4 ) Tout s'arrange
Les deux hommes se tenaient nus sur la plage, face à la mer. Un lien unissait le poignet droit de Rodney au gauche de Sheppard.
Le colonel jeta un coup d'œil à son compagnon. Ce dernier semblait nerveux. Sheppard n'en menait pas large lui non plus. Il fallait dire que la situation était plutôt inhabituelle, c'était le moins qu'on puisse dire sans parler des milliers d'yeux braqués sur eux, cela n'arrangeait pas les choses.
Rodney grimaça et John lui envoya un sourire encourageant.
Les deux hommes avancèrent dans la mer.
-Hiiiiiiiiiii !
-Rodney que se passe t-il ? S'enquit le militaire alarmé.
-Y'a quelque chose qui vient de me filer entre les doigts de pieds !
Le colonel examina l'eau limpide.
-Ce n'est qu'un petit crabe, regardez, expliqua t-il en désignant l'animal qui filait déjà vers le large. Pas de quoi en faire une histoire !
-Un crabe ça pince ! se justifia le scientifique vexé.
John leva les yeux au ciel et ne répliqua pas.
-Rodney, faite-moi confiance et tout ira bien, OK ?
Le scientifique acquiesça et se laissa entraîner plus loin, frissonnant au fur et à mesure que l'eau montait au niveau de ses jambes. Malgré cela il trouvait le contact du militaire pas désagréable du tout et même s'il appréhendait la suite, il ne pouvait pas s'empêcher d'éprouver quelque excitation, surtout quand leurs hanches se frôlaient.
-Dites colonel, je peux vous poser une question ? Il continua trop nerveux pour attendre la réponse, vous avez déjà fait ça ?
-Dans l'eau vous voulez dire ? Questionna le militaire perplexe.
-Non, pas ça, enfin, je veux dire…vous me comprenez… avec un autre type ? Bafouilla Rodney en rougissant.
-Oui Rodney, je l'ai déjà fait avec un homme si c'est ce que vous voulez savoir, plusieurs fois même.
-Oh !
Le colonel ne put s'empêcher de sourire, Rodney était vraiment très nerveux, voilà que maintenant il se mettait à babiller.
-Vous savez colonel, ce n'est pas que ça me dérange, vous comprenez, je n'ai pas de préjugés moi d'ailleurs je connaissais un chercheur en Sibérie qui l'était aussi, il était barbu et ça me dérangeait pas, enfin, pas qu'il soit barbu, vous suivez mais qu'il soit gay parce que tout le monde a le droit de …
-Rodney, taisez-vous.
-Quoi ?
Ils avaient maintenant de l'eau jusqu'en haut des cuisses et le colonel estima que c'était suffisant.
-Rodney, souffla John en le saisissant par la taille, l'attirant contre lui.
Le scientifique se rendit compte que son compagnon était déjà dur. Il rougit, d'autant plus gêné qu'il commençait à avoir une érection au contact de leurs ventres et de leurs poitrines collés l'un contre l'autre.
Les lèvres de John se posèrent sur les siennes en un doux baiser. C'était bon, très bon même, fantastique. Il entrouvrit les lèvres afin d'accueillir la langue de son compagnon qui ne se le fit pas dire deux fois. La main de John descendit pour caresser les fesses rondes.
-Rhââââââ !
Le canadien se détacha subitement un éclair de panique dans le regard.
-C'est l'effet que ça vous fait ? S'exclama le militaire stupéfait tout le retenant de tomber à l'eau.
-Non, c'est pas ça, il y a quelque chose qui m'a touché là derrière ! Un truc gluant.
John Sheppard, perplexe, contempla sa main , elle était lisse, rose et pas gluante du tout.
-Rodney !
-Si, y'avait quelque chose là ! C'était glacé et ça m'a frôlé, ça recommence ! Cria t-il.
Le militaire comprit tout à coup, il se pencha et attrapa une longue algue verte qu'il brandit hors de l'eau.
Le canadien examina la plante marine mortifié.
-Je pouvais pas savoir moi, j'ai eu peur, avoua t-il penaud.
John en fut aussitôt tout attendri, il repris son scientifique dans ses bras et entreprit de reprendre là où l'importune algue les avait interrompu.
-Ca va mieux ? demanda t-il en se détachant finalement.
A sa grande surprise Rodney ayant retrouvé son souffle prit l'initiative et l'embrassa comme s'il y allait avoir une pénurie de baisers. Le militaire ravi laissa faire et en profita pour laisser ses doigts courir sur le corps de l'autre homme. Rodney avait un corps doux, tendre aux formes appétissantes qui épousaient très bien sa main. Il sentit le désir grandir en lui et pressa son érection contre celle de l'autre homme. Sa main gauche entraînant la droite de Rodney aligna leur sexes ensemble et ils frottèrent l'un contre l'autre.
Le canadien gémit de plaisir. Il avait totalement oublié les andariens sur la plage. C'était bon, exquis d'autant plus que le militaire malaxait ses fesses tout en le pressant contre lui.
Rodney finit par se rappeler qu'il avait une main de libre lui-aussi et mit aussitôt à profit sa découverte pour entreprendre une exploration du dos du militaire tout en partant de la nuque ce qui fit se dresser des petits épis sombres puis descendant en une douce pression le long de la colonne vertébrale, laissant la peau hérissée par la chair de poule après son passage. John exprima son approbation par de petits grognements de plaisir qui s'accentuèrent quant les doigts vagabonds se glissèrent entre ses fesses.
Mince, si Rodney était si adroit avec la main gauche, qu'est-ce que ce serait s'il avait les deux mains de libres ! Fantastique ! ce serait fantastique, comme de se faire caresser par une pieuvre, il en était sûr.
Rodney le poulpe !
Mince, il délirait là, ce devait être l'environnement marin qui déteignait sur lui. Et puis l'excitation aidant, il ne savait plus trop bien où il en était, il n'y avait plus que ce corps chaud contre lui, leurs sexes durs qui poussaient de plus en plus rapidement dans sa main et la bouche vorace de Rodney qui le dévorait. Finalement il s'était trompé, ce n'était pas une pieuvre mais un requin. Il avait l'impression de se faire avaler tout rond par cette bouche affamée mais il n'allait pas protester parce que c'était fantastique, incroyable.
Puis Rodney détacha ses lèvres de celles du militaire et bascula sa tête en arrière dans un long gémissement tandis que son sperme jaillissait en longs jets blancs. John entrevit les yeux mi-clos et les lèvres ouvertes dans l'extase avant de jouir à son tour dans un cri rauque mêlant sa semence à celle de son compagnon.
Rodney nicha son visage dans le cou du militaire et les deux hommes restèrent un moment immobiles, reprenant leurs souffles.
Finalement John souleva le menton du scientifique et déposa un baiser sur ses lèvres. Il avait des projets en tête, pleins de projets et qui concernaient tous son scientifique. Oui parce que désormais c'était le sien, il n'y avait pas à revenir là-dessus.
-Rodney, c'était fantastique, souffla t-il, je n'ai envie que d'une chose, recommencer. Des dizaines, des milliers de fois avec toi.
Il croisa le regard incertain du canadien et fronça les sourcils.
- Je suis d'accord, s'empressa de le rassurer Rodney en rougissant, moi aussi je le veux mais rien que tous les deux, d'accord ? Pas de public, que toi et moi et puis aussi dans un lit si possible parce tu comprends, les crabes ça pince, les vives ça pique et je suis peut-être allergique, y'a peut-être des monstres marins, ben oui, on ne sait pas ce qu'il y a dans cet océan et aussi des algues venimeuses, des méduses, les piqûres de méduse ça peut-être dangereux tu sais et les requins ? Tu as songé aux requins ? Et les….
-Crois-moi, je peux pas t'expliquer là mais je te jure que j'y ai pensé aux requins Rodney et pour le reste ce sera tout ce que tu veux, répliqua John en l'embrassant de nouveau. Il saisit son amoureux par la taille et les deux hommes s'enfoncèrent dans l'eau jusqu'aux épaules mêlant leurs semences à la mer, comme le voulait le rituel.
Sur la plage des cris de joie s'élevèrent.
FIN