Regina se réveilla péniblement alors qu'elle tenta de se retourner, elle tomba directement et bruyamment sur le sol. Elle se mit à grimacer à sa chute forcée. Visiblement, elle n'était pas dans son lit, il n'était pas aussi étroit. Elle se rappela ensuite qu'elle avait passé la nuit dans le salon. Elle s'était assoupie lorsqu'elle regardait la télévision, un programme plus que barbant, elle avait laissé par la même occasion sa chambre pour son fils, afin qu'il se repose mieux sans la compagnie d'une tierce personne à ses côtés.

La brunette qui se releva difficilement, brossa sa chevelure. Heureusement qu'il n'y avait aucun témoin de sa déchéance, la grande reine n'était pas du matin. Elle remarqua qu'elle avait à ses pieds une couverture, elle ne se remémora pas de l'avoir ramené à l'étage, elle ne se rappela de rien, sinon elle devait plus profondément réfléchir. Mais qu'importe, elle n'avait pas si mal dormi, bien qu'elle eût un peu mal au cou, ainsi que dans le bas du dos. Son canapé était assez confortable, mais y dormir c'était autre chose, ça pouvait être pire, comme le sol par exemple. Ce qui l'ennuya surtout, c'était qu'elle porta ses vêtements de la veille. Ils étaient tous froissés, et c'était une sensation désagréable.

Mais avant tout, elle devait se préparer pour la suite de la journée, et surtout prendre une bonne douche bien revigorante. Et voilà que sa vie reprenait du vivant. Elle espérait que maintenant tout se calme, bien qu'au fond d'elle, elle savait que la réponse était négative. Oui à StoryBrooke, il y avait toujours des problèmes, de nouveaux ennemis, la magie qui faisait des siennes. Elle ne voulait pas y penser pour le moment. Ça lui donnait déjà des migraines rien que d'y penser. Et puis les charmants étaient particulièrement ennuyants à couver autant Emma. Elle n'était pas une enfant, certes, elle avait un grand potentiel en magie, et elle pouvait basculer à n'importe quel moment du côté obscur. Mais elle n'était pas non plus fragile, c'était une femme forte et courageuse. Et c'était pour cette raison qu'elle ne s'immisça pas à cette conversation, il fallait sauver Emma du mal. Si elle était différente, en quoi c'était un problème ? Elle ne remarqua aucun changement de caractère, toujours aussi obstinée et sans langue de bois. Si elle avait été changée pour une fille plus polie, gentille, et introvertie, alors l'ancienne mairesse ce serait fait du souci.

Enfin, c'était un bien grand mot que de se faire du souci. Voilà qu'elle continua de cogiter pour cette irritante blonde, qu'elle soit là ou non, elle ne cessait de lui causer des problèmes. Qu'elle regrettait son existence calme et paisible lorsqu'il n'y avait seulement Henry dans sa vie, et rien d'autre.


Lorsqu'elle se dirigea vers les escaliers, la brunette remarqua une intruse s'introduire à son domicile, qu'elle entra doucement par la porte d'entrée, pour prendre les escaliers comme elle, et celle-ci ne semblait pas avoir remarqué la présence de la propriétaire des lieux, trop occupée à fuir. Ça allait être amusant et distrayant, se dit la brune.

« Bonjour Miss Swan. Est-ce que tout va bien ? Je ne vous dérange pas au moins ? Tiens, vous êtes vêtue de tout de noir, je dois dire que cette couleur me va mieux, mais ça peut aller pour vous. Aussi les chaussures dégoûtantes de boue, c'est à proscrire ici, même Henry lorsqu'il était enfant ne salissait pas autant la maison. Il faudra les enlever lorsque vous montrez à l'étage. Sinon vous nettoyez la maison. Car je ne le ferai certainement pas. Je ne suis pas votre bonniche. » La concernée aux réprimandes virulentes, sursauta, et elle se retourna d'un coup vers Regina, qui croisa des bras de manière imposante. Prise au fait, la blonde devait trouver une excuse à son escapade nocturne. Et rien ne lui vient à l'esprit à part détourner le sujet de conversation autre que sur sa personne.

« Regina ? Que…que fais-tu ici ? »

« Je pourrais te retourner la question. Oh ! Mais j'oubliais, à ce que je sache, ici, c'est chez moi. Et toi, que fais-tu à rentrer ainsi ? Tu n'étais pas fatiguée ? Il est quand même tôt pour faire un footing matinal. Tu n'as pas la tête à en faire. »

« Tu n'es pas ma mère, je n'ai aucun compte à te rendre. Aussi à ce que je sache, je ne suis pas en prison, je n'ai pas à prévenir mes allées et venues, tu veux peut-être que je te dise que je vais aux toilettes et ce que je fais ? » Pesta Emma en fusillant du regard son interlocutrice qui se mit à rire sèchement. Elle aurait mieux fait d'aller prendre une douche au lieu de perdre son temps avec sa camarade. Cependant, elle continua à provoquer son interlocutrice, elle haïssait qu'on lui parle de la sorte. Et elle n'était pas du genre à se laisser faire, ou à ne rien dire. C'était bien le contraire, quand on la cherchait, on la trouvait. C'était pour cette raison que sa relation avec Emma était si instable et électrique.

« Et dire que certains s'inquiétaient pour vous. Je ne vois pas pourquoi. Je me rends compte que je n'aurai pas dû vous sauver et vous laisser croupir je ne sais où. Mais ce que je remarque, c'est que vous restez à jamais la même insupportable, irritante, sans éducation peste que j'ai toujours connue. Premièrement, ce n'est pas moi qui rentre chez le domicile des autres comme une voleuse, et qui attaque comme si elle avait fait quelque chose de mal. Deuxièmement, vous avez toujours cette grande classe Swan, aussi je ne ressemble en rien à votre mère, et je ne voudrais pas avoir une fille comme vous, je deviendrais complètement folle, oh c'est vrai, elle ne vous a pas élevée, elle vous a abandonnée, alors je comprends ce manque d'éducation. Et puis vous faites ce que vous voulez de votre vie, comme si cela m'intéressait, braquez une banque, partez en Sibérie avec votre pirate ou je ne sais où, c'est le cadet de mes soucis. Mais si vous faites cela, alors je vous interdis de blesser mon fils avec vos humeurs changeantes, pire qu'une femme enceinte. Est-ce que vous l'êtes ? Ou c'est vos menstruations ? » La blonde attrapa brutalement l'épaule de son interlocutrice, elle avait une folle envie de lui tuer, de lui déchirer son cœur noir à l'intérieur de ses entrailles. Elle s'était même imaginée en train de le faire maintenant, de voir la vie s'échapper du regard de cette imprudente, elle voulait lui prouver qu'elle n'était pas l'ancienne Emma, qu'elle était encore plus effrayante qu'on ne pouvait le croire, qu'aucun des méchants qu'ils avaient connus par le passé ne pouvait surpasser son pouvoir. Et surtout, elle souhaita briser ce cœur insignifiant en poussière, cela la rendrait moins faible. Emma dont les ténèbres bataillaient dans tout son corps, fit tout son possible pour ne pas faire d'erreur fatal. Regina vit ce regard se consumer entièrement par la colère, ce n'était pas comme leur précédente altercation brutale…leur prise de bec qui menait toujours à une bagarre. Non, il y avait autre chose en elle…Mills comprit enfin la peur des proches d'Emma. Elle devait confirmer leur doute, et qu'importent les conséquences, elle était malgré tout responsable de son état. Ah la culpabilité, quel fléau !

« Si on doit dire nos quatre vérités, alors tu ne devrais pas être la seule à pouvoir les dires, je vais être sincère. Si je suis orpheline et sans éducation c'est à cause d'une méchante reine aigrie qui jalousait continuellement ma mère, parce qu'elle avait elle-même une vie misérable. Et qui parce qu'elle était seule, elle a jeté un sort pour créer ce monde minable dans lequel nous vivons actuellement. Et puis oui, je reste toujours irritante, mais c'est la même chose pour toi, non, tu essayes de jouer les gentils, mais personne ne te fait confiance, même aujourd'hui, les gens se méfient de toi, surtout Henry. Et il est mon fils ! Pas seulement le tien ! C'est lui qui est venue me chercher à New York pour échapper à une mère dont il abominait de vivre dans la même pièce. J'étais sa sauveuse, et tu étais toujours la méchante, et tu le seras toujours, ton happy-ending ? Tu ne l'auras jamais, tu seras toujours seule, un par un, les gens vont te fuir, tu resteras toujours seule et malheureuse et la magie ne te sauvera pas. » Swan inspecta une quelconque réaction de la part de son adversaire, celle-ci bouillonnait de rage à l'intérieur, nonobstant, elle sut parfaitement le dissimuler.

« Eh bien. On dirait que la vérité blesse Swan. Tu cherches à me déstabiliser, mais ton opinion de moi me passe au-dessus de la tête, que dois-je répondre à cet élan de mots incendiaires ? Tes remarques me donnent seulement envie de rire. Et dire qu'on te considères comme une gentille, avec une grande compassion pour son prochain, qui incarne la justice, qui ne fait qu'aider les plus faibles ? Que nenni, en réalité, tu as une toute autre image à l'intérieur de toi. Quelque chose de plus sinistre. Et je le vois dans tes yeux cette noirceur qui ne semble que croître depuis que nous parlons, tu es comme moi par le passé, si influençable, est-ce la dague qui te rend si pathétique ? Ce sera cette excuse que tu vas invoquer pour tes actions ? Ou est-ce seulement par ta propre faiblesse que tu es ainsi ? J'opterai facilement pour ma deuxième déduction. » La blonde toisa son interlocutrice, qui ne semblait pas du tout flancher à son hostilité évidente et destructrice.

« Tu devrais arrêter avant que tu ne le regrettes réellement. » Menaça la ténébreuse avec un sourire peu rassurant. La brune attrapa la main de la blonde sur son épaule, et la repoussa violemment sur le côté. Elle avait senti comme une sorte de brûlure sur sa peau, elle n'y était pas allée de main morte sur son épaule. Elle en aurait certainement un hématome bien perceptible dans quelques heures.

« Serait-ce une menace ? Mais il faudrait que j'aie peur de toi Emma pour que cela fonctionn- » Mais n'ayant le temps d'en dire plus, Regina se fit déposséder de ses lèvres par celle de sa plus grande ennemie et rivale, qui se mit à l'embrasser avec la plus grande fougue.

Choquée, Mills ne comprit pas sur le moment qu'elle se faisait embrasser, mais les mordillements instants de la blonde sur ses lèvres ne faisaient doute à son esprit que cette femme avait complètement perdu la tête. Elle chercha par la suite à repousser son assaillante de sa charge, mais sa force physique ne semblait pas être assez puissante, elle fut brutalement bloquée contre le mur, ses poignet entravées dans des mains de fers. Mills pensa même à utiliser la magie pour se dépêtrer de la situation abominable dans laquelle elle était enfermée. Emma mordit violemment dans son cou, Regina se mit à glapir de douleur, elle était certaine qu'elle saignait. Et tant pis, si elle devait assommer son agresseur contre le mur, ou lui briser les deux bras. Mais une toute autre intervention fit que Swan s'arrêta.

« Maman ? » Emma relâcha Regina, et elle vit qu'Henry avait assisté à tout le spectacle.