con.
Partant fumer, il salua d'un simple mouvement de tête le fils Marsh. Il était seul et sans sa petite bande ? Tant mieux. Il n'y aurait pas conflits comme ça. Pas que sa bande et la sienne ne pouvaient pas se supporter, loin de là. Il arrivait souvent qu'ils soient ensemble, mais c'était ainsi. Ils étaient deux groupes à part, et une simple étincelle pouvait provoquer une explosion. Savourant la nicotine, il observa la fumée monter vers le ciel couvert. Gris sur gris. Drôle de vendredi. L'air lui-même était lourd. Il existait une tension palpable autour de lui sans qu'il parvienne à mettre le doigt dessus.
Sentant son portable vibrer, Craig déverrouilla son écran. L'alarme. C'était cette putain d'alarme. Il lui restait plus que trente minutes pour rejoindre le blond. Après avoir écrasé son mégot sous son talon, il quitta la cour du lycée sans regarder derrière lui. Il allait avoir les réponses qu'il cherchait. Et avec un peu de chance, une bonne baise qui allait en suivre.
La maçonnerie avait été abandonné depuis plusieurs années. Les machines étaient restées sur place, tout comme les uniformes des employés. De mémoire, le père de Kenny avait dû y bosser quelque temps avant de se faire virer. Encore une fois, pensa-t-il amèrement en ressentant sous ses doigts la peau si fine du blond.
Blond qui l'attendait dans l'étage abandonné, le dos en appui contre un mur, une cigarette à la bouche. Il avait tout l'air d'un ange déchu avec ces cheveux dorés, et son visage aux traits délicats. Un démon aux airs d'ange. Relevant la tête en le voyant enfin, l'ange lança sa cigarette au loin sans prendre le temps de l'éteindre, avant de se tourner entièrement vers son amant.
- Yo Tucker.
- Bon crache le morceau McCormick. Qu'est-ce tu veux me dire de si important ?
Le regardant mettre ses mains dans ses poches, Craig s'avança vers l'autre garçon. Il avait une expression qui ne le rassurait pas. Ce genre d'expression qui font dire des injures et des supplications.
- Je- Commença t-il faiblement en se frottant la nuque. Je veux qu'on arrête ça. Lâcha t-il froidement avant de faire face au visage figé de Craig. Je veux plus de baise.
- …. Tu t'fous moi là ? Murmura le brun avant de rire avec amertume.
Oui il riait. Kenny était le seul qui arrivait à le faire rire. De joie comme de sarcasme. C'était quoi cette putain de connerie qu'il venait de lui dire là ? Plus de baise ? Kenny McCormick, ne voulait plus de baise ? Autant dire que Cartman allait se mettre au régime !
- Je suis sérieux. Répliqua le blond en affrontant son regard glacial. Je veux plus de baise.
- Te fous pas d'ma gueule McCormick !
L'attrapant par le col, il le rapprocha de lui avant de se figer en voyant l'éclat dans les yeux bleus. Il l'avait déjà vu cette lueur. Elle était apparue depuis peu. Il n'y avait pas fait attention au début, mais là il ne pouvait pas la manquer. Craig avait pensé qu'elle n'était là que lorsqu'il couchait ensemble. Pourtant … Il l'a voyait. Elle était présente. C'était quoi cette merde ? Il voyait pourtant très bien la douleur et la tristesse, il arrivait à les identifier, mais cet éclat... Cet éclat, il n'arrivait pas à poser un nom dessus.
- Kenny? T'es là ? Cria la voix de Stan dans son dos.
Lâchant aussitôt le blond, le brun se tourna vers Marsh qui montait les marches craquantes. Qu'est-ce qu'il foutait là lui ? Foudroyant du regard le blond qui le dépassait, Tucker ouvrit la bouche avant de renifler l'air. De la fumée. Ça sentait la fumée.
- Stan qu'est-ce que tu fous là ? Questionna Kenny dans son dos. J't'ai dis que ça allait.
- Mais Ke-
- Vos gueules ! Cria Craig en entendant des crépitements.
Le bois était sec ici. Et donc facilement inflammable. Commençant à paniquer, il fit signer aux deux autres de le suivre sans rien dire. Courant dans l'escalier craquant, il poussa un juron en sentant la chaleur montait peu à peu.
- Par là ! Cria Stan en indiquant une fenêtre.
Suivant l'ami du blond sans trop y croire, Craig jeta un coup d'œil à ce dernier. Ils n'avaient pas fini leurs discussions. Et ils allaient la finir maintenant. L'attrapant par la manche, il l'obligea à se tourner vers lui, liant ses yeux aux siens.
- On terminera la discussion après McCormick.
- Y'a plus rien à dire.
Il aurait peut-être dû insister après réflexion. Il aurait le traîner dehors. Il aurait dû le faire. Ils auraient dû suivre Stan dans la seconde où il avait sauté dans le vide avant d'atterrir dans la neige. D'ailleurs, il s'était prit un coup dans la tête après qu'une partie de la battisse se soit effondrée. Ils auraient du sauter avec lui. Oui, ils auraient dû.
Et tout s'accéléra rapidement, sans que Craig ne comprenne. La poutre au-dessus d'eux commença à vaciller dangereusement. Et il attrapa rapidement Kenny par les épaules en l'entraînant dans sa chute. Il senti juste une grande vague de douleur dans son dos en atterrissant dans la neige, le corps du blond sur lui. Et il pesait une tonne. Ça devait venir de là, être aussi lourd qu'un corps mort. Mais à cet instant, il se contentait de secouer le blond pour qu'il bouge.
- McCormick bouge putain, faut qu'on se casse.
Pas de réponse et sur sa main, une substance poisseuse. Une substance qui commençait à colorer la neige d'une couleur carmin. Et le feu. Le feu qui continuait à se propager. Et Stan, Stan qui se redressait, la main sur sa tête.
- McCormick... Bouge. Bouge putain !
Se retirant du corps en le poussant, Craig senti la bile venir dans sa bouche en voyant le sang qui s'écoulait du blond. Comment ? Comment est-ce qu'il … Un massage. Il devait masser. Si le cœur battait encore, alors le cerveau était encore oxygéné. Et il pouvait les éteindre au loin, les pompiers arriver. Ils allaient éteindre le feu, tout irait bien. Il devait juste tenir en vie cet idiot de blond. Il avait une discussion à finir putain. Appuyant ses mains contre l'anorak orange, il cherche une réaction sur le visage du blond, l'appelant sans cesse. Il avait pas le droit putain. Ils devaient terminer leurs discussions. Il avait pas le droit.
Et tout ce sang, tout ce rouge qui l'entourait. La neige rouge, plus blanche. Rouge. Rouge. Carmin. Cerise. Écarlate. Vermeil. Grenat. Rubis. Feu. Plus blanche immaculée. Rouge comme … Comme … Comme ces lèvres qu'il embrassait en ce moment même avant qu'elles ne soient bleues. Il devait continuer le massage. L'air devait continuer à circuler tout comme son cœur devait continuer à battre.
- Bordel Kenneth McCormick, bats toi putain de connard !
Et son dos qui lui faisait mal. Il avait dû se péter un truc dans la chute, mais là, il s'en foutait bien. Faire circuler l'air. Faire battre le cœur. Finir la discussion. Son regard. Sa lueur dans ces yeux. Il devait se réveiller maintenant, et le regarder en se moquant.
Les pompiers étaient là, ils les entendaient. Ils entendaient les lances à eau agir, éteignant les flammes qui avait été créer par une vulgaire clope. Ils allaient pouvoir l'aider. Mais il devait continuer à agir, à faire battre le cœur.
- Hey !
Sentant deux bras sur ses épaules voulant l'éloigner de Kenny, il les repoussa en hurlant. Il pouvait pas arrêter. Il avait presque réussi non ?
- Bordel McCormick !
- Gamin arrête !
- Il faut juste que son cœur continue de battre !
Et puis les ténèbres s'emparèrent du brun, se glissant dans son esprit comme Kenny le faisait dans son lit.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, il était allongé sur un lit d'hôpital. Des tuyaux reliaient son bras à des poches. Cherchant à se redresser, il grimaça de douleur, avant de se souvenir. Merde, Kenny. La porte s'ouvrit à la voler et une tornade rousse se jeta sur le lit.
- Craig ! Sanglota doucement Ruby en s'accrochant à son frère avant de reculer, la morve coulant de son nez. On a … On a-
- Où est McCormick ? Trancha t-il rapidement en tentant de se lever. J'ai un truc à lui dire à cet enfoiré de merde.
- Craig … Tu devrais te reposer. Murmura t-elle en l'obligeant à se coucher, les yeux rouges.
- Dis moi où est cet enculé ?
La voyant se mordre les lèvres, le brun fronça les sourcils. Il avait réussi non ? Le cœur du blond, il l'avait fait battre. Il avait pas arrêté. Et les pompiers aussi après qu'il se soit évanoui. Alors où était le problème ?
- Craig …
- Il est où putain ?
- … Kenny est mort.
Une grande sensation de froid prit possession de Craig à cet instant. Il était tétanisé, la bouche entre ouverte. Lui avait toujours eu un air blasé, offrait à sa cadette, un visage perdu. Non. Il … Non. Il devait … Elle se moquait de lui ? C'était une blague ? Une blague de mauvais goût, mais une blague quand même.
- Te fous pas de-
- Craig. Je suis sérieuse …
Respirant difficilement, le brun prit sa tête entre ses mains, cherchant à se calmer. Sa respiration se faisait rare, trop rare. L'air avait semblé le fuir. Mais ce n'était pas ça qu'il l'importait. Kenny … Kenny était … Non. Non. Non. Il ne pouvait pas. Non. Il … Il …
il sentit vaguement une piqûre dans son bras avant de tomber dans les limbes. Il n'aurait pas la fin de sa discussion. Cette foutue lueur dans les yeux du blond. Cette putain de lumière. Il ne saurait pas ce qu'elle signifiait à voix haute, même si au plus profond, il le savait déjà.
Ouvrant brutalement les yeux en se redressant dans son lit, Craig passa une main sur son visage en sueur. Il tremblait de froid. Un rêve ? Un cauchemar ? Non. Un souvenir. C'était juste un putain de souvenir. Tâtant sur sa table de chevet en quête de son verre et de ses médicaments, il tourna rapidement la tête vers la forme en face de lui.
- Un mauvais rêve ? Questionna doucement Kenny en le regardant, la tête sur le côté.
Serrant les dents, il attrapa la boite de comprimés avant d'avaler les deux restants. Ignorant le regard noir que lui lançait le fantôme, il renversa par inadvertance son verre sur le sol qui se brisa.
- Et merde.
- Craig. Commença Kenny.
- Ta gueule ! Ferme ta gueule !
Il craquait, il perdait sa froideur. Et pour peu, il se coupa le pouce, une ligne de sang glissant le long de sa main. Le même rouge qu'il avait vu dans la neige. La même couleur.
- Pourquoi … pourquoi t'es là ? Chuchota t-il.
- Craig … Ouvre les yeux.
- Qu'est-ce que tu fous ici ? T'es mort sale enfoiré alors dégage !
- Je suis là uniquement parce que tu le veux.
Serrant violemment sa tête entre ses mains, le brun se crispa de tout son être. Qu'il parte. Qu'il dégage. Qu'il disparaisse.
- Va-t'en. Va-t'en. VA-T'EN !
- Craig, s'il te plaît, ouvre les yeux et réveille toi.
- DISPARAIS ENFOIRE DE FANTÔME !
Le silence lui répondit. Entrouvrant une paupière, il regarda autour de lui. Personne. Il n'y avait plus personne. Il était seul. Tout seul. Laissant ses larmes couler le long de ses joues, il se coucha en boule sous sa couette. Il avait assez. Assez de tout ça. Le mieux … Le mieux … Le mieux serait de … Laissant les médicaments agirent, il crut entendre un faible bruit. Comme un bip sonore et des voix au loin.
