ooOoo

Je m'appuie contre le réfrigérateur dans un vieux short et un débardeur, mâchonnant avec plaisir la salade de thon de maman. Elle et Seth ne sont pas à la maison, donc j'ai sauté l'étape inutile de l'assiette et je pique directement dans le tuperware, en réfléchissant à tout ce qu'il s'est passé récemment.

Je regarde attentivement la bouteille de lait avant de boire au goulot puis de la lancer directement dans la poubelle quand la porte s'ouvre. Avant même que j'ai eu le temps de rentrer la salade dans le frigo ou même de juste mettre le tuperware derrière mon dos, maman rentre dans la cuisine, Charlie juste derrière elle.

« Oh, salut, Leah, c'est sympa de te voir, » dit Charlie maladroitement pendant que je me prépare à subir les réprimandes de maman sur les « bonnes manières ».

« Salut, chérie, comment vas-tu ? » demande maman, paraissant… non en colère. En fait, juste un peu embarrassée. Mon regard passe d'elle à Charlie et j'essaye de ne pas rire. J'avale la salade de thon qui était restée dans ma bouche ces dernières minutes.

« Maman, Charlie, » dis-je avec un signe de tête et prends une autre bouchée.

« Je vois que tu as décidé de ne pas utiliser d'assiettes », ses lèvres sont pincées lorsqu'elle dit cela. « Ce n'est pas parce que tu es un loup que tu peux manger comme un animal, que tu peux faire la même chose chez moi, jeune fille, » gronde-t-elle. J'ai l'impression d'avoir de nouveau seize ans. Etrangement, Charlie réussit à ne pas trop grimacer quand maman mentionne ma… condition. Il doit s'y être habitué depuis que Jacob a fait sa super révélation. Maintenant qu'il sait ce que sa petite chérie de fille est. Au moins, moi je ne suis pas une sale sangsue… En parlant de sorcière, j'ai promis à Alice et Rosalie que j'irai de nouveau les voir, prochainement.

Maman me tend une assiette, une de celles, minuscule qui n'a pas de vraie fonction, autre que m'ennuyer, et j'utilise ma fourchette pour y mettre les quatre dernières bouchées qu'il reste dans le tuperware. C'est ridicule, au moins j'évitais la vaisselle, et l'eau, et le savon…

« Tu n'as pas mangé les lasagnes d'hier soir, hein chérie ? » demande maman. Je hoche la tête, mais avant qu'elle aille ouvrir le frigidaire, je lui dis que Seth a du mettre ses pattes dedans, parce qu'il n'y a plus rien désormais.

« Leah, ne parle pas la bouche pleine, chérie, » me dit-elle d'un ton lasse. « Charlie, je suis désolée, j'avais réellement l'intention de te nourrir avec ces lasagnes. Mais apparemment mes enfants pensent autrement. Tant pis, je vais faire de la soupe… » et elle commence à s'affairer dans la cuisine, cherchant de quoi faire de la soupe pour Charlie.

« Hey, est-ce que je peux avoir de cette soupe ? » je demande innocemment, en terminant ma salade de thon. Elle marmonne dans un souffle que c'est dur de nourrir Seth et moi. Et bien, ce ne serait pas aussi difficile si elle n'avait pas en plus de ça le projet de nourrir Charlie. Charlie s'est assis dans un coin, regardant au loin. Il est nerveux. Je crois qu'il n'aime pas vraiment avoir trop de monde autour. Et bien, il me gêne beaucoup moins que sa fille. En considérant qu'il n'y a rien qui m'irrite plus que Bella.

« Qu'as-tu fait hier ? Encore une patrouille ? » demande maman pendant qu'elle commence à éplucher des légumes.

« Hum, et bien, hum… je suis sortie avec les Cullen, hum, » je dis doucement. J'espérais vraiment qu'elle ne demanderait pas. La plupart des gens de la Tribu, n'aiment pas vraiment les vampires.

« Oh. » Il y a un silence gênant. « Ton frère est souvent là-bas, tu sais. » Encore un silence. « Avec Jacob. » Charlie se redresse immédiatement à la mention de Jacob. Maman aime beaucoup Jacob, surtout depuis que Seth lui ressemble autant, et Jake ne semble pas être gêné d'avoir mon frère qui le suit en permanence, l'idolâtrant.

« Tu aidais Jacob à garder Nessie ? » demande Charlie. Oh, Charlie, comme je t'aime là tout de suite.

« Oui ! » j'approuve, peut-être trop rapidement. «C'est exactement ce que je faisais. » Je commence à rincer l'assiette. Berk, comme si moi, j'allais vouloir aider à garder cet horrible et effrayant Microbe. Comme si Nessie avait besoin de baby-sitter. Elle semble tolérer sa mère et les soins de Rosalie pour leur faire plaisir, mais c'est comme si elle était… au-dessus de tout ça. C'est probablement mieux que maman croit qu'elle me tolère aussi.

Je dois juste omettre la partie où Jacob et moi testions jusqu'à quelle vitesse la Ferrari pouvait aller sur une route sombre et gelée, dans le brouillard de Washington au milieu de la nuit, avec Alice et Edward lancés à pleine vitesse aussi. Ouais, maman ne veut probablement pas savoir cela.

Jacob m'a ramené à la maison après. En fait, on a conduit comme ça un moment, sur toutes les petites routes pleines de virages, évitant celles à deux voies, montant et descendant de petites collines, entrant et sortant du brouillard, mais sans vraiment prendre le chemin de la maison. Edward et Bella doivent vraiment adorer Jacob pour le laisser autant conduire la Ferrari de Bella. Ou peut-être qu'Edward est juste excité que quelqu'un apprécie la voiture. Je déteste Bella pour ne pas être aussi excitée qu'elle le devrait d'avoir une Ferrari. Si un homme m'avait acheté une Ferrari j'aurais été vachement contente, même si c'était un inutile beau garçon comme un vampire que je connais.

On a parlé. C'était la première fois depuis longtemps que l'on était tous les deux, sans Seth le seul membre du fan club de Jacob. Je lui ai demandé s'il parlait avec Sam ou n'importe qui de l'autre meute. Il m'a répondu que c'était inévitable, avec Paul étant son presque beau-frère. Je lui ai demandé s'il avait dit à Sam que je viendrai au mariage. Il a hoché la tête et n'a plus rien dit. Nous ne faisions plus la course avec les Cullen à ce moment là, donc il conduisait un peu moins vite (baisse de vitesse qui a continué au fur et à mesure que notre conversation avançait, nous laissant plus de temps pour parler). Enfin bref, Jacob a levé les yeux de la route un instant et m'a regardée. Je ne peux pas dire à quoi il pensait, ce qui m'a mise mal à l'aise, tapotant mon sac à main sur le sol.

« Ouais, ouais, je vais le dire à Sam » et après on s'est de nouveau trouvés dans le silence. « Est-ce que ta mère a dit quand doit avoir lieu le mariage ? »

Je hausse les épaules. Est-ce qu'ils ont déjà choisi une date ? Son tour de hausser les épaules. Je suppose qu'il ne doit pas vraiment passer son temps à bavarder avec Sam en ce moment.

« Je croyais que les meutes étaient en « bons termes ? » » je demande.

Encore un haussement d'épaule. « Ouais, je suppose qu'on l'est. C'est juste dur pour moi d'être dans la même pièce que Sam pour plus de quelques minutes. C'est encore plus dur quand on est sous notre forme de loup. »

Je lui souris et laisse échapper un rapide et léger rire. « Maintenant tu sais ce que je ressentais. »

Il a levé ses yeux noirs. « Ressentais ? Est-ce que je détecte un temps passé ? » je regarde par la fenêtre et lui lance « Peut-être. » Il hausse une épaule (personne ne peut-être aussi désinvolte que Jacob) et il m'explique qu'il pense que son problème avec Sam est un « truc d'Alpha ». Oh, bien sûr, comme s'ils avaient tous les deux trop de testostérone pour être dans la même pièce au même moment… ha ha. Les hommes peuvent être tellement arrogants.

« En fait peut-être que je déteste Sam parce que je suis un Alpha, aussi, » lui dis-je, et tire la langue pour faire bonne mesure. « Je vais juste m'enfuir et créer ma propre meute. Ma propre meute d'un membre. » Il rit et réplique que « la meute de Leah » est juste la chose la plus effrayante à laquelle il puisse penser. Et ensuite il arrête de rire et ajoute, « Mais tu ne me détestes pas comme tu détestes Sam, pas vrai ? Je veux dire, je ne t'ennuie pas autant, hein ? »

« Bien sûr que non. Tu n'as pas brisé mon cœur. » Jacob se tait après ça, regardant la route. Est-ce qu'il a honnêtement oublié pourquoi j'avais des problèmes avec Sam ?

« Leah, je ne suis pas comme Sam, hein ? » sa voix est rauque, rauque et vulnérable comme je ne l'ai jamais entendue. Il ralentit la voiture autant que possible.

« Quoi ? Non, tu es ridicule, Jake, » je lui dis, exaspérée. D'un côté, il n'avait jamais été aussi sûr de lui que Sam. C'est une des raisons pour lesquelles j'aime Jacob. Comme Alpha, je veux dire. Et comme un ami. Et… je suppose que c'est juste une autre facette de Jacob qui va être perdue avec Nessie.

« Je veux dire à propos du truc de l'imprégnation, » dit Jacob tellement doucement que je dois me rapprocher pour l'entendre. Il change de vitesse beaucoup plus souvent que nécessaire... Pas comme quand ma main droite cherche en permanence dans mon sac, fouillant pour être sûre que mon téléphone, mon IPod et tout le reste est toujours là. Il le faisait juste pour avoir quelque chose dont s'occuper.

Je ne sais pas quoi dire. Que répondre à ça ? Est-ce qu'il veut que je lui dise que j'approuve pour Nessie ? Est-ce qu'il veut que je lui dise « Non, je pense que c'est vraiment génial que l'amour de ta vie soit cette sale et effrayante chose sur la planète Terre, et ça veut dire beaucoup, puisque je suis moi aussi une horreur de la nature ! »

A la place, j'ai dit, « Jake, beaucoup de loups se sont imprégnés. Peut-être que tu es comme Paul. » Et je lui ai tiré la langue de nouveau. Il m'a dit que si je continuais à faire ça, j'allais rester coincée et j'aurais l'air stupide pour toujours. Je lui ai répondu que son insulte était la chose la plus nulle de la planète et que ça m'étais égale d'avoir l'air stupide, donc voilà. Et nous retournions dans le silence.

« Dis juste à Sam que je serais à son putain de mariage, » dis-je finalement. Je ne l'ai pas dit en râlant autant que j'aurais du. Au lieu d'être en colère, j'étais résignée. Et endormie. Jacob avait prétendu me ramener à la maison, mais cela faisait presque un quart d'heure que notre course s'était achevée, et je ne pense pas que nous étions plus proches de La Push.

« Et je vais lui dire exactement comme ça, aussi. 'Leah dit qu'elle sera à ton putain de mariage.' »

Je cligne des yeux. « Dis-lui que je serai demoiselle d'honneur s'il le veut vraiment. »

« Ce n'est pas toutes les demoiselles d'honneur qui sont derrière la mariée ? Tu peux toujours être garçon d'honneur. Puisque tu es tellement masculine ! » Et après je l'ai tapé sur le bras. Ce qui a prouvé qu'il avait marqué un point et ça la fait rire plus fort. Bâtard. « Ouais, ouais Leah, arrête d'angoisser je le dirai à Sam, ok ? » et il s'arrête.

Il était tard, très tard. Près de deux heures. Ce qui n'est pas mauvais sous la forme de loup, quand nous avions une tâche à exécuter, comme stopper la dix-septième Guerre des Vampires ou quoique ce soit d'autre. Mais sous notre forme humaine, quand on est fatigué, on commence à dire des trucs stupides que l'on ne devrait pas dire. Tout le bénéfice d'être humain c'est que votre meute n'a pas à entendre toutes les stupidités qui vous passent par la tête. Mais être fatigué et bien installé (dans une confortable petite Ferrari) et votre filtre meurt. En tout cas, c'est ce à quoi je pense pendant que je lave l'assiette de salade de thon, en regardant ma mère préparer de la soupe pour Charlie (et moi, ainsi que Seth, probablement). Je vais mettre la culpabilité de la conversation sur l'effet fatigue. C'est la seule chose qui puisse expliquer la stupide question de Jacob sur sa ressemblance avec Sam et tout ce qui est venu par la suite.

Parce qu'après la pause, j'ai dit, d'une voix aussi basse que celle que Jacob a utilisée plutôt, « Ils me veulent à leur mariage, à leur putain de mariage parce que ça voudra dire qu'ils n'ont rien fait de mal. » Pas besoin de dire que c'est Rosalie qui a dit ça la première, Jacob aurai rit de moi encore plus.

Je le regardais en disant ça, le regardant d'une manière fatiguée, sans faire attention. Alors j'ai vu les muscles de sa mâchoire fermée se tendre. Il continue sur le sujet. « Ils ont fait quelque chose de mal, » ensuite, Jacob s'est tourné et m'a regardé dans les yeux. « Ils ont fait quelque chose de mal, Leah. Ils t'ont blessée. Et ils n'ont aucune excuse pour ça. Aucune. » Et après il a dégluti et a de nouveau regardé la route.

La version de Leah réveillée, alerte et nourrie de salade de thon pense « Waouh. Quelque chose est vraiment en train de se passer chez Jacob. » Mais la version spéciale de moi, celle fatiguée, qui pense à Sam et à ma jolie cousine, qui fixe les muscles des bras de Jacob (j'étais fatiguée, d'accord ? Vraiment fatiguée ! Et il n'y avait rien d'autre à regarder dans la voiture), cette Leah là ne remarquait pas de telles choses. Je souriais juste à Jacob. Souriais parce qu'il était énervé que j'ai été blessée, parce que durant de nombreux mois, lorsque j'étais dans la meute de Sam, tout le monde me détestait, tout le monde, et que désormais j'avais Jacob de mon côté et le voir dire un truc sympa m'a fait sourire. Peut-être me ramollissais-je.

Donc en même temps que je souriais à Jacob, j'ai dit, « j'imaginais que tu pensais que j'étais une harpie, » et au lieu de me répondre que j'étais juste un peu moins pénible que Paul, ou que toute cet après-midi à la Casa des Vampires lui avait donné une nouvelle appréciation de ce que voulait dire être une harpie (je devrais remercier Rosalie de lui en montrer les bases) il me dit qu'il comprenait maintenant et qu'il pensait avoir eu tord.

« Oh tu comprends, maintenant que Bella a bien joué avec ton petit cœur fragile tu comprends à quel point ma vie craint ? » je me tournais vers lui. Comme si perdre son amourette sans espoir de pathétique lycéen avec l'effrayante Bella, c'était avoir des années de véritable relation ruinées par ma saleté de cousine. Jacob me regardait juste du coin de l'œil et me dit que non, il ne parlait de Bella. Il parlait de Nessie.

« Génial ! J'adore la soupe ! Est-ce que je peux en avoir ? Ce sera prêt quand ? » Seth bondit dans la cuisine, regardant tout le monde. Je faillis presque faire tomber l'assiette qui était parfaitement propre maintenant. Je la sèche très rapidement et la range dans le placard.

« Seth, qu'est-ce que je t'ai dit à propos des pieds propres ? » dit maman avec lassitude. La soupe est toujours sur le feu et sent vraiment bon. Mon estomac gargouille doucement. Berk, juste un autre point génial dans le fait d'être un loup-machin. Bon, au moins mon estomac ne faisait pas autant de bruit que celui des gars. « Je me moque que tu parcoures la forêt pieds-nus quand tu es un loup, mais je veux que tu les laves avant de rentrer dans ma cuisine, jeune homme, » est en train de continuer maman.

Waouh, elle est sévère aujourd'hui. Je me demande si c'est parce que Charlie est là. Ou c'est parce que je suis à la maison et que maintenant elle doit cuisiner pour deux fosses sans fond au lieu d'une. Seth lève les yeux au ciel et me sourit.

« Tu étais dehors tard hier, sœurette. Un rendez-vous sauvage avec, je ne sais pas, un esprit frappeur ou un truc du genre ? » Je le regarde fixement. « Tu sais à cause de toutes ces créatures mythiques ? » C'est vraiment triste que Seth se sente obligé d'expliquer ses blagues douteuses. Charlie semble un peu plus que mal à l'aise avec la direction que prend la conversation. « Leah sortait avec un homme sirène, » dit-il à maman et Charlie, « mais il a commencé à agir comme un poisson, » et ça le fait rire.

« Non, Seth, je sortais avec un zombie, et nous parions sur le temps qu'il mettrait avant d'avaler ton cerveau. Oh mais attends, tu n'as pas de cerveau, Ha ha, » je lui réponds d'une voix monotone.

« Oooooooooooooh, waouh, tu as tellement d'esprit ! J'aimerai bien être sous ma forme de loup là, tout de suite, pour entendre ce qui se passe dans ton petit cerveau de femelle tordue. Oh attends, en fait, surtout pas ! »

« Ouais, ce serait génial, et comme ça je pourrai écouter en boucle ton monologue sur le fait que Lord Jacob est génial, »

« C'est mieux que de t'entendre toi penser à… »

« Hum... » dit une petite et faible voix à travers la cuisine. Nous regardons tous les deux vers Charlie. « Rien de tout ça n'est réel, pas vrai ? »

« Non, bien sûr que non ! » dit maman, en remplissant quatre bols de soupe. Deux sont bien plus grands que les autres. « Ne plaisantez pas à propos des créatures mythiques devant Charlie. »

« Hey, Charlie, Bella n'est pas une sirène, ne t'inquiète pas. En plus tu l'aurais probablement remarqué. Et elle n'est pas non plus un esprit frappeur ou un zombie, » dit Seth, en s'asseyant à côté de lui. « Alors tu vas regarder les Seahawks* ce soir ? »

La soupe est bonne. Tout ce que cuisine maman est bon. C'est assez facile de faire la sourde d'oreille quand Seth et Charlie discutent de sport. Maman paraît heureuse quand elle s'assoie enfin. Et bien, ça c'est quelque chose.

Demain, ou peut-être le jour suivant, je retournerais à la Crypte. Pour sortir avec mes adorables vampires. Ou faire autre chose. Mon Dieu, comment est-ce que je me mets dans ce genre de situations ? Enfin, j'ai promis à Alice de revenir, et c'est vraiment dur de dire non à Alice.

En mangeant ma soupe je repense à hier, encore. C'est un peu flou. Pas comme après une cuite, mais comme ces souvenirs de nuit noire, lorsque l'on n'arrive pas à se rappeler exactement ce qui a été dit. Jacob était définitivement énervé à propos de quelque chose. Et nous avons conduit sans but, pendant très, très longtemps. « Mauvais garçon, tu n'es toujours pas fatigué ? » ai-je fini par lui demander. Ce n'était pas que je voulais rentrer, de nouveau dans la maison familiale, mais je ne voulais pas qu'il pense qu'il devait s'occuper de moi. Me montrer la voiture, ou me réconforter, puisque je suis une vieille fille amère.

Il a tourné la tête. « J'aime te conduire, » il a murmuré. « La vitesse, c'est vraiment génial. »

« Si c'est de la vitesse que tu veux, on peux courir en tant que loups, » je lui ai répondu.

« Et j'aurais à entendre tes pensées, » il s'interrompt. « J'aime te parler. Parfois c'est sympa de te dire certaines choses parce que je veux que tu les saches, et pas parce que tu m'as entendu y penser. Et…. Être dehors, avec toi, conduire, faire quelque chose de vraiment humain, c'est comme si j'étais de nouveau normal. » Waouh, il devait être aussi fatigué que je l'étais, mais je n'y ai pas fait attention la nuit dernière. Donc j'ai comme ri dans un reniflement.

« Nous sommes plus humains que certains. »

« Je me sens comme j'ai l'habitude de me sentir, quand j'étais un loup, mais… . » Sa voix s'est estompée. Je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer, mais j'étais curieuse. Nous n'avions pas réellement parlé beaucoup, aussi ouvertement, depuis que Nessie était née. Nous étions amis, et dans la même meute, mais pas vraiment confidents. Je pensais que c'était parce qu'il n'en avait pas besoin dans sa vie. Mais je suppose que je n'en savais pas tellement sur sa vie en ce moment. « …parfois quand je suis seul dehors, ou parfois quand je suis avec toi, je me sens comme j'étais avant de m'imprégner. »

Je ne savais pas quoi dire, alors je n'ai rien dit. Les mots ont commencé à sortir de sa bouche, « C'est dur pour moi, d'être loin de Nessie. Je déteste même qu'elle soit hors de ma vue. C'est comme… comme s'il y avait un gros morceau de moi qui est elle, et elle seulement. Et quand je suis avec elle, cette partie de moi est tout ce que je suis. Il n'y a rien d'autre, rien d'autre ne compte qu'elle. Mais à certains moments…je me sens différent. Comme maintenant, quand je suis avec toi. Et c'est étrange. C'est comme être deux personnes différentes, mais les deux sont toujours moi. »

Il devenait tellement sérieux ; j'ai été tentée de poser ma main sur son bras, comme Alice l'a fait pour moi. Mais je ne l'ai pas fait.

Quand il a repris, sa voix était encore plus basse. « Si je pouvais, je me serais transformé et j'aurais couru vers le nord, pour voir combien de temps j'aurais pu rester sous cette forme. Pour voir comment je me sens, qui je suis. Mais je ne peux pas, je ne peux pas la laisser, » et nos yeux se sont rencontrés, et il a dit, « Je suis tellement jaloux que toi, tu puisses partir comme ça… »

Je secoue la tête, comme si ce geste physique pouvait mettre de l'ordre dans mes pensées. Seth et moi finissons les restes du potage. Charlie parle à maman maintenant. « Tu as l'air pensive, Leah, » me dit mon petit frère, doucement. Je hausse les épaules. « Jacob a dit que Bella avait dit qu'Alice a dit que tu retournerai bientôt voir les Cullen. » Je hausse de nouveau les épaules. Comme si j'avais besoin que Seth soit mon secrétaire social.

« Hey, minus, tu n'as pas de vrai amis que tu pourrais ennuyer, à ma place ? »

« Oh, ouais, Petite, parce qu'il y a tellement de personnes à taquiner. Oh, je sais ! Je pourrais aller donner quelques coups de pattes à l'autre meute. C'est une idée géniale. »

Je laisse sortir un petit rire. « C'est ridicule que ce soit moins gênant de traîner avec les sangsues qu'avec nos propres gars, » dès que le mot 'sangsue' a passé mes lèvres, je l'ai regretté. Mes yeux se sont tournés vers Charlie, mais il n'a rien noté. Il est occupé à parler avec maman à propos d'une nouvelle construction à Forks. C'était juste. Seth me donne un coup dans le tibia sous la table. Je le pique avec ma fourchette.


Détacher mon soutien-gorge en forêt est encore loin de m'amuser. Je le retrouve toujours poisseux de mûres sauvages. Je devrais avoir trois bras. Berk. Et oui, j'ai amené les chaussures. Je ne vais jamais nulle part, donc si je veux les porter, ça ne peut-être que dans la super effrayante maison des Cullen. Aussi génial que soit « le terrain neutre »… je ne me sens pas d'humeur à m'asseoir dans une voiture sur un parking de Port Angeles.

Je monte l'allée et frappe à la porte. Le mari d'Alice, le blond, m'ouvre. « Pas la peine de frapper, tu sais. Les autres chiens ne le font pas, » il fait un pas sur le côté et me laisse entrer.

Alice et Rosalie m'attendent à l'intérieur. Alors que je marche vers elles, je tourne la tête vers Jasper et lui dit « Et bien, l'un de nous se doit d'être civilisé ».

La pièce ne sent pas aussi mauvais que la première fois que je suis venue la semaine dernière. Les fenêtres sont ouvertes et il semble avoir un ventilateur. Je me demande s'ils l'ont depuis que Jacob a commencé à être ici tout le temps. Il n'est pas là en ce moment, lui et Bella ont sûrement pris le Microbe pour tuer un animal innocent comme la mère du pauvre petit Bambi. Je ne vois ni Edward, ni le musclé, le mari de Rosalie. Ni, en y réfléchissant les prétendus « parents » de cette petite équipe de sangsues. Maintenant que je traîne en quelque sorte avec Rosalie et Alice, je devrais peut-être arrêter de penser d'horribles choses sur les vampires.

Ou pas. Ce n'est pas ma faute s'ils sont des suceurs de sang.

« Merci d'être revenue », dit Alice tandis que je m'assieds sur un des sofas. Je fais un petit bruit et passe mes pieds sous le reste de mon corps.

« On a un cadeau pour toi, » dit Rosalie d'une voix neutre. J'aime ça chez elle, qu'elle ne se sente pas le besoin de s'enthousiasmer sur tout et rien, comme Bella. En fait, Bella râle juste. Berk. Pourquoi Jacob l'a aimé pendant autant de temps ? Je me serai pendue si j'avais été amoureuse d'une personne qui râle et qui pleure chaque putain de jour.

Je fixe mon regard sur Rosalie. « C'est vraiment gentil de votre part. C'est une laisse ? Un Frisbee ? »

« Oh, non, nous aurions du prendre plus d'accessoires ! » Lui siffle Alice.

« Hum…dans ce cas. Un bracelet ? M'avez-vous acheté un joli bracelet en argent, les gars ? Ou des boucles d'oreilles ? » Je demande en gardant un visage impassible.

« NON ! » Alice saute pratiquement sur place. « Jasper ! Va le chercher ! » Son mari soupire et lève les yeux au ciel, puis il va vers la cuisine. Je me demande brièvement si leur cuisine a un évier, un four, etc, environ vingt congélateurs plein de sang que docteur Dracula vole de la banque de sang. Hum ! Mais je suppose que s'ils avaient leurs propres petites provisions ici, ils ne décimeraient pas la population animale des environs.

Je suis en réalité assez excitée de voir ce qu'ils m'ont acheté. Je m'attends, je ne sais pas… une figurine d'action de loup-garou ? Ou une anthologie ridicule sur les loups-garous ? De la même manière que j'ai été tentée de leur acheter ce livre que j'ai vu l'autre jour appelé Vampirisme. Je ne m'attendais certainement pas au minuscule chien qui charge dans la pièce principale surdimensionnée et qui court de manière étrange.

« Putain, mais qu'est-ce que c'est que ça ? » Je demande, en le montrant du doigt.

« C'est ton cadeau ! C'est un lévrier italien ! » Gazouille Alice avec joie, tandis que Rosalie appelle le chien.

C'est le chien le plus marrant que je n'ai jamais vu. Comme un lévrier typique… . Mais… petit.

Vraiment petit. Avec un minuscule corps perché sur de longues et maigres pattes. Et il ne peut pas marcher droit apparemment, parce qu'il vacille partout.

« C'est un chiot, » me dit Rosalie tandis qu'elle attrape le corps hyperactif de cet animal de compagnie. « Mais il ne deviendra pas beaucoup plus grand. »

« Vous, les gars, m'avez offert un chien ? » je demande finalement.

« Non, on t'a offert une table basse », me dit Jasper, assis à côté d'Alice. « Il ressemble juste à un chien. »

Ok, donc je dois l'admettre, le chiot est assez mignon. Petit, c'est vrai. Mais pas petit du genre d'un ennuyeux petit chien de salon de célébrité. Avec ses jambes risibles, il ne semble pas être fait pour les sacs à main et tous ces trucs.

Alice le caresse désormais tandis qu'elle m'en dit plus sur le chien, « les lévriers italiens aiment courir très rapidement, donc on a pensé que tu sais, il pourrait courir avec toi. » Le chiot me remarque et arrive là où je suis assise. Au lieu de se frotter à moi comme il l'a fait pour les autres, il me bondit promptement dessus.

« Oooooooooh, il t'aime ! » glousse Alice.

« Bien sûr qu'il l'aime. Elle est chaude, » lui dit Jasper, mettant ses bras autour des épaules de sa femme.

« C'est pour ça que l'on a prit un chiot et pas un chien, pour le conditionner à ne pas nous haïr, juste parce que nous sommes des vampires, » dit Alice. Waouh, ils ont mis beaucoup d'intention dans ce cadeau.

Et… je suis comme touchée. Personne ne m'a jamais donné de petit chien hyperactif avant aujourd'hui.

« Son nom est Scott, » dit Rosalie, me regardant avec le chien avec une légère grimace. Ou est-ce un sourire ?

« Scott ? Pas comme, Rover ou quelque chose ? » Je demande. Rosalie fixe ses yeux sur moi. « Ou, tu sais, un truc exotique ? En principe quand les gens donnent des noms d'humain à leur chien, ce sont des trucs exotiques. Comme… »

« Marmelade ? » demande Alice. C'est comme ça que je voulais le nommer. »

« Je voulais l'appeler 'Dîner' » dit Jasper, regardant au loin. Il sourit d'un air satisfait après ce qu'il a dit.

« Oh ouais, menacer de manger le chien de Leah. C'est très bien, » l'apostrophe Rosalie, le regardant fixement. Waouh cette famille semble se chamailler autant que je le fais avec les charmants membres de ma meute.

« Je n'y peux rien si ce chien, désolé, Scott, Marmelade ou Rover ou peu importe son nom, sent comme de la nourriture. » Il me regarde et sourit, « Je suis désolé, Leah, est-ce que ça t'a offensée ? Que ce chien sente plus la nourriture que toi ? » et il essaie de me faire ce que je suis sûre qu'il pense être son sourire le plus dangereux.

« Oui, je suis vraiment, vraiment triste que l'ambition de toute ma vie de sentir comme de la nourriture pour une sangsue répugnante ait été contrariée. »

« C'est juste parce que les humains sentent meilleurs, mais toi et ta meute sentez pour moi pire que les chiens, je me demandais si ça t'énervait ? »dit-il, toujours avec le même sourire, plus un haussement de sourcil. Alice et Rosalie nous regardent, Rosalie avec un sourire, Alice comme si elle s'apprêtait à nous séparer si jamais nous nous rapprochions de la violence physique. Je devrais la rassurer plus tard en lui disant que je n'abîmerai pas le joli minois de son mari.

« Peut-être que nous ne sentons pas comme de la nourriture pour toi, vampire, parce que si tu t'approchais un peu trop de nous, nous casserions probablement tous tes os et te flanquerions une bonne correction ; ce qui serait dommage pour toi, pas vrai ? » Scott ou quel que soit le nom du chien, flaire ma main. Je souris aux filles. « Au fait merci pour le chien. Il est vraiment mignon. »

« Tu l'aimes ? » demande Alice, « Nous n'étions pas sûres que tu en voudrais. Jacob dit que les loups-garous n'ont pas le temps de s'occuper d'animaux de compagnie, mais… »

« …nous voulions te rappeler que les hommes sont des chiens, » l'interromps Rosalie, « Hein, qu'ils en sont Scott, oui ils en sont oui, mon chien ! » elle adresse cette dernière partie au chien ; « Oh, et son nom n'est pas réellement Scott. Tu peux l'appeler comme tu veux. »

« Ou tu peux laisser Bella s'en charger, » dit Jasper.

ooOoo


*Seahawks : Equipe de Baseball de Seattle.


Note de l'auteur : Merci pour toutes les reviews et à tous ceux qui m'ont mis dans leurs favoris ! Continuez s'il vous plaît ! Les commentaires me poussent à publier plus vite ! Et merci aux personnes qui m'ont mis dans leur liste C2 ! J'espère que tout le monde prend autant de plaisir à lire que j'en ai à écrire. Je suis surtout excitée par vous les fans du Blackwater, je pense que vous pouvez vous dire que je suis de votre côté.

J'espère aussi que personne n'est déçu que Bella apparaisse peu dans cette fic. (Je ne la déteste pas vraiment. Mais je pense que Leah oui.)


Note de la traductrice : Je vais citer l'auteur "Merci pour toutes les reviews et à tous ceux qui m'ont mis dans leurs favoris ! Continuez s'il vous plaît ! "ça me semble assez proche de mes propres sentiments.

Ensuite un grand merci à AliCerise, ma super correctrice qui fait un "boulot" génial et en plus dans les délais de temps que je lui donne qui, soyons honnêtes, sont plutôt courts.

Enfin, je dédicace ce chapitre à Frozen Cherry.

Pour les reviewers non-inscrits sur et qui ont la gentillesse de laisser des commentaires, j'ai créé une page pour vous répondre, le lien est sur mon profil.

Chapitre 5 : Le week-end du 7 février, en principe. Je suis actuellement en Bac Blanc donc un retard est (très fortement) possible...