Auteur : Shirenai

Titre : It's a perfect denial

Personnages/Pairing : Seishirô/Subaru

Rating : T

Disclaimer : Bis repetita, c'est aux CLAMP, pas à moi. Et le titre est (encore) une quote de A Beautiful Lie de 30 Seconds to Mars.

Bonne lecture.


It's a perfect denial

Subaru ne pouvait pas s'empêcher de se sentir mal à l'aise quand Seishirô faisait un sous-entendu sur son penchant pour lui. Il ne savait jamais quoi répondre et l'attitude du vétérinaire le mettait mal à l'aise. Pour ne rien arranger, Hokuto ne disait absolument rien pouvant le sortir de l'embarras – elle semblait prendre au contraire un malin plaisir à enfoncer le clou – et riait de bon cœur aux blagues un tantinet graveleuses du plus âgé. Le jeune homme était après tout un peu taquin et puis il voyait bien quel effet cela pouvait avoir sur le fils Sumeragi, ce qui rendait la plaisanterie d'autant plus amusante.

C'était du moins ce qu'on pouvait voir en surface. C'était ce qu'ils voulaient bien laisser voir au commun des mortels, aux gens extérieurs à leur histoire – ce qui incluait la jumelle de Subaru. La réalité était un peu différente. Un peu moins rose, un peu moins joyeuse. Beaucoup plus complexe. Seishirô n'était pas amoureux de Subaru comme il le prétendait. Et à la vérité, il ne faisait pas non plus en sorte de l'être, comme il en avait fait le pari. Il avait juste envie de s'amuser un peu, de prendre son temps avec cette proie qu'il avait marquée de ces pentacles inversés. Il voulait voir tomber cette étoile d'innocence et de pureté.

Tomber dans ses bras, dans le désir, dans les ténèbres d'une passion violente et destructrice qui ravagerait l'enfant qu'était encore Subaru. Quelque chose lui disait d'ailleurs qu'il était très proche du but. Les fois où il provoquait l'adolescent ne lui donnaient d'ordinaire pas cette satisfaction d'avoir embrasé les joues pâles d'un rose gêné. L'exorciste avait pour cause des pensées ultérieures. Petit à petit, son esprit s'était mis à lui suggérer des choses que Seishirô pouvait lui faire. Il avait ces images plus ou moins tendancieuses et il se trouvait littéralement désarmé face à elles, ne sachant pas comment les contenir ou les ignorer.

Le pire était quand le soir venait et qu'il lui fallait se coucher. Le garçon en était venu à redouter le moment où il se retrouvait seul dans le noir de sa chambre, car sa seule compagnie se trouvait être le corps de Seishirô étrangement peu habillé, qu'il imaginait volontiers courbé au-dessus du sien. Subaru sentait alors le feu lui monter aux joues, se propager dans son ventre, jusqu'à son entrejambe. Quand cela arrivait, il se roulait en boule sous les draps, fermait les yeux et espérait que son esprit lui laisserait enfin un peu de répit. En vain. Il n'arrivait pas à s'empêcher de les imaginer tous les deux enlacés, se serrant l'un contre l'autre.

Il ne s'en rendrait pas compte ou plutôt, il espérait se tromper, mais il se consumait de désir pour le vétérinaire. Il niait avec les derniers moyens dont il disposait cette attirance coupable, anormale. Il la refusait tant dans sa chair que dans son cœur. Non, il n'était pas amoureux de Seishirô, il confondait juste un peu les choses. Non, il ne rêvait pas de s'abandonner à lui ; ce n'était que son subconscient qui se manifestait en d'obscurs chemins. Pas plus qu'il ne ressentait de la solitude lorsque la silhouette rassurante du jeune homme s'éloignait de lui. Non… il ne pouvait pas. Il ne devait pas…

Il avait tellement honte de lui-même qu'il s'en voulait d'être celui vers lequel était dirigé le sourire de Seishirô. Le garçon aurait voulu avoir le courage de s'éloigner de lui, parce qu'il était indigne de cette gentillesse. Mais surtout, et de façon totalement inconsciente, il voulait aussi se protége ; protéger son cœur et son âme qu'il n'avait jamais su préserver. Il ne souhaitait pas s'attacher davantage à lui. Peut-être que, là aussi, son inconscient s'érigeait en une ultime barrière protectrice parce qu'il sentait au fond de lui que cet homme avait un côté menaçant, de dangereux ; il y avait toujours chez Subaru, quand il regardait le jeune homme, une impression de malaise. L'air était tendu, électrique, il y avait un quelque chose de malsain dans leur relation qui le faisait intérieurement suffoquer, comme si une main invisible – ou peut-être était-ce celle de Seishirô ? – lui serrait la gorge et l'étouffait sournoisement.

Le chef du clan Sumeragi avait besoin de se calmer. Il sentait son corps et son esprit s'affoler de concert. Il en était ainsi depuis déjà quelque temps : lorsqu'il réfléchissait à Seishirô et lui, il perdait automatiquement son calme et son raisonnement pratique, à tel point qu'il sentait parfois une sorte de folie le gagner et paralyser tous ses sens. Il ferma les yeux et respira profondément. Ça allait bien finir par lui passer, du moins il l'espérait. Mais, là encore, inconsciemment, une certaine lassitude commençait à poindre en lui.

Car il sentait, il comprenait sans vouloir l'admettre. Jamais Subaru n'aurait reconnu qu'il était fou amoureux du vétérinaire, et que tout le reste passait au second plan lorsqu'il était près de lui. Il se refusait à avouer qu'il avait fini par flancher. Qu'il avait, depuis longtemps déjà, rendu les armes. Qu'il avait perdu.

Que Seishirô avait gagné…

Fin