Micro-annonce: un grand merci pour tous vos petits messages, ils m'ont tous fait très plaisir! Sachez que je suis très contente de pouvoir partager cette histoire avec vous, et j'espère que le plaisir est partagé!
Je tiens également à remercier une nouvelle fois AissriKawaii, sans qui cette fanfic n'aurait pas vu le jour... Si vous aussi vous aimez les Alois/Ciel, n'hésitez pas à aller découvrir son histoire, âmes soeurs!
Attention! Ce chapitre comporte une scène explicite décrivant des ébats sexuels entre deux hommes! Vous êtes prévenus!
CHECKMATE
-Chapitre 04-
Quand Ciel commença à émerger quelques minutes plus tard, il sentit une masse chaude collée contre lui. Il maugréa contre son mal de tête avant de réaliser qu'une poigne lui enserrait la taille. Il fronça des sourcils d'incertitudes, trouvant ce contact tout autant agréable qu'il était dérangeant. Enfin, quelque chose de doux venait s'enfouir dans son cou.
« Bonjour, jolie princesse. »
La voix d'Alois était chaude au creux de son oreille, bien trop proche pour son pauvre cœur qui s'emballa. Cela avait suffi pour le réveiller totalement, et il avait maintenant pleinement conscience des choses. Il était confortablement allongé sur ce qui semblait être un sofa. On lui avait retiré sa veste, ses chaussures, et il ne sentait plus son foulard étroitement noué autour du cou. Le blond était à ses côtés, dans ce que son cerveau assimilait comme son espace intime, et on lui criait à l'intrusion.
C'était bien sa main, n'est-ce pas, qu'il sentait se refermer un peu plus sur ses hanches ? Et c'était également sa bouche qui venait de se poser dans son cou, non ? Réalisant que ce qu'il venait de déduire n'était autre que la réalité, il voulu s'extirper de là, hurler à ce foutu Trancy de le lâcher, mais ses désirs ne purent dépasser sa simple volonté. Ses muscles étaient encore trop engourdis, et il ne put que grogner de mécontentement. Sa réaction fit doucement rire le blond qui resserra un peu plus sa prise.
« Oh non, tu ne vas pas t'enfuir comme cela… Je t'ai attrapé, je te garde ! »
Il s'employa à couvrir la peau blanche de Ciel de quelques baisers papillons, chastes sans toutefois n'être qu'anodins. Il voulait lui montrer, par ces simples gestes combien il était agréable de se laisser aller contre l'autre. Il savait pertinemment qu'en présence de tous ses moyens, le jeune Lord Phantomhive aurait déjà fui loin de lui et surtout de sa bouche.
« Tu sais, Ciel… Tu étais tellement mignon, quand tu dormais, que j'étais à deux doigts de t'ôter tous tes vêtements. Et puis j'ai réalisé que ce n'était pas réellement honnête envers toi. Quelqu'un de ton standing mérite bien mieux, tu ne penses pas ? »
Ciel sentit les lèvres habiles du blond lui happer tendrement le lobe d'oreille, et le suçoter avec avidité. Vinrent ensuite ses dents qui le mordillèrent doucement. Que cette bouche chaude et humide lui prodiguait de délicieuses sensations!
Le petit brun ne put s'empêcher de gémir malgré lui alors que de nombreux frissons lui parcouraient les reins. Son rythme cardiaque, quant à lui, était repartit dans une folle course, et d'une manière inexpliquée, sa température interne commençait doucement à monter. Il désirait vociférer combien cela était intolérable ! A moins qu'il n'aurait préféré crier qu'on ne lui retire sa chemise devenue bien trop étouffante ? Son corps semblait être victime d'une conspiration. Oui, c'était cela ! Un vulgaire complot !
« C'est bien mieux si tu es éveillé, n'est-ce pas ? Ça aurait été tellement dommage que tu rates tout ça… »
Non, non… Ce n'était pas les doigts fins et agiles d'Alois qui glissaient sur son torse, retraçant au travers du tissu ses muscles. Non, non, ce n'était pas le nez d'Alois qui s'amusaient dans ses cheveux, respirant avec délectation son odeur. Ce n'était pas lui non plus qui, d'une voix trop sensuelle, lui murmurait qu'il était prisonnier de sa toile.
Bordel, et pourquoi ne pouvait-il toujours pas bouger ?!
Il sentit la poigne du blond se desserrer lentement autour de sa taille et il faillit grommeler de frustration lorsqu'il sentit sa chaleur s'éloigner de lui. A ses côtés, Alois n'avait pas manqué l'expression de son visage : Ciel avait retroussé le nez de contrariété alors qu'il se relevait.
« Chut… Mon beau prince, ne t'inquiètes pas… »
Le jeune Trancy s'était penché au-dessus de lui et avait posé un index sur ses lèvres entrouvertes. A ce contact, Ciel eut une montée d'adrénaline et sa respiration s'accéléra. Comment ça, ne pas s'inquiéter ? Il en avait de bonnes, ce cher ami Trancy ! Parce qu'il croyait quoi ? Que de se faire peloter sans pouvoir émettre la moindre protestation était agréable ? Que d'être complètement vulnérable, à la merci de l'autre sans même pouvoir contester, c'était excitant ? Non, ça ne l'était pas, c'était bien pire que cela. Et Alois devait bien voir dans sa prunelle bleue à quel point il était terrorisé. Par contre, ce que Trancy ne pouvait y lire, c'était qu'il n'était pas paniqué devant la tournure des choses. Non, il était horrifié d'aimer ça.
Alois profita de cet instant pour l'observer attentivement. La tête penchée sur le côté, un sourire sur les lèvres, ses yeux d'eau détaillaient la moindre réaction de son invité. Il était inquiet quant à la terreur qu'il pouvait voir sur ses traits crispés, mais il était également ravi de constater qu'il n'était pas indifférent à sa présence, et ce même éveillé. Il avait parfaitement entendu la respiration saccadée de son cadet, et cette pupille dilatée par le plaisir ne pouvait mentir. Satisfait, un sourire supérieur s'installa sur ses lèvres.
De son côté, Ciel commençait à retrouver l'usage de ses muscles. Il arrivait à nouveau à bouger lentement ses doigts, les déplaçant lentement tout en prenant soin de rester discret. Il n'était pas question de gâcher la seule et unique chance de se sortir de ce guêpier ! Et comment anticiper la réaction de Trancy lorsque celui-ci réaliserait qu'il récupérait ses moyens ? Il ne préférait même pas y penser !
Alois se pencha à nouveau au-dessus de son corps. Il allait poser ses lèvres quelque part sur lui, son visage se rapprochant dangereusement du sien. A cette idée, le sang de Ciel ne fit qu'un tour : brusquement, il repoussa fermement Alois et, complètement paniqué, tenta de fuir aussi loin qu'il le put. Enfin, il finit par tomber à la renverse, dépassant sans réellement s'en rendre compte le bord du divan. Découvrant avec douleur le sol sous ses fesses, il grimaça.
Alors qu'il reprenait ses esprits, il entendit le rire clair de son hôte emplir la pièce. Bon dieu, pourquoi ce crétin riait-il ? Contrarié, le brun s'indigna.
« Tu es devenu complètement fou, mon pauvre Trancy ! »
Regardant au-dessus de lui, il vit rapidement la tête blonde de son hôte vérifier qu'il allait bien. En le découvrant, le jeune Trancy reprit de plus belle ses éclats de rire. Quelle était la farce ? Le blond riait aux larmes parce qu'il avait une posture ridicule, affalé sur le parquet ? La colère commençait à monter à nouveau dans l'esprit de Ciel qui ne put s'empêcher d'exploser.
« Tu peux me dire ce qu'il te prend ?! C'est quoi, toute cette mascarade ?! »
Tout en criant sur son ainé, il fit un geste de la main pour désigner le sofa dans son intégralité. Par ce simple signe, il faisait habilement référence à la trop grande affection que le blond venait de lui témoigner. Il n'osait mettre des mots dessus, et c'était très bien ainsi. D'autant que Trancy avait arrêté de rire, gardant simplement un large sourire sur les lèvres. Il avait compris ce à quoi le brun faisait allusion, et cela l'avait doucement mais sûrement ramené à la réalité.
« - Ciel, ce que tu peux être drôle, mon ami !
- Tu peux me dire ce qu'il y a de drôle dans le fait de se faire droguer ?
- Mais enfin, Ciel, tu es tout rouge ! Tu as la respiration qui s'emballe et j'ose supposer que ton cœur est dans le même état…
- Tout bonnement parce que je suis en train de me faire agresser !
- Que tu dis ! Si tel était le cas, comment expliquerais-tu tes pupilles dilatées et tes gémissements de plaisir… Allez, Ciel, avoue que tu as aimé ! »
Aux mots du blond, le jeune Phantomhive tourna vivement la tête sur le côté, ses joues prenant une jolie teinte rosée. Effectivement, il ne pouvait mentir sur les causes de ses réactions corporelles, mais tout ceci n'était que physique, n'est-ce pas ? Et ce n'était pas pour cette raison qu'il allait se laisser faire par ce foutu Trancy ! Non, il serait bien plus fort que ses envies !
Face à cette réaction trahissant ses émotions, Alois ne put s'empêcher de s'écrier victorieux.
« - Ha ha ! Je le savais ! Le grand Lord Phantomhive est sensible à mes douces attentions !
- Trancy, ferme-la ! »
Le ton de Ciel avait été tranchant, nuancé de colère et de panique. Après tout, le brun était complètement en droit de perdre patience : être démasqué aussi facilement contre son gré et sa propre raison était tout bonnement déroutant. D'autant qu'il devait, par la même occasion, s'avouer à lui-même cette dérangeante faiblesse. Parce que non, apprécier la compagnie de Trancy était loin d'être dans ses projets !
Voyant le plus jeune perdu dans un sérieux dilemme, Alois s'affala sur le sofa pour pencher sa tête vers lui. De là où il était, il pouvait à nouveau sentir l'odeur de Ciel et ne rater aucune de ses réactions. Il tendit une main devant lui, laissant ses doigts glisser dans les cheveux bleus de son invité.
« Allons, Ciel… Laisse-moi te faire découvrir. Si ce n'est pas pour moi, fais-le au moins pour toi : tu en crèves d'envie. »
Pour une raison totalement abstraite, les mots du blond raisonnèrent dans sa tête : « Tu en crèves d'envie »… Oh, bien sûr que son corps le voulait, il ne pouvait le nier et il commençait doucement à se faire à l'idée. Ce qui le dérangeait, par contre, c'était le fait que ça soit lui, précisément. Et que son hôte mette le doigt sur ce détail-ci était surprenant. « Fais-le pour toi »... Trancy se souciait-il réellement de son bien-être ? L'idée était réellement bouleversante !
Avec ces dernières réflexions, il se rappela avec fracas les paroles qu'il avait perçues avant de sombrer dans le sommeil. Au vu du contenu de ces mots, il avait supposé avec raison que le blond le pensait endormi. Alois n'avait jamais fait preuve de tant de franchise envers lui, et ce n'était sûrement pas avec cette histoire de duel qu'il souhaitait changer.
Cependant, maintenant qu'il avait à nouveau cet étrange monologue en tête, la réalité le frappa de plein fouet : lui qui ne pouvait accepter l'affection d'un simple mortel, peut-être pouvait-il accepter celle d'Alois ? Le blond avait lui aussi signé un sombre contrat, alors il pourrait peut-être se laisser aller dans sa douce étreinte ? Il n'aurait à se soucier des conséquences, Trancy serait à même de le comprendre. Oui, il n'attendrait rien de lui comme lui-même n'attendrait rien de leur relation. Après tout, ni l'un ni l'autre ne pouvait espérer avoir un réel avenir, et la solution était peut-être de partager le temps qu'il leur restait en compagnie l'un de l'autre.
Sentant ses joues chauffer plus que de raison en comprenant qu'il venait de prendre une folle décision, Ciel se retourna vivement vers son compagnon. Son visage n'était qu'à quelques centimètres de celui du blond et, ravalant sa fierté et usant de tout son courage, balança tout de but en blanc.
« Alois, apprends-moi l'amour. »
Le blond ne put retenir un hoquet de surprise. Ciel Phantomhive, le Ciel Phantomhive de ses passions, venait de céder. Il avait même prononcé son prénom qui s'était alors transformé en une douce mélodie au travers de ses lèvres.
«- Redis-le encore.
- Alois Trancy, je t'en conjure ! Apprends-moi ! Apprends-moi l'amour ! »
Le visage de Ciel avait perdu sa timidité. Il était décidé et son regard exprimait de l'impatience. C'en fut de trop pour le blond qui, attrapant la nuque de Ciel d'une poigne ferme, posa ses lèvres brûlantes sur les siennes. La bouche de son cadet était douce. Jamais il n'avait espérer un jour ressentir de telles sensations. Il avait toujours connu les relations charnelles par obligations et, pour une fois dans sa vie, la passion qui l'animait était guidée par ses propres envies. Oui, il voulait le posséder, tout comme lui le possédait !
De son côté, Ciel sentit son corps s'enflammer à ce contact. Les lèvres d'Alois goûtaient aux siennes avec exaltation. Rapidement, il sentit la langue du blond réclamer un échange plus approfondi, et c'est avec maladresse qu'il le laissa diriger. Le ballet insensé qu'ils partageaient était grisant, le laissant au bord de l'ivresse.
Finalement, le jeune Trancy rompit leur baiser. Esquissant un sourire espiègle contre les lèvres du brun, il ne put s'empêcher de plaisanter.
« Tu m'offres quoi, en échange… ? »
Il ne put continuer à taquiner davantage le plus jeune, ce dernier ayant déjà repris possession de sa bouche. Ce second baiser était plus doux, plus timide, et les lèvres de Ciel découvraient avec naïveté ce plaisir si simple. Suivant son instinct, il reproduisit les gestes que son ainé avait exécutés sur le lobe de son oreille, mordillant avec gourmandise les chairs tendres d'Alois.
Le blond fut d'abord étonné par tant d'initiatives puis emporté par toutes les sensations qu'il lui créait. Il finit par gémir lorsqu'il sentit la main de Ciel glisser le long de sa nuque, appuyant légèrement pour approfondir leur échange.
Ils rompirent une nouvelle fois leur baiser. Les joues de Ciel étaient légèrement rosées par tant de gourmandises, son regard semblait complètement désorienté, tandis qu'Alois l'observait avec volupté. D'une main douce, il remonta le long de sa pommette et lui ôta doucement son cache-œil. Il voulait voir son visage sans ce morceau de tissu venant lui entraver la vue. Son oeil marqué brillait de tout son éclat et illuminait son visage. Le regard vairon de Ciel était tout bonnement magique, et il aurait été bête de ne pas en profiter pleinement. D'autant qu'il savait pertinemment que, dans la position où il était, Ciel n'appellerait pas Sebastian de si tôt…
Par un éclair de lucidité, le blond réalisa que son cadet était toujours par terre, et que ce n'était assurément pas la position la plus adaptée pour découvrir les plaisirs de la chair. Ainsi, il lui tendit une main aidante et l'invita à le rejoindre sur le sofa.
« Viens-voir par là… »
Ciel se laissa guider volontiers et se retrouva allongé sur le divan, agréablement câliné par les mains du blond. Ces dernières s'étaient déjà faufilées sous sa chemise et s'employaient à lui caresser le ventre avec tendresse. L'une d'entre elle remonta lentement redessiner avec plaisir les contours de son torse avant de réaliser combien tous ces vêtements étaient encombrants. Avec agilité, Alois défit les boutons de sa tenue avant de la faire glisser le long de ses épaules. Que cette peau sous ses doigts était douce!
Le buste du brun étant enfin accessible, le jeune Trancy en profita pour le couvrir de baiser enfiévrés. Laissant derrière son passage une traînée de feu, il le fit soupirer d'aise.
La tête légèrement penchée en arrière, Ciel ne put s'empêcher de gémir un peu plus lorsqu'Alois s'amusa avec ses tétons déjà durcis par le plaisir. Il les malmena gentiment entre son pouce et son index avant de les lécher avec envie. Enfin, sa bouche remonta un peu plus haut, embrassant ses clavicules, ses épaules, puis s'amusant dans le creux de son cou.
« Ciel, tu es magnifique… »
La voix rauque d'Alois trahissait son désir ardent. Ce dernier était d'autant plus attisé qu'il voyait le brun réagir à ses caresses et qu'il le sentait durcir contre sa cuisse. Habilement, il se positionna plus au-dessus de son prince pour apporter une pression contrôlée sur son excitation. Il souhaitait lui faire découvrir les plaisirs de la chair en douceur, et non pas comme un barbare voulant assouvir ses propres désirs. D'ailleurs, à bien y réfléchir, exciter Ciel était terriblement stimulant. Les gémissements qui s'échappaient de ses lèvres lui donnaient encore plus envie de le faire crier. Comme quoi, partager du plaisir avec le jeune Phantomhive était bien plus jouissif que tout ce qu'il avait espéré.
Il finit par déboutonner le short de Ciel et de lui faire glisser le long de ses cuisses. Depuis le temps qu'il rêvait de caresser ses longues jambes, il avait enfin le loisir de faire trainer ses doigts sur leur peau fine et délicate. Et à peine eut-il le temps d'effleurer ses dernières qu'il eut envie de goûter un peu plus à cette peau. Il ôta alors en douceur le dernier vêtement que possédait son joli prince. Ciel Phantomhive était là, sous lui, complètement dévêtu. Il avait les lèvres légèrement rougies, les yeux légèrement embués par le plaisir. Il s'offrait entièrement à lui et ce spectacle était d'une pure beauté.
Sentant l'absence de mouvement de son compagnon, le brun se releva légèrement pour saisir la situation. Il offrit alors un regard mi-contrarié mi-implorant à Alois qui l'observait. Bon dieu, qu'attendait-il comme ça ? Il finit par froncer des sourcils d'irritation, faisant comprendre au blond qu'il n'était question ni de ruse ni de jeu dans leur actuel échange. Avec soulagement, il vit un sourire naître sur les lèvres de son hôte qui repartait à la découverte de son corps. Il soupira de plaisir lorsqu'il sentit ses baisers glisser le long de ses hanches et hoqueta de surprise lorsqu'il embrassa l'extrémité de sa virilité. Ses yeux s'écarquillèrent quand la langue du blond commença à jouer avec pour finalement le faire glisser entièrement en lui.
« Bon dieu… Alois ! »
Si le blond avait put, il aurait sûrement ricané à un tel enthousiasme, le remerciant d'une remarque taquine qu'il était ravi d'être son dieu rien qu'à lui. Mais, à cet instant-là, il avait bien plus important. Il préférait donner du plaisir à son prince et l'amener jusqu'au bord de la jouissance. Ce qui, du point de vue de l'inexpérience de Ciel, ne mit que peu de temps. Il était délicat de résister à de tels plaisirs lorsqu'on les découvrait, encore moins lorsque c'était la bouche habile d'Alois qui les prodiguaient. Pourtant, la délivrance espérée n'arrivait pas. Pire que tout, la bouche de Trancy s'éloignait, le laissant brûler de désir. Haletant, il dût se mordre la lèvre inférieure pour ne pas hurler sa frustration.
Les sensations qu'il avait ressenties sur son sexe furent bientôt remplacées par d'autres tout aussi exquises : Alois prenait un soin tout particulier à caresser l'entrée de son intimité. C'était une sensation légèrement dérangeante tout en étant, en même temps, terriblement excitante. Il ne savait pas réellement l'expliquer avec des mots, ses pensées étant toutes perdues dans les abysses de la sensualité, mais les faits étaient là ! La main de son compagnon était divine, et le premier doigt qui s'introduisit en lui lui provoqua une délicieuse vague de plaisir. Sa frustration était envolée, évincée par une seule et unique envie : appartenir pleinement à Alois.
Le blond ne perdit pas une seule bribe du spectacle qui s'offrait à lui : Ciel était brûlant, et il semblait au bord de l'explosion. Il aurait pu le pousser un peu plus, l'obligeant ainsi à le supplier, mais il ne put lui-même résister à ce corps offert. Ainsi, terminant de préparer son prince à sa présence, il fit glisser ses propres habits à terre et s'approcha à nouveau du petit brun. Se penchant au-dessus de lui, il l'embrassa langoureusement avant d'appuyer doucement sa propre excitation sur l'intimité du plus jeune. Là, il ancra ses yeux dans les siens pour obtenir son accord.
Ciel ferma les yeux dans un signe affirmatif avant de sentir Alois s'emparer doucement de son être. Il ne put retenir une légère grimace, trouvant cette intrusion à la limite du désagréable. Ces sensations furent rapidement chassées par d'habiles doigts s'enroulant autour de son sexe. Quelques caresses lui firent oublier ces petites contrariétés très vite, et il se surprit lui-même lorsqu'il bougea son bassin pour chercher la présence du blond en lui. Ce dernier comprit rapidement le message et s'employa à approfondir avec délectation leur échange. S'insinuant un peu plus en lui, il débuta par de léger va et viens puis, sentant son jeune prince apprécier, il accéléra le rythme pour l'emporter un peu plus dans les antres voluptueux de la sensualité.
Les deux jeunes garçons semblaient dans un autre monde, où le délice de ne faire qu'un était roi. Ciel finit par aborder les portes de la jouissance, se cambrant pour hurler son exaltation. Alois le suivit rapidement, sentant les spasmes de plaisirs de son prince le tirer jusqu'à une ivresse indescriptible. Epuisé, il retomba sur le torse transpirant du brun.
Lorsqu'il reprit ses esprits, Ciel était confortablement installé dans les bras d'Alois, sa tête reposant avec délice sur son torse. Les doigts de son compagnon s'amusaient avec ses cheveux tout en caressant d'une main distraite sa joue. Le jeune Phantomhive se laissait aller complètement dans cette étreinte, réalisant combien elle était agréable. Pourtant, une pensée troubla sa tranquillité. Se relevant doucement, il ancra ses yeux dans ceux d'Alois.
« - On fait quoi, maintenant ?
- J'étais certain que tu me demanderais ça ! »
Les lèvres du blond s'étirèrent avec malice, trop content de pouvoir pressentir les réactions de son amant. Ce dernier fronça des sourcils, légèrement contrarié.
« - Réponds à ma question.
- Oh… j'avais pensé à te mettre dehors comme un malpropre… Mais finalement, je pense que te garder serait bien mieux ! »
Alois se mit à rire doucement, ce qui excéda d'autant le brun qui ne put se retenir de pester.
« Tu as parlé de me chérir tous les jours de ton existence ! »
A cette déclaration qui en disait trop, Alois perdit son sourire. Lui aussi était démasqué, et comme Ciel auparavant, il se sentait complètement mis à nu. Mais, après tout, peut-être pouvait-il lui faire don de tout ce qu'il possédait ? Son jeune Lord s'était bien complètement offert à lui…
« - Hum… Tu as raison, Ciel. Je te propose donc de profiter de ma compagnie autant que tu le souhaites.
- Si tu pouvais être moins puérile…
- Mais vos désirs sont des ordres, mon beau prince !
- Et que comptes-tu faire de Claude et Sebastian ? »
Alois retrouva sa bonne humeur en voyant que son petit prince réfléchissait toujours plus loin qu'au simple lendemain. Et de voir la lueur de détermination dans ses yeux lui donnait envie de défier les enfers. Ce qu'il aimait, le voir si vivant !
Il se redressa alors légèrement et posa ses lèvres amoureuses sur celles du brun. Il l'embrassa tendrement avant de reprendre avec sérieux.
« Je pensais qu'à nous deux, nous serions assez malins pour les faire tourner en bourrique, et ce aussi longtemps que nous le souhaitions… Et puis, quand nous nous déciderions, nous pourrions leur céder, ensemble. »
Cette idée était plaisante. Une vie de libertés, l'un avec l'autre, jusqu'à n'avoir plus soif de la vie…
Pour la première fois depuis longtemps, le visage de Ciel s'illumina d'un sourire. Non pas l'un de ses sourires surfaits ni même l'un de ceux polis qu'il avait appris à maîtriser. Non, celui-là était peint de l'absolu bonheur, l'absolu bonheur d'être chéri.
« Echec et mat. »
-Fin-
Merci à tous et à toutes de m'avoir lue jusqu'au bout! J'espère que cette petite histoire vous aura plus tout autant que j'ai moi-même aimé l'écrire. N'hésitez pas à me laisser un petit message avec vos impressions, je suis toujours très curieuse d'avoir l'avis de mes lecteurs...!
Si certains parmi vous sont curieux quant à ce qu'il se passe du côté des deux démons, j'ai déjà en tête un "dark checkmate" avec leurs merveilleuses occupations -qui, vous vous en doutez, sont loin d'être innocentes...-. Mais enfin, il faut déjà que je trouve le temps nécessaire, et je ne suis même pas certaine que cette partie là de l'histoire soit réellement appréciée. Et vous, qu'en pensez-vous? Dark checkmate, ou pas?
