Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario, Cloé, et quelques autres persos que vous n'avez sûrement pas remarqués sont à moi (et j'y tiens, vous ne les aurez pas).
Note de l'auteur : Encore merci à tous pour me lire et encore plus quand me reviewer (faites comme si ce mot existait si ce n'est pas le cas ^^). Pour les autres, n'hésitez à me faire part de votre avis, je ne mange personne, du moins pas à travers un écran d'ordinateur en tout cas. Sur ce, voilà le chapitre 4 où ce cher Potter nous montre un autre visage. Attention, sorcier dangereux et énervé ! Bonne lecture !
Chapitre 4 : Une très longue première journée
Quand il eut fini de se relire, satisfait, il se rendit compte que Rogue avait terminé lui aussi son discours de "bienvenue" ; ceux qui l'avaient écouté semblaient passablement démoralisés.
— À présent, vous allez tous essayer de ne pas faire exploser cette salle en commençant la préparation d'une potion de Felix Félicis.
— Professeur, intervint Granger en essayant visiblement de toucher le plafond avec son doigt, je croyais que la préparation de cette potion durait six mois ?
— Et alors, Miss Granger, en quoi cela est-il dérangeant ? interrogea Rogue d'un air las.
— Eh bien, nous ne pouvons pas être interrogés sur une potion aussi longue à l'examen, donc…
— Taisez-vous, coupa sèchement le professeur. Vous n'allez pas m'apprendre à faire mon cours. Il est évident que vous ne pourrez pas avoir cette potion à réaliser aux ASPIC, mais sa préparation nécessite plusieurs savoir-faire indispensables pour tout élève qui se respecte après sept années d'études des potions. De plus, le fait que la moindre erreur gâcherait six mois de travail vous apprendra peut-être les vertus de la concentration, ce dont beaucoup d'entre vous manquent singulièrement. C'est pourquoi, jusqu'au mois de mars, vous travaillerez sur cette potion. Bien entendu, vous aurez également d'autres préparations à effectuer entre-temps dès lors que votre attention ne sera pas requise pour la chance liquide.
— Monsieur, interrogea encore Granger, qui n'avait visiblement pas compris que le maître des potions était d'une humeur massacrante, est-ce que cela signifie que nous devrons rester à Poudlard durant les vacances de Noël ?
— Mais évidemment que non, insupportable Gryffondor ! éclata Rogue sous les rires presque discrets des élèves de sa maison. Vous n'avez donc jamais entendu parler du sortilège de Conservation ?
— Si, rougit-elle, il permet de stopper l'évolution d'une…
— Je sais très bien à quoi il sert, merci bien, l'interrompit le professeur. Un élève de première année le saurait. J'enlève dix points à Gryffondor pour vos interventions intempestives. Et maintenant, puis-je savoir ce que vous faîtes tous encore assis à vos tables ? Croyez-vous que le Felix Félicis se prépare tout seul ?
Ce furent les derniers mots prononcés dans la salle avant le déjeuner, exception faite bien sûr des remarques acides faites aux Gryffondor par le directeur de Serpentard, et des félicitations qu'il adressa à Drago. Son chaudron avait pourtant le même contenu que tous les autres, puisque la potion ne présentait encore aucune difficulté qu'un troisième année moyen n'aurait pu surmonter. Mais Rogue semblait être le seul à voir les subtilités de la perfection de son filleul. Quand la cloche les libéra enfin, ils furent tous profondément soulagés de pouvoir laisser leurs chaudrons dans l'armoire prévue à cet effet et de se rendre à la Grande Salle pour déjeuner. La matinée avait été, de l'avis de tous les septièmes années, complètement harassante et Drago était heureux d'avoir l'après-midi de libre. Il pourrait se reposer un peu avant de se consacrer aux devoirs de Métamorphose et de Potions. Rogue avait en effet exigé un mètre de parchemin sur le Felix, ses ingrédients et tout ce qui s'y rapportait.
Harry, lui, avait un cours de trois heures d'Étude des Runes qui le fatiguait par avance. Il s'écroula sur le banc, à côté de Daphné, et l'embrassa légèrement sur la joue pour la saluer. Elle avait apparemment fait sensation en ressortant ce qu'il lui avait révélé la veille sur les moldus, et s'engagea à le remercier dignement pour cela plus tard. Il accueillit la promesse d'un sourire coquin et commença à lui parler de la mauvaise humeur de leur directeur de maison. Elle n'en parut pas plus étonnée que lui et ils se mirent d'accord sur le fait que se faire reprendre le poste de professeur de Défense par un de ses pires ennemis chez les Serpentard devait être un coup assez difficile à encaisser. Ils discutèrent ainsi avec inconséquence avant de se rendre ensemble au cours du professeur Babbling.
À la sonnerie, leur vieille enseignante les fit entrer et commença à leur réciter pour la troisième fois de la journée un discours sur l'importance des ASPIC. La différence fondamentale avec les deux premières occurrences était que les professeurs Rogue et McGonagall savaient se faire respecter, contrairement à Babbling qui provoquait surtout les moqueries avec son cornet acoustique et son habitude à dévier de son sujet. À ce moment, par exemple, elle était passée des ASPIC à son professeur de runes de septième année, qui avait été selon toute vraisemblance un de ses fantasmes d'adolescente, vu la façon dont elle flattait son génie présumé. Harry en eut assez au bout d'à peine dix minutes et l'interrompit sans demander la parole. Il n'était pas d'humeur à l'écouter divaguer aujourd'hui.
— Excusez-moi, professeur, mais nous avons pour la plupart entendu parler des ASPIC deux fois un quart d'heure ce matin, et je pense que nous avons bien compris le message. Ce n'est pas non plus la peine de nous faire l'éloge de votre professeur de runes puisqu'il doit être mort depuis au moins un demi-siècle et que, de toute façon, nous n'avons pas de temps à perdre pour écouter vos histoires. Comme vous venez de le dire, nous sommes en année d'ASPIC et nous avons un programme chargé. On pourrait peut-être commencer ?
— Mr Potter, de quel droit me parlez-vous sur ce ton ? s'offusqua la petite vieille. Dix points de moins pour Serpentard. Votre mère était bien plus polie. Je me souviens, quand elle est entrée pour la première fois dans ma salle avec les autres petits Gry…
— Madame, coupa précipitamment Harry, vous recommencez à vous écarter du sujet. En tant que Préfet-en-Chef et représentant des élèves, je me dois de vous dire tout haut ce que vos élèves pensent tout bas. Ne devrions-nous pas commencer l'étude des invocations runiques ?
Harry espérait de tout cœur que personne n'avait remarqué la maison que Babbling avait été sur le point de citer. Mais à voir les regards que lui adressaient Daphné et Granger, il y avait au moins deux personnes qui s'interrogeaient sur sa promptitude à empêcher la runologue de poursuivre sur Lily Evans Potter. L'octogénaire commença –enfin– son cours en demandant à celui qui l'avait interrompue de façon si cavalière :
— Eh bien Mr Potter, puisque vous semblez si impatient de commencer, vous allez bien participer un peu à ce cours, cela vous changera. J'ai entendu dire que vous saviez quelques petites choses sur le sortilège d'Apparition, ainsi vous pourrez sûrement nous éclairer sur la différence entre ce sort et les invocations que vous venez juste de citer.
— Avec plaisir, répliqua-t-il, déterminé à ne pas perdre la face. Au contraire des sortilèges, les invocations runiques nécessitent beaucoup de préparation, ne serait-ce que pour tracer les runes. Mais il faut également connaître la rune spécifique de l'objet ou de la créature en question, ce qui suppose une connaissance parfaite de la langue. De plus, les invocations sont beaucoup plus efficaces car les runes permettent de s'affranchir de tout contrôle sur sa magie. Je n'ai pas besoin de répéter ce qu'il en est pour le sortilège, tout le monde était là ce matin. Le seul inconvénient des runes est qu'elles demandent une quantité importante de magie, afin d'activer chacune des runes dans le bon ordre. Invoquer ne serait-ce qu'une allumette demande beaucoup d'énergie, alors que pour lancer le sortilège, il suffit de maîtriser la technique. Ah si, j'oubliais, les runes permettent également de faire apparaître des choses dont on ne sait rien d'autre que le nom, ce qui permettrait de créer une copie parfaite de Poudlard, alors que pour utiliser le sortilège, il faut avoir une idée très précise de ce que l'on veut. On aurait donc besoin de connaître parfaitement tous les passages secrets, les salles cachées et les enchantements de protection, entre autres.
Babbling resta bouche bée, comme le reste de la classe d'ailleurs, devant un tel exposé, lancé sur un ton d'évidence qui devait être particulièrement frustrant pour tous ceux qui n'y avaient rien compris. Elle se ressaisit pourtant et demanda d'une voix d'où la moindre trace d'animosité avait disparu :
— Mr Potter, souhaiteriez-vous par hasard vous orienter dans une carrière de spécialiste des runes ?
La question prit Harry de court. Ce qu'il avait dit était au-delà du niveau exigible lors des ASPIC, il le savait, mais tout de même pas au point de le faire passer pour un génie en runes ! Il finit par conclure que Babbling était facilement impressionnable et en perdit le peu de respect qu'il lui restait pour son professeur. Il consentit toutefois à répondre d'un ton narquois :
— Absolument pas, mais cela ne m'empêche pas de m'instruire, non ? C'est bien le rôle d'une école, à ce que je sache ?
— Bien sûr, Mr. Potter, fit-elle, déçue. Vous en avez tout-à-fait le droit. La qualité de votre réponse compense votre insolence de tout-à-l'heure, et vous ne perdrez donc pas plus de points, mais que cela ne se reproduise plus ou je devrais vous infliger une retenue. Et maintenant, avant de parler d'invoquer une copie du château, nous allons commencer par les bases.
Le reste de l'après-midi passa lentement, Babbling décrivant les runes de base de l'invocation et les élèves prenant des notes et s'entraînant à les recopier sans faire d'erreur. À la fin des trois heures, elle les laissa partir sans leur donner d'autre devoir que de continuer à s'exercer, ce dont ils lui furent reconnaissants. Harry et Daphné se dirigèrent vers la volière pour envoyer la lettre du premier. Il avoua que cela lui faisait mal au cœur de parler ainsi de sa petite sœur adorée, même s'il employa d'autres termes. La jeune femme le rassura et une fois Hedwige partie, elle entreprit de mettre à profit le temps qu'il restait avant le dîner pour tenir la promesse qu'elle lui avait faite le midi.
Ils ne redescendirent qu'une bonne heure plus tard, très satisfaits tous les deux de ce moment d'intimité. Ils s'installèrent à côté de Drago à table, et celui-ci salua Daphné pour la première fois en quatre ans, même si ce n'était que d'un simple "bonsoir". La jeune fille, promue le matin Première Dame de Serpentard d'après la rumeur, ne lui répondit que d'un signe de tête mais n'hésita ensuite pas à lui faire la conversation. Harry regardait tout cela d'un air rieur en sachant très bien qu'il était le seul responsable de cette réconciliation. Le dîner fut très agréable, en particulier quand Daphné décrivit la tête de Babbling après l'intervention de Harry. Le blond éclata complètement de rire, sous le regard désapprobateur de Theo.
Après le dessert, ils se rendirent tous dans la salle commune de Serpentard pour commencer leurs devoirs, mais durent abandonner les potions, faute de temps, aux alentours de minuit. Harry prit le temps de souhaiter une bonne nuit à sa petite amie avant de retourner à ses quartiers, où il eut le déplaisir de trouver les deux Weasley qui travaillaient avec leur amie Granger. Il les salua donc à sa manière :
— Dites, les belettes, vous êtes au courant que cette pièce est réservée aux Préfets-en-Chef ? Pas que ça me fasse foncièrement plaisir de la partager avec Granger, mais vous n'avez rien à faire ici. J'ai passé l'éponge hier, mais je ne compte pas vous laisser faire de ces appartements un poste avancé de la salle commune des griffies.
— T'as fini, Potter ? demanda agressivement Ginny. Parce qu'on ne compte pas te laisser nous donner des ordres.
— Calme-toi, Ginny, supplia Granger, qui semblait s'attendre au pire au vu du sourire de Harry –avec raison.
— Des ordres, je ne crois pas, Weasley, mais des retenues, ce serait avec plaisir. Tu imagines, deux heures en tête-à-tête avec moi ? Je suis sûr que tu adorerais, proposa-t-il rêveusement en admirant du coin de l'œil la colère envahir le visage de Ronald.
— Tu n'es qu'un porc, Potter ! explosa celui-ci en se levant. Tu peux t'amuser à sauter toutes les Serpentard que tu veux, mais je t'interdis de t'approcher de ma sœur ! Sinon, on verra si tu te fiches tant que ça de ce qui peut arriver à la tienne, conclut-il d'un ton venimeux.
Le sourire de Harry disparut dans la seconde et la température de la pièce sembla descendre de plusieurs degrés alors qu'il fixait le Gryffondor suicidaire. Le salon des préfets n'aurait pourtant jamais pu être aussi glacial que sa voix quand il s'adressa au rouquin :
— Est-ce que tu peux répéter ça, Weasley ?
— Je viens de te dire, fit Ron sans tenir compte du danger, que si tu t'en prends à ma sœur, la tienne pourrait très certainement en souff…
Il ne put pas terminer sa phrase : Harry s'était jeté sur lui en le plaquant contre le mur et lui plaquait sa baguette sur la gorge. Alors que les deux filles criaient, il se pencha et lui murmura au creux de l'oreille, avec un calme effrayant pour que personne d'autre ne puisse l'entendre :
— Touche à un seul de ses cheveux, et je te garantis que toute ta famille en souffrira.
— Tu ne me fais pas peur avec tes menaces, fanfaronna Ronald, même si sa voix tremblante et son teint blême le contredisait.
Harry rit sans joie avant de le laisser partir et de se diriger lentement vers sa chambre. Avant d'entrer, il se retourna vers le Gryffondor entouré de sa sœur et de sa petite amie et lui lança, toujours de la même voix calme :
— Ce n'est pas une menace, Weasley, c'est une promesse, et un Potter tient toujours ses promesses, c'est bien connu.
Il repartit sans attendre sa réponse et s'enferma dans sa chambre. La particularité des enchantements de silence était qu'il pouvait parfaitement entendre ce qu'il se passait dans le salon, alors qu'eux ne percevaient rien. Il put donc facilement écouter la réaction des trois griffies, adossé contre sa porte et toujours furieux.
— Qu'est-ce qu'il t'a dit, Ron ? entendit-il s'inquiéter Granger. C'était quoi cette menace ?
— Il a dit qu'il s'en prendrait à toute ma famille si je touchais à sa sœur.
— Mais pourquoi tu l'as provoqué, aussi ? intervint la mini-belette. Tu sais très bien que c'est un fou furieux ! Et avec ce qu'il a fait ce matin au professeur Black, tu aurais dû remarquer que sa sœur était un sujet sensible !
— S'il l'aime tant que ça, s'emporta Weasley, pourquoi il ne l'a pas défendue, alors, au lieu de la "remettre à sa place, cette petite idiote", comme il dit ?
— De quoi tu parles, Ron ?
La fille Weasley semblait être totalement perdue. Ce fut Granger qui lui expliqua :
— Tu n'étais pas là, c'était juste après le petit déjeuner. Potter est revenu et a dit cela à Greengrass. Mais à mon avis, il y a quelque chose de louche, sinon il n'aurait pas été aussi furieux après la Beuglante.
— Tu parles ! reprit l'autre enragé. Il était en colère simplement parce que son père s'en est pris à lui ! Ce type n'a pas de cœur, je suis sûr qu'il veut juste faire souffrir sa sœur en lui donnant de faux espoirs. Après il n'aura plus qu'à la laisser tomber.
Un bruit de gifle retentit et Weasley se tut. Apparemment c'était sa sœur qui l'avait frappé, car elle lui cracha méchamment :
— Imbécile ! S'il a ravalé sa fierté hier soir pour nous demander de l'aide alors qu'il savait pertinemment que son père n'apprécierait pas, ce n'est pas pour changer d'avis le lendemain, utilise un peu ton cerveau de temps en temps !
— D'accord. Je me demandais pourquoi tu l'avais défendu hier soir, mais je crois que j'ai compris. Si tu as envie d'être la prochaine avec qui il s'amusera, c'est plus mon problème, alors ne viens pas te plaindre après. Bonne nuit, Hermione.
Weasley devait être parti car Harry entendit le portrait se refermer violemment. Il perçut des sanglots venir du salon et tendit un peu plus l'oreille pour distinguer qui pleurait. Ce ne devait pas être Granger, car sa voix était parfaitement claire quand elle tenta de rassurer la sixième année :
— Ne t'inquiète pas, Ginny, il finira par se calmer. Attends un peu avant de repartir, et laisse-lui le temps de digérer ce qui s'est passé.
— Mais quel idiot ! J'ai honte que ce soit mon frère ! C'est pourtant évident que les deux Potter souffrent autant de tout ça l'un que l'autre !
— Je sais, mais il a vraiment peur pour toi, et quand tu l'as giflé, il a dû prendre ça pour une trahison. Tu dois te rendre compte que Potter doit être la plus grande peur de tous ceux qui ont une petite sœur dans l'école. Ron ne pensait un mot de ce qu'il a dit, c'est toujours le même grand frère surprotecteur.
— C'est pas une raison. S'il veut que je lui reparle, il a intérêt à s'excuser, et plus vite que ça ! s'emporta la jeune rousse.
— Essaie de ne pas trop envenimer les choses, Ginny. Il n'a pas besoin de ça.
— C'est ça, prends son parti, toi aussi ! De toute façon, je ne sais pas pourquoi tu t'accroches, il ne remarquera que tu es folle de lui que quand Rogue donnera des points à Gryffondor !
Elle s'interrompit brusquement, et le silence s'installa. Harry pensa un instant que les deux filles étaient reparties, mais Granger reparla, semblant lutter pour garder une voix égale –était-ce à cause de la colère ou de la peine, Harry n'en savait rien– :
— Je crois que je vais aller me coucher. Bonne nuit, Ginny.
— Hermione, attends ! Je ne voulais pas dire ça, je…
Elle fut coupée par le son de la porte de la chambre de Granger qui claqua, non sans rappeler le départ de Weasley quelques minutes auparavant. Persuadé que la soirée était enfin vraiment terminée, Harry s'écarta de la porte et commença à se déshabiller pour la nuit. Il était à peine couché qu'il entendit frapper timidement à la porte de sa chambre. Se demandant qui lui voulait quoi, il songea à se vêtir d'une robe de chambre, mais changea d'avis. Si c'était une fille comme il le pensait –il n'y avait pratiquement que des filles qui avaient le mot de passe–, elle le dérangerait à ses risques et périls. Si c'était un garçon, celui-ci n'en aurait normalement rien à faire de le voir en caleçon. Alors que les coups sur la porte se répétaient, Harry se leva et alla ouvrir. Il fut alors un peu surpris de voir Ginny Weasley le regarder en rougissant légèrement.
— Potter, je… je peux te parler ? hésita-t-elle.
Il avait toujours l'air en colère et il le savait. Et pour cause, puisqu'il l'était toujours. Il s'écarta toutefois pour la laisser entrer, sans un mot. Il se rallongea sur son lit et la regarda entrer et fermer la porte avant de lui indiquer le fauteuil face à lui, toujours sans émettre le moindre son. Il ne put s'empêcher d'admirer son cran, pour s'enfermer d'elle-même dans son antre en le sachant furieux.
— Écoute, je ne sais pas si tu as entendu ce qui s'est passé, mais…
— Qu'est-ce que tu me veux ? la coupa-t-il sèchement.
— Je voulais m'excuser pour ce qu'a dit Ron.
— Tu n'as pas à le faire à sa place, reprit-il un peu plus doucement.
— Je sais, je voulais juste que tu saches… Même si je ne comprends pas pourquoi tu fais semblant du contraire, je suis sûre que tu tiens vraiment à ta sœur, toi.
— Si tu t'attends à ce que je te dise que ton frère tient à toi, tu t'es trompé de personne, dit-il durement, ayant noté l'insistance sur le "toi". Je me fiche totalement de vos histoires de famille.
— Non, je ne m'y attendais pas, reprit-elle avec un petit rire forcé. C'est juste que je trouve que Cloé a de la chance de t'avoir comme grand frère.
Harry fut stupéfait d'entendre ça. Ginny Weasley, lui accorder une qualité après tout ce qu'il lui avait fait ? Il y avait un problème quelque part. Il choisit finalement de le prendre sur le ton de la plaisanterie :
— Qui t'a jeté un sort, Weasley ? Tu ne peux pas être dans ton état normal et me faire des compliments sans te rattraper juste après. À moins que tu sois juste en train de te ramollir ?
— Non Potter, je vais très bien, dit-elle en riant, ce qui ne rassura pas son hôte. C'est juste qu'aucun de mes frères n'a jamais fait pour moi la moitié de ce que tu as fais pour elle. Je l'envie.
— Ne te compare pas à elle, Weasley, répondit-il sombrement. Ton père ne t'a jamais envoyé de Beuglante, à ce que je sache.
— C'est vrai. Mais je persiste à dire que tu es un meilleur frère que Ron.
— Et moi je persiste à dire que tu divagues pour me parler comme ça. Tu ferais mieux de partir avant que ton frère ne croie encore que j'ai essayé de te violer.
— Oui, tu as… Attends, pourquoi "encore" ? demanda-t-elle, soupçonneuse. Il ne t'a jamais accusé de quoi que ce soit, à part… Tu nous as suivis hier soir.
Ce n'était pas une question, mais elle attendait quand même une réponse. Il grogna d'agacement. Pour qui se prenait-elle à venir le voir dans sa chambre pour lui parler à des heures pas possibles ? Il reprit son ton agressif instantanément, alors qu'il ne se souvenait plus à quel moment de la conversation il l'avait abandonné.
— Même si c'était le cas, Weasley, je ne vois pas en quoi ça te regarderait. Je suis Préfet-en-Chef, je peux me balader où je veux et quand je le veux. Ce n'est pas de ma faute si vous n'êtes pas discrets. Maintenant, à moins que tu n'aies l'intention de passer la nuit ici, tu dégages. Tout de suite !
Elle parut effrayée quand il se leva d'un air menaçant. Elle sortit d'elle-même, mais lui murmura un "merci quand même" avant de fermer derrière elle. Il en resta bouche bée quelques secondes avant de rouvrir sa chambre. Elle était au portrait et se retourna, l'œil interrogateur. Sans vraiment savoir pourquoi, il lui lança :
— Merci à toi de me faire confiance.
Puis il disparut dans sa chambre et s'effondra sur son lit. Weasley était de plus en plus cinglée. Il lui criait dessus et la jetait presque dehors, et en retour elle le remerciait. Navrant. Il l'entendit encore frapper à sa porte et faillit en crier de rage. Mais qu'est-ce qu'elle n'avait pas compris dans le mot "dégage" ? Il se leva vivement et ouvrit brutalement la porte :
— Weasley, qu'est-ce que… Granger ?
— Désolé de te décevoir. Je voulais simplement te prévenir : Ron est peut-être incapable de faire du mal à ta sœur, mais il ne plaisantait pas quand il disait que tu lui paierais cher si tu touchais à Ginny.
— Vous me gonflez vraiment, vous trois ! Premièrement, je ne sais pas comment vous le dire pour être sûr que vous compreniez, mais je n'ai absolument aucune, et je dis bien aucune envie de coucher avec Weasley. Seulement, ça me fait bien rire de voir la tête de ton petit ami à chaque fois que je prétends le contraire. Deuxièmement, même si c'était le cas, je pense qu'elle est assez grande pour décider elle-même avec qui elle sort. Et troisièmement, si tu crois que Weasley ou toi me faites peur, alors vous me connaissez vraiment très mal. N'essayez même pas de me provoquer ou me menacer, parce que comme je l'ai montré tout-à-l'heure à Weasley, je suis largement meilleur que n'importe quel Gryffondor à ce petit jeu.
— Même ta mère ?
— Qu'est-ce que ma mère vient faire là-dedans ? demanda Harry, au bord de l'explosion.
— Arrête de faire semblant. J'ai remarqué comment tu as coupé la parole du professeur Babbling quand elle a commencé à en parler. Pourquoi tu ne veux pas qu'on sache qu'elle était à Gryffondor ?
Harry poussa un soupir en essayant de se calmer. Il était plus de deux heures du matin, et depuis la veille il avait dû remettre Sirius à sa place, consoler sa sœur, se disputer avec deux professeurs et un Weasley, mentir toute la journée, avant d'être –presque– gentil avec la fille Weasley. Et maintenant, cette stupide Granger ne trouvait rien de mieux à faire que de venir l'agacer –pour rester poli– avec des questions sur sa mère ! Il était de nature patiente, mais là c'était trop. Il se retourna et sans laisser le temps à sa collègue de dire quoi que ce soit d'autre, prit sa baguette et la pointa sur elle.
— Écoute Granger, j'ai eu une très longue journée. Donc tu vas me faire le plaisir de dégager sur-le-champ et de me laisser dormir avant que je ne m'énerve vraiment, lui lança-t-il le plus calmement qu'il pût avant de lui claquer la porte au nez, de se jeter sur son lit et de s'endormir comme une masse.
