Chapitre III
J'entrai dans le train qui m'amènerait à Poudlard pour ma seconde année. Je m'installai dans le dernier wagon et attendit patiemment que Scorpius, mon meilleur ami, daigne enfin me faire l'honneur de sa présence. Alors que je commençai à me tordre les doigts d'impatience, quelqu'un se jeta sur moi et me serra dans ses bras. Ce quelqu'un n'était autre que Scorpius dont les mèches blondes me chatouillaient la joue.
-Al ! Que je suis heureux de te revoir ! Tu m'as tellement manqué !
Je le repoussai gentiment avant de mourir étouffé.
-Toi aussi tu m'as manqué, Scorp.
-Alors pourquoi tu n'as pas répondu à mes lettres ?! S'énerva-t-il d'un seul coup.
-Parce que toute la famille, et je dis bien toute, est partie en vacance et que j'avais en permanence quelqu'un avec moi.
-Ah oui ! L'autre folle...
-Rosie.
-Oui, donc, l'autre folle a vaguement évoqué le sujet un peu avant la sortie des classes... Maintenant que j'y pense, si tu n'étais pas chez toi, comment as-tu pu recevoir mes lettres ?
-Un système de transfert de courrier que mes parents ont installé. Assez pratique. Cependant, tout le monde, sauf Rosie, bien sûr, était assez étonné de me voir recevoir une lettre presque tous les jours. Tu n'as pas mal au poignet ?
-Non, ça va. J'aurais aimé être là pour voir leur tête. Ils savent que c'est moi l'auteur ?
-Évidemment que non. Tiens, le train a démarré.
-Comment tu as fait pour cacher que c'était moi ?
-Rosie est une très bonne comédienne.
-Je ne veux même pas savoir ce qu'elle a dit.
-J'aurais aimé ne pas le savoir non plus.
Scorpius n'insista pas mais recula pour me détailler de la tête aux pieds.
-Eh... Mais c'est que tu commence à bien t'habiller !
-Merci, Scorp, ça me va droit au cœur.
-De rien. Dis donc...
-Oui ?
-Tu commence aussi à un peu t'affirmer. Je suis très fier de toi !
-Pas du tout. C'est juste parce que je suis avec toi.
-Quel rapport ?
-Avec toi c'est différent... c'est plus... simple, plus naturel.
Je rougis brutalement au moment où mes propres mots me parvinrent.
-Je... heu... parce que... un an... d'amitié... tout le temps ensemble... tu comprends... c'est...
Il éclata de rire et s'assit enfin correctement.
-Pas la peine de rougir, ça me fait plaisir que tu me dises ça !
-Oui... mais... heu...
-Au fait, cette année, tu viendras à l'anniversaire de Tom ? Tu t'es déjà décommandé l'année dernière...
-C'est-à-dire que je continue à penser que c'est une mauvaise idée...
-Oh, allez ! Je lui ai tant parlé de toi qu'il rêve de faire ta connaissance ! Tu pourrais lui faire ce plaisir, non !
-Je... je verrai... on verra... le temps... les cours... mes parents...
-Al...
-Oui ?
-Tu ne sauras jamais me mentir.
[... ... ...]
Scorpius soupira une énième fois.
-Tu n'es pas possible... Ça fait an que je dois mettre ta cravate à ta place. Ce n'est pourtant pas si compliqué...
-Tu sais que la seule chose que je fais correctement de mes dix doigts, c'est écrire. Pour le reste...
-Pour le reste tu es malhabile, maladroit et surtout mal barré ! Je ne serai pas toujours là.
-Moi j'y comptais bien, que tu sois toujours là. Sans toi je me ferais exploiter par les autres Serpentard et Gryffondor ne voulant pas faire leurs devoirs.
-En parlant de ça, tu comptes apprendre à te défendre, un jour, ou bien... ?
-Et si on allait manger ? Éludai-je.
-Je pars devant. Tu attends dix minutes avant de sortir !
-C'est toujours moi qui attends !
-C'est moi le Serpentard !
[... ... ...]
Je n'aimais pas crier. Pourtant je le fis, à pleins poumons, quand je vis le Cognard foncer droit sur Scorpius alors qu'il volait après le Vif d'Or. Certains Poufsouffle autour de moi me lancèrent des regards mi-interrogateurs, mi-choqués. Je m'en fichais. J'avais manqué de peu la crise cardiaque, tout ça parce que mon Serpentardesque meilleur ami avait tenu à entrer dans l'équipe de Quiddicht des Serpentard, qu'il avait été pris au poste d'attrapeur, et que les batteurs de ma maison prenaient un malin plaisir à le viser lui. Je calmai ma respiration lorsque Scorpius attrapa enfin cette maudite balle d'or et se posa, victorieux.
Je regagnai ma salle commune, le sourire aux lèvres. Mais je perdis ce sourire quand deux Poufsouffle de septième année me bloquèrent le chemin dans un couloir, les sourcils froncés, faisant craquer leurs phalanges.
-Alors comme ça on encourage les Serpentard..., commença le premier.
-Ce n'est pas très sympa..., continua le deuxième.
-Je... je...
-FOUTEZ-LUI LA PAIX BANDE D'ATTARDÉS, OU JE VOUS ÉMASCULE EN PLACE DE GRÈVE ! Hurla une voix impérieuse derrière moi.
Les deux Poufsouffle prirent leurs jambes à leur cou et disparurent. Je me retournai lentement, m'attendant à je ne savais quel ennemi plus redoutable encore qu'un griffon en colère et tombai sur une fille aux longs cheveux noirs ondulés, attachés en un chignon négligé, avec de grands yeux bleus et une peau à la blancheur éclatante. Elle portait, entre autres, un décolleté ne laissant que peu de place à l'imagination et était montée sur des talons d'au moins quinze bons centimètres. Elle me rejoignit en replaçant une mèche dans son chignon.
-Albus Severus Potter... J'ose espérer que tu es plus intelligent than your brother. You're a Poufsouffle, tu devrais l'être, mais bon... sait-on jamais. I'm Pandora Nott. Quatrième année, à Serpentard. Dauther of Théodore and Luna Nott. Lovegood de son nom de jeune fille. Essaye de paraître un peu plus farouche. Un enfant de neuf ans me ferait plus trembler que toi. Bye, bye, dear friend of Scorpius.
Je la regardai partir, sidéré. Non seulement elle savait pour mon amitié avec Scorpius, mais en plus elle m'avait défendu. Elle était toute simplement... bizarre. Quoique... sachant qui était sa mère, c'était en fait plutôt... normal. J'entendis alors un ricanement qui me fit sortir de ma stupeur. Je pus donc voir qu'un autre Serpentard était apparu dans le couloir. Il avait la peau basanée, des cheveux noirs frisés lui arrivant à mi-cou, des yeux onyx et un immense sourire. Lui aussi vint s'ancrer en face de moi, bien que regardant dans la direction qu'avait prise Pandora.
-Elle choque un peu, au premier abord, n'est-ce pas, Albus Severus Potter ?
-Eh bien... je... c'est...
-Ah ! Moi c'est Alexandre Zabini ! Je suis le fils du prof de potions. Plutôt cool, non ?
-Bah... heu... je...
-Ouaaah... Alors t'es vraiment aussi coincé que ce qu'a dit Rosie... C'est presque flippant, mec...
-Rosie... mais... tu... elle...
-Je l'ai entendue discuter avec Pandora. Elles parlaient de Scorpius et toi. J'ai pas tout saisi ; je suis arrivé à la fin de la conversation, quand justement Rosie expliquait que tu avais beaucoup de mal à parler aux gens. Je voulais voir. En tout cas, ce qui est bizarre, c'est que Pandora t'ait pris sous son aile comme ça. Bah, je découvrirai bien pourquoi. Elle est canon, hein ?
-Quoi... mais... tu...
-Oh la la, t'es une catastrophe ! Je sais pas comment fait Scorpius pour te supporter ! Il doit plus faire des monologues qu'autre chose ! Enfin... moi, j'ai une bombe à séduire ! Ciao !
[... ... ...]
Note de l'auteur : Ah... Alexandre... Qu'est-ce que j'ai pris du plaisir à le créer ! Et Pandora... le parfait mélange entre le calme et la force de Théodore et l'excentricité et la douceur de Luna ! Ensuite, comme vous pouvez le constater, il y a eu un changement d'année. Comme l'histoire se déroule en quinze chapitres et s'étale sur toute la scolarité des personnages principaux, vous vous doutez bien que les changements seront fréquents mais ils seront évidents, donc il y a peu de chance pour que vous vous perdiez.
