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Reduced
Son aura est forte. Son regard est glacial. Comment a-t-elle pu l'aimer ?
Chapitre 4 — Souvenirs du passé
La silhouette de Shûichi derrière le muret de la maison voisine s'éclaircit au loin par un rayon de soleil.
« Je comprends mieux. » pensa-t-il.
Ne comprenant pas qu'il venait d'assister à une scène tirée de son imagination, Akai quitta les lieux les mains dans les poches. Il laissa délibérément ses deux compères continuer leur route jusqu'au domicile du professeur Agasa.
La petite scientifique continuait machinalement d'expliquer au détective que l'agent du FBI rajeuni devait rester sous son observation. Tout n'était pas clair dans son jeu, et sa sœur avait raconté énormément de choses à son sujet.
Un homme charmant, silencieux mais attachant. Cependant il restait une personne qui s'était servie d'elle comme moyen d'intégrer l'Organisation en chair et en os, et il avait sa propre part de responsabilité dans l'assassinat de sa petite amie. Akemi serait sans doute encore en vie si Shûichi avait davantage pensé à elle après leur sois disant rupture.
Ai gardait ses souvenirs renfermés en elle sans vouloir avoir de réponses, sans chercher à comprendre comment cet homme avait pu agir ainsi. Elle ne doutait pas des probables sentiments qu'il avait pu porter en son égard mais plutôt de sa sincérité et son honnêteté.
Il était peut-être un allié... mais Akai était indépendant, sournois, et imprévisible.
Lorsqu'elle se rendit sous la douche pour réfléchir au mieux à cette histoire, Conan profita de ce moment pour apporter des affaires de cuisine à la résidence des Kudo, où logeait actuellement son partenaire.
À l'aide d'un tabouret et des cours de cuisine écrit par Yukiko, en attendant son déplacement au Japon, le petit garçon au bonnet noir entama la préparation d'un ramen.
Le détective se contentait de le regarder quand il rompit le silence.
- Le sel, dit-il en tournant la tête. As-tu du sel ?
Conan sourit bêtement en lui tendant ce qu'il avait demandé.
- Ça se passe plutôt bien, ajouta le fils de Yusaku. Certes, cela aurait été mieux que tu prennes l'identité d'Okiya Subaru, mais on ne peut pas dire que tout tourne en faveur de l'Organisation.
- Mh... grogna Shûichi en remuant le plat. Pas sûr que je réussisse du premier coup.
- Tu écoutes ce que je te dis ? répéta Conan en haussant le ton.
Akai se retourna.
- Tu n'as plus confiance ? s'étonna-t-il. Je trouve que cette petite expérience m'est vraiment plus favorable. J'ai découvert ton identité petit, et ton secret bien gardé.
« Tu es aussi petit que moi. » pensa Conan en se servant de sa main pour soutenir sa tête.
Son interlocuteur tourna la page du livre pour suivre la recette écrite par la mère du petit détective qui, résistant au sommeil, frottait ses yeux à l'aide de ses deux mains. Un sourire sur le visage de Shûichi le fit reprendre conscience qu'il avait dit une phrase étrange, sortie d'un contexte qui était de base tout aussi anormal.
Bien que l'idée que son identité soit connue par son allié numéro, il aurait préféré la garder secrète afin d'éviter davantage de questions-réponses à son sujet, mais Conan avait oublié le silence incroyable de son partenaire sur n'importe quel sujet.
Pourtant, ce dernier avait déclaré connaitre son secret. Un autre secret, plus précisément, sans savoir véritablement de quoi il parlait, mais la fatigue l'empêchait de réfléchir à ce sujet.
- Ta mère cuisine bien, déclara l'ancien homme en noir. Pourquoi se lancer dans une carrière au cinéma avec ce don ?
- Je suppose qu'elle voulait mettre à profit son talent de comédienne, et de jeux de déguisements, répondit Conan.
Une goutte d'eau bouillante fit grincer des dents son compère.
- J'ai lu les journaux, assura-t-il. Ton esprit de déduction est apprécié au Japon.
- Et aujourd'hui, j'ai perdu ma place.
- Est-elle si importante que ça, cette place ? Tu n'as pas appris de nouvelles leçons depuis ton rajeunissement ?
Le détective sourit.
- Si, bien sûr, répliqua-t-il. J'étais trop crâneur et frimeur avant, j'ai changé, je pense.
Un éclair traversa l'esprit du petit garçon.
- Mais attends... comment sais-tu que ma mère cuisine bien ? Comment tu peux avoir des informations aussi précises ? s'écria-t-il.
L'agent du FBI cessa de remuer son plat.
- Tu as oublié, petit ? rétorqua-t-il en se retournant. Oublié ce qu'il s'est passé il y a dix ans ?
« Akemi voulait que je protège sa petite sœur. Malheureusement, tu es mêlé à l'Organisation tout comme moi. Ce n'est pas une bonne chose que tu sortes avec elle, petit. » pensa-t-il.
Conan posa son pouce sur son menton.
- Ce n'était quand même pas...
Toc. Toc.
La porte était grande ouverte, et Haibara répétait le même geste du poing sur le bois de la porte.
Son regard croisa celui de Shûichi. Elle le foudroyait du regard, et elle-même ignorait presque comment elle pouvait avoir une si petite confiance en lui. Mais en se rappelant qu'il était impliqué dans la mort de sa sœur, et des affaires de l'Organisation, l'ex-scientifique reprit son intention d'en vouloir à l'homme qui travaillait avec Shinichi.
- Il est tard, gronda Ai. Faut rentrer.
Le rajeuni au bonnet retroussa ses manches et remarqua à son tour l'heure tardive. Saluant son compère, Conan quitta les lieux en compagnie d'Haibara qui était toujours sur ses gardes jusqu'à la porte de la chambre de la résidence du professeur Agasa.
Pour cette fois, c'était un délicieux curry que le célèbre ingénieur en herbe avait préparé durant l'après-midi au menu. Un repas que le détective chérissait bien, se souvenant du goût du plat de sa mère, Yukiko. Elle en avait cuisinait un il y a bien longtemps pour un déjeuner sur la plage, près de la mer.
Des flashs qui traversaient l'esprit de Conan l'emportèrent dans un rêve étrange, son corps s'absentant alors de la réalité. Une mer bleu azur, Ran jeune et en maillot de bain, avec Yukiko qui servait sa spécialité. Il y avait aussi une femme blonde, un garçon aux cheveux noirs, et une petite fille dont la dent dépassait de sa lèvre sur le côté droit.
Le dernier homme invité à cette festivité se reposait sur un transat, lunette de soleil sur le visage, une casquette laissant trois mèches de cheveux tomber sur son front en place sur son crâne.
Et une vague... une mélodie...
« Pourquoi je me souviens de ça... comme si c'était important. » pensa Conan. « J'ai rencontré Akai par le passé, et sans doute des membres de sa famille. Ce n'est pas comme si les Miyano... »
Haibara tapota l'épaule du détective.
- Pour dormir, c'est ton lit, pas à table, rugit-elle.
Le professeur explosa de rire.
- Ça va, ça va, se défendit-il. J'ai compris.
Le détective débarrassa son assiette en repensant à ce souvenir. Il y avait deux autres personnes ce jour-là, deux étranges femmes dont il n'arrivait pas à voir le visage...
Après ce festin, le rajeuni se dirigea d'un pas lent jusqu'à son lit om il se permit un étirement colossal et un long soupir bien mérité. Il fut rejoint par la petite scientifique qui s'installa dans son propre lit, un nounours en dessous de son bras. Ce dernier avait été offert par sa mère, et gardé par Akemi pendant des années, semblerait-il qu'elle l'avait retrouvée.
Conan sourit enobservant Haibara s'allonger sous sa couverture. Elle était belle. Intelligente et mignonne malgré son fort caractère.
- Quoi ? J'ai quelque chose sur le visage ? dit-elle, étonnée.
- Ah... non !
Un silence gênant s'en suivit.
- Je sais que ça ne t'intéresse pas, mais Shûichi a l'air d'avoir son petit succès à l'école, ironisa Conan. Je ne pensais pas qu'il en aurait autant après seulement... quelques jours ?
Son amie ne répondit pas. Sa respiration se fit fort.
« Elle s'endort incroyablement vite. » pensa-t-il.
Mais la concernée refusait d'écouter les paroles de son ami.
En entendant cette simple phrase, elle s'était surprise à rougir intentionnellement...
Dix mois. En gros, c'est la folie totale.
Enfin enfin, j'espère que cette suite vous aura plu. On se retrouve l'an prochain pour le chapitre qui suit, pas vrai ? Non, juré j'essaye de le sortir ce mois-ci. XD
À bientôt !
Merci à Ana, 75aichan, Love Akai et Keo !
